
L’année romaine est rythmée par de nombreuses fêtes religieuses inscrites dans les fastes, ces calendriers officiels qui organisent le temps civique et rituel. Elles marquent les saisons, les moments publics et agricoles, et structurent la relation entre la cité et les dieux. Cette page propose un parcours à travers l’ensemble des fêtes romaines de l’année.
Date
avril
202601avrToute la journéeVeneralia
Description
Kalendis Aprilibus
Description
Kalendis Aprilibus
EN BREF. Célébrées le 1er avril, les Veneralia voyaient les Romaines purifier la statue de Vénus et la couvrir de roses, avant de se rendre aux bains en portant des couronnes de myrte. Elles y priaient Fortuna Virilis pour qu’elle dissimule leurs défauts aux yeux des hommes et buvaient une mixture de pavot, lait et miel. Créée pour combattre la débauche, cette fête permettait aux femmes de toutes conditions de concilier pudeur et séduction sous le regard des dieux… et des hommes.

Veneralia, quand Vénus changeait les cœurs
Le 1er avril, les Romains célébraient les Veneralia, une fête religieuse instaurée pour lutter contre ce que Rome percevait comme un relâchement des mœurs. Selon la tradition, une consultation des Livres Sibyllins –ces textes prophétiques auxquels on avait recours en temps de crise– avait abouti à la dédicace d’une statue de Venus Verticordia. La date précise de cette fondation reste discutée: les modernes avancent plusieurs hypothèses situées entre 237 et 214 avant notre ère[1], Pline l’Ancien indiquant seulement que la statue fut dédiée avant l’importation du culte de la Magna Mater en 204 avant notre ère. Valère Maxime (Faits et dits mémorables, VIII, 15, 12) précise qu’une liste de cent matrones fut dressée, que dix d’entre elles furent tirées au sort, et que ces dix femmes désignèrent elles-mêmes Sulpicia –fille d’un Servilius Paterculus, épouse de Quintus Fulvius Flaccus– comme la plus digne de procéder à la consécration, celle à qui toutes reconnaissaient la prééminence en matière de chasteté[2].
Un second moment fondateur, nettement distinct du premier, est la construction d’un temple dédié à Venus Verticordia, décidée en 114 avant notre ère. Cette décision faisait suite au scandale de trois vestales –issues des gentes Marcia, Aemilia et Licinia– reconnues coupables de rupture de leurs vœux de chasteté[3]. Face à ce prodigium qui signalait le courroux divin, le sénat décréta l’érection d’un temple destiné à promouvoir la pudeur féminine. C’est ce temple, situé dans la Vallis Murcia à proximité du Circus Maximus, qui ancra durablement le culte dans le calendrier de la cité.
Le nom même de la déesse reflète sa fonction: Verticordia vient du latin verto (tourner) et cor (le cœur). Son but, selon Valère Maxime, était que «l’esprit des vierges et des femmes se détourne de la débauche vers la pudeur»[2]. Certains modernes ont proposé de rapprocher cette figure de la déesse grecque Aphrodite Apostrophia –«celle qui détourne» des désirs illégitimes–, dont le culte aurait pu être introduit à Rome via les Livres Sibyllins d’origine grecque; cette hypothèse reste cependant incertaine.
La lavatio et le myrte de Vénus
Ovide, dans les Fastes (IV, 133-162), constitue la source la plus détaillée sur le déroulement de la fête[4]. Il distingue d’emblée deux groupes de participantes: d’un côté les mères et jeunes épouses vêtues du costume des femmes respectables, de l’autre celles qui ne portaient ni bandelettes ni longue robe[5].
Les premières procèdent à la lavatio de la statue de Venus Verticordia: elles lui retirent ses ornements d’or, la lavent de la tête aux pieds, lui rendent ses parures, puis la couvrent de roses fraîches[6] –fleur emblématique de Vénus, utilisée également lors des Vinalia du 23 avril. Ce rituel de purification de l’image divine n’est pas caractéristique de la religion romaine ancienne; il pourrait avoir été réinterprété comme un renouvellement annuel de la grâce de la déesse, ou comme une purification symbolique des offenses qui lui avaient été commises.
Ovide raconte ensuite pourquoi Vénus ordonne à ses fidèles de se baigner elles-mêmes sous le myrte vert: surprise nue en train de sécher ses cheveux au bord de l’eau par une bande de satyres, elle avait dissimulé son corps derrière des branches de myrte et s’en était ainsi protégée[7]. Le myrte, plante consacrée à Vénus et fortement associée à l’érotisme dans la culture romaine –mais absente, précise Plutarque, des couronnes nuptiales–, joue ici un rôle ambigu: il protège tout en signalant la présence d’un corps à défendre. Cette végétation sacrée était également liée à la topographie du lieu: Servius rappelle que le fanum de Venus Verticordia se trouvait dans un ancien bosquet de myrtes, le long du Circus Maximus, dans la même Vallis Murcia qu’évoquait le souvenir de l’enlèvement des Sabines.

Les bains, Fortuna Virilis et la stratification sociale
La fête du 1er avril réunissait, sous un double patronage, deux divinités que les sources augustéennes présentent comme complémentaires. Fortuna Virilis –dont le culte est attesté dans les Fasti Praenestini de Verrius Flaccus (début du 1er siècle de notre ère) ainsi que dans quelques sources littéraires[8]– est honorée aux bains. L’inscription des Fasti Praenestini indique que les femmes y adressent fréquemment des suppliques à Fortuna Virilis, les plus modestes même dans les bains des hommes, «parce que c’est là que les hommes sont nus dans cette partie du corps qui attire la faveur des femmes»[9].
Ovide précise que Fortuna Virilis voit tous les défauts du corps mis à nu et que la déesse, priée d’un peu d’encens, les dissimule aux regards masculins[10]. La distinction sociale entre les participantes est ici manifeste: les mères et épouses respectables s’occupent de la statue de Vénus, tandis que les femmes de condition plus modeste fréquentent les bains des hommes. Ovide lui-même brouille pourtant cette frontière en laissant entendre que les rites du 1er avril transcendent les barrières sociales habituelles –une lecture qui, selon Lydia Matthews, reflète la préoccupation augustéenne pour la régulation de la sexualité féminine à travers l’ensemble des classes[11].
Cette présence du regard masculin distingue les Veneralia de la plupart des cultes exclusivement féminins, qui en prohibaient rigoureusement l’accès aux hommes. La fête intégrait cette dimension comme élément constitutif: les femmes se baignaient en portant des couronnes de myrte dans une mise en scène qui équilibrait exposition et pudeur, dans un espace où, comme le note Verrius Flaccus, hommes et femmes se trouvaient simultanément dévêtus –les uns offrant leur regard, les autres espérant la bienveillance de la Fortune. Ces pratiques aux thermes ne peuvent avoir pris cette forme qu’à partir du 2ᵉ siècle avant notre ère, époque à laquelle les bains publics se sont développés à Rome; auparavant, le rite avait peut-être lieu dans un bassin public.
Le cocetum et la dualité de Vénus
La cérémonie se concluait par la consommation du cocetum, mélange de graines de pavot broyées, de lait et de miel. Ovide rapporte que Vénus elle-même en avait bu lors de sa nuit de noces avec Vulcain, et que c’est depuis ce moment qu’elle fut vraiment épouse[12]. Cette boisson rituelle présente des analogies avec le kykeon des Mystères d’Éleusis; elle s’inscrit aussi dans le mois de Cérès, déesse pour qui le pavot était emblématique. Selon la teneur en opiacés du pavot employé, le cocetum pouvait avoir des effets sédatifs –certains modernes ont proposé qu’il servait à apaiser l’anxiété des jeunes mariées, mais cette interprétation reste spéculative.

Ce mythe de la nuit de noces illustre l’ambivalence fondamentale que la fête mettait en scène. Venus Verticordia incarnait la vertu conjugale et la conversion des désirs vers la pudicitia; mais Ovide prend soin de rappeler, dès l’ouverture du livre IV des Fastes, que Vénus est aussi –et d’abord– la partenaire de Mars, son amant adultère, et la mère d’Énée, né non de son époux mais de son désir pour le mortel Anchise[13]. Le rôle de Venus Verticordia n’était pas d’inhiber la sexualité mais de la diriger vers le mariage, que Cicéron décrivait comme «la pépinière de la république». La fête offrait ainsi un cadre ritualisé pour aborder des tensions que la société romaine ne résolvait pas mais gérait: entre pudicitia et séduction légitime, entre chasteté exigée des épouses et fertilité nécessaire à la cité.
Le 1er avril dans la longue durée
Le mois d’avril était entièrement placé sous la tutela de Vénus. Ovide rattache l’étymologie d’Aprilis à Aphrodite, le nom grec de la déesse, bien que l’explication plus répandue le dérive du verbe aperire («ouvrir»): c’était le mois où, selon Verrius Flaccus, «fruits, fleurs, animaux, mers et terres s’ouvrent». Les calendes constituaient l’une des trois dates annuelles où une femme s’attendait à recevoir un présent de son partenaire masculin, les deux autres étant son anniversaire et les Sigillaria en décembre. Le terme Veneralia pour désigner spécifiquement cette fête n’apparaît qu’au 4ᵉ siècle de notre ère, dans le Calendrier de Filocalus (354).
Au début du 2ᵉ siècle de notre ère, les rituels de Fortuna Virilis semblent avoir été progressivement absorbés dans le culte de Venus Verticordia, selon le témoignage de Macrobe (Saturnales, I, 12, 15) et de Jean le Lydien (De Mensibus, IV, 65). Ce dernier indique que les femmes de rang supérieur honoraient Aphrodite le 1er avril pour «atteindre la concorde et une vie modeste», sans plus mentionner Fortuna Virilis. La fête survécut à la christianisation: Augustin d’Hippone, dans un sermon daté de 393 de notre ère, évoque des «banquets de Vénus» qu’il conseille d’aborder avec modération plutôt que de condamner franchement –une indulgence qui dit quelque chose de la vitalité encore réelle du culte à cette époque.
Sources antiques
Ovide, Fastes, IV, 133-162 · Valère Maxime, Faits et dits mémorables, VIII, 15, 12 · Fasti Praenestini (Verrius Flaccus), Inscriptiones Italiae, XIII, 2, 126 · Plutarque, Questions romaines, 20 et 74 · Macrobe, Saturnales, I, 12, 15 · Jean le Lydien, De Mensibus, IV, 65 · Calendrier de Filocalus (354 de notre ère) · Augustin d’Hippone, Sermon 104
Études modernes
Lydia Matthews, Roman Constructions of fortuna, thèse de doctorat, Brasenose College, Oxford, 2011, pp. 43-46.
[1] Les dates proposées varient entre 237 et 214 avant notre ère; Pline l’Ancien (Histoire naturelle, VII, 120) établit seulement un terminus ante quem à 204. La date de 220 souvent citée reste une conjecture. Voir Matthews 2011, p. 43.
[2] Val. Max. VIII, 15, 12: cum senatus libris Sibyllinis per decemviros inspectis censuisset ut Veneris Verticordiae simulacrum consecraretur, quo facilius virginum mulierumque mens a libidine ad pudicitiam converteretur, et ex omnibus matronis centum, ex centum autem decem sorte ductae de sanctissima femina iudicium facerent, cunctis castitate praelata est.
[3] Ov. Fast. IV, 157-160; Val. Max. VIII, 15, 12; Plin. HN VII, 120; Orose V, 15, 21-22; Julius Obsequens 37.
[4] Texte consulté sur The Latin Library (thelatinlibrary.com/ovid/ovid.fasti4.shtml).
[5] Ov. Fast. IV, 133-134: Rite deam colitis, Latiae matresque nurusque / et vos, quis vittae longaque vestis abest.
[6] Ov. Fast. IV, 135-138: aurea marmoreo redimicula demite collo, / demite divitias: tota lavanda dea est. / aurea siccato redimicula reddite collo: / nunc alii flores, nunc nova danda rosa est.
[7] Ov. Fast. IV, 139-144: litore siccabat rorantes nuda capillos: / viderunt satyri, turba proterva, deam. / sensit et opposita texit sua corpora myrto: / tuta fuit facto, vosque referre iubet.
[8] Inscr. Ital. XIII, 2, 126; Ov. Fast. IV, 145 ff.; Plut. De Fortuna Romanorum 10; Quaest. Rom. 74.
[9] Inscr. Ital. XIII, 2, 126, texte cité d’après Matthews 2011, p. 43: FREQVENTER MVLIERES SVPPLICANT FORTVNAE VIRILI HVMILIORES ETIAM IN BALNEIS QVOD IN IIS EA PARTE CORPORIS VTIQVE VIRI NVDANTVR, QVA FEMINARVM GRATIA DESIDERATVR.
[10] Ov. Fast. IV, 145-150: discite nunc, quare Fortunae tura Virili / detis eo, gelida qui locus umet aqua. / accipit ille locus posito velamine cunctas / et vitium nudi corporis omne videt; / ut tegat hoc celetque viros, Fortuna Virilis / praestat et hoc parvo ture rogata facit.
[11] Matthews 2011, p. 45: «Ovid’s interest in the social and sexual status of the worshippers of fortuna uirilis and Venus Verticordia can be read as a reaction to the contemporary Augustan concern with the marriage, chastity, and child-bearing of Rome’s elite women.»
[12] Ov. Fast. IV, 151-154: nec pigeat tritum niveo cum lacte papaver / sumere et expressis mella liquata favis: / cum primum cupido Venus est deducta marito, / hoc bibit; ex illo tempore nupta fuit.
[13] Ov. Fast. IV, 129-130: et formosa Venus formoso tempore digna est, / utque solet, Marti continuata suo est.
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Versione italiana
IN BREVE. Celebrate il 1° aprile, le Veneralia vedevano le Romane purificare la statua di Venere e coprirla di rose, prima di recarsi ai bagni portando corone di mirto. Lì pregavano Fortuna Virilis affinché nascondesse i loro difetti agli occhi degli uomini e bevevano un miscuglio di papavero, latte e miele. Istituita per combattere la dissolutezza, questa festa permetteva alle donne di ogni condizione di conciliare pudore e seduzione sotto lo sguardo degli dèi… e degli uomini.
Veneralia, quando Venere cambiava i cuori
Il 1° aprile, i Romani celebravano le Veneralia, una festa religiosa istituita per combattere quello che Roma percepiva come un allentamento dei costumi. Secondo la tradizione, una consultazione dei Libri Sibillini –quei testi profetici a cui si ricorreva nei momenti di crisi– aveva portato alla dedicazione di una statua di Venus Verticordia. La data precisa di questa fondazione rimane controversa: gli studiosi moderni avanzano diverse ipotesi comprese tra il 237 e il 214 prima della nostra era[1], mentre Plinio il Vecchio indica soltanto che la statua fu dedicata prima dell’importazione del culto della Magna Mater nel 204 prima della nostra era. Valerio Massimo (Fatti e detti memorabili, VIII, 15, 12) precisa che fu stilato un elenco di cento matrone, che dieci di esse furono estratte a sorte, e che queste dieci donne designarono esse stesse Sulpicia –figlia di un Servilius Paterculus, moglie di Quintus Fulvius Flaccus– come la più degna di procedere alla consacrazione, colei alla quale tutte riconoscevano la preminenza in materia di castità[2].
Un secondo momento fondativo, nettamente distinto dal primo, è la costruzione di un tempio dedicato a Venus Verticordia, decisa nel 114 prima della nostra era. Questa decisione faceva seguito allo scandalo di tre vestali –appartenenti alle gentes Marcia, Aemilia e Licinia– riconosciute colpevoli di aver infranto i loro voti di castità[3]. Di fronte a questo prodigium che segnalava l’ira divina, il senato decretò l’erezione di un tempio destinato a promuovere il pudore femminile. È questo tempio, situato nella Vallis Murcia in prossimità del Circo Massimo, che radicò durevolmente il culto nel calendario della città.
Il nome stesso della dea riflette la sua funzione: Verticordia deriva dal latino verto (volgere) e cor (il cuore). Il suo scopo, secondo Valerio Massimo, era che «la mente delle vergini e delle donne si distogliesse dalla lussuria verso il pudore»[2]. Alcuni studiosi moderni hanno proposto di avvicinare questa figura alla dea greca Afrodite Apostrophia –«colei che distoglie» dai desideri illeciti–, il cui culto avrebbe potuto essere introdotto a Roma attraverso i Libri Sibillini di origine greca; questa ipotesi rimane tuttavia incerta.
La lavatio e il mirto di Venere
Ovidio, nei Fasti (IV, 133-162), costituisce la fonte più dettagliata sullo svolgimento della festa[4]. Egli distingue sin dall’inizio due gruppi di partecipanti: da un lato le madri e le giovani spose vestite con l’abito delle donne rispettabili, dall’altro coloro che non portavano né bende né lunga veste[5].
Le prime procedono alla lavatio della statua di Venus Verticordia: le tolgono i suoi ornamenti d’oro, la lavano dalla testa ai piedi, le restituiscono i gioielli, poi la coprono di rose fresche[6] –fiore emblematico di Venere, impiegato anche durante le Vinalia del 23 aprile. Questo rituale di purificazione dell’immagine divina non è caratteristico dell’antica religione romana; avrebbe potuto essere reinterpretato come un rinnovo annuale della grazia della dea, o come una purificazione simbolica delle offese che le erano state recate.
Ovidio racconta poi perché Venere ordina alle sue fedeli di bagnarsi esse stesse sotto il mirto verde: sorpresa nuda mentre asciugava i capelli sulla riva dell’acqua da una banda di satiri, aveva nascosto il suo corpo dietro rami di mirto proteggendosi così[7]. Il mirto, pianta sacra a Venere e fortemente associata all’erotismo nella cultura romana –ma assente, precisa Plutarco, dalle corone nuziali–, svolge qui un ruolo ambiguo: protegge pur segnalando la presenza di un corpo da difendere. Questa vegetazione sacra era anche legata alla topografia del luogo: Servio ricorda che il fanum di Venus Verticordia si trovava in un antico bosco di mirti, lungo il Circo Massimo, nella stessa Vallis Murcia che evocava il ricordo del ratto delle Sabine.
I bagni, Fortuna Virilis e la stratificazione sociale
La festa del 1° aprile riuniva, sotto un doppio patronato, due divinità che le fonti augustee presentano come complementari. Fortuna Virilis –il cui culto è attestato nei Fasti Praenestini di Verrio Flacco (inizio del 1° secolo della nostra era) nonché in alcune fonti letterarie[8]– veniva onorata ai bagni. L’iscrizione dei Fasti Praenestini indica che le donne vi rivolgono frequentemente suppliche a Fortuna Virilis, le più umili persino nei bagni degli uomini, «perché è lì che gli uomini sono nudi in quella parte del corpo che attira il favore delle donne»[9].
Ovidio precisa che Fortuna Virilis vede tutti i difetti del corpo messo a nudo e che la dea, invocata con un po’ d’incenso, li nasconde agli sguardi maschili[10]. La distinzione sociale tra le partecipanti è qui manifesta: le madri e le spose rispettabili si occupano della statua di Venere, mentre le donne di condizione più modesta frequentano i bagni degli uomini. Lo stesso Ovidio tuttavia offusca questo confine, lasciando intendere che i riti del 1° aprile trascendono le consuete barriere sociali –una lettura che, secondo Lydia Matthews, riflette la preoccupazione augustea per la regolazione della sessualità femminile attraverso tutte le classi[11].
Questa presenza dello sguardo maschile distingue le Veneralia dalla maggior parte dei culti esclusivamente femminili, che ne proibivano rigorosamente l’accesso agli uomini. La festa integrava questa dimensione come elemento costitutivo: le donne si bagnavano portando corone di mirto in una mise en scène che bilanciava esposizione e pudore, in uno spazio dove, come nota Verrio Flacco, uomini e donne si trovavano simultaneamente svestiti –gli uni offrendo il loro sguardo, le altre sperando nella benevolenza della Fortuna. Queste pratiche termali non possono aver assunto questa forma prima del 2° secolo prima della nostra era, epoca in cui i bagni pubblici si svilupparono a Roma; in precedenza, il rito aveva forse luogo in una vasca pubblica.
Il cocetum e la duplicità di Venere
La cerimonia si concludeva con il consumo del cocetum, miscela di semi di papavero macinati, latte e miele. Ovidio riferisce che Venere stessa ne aveva bevuto la notte delle sue nozze con Vulcano, e che è da quel momento che divenne davvero sposa[12]. Questa bevanda rituale presenta analogie con il kykeon dei Misteri Eleusini; si inscrive inoltre nel mese di Cerere, dea per la quale il papavero era emblematico. A seconda del contenuto di oppiacei del papavero impiegato, il cocetum poteva avere effetti sedativi –alcuni studiosi moderni hanno proposto che servisse ad attenuare l’ansia delle giovani spose, ma questa interpretazione rimane speculativa.
Questo mito della notte di nozze illustra l’ambivalenza fondamentale che la festa metteva in scena. Venus Verticordia incarnava la virtù coniugale e la conversione dei desideri verso la pudicitia; ma Ovidio si premura di ricordare, sin dall’apertura del libro IV dei Fasti, che Venere è anche –e anzitutto– la compagna di Marte, il suo amante adultero, e la madre di Enea, nato non dal suo sposo ma dal suo desiderio per il mortale Anchise[13]. Il ruolo di Venus Verticordia non era di inibire la sessualità ma di indirizzarla verso il matrimonio, che Cicerone descriveva come «il vivaio della repubblica». La festa offriva così una cornice ritualizzata per affrontare tensioni che la società romana non risolveva ma gestiva: tra pudicitia e seduzione legittima, tra castità imposta alle spose e fertilità necessaria alla città.
Il 1° aprile nel lungo periodo
Il mese di aprile era interamente posto sotto la tutela di Venere. Ovidio ricollega l’etimologia di Aprilis ad Afrodite, il nome greco della dea, benché la spiegazione più diffusa lo derivi dal verbo aperire («aprire»): era il mese in cui, secondo Verrio Flacco, «frutti, fiori, animali, mari e terre si aprono». Le calende costituivano una delle tre date annuali in cui una donna si aspettava di ricevere un dono dal suo partner maschile, le altre due essendo il suo compleanno e le Sigillaria di dicembre. Il termine Veneralia per designare specificamente questa festa non compare che nel 4° secolo della nostra era, nel Calendario di Filocalo (354).
All’inizio del 2° secolo della nostra era, i rituali di Fortuna Virilis sembrano essere stati progressivamente assorbiti nel culto di Venus Verticordia, secondo la testimonianza di Macrobio (Saturnali, I, 12, 15) e di Giovanni Lido (De Mensibus, IV, 65). Quest’ultimo indica che le donne di rango superiore onoravano Afrodite il 1° aprile per «raggiungere la concordia e una vita modesta», senza più menzionare Fortuna Virilis. La festa sopravvisse alla cristianizzazione: Agostino d’Ippona, in un sermone datato al 393 della nostra era, evoca dei «banchetti di Venere» che consiglia di affrontare con moderazione piuttosto che condannare apertamente –un’indulgenza che dice qualcosa della vitalità ancora reale del culto in quell’epoca.
Fonti antiche
Ovidio, Fasti, IV, 133-162 · Valerio Massimo, Fatti e detti memorabili, VIII, 15, 12 · Fasti Praenestini (Verrio Flacco), Inscriptiones Italiae, XIII, 2, 126 · Plutarco, Questioni romane, 20 e 74 · Macrobio, Saturnali, I, 12, 15 · Giovanni Lido, De Mensibus, IV, 65 · Calendario di Filocalo (354 della nostra era) · Agostino d’Ippona, Sermone 104
Studi moderni
Lydia Matthews, Roman Constructions of fortuna, tesi di dottorato, Brasenose College, Oxford, 2011, pp. 43-46.
[1] Le date proposte variano tra il 237 e il 214 prima della nostra era; Plinio il Vecchio (Storia naturale, VII, 120) stabilisce soltanto un terminus ante quem al 204. La data del 220 spesso citata rimane una congettura. Cfr. Matthews 2011, p. 43.
[2] Val. Max. VIII, 15, 12: cum senatus libris Sibyllinis per decemviros inspectis censuisset ut Veneris Verticordiae simulacrum consecraretur, quo facilius virginum mulierumque mens a libidine ad pudicitiam converteretur, et ex omnibus matronis centum, ex centum autem decem sorte ductae de sanctissima femina iudicium facerent, cunctis castitate praelata est.
[3] Ov. Fast. IV, 157-160; Val. Max. VIII, 15, 12; Plin. HN VII, 120; Orosio V, 15, 21-22; Giulio Ossequente 37.
[4] Testo consultato su The Latin Library (thelatinlibrary.com/ovid/ovid.fasti4.shtml).
[5] Ov. Fast. IV, 133-134: Rite deam colitis, Latiae matresque nurusque / et vos, quis vittae longaque vestis abest.
[6] Ov. Fast. IV, 135-138: aurea marmoreo redimicula demite collo, / demite divitias: tota lavanda dea est. / aurea siccato redimicula reddite collo: / nunc alii flores, nunc nova danda rosa est.
[7] Ov. Fast. IV, 139-144: litore siccabat rorantes nuda capillos: / viderunt satyri, turba proterva, deam. / sensit et opposita texit sua corpora myrto: / tuta fuit facto, vosque referre iubet.
[8] Inscr. Ital. XIII, 2, 126; Ov. Fast. IV, 145 ff.; Plut. De Fortuna Romanorum 10; Quaest. Rom. 74.
[9] Inscr. Ital. XIII, 2, 126, testo citato secondo Matthews 2011, p. 43: FREQVENTER MVLIERES SVPPLICANT FORTVNAE VIRILI HVMILIORES ETIAM IN BALNEIS QVOD IN IIS EA PARTE CORPORIS VTIQVE VIRI NVDANTVR, QVA FEMINARVM GRATIA DESIDERATVR.
[10] Ov. Fast. IV, 145-150: discite nunc, quare Fortunae tura Virili / detis eo, gelida qui locus umet aqua. / accipit ille locus posito velamine cunctas / et vitium nudi corporis omne videt; / ut tegat hoc celetque viros, Fortuna Virilis / praestat et hoc parvo ture rogata facit.
[11] Matthews 2011, p. 45: «Ovid’s interest in the social and sexual status of the worshippers of fortuna uirilis and Venus Verticordia can be read as a reaction to the contemporary Augustan concern with the marriage, chastity, and child-bearing of Rome’s elite women.»
[12] Ov. Fast. IV, 151-154: nec pigeat tritum niveo cum lacte papaver / sumere et expressis mella liquata favis: / cum primum cupido Venus est deducta marito, / hoc bibit; ex illo tempore nupta fuit.
[13] Ov. Fast. IV, 129-130: et formosa Venus formoso tempore digna est, / utque solet, Marti continuata suo est.
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English version
IN BRIEF. Celebrated on 1 April, the Veneralia saw Roman women purify the statue of Venus and cover it with roses, before making their way to the baths wearing crowns of myrtle. There they prayed to Fortuna Virilis to conceal their physical flaws from men’s eyes, and drank a mixture of poppy, milk and honey. Established to combat licentiousness, this festival allowed women of every condition to reconcile modesty and seduction under the gaze of the gods… and of men.
Veneralia, when Venus changed hearts
On 1 April, the Romans celebrated the Veneralia, a religious festival established to combat what Rome perceived as a loosening of moral standards. According to tradition, a consultation of the Sibylline Books –those prophetic texts consulted in times of crisis– had led to the dedication of a statue of Venus Verticordia. The precise date of this foundation remains disputed: modern scholars put forward several hypotheses ranging between 237 and 214 BCE[1], while Pliny the Elder indicates only that the statue was dedicated before the importation of the cult of the Magna Mater in 204 BCE. Valerius Maximus (Memorable Deeds and Sayings, VIII, 15, 12) specifies that a list of one hundred matrons was drawn up, that ten of them were chosen by lot, and that these ten women themselves designated Sulpicia –daughter of a Servilius Paterculus, wife of Quintus Fulvius Flaccus– as the most worthy to perform the consecration, the one to whom all acknowledged pre-eminence in the matter of chastity[2].
A second founding moment, clearly distinct from the first, is the construction of a temple dedicated to Venus Verticordia, decided in 114 BCE. This decision followed the scandal of three Vestals –from the gentes Marcia, Aemilia and Licinia– found guilty of breaking their vows of chastity[3]. In the face of this prodigium signalling divine wrath, the senate decreed the erection of a temple intended to promote female modesty. It is this temple, situated in the Vallis Murcia near the Circus Maximus, that durably anchored the cult in the city’s calendar.
The very name of the goddess reflects her function: Verticordia derives from the Latin verto (to turn) and cor (the heart). Her purpose, according to Valerius Maximus, was that «the minds of virgins and women should be turned from licentiousness towards chastity»[2]. Some modern scholars have proposed connecting this figure with the Greek goddess Aphrodite Apostrophia –«she who turns away» illicit desires–, whose cult may have been introduced to Rome through the Sibylline Books of Greek origin; this hypothesis remains, however, uncertain.
The lavatio and the myrtle of Venus
Ovid, in the Fasti (IV, 133-162), constitutes the most detailed source on the unfolding of the festival[4]. He immediately distinguishes two groups of participants: on one side the mothers and young wives dressed in the costume of respectable women, on the other those who wore neither headbands nor long robe[5].
The former perform the lavatio of the statue of Venus Verticordia: they remove her golden ornaments, wash her from head to toe, restore her jewellery, then cover her with fresh roses[6] –the emblematic flower of Venus, also used during the Vinalia on 23 April. This ritual of purifying the divine image is not characteristic of early Roman religion; it may have been reinterpreted as an annual renewal of the goddess’s grace, or as a symbolic purification of the offences committed against her.
Ovid then recounts why Venus orders her worshippers to bathe themselves under the green myrtle: caught naked while drying her hair at the water’s edge by a band of satyrs, she had concealed her body behind myrtle branches and thus protected herself [7]. The myrtle, a plant sacred to Venus and strongly associated with eroticism in Roman culture –but absent, Plutarch notes, from bridal wreaths–, plays an ambiguous role here: it protects while signalling the presence of a body to be defended. This sacred vegetation was also linked to the topography of the place: Servius recalls that the fanum of Venus Verticordia stood in an ancient myrtle grove along the Circus Maximus, in the same Vallis Murcia that evoked the memory of the rape of the Sabine women.
The baths, Fortuna Virilis and social stratification
The festival of 1 April brought together, under a dual patronage, two deities that Augustan sources present as complementary. Fortuna Virilis –whose cult is attested in the Fasti Praenestini of Verrius Flaccus (early 1st century CE) as well as in several literary sources[8]– was honoured at the baths. The inscription of the Fasti Praenestini indicates that women frequently address supplications to Fortuna Virilis, the humbler ones even in the men’s baths, «because it is there that men are naked in that part of the body which attracts the favour of women»[9].
Ovid specifies that Fortuna Virilis sees every flaw of the body laid bare, and that the goddess, petitioned with a little incense, conceals them from male eyes[10]. The social distinction between the participants is manifest here: respectable mothers and wives attend to the statue of Venus, while women of more modest condition frequent the men’s baths. Ovid himself nonetheless blurs this boundary, suggesting that the rites of 1 April transcend the usual social barriers –a reading which, according to Lydia Matthews, reflects the Augustan concern for regulating female sexuality across all classes[11].
This presence of the male gaze sets the Veneralia apart from most exclusively female cults, which rigorously prohibited men’s access. The festival incorporated this dimension as a constitutive element: women bathed wearing crowns of myrtle in a spectacle that balanced exposure and modesty, in a space where, as Verrius Flaccus notes, men and women were simultaneously undressed –the former offering their gaze, the latter hoping for Fortune’s benevolence. These bathing practices cannot have taken this form before the 2nd century BCE, the period in which public baths developed in Rome; previously, the rite may have taken place in a public pool.
The cocetum and the duality of Venus
The ceremony concluded with the consumption of the cocetum, a mixture of ground poppy seeds, milk and honey. Ovid reports that Venus herself had drunk it on her wedding night with Vulcan, and that it is from that moment that she became truly a wife[12]. This ritual drink bears analogies with the kykeon of the Eleusinian Mysteries; it also belongs to the month of Ceres, the goddess for whom the poppy was emblematic. Depending on the opiate content of the poppy used, the cocetum may have had sedative effects –some modern scholars have suggested it served to ease the anxiety of young brides, but this interpretation remains speculative.
This myth of the wedding night illustrates the fundamental ambivalence that the festival staged. Venus Verticordia embodied conjugal virtue and the conversion of desires towards pudicitia; yet Ovid takes care to recall, from the very opening of Book IV of the Fasti, that Venus is also –and above all– the partner of Mars, her adulterous lover, and the mother of Aeneas, born not of her husband but of her desire for the mortal Anchises[13]. The role of Venus Verticordia was not to inhibit sexuality but to direct it towards marriage, which Cicero described as «the nursery of the republic». The festival thus offered a ritualised framework for confronting tensions that Roman society did not resolve but managed: between pudicitia and legitimate seduction, between the chastity demanded of wives and the fertility necessary to the city.
1 April in the long run
The month of April was entirely placed under the tutela of Venus. Ovid connects the etymology of Aprilis with Aphrodite, the Greek name of the goddess, although the more widespread explanation derives it from the verb aperire («to open»): it was the month in which, according to Verrius Flaccus, «fruits, flowers, animals, seas and lands open». The Kalends constituted one of the three annual dates on which a woman expected to receive a gift from her male partner, the other two being her birthday and the Sigillaria in December. The specific term Veneralia to designate this festival does not appear until the 4th century CE, in the Calendar of Filocalus (354).
At the beginning of the 2nd century CE, the rituals of Fortuna Virilis appear to have been progressively absorbed into the cult of Venus Verticordia, according to the testimony of Macrobius (Saturnalia, I, 12, 15) and John the Lydian (De Mensibus, IV, 65). The latter indicates that women of superior rank honoured Aphrodite on 1 April to «attain concord and a modest life», without any further mention of Fortuna Virilis. The festival survived Christianisation: Augustine of Hippo, in a sermon dated to 393 CE, evokes «banquets of Venus» which he advises approaching with moderation rather than outright condemnation –an indulgence that speaks to the still real vitality of the cult at that time.
Ancient sources
Ovid, Fasti, IV, 133-162 · Valerius Maximus, Memorable Deeds and Sayings, VIII, 15, 12 · Fasti Praenestini (Verrius Flaccus), Inscriptiones Italiae, XIII, 2, 126 · Plutarch, Roman Questions, 20 and 74 · Macrobius, Saturnalia, I, 12, 15 · John the Lydian, De Mensibus, IV, 65 · Calendar of Filocalus (354 CE) · Augustine of Hippo, Sermon 104
Modern studies
Lydia Matthews, Roman Constructions of fortuna, doctoral thesis, Brasenose College, Oxford, 2011, pp. 43-46.
[1] The dates proposed range between 237 and 214 BCE; Pliny the Elder (Natural History, VII, 120) establishes only a terminus ante quem of 204. The date of 220 often cited remains a conjecture. See Matthews 2011, p. 43.
[2] Val. Max. VIII, 15, 12: cum senatus libris Sibyllinis per decemviros inspectis censuisset ut Veneris Verticordiae simulacrum consecraretur, quo facilius virginum mulierumque mens a libidine ad pudicitiam converteretur, et ex omnibus matronis centum, ex centum autem decem sorte ductae de sanctissima femina iudicium facerent, cunctis castitate praelata est.
[3] Ov. Fast. IV, 157-160; Val. Max. VIII, 15, 12; Plin. HN VII, 120; Orosius V, 15, 21-22; Julius Obsequens 37.
[4] Text consulted on The Latin Library (thelatinlibrary.com/ovid/ovid.fasti4.shtml).
[5] Ov. Fast. IV, 133-134: Rite deam colitis, Latiae matresque nurusque / et vos, quis vittae longaque vestis abest.
[6] Ov. Fast. IV, 135-138: aurea marmoreo redimicula demite collo, / demite divitias: tota lavanda dea est. / aurea siccato redimicula reddite collo: / nunc alii flores, nunc nova danda rosa est.
[7] Ov. Fast. IV, 139-144: litore siccabat rorantes nuda capillos: / viderunt satyri, turba proterva, deam. / sensit et opposita texit sua corpora myrto: / tuta fuit facto, vosque referre iubet.
[8] Inscr. Ital. XIII, 2, 126; Ov. Fast. IV, 145 ff.; Plut. De Fortuna Romanorum 10; Quaest. Rom. 74.
[9] Inscr. Ital. XIII, 2, 126, text cited from Matthews 2011, p. 43: FREQVENTER MVLIERES SVPPLICANT FORTVNAE VIRILI HVMILIORES ETIAM IN BALNEIS QVOD IN IIS EA PARTE CORPORIS VTIQVE VIRI NVDANTVR, QVA FEMINARVM GRATIA DESIDERATVR.
[10] Ov. Fast. IV, 145-150: discite nunc, quare Fortunae tura Virili / detis eo, gelida qui locus umet aqua. / accipit ille locus posito velamine cunctas / et vitium nudi corporis omne videt; / ut tegat hoc celetque viros, Fortuna Virilis / praestat et hoc parvo ture rogata facit.
[11] Matthews 2011, p. 45: «Ovid’s interest in the social and sexual status of the worshippers of fortuna uirilis and Venus Verticordia can be read as a reaction to the contemporary Augustan concern with the marriage, chastity, and child-bearing of Rome’s elite women.»
[12] Ov. Fast. IV, 151-154: nec pigeat tritum niveo cum lacte papaver / sumere et expressis mella liquata favis: / cum primum cupido Venus est deducta marito, / hoc bibit; ex illo tempore nupta fuit.
[13] Ov. Fast. IV, 129-130: et formosa Venus formoso tempore digna est, / utque solet, Marti continuata suo est.
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Dates
Avril 1, 2026 Toute la journée
202604avrToute la journée10Megalesia
Description
Pridie Nonas Apriles - Ante diem quartum Idus Apriles
Description
Pridie Nonas Apriles – Ante diem quartum Idus Apriles

Les Megalesia, également appelées Mégalésies ou Megalensia, étaient des festivités accompagnées de jeux, de concours et de représentations théâtrales à caractère votif, connus sous le nom de Jeux mégalésiens, célébrés dans la Rome antique en avril en l’honneur de Cybèle, la grande déesse, d’où le nom de ces festivités et de ces jeux.
L’origine des Megalesia remonte à la deuxième guerre punique, lorsque les Romains cherchèrent la protection de nouveaux dieux. En 204 av. J.-C., Scipion Nasica reçut la statue de Cybèle, apportée de Pessinonte à Rome. La réception de la déesse le 4 avril fut marquée par une procession magnifique et des jeux, avec de nombreux dons offerts à la déesse au sanctuaire de la Victoire, son hôtesse provisoire sur le mont Palatin. Cependant, la célébration annuelle des jeux scéniques débuta treize ans plus tard, en avril 191 av. J.-C., lorsque Marcus Iunius Brutus dédia le temple construit en l’honneur de Cybèle.
Les festivités duraient sept jours, du 4 au 10 avril, culminant le jour de la fête de Cybèle. Elles étaient caractérisées par des réjouissances et des festins, avec des processions bruyantes et des banquets organisés en l’honneur de la déesse. En 161 av. J.-C., le Sénat romain émit un décret limitant les dépenses excessives pendant ces festivités.
Les Jeux mégalésiens étaient initialement des spectacles scéniques, se déroulant devant le temple de Cybèle sur le mont Palatin, mais plus tard, ils s’étendirent aux théâtres. Organisés sous la présidence des édiles curules, ces jeux étaient considérés comme des manifestations chastes, solennelles et religieuses, en contraste avec les jeux brutaux et sanglants des cirques.
Dates
Avril 4, 2026 - avril 10, 2026 (Toute la journée)
202612avrToute la journée19Cerealia
Description
Pridie Idus Apriles - Ante diem tertium decimum Kalendas Maias
Description
Pridie Idus Apriles – Ante diem tertium decimum Kalendas Maias

EN BREF. Les Cerealia, célébrées du 12 au 19 avril dans la Rome antique, honoraient Cérès, déesse des moissons. Cette fête plébéienne commémorait le retour de Proserpine, fille de Cérès, enlevée par Pluton. Le rituel le plus spectaculaire consistait à lâcher des renards portant des torches enflammées pour protéger les futures récoltes. Les célébrations comprenaient courses de chevaux, processions en vêtements blancs et offrandes de miel et d’encens, unissant ainsi religion, agriculture et politique dans un moment crucial du cycle agricole.
Les Cerealia: quand Rome célébrait le réveil des blés
Au mois d’avril, alors que les céréales commençaient à croître dans les champs, les Romains célébraient une fête agricole d’une grande importance: les Cerealia. Cette célébration, dédiée à la déesse Cérès, s’inscrivait dans le cycle des rituels agraires et jouait un rôle significatif tant sur le plan religieux que social et politique dans la Rome antique.
Origine et introduction du culte à Rome
Le culte de Cérès à Rome remonte à la toute fin du 6e siècle avant notre ère. Selon plusieurs sources antiques, il fut introduit en 493 av. J.-C., à la suite d’une consultation des Livres sibyllins, ces recueils d’oracles que les Romains consultaient en temps de crise. Comme l’indique le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines: «Le culte de la déesse grecque Déméter, latinisé en Cérès, fut introduit à Rome en -493 d’après l’indication des Livres sibyllins. Un temple situé près du Circus Maximus lui fut consacré trois ans plus tard.»
Ce temple présentait une particularité notable: il s’agissait du «premier temple bâti à Rome dans le style grec et par des Grecs», toujours selon la même source. Cette introduction d’un culte hellénique témoigne de l’influence croissante de la culture grecque sur la religion romaine dès le début de la République.
Étymologie et nature de Cérès
Pour comprendre la nature de cette déesse, il est intéressant de se pencher sur l’étymologie de son nom. Cérès était initialement une divinité italique ancienne, comme le prouve l’existence d’un flamen cerialis (prêtre spécifique) mentionné dans plusieurs sources. Son nom dérive de la racine indo-européenne ker-, qui a donné en latin les verbes cresco et creo, signifiant respectivement «croître» et «créer». Cette racine se retrouve également dans d’autres langues italiques, comme l’atteste une inscription osque mentionnant une «Dea Kerri-».
Cérès était donc, par essence, la déesse de la croissance végétale et tout particulièrement des céréales, d’où son identification rapide avec la Déméter grecque, qui possédait des attributions similaires.
Le déroulement des Cerealia
D’après les indications fournies par Ovide dans ses Fastes (IV, 4393-4620), la fête des Cerealia se déroulait initialement lors d’occasions exceptionnelles, avant d’être fixée annuellement du 12 au 19 avril. Cette période correspondait au moment critique où les céréales commençaient à former leurs épis, une phase délicate nécessitant la protection divine.
Les célébrations comportaient plusieurs éléments:
Les sacrifices et offrandes
Contrairement à de nombreux cultes romains qui privilégiaient les sacrifices sanglants, les offrandes à Cérès étaient généralement non-sanglantes, à l’exception notable d’une truie. Ovide précise dans ses Fastes (IV, 4409-4416):
«Vous pouvez offrir à la déesse de l’épeautre, lui faire l’hommage d’un peu de sel brillant et de grains d’encens jetés dans un vieux foyer; et si vous n’avez pas d’encens, enduisez des torches de poix et allumez-les; la bonne Cérès agrée une offrande modeste, pourvu qu’elle soit pure. Sacrificateurs à la tunique retroussée, écartez du bœuf vos couteaux; le bœuf doit labourer; immolez une truie paresseuse.»
Cette prescription de préserver les bœufs, nécessaires au travail agricole, tout en sacrifiant la truie, considérée comme nuisible aux cultures, illustre parfaitement le pragmatisme agricole qui sous-tendait ces rituels.
Les jeux publics (ludi Cereales)
Comme pour de nombreuses fêtes romaines importantes, les Cerealia comprenaient des jeux publics (ludi) qui se déroulaient dans le Circus Maximus. Selon l’historienne contemporaine Barbette Stanley Spaeth, ces jeux incluaient des courses de chevaux dont le point de départ se situait juste en-dessous du temple de Cérès, sur l’Aventin.
Après 175 av. J.-C., des représentations théâtrales (ludi scaenici) furent ajoutées au programme du 12 au 18 avril. D’après l’historienne Léonie Hayne, l’édile plébéien Gaius Memmius est crédité d’avoir organisé les premiers de ces jeux scéniques, et d’avoir distribué une nouvelle monnaie commémorative en l’honneur de cet événement.
Le rituel des renards
L’un des rituels les plus singuliers des Cerealia était la course des renards. Ovide le décrit ainsi dans ses Fastes (IV, 679-682):
«Dans le cirque étaient faites courir des volpes sur le dos desquelles étaient fixées des torches enflammées.»
L’origine de cette pratique était déjà obscure à l’époque d’Ovide, qui propose une explication légendaire: jadis, à Carleoli, un jeune garçon aurait capturé un renard qui volait des poulets et aurait tenté de le brûler vif. Le renard se serait échappé en flammes et, dans sa fuite, aurait incendié les champs et les récoltes. Comme ces champs étaient consacrés à Cérès, les renards seraient depuis lors «punis» lors de son festival.
Au-delà de cette légende, les historiens modernes suggèrent que ce rituel pouvait avoir une fonction purificatrice pour les cultures, visant peut-être à prévenir une maladie du blé appelée robigo (la rouille).
La dimension politique et sociale des Cerealia
Les Cerealia n’étaient pas qu’une simple fête agricole; elles possédaient également une forte dimension politique et sociale qui explique leur importance dans la société romaine.
Un culte plébéien

Le culte de Cérès à Rome présentait la particularité d’être fortement associé à la plèbe, contrairement à de nombreux autres cultes réservés aux patriciens. Plusieurs éléments attestent ce lien:
- L’emplacement du temple, situé près de l’Aventin, mont traditionnellement associé à la plèbe;
- La supervision du culte par les édiles plébéiens;
- La fonction du temple comme centre de distribution de grain en temps de crise.
Comme le souligne le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines: «Une autre particularité du culte de Cérès à Rome consistait en ce qu’il s’adressait surtout aux plébéiens, qui au contraire se voyaient exclus des sacra gentilicia des familles patriciennes.»
Cette association entre Cérès et la plèbe était si forte que, selon Denys d’Halicarnasse: «Qui violait la sacrosanctitas des tribuns de la plèbe était sacer Cereri [consacré à Cérès] et ses biens, ainsi que les amendes commencées par les tribuns, étaient transférés au temple de la Déesse.»
Les banquets et échanges sociaux
Les Cerealia étaient également l’occasion de banquets et d’échanges entre les différentes classes sociales. Comme l’indique notre source: «Il était d’usage en cette occasion que les plébéiens invitassent les patriciens qui à leur tour les conviaient aux Megalesia (fêtes de Cybèle).»
Ces échanges de politesses entre patriciens et plébéiens suggèrent que les Cerealia, tout comme les Megalesia, servaient de moments de rapprochement et de réconciliation temporaire entre les différentes classes sociales romaines.
Le mythe fondateur: l’enlèvement de Proserpine
La mythologie qui sous-tendait les Cerealia était centrée sur l’enlèvement de Proserpine (Perséphone en grec), fille de Cérès, par Pluton (Hadès), dieu des Enfers.
Ovide consacre une grande partie du livre IV de ses Fastes (4417-4620) à ce récit. Il décrit comment Proserpine, cueillant des fleurs en Sicile avec ses compagnes, fut enlevée par Pluton et emmenée aux Enfers. Cérès, désespérée, parcourut le monde à sa recherche, portant des torches allumées pour éclairer son chemin la nuit –ce qui explique l’utilisation de torches dans le rituel des Cerealia.
Après avoir appris que sa fille était devenue l’épouse de Pluton, Cérès plaida auprès de Jupiter pour son retour. Un compromis fut trouvé: Proserpine passerait six mois par an avec sa mère sur terre et six mois aux Enfers avec son époux. Ovide conclut ce récit en expliquant: «Alors enfin Cérès retrouva son sourire et ses esprits et posa sur sa chevelure une couronne d’épis. Dans les champs laissés en jachère on récolta une abondante moisson, et l’aire contint avec peine les richesses qu’on y amassait.»
Cette alternance de Proserpine entre le monde souterrain et la surface symbolisait parfaitement le cycle agricole: la graine disparaît sous terre pendant l’hiver avant de resurgir au printemps sous forme de plante.
Autres célébrations liées à Cérès
Outre les Cerealia d’avril, deux autres fêtes importantes étaient dédiées à Cérès dans le calendrier romain :
- Le sacrum anniversarium Cereris, institué peu avant la deuxième guerre punique et célébré en août, quelques jours après l’anniversaire de la bataille de Cannes (2 août 216 av. J.-C.). Cette cérémonie était exclusivement féminine et s’accompagnait d’une abstinence de neuf jours. Les femmes, vêtues de blanc et couronnées d’épis, offraient à la déesse les prémices des champs.
- Le jejunium Cereris, un jeûne institué en 191 av. J.-C. d’après les livres Sibyllins, célébré initialement tous les cinq ans puis annuellement le 4 octobre. Cette fête correspondait aux Thesmophories grecques.
La place des Cerealia dans le cycle agricole romain
Les Cerealia s’inscrivaient dans un cycle plus large de fêtes agricoles qui rythmaient le mois d’avril, période critique avant la récolte. Cette progression rituelle accompagnait les différentes étapes de la croissance des céréales:
- Les Fordicidia (15 avril) : sacrifice de vaches pleines pour symboliquement renforcer les embryons issus des semences
- Les Cerealia (12-19 avril) : demande à Cérès de permettre aux plantes de croître et de former des épis
- Les Robigalia (25 avril) : sacrifice à Robigus pour éviter les maladies des épis
- Les Floralia (28 avril-3 mai) : invocation à Flore pour remplir généreusement les épis et assurer une récolte abondante
Cette séquence montre l’attention minutieuse que les Romains portaient à chaque phase du développement des céréales, et comment leur religion structurait leur rapport à l’agriculture.
La pérennité des Cerealia
La longévité des Cerealia dans la culture romaine est remarquable. Selon nos sources, elles figurent sur le calendrier de Philocalus daté de 354 après J.-C., ce qui indique qu’elles étaient encore célébrées plus de huit siècles après leur institution, et même après la christianisation progressive de l’Empire.
Cette persistance témoigne de l’importance fondamentale de l’agriculture dans la société romaine et de la façon dont les rituels religieux liés aux cycles agraires conservaient leur pertinence, même dans une Rome devenue largement urbaine et cosmopolite.
Sources antiques
- CATON L’ANCIEN, De Agricultura, 134.
- CICÉRON, In Verrem, II, 4, 106-107.
- DENYS D’HALICARNASSE, Antiquités romaines, VI, 89 ; X, 42.
- OVIDE, Fastes, IV, vers 4373-4620 (édition et traduction française par Robert Schilling, Paris, Les Belles Lettres, CUF, 1993).
- TITE-LIVE, Ab Urbe condita, III, 55 ; XXXVI, 36, 3.
- VARRON, De Lingua Latina, V, 14.
- VIRGILE, Géorgiques, I, 19.
- Calendrier de Philocalus (ou Chronographie de 354 après J.-C.).
Études modernes
- DAREMBERG, Charles et SAGLIO, Edmond (dir.), Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, Paris, 1877-1919.
- HAYNE, Léonie, « The First Cerialia », L’Antiquité Classique, vol. 60, 1991, pp. 131-140.
- SPAETH, Barbette Stanley, The Roman Goddess Ceres, University of Texas Press, 1996.
Dates
Avril 12, 2026 - avril 19, 2026 (Toute la journée)
202621avrToute la journéeParilia / Romaea
Description
Ante diem undecimum Kalendas Maias Les Parilia représentées en 1783
Description
Ante diem undecimum Kalendas Maias

EN BREF. Les Parilia, célébrées le 21 avril, mêlaient tradition pastorale et histoire nationale romaine. Cette fête ancestrale honorait Palès, protecteur des troupeaux, par des rituels spectaculaires où bergers et moutons sautaient par-dessus des feux purificateurs. Coïncidant avec la fondation légendaire de Rome par Romulus, elle évolua pour devenir l’anniversaire officiel de la Ville Éternelle, illustrant parfaitement comment Rome transformait ses racines rurales en célébration impériale.
Les Parilia: quand Rome célébrait ses bergers et sa naissance
Les Parilia, ou Palilia[1], étaient une fête rurale romaine célébrée chaque année le 21 avril. Cette célébration, profondément ancrée dans la tradition pastorale, visait à purifier les moutons et les bergers afin d’assurer leur prospérité pour l’année à venir. Au-delà de leur aspect pastoral, les Parilia ont évolué pour devenir l’anniversaire de Rome, symbolisant la fondation de la ville et sa puissance croissante.
Selon le mythe rapporté par Ovide, Romulus, en arrivant sur le site de Rome le jour des Parilia, traça un sillon pour les murs avec sa charrue tirée par «une vache blanche et un boeuf à la robe de neige» (Fastes, IV, 4826). Il pria ensuite les dieux: «Maintenant que je fonde cette ville, ô Jupiter, et toi, Mars mon père, et toi auguste Vesta, soyez-moi propices» (Fastes, IV, 4828-4829). Jupiter répondit à cette prière «par un grondement de tonnerre sur sa gauche» et «lança des éclairs sur la gauche du ciel» (Fastes, IV, 4833-4834), un présage favorable pour les Romains.
Son frère Rémus, «ignorant cet ordre», regarda «avec mépris ces humbles murs et dit: ‘C’est avec çà que le peuple sera à l’abri ?’» (Fastes, IV, 4841-4843). Il franchit alors la ligne sacrée et fut tué par Celer qui, sur ordre de Romulus, devait empêcher quiconque de franchir «les murs et la tranchée creusée par la charrue» (Fastes, IV, 4839-4840).
Pendant la République romaine, l’agriculture occupait une place centrale dans l’identité romaine et les Parilia ont pris un caractère plus rural. La fête s’est étendue à l’ensemble de la population rurale, célébrant la fertilité des terres et le bien-être des troupeaux.
Avec l’urbanisation croissante et la montée en puissance de Rome, les Parilia ont connu une transformation significative. À la fin de la République, la fête est devenue associée à l’anniversaire de Rome. Au 1er siècle avant notre ère, sous Jules César, des jeux ont été ajoutés à la cérémonie après qu’il eut reçu la nouvelle de la victoire romaine à Munda en 45 av. J.-C. Lors de ces jeux, les citoyens portaient des couronnes en l’honneur de César, soulignant la puissance et les victoires militaires de Rome.
Plus tard, sous l’empereur Caligula, la fête s’est encore enrichie d’une procession de prêtres, de nobles et d’enfants de naissance noble, chantant les louanges de l’empereur et escortant un bouclier d’or, précédemment offert à l’empereur par les citoyens de Rome, jusqu’au Capitole.
En 121 de notre ère, sous l’empereur Hadrien, un nouveau temple dédié à Vénus et Rome a été érigé et le nom de la fête a été changé en Romaea (ou dies natalis Romae ou encore natalis Urbis). Cette transformation marque l’intégration définitive des Parilia dans le calendrier officiel romain et leur association avec la fondation de la ville. Ce temple fut ruiné au 9e siècle.
Les Parilia se déroulaient en deux parties distinctes: une cérémonie rurale et une cérémonie urbaine. Comme le témoigne Ovide lui-même: «Certes, j’ai souvent apporté moi-même, à pleines mains, la cendre de veau et les tiges de fèves, offrandes purificatoires passées au feu. Certes, j’ai sauté trois fois par-dessus des rangs de flammes alignés, et une branche de laurier mouillé m’a aspergé de gouttes d’eau» (Fastes, IV, 4725-4728).
Cérémonie rurale
La cérémonie rurale, menée par le berger lui-même, était profondément ancrée dans les traditions pastorales. Avant le début de la cérémonie, le berger devait «décorer la bergerie en y fixant des rameaux feuillus, et orner les portes de longues guirlandes» (Fastes, IV, 4738-4739).
Dès l’aube, «le berger purifie ses brebis repues, lorsque tombe le crépuscule. Avant, [il aura] aspergé et balayé la terre à l’aide d’une branche» (Fastes, IV, 4735-4736). Il devait ensuite faire brûler «des branches d’olivier mâle, une torche de pin et des herbes sabines» et veiller à ce «que le laurier léché par la flamme crépite au centre du foyer» (Fastes, IV, 4741-4742). Les bruits produits par cette combinaison brûlante étaient interprétés comme un présage bénéfique.
Des offrandes de «millet et des gâteaux de millet» étaient ensuite présentées à Palès, car «la déesse des campagnes apprécie tout spécialement cet aliment» (Fastes, IV, 4743-4744). On y ajoutait «un vase de lait et les mets qu’elle aime» (Fastes, IV, 4745).
Le berger se tournait ensuite «vers le Levant», prononçait sa prière «trois fois, puis [lavait] ses mains dans l’eau vive» (Fastes, IV, 4778-4779). Dans cette prière, il demandait à Palès: «Veille sur le troupeau, et aussi sur les bergers; repousse le malheur et fais-le fuir loin de mes étables» (Fastes, IV, 4747-4748). Il implorait également son pardon pour diverses fautes accidentelles comme avoir fait paître dans un lieu saint, s’être assis sous un arbre sacré, ou avoir troublé les eaux des étangs (Fastes, IV, 4749-4759).
La cérémonie s’achevait par la consommation d’un breuvage particulier: «en guise de cratère, une écuelle et boire du lait de neige et du vin pourpre» (Fastes, IV, 4780-4781), suivi de «d’un pied leste, avec ardeur» par «des tas enflammés de paille crépitante» (Fastes, IV, 4781-4782).
Cérémonie urbaine
La cérémonie urbaine, dirigée par un prêtre, intégrait des éléments d’autres fêtes religieuses romaines. Selon Ovide, le peuple devait «aller quérir à l’autel de la Vierge une préparation purificatoire» que «Vesta te la donnera; grâce à ce présent de Vesta, tu seras pur» (Fastes, IV, 4731-4732).
Cette préparation purificatoire était «constituée de sang de cheval, de cendre de veau, et d’un troisième élément, de la paille creuse d’une fève dure» (Fastes, IV, 4733-4734). Les cendres provenaient du sacrifice lors des Fordicidia, où l’on sacrifiait une vache pleine à Tellus, et d’où «l’on retire le veau du ventre de sa mère pour le brûler» (Fastes, IV, 4634-4641).
Le sang de cheval provenait du «Cheval d’Octobre», le cheval de droite de l’attelage vainqueur d’une course particulière le 15 octobre de l’année précédente. Ensemble, ces éléments étaient mélangés par les Vestales pour former les substances purificatoires nécessaires aux rites.
Ovide propose plusieurs explications sur l’origine de ces rites, notamment le feu purificateur. «Le feu dévorant purifie tout et la fusion des métaux en expulse les défauts: est-ce pour cela qu’on purifie avec lui les brebis et leur berger?» (Fastes, IV, 4785-4786). Il évoque aussi la complémentarité des éléments: «eau et feu, éléments premiers de toutes choses, opposés entre eux, sont des divinités ennemies» (Fastes, IV, 4787-4788), que les Romains auraient réunis pour leurs rites de purification.
Sources antiques
- Ovide, Fastes, IV, 4721-4862
- Properce, Élégies, IV, 1, 19-20; IV, 4, 73-78
- Varron, De Lingua Latina, VI, 15
- Varron, Res Rusticae, II, 1, 9
- Cicéron, De Divinatione, II, 98
Sources modernes
- Adkins, L. & Adkins, R. A. (1996). Dictionary of Roman Religion. New York: Facts on File Inc.
- Butrica, J. L. (2000). « Propertius on the Parilia (4.4.73-8) ». Classical Quarterly 50.2, 472-478.
- Dumézil, G. (1974). La religion romaine archaïque. Paris.
- Fowler, W. W. (1899). The Roman Festivals of the Period of the Republic. London: MacMillan and Co., Limited.
- Kearns, E. (2003). The Oxford Dictionary of Classical Myth and Religion. Oxford: Oxford University Press.
- The Cambridge Ancient History 2nd Ed. Vol. X: The Augustan Empire 43 BC – AD 69. (1996). Great Britain: Cambridge University Press.
[1] Pălīlis, e, de Palès: Ov. F. 4, 898 ; M. 14, 774; Tib. 2, 5, 87 Palilia (Parilia, Varro R. 2, 1, 9; Col.; Plin.), ium ou iōrum, n. pl., Palilies ou Parilies, fêtes en l’honneur de Palès: Varro L. 6, 15 ; Cic. Div. 2, 98; Ov. F. 4, 721; cf. Fest. 222.
Dates
Avril 21, 2026 Toute la journée
202627avrToute la journée02maiFloralia
Description
Ante diem quintum Kalendas Maias - Ante diem sextum Nonas Maias Fresque représentant Flora, provenant de
Description
Ante diem quintum Kalendas Maias – Ante diem sextum Nonas Maias

Les Floralia ou «Jeux floraux» (ludi Florales) étaient des festivités célébrées dans la Rome antique en l’honneur de Flora, déesse des fleurs, des jardins et du printemps. D’après les textes anciens, cette déesse avait une origine sabine, peuple italique voisin des premiers Romains. Varron, érudit romain du 1er siècle av. J.-C., la compte explicitement parmi les divinités sabines, et note l’existence d’un mois appelé «Flusalis» (équivalent linguistique de Floralia) dans le calendrier sabin.
Les sources historiques indiquent que le culte de Flora fut introduit à Rome par Titus Tatius, roi sabin qui aurait régné conjointement avec Romulus. Selon Ovide, dans ses Fastes, ce culte était déjà établi sous le règne de Numa Pompilius, deuxième roi légendaire de Rome.
La transformation de ce culte en véritable festival public est cependant plus tardive. Pline l’Ancien précise dans son Histoire Naturelle (XVIII.286): «Les Floralia furent instituées l’an 516 de la fondation de Rome [238 av. J.-C.] sur un avis des livres Sibyllins, à cause de la stérilité des campagnes». Cette date est corroborée par l’historien Velleius Paterculus (I.14.8) qui situe l’événement en 241-240 av. J.-C. Ovide ajoute que ces jeux furent ensuite célébrés de manière irrégulière, puis rétablis de façon annuelle en 173 av. J.-C., lorsque les récoltes souffrirent à nouveau «des vents, de la pluie et de la grêle» (Fastes, V.329-330).
Flora: une divinité entre nature et mythe
Flora appartenait au cercle restreint des divinités majeures de Rome, comme l’atteste le fait qu’elle possédait son propre prêtre d’État, le flamen Florialis. Elle recevait des sacrifices dans le bois sacré des Frères Arvales (Fratres Arvales), une confrérie sacerdotale très ancienne.
Ovide, dans ses Fastes, établit un parallèle entre Flora et la nymphe grecque Chloris (V.195-214). Selon le poète, Zéphyr, le vent d’ouest, tomba amoureux de Chloris, l’épousa et lui offrit comme dot un jardin perpétuellement en fleurs. Ovide raconte également comment Flora aurait aidé Junon à concevoir Mars sans l’intervention de Jupiter, grâce à une fleur magique qui permettait de devenir enceinte par simple contact (V.229-258).
Le rhéteur chrétien Lactance, au 4e siècle, propose une interprétation différente de l’origine du culte. Dans ses Institutions Divines (I.20), il affirme: «Flora, ayant acquis de grandes richesses par cette pratique [la prostitution], fit du peuple romain son héritier et laissa une somme fixe d’argent, dont les intérêts annuels devaient servir à célébrer le jour de sa naissance par des jeux publics, qu’on appela Floralia».
Des temples au service du peuple
D’après les sources archéologiques et textuelles, Flora possédait plusieurs lieux de culte à Rome:
- Un temple principal près du Circus Maximus, sur la pente inférieure de l’Aventin, quartier traditionnellement associé aux plébéiens. Ce temple fut construit suite à la consultation des Livres Sibyllins vers 238 av. J.-C.
- Un autre sanctuaire sur le Quirinal, dédié à Flora Rustica («Flora rurale»), qui pourrait correspondre à l’autel originel établi par Titus Tatius.
Ces emplacements soulignent le caractère populaire du culte de Flora, principalement célébré par la plèbe romaine plutôt que par l’aristocratie patricienne.
Le déroulement des célébrations
Les Floralia commençaient le 27 avril durant l’époque républicaine, ou le 28 avril dans le calendrier julien. Sous l’Empire, les festivités s’étendaient jusqu’au 3 mai, totalisant six journées de célébrations. Ovide évoque cette période charnière entre deux mois dans ses Fastes:
«Tu commences en avril et tu passes dans le mois de mai. L’un te possède quand il finit, l’autre quand il commence. Puisque les confins de ces mois t’appartiennent et te rendent hommage, L’un et l’autre conviennent à ta louange.» (Fastes, V.185-188)
Les festivités suivaient un programme structuré:
- Elles débutaient par des représentations théâtrales, les ludi scaenici
- Elles comprenaient des compétitions et spectacles dans le cirque
- Des danses et représentations mimiques animaient les journées et les nuits
- Les célébrations se concluaient par un sacrifice à Flora
Selon plusieurs témoignages, ces jeux se tenaient notamment dans un cirque spécial, appelé «cirque de Flore», situé hors de la ville, dans une vallée formée par le mont Viminal et le Pincio. L’empereur Galba y présenta même un éléphant funambule en 68 apr. J.-C., comme le rapporte Suétone (Vie de Galba, 6.1).
Des caractéristiques uniques et controversées
Une fête plébéienne aux mœurs libres
Les Floralia se distinguaient d’autres fêtes romaines par leur caractère populaire et leur ambiance décontractée. D’abord simples et naïves, ces célébrations évoluèrent vers des spectacles plus licencieux. Valerius Maximus relate une anecdote devenue célèbre: lors d’une représentation théâtrale pendant les Floralia, le public demanda aux actrices de se dénuder sur scène. Caton le Jeune, présent dans l’assistance, préféra quitter le théâtre plutôt que d’assister à cette exhibition ou d’empêcher le peuple de jouir de ces coutumes festives (Faits et Dits Mémorables, II.10.8).
Le poète Martial critique d’ailleurs l’hypocrisie de ceux qui, comme Caton, se rendent aux Floralia tout en feignant d’être choqués par ces spectacles: «Pourquoi es-tu venu aux joyeux rituels de Flora, aux plaisanteries festives et à la licence de la foule?» (Préface du livre I des Épigrammes).
La participation remarquée des prostituées
Selon plusieurs auteurs, les prostituées de Rome participaient activement aux Floralia. Juvénal mentionne qu’elles dansaient nues et se livraient même à des combats simulés: «Regardez ce qu’on peut voir pendant les jeux de Flora, où les prostituées […] combattent comme des gladiateurs» (Satires, VI.249-250).
Lactance, avec son regard chrétien critique, décrit ces spectacles en détail: «Outre la licence des paroles, où s’épanche toute l’obscénité, les femmes sont aussi dépouillées de leurs vêtements à la demande du peuple, et exécutent alors le rôle de mimes, et sont retenues sous le regard du peuple avec des gestes indécents, jusqu’à rassasier les yeux impudiques» (Institutions Divines, I.20).
Cette participation des prostituées aux cérémonies religieuses, malgré leur statut social marginalisé, témoigne d’une intégration partielle dans les traditions romaines.
Des rituels symboliques de fertilité
Les textes anciens décrivent plusieurs pratiques rituelles caractéristiques des Floralia:
- Ovide rapporte que des lièvres et des animaux appelés capreae (chevreuils ou chèvres) étaient libérés dans le cirque: «Pourquoi la foule porte-t-elle des torches ardentes? Pourquoi lâche-t-on des renards avec des torches attachées à leur dos? […] On lâche aussi des lièvres et des capreae aux jambes rapides» (Fastes, V.371-372).
- Selon le poète Perse, la foule était aspergée de pois chiches, symboles de fertilité: «Le peuple réclame les Floralia et le préfet, en tunique légère, jette des pois chiches à la plèbe en liesse» (Satires, V.177-178).
- Contrairement à d’autres fêtes comme la Cerealia où l’on portait des vêtements blancs, les Floralia se caractérisaient par des tenues multicolores, évoquant la diversité des fleurs printanières. Ovide confirme: «Ni le jour suivant ni celui d’après n’interdisent de porter des vêtements aux couleurs variées» (Fastes, V.355-356).
- Des célébrations nocturnes étaient organisées, avec des dispositifs particuliers pour éclairer les voies après les représentations théâtrales, comme l’indique Ovide: «Pourquoi la foule porte-t-elle des torches ardentes?» (Fastes, V.371).
Le rituel du Florifertum
Un rite particulier nommé Florifertum est mentionné par Festus, lexicographe romain du 2e siècle. Ce rituel consistait à porter (ferre) des épis de blé (spicae) dans un sanctuaire (sacrarium). Les spécialistes divergent sur la divinité honorée par ce rite (Flora ou Cérès) et sur sa date précise (27 avril ou 3 mai).
Réception et critiques
Les Floralia étaient organisées et financées de manière spécifique. Selon l’historien Scullard, les jeux étaient présentés par les édiles plébéiens et financés par les amendes collectées lors d’empiètements sur les terres publiques (ager publicus).
Cicéron évoque son propre rôle dans l’organisation de ces jeux: «Lorsque j’étais édile, je présentai des jeux en l’honneur de Flore» (Contre Verrès, II.5.36).
Les Floralia connurent un grand succès dans l’Empire romain. Introduites dans les provinces au fur et à mesure des conquêtes, elles furent particulièrement appréciées des peuples soumis en raison de leur caractère festif et décontracté.
À l’époque chrétienne, ces fêtes furent sévèrement critiquées. Outre Lactance, saint Augustin s’interroge: «Pourquoi serait-il plus satisfaisant d’irriter les dieux par la tempérance que de les apaiser par la débauche, et de provoquer leur haine par une vie honnête plutôt que de l’adoucir par une débauche si inconvenante?» (La Cité de Dieu, II.27).
La déesse Flora, par la voix d’Ovide, aurait sans doute répondu à ces critiques par cette simple maxime: «profitez de la beauté de la vie pendant qu’elle fleurit» (Fastes, V.353).
Sources antiques
Auteurs latins
- Augustin : De Civitate Dei (La Cité de Dieu), II.27.
- Cicéron : In Verrem (Contre Verrès), II.5.36.
- Festus : De verborum significatione (Sur la signification des mots), éd. W. M. Lindsay, Leipzig, 1913, p. 81.
- Juvénal : Saturae (Satires), VI.249-250.
- Lactance : Divinae Institutiones (Institutions Divines), I.20.
- Martial : Epigrammata (Épigrammes), Préface du livre I.
- Ovide : Fasti (Les Fastes), IV.946, V.185-190, 195-258, 329-330, 353, 355-356, 371-372.
- Perse : Saturae (Satires), V.177-178.
- Pline l’Ancien : Naturalis Historia (Histoire Naturelle), XVIII.286.
- Suétone : Vita Galbae (Vie de Galba), 6.1.
- Valerius Maximus : Facta et Dicta Memorabilia (Faits et Dits Mémorables), II.10.8.
- Varron : De Lingua Latina (La Langue latine), cité pour la référence aux divinités sabines.
- Velleius Paterculus : Historia Romana (Histoire romaine), I.14.8.
Sources épigraphiques
- Fasti Praenestini : calendrier romain conservé au Palazzo Massimo alle Terme (Rome), fragments concernant la période du 26 au 30 avril.
Études modernes
- Scullard, H. H. : Festivals and Ceremonies of the Roman Republic, Cornell University Press, 1981.
- Scheld, John : La religion des Romains, Paris, Armand Colin, 2002.
- Warde Fowler, William : The Roman Festivals of the Period of the Republic, Londres, 1908.
- Wiseman, T. P. : The Myths of Rome, University of Exeter Press, 2004.
- Turcan, Robert : The Gods of Ancient Rome, Routledge, 2001 (éd. originale en français, 1998).
- McGinn, Thomas A. J. : Prostitution, Sexuality and the Law in Ancient Rome, Oxford University Press, 1998.
- Latte, Kurt : Römische Religionsgeschichte, Leipzig, 1960.
- Le Bonniec, H. : Le culte de Cérès à Rome des origines à la fin de la République, Paris, 1958.
Dates
Avril 27, 2026 - mai 2, 2026 (Toute la journée)
mai
202627avrToute la journée02maiFloralia
Description
Ante diem quintum Kalendas Maias - Ante diem sextum Nonas Maias Fresque représentant Flora, provenant de
Description
Ante diem quintum Kalendas Maias – Ante diem sextum Nonas Maias

Les Floralia ou «Jeux floraux» (ludi Florales) étaient des festivités célébrées dans la Rome antique en l’honneur de Flora, déesse des fleurs, des jardins et du printemps. D’après les textes anciens, cette déesse avait une origine sabine, peuple italique voisin des premiers Romains. Varron, érudit romain du 1er siècle av. J.-C., la compte explicitement parmi les divinités sabines, et note l’existence d’un mois appelé «Flusalis» (équivalent linguistique de Floralia) dans le calendrier sabin.
Les sources historiques indiquent que le culte de Flora fut introduit à Rome par Titus Tatius, roi sabin qui aurait régné conjointement avec Romulus. Selon Ovide, dans ses Fastes, ce culte était déjà établi sous le règne de Numa Pompilius, deuxième roi légendaire de Rome.
La transformation de ce culte en véritable festival public est cependant plus tardive. Pline l’Ancien précise dans son Histoire Naturelle (XVIII.286): «Les Floralia furent instituées l’an 516 de la fondation de Rome [238 av. J.-C.] sur un avis des livres Sibyllins, à cause de la stérilité des campagnes». Cette date est corroborée par l’historien Velleius Paterculus (I.14.8) qui situe l’événement en 241-240 av. J.-C. Ovide ajoute que ces jeux furent ensuite célébrés de manière irrégulière, puis rétablis de façon annuelle en 173 av. J.-C., lorsque les récoltes souffrirent à nouveau «des vents, de la pluie et de la grêle» (Fastes, V.329-330).
Flora: une divinité entre nature et mythe
Flora appartenait au cercle restreint des divinités majeures de Rome, comme l’atteste le fait qu’elle possédait son propre prêtre d’État, le flamen Florialis. Elle recevait des sacrifices dans le bois sacré des Frères Arvales (Fratres Arvales), une confrérie sacerdotale très ancienne.
Ovide, dans ses Fastes, établit un parallèle entre Flora et la nymphe grecque Chloris (V.195-214). Selon le poète, Zéphyr, le vent d’ouest, tomba amoureux de Chloris, l’épousa et lui offrit comme dot un jardin perpétuellement en fleurs. Ovide raconte également comment Flora aurait aidé Junon à concevoir Mars sans l’intervention de Jupiter, grâce à une fleur magique qui permettait de devenir enceinte par simple contact (V.229-258).
Le rhéteur chrétien Lactance, au 4e siècle, propose une interprétation différente de l’origine du culte. Dans ses Institutions Divines (I.20), il affirme: «Flora, ayant acquis de grandes richesses par cette pratique [la prostitution], fit du peuple romain son héritier et laissa une somme fixe d’argent, dont les intérêts annuels devaient servir à célébrer le jour de sa naissance par des jeux publics, qu’on appela Floralia».
Des temples au service du peuple
D’après les sources archéologiques et textuelles, Flora possédait plusieurs lieux de culte à Rome:
- Un temple principal près du Circus Maximus, sur la pente inférieure de l’Aventin, quartier traditionnellement associé aux plébéiens. Ce temple fut construit suite à la consultation des Livres Sibyllins vers 238 av. J.-C.
- Un autre sanctuaire sur le Quirinal, dédié à Flora Rustica («Flora rurale»), qui pourrait correspondre à l’autel originel établi par Titus Tatius.
Ces emplacements soulignent le caractère populaire du culte de Flora, principalement célébré par la plèbe romaine plutôt que par l’aristocratie patricienne.
Le déroulement des célébrations
Les Floralia commençaient le 27 avril durant l’époque républicaine, ou le 28 avril dans le calendrier julien. Sous l’Empire, les festivités s’étendaient jusqu’au 3 mai, totalisant six journées de célébrations. Ovide évoque cette période charnière entre deux mois dans ses Fastes:
«Tu commences en avril et tu passes dans le mois de mai. L’un te possède quand il finit, l’autre quand il commence. Puisque les confins de ces mois t’appartiennent et te rendent hommage, L’un et l’autre conviennent à ta louange.» (Fastes, V.185-188)
Les festivités suivaient un programme structuré:
- Elles débutaient par des représentations théâtrales, les ludi scaenici
- Elles comprenaient des compétitions et spectacles dans le cirque
- Des danses et représentations mimiques animaient les journées et les nuits
- Les célébrations se concluaient par un sacrifice à Flora
Selon plusieurs témoignages, ces jeux se tenaient notamment dans un cirque spécial, appelé «cirque de Flore», situé hors de la ville, dans une vallée formée par le mont Viminal et le Pincio. L’empereur Galba y présenta même un éléphant funambule en 68 apr. J.-C., comme le rapporte Suétone (Vie de Galba, 6.1).
Des caractéristiques uniques et controversées
Une fête plébéienne aux mœurs libres
Les Floralia se distinguaient d’autres fêtes romaines par leur caractère populaire et leur ambiance décontractée. D’abord simples et naïves, ces célébrations évoluèrent vers des spectacles plus licencieux. Valerius Maximus relate une anecdote devenue célèbre: lors d’une représentation théâtrale pendant les Floralia, le public demanda aux actrices de se dénuder sur scène. Caton le Jeune, présent dans l’assistance, préféra quitter le théâtre plutôt que d’assister à cette exhibition ou d’empêcher le peuple de jouir de ces coutumes festives (Faits et Dits Mémorables, II.10.8).
Le poète Martial critique d’ailleurs l’hypocrisie de ceux qui, comme Caton, se rendent aux Floralia tout en feignant d’être choqués par ces spectacles: «Pourquoi es-tu venu aux joyeux rituels de Flora, aux plaisanteries festives et à la licence de la foule?» (Préface du livre I des Épigrammes).
La participation remarquée des prostituées
Selon plusieurs auteurs, les prostituées de Rome participaient activement aux Floralia. Juvénal mentionne qu’elles dansaient nues et se livraient même à des combats simulés: «Regardez ce qu’on peut voir pendant les jeux de Flora, où les prostituées […] combattent comme des gladiateurs» (Satires, VI.249-250).
Lactance, avec son regard chrétien critique, décrit ces spectacles en détail: «Outre la licence des paroles, où s’épanche toute l’obscénité, les femmes sont aussi dépouillées de leurs vêtements à la demande du peuple, et exécutent alors le rôle de mimes, et sont retenues sous le regard du peuple avec des gestes indécents, jusqu’à rassasier les yeux impudiques» (Institutions Divines, I.20).
Cette participation des prostituées aux cérémonies religieuses, malgré leur statut social marginalisé, témoigne d’une intégration partielle dans les traditions romaines.
Des rituels symboliques de fertilité
Les textes anciens décrivent plusieurs pratiques rituelles caractéristiques des Floralia:
- Ovide rapporte que des lièvres et des animaux appelés capreae (chevreuils ou chèvres) étaient libérés dans le cirque: «Pourquoi la foule porte-t-elle des torches ardentes? Pourquoi lâche-t-on des renards avec des torches attachées à leur dos? […] On lâche aussi des lièvres et des capreae aux jambes rapides» (Fastes, V.371-372).
- Selon le poète Perse, la foule était aspergée de pois chiches, symboles de fertilité: «Le peuple réclame les Floralia et le préfet, en tunique légère, jette des pois chiches à la plèbe en liesse» (Satires, V.177-178).
- Contrairement à d’autres fêtes comme la Cerealia où l’on portait des vêtements blancs, les Floralia se caractérisaient par des tenues multicolores, évoquant la diversité des fleurs printanières. Ovide confirme: «Ni le jour suivant ni celui d’après n’interdisent de porter des vêtements aux couleurs variées» (Fastes, V.355-356).
- Des célébrations nocturnes étaient organisées, avec des dispositifs particuliers pour éclairer les voies après les représentations théâtrales, comme l’indique Ovide: «Pourquoi la foule porte-t-elle des torches ardentes?» (Fastes, V.371).
Le rituel du Florifertum
Un rite particulier nommé Florifertum est mentionné par Festus, lexicographe romain du 2e siècle. Ce rituel consistait à porter (ferre) des épis de blé (spicae) dans un sanctuaire (sacrarium). Les spécialistes divergent sur la divinité honorée par ce rite (Flora ou Cérès) et sur sa date précise (27 avril ou 3 mai).
Réception et critiques
Les Floralia étaient organisées et financées de manière spécifique. Selon l’historien Scullard, les jeux étaient présentés par les édiles plébéiens et financés par les amendes collectées lors d’empiètements sur les terres publiques (ager publicus).
Cicéron évoque son propre rôle dans l’organisation de ces jeux: «Lorsque j’étais édile, je présentai des jeux en l’honneur de Flore» (Contre Verrès, II.5.36).
Les Floralia connurent un grand succès dans l’Empire romain. Introduites dans les provinces au fur et à mesure des conquêtes, elles furent particulièrement appréciées des peuples soumis en raison de leur caractère festif et décontracté.
À l’époque chrétienne, ces fêtes furent sévèrement critiquées. Outre Lactance, saint Augustin s’interroge: «Pourquoi serait-il plus satisfaisant d’irriter les dieux par la tempérance que de les apaiser par la débauche, et de provoquer leur haine par une vie honnête plutôt que de l’adoucir par une débauche si inconvenante?» (La Cité de Dieu, II.27).
La déesse Flora, par la voix d’Ovide, aurait sans doute répondu à ces critiques par cette simple maxime: «profitez de la beauté de la vie pendant qu’elle fleurit» (Fastes, V.353).
Sources antiques
Auteurs latins
- Augustin : De Civitate Dei (La Cité de Dieu), II.27.
- Cicéron : In Verrem (Contre Verrès), II.5.36.
- Festus : De verborum significatione (Sur la signification des mots), éd. W. M. Lindsay, Leipzig, 1913, p. 81.
- Juvénal : Saturae (Satires), VI.249-250.
- Lactance : Divinae Institutiones (Institutions Divines), I.20.
- Martial : Epigrammata (Épigrammes), Préface du livre I.
- Ovide : Fasti (Les Fastes), IV.946, V.185-190, 195-258, 329-330, 353, 355-356, 371-372.
- Perse : Saturae (Satires), V.177-178.
- Pline l’Ancien : Naturalis Historia (Histoire Naturelle), XVIII.286.
- Suétone : Vita Galbae (Vie de Galba), 6.1.
- Valerius Maximus : Facta et Dicta Memorabilia (Faits et Dits Mémorables), II.10.8.
- Varron : De Lingua Latina (La Langue latine), cité pour la référence aux divinités sabines.
- Velleius Paterculus : Historia Romana (Histoire romaine), I.14.8.
Sources épigraphiques
- Fasti Praenestini : calendrier romain conservé au Palazzo Massimo alle Terme (Rome), fragments concernant la période du 26 au 30 avril.
Études modernes
- Scullard, H. H. : Festivals and Ceremonies of the Roman Republic, Cornell University Press, 1981.
- Scheld, John : La religion des Romains, Paris, Armand Colin, 2002.
- Warde Fowler, William : The Roman Festivals of the Period of the Republic, Londres, 1908.
- Wiseman, T. P. : The Myths of Rome, University of Exeter Press, 2004.
- Turcan, Robert : The Gods of Ancient Rome, Routledge, 2001 (éd. originale en français, 1998).
- McGinn, Thomas A. J. : Prostitution, Sexuality and the Law in Ancient Rome, Oxford University Press, 1998.
- Latte, Kurt : Römische Religionsgeschichte, Leipzig, 1960.
- Le Bonniec, H. : Le culte de Cérès à Rome des origines à la fin de la République, Paris, 1958.
Dates
Avril 27, 2026 - mai 2, 2026 (Toute la journée)
202609maiToute la journée13Lemuria
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Ante diem septimum Idus Maias - Ante diem tertium Idus Maias Mosaïque provenant de Pompéi (Museo Archeologico
Description
Ante diem septimum Idus Maias – Ante diem tertium Idus Maias

Entre les 9 et 13 mai dans le calendrier romain, une fête religieuse particulière se déroulait dans toutes les maisons romaines: les Lemuria. Ces célébrations, marquées par des rituels nocturnes, visaient à apaiser et à éloigner les esprits potentiellement dangereux des défunts. A partir des textes antiques, notamment ceux d’Ovide, nous pouvons reconstituer cette cérémonie et comprendre comment les Romains concevaient leur relation aux morts.
Les Lemuria comptent parmi les fêtes les plus anciennes du calendrier romain. Leur ancienneté est attestée par le fait qu’elles étaient marquées en lettres majuscules dans les calendriers officiels (les Fasti). Selon la tradition rapportée par Ovide dans ses Fastes, cette fête aurait été instituée par Romulus pour apaiser l’esprit de son frère jumeau Remus.
Le poète nous livre un récit détaillé de l’apparition de l’ombre de Rémus à ses parents adoptifs, Faustulus et Acca:
«Ils crurent voir se dresser près de leur lit l’ombre sanglante de Rémus qui murmurait faiblement […]: « C’est moi l’autre partie, la moitié de vos vœux, voyez ce que je suis, moi qui naguère étais celui que vous savez! […] Maintenant je suis un fantôme vain, échappé aux flammes du bûcher: voilà tout ce qui reste de l’illustre Rémus »» (Fastes, V, 457-464).
Le spectre demande alors à ses parents d’intervenir auprès de Romulus pour obtenir l’institution d’une fête en son honneur. Romulus accepte et «appelle Remuria ce jour-là, où les aïeux défunts reçoivent les offrandes qui leur sont dues» (Fastes, V, 479-480).
Le poète indique que la fête s’appelait initialement Remuria, avant d’évoluer phonétiquement vers Lemuria: «La lettre dure qui était l’initiale du mot, se transforma au fil du temps en lettre douce» (Fastes, V, 481-482). Le philosophe Porphyre, dans ses commentaires sur les Épîtres d’Horace (II, 2, 208-209), confirme cette origine en soulignant que la mort de Remus était violente, prématurée et un sujet de regret pour Romulus. Servius, dans son Commentaire sur l’Énéide (I, 276), rapporte également cette tradition.
Qui étaient les Lemures?
Les Lemuria étaient destinées à apaiser et à repousser des esprits particuliers appelés lemures ou larvae. Il s’agissait des «ombres errantes des hommes morts avant leur temps et donc redoutables». Perse, dans ses Satires (V, 185), et Horace, commenté par Porphyre, évoquent ces esprits qui vagabondent la nuit.
Les Romains différenciaient plusieurs catégories d’esprits des morts:
- Les Dii Manes ou Parentes: les âmes des défunts ayant eu une vie complète et une descendance, généralement bienveillantes.
- Les Lemures: les âmes des personnes mortes prématurément ou violemment.
- Les Larvae: des esprits particulièrement malveillants et dangereux.
Selon l’historienne J.M.C. Toynbee, les lemures étaient des esprits rendus nuisibles et malveillants envers les vivants parce que sans parenté et négligés dans la mort, n’ayant pas reçu les rites funéraires appropriés. Ils étaient libres de quitter leur corps mais incapables d’entrer dans le monde souterrain.
Une interprétation plus tardive, rapportée par Apulée dans son traité Sur le dieu de Socrate (cité par Saint Augustin, Cité de Dieu, IX, 11), suggère que les Lemures étaient les esprits de ceux qui avaient été mauvais durant leur vie, par opposition aux Lares, esprits protecteurs issus d’ancêtres vertueux. Varron, dans son De Lingua Latina (IX, 61), identifiait quant à lui ces derniers comme les gardiens du foyer.
Le rituel nocturne des Lemuria
La description détaillée du rituel nous est transmise par Ovide dans ses Fastes (V, 419-493). Selon Ovide, le rituel se déroule «lorsque la nuit à demi passée déjà assure un sommeil silencieux, lorsque vous, chiens et oiseaux de toutes races, vous vous êtes tus» (Fastes, V, 429-430). Le chef de famille se lève alors et commence une série de gestes rituels précis.
Le chef de famille effectuait ensuite plusieurs gestes rituels:
- Il se levait pieds nus («sans porter aucune entrave à ses pieds», Fastes, V, 432) et faisait un geste de protection spécifique: «De son pouce placé entre ses doigts joints, il fait un signe, pour ne rencontrer, dans sa marche silencieuse, aucune ombre légère» (Fastes, V, 433-434).
- Il se lavait les mains trois fois dans une eau pure de source.
- Il prenait des fèves noires dans sa bouche, puis les jetait derrière lui sans se retourner, en prononçant neuf fois la formule rituelle: Haec ego mitto; his redimo meque meosque fabis (Je jette ces fèves et avec elles je me rachète, moi et les miens). Ovide donne cette formule en ces termes: «Je vous offre ces fèves; avec elles, je me rachète moi et les miens» (Fastes, V, 438).
- Ovide précise: «Il prononce ceci neuf fois, sans regarder en arrière: l’ombre est censée ramasser les fèves et suivre ses pas, sans être vue» (Fastes, V, 439-440).
- Ensuite, «à nouveau il touche l’eau et fait retentir le bronze de Témèse puis demande à l’ombre de quitter son toit» (Fastes, V, 441-442). Le chef de famille répétait neuf fois: Manes exite paterni! (Mânes de mes pères, sortez!).
- À la fin du rituel, «il regarde derrière lui et considère que les rites sont accomplis selon les règles» (Fastes, V, 444).
Varron, cité par Nonius Marcellus dans son De compendiosa doctrina (135, 13), confirme que les lemures devaient être expulsés des maisons avec des fèves, à travers la porte.
Le symbolisme du rituel
Chaque composante du rituel possédait une signification symbolique:
- Minuit: Moment où la frontière entre le monde des vivants et celui des morts est la plus mince.
- Le silence: État propice à la communication avec l’au-delà.
- Les pieds nus: Contact direct avec les forces souterraines.
- Le lavage des mains: Purification nécessaire avant et après le contact avec les morts.
- Les fèves noires: Offrande destinée aux divinités du monde souterrain et nourriture pour les esprits affamés.
- Le nombre neuf: Symbolise la fin d’un cycle et le début d’un autre.
- Les objets de bronze: Le bruit du métal était réputé pour éloigner les mauvais esprits.
Restrictions et cérémonies publiques
Durant les Lemuria, plusieurs restrictions s’appliquaient, comme le rapporte Ovide: «Ces jours-là cependant, nos ancêtres fermaient les sanctuaires, comme on les voit fermés de nos jours en période funèbre» (Fastes, V, 485-486). Aucun mariage n’était célébré.
Cette interdiction des mariages s’étendait même à tout le mois de mai, comme l’exprime le proverbe rapporté par Ovide: «Durant cette même période, ni une veuve ni une jeune fille ne devaient songer aux torches nuptiales: celle qui s’est mariée alors n’a pas la vie longue. C’est pour cette raison aussi, si tu tiens compte des proverbes, que le peuple dit que les malheureuses se marient en mai» (Fastes, V, 487-490). Ce dicton est également cité par Érasme dans ses Adagia: mense Maio malae nubent (celles qui se marient en mai se marient mal).
Ovide confirme également que les trois jours de fête ne se suivaient pas: «Cependant ces trois jours de fête ont lieu dans la même période, sans qu’aucun d’eux toutefois ne suive immédiatement le précédent» (Fastes, V, 491-492).
Outre le rituel domestique, des cérémonies publiques avaient lieu durant cette période:
- Le 11 mai (deuxième jour), des jeux étaient organisés dans le cirque en l’honneur de Mars, selon Ovide (Fastes, V.597).
- Le 13 mai (troisième jour), avait lieu la cérémonie des Argei, décrite par Ovide (Fastes, V.621) et Festus. Lors de cette cérémonie, les Vestales jetaient dans le Tibre trente mannequins de jonc depuis le pont Sublicius, possible substitut d’anciens sacrifices humains.
- Le même jour se tenait également une fête des marchands (festum mercatorum), mentionnée par Ovide (Fastes, V.670) et liée à la dédicace du temple de Mercure en 495 av. J.-C. (Tite-Live, II.21). Les marchands s’aspergeaient d’eau de la fontaine de Mercure avec une branche de laurier pour favoriser leurs affaires.
Servius (Eclogues, VIII, 82) note également que pendant les Lemuria, les Vestales recueillaient du blé pas encore mûr pour préparer la mola salsa, farine rituelle utilisée lors des sacrifices.
Les Lemuria et les Parentalia: deux approches distinctes des morts
Une distinction fondamentale existait entre les Lemuria (mai) et les Parentalia (février), autre fête romaine dédiée aux morts:
- Les Parentalia se déroulaient dans les nécropoles, hors de la ville, et honoraient les morts «acceptables» qui avaient eu une vie complète et une descendance.
- Les Lemuria se déroulaient dans les maisons, à l’intérieur de la ville, et visaient à expulser les morts «problématiques» qui cherchaient à revenir parmi les vivants.
Cette opposition reflète la conception romaine de la frontière nécessaire entre le monde des vivants et celui des morts. Les Dii Parentes, satisfaits d’avoir pleinement vécu et laissé une descendance, acceptaient de rester en dehors des limites de la ville. Les Lemures, n’ayant pas pleinement vécu, revenaient périodiquement à l’intérieur de la cité pour réclamer la part de vie qui leur avait été refusée, créant ainsi une dangereuse confusion entre les deux mondes.
Héritage des Lemuria
La fête des Lemuria a laissé des traces dans l’histoire. Certains chercheurs estiment qu’elle aurait possiblement inspiré la création de la fête chrétienne de la Toussaint. Le pape Boniface IV aurait reconsacré le Panthéon à la Vierge Marie et à tous les martyrs le 13 mai 609 ou 610, date qui coïncide avec le dernier jour des Lemuria. Cette fête, appelée dedicatio Sanctae Mariae ad Martyres, est considérée comme l’origine de la Toussaint, bien que cette théorie reste discutée.
Le terme «Lémures» a également survécu dans les mythes romains pour désigner des âmes tourmentées incapables de trouver le repos après une mort tragique ou violente.
Sources antiques
- Apulée, De Deo Socratis (Sur le dieu de Socrate), XV.
- Augustin (Saint), De Civitate Dei (La Cité de Dieu), IX, 11.
- Festus (Sextus Pompeius), De verborum significatione (Sur la signification des mots), 128.
- Horace, Epistulae (Épîtres), II, 2, 208-209.
- Nonius Marcellus, De compendiosa doctrina (De la doctrine abrégée), 135, 13.
- Ovide, Fasti (Les Fastes), V, 419-493; V, 597; V, 621; V, 670; VI, 219-234.
- Perse, Satirae (Satires), V, 185.
- Porphyre, Commentarii in Horatii Epistulas (Commentaires sur les Épîtres d’Horace), II, 2, 208-209.
- Servius (Marius Servius Honoratus), In Vergilii Bucolicon librum (Commentaire sur les Bucoliques de Virgile), VIII, 82.
- Servius, In Vergilii Aeneidos libros (Commentaire sur l’Énéide de Virgile), I, 276.
- Tite-Live, Ab Urbe condita (Histoire romaine), II, 21.
- Varron, De Lingua Latina (De la langue latine), IX, 61.
- Varron, Vita populi Romani (Vie du peuple romain), fragment cité par Nonius 135, 13.
Études modernes
- Champeaux, Jacqueline, La religion romaine, Livre de poche, 1998.
- Déchaux, Jean-Henri, Le Souvenir des morts, PUF, 1997.
- Dumézil, Georges, La religion romaine archaïque.
- Schmitz, Leonhard, article «Lemuralia» dans William Smith, A Dictionary of Greek and Roman Antiquities, John Murray, Londres, 1875.
- Toynbee, J.M.C., Death and Burial in the Roman World, Johns Hopkins University Press, 1971, 1996.
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Dates
Mai 9, 2026 - mai 13, 2026 (Toute la journée)
juin
202607juinToute la journée15Vestalia
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Ante diem septimum idus Iunias - Ante diem septimum decimum kalendas Iulias Rare représentation de Vesta sous
Description
Ante diem septimum idus Iunias – Ante diem septimum decimum kalendas Iulias

EN BREF. Chaque année du 7 au 15 juin, les Vestalia transformaient Rome: rituels mystérieux dans le temple secret de Vesta, matrones en pèlerinage pieds nus, et surprenante fête populaire des boulangers couronnant leurs ânes de fleurs! Cette célébration du feu sacré incarnait la croyance romaine fondamentale: tant que brûlait sa flamme, Rome était éternelle.
Les Vestalia: la fête du feu sacré de Rome
Chaque année, du 7 au 15 juin, la Rome antique célébrait les Vestalia, l’une de ses fêtes religieuses les plus importantes. Cette célébration en l’honneur de Vesta, déesse du foyer et gardienne du feu sacré de la cité, mêlait rituels secrets, processions publiques et… fête des boulangers. Une combinaison qui révèle la capacité de la religion romaine à unir le sacré et le quotidien.
Une déesse sans visage au cœur de l’État romain
Vesta occupait une place unique dans le panthéon romain. Fille de Saturne et d’Ops, sœur de Jupiter, elle incarnait la flamme pure et éternelle. «Quant à toi, comprends bien que Vesta n’est autre qu’une flamme vive, et qu’on ne voit aucun corps naître de la flamme», explique le poète Ovide dans ses Fastes. Contrairement aux autres divinités, elle n’avait pas de statue dans son temple: seul un feu perpétuel la représentait.
Cette particularité s’explique par l’ancienneté de son culte. Vesta appartenait aux traditions religieuses les plus archaïques des peuples latins, bien avant la fondation de Rome. Son temple rond, unique dans l’architecture religieuse romaine, reproduisait la forme des huttes primitives et symbolisait la Terre elle-même. «C’est que Vesta est comme la terre: toutes deux ont en elles un feu perpétuel», précise Ovide.
Six prêtresses pour un feu éternel
Le culte de Vesta était confié aux Vestales, six prêtresses choisies dans l’enfance. Initialement recrutées parmi les familles patriciennes, cette fonction s’ouvrit progressivement aux plébéiennes puis aux filles d’affranchis. Elles devaient respecter une chasteté absolue pendant trente ans de service: dix ans d’apprentissage, dix ans d’exercice et dix ans d’enseignement. Leur principale mission consistait à entretenir le feu sacré qui ne devait jamais s’éteindre, sous peine de catastrophe pour Rome.
La tradition attribuait au roi Numa, deuxième roi de Rome, l’organisation de ce sacerdoce féminin vers 700 avant notre ère. «Ce fut l’œuvre du roi pacifique, l’esprit le plus respectueux de la divinité qu’eût jamais porté la terre sabine», écrit Ovide dans ses Fastes. Les Vestales vivaient dans une maison spéciale près du temple, appelée l’Atrium Vestae, et jouissaient de privilèges exceptionnels: elles pouvaient posséder des biens, témoigner en justice et circuler librement dans Rome.
La violation du vœu de chasteté entraînait une punition terrible: la coupable était enterrée vivante dans un caveau souterrain avec une lampe et un peu de nourriture. Ainsi périt celle qui manque à la chasteté: on l’ensevelit dans ce qu’elle a profané, note sobrement Ovide.
Le 7 juin: l’ouverture du temple secret
Les Vestalia commençaient le 7 juin par un événement exceptionnel: l’ouverture du penus Vestae, le sanctuaire secret de la déesse. Ce «garde-manger sacré» contenait les objets les plus précieux de Rome, notamment le Palladium, cette statue de Minerve réputée tombée du ciel à Troie et garante de la souveraineté romaine.
D’ordinaire, ce lieu saint était interdit à tous, y compris aux hommes. Seules les Vestales et, dans certaines circonstances, le grand pontife pouvaient y pénétrer. Mais pendant les Vestalia, comme l’explique Ovide, les matrones se rendaient en pèlerinage à l’Aedes Vestae, qui, autrement, n’était jamais ouvert.
Ces femmes mariées de la haute société devaient observer des règles strictes: elles entraient pieds nus et cheveux dénoués, en souvenir des temps anciens où le temple de Vesta était encore entouré de marais. Cette prescription conservait la mémoire de l’époque où tout le quartier du Forum était régulièrement inondé.
Le 9 juin: entre solennité religieuse et fête populaire
Le point culminant des Vestalia avait lieu le 9 juin, jour de fête publique officielle. Les Vestales accomplissaient alors leur tâche la plus délicate: la préparation de la mola salsa, une farine sacrée mélangée à du sel utilisée dans tous les sacrifices romains.
Cette préparation exigeait un rituel minutieux entièrement accompli par les prêtresses. Elles devaient cueillir elles-mêmes les épis d’épeautre dans un champ spécial, les moudre avec des meules dédiées, pétrir la pâte avec de l’eau sacrée et cuire les galettes dans un four spécialement conçu. Les archéologues ont d’ailleurs retrouvé ce moulin et ce four dans les ruines de la Maison des Vestales au Forum romain.
Mais le 9 juin était aussi devenu, à partir du 2e siècle avant notre ère, une joyeuse fête des artisans. Voici le pain suspendu au cou des ânons couronnés et les guirlandes de fleurs recouvrant les meules rugueuses, décrit Ovide. Les meuniers et boulangers chômaient ce jour-là, ornaient leurs outils de travail et menaient des cortèges d’ânes couronnés de violettes dans les rues de Rome.
Cette association entre Vesta et les métiers de la boulangerie n’avait rien d’artificiel. Elle s’expliquait par le rôle des Vestales dans la préparation de la mola salsa et par l’importance du foyer domestique dans la fabrication du pain familial, avant l’apparition des boulangers professionnels.
Du pain contre les Gaulois: la légende de Jupiter Pistor
Ovide rapporte une légende qui explique pourquoi Jupiter était aussi honoré pendant les Vestalia sous le nom de Pistor (le Boulanger). En 390 avant notre ère, lors du siège du Capitole par les Gaulois, les Romains assiégés souffraient de la famine. Jupiter leur inspire alors une ruse: «Levez-vous et du haut de la citadelle, jetez au milieu des ennemis le bien que vous souhaiteriez le moins leur envoyer!».
Les Romains comprennent qu’il s’agit du blé et «jettent les dons de Cérès, qui, en tombant, résonnent sur les casques et les longs boucliers». Croyant leurs ennemis pourvus en vivres, les Gaulois lèvent le siège. «Une fois l’ennemi repoussé, les Romains élèvent un autel tout blanc à Jupiter Pistor», conclut le poète.
Si cette anecdote relève probablement de la légende, elle témoigne de l’importance symbolique du pain dans la mentalité romaine et de son lien avec la protection divine.
Le 15 juin: purification et fermeture
Les Vestalia s’achevaient le 15 juin par une cérémonie de purification appelée stercoratio. Le temple était soigneusement nettoyé par les Vestales, et les «immondices sacrées» évacuées selon un rituel précis: elles étaient transportées par la voie du Clivus Capitolinus jusqu’à la Porte Stercoraire, puis jetées dans le Tibre. Cette opération était consignée dans les calendriers officiels par la formule Quando Stercus Delatum Fas («Une fois les immondices enlevées, le jour devient faste»).
L’historien Georges Dumézil explique que ce terme d’«immondices» ne peut référer qu’à des «excréments animaux», vestige fossilisé du temps où une société pastorale devait nettoyer le siège de son feu sacré. Cette interprétation souligne l’extraordinaire ancienneté du culte de Vesta, remontant aux origines mêmes de la civilisation latine.
Les Vestalia ne se limitaient pas à Rome
Le culte de Vesta n’était pas une spécificité romaine. D’autres cités du Latium célébraient leurs propres Vestalia, chacune avec ses vestales. Bovillae conservait les traditions des vestales d’Albe-la-Longue, tandis que Lavinium entretenait l’ordre des Laurentes Lavinates. Tibur (actuelle Tivoli) possédait également ses prêtresses, et un magnifique temple de Vesta y subsiste encore aujourd’hui. Cette diffusion révèle l’ancienneté et l’importance du culte dans le monde latin, bien antérieur à la fondation de Rome.
Un culte millénaire au cœur de l’identité romaine
Cette fête née dans les temps préhistoriques du Latium sut s’adapter aux transformations de la société tout en conservant sa fonction essentielle: garantir la continuité de Rome par la protection du feu sacré.
L’importance de ce culte se mesure à sa longévité extraordinaire. Malgré l’émergence du christianisme, les Vestalia demeurèrent l’une des dernières fêtes païennes pratiquées à Rome. Il fallut attendre l’an 391 de notre ère et l’interdiction formelle de l’empereur Théodose 1er pour voir s’éteindre définitivement le feu de Vesta, après plus de mille ans d’entretien continu.
Les Vestalia illustrent parfaitement l’art romain de faire évoluer les traditions sans les dénaturer. Pour les Romains, Vesta n’était pas seulement une divinité parmi d’autres: elle incarnait la permanence de leur cité, le lien entre les générations et la protection divine qui assurait la grandeur de leur empire. Tant que brûlait sa flamme, Rome était éternelle.
Sources antiques
- Ovide, Fastes, livre VI, vers 249-468.
- Plutarque, Vie de Numa, 9-10.
- Tite-Live, Histoire romaine, I, 20.
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 66-67.
- Aulu-Gelle, Nuits attiques, I, 12.
- Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XVIII, 7.
Études modernes citées
- Dumézil, Georges, La Religion romaine archaïque, Paris, Payot & Rivages, 2000.
- Heymann, Marcelle, « La Vestale au nom oublié », Études, t. 297, 1958, p. 186.
Dates
Juin 7, 2026 - juin 15, 2026 (Toute la journée)
202611juinToute la journéeMatralia
Description
Ante diem tertium idus Iunias EN BREF. Dans la Rome antique, une
Description
Ante diem tertium idus Iunias

EN BREF. Dans la Rome antique, une fête féminine aux rites déroutants se déroulait le 11 juin: les Matralia. Les mères priaient pour leurs neveux mais jamais pour leurs propres enfants, battaient une esclave avant de la chasser du temple et offraient des galettes à Mater Matuta, déesse de l’aurore. Seules les femmes mariées une fois y participaient.
Les Matralia: rites féminins et mystères de l’aurore dans la Rome antique
Chaque 11 juin, dans la Rome antique, les matrones se rassemblaient au Forum Boarium pour célébrer les Matralia, une fête religieuse exclusivement féminine dédiée à Mater Matuta. Cette cérémonie, aux rites complexes et parfois déroutants, révèle les aspects les plus anciens de la religion romaine et le rôle central des femmes dans la perpétuation de la communauté.
Une déesse aux multiples visages
Mater Matuta était une divinité d’origine italique, antérieure à la fondation de Rome. Son nom associe deux dimensions essentielles: «Mater» évoque la maternité, tandis que «Matuta» se rattache à l’aurore. Cette fonction auroriale est confirmée par Lucrèce, qui évoque Matuta dans ses vers sur les phénomènes célestes: selon les sources italiennes, le poète décrit comment «à une heure déterminée Matuta répand par les régions de l’éther l’aurore rosée et libère la lumière» (De Rerum Natura, V, 656).
Selon l’érudit Verrius Flaccus cité par Festus, la déesse était aussi appelée Mater Matuta pour sa bonté (Mater Matuta ob bonitatem antiqui appellabant). Les sources rapportent plusieurs épithètes liés à ses fonctions maternelles et aurorales.
Les Romains identifièrent progressivement Mater Matuta à la déesse grecque Ino-Leucothée. Cicéron confirme cette assimilation (De Natura Deorum, III, 48), et Ovide développe longuement le mythe grec pour expliquer les rites romains.
Le temple du Forum Boarium
Selon la tradition rapportée par Tite-Live (V, 19, 6), le roi Servius Tullius fit édifier le temple de Mater Matuta au Forum Boarium, près de la porte Carmentalis, au 6e siècle avant notre ère. Détruit en 506 avant notre ère, il fut reconstruit par Marcus Furius Camillus en 396 avant notre ère, comme le raconte Plutarque (Vie de Camille, 5).
Un incendie ravagea le sanctuaire en 213 avant notre ère, mais il fut immédiatement reconstruit l’année suivante avec le temple voisin de Fortuna (Tite-Live, XXV, 7, 6). En 196 avant notre ère, deux arcs furent ajoutés devant les deux temples.
Les fouilles archéologiques ont révélé l’ancienneté du site avec des terres cuites architecturales remontant au 6e siècle avant notre ère. Le temple était situé à côté de celui de Fortuna, formant ce que les archéologues appellent les «temples jumeaux du Forum Boarium».
Les rites des Matralia: entre dévotion et exclusion
La fête était strictement réservée aux femmes libres et plus précisément aux univirae, c’est-à-dire aux femmes mariées une seule fois, comme le précise Tertullien (De Monogamia, XVII, 3). Ovide s’adresse directement à elles: «Allez, bonnes mères (les Matralia sont votre festival), et offrez à la déesse thébaine les gâteaux jaunes qui lui sont dus» (Fastes, VI, 475-476).
Les participantes se rendaient au temple pour accomplir plusieurs gestes rituels. Elles couronnaient de guirlandes la statue de Mater Matuta et lui offraient des galettes spécialement préparées. Ovide mentionne l’offrande de «galettes jaunes» et évoque dans son récit mythologique les galettes préparées par Carmenta (Fastes, VI, 531-532).
Le mystère des neveux et nièces
L’aspect le plus singulier des Matralia concernait les prières adressées à la déesse. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, les mères ne priaient pas pour leurs propres enfants, mais pour ceux de leurs sœurs. Plutarque s’interroge sur cette coutume dans ses Questions romaines (17): «Pourquoi les femmes implorent-elles cette déesse non pour leurs enfants mais pour ceux de leurs sœurs?»
Cette pratique énigmatique interpellait déjà les Anciens. Ovide pose la question fondamentale qui structure tout son développement: «Qui est cette déesse? Pourquoi écarte-t-elle ses servantes du seuil du temple – car elle les écarte – et pourquoi exige-t-elle des gâteaux grillés?» (Fastes, VI, 479-482). Pour lui, cette déesse «personnellement elle paraît avoir été une mère peu heureuse. Vous lui confierez plus sagement les rejetons d’une autre mère: elle fut plus utile à Bacchus qu’à ses propres enfants» (Fastes, VI, 561-562). Ino avait en effet élevé son neveu Dionysos après la mort de sa sœur Sémélé, mais ses propres fils avaient connu un sort tragique.
L’expulsion rituelle de l’esclave
Un autre rite marquait la cérémonie: l’introduction puis l’expulsion violente d’une esclave. Plutarque décrit cette pratique (Vie de Camille, 5, 2) et Ovide l’évoque également (Fastes, VI, 551). Une femme esclave était exceptionnellement introduite dans le temple, normalement interdit aux personnes de condition servile, puis chassée par les matrones qui la frappaient.
Ovide tente d’expliquer cette pratique par une légende impliquant une servante qui aurait trompé Ino (Fastes, VI, 551-558), concluant que «voilà pourquoi la classe des servantes est l’objet de sa haine».
Une fête dans le calendrier romain
Les Matralia se déroulaient le 11 juin, en pleine période des célébrations dédiées à Vesta (du 9 au 15 juin). Cette date n’était pas anodine: le mois de juin était placé sous la protection de Junon selon Ovide, et plusieurs fêtes à caractère féminin s’y concentraient.
La proximité avec le solstice d’été donnait une dimension cosmique à la célébration. Dix jours avant que les jours n’atteignent leur durée maximale, les femmes romaines célébraient la déesse de l’aurore.
Le temple voisin de Fortuna
À côté du sanctuaire de Mater Matuta se dressait le temple de Fortuna, également attribué à Servius Tullius. Ce temple abritait une statue mystérieuse, entièrement voilée de toges, qu’il était interdit de découvrir. Ovide évoque cette interdiction et l’avertissement de la déesse (Fastes, VI, 619-620).
Les sources antiques divergent sur l’identité de cette statue: représentait-elle le roi Servius Tullius, la déesse Fortuna elle-même, ou Pudicitia selon Festus? Cette incertitude révèle probablement l’ancienneté de cette image, décrite par Denys d’Halicarnasse comme un objet de bois de facture archaïque (IV, 40, 7).
L’évolution du culte
Au fil des siècles, le culte de Mater Matuta évolua. L’assimilation avec Ino-Leucothée s’accompagna d’une extension de ses attributions: déesse terrestre de l’aurore et de la maternité, elle devint aussi une divinité marine protectrice des ports.
Son «fils» Mélicerte-Palémon fut identifié au dieu romain Portunus, protecteur des ports. Ovide évoque cette transformation dans son récit où la prophétesse annonce à Ino et Mélicerte leur nouveau statut divin et leurs nouveaux noms (Fastes, VI, 543-547).
Les témoignages archéologiques
Au-delà de Rome, le culte de Mater Matuta était répandu dans toute l’Italie centrale. À Satricum, Tite-Live mentionne son temple (V, 19, 6), et les fouilles ont révélé de nombreux objets votifs. À Capoue, le site de Fondo Patturelli a livré des statues votives témoignant de la popularité de la déesse en Campanie.
Ces découvertes confirment que Mater Matuta était vénérée par les hommes comme par les femmes, contrairement aux Matralia romaines qui excluaient la gent masculine.
Les liens avec d’autres divinités
Mater Matuta partageait plusieurs caractéristiques avec d’autres déesses méditerranéennes. Sa proximité avec Fortuna dans le culte romain s’explique par leurs domaines d’action complémentaires et la contiguïté de leurs temples au Forum Boarium.
Les sources rapportent aussi son association avec la Bona Dea, suggérant des recoupements entre différents cultes féminins de la religion romaine.
Un héritage durable
Les Matralia témoignent de la capacité de la religion romaine à préserver des traditions très anciennes tout en les adaptant aux évolutions de la société. Les rites apparemment incompréhensibles aux Romains eux-mêmes conservaient la mémoire de croyances très anciennes.
Cette fête révèle aussi l’importance des femmes dans la religion romaine: loin d’être cantonnées aux cultes domestiques, elles avaient leurs propres célébrations publiques, leurs propres temples, leurs propres rituels. Les Matralia constituaient un moment où s’exprimait pleinement la religiosité féminine, avec ses codes, ses exclusions et ses solidarités spécifiques.
Sources antiques
- Cicéron, De Natura Deorum, III, 48
- Festus, De Verborum Significatu, s.v. «Mater Matuta ob bonitatem antiqui appellabant»
- Ovide, Fastes, VI, 469-648
- Plutarque, Vies parallèles, Vie de Camille, 5 ; Questions romaines, 17
- Tertullien, De Monogamia, XVII, 3
- Tite-Live, Ab Urbe Condita, V, 19, 6 ; XXV, 7, 6
Dates
Juin 11, 2026 Toute la journée
202624juinToute la journéeFors Fortuna
Description
Ante diem octavum kalendas Iulias EN BREF.
Description
Ante diem octavum kalendas Iulias

EN BREF. Fors Fortuna était une fête romaine populaire célébrée le 24 juin, jour du solstice d’été. Les Romains descendaient le Tibre en barques décorées pour honorer la déesse de la chance dans ses temples. Cette célébration joyeuse attirait surtout la plèbe et les esclaves, qui espéraient voir leur sort s’améliorer comme celui du roi Servius Tullius, passé de l’esclavage au trône selon la légende.
La fête de Fors Fortuna: une célébration populaire sur les rives du Tibre
Le 24 juin, les Romains de l’Antiquité célébraient l’une de leurs fêtes les plus joyeuses: Fors Fortuna. Cette journée, appelée dies Fortis Fortunae selon Varron, était dédiée à la déesse de la chance et du hasard. Contrairement à de nombreuses célébrations religieuses réservées aux élites, cette fête attirait particulièrement les classes populaires de Rome.
Une déesse du peuple
Fors Fortuna était vénérée avant tout par la plèbe et les esclaves, comme nous l’apprend Ovide dans ses Fastes. Cette popularité s’expliquait par l’histoire même de la déesse: «la plèbe vénère cette déesse, parce que, dit-on, le fondateur de son temple est issu de la plèbe et, malgré son origine modeste, a porté le sceptre». Ovide précise également que «ce culte convient aussi aux esclaves, parce que Tullius, né d’une esclave, a élevé ce temple voisin en l’honneur de la déesse capricieuse».
Ce Tullius mentionné par Ovide désigne le roi Servius Tullius, dont les origines faisaient débat dans l’Antiquité. Certaines traditions lui donnaient une ascendance divine, d’autres une origine servile. Cette ambiguïté même faisait de lui l’incarnation parfaite des possibilités offertes par la Fortune, qui pouvait élever les plus humbles au sommet du pouvoir.
Les temples de Fors Fortuna
Les calendriers épigraphiques romains mentionnent deux temples principaux dédiés à Fors Fortuna, tous deux situés au-delà du Tibre (trans Tiberim). Le premier se dressait au premier mille de la via Portuensis, le second au sixième mille, près du bois de Dea Dia. Les deux sanctuaires avaient été consacrés le 24 juin.
La tradition attribuait la construction du temple le plus proche de Rome au roi Servius Tullius, comme l’indiquent plusieurs auteurs antiques: Denys d’Halicarnasse, Plutarque (bien qu’il l’attribue parfois à Ancus Marcius), Varron et Ovide. Le second temple fut édifié plus tard par le consul Sp. Carvilio en 293 avant notre ère, avec une partie du butin de la guerre victorieuse contre les Étrusques et les Samnites selon Tite-Live.
Il est possible qu’avant la construction de ces temples, la déesse ait été honorée dans un lieu sacré en plein air, car certaines sources mentionnent un fanum Fortis Fortunae plutôt qu’un aedes (temple construit).
Une fête sur l’eau
Le jour de la Fors Fortuna, Ovide encourage les Romains: «Allez, célébrez joyeusement la déesse Fors, ô Quirites ! Sur la rive du Tibre, elle a reçu le présent d’un roi». La célébration prenait la forme d’un pèlerinage vers les temples situés de l’autre côté du fleuve.
Les participants se rendaient aux sanctuaires «en courant, les uns à pied, d’autres en barque rapide», précise Ovide. Le poète ajoute avec humour: «n’ayez pas honte de revenir de là en étant ivres». La fête se déroulait en grande partie sur l’eau: «Barques couronnées, emportez les jeunes gens qui festoient et qu’au milieu des ondes, ils boivent des flots de vin!»
Cette dimension nautique était si caractéristique que Cicéron désigne cette fête sous le nom de Tiberina Descensio («Descente du Tibre»), qu’il décrit comme une célébration marquée par une grande allégresse. Les participants descendaient le Tibre en barques décorées, participaient aux rituels dans les temples, puis remontaient vers Rome dans une ambiance festive.
Le sens de la célébration
Le nom même de la déesse éclaire sa fonction. Le terme fors, utilisé principalement comme adverbe (forte), signifiait en latin classique le hasard ou l’événement fortuit selon Cicéron, ou l’événement casuel et favorable selon Donat.
Certains érudits du 19e siècle ont proposé de faire dériver fors et fortuna de la racine indo-européenne bher-, la même que fero (porter). Fors Fortuna serait ainsi la déesse qui porte ou emporte, ce qui pourrait se rattacher au solstice d’été comme moment où les âmes descendent du monde supralunaire dans la sphère terrestre.
Les interprétations modernes voient en Fors Fortuna soit une divinité liée aux récoltes, invoquée pour garantir leur abondance ou pour remercier de les avoir protégées des caprices climatiques, soit une divinité solaire liée au solstice d’été. Cette seconde hypothèse s’appuie sur le fait que le solstice d’été était situé au 24 juin selon plusieurs sources antiques (Pline, Isidore de Séville, les calendriers philocaliens).
L’iconographie de la déesse
Les représentations de Fors Fortuna, conservées principalement à l’époque impériale, la montrent tenant le globe du commandement dans la main gauche et la corne d’abondance dans la droite, parfois accompagnée d’une roue. Tite-Live nous apprend que la statue de la déesse portait une couronne surmontée d’un signe.
Ces attributs symbolisaient les différents aspects de son pouvoir: le globe évoquait la domination du monde, la corne d’abondance la prospérité qu’elle pouvait dispenser, et la roue l’instabilité du destin humain.
Une fête démocratique
La Fors Fortuna du 24 juin illustrait parfaitement l’une des caractéristiques de la religion romaine: sa capacité à offrir des espaces de célébration commune à toutes les classes sociales. En s’adressant particulièrement aux humbles, cette fête leur donnait l’espoir que la Fortune pourrait un jour transformer leur condition, à l’image de Servius Tullius passé de l’esclavage au trône.
Sources antiques
- Cicéron, De finibus, V, 70
- Donat, Commentaire à Térence, Phormion, 841
- Ovide, Fastes, VI, 765-784
- Tite-Live, Ab Urbe condita, X, 46, 14 ; XXVII, 11, 3
- Varron, De lingua latina, VI, 17
Sources épigraphiques
- Corpus Inscriptionum Latinarum, I², 243, 211, 320
Études modernes
- Max Müller, étymologie indo-européenne de fors et fortuna (XIXe siècle)
Dates
Juin 24, 2026 Toute la journée
juillet
202605juil10:1310:13Poplifugia
Description
Ante diem tertium Nonas iulias EN BREF. Cette fête qui porte le nom de «fuite du peuple» intrigue les historiens. Les Poplifugia du 5 juillet mélangent légendes
Description
Ante diem tertium Nonas iulias
EN BREF. Cette fête qui porte le nom de «fuite du peuple» intrigue les historiens. Les Poplifugia du 5 juillet mélangent légendes contradictoires: mort de Romulus dans un orage, panique après l’invasion gauloise, déroute militaire face aux Étrusques ou aux peuples voisins, rites de fertilité pour Junon. Le mystère demeure intact.

Les Poplifugia ou la mémoire d’une fuite collective
Les Poplifugia (également Populifugia), célébrées le 5 juillet dans la Rome antique, constituent une fête religieuse dont les origines et la signification font l’objet d’explications contradictoires chez les auteurs antiques. Cette fête commémorait la disparition mystérieuse de Romulus, le fondateur légendaire de Rome, et impliquait des rituels associés à la déesse Junon. Elle s’inscrivait dans un cycle de fêtes estivales.
La proximité des dates explique les confusions fréquentes dans les sources anciennes. Les Poplifugia proprement dites ont lieu le 5 juillet, les Nones Caprotines le 7 juillet (dédiées à Junon Caprotina), et la Vitulatio le 8 juillet. Cette proximité temporelle fait que la date donnée à Poplifugia par certains témoignages varie du 5 au 8 juillet dans les calendriers et chez les auteurs.
Explications contradictoires des auteurs antiques
Les sources antiques proposent plusieurs origines incompatibles pour les Poplifugia :
Varron propose une explication historique liée aux invasions: «Le jour des Poplifugia semble avoir été ainsi nommé parce que ce jour-là le peuple prit soudainement la fuite à cause d’un tumulte: en effet, peu de temps après le départ des Gaulois de la ville, les peuples qui se trouvaient alors près de la ville, comme les Ficulates et les Fidénates et d’autres voisins, conspirèrent contre nous. Plusieurs traces de cette fuite apparaissent dans les rites sacrés de ce jour» (De lingua latina, VI, 18).
Macrobe rapporte une version totalement différente transmise par Piso, qui implique les Étrusques et non les peuples du Latium: «Le lendemain des Nones de juillet, après un succès militaire, alors que la veille le peuple avait été mis en fuite par les Étrusques -d’où le nom de Populifugia– après la victoire, on célèbre la vitulatio avec des sacrifices déterminés» (Saturnales, III, 2, 14).
Une troisième tradition, rapportée par Tite-Live mais sans lien explicite avec les Poplifugia, associe le marais de la Chèvre à la disparition de Romulus: «un jour qu’il assistait à une assemblée, dans un lieu voisin du marais de la Chèvre, pour procéder au recensement de l’armée, survint tout à coup un orage, accompagné d’éclats de tonnerre, et le roi, enveloppé d’une vapeur épaisse, fut soustrait à tous les regards» (Histoire romaine, I, 16, 1).
Les tensions politiques autour de Romulus
Le récit de Tite-Live révèle les tensions politiques de l’époque. L’historien note que Romulus «fut plus cher au peuple qu’au sénat» (Histoire romaine, I, 15, 8) et rapporte des soupçons d’assassinat: «Je suppose qu’il ne manqua pas alors de gens qui accusèrent tout bas les sénateurs d’avoir déchiré Romulus de leurs propres mains; le bruit même s’en répandit, mais n’acquit jamais beaucoup de consistance» (Histoire romaine, I, 16, 4).
Pour apaiser ces tensions, le récit de l’apparition divine de Romulus à Proculus Julius présente une prophétie sur la destinée de Rome: «Va, dit-il, annoncer à tes concitoyens que cette ville que j’ai fondée, ma Rome, sera la reine du monde; telle est la volonté du ciel. Que les Romains se livrent donc tout entiers à la science de la guerre; qu’ils sachent, et après eux leurs descendants, que nulle puissance humaine ne pourra résister aux armes de Rome» (Histoire romaine, I, 16, 6-7). Tite-Live observe avec ironie: «Il est étonnant qu’on ait si facilement ajouté foi à un pareil discours, et aussi combien la certitude de l’immortalité de Romulus adoucit les regrets du peuple et de l’armée» (Histoire romaine, I, 16, 8).
Varron établit une connexion entre les Poplifugia du 5 juillet et les Nones Caprotines du 7 juillet: «Les Nones Caprotines, parce que ce jour-là dans le Latium les femmes sacrifient à Junon Caprotina et le font sous un figuier sauvage; elles utilisent une branche de figuier sauvage» (De lingua latina, VI, 18).
Les interprétations modernes
Face à ces contradictions, les historiens modernes ont tenté diverses synthèses. Le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines (DAGR) propose que les Poplifugia, les Nones Caprotines, les Consualia de juillet et la Vitulatio formaient un ensemble de célébrations liées à la fertilité et à la purification de la terre nourricière, sous l’égide de Juno Caprotina.
Cette interprétation s’appuie sur des éléments symboliques récurrents: la chèvre immolée en sacrifice, l’arbre caprificus sous lequel les femmes se réunissaient, et les rituels de purification. Un document d’Iguvium éclaire certaines pratiques: lors de la moisson, les habitants chassaient une troupe de veaux comme des ennemis, pour les capturer ensuite et les immoler, en signe de joie et de lustration.
Cependant, le DAGR reconnaît que d’autres explications proposées (commémoration de la dernière lustration de l’armée par Romulus, souvenir de la défaite des Fidénates) sont «d’invention assez récente et de subtilité tout archéologique».
La persistance d’une fête populaire
Malgré l’obscurité de ses origines, la fête perdura jusqu’au déclin du paganisme. Selon le DAGR, elle survécut «parce qu’elle était une réjouissance populaire», même si son caractère rustique se modifia au cours des siècles. Les premiers apologistes chrétiens dénoncèrent d’ailleurs la licence de ces célébrations qui se perpétuaient encore sous leurs yeux.
Sources antiques
- MACROBE, Saturnales, III, 2, 14.
- TITE-LIVE, Histoire romaine, I, 15, 8 ; I, 16, 1.4.6-8.
- VARRON, De lingua latina, VI, 18.
Études modernes
- Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines (DAGR) de Daremberg et Saglio, s.v. «Poplifugia».
Dates
Juillet 5, 2026 10:13 - 10:13
202606juilToute la journée13Ludi Apollinares
Description
Pridie Nonas Iulias - Ante diem tertium Idus Iulias Denier de Lucius Calpurnius Piso Frugi, 90 avant
Description
Pridie Nonas Iulias – Ante diem tertium Idus Iulias

EN BREF. Créés en pleine guerre contre Hannibal après consultation d’oracles, les Ludi Apollinares débutent en 212 avant notre ère par une seule journée de spectacles. Ces jeux en l’honneur d’Apollon s’étendent progressivement sur neuf jours en juillet. Contrairement aux autres fêtes romaines, ils mélangent rites grecs et traditions latines. Au 1er siècle avant notre ère, ils deviennent un théâtre de contestation politique où les acteurs critiquent les dirigeants. L’empereur Septime Sévère les célèbre encore au 3e siècle après notre ère.
Les Ludi Apollinares: une fête romaine née de la guerre
En 212 avant notre ère, Rome traverse une période dramatique. Hannibal et ses troupes carthaginoises ravagent l’Italie depuis plusieurs années. La défaite de Cannes, en 216, a coûté la vie à des dizaines de milliers de soldats romains. Face à cette situation désespérée, le Sénat romain décide de consulter des textes prophétiques.
Tite-Live (XXV, 12) et Macrobe (Saturnales, I, 17) racontent que les sénateurs font examiner un recueil de prédictions, qui avait été récemment découvert à Rome, les Carmina Marciana. Une prophétie attire leur attention:
«Romains, si vous voulez chasser l’ennemi et le fléau qui vous arrive des extrémités de l’univers, je vous engage à vouer à Apollon des jeux que vous célébrerez pieusement chaque année, en partie aux frais du public, en partie aux frais des particuliers. Faites présider à la célébration de ces jeux le préteur qui sera chargé de rendre la justice à toutes les classes du peuple.»
Pour confirmer cette révélation, les autorités consultent également les Livres sibyllins, collection officielle de prophéties conservée au Capitole. Les deux sources donnent la même réponse: il faut organiser des jeux en l’honneur d’Apollon.
La première célébration
Le Sénat vote aussitôt les crédits nécessaires. Tite-Live précise que «le préteur urbain recevrait pour ces jeux une somme de 12 000 as». En 212, ces premiers Ludi Apollinares sont organisés par le préteur urbain Publius Cornelius Sylla, comme l’indique Tite-Live dans ses Periochae (25.3).
Ces jeux comprennent «des jeux scéniques et des jeux de cirque dans le cirque Maxime». L’historien romain décrit l’atmosphère de cette première édition: «Le peuple y assista couronné, les mères de famille firent des supplications; on festoya en public, portes ouvertes, dans les cours des maisons, et on fêta ce jour par toutes sortes de cérémonies.» Chaque spectateur doit porter une couronne de laurier et faire une offrande personnelle à Apollon.
Une institutionnalisation en deux temps
Les premières années, les Ludi Apollinares n’ont pas de date fixe. Tite-Live explique que «dès lors, tous les préteurs urbains suivants les organisèrent; mais ils prenaient l’engagement pour une seule année et les célébraient à un jour indéterminé» (Inde omnes deinceps pretores urbani facerunt; sed in unum annum vovebant dieque incerta faciebant).
La première étape de stabilisation intervient en 211 avant notre ère, quand le Sénat accepte la proposition du préteur Gaius Calpurnius Piso de rendre ces jeux définitivement annuels.
L’étape décisive a lieu en 208 avant notre ère. Une épidémie frappe Rome et ses environs. Le préteur urbain Publius Licinius Varus fait voter par le peuple une loi qui fixe les jeux «pour l’éternité à une date fixe». Selon Tite-Live (XXVII, 23), «Publio Licinio Varo, préteur urbain, fut le premier à établir et organiser ainsi les jeux» (P. Licinius Varus, praetor urbanus […] ita vovit fecitque primus). La date choisie est le 13 juillet.
L’extension des festivités
Au départ, les Ludi Apollinares ne durent qu’une journée. Mais leur succès entraîne un allongement progressif. En 190 avant notre ère, Tite-Live (XXXVII, 4) mentionne qu’ils occupent «le cinquième jour avant les ides de juillet», ce qui prouve qu’ils durent alors au moins trois jours, du 11 au 13 juillet.
Les calendriers gravés sur pierre à l’époque d’Auguste montrent que les jeux s’étalent désormais du 6 au 13 juillet, soit huit jours. Le calendrier de Filocalus (ou Chronographe de 354), rédigé au 4e siècle après notre ère, leur consacre même neuf jours, du 3 au 13 juillet.
La diversification des spectacles
Le contenu des Ludi Apollinares évolue aussi. Tite-Live (XXV, 12) précise qu’en 212 avant notre ère, ils se déroulent «dans le cirque Maxime»: ce sont donc des courses de chars et de chevaux. Mais très vite, d’autres types de spectacles s’ajoutent au programme.
En 169 avant notre ère, des représentations théâtrales sont données pendant les jeux. Cicéron (Brutus, XX) rapporte qu’Ennius, le grand poète romain, «mourut après avoir fait représenter sa tragédie de Thyeste» lors de cette édition. En 60 avant notre ère, «une partie des jeux se passait au théâtre».
À la fin de la République, Cicéron (Lettres à Atticus, IV, 14, 6) évoque aussi des chasses aux animaux sauvages (venationes) organisées pendant les Ludi Apollinares. Il écrit à son ami Atticus: «des jeux magnifiques et réussis; la chasse a été reportée à un autre jour» (Ludi magnifici et grati; uenatio in aliud tempus dilata), montrant que ces spectacles font désormais partie du programme habituel.
L’organisation administrative
Les Ludi Apollinares présentent une particularité administrative. Contrairement aux autres grandes fêtes romaines, confiées aux édiles, ils restent sous l’autorité du préteur urbain. Cette situation s’explique par leur origine votive.
Le prestige attaché à cette charge transparaît dans le monnayage de l’époque. En 90 avant notre ère, Lucius Calpurnius Piso Frugi frappe des pièces représentant Apollon au droit et un cavalier acrobate au revers. Ce choix rappelle probablement les services rendus par son ancêtre, le préteur qui obtint en 211 le renouvellement perpétuel des jeux d’Apollon.
Les rites religieux
Les aspects religieux des Ludi Apollinares suivent des prescriptions précises. La prophétie des Carmina Marciana, rapportée par Macrobe (Saturnales, I, 17), prescrit que «les décemvirs offrent des sacrifices selon le rite grec» (decemviri Graeco ritu hostiis sacra faciant). Cette particularité rituelle distingue le culte d’Apollon: contrairement aux autres divinités romaines, honorées «la tête recouverte d’un pan de la toge», Apollon reçoit des sacrifices selon le mode grec, «la tête découverte».
Macrobe et Tite-Live précisent le détail des offrandes prescrites: «à Apollon un bœuf et deux chèvres blanches ayant les cornes dorées, et à Latone une vache ayant aussi les cornes dorées».
Les jeux comme espace de tensions politiques
Au 1er siècle avant notre ère, les Ludi Apollinares, qui ont lieu en juillet près de la période électorale, deviennent un théâtre d’expression politique. Sylvia Estienne souligne que «pour le 1er s. av. J.-C., nos sources sur les ludi ne privilégient pas forcément la dynamique consensuelle, mais en soulignent au contraire les aspects disruptifs».
En 59, «la foule acclame l’acteur Diphilus pour des vers interprétés comme une critique voilée de Pompée et de ses partenaires du premier triumvirat». En 63 et en 57, «les jeux virent quasiment à l’émeute dans des contextes tendus».
En 44, après l’assassinat de César, les jeux prennent une dimension mémorielle particulière puisqu’ils coïncident avec l’anniversaire de naissance du dictateur défunt, le 12 juillet. Les jeux Apollinaires «deviennent un enjeu de mémoire entre Octavien et Brutus, alors préteur urbain, qui tente désespérément de s’en servir pour reconquérir l’opinion publique». L’impact des représentations théâtrales se mesure «à travers l’importance de la culture théâtrale dans la mémoire populaire».
La pérennité sous l’Empire
Sous l’Empire romain, les Ludi Apollinares conservent leur importance. Les sources indiquent qu’ils «gardent toute leur importance et tout leur éclat» jusqu’à l’époque tardive. Cette longévité témoigne de l’enracinement de cette fête dans la culture romaine.
L’empereur Septime Sévère, au début du 3e siècle après notre ère, montre encore l’actualité du culte apollinien en organisant des Jeux séculaires où Apollon tient une place centrale. Ces grandes célébrations, inspirées des Ludi Apollinares, prouvent la continuité de la dévotion romaine envers le dieu grec.
SOURCES ANTIQUES
- Cicéron, Brutus, XX.
- Cicéron, Lettres à Atticus, IV, 14, 6.
- Macrobe, Saturnales, I, 17: Hostem, Romani, si ex agro expellere vultis, vomicam quae gentium venit longe, Apollini censeo vovendos ludos qui quotannis comiter Apollini fiant. His ludis faciendis praesit is praetor qui ius populo plebique dabit summum: decemviri Graeco ritu hostiis sacra faciant. Hoc si recte facietis, gaudebitis semper fietque res publica melior: nam is divus extinguet perduelles vestros qui vestros campos pascunt placide.
- Tite-Live, Histoire romaine, XXV, 12 ; XXVII, 23 ; XXXVII, 4.
- Tite-Live, Periochae, 25, 3.
ÉTUDES MODERNES
- Estienne, Sylvia, De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares: aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome, Pallas, 111, 2019, p. 153-170.
Dates
Juillet 6, 2026 - juillet 13, 2026 (Toute la journée)
202607juilToute la journéeNonae Caprotinae
Description
Nonis Iuliis Figure de Junon avec cornes de chèvres, Latium, 500-480 av. J.C. (Altes
Description
Nonis Iuliis

EN BREF. Le 7 juillet, les femmes romaines célébraient une fête où esclaves et matrones échangeaient leurs rôles, les Nonae Caprotinae. Les servantes portaient les vêtements de leurs maîtresses, lançaient des plaisanteries interdites et simulaient des combats. Cette journée commémorait l’héroïsme légendaire de Philotis, esclave qui aurait sauvé Rome en trompant des ennemis.
Les Nonae Caprotinae: quand les esclaves sauvaient Rome
Dans le foisonnant calendrier religieux de la Rome antique, une fête se distingue par son caractère singulier: les Nones Caprotines. Célébrée chaque année le 7 juillet, cette festivité en l’honneur de Junon Caprotine revêtait une importance particulière pour les femmes romaines, qu’elles soient libres ou esclaves.
La position des Nonae Caprotinae dans le calendrier romain est exceptionnelle : c’est la seule fête fixée un jour des Nones, ce qui lui confère un statut particulier dans le cycle religieux romain.
Cette singularité a parfois conduit à des confusions avec d’autres célébrations, notamment les Poplifugia, qui commémoraient la disparition mystérieuse de Romulus. Plutarque fusionne les deux événements dans ses écrits (Vie de Romulus 29), tandis que Varron les distingue clairement dans son De lingua latina (VI, 18) sans en préciser les dates.
L’apparition de cette fête dans les calendriers épigraphiques en caractères majuscules indique qu’elle remonte à la période monarchique, ce qui exclut toute connexion avec des événements du début de la République.
Le mythe fondateur : l’héroïsme de Philotis
Selon Plutarque dans ses Vies parallèles (Vie de Camille 33) et Macrobe dans ses Saturnales (I, 11, 35-40), «les Latins campent sous les murs de la ville, et exigent des Romains qu’ils leur livrent des jeunes filles et des femmes de naissance libre». Face à cette situation critique, «une esclave nommée par les uns Philotis et par les autres Tutula (ou Tutela) leur propose alors de se livrer en otage à la place des femmes libres, avec un certain nombre de ses compagnes dans la fleur de l’âge».
Vêtues et parées comme des femmes libres, elles se rendirent dans le camp des assiégeants sous la conduite de Philotis. Une fois dans le camp ennemi, ces femmes enivrèrent leurs ravisseurs. Macrobe précise que les pseudo-matrones «uiros plurimo uino prouocauerunt» (provoquèrent les hommes avec beaucoup de vin).
Pendant la nuit, une fois les hommes endormis, elles leur volèrent leurs épées. Philotis se hissa sur un figuier sauvage et brandit un flambeau, en dissimulant la lumière aux ennemis avec son manteau. Cette ruse permit aux soldats romains de surprendre leurs adversaires et de remporter la victoire.
En reconnaissance de cet acte héroïque, le Sénat romain décréta que les esclaves ayant participé à cette action seraient affranchies et autorisées à porter l’habit de matrones. Une fête annuelle fut instituée pour commémorer cet événement: les Nonae Caprotinae, nom dérivé du terme latin caprificus (figuier sauvage), en souvenir de l’arbre d’où la jeune esclave éleva sa torche.
Plutarque situe cet épisode à la fin du 4e siècle avant notre ère, soit peu de temps après le sac de Rome par les Gaulois (390/387 avant notre ère). Mais les études récentes ont cependant démontré qu’aucune des populations limitrophes de Rome n’a tenté d’envahir son territoire après le départ des Gaulois. Cette tradition historiographique transpose donc une tradition mythique qui doit être interprétée comme telle.
Un déroulement rituel d’inversion sociale
Le jour des Nonae Caprotinae, les femmes romaines, toutes classes confondues, quittaient la ville en procession. Plutarque décrit comment «on la commence en franchissant en foule la porte de la ville et en criant beaucoup de prénoms les plus communs dans le pays… pour imiter les soldats qui, dans leur précipitation, s’interpellaient alors les uns les autres».
Les esclaves, vêtues comme des femmes libres, interpellaient les passants avec des plaisanteries osées, brouillant temporairement les distinctions sociales. Plutarque note qu’«ensuite les esclaves, brillamment parées, se promènent en folâtrant et en lançant des railleries à ceux qu’elles rencontrent». L’un des moments forts était la simulation joyeuse d’un combat où les participantes se lançaient des pierres, «pour marquer la part qu’elles prirent alors à la lutte contre les Latins».
Cette reconstitution ludique était suivie d’un banquet rassemblant femmes libres et esclaves autour d’un figuier sauvage. Varron précise dans son De lingua latina (VI, 18) le rituel religieux: «Nones Caprotines, parce que ce jour-là dans le Latium les femmes sacrifient à Junon Caprotine et se rassemblent sous le figuier sauvage : elles utilisent une branche du figuier sauvage». Les femmes utilisaient le lait du figuier et une de ses branches pour accomplir leur sacrifice à Junon.
L’Ancillarum Feriae: une fête des servantes
Ce jour était également marqué comme Ancillarum Feriae (Fête des esclaves/servantes). Ovide mentionne dans son Art d’aimer (II, 257-258) l’usage de faire des cadeaux aux esclaves «dans ce jour où, trompée par le travestissement des esclaves romaines, les Gaulois payèrent cette erreur de leur vie». Cette dimension reconnaissait spécifiquement le rôle héroïque des esclaves dans le mythe fondateur, créant un espace temporaire de reconnaissance sociale.
Les interprétations modernes : entre fertilité et astronomie
Les historiens modernes ont proposé différentes lectures de cette fête complexe. L’historien Uberto Pestalozza interprète en 1933 le rituel comme un rite favorisant la fertilité féminine avec la présence symbolique du figuier sauvage, considéré comme mâle et fécondant, et le surnom Caprotine de la déesse, lié à la puissance du bouc.
Une interprétation révolutionnaire a été proposée par Paul Drossart en 1974, reprise par Georges Dumézil. Selon cette lecture astronomique, «la fête des Nonae Caprotinae, qui se célébrait dans le calendrier lunaire au premier quartier suivant le solstice d’été (7 juillet), au début donc de la saison de dominance des nuits, appelle, dans ses rites et dans une de ses légendes étiologiques, une interprétation lunaire».
Drossart voit dans la figure de Philotis brandissant sa torche depuis le figuier «une image familière à l’iconographie romaine: le personnage féminin emporté vers le ciel dans un envol d’écharpe ou de voiles, et qui parfois brandit une torche: par exemple sur l’armure de la statue de Prima Porta, sur le bas-relief de Carthage inspiré par l’Ara Pacis». L’écran que Philotis déploie pour cacher une partie de la lumière représenterait le partage de l’orbe lunaire dont la moitié seulement, la nuit des Nones, dispense ses rayons.
Cette approche lunaire établit une correspondance avec les rites des Matralia du 11 juin, créant un système où les Nonae Caprotinae marquent «le sauvetage de la lumière du jour, défaillante, compensée par la lumière lunaire», selon Dumézil.
Une persistance à travers les siècles
Malgré les changements sociaux et religieux qui ont marqué l’histoire de Rome, les Nonae Caprotinae ont perduré pendant des siècles. Des mentions de cette fête apparaissent encore dans des textes du 4e et du 5e siècle, alors même que le christianisme s’imposait progressivement comme religion dominante. Ausone les cite dans son Églogue 23, et Macrobe les décrit dans ses Saturnales. Le calendrier de Polemius Silvius, daté d’environ 448, les mentionne également.
Cette longévité témoigne de l’enracinement profond de cette célébration dans la culture romaine, résistant même aux transformations religieuses majeures de l’Empire tardif. Les Nonae Caprotinae révèlent une société capable d’intégrer des pratiques très anciennes dans son système religieux sophistiqué, tout en ménageant des espaces de liberté sociale contrôlée où les hiérarchies habituelles étaient temporairement suspendues, permettant une libération contrôlée des tensions sociales.
Sources antiques
- Macrobe, Saturnales, I, 11, 35-40.
- Ovide, Ars amatoria (Art d’aimer), II, 257-258.
- Plutarque, Vies parallèles : Vie de Camille, 33 ; Vie de Romulus, 29 ; Vie de Numa, 2.
- Varron, De lingua latina, VI, 18.
Études modernes citées
- Drossart, Paul, Nonae Caprotinae: La fausse capture des Aurores, Revue de l’histoire des religions, t. 185, n° 2, 1974, p. 129-139.
- Dumézil, Georges, Fêtes romaines d’été et d’automne, suivi de Dix Questions romaines, Paris, Gallimard, 1975.
- Pestalozza, Uberto, interprétation du rituel des Nones Caprotines comme rite de fertilité (1933).
En savoir plus
- Cette fête romaine n’a aucun sens (Nones Caprotines), sur la chaine Youtube Le Stryge.
- Article Nones Caprotines sur Wikipedia.
Dates
Juillet 7, 2026 Toute la journée
202615juilToute la journéeTransvectio equitum
Description
Idibus Iuliis La transvectio
Description
Idibus Iuliis

La transvectio equitum, une parade annuelle des chevaliers romains à Rome, est instituée en l’honneur des Dioscures à la fin du IVe siècle av. J.-C. Cette cérémonie, profondément ancrée dans les traditions militaires et religieuses de la Rome antique, subit des transformations significatives au fil des siècles, particulièrement sous l’Empire romain.
La transvectio equitum se déroule chaque année le 15 juillet. Les jeunes chevaliers, ou iuvenes equites, vêtus de la toga trabea (ornée de bandes pourpres), se rassemblent devant le temple de Mars, situé le long de la Via Appia, à environ deux kilomètres de la Porta Capena. Ce temple, dédié le 1er juin 368 av. J.-C. par le duumvir Titus Quinctius après la guerre gauloise, sert de point de départ à la parade. Les censeurs, responsables de la revue des chevaliers (recognitio equitum), inspectent les participants avant de guider la procession à travers Rome. Le parcours suit la Via Appia jusqu’à la Porta Capena, puis se dirige vers le Capitole, avec un arrêt devant le temple des Dioscures sur le Forum Romain pour offrir un sacrifice en l’honneur des divinités protectrices des cavaliers.
L’origine de cette cérémonie remonte à la bataille du lac Regille en 499 av. J.-C., où les Romains, confrontés à une coalition de Latins, voient apparaître deux cavaliers extraordinaires, identifiés plus tard comme les Dioscures Castor et Pollux. Ces derniers, montés sur des chevaux blancs et vêtus de la trabea de pourpre, interviennent pour semer la confusion parmi les ennemis et assurent ainsi la victoire des Romains. En reconnaissance de cette intervention divine, un temple est dédié aux Dioscures en 484 av. J.-C. près de la fontaine de Giuturna.
En 230 av. J.-C., le censeur Quintus Fabius Maximus Verrucosus modifie le point de départ de la procession, la faisant démarrer du temple de Virtus et Honos près de la Porta Capena, tout en maintenant sa proximité avec le temple de Mars.
Après plusieurs décennies d’oubli, la parade est rétablie par Auguste. Ce dernier, selon Suétone, réinstaure la marche solennelle au Capitole, supprimant la tradition où un accusateur pouvait faire descendre un chevalier de son cheval. Il permet aussi aux chevaliers âgés ou mutilés de faire marcher leur cheval dans le rang tout en répondant à pied s’ils sont cités. Sous le règne d’Auguste, les chevaliers sont divisés en six escadrons (turmae), chacun dirigé par un sevir turmae equitum Romanorum, une charge honorifique occupée par des figures telles que Caius et Lucius César, et plus tard par Hadrien en 94 après J.-C. Le parcours de la parade est modifié pour inclure une halte devant le temple de Mars Vengeur sur le forum d’Auguste, tout en conservant l’arrivée traditionnelle au Capitole.
Dionysios d’Halicarnasse décrit cette procession comme un spectacle grandiose. Les chevaliers, ornés de couronnes de branches d’olivier et portant leurs décorations de bataille, défilent sur leurs chevaux depuis le temple de Mars à l’extérieur de la ville, traversant le Forum Romain jusqu’au temple des Dioscures, en nombre pouvant atteindre jusqu’à cinq mille.
Dates
Juillet 15, 2026 Toute la journée
202619juilToute la journée21Lucaria
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas Augustas - Ante diem duodecimum Kalendas Augustas Souche dans un sous-bois
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas Augustas – Ante diem duodecimum Kalendas Augustas

Les Lucaria étaient une fête romaine agraire, dédiée à une divinité patronne des bois sacrés (lucus). Célébrée les 19 juillet et 21 juillet, cette fête se rattache aux travaux d’essartage et de désouchage, selon l’analyse moderne des traités agricoles romains.
Le nom Lucaria semble dériver du mot latin lucus, signifiant à la fois «clairière» et «bois sacré». Ce lien étymologique souligne la dualité de la fête, mêlant aspects pratiques et sacrés. Le terme lucar, qui signifie «argent que l’on retire des bois sacrés», indique que ces bois pouvaient être exploités économiquement tout en conservant leur caractère sacré.
Les auteurs anciens, souvent friands de mythes de fondation, attribuent aux Lucaria une origine historique. Verrius Flaccus, repris par Festus Grammaticus, relie cette fête à la défaite romaine face aux Gaulois lors de la bataille de l’Allia le 18 juillet 390 av. J.-C. Après cette défaite, les Romains auraient trouvé refuge dans un bois (en latin lucus) entre la via Salaria et le Tibre. Rome fut alors mise à sac par les Gaulois de Brennus. Le jour de cette défaite, le dies Alliensis, était considéré comme de mauvais augure par les Romains.
Bien que de nombreux bois sacrés soient mentionnés par les auteurs latins, ceux-ci restent muets sur les détails des Lucaria. Les calendriers antiques, comme les Fasti Antiates maiores et les Fasti Amiternini, mentionnent cependant les dates des Lucaria, confirmant leur célébration les 19 et 21 juillet. Comme pour d’autres fêtes romaines, ces deux jours festifs sont séparés par un jour non festif.
Les traités rustiques fournissent des indications sur les travaux liés aux bois. Columelle et Palladius recommandent la Lune décroissante de juillet, coïncidant avec les Lucaria, comme période propice pour extirper les arbres des champs forestiers. Columelle distingue deux techniques de déboisement: l’arrachage complet des arbres avec leurs racines, et la coupe des arbres au pied s’ils sont clairsemés. Cette différenciation de techniques pourrait expliquer le dédoublement des Lucaria sur deux journées.
Dates
Juillet 19, 2026 - juillet 21, 2026 (Toute la journée)
202623juilToute la journéeNeptunalia
Description
Les Neptunalia sont une fête religieuse romaine célébrée en l'honneur de Neptune, divinité des eaux, le 23 juillet, premier jour de la Canicule, période à laquelle l'eau peut se faire
Description
Les Neptunalia sont une fête religieuse romaine célébrée en l’honneur de Neptune, divinité des eaux, le 23 juillet, premier jour de la Canicule, période à laquelle l’eau peut se faire rare. Les auteurs romains n’ont transmis aucun détail sur son culte. L’analyse comparative des mythes celte et iranien a montré que le Neptune honoré des premiers Romains est l’interprétation latine d’un dieu indo-européen, maître dangereux des eaux douces, que les travaux humains de canalisation peuvent rendre bienfaisant. Le traité de Palladius des travaux agricoles préconisés pour le mois qui suit les Neptunalia garde ce souci de mise en place et d’entretien des canalisations d’eau douce.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Neptunalia
Dates
Juillet 23, 2026 Toute la journée
202625juilToute la journéeFurrinalia
Description
Les Furrinalia (ou Furinalia) sont une fête religieuse annuelle de la Rome antique célébrant le 25 juillet des rites dédiés à Furrina, déesse tombée dans l'oubli. Georges Dumézil, étudiant sa
Description
Les Furrinalia (ou Furinalia) sont une fête religieuse annuelle de la Rome antique célébrant le 25 juillet des rites dédiés à Furrina, déesse tombée dans l’oubli. Georges Dumézil, étudiant sa complémentarité avec les Neptunalia, fêtées deux jours avant, l’interprète comme une archaïque déesse des eaux souterraines, peut-être patronne des puits qui permettent l’accès à ces eaux, et dont le culte aurait été occulté par celui de Neptune, maître de toutes les eaux.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Furrinalia
Dates
Juillet 25, 2026 Toute la journée
août
202613aoûtToute la journée15Nemoralia
Description
Idibus Augustis - Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Description
Idibus Augustis – Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres

EN BREF. Les Nemoralia, également connues sous le nom de Festival des Flambeaux ou Ides d’Hécate, constituent un festival de trois jours célébré initialement par les anciens Romains aux Ides d’août (13-15 août) en l’honneur de la déesse Diane. Bien que les Nemoralia aient d’abord eu lieu dans le sanctuaire de Diane au lac Nemi, elles se sont rapidement diffusées. Il est possible que l’Église catholique ait adapté les Nemoralia pour en faire la fête de l’Assomption.
Nemoralia: Quand Rome célébrait Diane aux flambeaux
Chaque année, une fête en l’honneur de Diane se déroulait dans son sanctuaire du lac de Nemi, près d’Aricia, première ville sur la voie Appienne au sud-est de Rome. Cette date coïncidait avec la fondation traditionnelle d’Ariccia. Les origines de cette fête précèdent probablement la propagation du culte de Diane à Rome au IIIe siècle avant notre ère, et pourraient remonter au VIe siècle avant notre ère, voire plus tôt. Des témoignages du Ier siècle avant notre ère décrivent les fidèles se rendant au sanctuaire en portant torches et guirlandes. La fête de Diane s’est finalement étendue dans toute l’Italie, y compris au temple de Diane sur la colline de l’Aventin à Rome, ce qui était inhabituel étant donné la nature provinciale du culte de Diane.
Le festival de trois jours symbolisait la nature triple de Diane, déesse des trois voies ou des trois visages, comme elle était vénérée à Nemi. Cette trinité reflétait aussi la nature d’Hécate – céleste, terrestre et infernale. Comme d’autres divinités primordiales, Diane possédait trois aspects : naissance, croissance et mort, liés tant aux femmes enceintes qu’à la nature. Il est possible que les Nemoralia célébraient originellement une descente de Diane aux Enfers à la recherche d’Hippolyte ou Virbius, suivie de son ascension comme reine du ciel et de la pleine lune le troisième jour. Des célébrations similaires existaient dans le monde antique pour Déméter et Isis, avec lesquelles Diane était souvent identifiée.
Témoignages poétiques et symbolisme du refuge
Les chiens de chasse, symboles importants de la célébration, représentaient la tutelle de Diane sur ses protégés. Ornés de guirlandes, ils participaient à la fête plutôt qu’à la chasse, cette dernière étant interdite pendant les festivités. Cela symbolisait la protection de Diane, s’étendant à tous. Stace (Publius Papinius Statius), poète de cour né à Naples vers 45 et mort en 96, mentionne les Nemoralia dans ses Silves (3.I.52-60) et souligne l’importance du refuge dans le culte de Diane, dont les sanctuaires offraient asile aux esclaves en fuite et, dans le mythe d’Hippolyte et d’Oreste, refuge contre le meurtre, la pollution, la folie et la mort. Stace célébra la nature triple de la déesse en évoquant l’imagerie céleste (l’étoile Sirius du Grand Chien), terrestre (le bosquet lui-même) et infernale (hécatéenne). L’historien contemporain C.M.C. Green note que «porter une torche dans la procession vers le sanctuaire représentait la fuite du monde chargé de thanatos (mort) et l’obtention d’un refuge dans le monde éternel du sacré, frais, ombragé et protecteur».
Au 1er siècle avant notre ère, le poète Ovide a décrit le sanctuaire et le culte:
«Dans la vallée d’Aricie, il y a un lac entouré d’une forêt sombre, objet d’un culte antique. C’est ici qu’Hippolyte, déchiré par les rênes de ses chevaux, repose caché, et c’est pourquoi aucun cheval ne s’aventure dans ce bois. Des rubans pendent, couvrant les longues haies, et de nombreux ex-voto sont placées là en hommage à la déesse vénérée. Souvent, forte d’un vœu exaucé, le front ceint d’une couronne, une femme y apporte de la Ville des flambeaux allumés.»[1]
Le poète Properce, contemporain d’Ovide, observait le festival depuis la périphérie et s’adressait ainsi à sa bien-aimée: «Ah, si seulement tu pouvais marcher ici pendant tes heures de loisir. Mais nous ne pouvons nous rencontrer aujourd’hui, quand je te vois te hâter avec excitation, une torche enflammée à la main, vers le bosquet de Nemi où tu portes la lumière en l’honneur de la déesse Diane».

Rituels nocturnes et offrandes votives
Ce jour-là, les fidèles formaient une procession de torches et de lampes autour des eaux du lac Nemi (dont le nom, issu du latin nemus, désigne un bois ou bosquet sacré), également connu sous le nom de Miroir de Diane. Des centaines de personnes se rassemblaient au bord du lac, couronnées de fleurs. Selon Plutarque, une partie du rituel consistait à se laver les cheveux et à les parer de fleurs avant la procession. C’était un jour de repos pour les femmes et les esclaves, et les chiens, eux aussi ornés de fleurs, étaient honorés. Les voyageurs entre les rives nord et sud du lac étaient transportés dans de petites barques illuminées par des lanternes. Ces lanternes similaires étaient utilisées par les Vestales et ont été retrouvées avec des images de la déesse à Nemi.
Les offrandes à Diane comprenaient de petites statuettes d’argile ou de pain représentant des parties du corps à guérir, de petites images d’argile de mères et enfants, des miniatures de cerfs, des danses et chants, et des fruits comme les pommes. Des offrandes d’ail étaient également faites à Hécate, déesse de la lune sombre, des fantômes et des morts, souvent en lien avec les cycles lunaires.
Le festival des Nemoralia correspond aux fêtes catholiques d’Hippolyte de Rome (un martyr supposé du IIIe siècle de notre ère, partageant son nom avec une figure mythologique associée à Diane) le 13 août et de l’Assomption de Marie le 15 août. Des érudits comme C.M. Green et James Frazer suggèrent que l’Église catholique primitive aurait pu reprendre et adapter non seulement les dates, mais aussi le symbolisme des Nemoralia.
[1] Fastes (III, Mars, 268 et suivants):
Vallis Aricinae silva praecinctus opaca
est lacus, antiqua religione sacer;
hic latet Hippolytus loris direptus equorum,
Unde nemus nullis illud aditur equis.
Licia dependent longas velantia saepes,
et posita est meritae multa tabella deae.
Saepe potens voti, frontem redimita coronis,
femina lucentes portat ab Urbe faces.
Sources antiques
- OVIDE, Fastes, III, 268-275.
- PLUTARQUE, Vies parallèles.
- PROPERCE, Élégies.
- STACE, Silves, III, 1, 52-60.
Études modernes citées
- FRAZER, James George, The Golden Bough.
- GREEN, C.M.C., Roman Religion and the Cult of Diana at Aricia, New York, Cambridge University Press, 2007.
En savoir plus
- France culture – Le Louvre, podcast: Déesse ou ex-voto ? La statuette votive dit Aphrodite de Nemi
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. I Nemoralia, noti anche come Festival delle Fiaccole o Idi di Ecate, costituiscono un festival di tre giorni celebrato inizialmente dagli antichi Romani nelle Idi di agosto (13-15 agosto) in onore della dea Diana. Benché i Nemoralia si svolgessero originariamente nel santuario di Diana presso il lago di Nemi, si diffusero rapidamente. È possibile che la Chiesa cattolica abbia adattato i Nemoralia trasformandoli nella festa dell’Assunzione.
Nemoralia: Quando Roma celebrava Diana con le fiaccole
Ogni anno, una festa in onore di Diana si svolgeva nel suo santuario del lago di Nemi, presso Aricia, prima città sulla via Appia a sud-est di Roma. Questa data coincideva con la fondazione tradizionale di Ariccia. Le origini di questa festa precedono probabilmente la diffusione del culto di Diana a Roma nel III secolo a.C., e potrebbero risalire al VI secolo a.C., se non prima. Testimonianze del I secolo a.C. descrivono i fedeli che si recavano al santuario portando torce e ghirlande. La festa di Diana si estese infine in tutta Italia, compreso il tempio di Diana sul colle Aventino a Roma, cosa insolita data la natura provinciale del culto di Diana.
Il festival di tre giorni simboleggiava la natura tripla di Diana, dea dei tre sentieri o dei tre volti, come veniva venerata a Nemi. Questa trinità rifletteva anche la natura di Ecate – celeste, terrestre e infernale. Come altre divinità primordiali, Diana possedeva tre aspetti: nascita, crescita e morte, legati sia alle donne incinte che alla natura. È possibile che i Nemoralia celebrassero originariamente una discesa di Diana agli Inferi alla ricerca di Ippolito o Virbio, seguita dalla sua ascensione come regina del cielo e della luna piena il terzo giorno. Celebrazioni simili esistevano nel mondo antico per Demetra e Iside, con le quali Diana era spesso identificata.
Testimonianze poetiche e simbolismo del rifugio
I cani da caccia, simboli importanti della celebrazione, rappresentavano la tutela di Diana sui suoi protetti. Ornati di ghirlande, partecipavano alla festa piuttosto che alla caccia, quest’ultima essendo vietata durante le festività. Ciò simboleggiava la protezione di Diana, che si estendeva a tutti. Stazio (Publius Papinius Statius), poeta di corte nato a Napoli verso il 45 e morto nel 96, menziona i Nemoralia nelle sue Selve (3.I.52-60) e sottolinea l’importanza del rifugio nel culto di Diana, i cui santuari offrivano asilo agli schiavi fuggitivi e, nel mito di Ippolito e Oreste, rifugio contro l’omicidio, la contaminazione, la follia e la morte. Stazio celebrò la natura tripla della dea evocando l’immaginario celeste (la stella Sirio del Cane Maggiore), terrestre (il bosco stesso) e infernale (ecateano). Lo storico contemporaneo C.M.C. Green osserva che «portare una torcia nella processione verso il santuario rappresentava la fuga dal mondo carico di thanatos (morte) e l’ottenimento di un rifugio nel mondo eterno del sacro, fresco, ombroso e protettivo».
Nel I secolo a.C., il poeta Ovidio ha descritto il santuario e il culto:
«Nella valle di Aricia, c’è un lago circondato da una foresta oscura, oggetto di un culto antico. È qui che Ippolito, dilaniato dalle redini dei suoi cavalli, riposa nascosto, ed è per questo che nessun cavallo si avventura in questo bosco. Nastri pendono, coprendo le lunghe siepi, e numerosi ex voto sono posti là in omaggio alla dea venerata. Spesso, forte di un voto esaudito, la fronte cinta da una corona, una donna vi porta dalla Città fiaccole accese.»[1]
Il poeta Properzio, contemporaneo di Ovidio, osservava il festival dalla periferia e si rivolgeva così alla sua amata: «Ah, se solo tu potessi camminare qui durante le tue ore di ozio. Ma non possiamo incontrarci oggi, quando ti vedo affrettarti con eccitazione, una fiaccola accesa in mano, verso il bosco di Nemi dove porti la luce in onore della dea Diana».
Rituali notturni e offerte votive
In quel giorno, i fedeli formavano una processione di fiaccole e lampade attorno alle acque del lago di Nemi (il cui nome, derivato dal latino nemus, designa un bosco o boschetto sacro), noto anche come Specchio di Diana. Centinaia di persone si riunivano sulla riva del lago, incoronate di fiori. Secondo Plutarco, parte del rituale consisteva nel lavarsi i capelli e adornarli di fiori prima della processione. Era un giorno di riposo per le donne e gli schiavi, e i cani, anch’essi ornati di fiori, venivano onorati. I viaggiatori tra le rive nord e sud del lago erano trasportati in piccole barche illuminate da lanterne. Lanterne simili erano usate dalle Vestali e sono state ritrovate con immagini della dea a Nemi.
Le offerte a Diana comprendevano piccole statuette di argilla o di pane rappresentanti parti del corpo da guarire, piccole immagini di argilla di madri e bambini, miniature di cervi, danze e canti, e frutti come le mele. Si facevano anche offerte di aglio a Ecate, dea della luna oscura, dei fantasmi e dei morti, spesso in relazione ai cicli lunari.
Il festival dei Nemoralia corrisponde alle feste cattoliche di Ippolito di Roma (un presunto martire del III secolo d.C., che condivide il nome con una figura mitologica associata a Diana) il 13 agosto e dell’Assunzione di Maria il 15 agosto. Studiosi come C.M. Green e James Frazer suggeriscono che la Chiesa cattolica primitiva avrebbe potuto riprendere e adattare non solo le date, ma anche il simbolismo dei Nemoralia.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. The Nemoralia, also known as the Festival of Torches or Ides of Hecate, comprised a three-day festival initially celebrated by the ancient Romans during the Ides of August (13-15 August) in honour of the goddess Diana. Although the Nemoralia originally took place at Diana’s sanctuary at Lake Nemi, they quickly spread throughout the region. It is possible that the Catholic Church adapted the Nemoralia to create the feast of the Assumption.
Nemoralia: When Rome celebrated Diana with torches
Each year, a festival in honour of Diana took place at her sanctuary at Lake Nemi, near Aricia, the first town on the Appian Way south-east of Rome. This date coincided with the traditional foundation of Ariccia. The origins of this festival probably predate the spread of Diana’s cult to Rome in the 3rd century BCE, and could date back to the 6th century BCE or even earlier. Accounts from the 1st century BCE describe worshippers making their way to the sanctuary carrying torches and garlands. Diana’s festival eventually spread throughout Italy, including to Diana’s temple on the Aventine Hill in Rome, which was unusual given the provincial nature of Diana’s cult.
The three-day festival symbolised Diana’s triple nature as goddess of the three ways or three faces, as she was venerated at Nemi. This trinity also reflected Hecate’s nature—celestial, terrestrial, and infernal. Like other primordial deities, Diana possessed three aspects: birth, growth, and death, connected to both pregnant women and nature itself. It is possible that the Nemoralia originally celebrated Diana’s descent to the underworld in search of Hippolytus or Virbius, followed by her ascension as queen of heaven and the full moon on the third day. Similar celebrations existed in the ancient world for Demeter and Isis, with whom Diana was often identified.
Poetic testimonies and the symbolism of refuge
Hunting hounds, important symbols of the celebration, represented Diana’s guardianship over her charges. Adorned with garlands, they participated in the festival rather than the hunt, the latter being forbidden during the festivities. This symbolised Diana’s protection, extending to all. Statius (Publius Papinius Statius), a court poet born in Naples around 45 CE and who died in 96 CE, mentions the Nemoralia in his Silvae (3.I.52-60) and emphasises the importance of refuge in Diana’s cult, whose sanctuaries offered asylum to runaway slaves and, in the myth of Hippolytus and Orestes, refuge from murder, pollution, madness, and death. Statius celebrated the goddess’s triple nature by evoking celestial imagery (the star Sirius of Canis Major), terrestrial (the grove itself), and infernal (Hecatean). Contemporary historian C.M.C. Green notes that « carrying a torch in the procession to the sanctuary represented flight from the world laden with thanatos (death) and finding refuge in the eternal world of the sacred, cool, shaded, and protective ».
In the 1st century BCE, the poet Ovid described the sanctuary and cult:
« In the valley of Aricia, there is a lake surrounded by a dark forest, the object of ancient worship. It is here that Hippolytus, torn apart by his horses’ reins, rests hidden, which is why no horse ventures into this wood. Ribbons hang, covering the long hedges, and numerous votive offerings are placed there in homage to the venerated goddess. Often, empowered by an answered prayer, her brow wreathed with a crown, a woman brings lighted torches there from the City. »[1]
The poet Propertius, a contemporary of Ovid, observed the festival from the periphery and addressed his beloved thus: « Ah, if only you could walk here during your leisure hours. But we cannot meet today, when I see you hurrying with excitement, a flaming torch in hand, towards the grove of Nemi where you carry light in honour of the goddess Diana. »
Nocturnal rituals and votive offerings
On this day, worshippers formed a procession of torches and lamps around the waters of Lake Nemi (whose name, derived from the Latin nemus, denotes a sacred wood or grove), also known as Diana’s Mirror. Hundreds of people gathered on the lake’s shore, crowned with flowers. According to Plutarch, part of the ritual involved washing one’s hair and adorning it with flowers before the procession. It was a day of rest for women and slaves, and dogs, also adorned with flowers, were honoured. Travellers between the north and south shores of the lake were transported in small boats illuminated by lanterns. Similar lanterns were used by the Vestals and have been found with images of the goddess at Nemi.
Offerings to Diana included small clay or bread figurines representing parts of the body to be healed, small clay images of mothers and children, miniature deer, dances and songs, and fruits such as apples. Garlic offerings were also made to Hecate, goddess of the dark moon, ghosts, and the dead, often in connection with lunar cycles.
The Nemoralia festival corresponds to the Catholic feasts of Hippolytus of Rome (a supposed 3rd-century CE martyr who shares his name with a mythological figure associated with Diana) on 13 August and the Assumption of Mary on 15 August. Scholars such as C.M. Green and James Frazer suggest that the early Catholic Church may have adopted and adapted not only the dates but also the symbolism of the Nemoralia.
Dates
Août 13, 2026 - août 15, 2026 (Toute la journée)
202615aoûtToute la journéeFeriæ Augusti
Description
Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Description
Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Feriae Augusti : quand Rome inventait les congés payés

Les Feriæ Augusti, instaurées par l’empereur Auguste en 18 av. J.-C., ajoutaient une célébration au mois d’août, aux côtés des fêtes romaines préexistantes telles que les Vinalia et les Consualia. Ces festivités marquaient la fin des travaux agricoles majeurs et étaient conçues non seulement pour promouvoir l’empereur mais aussi pour offrir une période de repos bien méritée après les efforts des semaines passées.
Les célébrations comprenaient des courses de chevaux à travers l’empire, et même les animaux de trait comme les bœufs, ânes et mules étaient dispensés de travail et ornés de guirlandes de fleurs.
Certaines de ces traditions antiques survivent presque intactes dans des événements modernes comme le Palio de Sienne. Le terme « palio » vient du « pallium », le tissu précieux remis comme prix aux vainqueurs des courses à Rome. Pendant ces fêtes, les travailleurs transmettaient leurs vœux à leurs employeurs en échange de pourboires, une pratique devenue obligatoire dans les États pontificaux durant la Renaissance.
Les Feriæ Augusti étaient des jours fériés dans tout l’Empire romain. Avec la christianisation de l’Europe, ces festivités ont été progressivement remplacées par l’Assomption, célébrée le 15 août. En Italie, la fête persiste sous le nom de Ferragosto.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
Feriae Augusti: quando Roma inventò le ferie pagate
Le Feriæ Augusti, istituite dall’imperatore Augusto nel 18 a.C., aggiungevano una celebrazione al mese di agosto, accanto alle feste romane preesistenti come le Vinalia e le Consualia. Queste festività segnavano la fine dei lavori agricoli più importanti ed erano concepite non solo per promuovere l’imperatore, ma anche per offrire un periodo di riposo ben meritato dopo le fatiche delle settimane precedenti.
I festeggiamenti comprendevano corse di cavalli in tutto l’impero, e persino gli animali da traino come buoi, asini e muli erano esentati dal lavoro e ornati con ghirlande di fiori.
Alcune di queste tradizioni antiche sopravvivono quasi intatte in eventi moderni come il Palio di Siena. Il termine « palio » deriva dal « pallium », il tessuto prezioso consegnato come premio ai vincitori delle corse a Roma. Durante queste feste, i lavoratori porgevano i loro auguri ai datori di lavoro in cambio di mance, una pratica divenuta obbligatoria negli Stati pontifici durante il Rinascimento.
Le Feriæ Augusti erano giorni festivi in tutto l’Impero romano. Con la cristianizzazione dell’Europa, queste festività furono progressivamente sostituite dall’Assunzione, celebrata il 15 agosto. In Italia, la festa persiste con il nome di Ferragosto.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
Feriae Augusti: when Rome invented paid vacation
The Feriæ Augusti, established by Emperor Augustus in 18 BC, added a celebration to the month of August, alongside pre-existing Roman festivals such as the Vinalia and Consualia. These festivities marked the end of major agricultural work and were designed not only to promote the emperor but also to provide a well-deserved period of rest after the efforts of the preceding weeks.
The celebrations included horse races throughout the empire, and even draught animals such as oxen, donkeys and mules were excused from work and adorned with garlands of flowers.
Some of these ancient traditions survive almost intact in modern events such as the Palio of Siena. The term « palio » comes from the « pallium », the precious cloth given as a prize to the winners of races in Rome. During these festivals, workers would offer their good wishes to their employers in exchange for tips, a practice that became obligatory in the Papal States during the Renaissance.
The Feriæ Augusti were public holidays throughout the Roman Empire. With the Christianisation of Europe, these festivities were gradually replaced by the Assumption, celebrated on 15th August. In Italy, the festival persists under the name of Ferragosto.
Dates
Août 15, 2026 Toute la journée
202619aoûtToute la journéeVinalia Rustica
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas septembres D'après une mosaïque romaine exposée au Musée du Bardo, Tunisie.Dessin
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas septembres

Les Vinalia Rustica étaient une fête romaine antique célébrée le 19 août, marquant le début de la saison des vendanges en Italie centrale.
Les origines des Vinalia Rustica remontent à une haute antiquité, comme en témoigne leur présence dans les plus anciens calendriers romains. Selon Ovide et Plutarque, la fondation de cette fête est liée à la légende d’Énée. Face à la menace du tyran étrusque Mézence, Énée aurait promis à Jupiter tout le vin de la prochaine vendange en échange de la victoire. Cette légende, rapportée également par Caton et Festus, illustre l’importance accordée au vin dans la culture romaine et son lien étroit avec les croyances religieuses.
Le rituel central des Vinalia Rustica, décrit par Varron, impliquait le flamen dialis (grand prêtre de Jupiter). Celui-ci cueillait la première grappe de raisins et effectuait le premier pressage sacré, offrant ainsi les prémices de la récolte à Jupiter[1]. Varron précise: hunc diem festum tempestatibus leniendis institutum (ce jour de fête a été institué pour apaiser les intempéries), soulignant le rôle protecteur attribué à cette célébration pour la récolte à venir.
Une particularité intéressante des Vinalia Rustica est la dualité entre Jupiter et Vénus. Bien que la fête soit principalement associée à Jupiter, Vénus y jouait également un rôle important. Varron mentionne que ce jour-là, des temples étaient dédiés à Vénus et des jardins lui étaient consacrés. Cette dualité a suscité des débats parmi les auteurs antiques. Masurius Sabinus, cité par Macrobe, affirmait catégoriquement: Vinaliorum dies Jovi sacer est, non, ut quidam putant, Veneri (Le jour des Vinalia est sacré pour Jupiter, non pour Vénus comme certains le pensent).
Les Vinalia Rustica avaient une double fonction: religieuse et agricole. Pline l’Ancien les décrit comme une fête «pour atténuer les effets du temps» sur les vignes. Cette célébration marquait symboliquement l’ouverture religieuse des vendanges, bien que la récolte effective ne commençât généralement que plus tard. Varron souligne l’importance de ce rite en expliquant qu’avant son accomplissement, il était interdit d’apporter du vin nouveau dans la ville. Cette pratique reflète la croyance romaine en l’importance des rites religieux pour assurer le succès des récoltes.
Au fil du temps, l’importance des Vinalia Rustica semble avoir décliné. Varron note qu’à son époque, la fête n’intéressait plus guère que les maraîchers. Ce déclin reflète probablement l’évolution de la société romaine, s’éloignant progressivement de ses racines agricoles.
[1] Varron, De la langue latine, VI, 3, 16:
Vinalia, fêtes où l’on fait des libations de vin nouveau à Jupiter, et non a Vénus. Cette fête est l’objet d’une grande solennité dans le Latium, où autrefois, en certaines contrées, les prêtres présidaient publiquement à la vendange comme cela se pratique encore aujourd’hui dans le territoire de Rome. C’est un flamine diale qui inaugure la vendange : après avoir recueilli les grappes, il sacrifie une brebis à Jupiter, et, au cours de l’immolation et de l’offrande, il choisit la première grappe de raisin. Il est écrit dans les livres sacrés de Tusculum qu’on n’emmène point de vin nouveau à la ville avant la procession des Vinales.
Vinalia a vino; hic dies Iovis, non Veneris; huius rei cura non levis in Latio: nam aliquot locis vindemiae primum ab sacerdotibus publice fiebant, ut Romae etiam nunc; nam flamen Dialis auspicatur vindemiam, et ut iussit vinum legere, agna Iovi facit, inter cuius exta caesa et porrecta flamen primus vinum legit. In Tusculanis portis est scriptum: Vinum novum ne vehatur in urbem ante quam Vinalia kalentur.
Dates
Août 19, 2026 Toute la journée
202621aoûtToute la journéeCONSUALIA
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EN BREF. Les Consualia constituent l’une des célébrations les plus anciennes du calendrier religieux romain. Cette fête, dédiée au dieu Consus, se déroulait deux fois par an et mêlait rituels agraires, courses de chevaux et souvenirs légendaires des origines de Rome.
Les Consualia: une fête romaine aux origines mystérieuses
Les Consualia dédiées au dieu Consus avaient lieu deux fois par an: le 21 août et le 15 décembre. Ces dates correspondent à des moments clés du cycle agricole romain, l’une marquant la fin des moissons d’été, l’autre la clôture de l’année.
L’identité de Consus a suscité des débats dès l’Antiquité. Les auteurs anciens proposaient différentes explications de son nom et de sa nature. Une étymologie ancienne faisait dériver Consus de consilium (conseil), en faisant une divinité des délibérations secrètes. Cette interprétation était liée à une légende selon laquelle Consus aurait conseillé à Romulus d’enlever les Sabines pendant sa fête.
Les études modernes proposent une autre étymologie. Selon l’analyse rapportée par Anne Bajard, le nom peut être rattaché au verbe latin condere (conserver, entreposer), faisant de Consus le protecteur des récoltes stockées dans les silos souterrains.
Le dieu était également associé à Neptune par plusieurs auteurs antiques. Tite-Live parle de Neptunus Equester (Neptune équestre) dans son Histoire romaine. Selon l’étude de Bajard, Plutarque et Denys d’Halicarnasse indiquaient que Neptunus Equestris et Consus n’étaient en fait que deux noms différents d’une même divinité.
Un rituel souterrain
Le culte de Consus présentait une particularité unique dans la religion romaine: son autel était enterré sous le sol du Circus Maximus. Pierre Lambrechts explique que «la récolte étant stockée dans des silos souterrains, l’autel de Consus est lui aussi également souterrain. De cette manière, le sanctuaire est recouvert de terre tout le reste de l’année et n’est ouvert que pour les deux jours de fête.»
Les Consualia donnaient lieu à des spectacles populaires. Lambrechts rapporte que «cette fête très appréciée du peuple comprend des libations de vins offertes sur l’autel de Consus, ainsi que des courses de chevaux et de chars, dont une course de chars tirés par des mules.»
Les animaux de trait bénéficiaient d’un traitement particulier pendant ces célébrations. D’après Denys d’Halicarnasse cité par Lambrechts, «pendant ces jeux festifs, les chevaux et les mules ne doivent pas travailler et ils sont décorés de guirlandes de fleurs.»
Le personnel religieux officiel présidait aux cérémonies. Lambrechts précise que «le flamen Quirinalis, assisté des Vestales, accomplissait lui-même le sacrifice» devant l’autel de Consus.
L’enlèvement des Sabines
La tradition romaine associait étroitement les Consualia à l’enlèvement des Sabines. Selon le récit traditionnel reconstitué par Lambrechts, «Romulus organise une fête en l’honneur du dieu qui, chez les auteurs grecs est appelé Ποσειδών Ἵππιος, et que Tite Live nomme Neptunus Equester.»
Tite-Live décrit cette stratégie dans son Histoire romaine:
«Il [Romulus] prépare avec soin des jeux solennels en l’honneur de Neptune équestre; il les appelle Consualia. De nombreux mortels s’y rassemblèrent, attirés aussi par le désir de voir la ville nouvelle, surtout les plus proches, les Céniniens, les Crustumins, les Antemnates; déjà toute la multitude des Sabins était venue avec enfants et épouses.»
Selon la légende, pendant les festivités, sur un signal convenu, les jeunes Romains se seraient emparés des femmes sabines présentes. Cet épisode explique pourquoi les Consualia étaient perçues comme une fête fondatrice de la cité romaine.
Un cycle festif avec Ops
Les Consualia s’inscrivaient dans un ensemble rituel plus large. Lambrechts note que «quatre jours plus tard, les festivités en l’honneur d’Ops la déesse de l’abondance sont célébrés, c’est également une déesse agricole: soit le 25 août (Opiconsivia) et le 19 décembre (Opalia).»
Ops était qualifiée d’«Ops Consivia» selon Varron cité par Lambrechts, soulignant ses liens avec Consus. Cette association révèle l’existence d’un cycle religieux centré sur la protection des récoltes et des réserves alimentaires.
Tertullien rapporte selon Lambrechts qu’un sacrifice était également fait à Consus lors d’une autre fête, les Nones Caprotines du 7 juillet. Cette fête en l’honneur de Junon Caprotina présentait des similitudes avec l’histoire de l’enlèvement des Sabines: elle commémorait un stratagème où des esclaves déguisées en matrones romaines avaient trompé des ennemis de Rome.
L’évolution tardive: le témoignage d’Ausone
Au 4e siècle de notre ère, le poète Ausone évoque encore les Consualia dans ses «Églogues». Selon l’analyse de Bajard, Ausone parle d’un duplex cultus (double culte) associant très étroitement les deux fêtes.
Bajard observe qu’Ausone mentionne des festa navigiis celebrata (fêtes célébrées avec des navires), suggérant que les Consualia avaient évolué vers des formes nouvelles à son époque. Cette évolution témoigne de la capacité d’adaptation des fêtes romaines au fil des siècles.
Les Consualia illustrent la complexité de la religion romaine archaïque. Cette fête mêlait dimensions agricole (protection des récoltes), équestre (courses de chevaux), politique (mythe fondateur de Rome) et religieuse (rituels souterrains uniques).
L’existence de débats dès l’Antiquité sur l’identité de Consus montre que même les Romains avaient parfois du mal à cerner la nature de leurs divinités les plus anciennes. Cette incertitude reflète les transformations subies par les cultes primitifs au contact de l’hellénisation et de l’évolution politique de Rome.
Sources antiques
- Ausone, Eclogarum Liber, 23.
- Cicéron, De Republica, II, 7.
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, I, 33, 2; II, 30-31.
- Ovide, Fastes, III, 199.
- Plutarque, Vie de Romulus, 14; Questions romaines, 48.
- Tertullien, Des spectacles, 5, 7.
- Tite-Live, Ab Urbe condita libri, I, 9.
- Varron, De lingua latina, VI, 20.
Études modernes citées
- Bajard, Anne, «Les Neptunalia et les Consualia dans l’églogue 23 d’Ausone», Revue des Études Anciennes, t. 111, n°2, 2009, p. 411-428.
- Lambrechts, Pierre, «Consus et l’enlèvement des Sabines», L’Antiquité Classique, t. 15, fasc. 1, 1946, p. 61-82.
Dates
Août 21, 2026 Toute la journée
202623aoûtToute la journéeVulcanalia
Description
Ante diem decimum Kalendas Septembres D'après un bas-relief romain (entre 50 av. n. ère et 50 après)
Description
Ante diem decimum Kalendas Septembres

Les Vulcanalia (ou Volcanalia), célébrées à Rome le dixième jour avant les calendes de septembre, soit le 23 août, marquaient la fin de la période de la Canicule, avec une attention particulière portée à Vulcain, le dieu du feu. Cette fête religieuse romaine se distingue par son rite particulier: jeter des petits poissons vivants dans les flammes.
La fête est inscrite dans plusieurs calendriers antiques, tels que les Fasti Antiates maiores. Cette date est symbolique, car elle marque la fin des chaleurs estivales intenses débutées avec les Neptunalia le 23 juillet. Cette période était propice aux risques d’incendie dus à la sécheresse et aux récoltes stockées, faisant des Volcanalia une fête destinée à apaiser Vulcain et à conjurer les dangers de feu.
Un mythe perdu?
Un des rituels les plus intrigants des Volcanalia était l’immolation de poissons vivants. Selon Varron[1], cette coutume consistait à jeter ces animaux dans les flammes pour obtenir la protection du dieu du feu. Festus Grammaticus précise que ces poissons étaient prélevés dans le Tibre et offerts à l’area Volcani, car ils symbolisaient des âmes humaines destinées à Vulcain.
L’explication de ce rituel singulier fait débat parmi les chercheurs. William Warde Fowler suggère une similitude avec les offrandes de poissons faites à la déesse Tacita lors des Parentalia. Jérôme Carcopino et Jules Toutain, quant à eux, voient une connexion avec la nature aquatique de Vulcain, bien que cette interprétation soit controversée car Vulcain n’était ni un dieu des morts ni un dieu du Tibre.
Georges Dumézil propose une approche comparative avec le védisme indien. Dans les récits védiques, le dieu du feu Agni, similaire à Vulcain, est maudit par un poisson, créant un lien entre l’eau, le feu et le poisson, qui pourrait expliquer ce rituel romain. Cette hypothèse suggère un mythe perdu aux Romains mais préservé dans les traditions orientales.
Le culte de Vulcain s’est étendu au-delà de Rome grâce à l’établissement de colonies romaines. Le cas le plus ancien est celui de Narbo Martius (actuelle Narbonne), où un autel, une aire sacrée et un vivier dédié à Vulcain ont été construits au Ier siècle av. J.-C. Cette implantation témoigne de la continuité des traditions rituelles, incluant les offrandes de poissons, même en province.
Sous l’Empire, le culte de Vulcain a connu des évolutions. En 86, l’empereur Domitien a inauguré un nouveau temple dédié à Vulcain près du Quirinal, en hommage à un vœu non tenu par Néron après le grand incendie de 64. Une inscription de l’époque précise les sacrifices prescrits pour cette fête.
[1] Varron, De lingua latina, VI, 3, 20: Volcanalia a Volcano, quod ei tum feriae et quod eo die populus pro se in ignem animalia mittit.
Dates
Août 23, 2026 Toute la journée
202627aoûtToute la journéeVolturnalia
Description
Ante diem sextum Kalendas Septembres D'après une statue connue sous le nom de Marforio, datant du
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Ante diem sextum Kalendas Septembres

Parmi les nombreuses célébrations religieuses qui rythmaient le calendrier de la Rome antique, les Volturnalia tenaient une place singulière. Fêtée le 27 août, cette célébration était dédiée au dieu Volturnus, une divinité mineure du panthéon romain, sans doute d’origine samnite, dont les attributions semblent avoir été à la fois liées aux vents et aux fleuves.
Origines et attributions de Volturnus
Volturnus est une divinité relativement obscure du panthéon romain, mais son culte était important pour les communautés vivant le long du fleuve Volturne, en Campanie. Lors de l’introduction de son culte à Rome, Volturnus a été associé au Tibre. On le considérait comme le père de Juturna, déesse des fontaines, qui avait un sanctuaire dédié sur le Forum romain.
Le nom Volturnus dérive de la racine latine volvere qui signifie «tourner» ou «faire tourner» et suggère une connexion avec le mouvement des courants fluviaux ou des vents. Avec Aquilon, Favonius et Auster, Volturnus était considéré comme l’un des quatre vents fils d’Eole et d’Aurore.
Ainsi, le dieu Volturnus était-il vénéré pour ses associations avec les forces naturelles, en particulier les vents chauds d’été et les cours d’eau, qui étaient essentiels pour l’agriculture et la navigation.
La célébration de la Volturnalia
Les Volturnalia, célébrées le 27 août, coïncidait avec une période de l’année particulièrement marquée par la chaleur estivale et la maturation des récoltes. Il est probable que cette fête était liée à des rites de purification ou de remerciement, destinés à apaiser le dieu et à garantir la fertilité des terres et la douceur des vents pour la navigation.
Comme pour de nombreuses autres divinités fluviales ou liées à la nature, les rites consistaient probablement en des sacrifices d’animaux, des offrandes végétales, ainsi que des libations de vin ou de lait, versées dans le fleuve en hommage à la divinité.
Il est également intéressant de noter que les Volturnalia se déroulaient peu de temps après les Consualia (le 21 août), fêtes consacrées à Consus, dieu des greniers et des réserves de céréales, suggérant un lien saisonnier entre la récolte, le stockage des grains et la gestion des ressources en eau.
Volturnus et la Religion romaine
Volturnus est représentatif du polythéisme romain et de son ancrage profond dans les réalités naturelles et agricoles. À Rome, la religion n’était pas seulement une affaire de grandes divinités comme Jupiter ou Mars, mais aussi de dieux locaux, dont l’influence était limitée mais essentielle pour la survie et le bien-être des communautés. Chaque rivière, source ou phénomène naturel pouvait avoir son propre génie, son propre dieu, comme c’était le cas pour le Volturne.
Les Romains, pragmatiques dans leurs croyances religieuses, honoraient ces divinités mineures avec soin, afin d’assurer la prospérité des cultures, la protection des cités et la santé des citoyens. Les Volturnalia, comme d’autres fêtes religieuses, servait donc non seulement à vénérer une divinité, mais aussi à renforcer les liens entre les hommes et la nature, en reconnaissant la dépendance humaine vis-à-vis des forces naturelles.
Dates
Août 27, 2026 Toute la journée
septembre
202605septToute la journée19Ludi Romani / Ludi magni
Description
Nonis Septembribus - Ante diem tertium decimum Kalendas Octobres
Description
Nonis Septembribus – Ante diem tertium decimum Kalendas Octobres

EN BREF. Chaque septembre, Rome célébrait ses plus grands jeux en l’honneur de Jupiter. Ces spectacles duraient jusqu’à quinze jours: courses de chars avec guerrier sautant en marche, cavaliers sur deux chevaux, théâtre grec adapté. D’abord liés aux vœux des généraux victorieux, ils devinrent une fête annuelle dès 366 avant notre ère.
Les Ludi Romani: du vœu militaire à la fête annuelle de Jupiter
Les Ludi Romani («Jeux Romains») ou Ludi magni («Grands Jeux») étaient un festival religieux majeur dans la Rome antique, composé de plusieurs cérémonies appelées ludi. Ces jeux, considérés comme le principal festival romain, étaient organisés en l’honneur de Jupiter.
Origines traditionnelles
Selon la tradition, ils auraient été institués par Tarquin l’Ancien après sa conquête de la ville latine d’Apiolae. Cependant, des sources comme Denys d’Halicarnasse et Cicéron les attribuent à la victoire romaine sur les Latins lors de la bataille du lac Régille, vers 496 avant notre ère.
Évolution des jeux extraordinaires aux jeux annuels
Ces jeux n’étaient pas toujours célébrés chaque année à leur début. Souvent, ils étaient basés sur un vœu (votum) fait par un commandant militaire et célébrés après son triomphe. Dans cette forme extraordinaire, ils étaient appelés ludi magni.
Selon Tite-Live et d’autres sources antiques, il existait une distinction entre ludi magni et ludi Romani. Les ludi magni désignaient les jeux extraordinaires organisés suite à un vœu (votum) prononcé par un commandant militaire, tandis que ludi Romani s’appliquait aux mêmes jeux une fois qu’ils furent établis comme célébration annuelle régulière (ludi stati). Cette distinction, identifiée par le philologue Friedrich Wilhelm Ritschl, explique pourquoi les deux termes coexistent dans les sources.
Les jeux sont probablement devenus annuels à partir de la nomination des premiers édiles curules en 367 avant notre ère, qui étaient responsables de leur supervision. À partir de 366 avant notre ère, ils se déroulaient régulièrement chaque année.
Évolution de la durée et des dates
Initialement organisés par les consuls, puis par les édiles curules, ces jeux duraient d’abord un jour. Après l’expulsion des rois en 509 avant notre ère, un deuxième jour fut ajouté, suivi d’un troisième jour après la première sécession de la plèbe en 494 avant notre ère.
À partir de 366 avant notre ère, ils se déroulaient du 12 au 14 septembre, puis cette période fut étendue du 5 au 19 septembre. De 191 à 171 avant notre ère, les jeux duraient dix jours, et peu avant la mort de César, ils s’étendaient sur quinze jours, du 5 au 19 septembre. À la fin du 1er siècle avant notre ère, un jour supplémentaire fut ajouté le 4 septembre en l’honneur du divin Jules César.
La datation précise se trouve chez Cicéron dans les Verrines: il mentionne 45 jours entre les Ludi Romani et les Ludi Victoriae Sullanae du 26 octobre, confirmant que le 19 septembre était déjà le dernier jour des jeux en 70 avant notre ère.
Dans les calendriers de l’époque augustéenne, les jours des jeux étaient notés du 4 au 19 septembre, avec des événements marquants comme l’Epulum Jovis le 13 et l’Equorum probatio (une revue de cavalerie) le 14. Les jeux de cirque se tenaient du 15 au 19 septembre.
Contenu des jeux
Les Ludi Romani incluaient une procession solennelle (pompa), des courses de chars, des compétitions équestres, des représentations théâtrales et diverses autres exhibitions comme des combats de boxe.
Les courses de chars
Les courses de chars des Ludi Romani avaient une particularité: chaque char portait, selon la tradition homérique, un conducteur (auriga) et un guerrier qui, à la fin de la course, sautait du char et terminait à pied. Cette pratique était spécifique aux Ludi Romani. Initialement, seuls deux chars participaient, correspondant aux deux factions originelles: les Blancs et les Rouges.
Les compétitions équestres
Durant les exhibitions équestres de l’Equorum probatio, chaque cavalier menait un second cheval en main, pratique reflétant l’usage militaire romain archaïque où les cavaliers utilisaient deux montures au combat, à l’image des Tarentins dans la guerre grecque. Ces cavaliers étaient appelés desultores.
Le théâtre
C’est durant ces jeux que le théâtre, inspiré du théâtre grec, fut introduit à Rome. Après l’introduction du théâtre en 364 avant notre ère, des pièces étaient jouées durant ces jeux, et en 214 avant notre ère, les ludi scenici occupaient quatre jours du festival. En 161 avant notre ère, le Phormion de Térence fut représenté lors de ces jeux.
Autres exhibitions
Les jeux permettaient également des exhibitions mineures supplémentaires: boxeurs, danseurs, et compétitions de cavalerie juvénile (ludus Trojae). La couronne remportée par le vainqueur (prix à la mode grecque) pouvait être placée sur son cercueil à sa mort, privilège inscrit dans les Douze Tables. Pendant le festival, les guerriers ayant remporté de vraies victoires militaires portaient les dépouilles ennemies conquises et une couronne de laurier.
Évolution tardive
Dans le Calendrier de Philocalus (354 après notre ère), les jeux ne duraient plus que du 12 au 15 septembre, montrant leur réduction à l’époque tardive de l’Empire.
Sources antiques
- Cicéron, Verrines, I, 1, 31; II, 52, 130; De divinatione, I, 26, 55; Philippiques, II, 4, 3, 110
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, VI, 95; VII, 71-72
- Festus, De verborum significatu, s.v. Magnos ludos; s.v. Paribus equis
- Tite-Live, Ab urbe condita, I, 35, 9; VI, 42, 12; VIII, 40, 2; XXIII, 29, 5; XXIV, 43, 7; XXV, 2, 8; XXXV, 28, 8; XXXVI, 2; XXXIX, 22, 1; XLIV, 9, 4
Études modernes citées
- Mommsen, Theodor, Römische Forschungen, II, 42-57; Histoire romaine, I, 235-237, 472-473
- Ritschl, Friedrich Wilhelm, Parerga zu Plautus, p. 290
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Ogni settembre, Roma celebrava i suoi più grandi giochi in onore di Giove. Questi spettacoli duravano fino a quindici giorni: corse di carri con guerriero che saltava in corsa, cavalieri su due cavalli, teatro greco adattato. Inizialmente legati ai voti dei generali vittoriosi, divennero una festa annuale dal 366 a.C.
I Ludi Romani: dal voto militare alla festa annuale di Giove
I Ludi Romani («Giochi Romani») o Ludi magni («Grandi Giochi») erano un festival religioso importante nell’antica Roma, composto da diverse cerimonie chiamate ludi. Questi giochi, considerati il principale festival romano, erano organizzati in onore di Giove.
Origini tradizionali
Secondo la tradizione, sarebbero stati istituiti da Tarquinio Prisco dopo la sua conquista della città latina di Apiolae. Tuttavia, fonti come Dionigi di Alicarnasso e Cicerone li attribuiscono alla vittoria romana sui Latini nella battaglia del lago Regillo, verso il 496 a.C.
Evoluzione dai giochi straordinari ai giochi annuali
Questi giochi non erano sempre celebrati ogni anno all’inizio. Spesso erano basati su un voto (votum) fatto da un comandante militare e celebrati dopo il suo trionfo. In questa forma straordinaria, erano chiamati ludi magni.
Secondo Tito Livio e altre fonti antiche, esisteva una distinzione tra ludi magni e ludi Romani. I ludi magni designavano i giochi straordinari organizzati in seguito a un voto (votum) pronunciato da un comandante militare, mentre ludi Romani si applicava agli stessi giochi una volta che furono stabiliti come celebrazione annuale regolare (ludi stati). Questa distinzione, identificata dal filologo Friedrich Wilhelm Ritschl, spiega perché i due termini coesistono nelle fonti.
I giochi divennero probabilmente annuali a partire dalla nomina dei primi edili curuli nel 367 a.C., che erano responsabili della loro supervisione. Dal 366 a.C., si svolgevano regolarmente ogni anno.
Evoluzione della durata e delle date
Inizialmente organizzati dai consoli, poi dagli edili curuli, questi giochi duravano all’inizio un giorno. Dopo l’espulsione dei re nel 509 a.C., fu aggiunto un secondo giorno, seguito da un terzo giorno dopo la prima secessione della plebe nel 494 a.C.
Dal 366 a.C., si svolgevano dal 12 al 14 settembre, poi questo periodo fu esteso dal 5 al 19 settembre. Dal 191 al 171 a.C., i giochi duravano dieci giorni, e poco prima della morte di Cesare, si estendevano per quindici giorni, dal 5 al 19 settembre. Alla fine del 1° secolo a.C., fu aggiunto un giorno supplementare il 4 settembre in onore del divino Giulio Cesare.
La datazione precisa si trova in Cicerone nelle Verrine: menziona 45 giorni tra i Ludi Romani e i Ludi Victoriae Sullanae del 26 ottobre, confermando che il 19 settembre era già l’ultimo giorno dei giochi nel 70 a.C.
Nei calendari dell’epoca augustea, i giorni dei giochi erano annotati dal 4 al 19 settembre, con eventi significativi come l’Epulum Jovis il 13 e l’Equorum probatio (una rivista di cavalleria) il 14. I giochi del circo si tenevano dal 15 al 19 settembre.
Contenuto dei giochi
I Ludi Romani includevano una processione solenne (pompa), corse di carri, competizioni equestri, rappresentazioni teatrali e varie altre esibizioni come combattimenti di pugilato.
Le corse di carri
Le corse di carri dei Ludi Romani avevano una particolarità: ogni carro portava, secondo la tradizione omerica, un conducente (auriga) e un guerriero che, alla fine della corsa, saltava dal carro e finiva a piedi. Questa pratica era specifica dei Ludi Romani. Inizialmente partecipavano solo due carri, corrispondenti alle due fazioni originali: i Bianchi e i Rossi.
Le competizioni equestri
Durante le esibizioni equestri dell’Equorum probatio, ogni cavaliere conduceva un secondo cavallo per mano, pratica che rifletteva l’uso militare romano arcaico dove i cavalieri utilizzavano due cavalcature in battaglia, come i Tarentini nella guerra greca. Questi cavalieri erano chiamati desultores.
Il teatro
Fu durante questi giochi che il teatro, ispirato al teatro greco, fu introdotto a Roma. Dopo l’introduzione del teatro nel 364 a.C., durante questi giochi venivano rappresentate opere teatrali, e nel 214 a.C., i ludi scenici occupavano quattro giorni del festival. Nel 161 a.C., il Phormio di Terenzio fu rappresentato durante questi giochi.
Altre esibizioni
I giochi permettevano anche esibizioni minori supplementari: pugili, danzatori e competizioni di cavalleria giovanile (ludus Trojae). La corona conquistata dal vincitore (premio alla maniera greca) poteva essere posta sulla sua bara alla morte, privilegio iscritto nelle Dodici Tavole. Durante il festival, i guerrieri che avevano ottenuto vere vittorie militari portavano le spoglie nemiche conquistate e una corona d’alloro.
Evoluzione tardiva
Nel Calendario di Filocalo (354 d.C.), i giochi duravano ormai solo dal 12 al 15 settembre, mostrando la loro riduzione nell’epoca tardiva dell’Impero.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. Each September, Rome celebrated its greatest games in honour of Jupiter. These spectacles lasted up to fifteen days: chariot races with warriors leaping whilst in motion, horsemen on two mounts, adapted Greek theatre. Initially linked to victorious generals’ vows, they became an annual festival from 366 BC.
The Ludi Romani: From Military Vow to Jupiter’s Annual Festival
The Ludi Romani (‘Roman Games’) or Ludi magni (‘Great Games’) were a major religious festival in ancient Rome, comprising several ceremonies called ludi. These games, regarded as Rome’s principal festival, were organised in honour of Jupiter.
Traditional origins
According to tradition, they were established by Tarquinius Priscus following his conquest of the Latin town of Apiolae. However, sources such as Dionysius of Halicarnassus and Cicero attribute them to the Roman victory over the Latins at the Battle of Lake Regillus, circa 496 BC.
Evolution from extraordinary games to annual games
These games were not always celebrated annually at their inception. Often they were based upon a vow (votum) made by a military commander and celebrated after his triumph. In this extraordinary form, they were called ludi magni.
According to Livy and other ancient sources, there existed a distinction between ludi magni and ludi Romani. The ludi magni designated the extraordinary games organised following a vow (votum) pronounced by a military commander, whilst ludi Romani applied to the same games once they were established as a regular annual celebration (ludi stati). This distinction, identified by the philologist Friedrich Wilhelm Ritschl, explains why both terms coexist in the sources.
The games probably became annual from the appointment of the first curule aediles in 367 BC, who were responsible for their supervision. From 366 BC onwards, they were held regularly each year.
Evolution of duration and dates
Initially organised by the consuls, then by the curule aediles, these games lasted only one day at first. After the expulsion of the kings in 509 BC, a second day was added, followed by a third day after the first secession of the plebs in 494 BC.
From 366 BC, they were held from 12 to 14 September, then this period was extended from 5 to 19 September. From 191 to 171 BC, the games lasted ten days, and shortly before Caesar’s death, they extended for fifteen days, from 5 to 19 September. At the end of the 1st century BC, an additional day was added on 4 September in honour of the divine Julius Caesar.
The precise dating is found in Cicero’s Verrines: he mentions 45 days between the Ludi Romani and the Ludi Victoriae Sullanae of 26 October, confirming that 19 September was already the last day of the games in 70 BC.
In calendars of the Augustan era, the days of the games were noted from 4 to 19 September, with significant events such as the Epulum Jovis on the 13th and the Equorum probatio (a cavalry review) on the 14th. The circus games were held from the 15th to the 19th September.
Content of the games
The Ludi Romani included a solemn procession (pompa), chariot races, equestrian competitions, theatrical performances, and various other exhibitions such as boxing matches.
The chariot races
The chariot races of the Ludi Romani had a particular feature: each chariot carried, according to Homeric tradition, a driver (auriga) and a warrior who, at the end of the race, leapt from the chariot and finished on foot. This practice was specific to the Ludi Romani. Initially, only two chariots participated, corresponding to the two original factions: the Whites and the Reds.
The equestrian competitions
During the equestrian exhibitions of the Equorum probatio, each horseman led a second horse by hand, a practice reflecting archaic Roman military usage where cavalrymen used two mounts in battle, like the Tarentines in Greek warfare. These horsemen were called desultores.
The theatre
It was during these games that theatre, inspired by Greek drama, was introduced to Rome. After the introduction of theatre in 364 BC, plays were performed during these games, and in 214 BC, the ludi scenici occupied four days of the festival. In 161 BC, Terence’s Phormio was performed at these games.
Other exhibitions
The games also allowed for additional minor exhibitions: boxers, dancers, and youth cavalry competitions (ludus Trojae). The crown won by the victor (a prize in the Greek manner) could be placed upon his bier at death, a privilege inscribed in the Twelve Tables. During the festival, warriors who had achieved real military victories wore the enemy spoils they had conquered and a laurel crown.
Later evolution
In the Calendar of Philocalus (AD 354), the games lasted only from 12 to 15 September, showing their reduction in the later period of the Empire.
Dates
Septembre 5, 2026 - septembre 19, 2026 (Toute la journée)
octobre
202601octToute la journéeTigillum Sororium
Description
Kalendis Octobribus Soldat représenté dans la Maison du Sacellum troyen, ou Maison du Lararium d'Achille, Pompéi (Photo
Description
Kalendis Octobribus

La cérémonie au Tigillum Sororium était un rituel annuel important pendant la période républicaine et ancré dans l’histoire légendaire de la ville.
Le Tigillum Sororium, ou ‘poutre de la sœur’, était un monument ancien situé sur la pente de la colline de l’Oppius à Rome. Son origine remonte à la légende des Horaces et des Curiaces, datant du règne de Tullus Hostilius au 7e siècle av. notre ère. Selon la tradition romaine, il fut érigé à l’endroit où Publius Horatius expia le meurtre de sa sœur Camille après avoir vaincu les trois Curiaces.
Le monument consistait en une poutre horizontale soutenue par deux poteaux verticaux, enjambant probablement la Voie Sacrée (Sacra Via). Il était situé près du Compitum Acilium, un sanctuaire dédié à Auguste. Deux autels se trouvaient à proximité, l’un dédié à Junon Sororia et l’autre à Janus Curiatus, soulignant l’importance religieuse du site.
Chaque année, aux calendes d’octobre (le 1er octobre), une cérémonie de purification se déroulait au Tigillum Sororium. Cette date coïncidait avec le retour des soldats à Rome pour l’hiver, ce qui explique la nature purificatrice du rituel.
Les soldats démobilisés se rassemblaient au Tigillum Sororium. Puis ils passaient sous la poutre dans un acte symbolique de purification. Ce geste visait à les libérer de la souillure contractée en tuant des ennemis au combat.
La persistance de cette cérémonie témoigne de son importance dans la vie religieuse et sociale romaine. Le fait que le monument était encore entretenu et restauré aux frais de l’État jusqu’à l’époque de Tite-Live (fin du 1er siècle av. notre ère – début du 1er siècle) souligne sa signification durable.
Dates
Octobre 1, 2026 Toute la journée
202611octToute la journéeMeditrinalia
Description
D'après un détail de la mosaïque de Lycurgue, musée de Saint-Romain-en-Gal (dessin
Description

Ante diem quintum idus Octobres
Les Meditrinalia étaient une fête religieuse de la Rome antique célébrée le 11 octobre. Cette festivité était liée à la nouvelle vendange et marquait un moment important dans le calendrier agricole romain.
L’étymologie du nom Meditrinalia est sujette à débat. Certains chercheurs le font dériver du latin mederi signifiant «guérir», ce qui suggérerait un lien avec des propriétés curatives attribuées au vin. D’autres y voient plutôt une référence à sa position médiane dans les trois mois d’automne. Bien que les détails précis de ses origines soient obscurs, on sait que cette fête était anciennement associée à Jupiter et revêtait une importance particulière dans la Rome agricole primitive. Le point central des Meditrinalia était la dégustation rituelle du vin nouveau, mélangé au vin de l’année précédente. Cette pratique s’accompagnait de libations offertes aux dieux, notamment ceux liés à la santé et à la guérison.
Au fil du temps, les interprétations de la fête ont évolué. Une déesse nommée Meditrina, associée à la santé et à la longévité, semble avoir été inventée tardivement pour expliquer l’origine du festival. Cependant, cette divinité n’apparaît pas dans les sources les plus anciennes. Il est important de noter que malgré certaines affirmations modernes, les Meditrinalia n’étaient pas simplement une « fête des vendanges ». Leur signification religieuse et rituelle était plus complexe, mêlant des aspects agricoles, médicaux et spirituels.
Voir l’article: Fête des Meditrinalia: à votre santé!
Dates
Octobre 11, 2026 Toute la journée
202613octToute la journéeFontinalia
Description
Ante diem tertium idus Octobres
Description
Ante diem tertium idus Octobres

Les Fontinalia étaient une fête religieuse annuelle de la Rome antique. Cette célébration se tenait le 13 octobre et était dédiée à Fontus, divinité associée aux sources et aux eaux courantes.
Le rituel principal des Fontinalia consistait à orner les fontaines de guirlandes. Les Romains jetaient également des fleurs dans les sources et couronnaient les puits.
Notre principale source d’information sur cette fête est Varron, érudit romain du 1er siècle avant J.-C. Dans son ouvrage De lingua latina, il mentionne les Fontinalia en ces termes:
«Les Fontanalia, du mot Fons (source), car c’est le jour de fête de cette divinité; à cette occasion, on jette des couronnes dans les sources et on couronne les puits.»[1]
Cette description succincte de Varron constitue l’essentiel de ce que nous savons avec certitude sur le déroulement de cette fête. Les Fontinalia s’inscrivaient dans le calendrier religieux romain, reflétant l’importance accordée aux sources d’eau dans la culture et la religion de la Rome antique.
[1] Varron, De lingua latina, livre VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
Le Fontinalia erano una festa religiosa annuale dell’antica Roma. Si celebravano il 13 ottobre ed erano dedicate a Fontus, divinità associata alle sorgenti e alle acque correnti.
Il rito principale dei Fontinalia consisteva nell’addobbare le fontane con ghirlande. I Romani gettavano anche fiori nelle sorgenti e incoronavano i pozzi.
La nostra principale fonte d’informazione su questa festa è Varrone, erudito romano del I secolo a.C. Nella sua opera De lingua latina menziona i Fontinalia con queste parole:
«I Fontanalia, dal termine Fons (sorgente), poiché è il giorno festivo di questa divinità; in tale occasione si gettano corone nelle sorgenti e si incoronano i pozzi.»[1]
Questa breve descrizione di Varrone costituisce quasi tutto ciò che sappiamo con certezza sullo svolgimento di questa festa. I Fontinalia facevano parte del calendario religioso romano, riflettendo l’importanza attribuita alle sorgenti d’acqua nella cultura e nella religione dell’antica Roma.
[1] Varrone, De lingua latina, libro VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
The Fontinalia were an annual religious festival in ancient Rome. This celebration took place on 13 October and was dedicated to Fontus, a divinity associated with springs and flowing waters.
The main ritual of the Fontinalia consisted of adorning fountains with garlands. The Romans also threw flowers into springs and crowned wells with wreaths.
Our principal source of information about this festival is Varro, a Roman scholar of the 1st century BCE. In his work De lingua latina, he mentions the Fontinalia in the following terms:
“The Fontanalia, from the word Fons (spring), for it is the festival day of that deity; on that occasion, crowns are thrown into the springs and the wells are crowned.”[1]
This brief description by Varro constitutes almost all that we know with certainty about the observance of this festival. The Fontinalia formed part of the Roman religious calendar, reflecting the importance accorded to sources of water in the culture and religion of ancient Rome.
[1] Varro, De lingua latina, Book VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
Dates
Octobre 13, 2026 Toute la journée
202615octToute la journéeOctober equus
Description
Idibus Octobribus
Description
Idibus Octobribus

EN BREF. Chaque 15 octobre, Rome sacrifiait à Mars le cheval de droite d’un char victorieux. Sa queue ensanglantait l’autel de la Regia, sa tête déclenchait une lutte entre quartiers. Ce rite archaïque liait guerre et moisson: dernier hommage à la force vitale avant le repos de l’hiver.
October equus: quand Rome offrait un cheval à Mars
L’October equus, ou «Cheval d’octobre», est une fête religieuse de la Rome antique célébrée en l’honneur de Mars le 15 octobre, marquant la fin des campagnes agricoles et militaires. Ce rite est unique à Rome, étant le seul où un cheval était sacrifié. Il se déroulait lors de l’une des trois courses de chevaux annuelles dédiées à Mars. Le rituel, qui a fait l’objet de nombreuses interprétations et débats parmi les historiens modernes. Tous s’accordent toutefois sur l’ancienneté de cette pratique, remontant à la période royale de Rome. Le grammairien Festus, au 2e siècle de notre ère, en donne une description précise: la cérémonie ne portait pas de nom spécifique et est simplement désignée par la victime du sacrifice, le cheval [1].
Le rituel se déroulait au Champ de Mars, un espace traditionnellement dédié à Mars, où les chevaux paissaient et s’entraînaient. Le flamen martialis, en présence des pontifes, présidait la cérémonie, qui débutait par une course de chars, ou biges, tirés par deux chevaux. Le cheval de droite du char vainqueur devenait la victime du sacrifice. Contrairement aux sacrifices ordinaires, l’animal n’était pas égorgé, mais tué d’un coup de javelot, puis immolé sur l’autel de Mars.
Dès que le cheval était abattu, sa queue était coupée et rapidement transportée à la Regia, un bâtiment situé au Forum, où son sang était versé sur les cendres du foyer sacré. La décapitation du cheval constituait le troisième acte du rituel. La tête, ornée d’une guirlande de pains, devenait l’objet d’une lutte entre deux quartiers de Rome: les Sacravienses, habitants de la Via Sacra, et les Suburanenses, habitants de Subura. Si les premiers l’emportaient, la tête était clouée aux murs de la Regia; si les seconds triomphaient, elle était exposée au sommet de la tour Mamilienne, dont l’emplacement exact demeure incertain.
Bien que les historiens connaissent le sort réservé à la queue et à la tête du cheval, le destin de la partie centrale du corps reste encore un mystère.
Malgré les témoignages des auteurs antiques, tels que Varron et Festus, les raisons précises du sacrifice d’un cheval en octobre restent floues. Pourquoi un cheval et non un autre animal? Pourquoi ce mois en particulier ?
Au tournant du 1er siècle de notre ère, ceci était incertain pour Plutarque qui esquissait plusieurs hypothèses:
«Pourquoi, le jour des ides d’octobre, après une course de chars, sacrifie-t-on à Arès (Mars) le cheval de droite de l’attelage victorieux ?
Quelqu’un, après lui avoir coupé la queue, la porte à la Regia pour en asperger l’autel de sang, tandis qu’au sujet de sa tête les habitants de la Voie Sacrée et ceux de la Subure descendent pour se la disputer.
Est-ce, comme certains le disent, parce qu’ils pensent que Troie fut prise à cause d’un cheval et qu’ils punissent ainsi cet animal –eux qui sont issus du sang mêlé des Troyens et des Latins ?
Ou bien parce que le cheval est un animal fougueux, guerrier et belliqueux, et qu’on offre aux dieux les victimes qui leur sont les plus proches et les plus chères –le dieu recevant ici le cheval vainqueur, symbole de victoire et de puissance ?
Ou encore, plus profondément, parce que le dieu Mars préside à l’immobilité du combat en ordre de bataille, et que ceux qui tiennent leur position l’emportent sur ceux qui fuient : ainsi la rapidité est-elle punie comme instrument de lâcheté, et l’on apprend par un symbole que le salut n’appartient pas à ceux qui prennent la fuite.»[2]
La plupart des historiens voient aujourd’hui en l’October equus un rite de clôture de la saison martiale et agricole : une offrande faite à Mars pour rendre la force vitale du cheval, symbole de vigueur guerrière et de fertilité. En versant le sang de l’animal sur le foyer sacré, la cité remerciait le dieu qui protège à la fois les champs et les armes. Plus qu’un vestige mythique, le Cheval d’octobre marquait la fin d’un cycle –celui du combat et du labeur– avant le repos de l’hiver.
[1] Festus Grammaticus, De la signification des mots, XIII OCTOBER EQUUS
[2] Plutarque, Questions romaines, 97:
Διὰ τί ταῖς Δεκεμβρίαις εἰδοῖς ἱπποδρομίας γενομένης ὁ νικήσας δεξιόσειρος Ἄρει θύεται,
καὶ τὴν μὲν οὐρὰν ἀποκόψας τις ἐπὶ τὴν Ῥηγίαν καλουμένην κομίζει καὶ τὸν βωμὸν αἱμάττει,
περὶ δὲ τῆς κεφαλῆς οἱ μὲν ἀπὸ τῆς ἱερᾶς ὁδοῦ λεγομένης οἱ δʼ ἀπὸ τῆς Συβούρης καταβάντες διαμάχονται;πότερον, ὡς ἔνιοι λέγουσιν, ἵππῳ τὴν Τροίαν ἡλωκέναι νομίζοντες ἵππον κολάζουσιν,
ἅτε δὴ καὶ γεγονότες Τρώων ἀγλαὰ τέκνα μεμιγμένα παισὶ Λατίνων·
ἢ ὅτι θυμοειδὲς καὶ πολεμικὸν καὶ ἀρήιον ὁ ἵππος ἐστὶ, τὰ δὲ προσφιλῆ μάλιστα καὶ πρόσφορα θύουσι τοῖς θεοῖς,
ὁ δὲ νικήσας θύεται διὰ τὸ νίκης καὶ κράτους οἰκεῖον εἶναι τὸν θεόν;ἢ μᾶλλον ὅτι τοῦ θεοῦ στάσιμον τὸ ἔργον ἐστὶ καὶ νικῶσιν οἱ μένοντες ἐν τάξει τοὺς μὴ μένοντας ἀλλὰ φεύγοντας,
καὶ κολάζεται τὸ τάχος ὡς δειλίας ἐφόδιον,
καὶ μανθάνουσι συμβολικῶς ὅτι σωτήριον οὐκ ἔστι τοῖς φεύγουσι;
Pour en savoir plus: article October equus sur Wikipedia.
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Versione italiana
October equus: quando Roma offriva un cavallo a Marte
IN BREVE. Ogni 15 ottobre Roma sacrificava a Marte il cavallo destro di un carro vincitore. La sua coda insanguinava l’altare della Regia, la sua testa scatenava una contesa tra quartieri. Questo rito arcaico univa guerra e raccolto: ultimo omaggio alla forza vitale prima del riposo invernale.
L’October equus, o “Cavallo d’ottobre”, era una festa religiosa dell’antica Roma celebrata in onore di Marte il 15 ottobre, a conclusione delle campagne agricole e militari. Questo rito, unico a Roma, è l’unico in cui veniva sacrificato un cavallo. Si svolgeva durante una delle tre corse annuali dedicate a Marte. Il rituale, oggetto di numerose interpretazioni e dibattiti tra gli storici moderni, è unanimemente riconosciuto come una pratica molto antica, risalente all’epoca regia di Roma. Il grammatico Festo, nel II secolo d.C., ne offre una descrizione precisa: la cerimonia non aveva un nome specifico ed è semplicemente designata dalla vittima del sacrificio, il cavallo [1].
Il rito si svolgeva nel Campo Marzio, spazio tradizionalmente consacrato a Marte, dove i cavalli pascolavano e si esercitavano. Il flamen Martialis, alla presenza dei pontefici, presiedeva la cerimonia, che iniziava con una corsa di carri, o bigae, trainati da due cavalli. Il cavallo destro del carro vincitore diventava la vittima del sacrificio. A differenza dei sacrifici comuni, l’animale non veniva sgozzato, ma trafitto con un giavellotto e poi immolato sull’altare di Marte.
Subito dopo l’abbattimento, la coda del cavallo veniva tagliata e rapidamente portata alla Regia, un edificio situato nel Foro, dove il suo sangue era versato sulle ceneri del focolare sacro. La decapitazione dell’animale costituiva il terzo atto del rito. La testa, ornata con una ghirlanda di pani, diventava oggetto di contesa tra due quartieri di Roma: i Sacravienses, abitanti della Via Sacra, e i Suburanenses, abitanti della Subura. Se vincevano i primi, la testa era inchiodata alle pareti della Regia; se trionfavano i secondi, veniva esposta in cima alla Torre Mamilia, la cui posizione esatta resta incerta.
Sebbene gli storici conoscano il destino riservato alla coda e alla testa del cavallo, la sorte della parte centrale del corpo rimane un mistero.
Nonostante le testimonianze degli autori antichi, come Varrone e Festo, le ragioni precise del sacrificio di un cavallo in ottobre restano oscure. Perché proprio un cavallo e non un altro animale? Perché in questo mese?
All’inizio del I secolo d.C., la questione era già incerta per Plutarco, che proponeva diverse ipotesi:
«Perché, il giorno delle idi di ottobre, dopo una corsa di carri, si sacrifica ad Ares (Marte) il cavallo destro del carro vincitore?
Qualcuno, dopo avergli tagliato la coda, la porta alla Regia per aspergere di sangue l’altare, mentre la sua testa viene contesa tra gli abitanti della Via Sacra e quelli della Subura.
È forse, come dicono alcuni, perché credono che Troia sia stata conquistata a causa di un cavallo e puniscono così l’animale –essendo essi stessi nati dal sangue misto dei Troiani e dei Latini?
Oppure perché il cavallo è un animale impetuoso, guerriero e bellicoso, e si offrono agli dèi le vittime a loro più affini e care –il dio ricevendo qui il cavallo vincitore, simbolo di vittoria e di potenza?
O ancora, più profondamente, perché il dio Marte presiede alla fermezza del combattimento in ordine di battaglia, e coloro che restano saldi vincono su chi fugge; così la rapidità è punita come strumento di viltà, e si apprende simbolicamente che la salvezza non appartiene a chi fugge.» [2]
La maggior parte degli storici vede oggi nell’October equus un rito di chiusura della stagione militare e agricola: un’offerta a Marte per restituirgli la forza vitale del cavallo, simbolo di vigore guerriero e di fertilità. Versando il sangue dell’animale sul focolare sacro, la città ringraziava il dio che proteggeva insieme i campi e le armi. Più che una reliquia mitica, il Cavallo d’ottobre segnava la fine di un ciclo –quello della battaglia e del lavoro– prima del riposo invernale.
[1] Festo, De verborum significatu, s.v. Equus October
[2] Plutarco, Questioni romane, 97
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English version
October Equus: when Rome offered a horse to Mars
IN BRIEF. Every October 15, Rome sacrificed to Mars the right-hand horse of a winning chariot. Its tail bloodied the altar of the Regia, its head sparked a rivalry between neighborhoods. This archaic rite linked war and harvest –a final homage to vital strength before winter’s rest.
The October equus, or “October Horse,” was a religious festival of ancient Rome celebrated in honor of Mars on October 15, marking the end of the agricultural and military seasons. This rite, unique to Rome, was the only one in which a horse was sacrificed. It took place during one of the three annual horse races dedicated to Mars. The ritual, which has been the subject of much debate and interpretation among modern historians, is generally agreed to date back to Rome’s regal period. The grammarian Festus, in the 2nd century CE, provides a detailed description: the ceremony had no specific name and was simply referred to by its victim –the horse [1].
The ritual took place in the Campus Martius, the field traditionally dedicated to Mars, where horses grazed and trained. The flamen Martialis, in the presence of the pontiffs, presided over the ceremony, which began with a chariot race, or bigae, drawn by two horses. The right-hand horse of the winning team became the victim of the sacrifice. Unlike ordinary sacrifices, the animal was not slaughtered by cutting its throat but was struck down with a javelin, then immolated on the altar of Mars.
Once the horse was killed, its tail was cut off and swiftly carried to the Regia, a building in the Forum, where its blood was poured over the ashes of the sacred hearth. The beheading of the horse formed the third act of the ritual. Its head, adorned with a garland of bread, became the object of a fierce contest between two Roman neighborhoods: the Sacravienses, inhabitants of the Via Sacra, and the Suburanenses, from the Subura. If the former won, the head was nailed to the wall of the Regia; if the latter triumphed, it was displayed atop the Turris Mamilia, whose exact location remains uncertain.
Although historians know the fate of the horse’s tail and head, the destiny of the rest of the body remains a mystery.
Despite the testimonies of ancient authors such as Varro and Festus, the precise reasons for sacrificing a horse in October remain unclear. Why a horse, and why this particular month?
At the turn of the 1st century CE, the question was still unresolved for Plutarch, who offered several possible explanations:
“Why, on the Ides of October, after a chariot race, do they sacrifice to Ares (Mars) the right-hand horse of the winning team?
Someone, after cutting off its tail, carries it to the Regia to sprinkle the altar with its blood, while its head becomes the object of a contest between the inhabitants of the Via Sacra and those of the Subura.
Is it, as some say, because they believe that Troy was captured because of a horse and thus punish the animal –being themselves descended from the mingled blood of Trojans and Latins?
Or because the horse is a spirited, warlike creature, and men offer to the gods the victims most akin and dear to them –the god here receiving the winning horse, symbol of victory and power?
Or rather, because the god Mars presides over the steadfastness of battle in close order, and those who stand firm overcome those who flee; thus speed is punished as an instrument of cowardice, and men are taught symbolically that salvation does not belong to those who run away.” [2]
Most historians today interpret the October equus as a rite marking the close of the martial and agricultural season — an offering to Mars returning to him the vital force of the horse, symbol of warlike vigor and fertility. By pouring the animal’s blood on the sacred hearth, the city gave thanks to the god who protected both fields and arms. More than a mythical relic, the October Horse marked the end of a cycle –of battle and labor– before the rest of winter.
[1] Festus, De verborum significatu, s.v. Equus October
[2] Plutarch, Roman Questions, 97
Dates
Octobre 15, 2026 Toute la journée
202619octToute la journéeArmilustrium
Description
Ante diem quartum decimum kalendas Novembres
Description
Ante diem quartum decimum kalendas Novembres

EN BREF. Le 19 octobre, Rome purifiait ses armes lors de l’Armilustrium. Près de l’Aventin, guerriers ou prêtres dansaient au son des trompettes, brandissant les boucliers sacrés. Un triple sacrifice honorait Mars pour effacer le sang versé. Cette cérémonie clôturait la saison militaire, rappelant que victoire et protection divine étaient indissociables.
Armilustrium: quand Rome sanctifiait ses armes de guerre
L’Armilustrium était une cérémonie religieuse célébrée par les Romains chaque année le 19 octobre. Consacrée à Mars, dieu de la guerre, cette fête revêtait une importance particulière dans le calendrier religieux romain. Elle marquait le moment où les armées romaines rentraient après la campagne militaire annuelle, et elle était l’occasion de purifier les armes et d’honorer Mars.
Étymologie et signification rituelle
Le mot Armilustrium est dérivé du latin arma, qui signifie «arme», et lustratio, signifiant «purification». Cette étymologie illustre le cœur de la célébration: une purification rituelle des armes des soldats au retour des batailles. Varron précise :
«L’Armilustrium tire son nom du fait que dans l’Armilustrium les hommes armés accomplissent les rites sacrés, à moins que ce ne soit plutôt le lieu qui tire son nom d’eux; mais ce qui vient en premier dérive de ludere ou de lustrum, c’est-à-dire du fait qu’ils faisaient le tour en jouant, armés de leurs boucliers sacrés.»
Ce rite visait à purifier et sanctifier les armes après leur usage meurtrier, et à protéger la cité de Rome des souillures associées au sang versé.
Le déroulement de la cérémonie
L’Armilustrium se tenait près de l’Aventin, au lieu appelé vicus Armilustri. Selon les sources, la cérémonie était marquée par des processions, des danses, et la sonnerie des trompettes pendant le sacrifice, comme l’atteste Festus. Les armes étaient purifiées lors d’un rituel solennel et les boucliers sacrés étaient promenés à travers la ville.
Selon Georges Dumézil, des hommes en armes –soit des soldats, soit les Saliens,prêtres de Mars– représentant l’armée accomplissaient les sacrifices. Ces hommes exécutaient des danses rituelles et chantaient des hymnes en l’honneur de Mars.
Le sacrifice offert était vraisemblablement un suovetaurile (sacrifice d’un porc, d’un mouton et d’un taureau), comme il était d’usage pour les lustrations militaires.
Dimension religieuse et politique
Comme de nombreuses célébrations religieuses romaines, l’Armilustrium répondait à des objectifs à la fois religieux et politiques. À Rome, la guerre n’était jamais une simple affaire militaire; elle était un acte religieux. Avant de partir en campagne, les armées devaient être bénies par les prêtres, les auspices devaient être pris pour s’assurer que les dieux étaient favorables, et Mars, en tant que patron des soldats, devait être consulté et honoré. De même, une fois la guerre terminée, il était essentiel de rendre grâce au dieu et de purifier les armes, non seulement pour expier les violences commises, mais aussi pour assurer la protection continue de Rome.
Cette procession des armes était aussi un moment où le peuple pouvait contempler la force militaire de Rome et se rappeler que leur sécurité dépendait à la fois de l’habileté des soldats et du soutien des dieux.
Sources antiques
- Varron, De lingua latina VI, 22 : Armilustrium ab eo quod in Armilustrio armati sacra faciunt, nisi locus potius dictus ab his; sed quod de his prius, id ab ludendo aut lustro, id est quod circumibant ludentes ancilibus armati.
- Festus, De verborum significatione, s.v. Armilustrium
- Plutarque, Vie de Romulus, 23 (pour la localisation près de la tombe de Titus Tatius)
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Versione italiana
IN BREVE. Il 19 ottobre, Roma purificava le proprie armi durante l’Armilustrium. Presso l’Aventino, guerrieri o sacerdoti danzavano al suono delle trombe, brandendo gli scudi sacri. Un triplice sacrificio onorava Marte per cancellare il sangue versato. Questa cerimonia chiudeva la stagione militare, ricordando che vittoria e protezione divina erano indissociabili.
Armilustrium: quando Roma santificava le armi di guerra
L’Armilustrium era una cerimonia religiosa celebrata dai Romani ogni anno il 19 ottobre. Consacrata a Marte, dio della guerra, questa festa rivestiva un’importanza particolare nel calendario religioso romano. Segnava il momento in cui le armate romane rientravano dopo la campagna militare annuale, ed era l’occasione per purificare le armi e onorare Marte.
Etimologia e significato rituale
La parola Armilustrium deriva dal latino arma, che significa «arma», e lustratio, che significa «purificazione». Questa etimologia illustra il cuore della celebrazione: una purificazione rituale delle armi dei soldati al ritorno dalle battaglie. Varrone precisa:
«L’Armilustrium trae il suo nome dal fatto che nell’Armilustrium gli uomini armati compiono i riti sacri, a meno che non sia piuttosto il luogo a trarre il nome da loro; ma ciò che viene prima deriva da ludere o da lustrum, cioè dal fatto che giravano intorno giocando, armati dei loro scudi sacri.»
Questo rito mirava a purificare e santificare le armi dopo il loro uso omicida, e a proteggere la città di Roma dalle contaminazioni associate al sangue versato.
Lo svolgimento della cerimonia
L’Armilustrium si teneva presso l’Aventino, nel luogo chiamato vicus Armilustri. Secondo le fonti, la cerimonia era caratterizzata da processioni, danze e il suono delle trombe durante il sacrificio, come attesta Festo. Le armi erano purificate durante un rituale solenne e gli scudi sacri erano portati in processione attraverso la città.
Secondo Georges Dumézil, uomini in armi – sia soldati, sia i Salii, sacerdoti di Marte – rappresentando l’esercito compivano i sacrifici. Questi uomini eseguivano danze rituali e cantavano inni in onore di Marte.
Il sacrificio offerto era verosimilmente un suovetaurile (sacrificio di un maiale, una pecora e un toro), come era d’uso per le lustrazioni militari.
Dimensione religiosa e politica
Come molte celebrazioni religiose romane, l’Armilustrium rispondeva a obiettivi sia religiosi che politici. A Roma, la guerra non era mai un semplice affare militare; era un atto religioso. Prima di partire in campagna, gli eserciti dovevano essere benedetti dai sacerdoti, gli auspici dovevano essere presi per assicurarsi che gli dei fossero favorevoli, e Marte, in quanto patrono dei soldati, doveva essere consultato e onorato. Allo stesso modo, una volta terminata la guerra, era essenziale rendere grazie al dio e purificare le armi, non solo per espiare le violenze commesse, ma anche per assicurare la protezione continua di Roma.
Questa processione delle armi era anche un momento in cui il popolo poteva contemplare la forza militare di Roma e ricordarsi che la loro sicurezza dipendeva sia dall’abilità dei soldati che dal sostegno degli dei.
Fonti antiche
- Varrone, De lingua latina VI, 22: Armilustrium ab eo quod in Armilustrio armati sacra faciunt, nisi locus potius dictus ab his; sed quod de his prius, id ab ludendo aut lustro, id est quod circumibant ludentes ancilibus armati.
- Festo, De verborum significatione, s.v. Armilustrium
- Plutarco, Vita di Romolo, 23 (per la localizzazione presso la tomba di Tito Tazio)
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English version
IN BRIEF. On 19th October, Rome purified its weapons during the Armilustrium. Near the Aventine, warriors or priests danced to the sound of trumpets, brandishing sacred shields. A triple sacrifice honoured Mars to cleanse the blood spilt. This ceremony closed the military season, reminding all that victory and divine protection were inseparable.
Armilustrium: When Rome Sanctified Its Weapons of War
The Armilustrium was a religious ceremony celebrated by the Romans every year on 19th October. Consecrated to Mars, god of war, this festival held particular importance in the Roman religious calendar. It marked the moment when Roman armies returned after the annual military campaign, and was the occasion to purify weapons and honour Mars.
Etymology and Ritual Significance
The word Armilustrium derives from the Latin arma, meaning ‘weapon’, and lustratio, meaning ‘purification’. This etymology illustrates the heart of the celebration: a ritual purification of soldiers’ weapons upon return from battles. Varro specifies:
‘The Armilustrium takes its name from the fact that in the Armilustrium armed men perform sacred rites, unless it is rather the place that takes its name from them; but what comes first derives from ludere or from lustrum, that is, from the fact that they went round playing, armed with their sacred shields. »
This rite aimed to purify and sanctify weapons after their murderous use, and to protect the city of Rome from the defilements associated with spilt blood.
The Ceremony’s Proceedings
The Armilustrium was held near the Aventine, at the place called vicus Armilustri. According to sources, the ceremony was marked by processions, dances, and the sounding of trumpets during sacrifice, as Festus attests. Weapons were purified during a solemn ritual and sacred shields were carried in procession through the city.
According to Georges Dumézil, men in arms—either soldiers or the Salii, priests of Mars—representing the army performed the sacrifices. These men executed ritual dances and sang hymns in honour of Mars.
The sacrifice offered was likely a suovetaurile (sacrifice of a pig, sheep, and bull), as was customary for military lustrations.
Religious and Political Dimension
Like many Roman religious celebrations, the Armilustrium served both religious and political objectives. In Rome, war was never a simple military affair; it was a religious act. Before departing on campaign, armies had to be blessed by priests, auspices had to be taken to ensure the gods were favourable, and Mars, as patron of soldiers, had to be consulted and honoured. Similarly, once war had ended, it was essential to give thanks to the god and purify weapons, not only to expiate the violence committed, but also to ensure Rome’s continued protection.
This procession of arms was also a moment when the people could contemplate Rome’s military strength and remember that their security depended upon both the soldiers’ skill and the gods’ support.
Ancient Sources
- Varro, De lingua latina VI, 22: Armilustrium ab eo quod in Armilustrio armati sacra faciunt, nisi locus potius dictus ab his; sed quod de his prius, id ab ludendo aut lustro, id est quod circumibant ludentes ancilibus armati.
- Festus, De verborum significatione, s.v. Armilustrium
- Plutarch, Life of Romulus, 23 (for the location near the tomb of Titus Tatius)
Dates
Octobre 19, 2026 Toute la journée
novembre
202604novToute la journéeLudi Plebeii
Description
Pridie Nonas Novembres - Ante diem quintum decimum Kalendas Decembres
Description
Pridie Nonas Novembres – Ante diem quintum decimum Kalendas Decembres

EN BREF. Fête du peuple romain, les Ludi Plebeii (4–17 novembre) honoraient Jupiter dans le Circus Flaminius. Nés d’une revendication civique, ils devinrent une institution d’État. Tite-Live, Plaute et Valerius Maximus en révèlent la portée religieuse, politique et théâtrale : la liberté plébéienne célébrée sous le regard des dieux.
Ludi plebeii: quand la plèbe romaine fait la fête
Chaque année, du 4 au 17 novembre, Rome se parait de musique, de théâtre et de processions: c’était le temps des Ludi Plebeii, les jeux plébéiens. Moins célèbres que les Ludi Romani de septembre, mais installés très tôt dans le calendrier civique, ces jeux formaient la grande fête populaire de l’automne. La plèbe y célébrait Jupiter Capitolin, son dieu tutélaire, dans un cirque qu’elle considérait comme sien: le Circus Flaminius.
Dans la Rome républicaine, les jeux publics n’étaient jamais de simples divertissements: ils exprimaient l’équilibre des pouvoirs et la hiérarchie des ordres. Les Ludi Plebeii en furent l’un des symboles: une fête du peuple, pour le peuple, mais reconnue par l’État.
Une fête du peuple, miroir des Ludi Romani
Les Ludi Plebeii étaient organisés par les édiles plébéiens, magistrats élus parmi le peuple. Ils formaient la contrepartie directe des Ludi Romani, présidés par les édiles curules issus de la noblesse. Cette dualité institutionnelle incarnait l’équilibre entre les deux ordres : patriciens et plébéiens.
D’après les Fasti Praenestini [1], la fête s’étendait sur quatorze jours, du 4 au 17 novembre, et atteignait son sommet le 13, jour des Ides de novembre, consacré au banquet de Jupiter Capitolin (Epulum Iovis). Ce repas sacré, célébré par la plèbe, répondait à celui que les patriciens offraient en septembre lors des Ludi Romani. En novembre, la plèbe honorait Jupiter non sur la colline du Capitole, mais sur le Champ de Mars, un espace qui lui était propre et symbole de son identité civique.
Des origines politiques
Les origines de ces jeux remontent aux premiers temps de la République. Une tradition tardive, transmise par le Pseudo-Asconius (commentaire médiéval rattaché à Cicéron), affirme qu’ils auraient été institués après l’expulsion des rois, en l’honneur de la liberté, ou pour célébrer la réconciliation de la plèbe après sa sécession sur l’Aventin [2]. Même si cette explication n’a pas valeur de témoignage antique, elle correspond bien à la signification politique de la fête : les Ludi Plebeii symbolisaient la conquête de la liberté civique par la plèbe et son intégration au culte public romain.
Le Circus Flaminius, un cirque du peuple
Le lieu des jeux n’était pas le prestigieux Circus Maximus, réservé aux triomphes aristocratiques, mais le Circus Flaminius, bâti en 220 avant notre ère par le censeur Caius Flaminius, tribun du peuple et réformateur audacieux. Cet espace du Champ de Mars, ouvert aux assemblées et aux triomphes, servit rapidement de cadre aux cérémonies plébéiennes. Le nom même du cirque, celui d’un tribun de la plèbe, en faisait un symbole de liberté politique.
Certains chercheurs rappellent toutefois que le Circus Flaminius n’était pas un hippodrome au sens strict: il ne possédait ni spina ni carceres. Construit avant l’essor des grands cirques permanents, il servait plutôt d’esplanade pour les processions, les assemblées et les triomphes. Les courses de chars des Ludi Plebeii se déroulaient sans doute plus au nord du Champ de Mars, dans un espace temporairement aménagé.
Les témoignages de Tite-Live et de Valerius Maximus
L’historien Tite-Live mentionne plusieurs fois les Ludi Plebeii au 3e siècle avant notre ère:
- En 216 avant notre ère : «Les jeux plébéiens furent rejoués pendant deux jours, et un banquet de Jupiter fut célébré à l’occasion de ces jeux.» [3]
- En 206 avant notre ère : «Les jeux plébéiens furent rejoués dans leur entier une fois, par les édiles plébéiens Marcus Pomponius Matho et Quintus Mamilius Turrinus.» [4]
- Et en 199 avant notre ère : «Les édiles plébéiens célébrèrent à nouveau les jeux plébéiens, et un banquet de Jupiter eut lieu à l’occasion des jeux.» [5]
Dans les trois cas, Tite-Live emploie la même formule : ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. Le verbe instaurare –«reprendre», «rejouer»– est un terme religieux : il s’agissait de recommencer la fête en cas de faute rituelle (vitium). Cette instauratio ludorum est au cœur du récit de Valerius Maximus.
Ce dernier rapporte un épisode exemplaire survenu précisément «pendant les jeux plébéiens, à travers le Circus Flaminius» [6]. Un citoyen du peuple, Titus Latinius, reçut en songe l’ordre de Jupiter de prévenir les consuls: le dieu n’avait pas été satisfait du danseur de la dernière pompa circensis, et réclamait une reprise attentive des jeux. Craignant de se mêler des affaires religieuses de l’État, Latinius garda le silence. Son fils mourut aussitôt, puis lui-même fut frappé de paralysie. Lorsqu’il se décida enfin à parler devant le Sénat, il recouvra l’usage de ses membres sous les yeux de tous.
Ce récit illustre la place des Ludi Plebeii dans la religion publique: le message de Jupiter y passe par un homme du peuple, et la faute rituelle entraîne la reprise des jeux, exactement comme l’indiquait Tite-Live. C’est aussi la première attestation explicite reliant les Ludi Plebeii au Circus Flaminius.
Le théâtre des Ludi Plebeii
Comme les Ludi Romani, les jeux plébéiens comportaient une part de spectacles dramatiques (ludi scaenici). C’est lors de ces jeux, en 200 av. J.-C., qu’eut lieu la première représentation du Stichus de Plaute, «joué aux jeux plébéiens, sous l’édilité de Cnaeus Baebius et Caius Terentius» [7]. Cette didascalie rare fait des Ludi Plebeii un haut lieu de la création théâtrale romaine : la comédie latine naquit dans le cadre des fêtes du peuple.
Une fête populaire devenue fête d’État
Au 1er siècle avant notre ère, les Ludi Plebeii étaient pleinement intégrés au calendrier officiel. Cicéron, évoquant ses fonctions d’édile, énumère les jeux sacrés qu’il doit célébrer: ceux de Cérès, de Liber et Libera, de Flore, et les plus anciens en l’honneur de Jupiter, Junon et Minerve [8]. Il ne distingue plus les Plebeii des Romani: les deux appartiennent désormais à une même tradition religieuse de la République.
Ce qui avait commencé comme une revendication politique devint une institution d’État: les Ludi Plebeii ne sont plus seulement la fête du peuple, mais la fête du peuple reconnu par la cité.
Sources
- Fasti Praenestini (CIL I² 312)
- Pseudo-Asconius, In act. I. in C. Verrem (éd. Orelli, Onomasticon Tullianum, Zurich 1833, p. 143): Secundum quos Plebeii ludi, quos exactis regibus pro libertate plebs fecerunt, aut pro reconciliatione plebis post secessionem in Aventinum.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 25, 2, 9-10: Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa. Ludos Romanos ter totos instauratos ab aedilibus curulibus M. Sextilio et L. Aemilio Regillo, item plebeios semel totos instauratos ab aedilibus plebis L. Pupio Pisone et L. Platorio Varo.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 28, 10, 7: Ludi Romani ter toti instaurati ab aedilibus curulibus Cn. Servilio Caepione, Ser. Cornelio Lentulo; item ludi plebeii semel toti instaurati ab aedilibus plebis M. Pomponio Mathone et Q. Mamilio Turrino. Epulum Iovis ludorum causa fuit.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 32, 7, 13: Ab iis ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa.
- Valerius Maximus, Facta et Dicta Memorabilia I, 7, 4: Sequitur aeque ad publicam religionem pertinens somnium. Cum plebeis quidam ludis pater familias per circum Flaminium, prius quam pompa induceretur, servum suum verberibus mulcatum sub furca ad supplicium egisset, T. Latinio homini ex plebe Iuppiter in quiete praecepit ut consulibus diceret sibi praesultorem ludis circensibus proximis non placuisse: quae res nisi attenta ludorum instauratione expiata esset, secuturum non mediocre urbis periculum. Ille veritus ne cum aliquo incommodo suo religione summum implicaret imperium, silentium egit, e vestigioque filius eius subita vi morbi correptus interiit. Ipse etiam per quietem ab eodem deo interrogatus an satis magnam poenam neglecti imperii sui pependisset, in proposito perseverans debilitate corporis solutus est ac tum demum ex consilio amicorum lecticula ad tribunal consulum et inde ad senatum perlatus ordine totius casus sui exposito magna cum omnium admiratione recuperata membrorum firmitate pedibus domum rediit.
- Plaute, Stichus, didascalie: Acta ludis plebeis Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis, C. Sulpicio, C. Aurelio consulibus.
- Cicéron, In Verrem II, 5, 36: Nunc sum designatus aedilis; habeo rationem quid a populo Romano acceperim; mihi ludos sanctissimos maxima cum cura et caerimonia Cereri, Libero, Liberaeque faciundos, mihi Floram matrem populo plebique Romanae ludorum celebritate placandam, mihi ludos antiquissimos, qui primi Romani appellati sunt, cum dignitate maxima et religione Iovi, Iunoni, Minervaeque esse faciundos, mihi sacrarum aedium procurationem, mihi totam urbem tuendam esse commissam; ob earum rerum laborem et sollicitudinem fructus illos datos, antiquiorem in senatu sententiae dicendae locum, togam praetextam, sellam curulem, ius imaginis ad memoriam posteritatemque prodendae.
Versione italiana
IN BREVE. Festa del popolo romano, i Ludi Plebeii (4–17 novembre) erano dedicati a Giove nel Circus Flaminius. Nati da una rivendicazione civica, divennero un’istituzione statale. Tito Livio, Plauto e Valerio Massimo ne rivelano la portata religiosa, politica e teatrale: la libertà plebea celebrata sotto lo sguardo degli dèi.
Ludi Plebeii: quando la plebe romana fa festa
Ogni anno, dal 4 al 17 novembre, Roma si riempiva di musica, teatro e processioni: era il tempo dei Ludi Plebeii, i giochi plebei. Meno celebri dei Ludi Romani di settembre, ma inseriti molto presto nel calendario civico, questi giochi costituivano la grande festa popolare dell’autunno. La plebe vi celebrava Giove Capitolino, il suo dio tutelare, in un circo che considerava proprio: il Circus Flaminius.
Nella Roma repubblicana, i giochi pubblici non erano mai semplici divertimenti: esprimevano l’equilibrio dei poteri e la gerarchia degli ordini. I Ludi Plebeii ne furono uno dei simboli: una festa del popolo, per il popolo, ma riconosciuta dallo Stato.
Una festa del popolo, specchio dei Ludi Romani
I Ludi Plebeii erano organizzati dagli edili plebei, magistrati eletti tra il popolo. Costituivano il contraltare diretto dei Ludi Romani, presieduti dagli edili curuli appartenenti alla nobiltà. Questa dualità istituzionale incarnava l’equilibrio tra i due ordini: patrizi e plebei.
Secondo i Fasti Praenestini [1], la festa si svolgeva per quattordici giorni, dal 4 al 17 novembre, e raggiungeva il suo apice il 13, giorno delle Idi di novembre, consacrato al banchetto di Giove Capitolino (Epulum Iovis). Questo pasto sacro, celebrato dalla plebe, faceva da contrappunto a quello che i patrizi offrivano in settembre durante i Ludi Romani. In novembre, la plebe onorava Giove non sul colle Capitolino, ma nel Campo Marzio, uno spazio che le apparteneva e che simboleggiava la sua identità civica.
Origini politiche
Le origini di questi giochi risalgono ai primi tempi della Repubblica. Una tradizione tarda, trasmessa dal Pseudo-Asconio (commentatore medievale collegato a Cicerone), afferma che essi sarebbero stati istituiti dopo l’espulsione dei re, in onore della libertà, o per celebrare la riconciliazione della plebe dopo la sua secessione sull’Aventino [2]. Anche se questa spiegazione non ha valore di testimonianza antica, corrisponde bene al significato politico della festa: i Ludi Plebeii simboleggiavano la conquista della libertà civica da parte della plebe e la sua integrazione nel culto pubblico romano.
Il Circus Flaminius, un circo del popolo
Il luogo dei giochi non era il prestigioso Circus Maximus, riservato ai trionfi aristocratici, bensì il Circus Flaminius, costruito nel 220 a.C. dal censore Gaio Flaminio, tribuno della plebe e riformatore audace. Questo spazio del Campo Marzio, aperto alle assemblee e ai trionfi, divenne rapidamente il luogo delle cerimonie plebee. Lo stesso nome del circo, quello di un tribuno della plebe, ne faceva un simbolo di libertà politica.
Alcuni studiosi ricordano tuttavia che il Circus Flaminius non era un ippodromo in senso stretto: non possedeva né spina né carceres. Costruito prima dell’ascesa dei grandi circhi permanenti, serviva piuttosto come spianata per processioni, assemblee e trionfi. Le corse dei carri dei Ludi Plebeii si svolgevano probabilmente più a nord del Campo Marzio, in uno spazio allestito temporaneamente.
Le testimonianze di Tito Livio e di Valerio Massimo
Lo storico Tito Livio menziona più volte i Ludi Plebeii nel III secolo a.C.:
Nel 216 a.C.: «Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa.» [3]
Nel 206 a.C.: «Ludi plebeii instaurati…» [4]
E nel 199 a.C.: «Ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa.» [5]
In tutti e tre i casi, Tito Livio impiega la stessa formula: ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. Il verbo instaurare –«riprendere», «rinnovare»– è un termine religioso: significava ricominciare la festa in caso di errore rituale (vitium). Questa instauratio ludorum è al centro del racconto di Valerio Massimo.
Quest’ultimo narra un episodio esemplare avvenuto proprio «durante i giochi plebei, attraverso il Circus Flaminius» [6]. Un cittadino del popolo, Tito Latinio, ricevette in sogno l’ordine di Giove di avvertire i consoli: il dio non era stato soddisfatto del danzatore dell’ultima pompa circensis e richiedeva una ripetizione accurata dei giochi. Temendo di immischiarsi negli affari religiosi dello Stato, Latinio tacque. Suo figlio morì subito dopo, e lui stesso fu colpito da paralisi. Quando infine decise di parlare davanti al Senato, riacquistò l’uso degli arti sotto gli occhi di tutti.
Questo racconto illustra il posto dei Ludi Plebeii nella religione pubblica: il messaggio di Giove passa attraverso un uomo del popolo, e la colpa rituale comporta la ripetizione dei giochi, esattamente come indicava Tito Livio. È anche la prima attestazione esplicita che collega i Ludi Plebeii al Circus Flaminius.
Il teatro dei Ludi Plebeii
Come i Ludi Romani, anche i giochi plebei comprendevano una parte di spettacoli teatrali (ludi scaenici). Fu durante questi giochi, nel 200 a.C., che ebbe luogo la prima rappresentazione dello Stichus di Plauto, «acta ludis plebeis, Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis…» [7]. Questa rara didascalia fa dei Ludi Plebeii un luogo centrale della creazione teatrale romana: la commedia latina nacque nel quadro delle feste del popolo.
Una festa popolare divenuta festa di Stato
Nel I secolo a.C., i Ludi Plebeii erano pienamente integrati nel calendario ufficiale. Cicerone, evocando le sue funzioni di edile, elenca i giochi sacri che deve celebrare: quelli di Cerere, di Libero e Libera, di Flora, e i più antichi in onore di Giove, Giunone e Minerva [8]. Non distingue più i Plebeii dai Romani: entrambi appartengono ormai a una stessa tradizione religiosa della Repubblica.
Ciò che era iniziato come una rivendicazione politica divenne un’istituzione statale: i Ludi Plebeii non sono più soltanto la festa del popolo, ma la festa del popolo riconosciuto dalla città.
Per le note, si veda la versione francese.
English version
IN BRIEF. A festival of the Roman people, the Ludi Plebeii (4–17 November) honoured Jupiter in the Circus Flaminius. Born of a civic demand, they became a state institution. Livy, Plautus and Valerius Maximus reveal their religious, political and theatrical significance: plebeian freedom celebrated under the gaze of the gods.
Ludi Plebeii: when the Roman plebs celebrated
Each year, from 4 to 17 November, Rome came alive with music, theatre, and processions: it was the time of the Ludi Plebeii, the Plebeian Games. Less famous than the Ludi Romani held in September, but established very early in the civic calendar, these games were the great popular festival of autumn. The plebs celebrated Jupiter Capitolinus, their tutelary god, in a circus they regarded as their own: the Circus Flaminius.
In Republican Rome, public games were never mere entertainment: they expressed the balance of powers and the hierarchy of social orders. The Ludi Plebeii were one of their symbols — a festival of the people, for the people, but recognised by the State.
A people’s festival, mirror of the Ludi Romani
The Ludi Plebeii were organised by the plebeian aediles, magistrates elected from among the common people. They formed the direct counterpart to the Ludi Romani, which were presided over by the curule aediles from the nobility. This institutional duality embodied the balance between the two orders: patricians and plebeians.
According to the Fasti Praenestini [1], the festival lasted fourteen days, from 4 to 17 November, reaching its climax on the 13th — the Ides of November — the day of the banquet of Jupiter Capitolinus (Epulum Iovis). This sacred meal, celebrated by the plebs, echoed the one offered by the patricians in September during the Ludi Romani. In November, the plebs honoured Jupiter not on the Capitoline Hill but on the Campus Martius, a space of their own and a symbol of their civic identity.
Political origins
The origins of these games go back to the early days of the Republic. A later tradition, transmitted by Pseudo-Asconius (a medieval commentary attached to Cicero), claims they were instituted after the expulsion of the kings, in honour of liberty, or to mark the reconciliation of the plebs after their secession to the Aventine [2]. Although this explanation is not an ancient testimony, it fits the political meaning of the festival: the Ludi Plebeii symbolised the plebs’ conquest of civic freedom and their integration into Rome’s public cults.
The Circus Flaminius, a people’s circus
The venue of the games was not the prestigious Circus Maximus, reserved for aristocratic triumphs, but the Circus Flaminius, built in 220 BC by the censor Gaius Flaminius, a tribune of the plebs and a bold reformer. This space on the Campus Martius, open to assemblies and triumphs, soon became the setting for plebeian ceremonies. The very name of the circus, that of a tribune of the plebs, made it a symbol of political liberty.
Some scholars note, however, that the Circus Flaminius was not a racetrack in the strict sense: it had neither spina nor carceres. Built before the great permanent circuses, it served rather as an open esplanade for processions, assemblies, and triumphs. The chariot races of the Ludi Plebeii were probably held further north on the Campus Martius, in a temporarily arranged space.
Testimonies of Livy and Valerius Maximus
The historian Livy mentions the Ludi Plebeii several times in the 3rd century BC:
In 216 BC: Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa. [3]
In 206 BC: Ludi plebeii instaurati… [4]
And in 199 BC: Ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. [5]
In each case, Livy uses the same formula: ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. The verb instaurare –“to resume,” “to repeat”– is a religious term: it meant that the festival had to be repeated in the event of a ritual fault (vitium). This instauratio ludorum lies at the heart of Valerius Maximus’s account.
He tells of a striking episode that occurred precisely “during the Plebeian Games, through the Circus Flaminius” [6]. A plebeian citizen, Titus Latinius, received in a dream Jupiter’s order to warn the consuls: the god had not been satisfied with the dancer in the latest pompa circensis and demanded that the games be performed again with due care. Fearing to meddle in the State’s religious affairs, Latinius kept silent. His son died immediately afterwards, and he himself was struck by paralysis. When at last he decided to speak before the Senate, he recovered the use of his limbs in full view of all.
This story shows the place of the Ludi Plebeii within public religion: Jupiter’s message reached Rome through a man of the people, and the ritual fault led to a repetition of the games — exactly as Livy described. It is also the earliest explicit testimony linking the Ludi Plebeii to the Circus Flaminius.
Theatre at the Ludi Plebeii
Like the Ludi Romani, the Plebeian Games included dramatic performances (ludi scaenici). It was during these games, in 200 BC, that the first performance of Plautus’s Stichus took place, “acta ludis plebeis, Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis…” [7]. This rare didascalia makes the Ludi Plebeii a key venue for Roman theatrical creation: Latin comedy was born in the context of the people’s festival.
A popular festival that became a state institution
By the 1st century BC, the Ludi Plebeii had been fully integrated into the official calendar. Cicero, referring to his duties as aedile, lists the sacred games he was to celebrate: those of Ceres, Liber and Libera, of Flora, and the oldest ones in honour of Jupiter, Juno, and Minerva [8]. He no longer distinguished between the Plebeii and the Romani: both now belonged to the same religious tradition of the Republic.
What had begun as a political claim had become a state institution: the Ludi Plebeii were no longer merely the people’s festival, but the festival of a people recognised by the city.
For notes, see the French version.
Dates
Novembre 4, 2026 Toute la journée
202624novToute la journée21décBrumalia
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres - Ante diem duodecimum Kalendas Januarias
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres – Ante diem duodecimum Kalendas Januarias

EN BREF – Née à Rome le 24 novembre sous le nom de Bruma, la fête s’est transformée à Constantinople en cycle festif étendu, les Brumalia. Agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités par des sacrifices nocturnes. Le rite spectaculaire voyait les vignerons sauter sur des outres gonflées après avoir immolé des boucs à Dionysos.
Brumalia: quand Rome et Byzance célébraient les jours les plus courts
Dans le calendrier romain, les Brumalia constituent l’une des fêtes hivernales les moins documentées de l’Antiquité. Célébrées principalement à Constantinople et dans la partie orientale de l’Empire entre le 6ᵉ et le 10ᵉ siècle, ces festivités nocturnes marquaient la période la plus sombre de l’année et révèlent une organisation sociale où agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités protectrices selon des rituels distincts.
Une fête à géométrie variable
Le terme Brumalia dérive du latin bruma, qui signifie «le jour le plus court» ou «solstice d’hiver», lui-même contraction de brevima, forme superlative archaïque de brevis («bref»). À Rome existait une fête mineure appelée Bruma, célébrée le 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), date attestée par les calendriers de Silvius et de Philocalus aux 4ᵉ et 5ᵉ siècles. Cette célébration romaine limitée s’est transformée à Constantinople en un cycle festif étendu, les Brumalia, qui se prolongeait jusqu’aux auxiphôtia, la «fête de la croissance des jours», c’est-à-dire le moment où les jours recommencent à s’allonger après le solstice d’hiver, autour du 21-25 décembre.
Les premières mentions littéraires des Brumalia apparaissent au 4ᵉ siècle, mais nos sources principales datent du 6ᵉ siècle. Les auteurs byzantins Jean Malalas et Jean le Lydien attribuaient l’origine de ces fêtes à Romulus lui-même, fondateur légendaire de Rome, dans une rhétorique apologétique destinée à contrer la désapprobation de l’Église chrétienne. Cette étiologie est aujourd’hui reconnue comme une construction tardive visant à légitimer des pratiques païennes menacées. En réalité, les Brumalia byzantines résultent de la fusion de trois éléments distincts: la Bruma romaine du 24 novembre, les Saturnales qui débutaient le 17 décembre, et les rites agraires de Dionysos et Déméter célébrés durant cette période.
Trois groupes, trois rituels
Jean le Lydien, fonctionnaire impérial écrivant sous Justinien au 6ᵉ siècle, livre dans son traité Des mois la description la plus détaillée des pratiques liées aux Brumalia. Il explique que «c’était la coutume chez les Romains de répartir leurs citoyens en trois et de distinguer ceux qui étaient faits pour les armes, ceux qui l’étaient pour l’agriculture, ceux qui l’étaient pour la chasse»1. La saison hivernale mettait fin à toutes ces activités «en raison du froid de la saison et de la brièveté du jour». Durant cette période de repos forcé, chaque groupe social honorait ses divinités protectrices:
Les agriculteurs sacrifiaient des porcs à Cronos (Saturne), dieu du temps et de l’agriculture, et à Déméter (Cérès), déesse des moissons. Jean le Lydien note que cette pratique «s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui», témoignant de la permanence de l’abattage rituel des cochons en décembre, coutume qui a traversé les siècles dans de nombreuses régions d’Europe.
Les vignerons accomplissaient un rituel plus spectaculaire en l’honneur de Dionysos (Bacchus): «Les vignerons abattaient des boucs en l’honneur de Dionysos, car le bouc est l’ennemi de la vigne et pour cette raison on le sacrifiait à Dionysos, et, après leur avoir enlevé la peau et avoir rempli ces peaux avec de l’air, ils sautaient par-dessus»2. Cette pratique ludique, connue sous le nom d’ascolia, évoquait la vitalité dionysiaque et la victoire symbolique sur les ennemis de la vigne. Le rite rappelle étrangement les Petites Dionysies athéniennes, où l’on pratiquait également le saut sur les outres gonflées.
Les citadins et magistrats offraient aux prêtres de la Mère (probablement Cybèle, la Magna Mater) les prémices des récoltes: vin, huile d’olive, blé, miel et «toutes les productions des arbres qui se gardent et qu’on conserve». Ils confectionnaient également des pains sans eau. Jean le Lydien précise que «cette habitude s’est maintenue encore aujourd’hui et, en novembre et en décembre, jusqu’à la fête de la croissance des jours, on porte ces offrandes aux prêtres».
Nuits, divinités infernales et vœux de longévité
Les Brumalia possédaient un caractère chthonien fondamental, lié aux divinités infernales et au cycle des semences enfouies dans la terre. Jean le Lydien l’explique ainsi: «Elles ont lieu pendant la nuit, parce que c’est dans l’obscurité que se trouve Cronos, qui fut envoyé au Tartare par Zeus. Ils se réfèrent ainsi au blé à cause du fait qu’il a été semé en terre et n’est plus visible»3. Le grain disparu sous la terre symbolisait cette descente dans le monde souterrain avant la renaissance printanière. L’auteur conclut que «les Brumalia sont réellement des fêtes des divinités infernales».
Durant ces nuits hivernales, les Romains «se saluaient et s’adressaient des vœux mutuels, en disant dans la langue de leurs pères « vives annos », c’est-à-dire « vis des années »»4. Ces paroles de longévité résonnaient dans l’obscurité de la saison la plus sombre, affirmant la vie face au froid et à la nuit. Les festivités comportaient également des banquets, des libations de vin et une atmosphère de convivialité collective qui contrastait avec l’austérité de l’hiver.
Une pratique plus tardive, apparue au tournant des 5ᵉ et 6ᵉ siècles sous le règne de l’empereur Anastase (491-518), consistait à organiser les invitations selon l’ordre alphabétique grec: chacun des vingt-quatre jours de la période festive était assigné à une lettre, et l’on conviait à sa table les personnes dont le nom commençait par cette lettre. Jean le Lydien précise toutefois que «la coutume de se saluer selon les noms au moment des Brumalia est en réalité quelque chose d’assez récent», distinguant clairement cette innovation tardive des pratiques rituelles plus anciennes.
Résistance et disparition
Au 6ᵉ siècle, l’empereur Justinien menait une répression officielle du paganisme dans tout l’Empire byzantin. Malgré cette politique hostile, les Brumalia continuaient d’être célébrées, bien que les participants fussent ostracisés par l’Église. Jean le Lydien rapporte d’ailleurs que «depuis que l’Église dissuade d’y participer, on les appelle fêtes de Cronos», c’est-à-dire Saturnales, assimilant ainsi deux célébrations distinctes pour mieux les condamner ensemble.
Le Canon 62 du Concile in Trullo de 692 condamne explicitement certains rites dionysiaques qui persistaient à cette époque. Les auteurs byzantins des 12ᵉ siècle, Balsamon, Tzétzès et Zonaras, confirment que les Brumalia étaient perçues comme une fête de Dionysos, Broumos étant considéré comme une épithète de ce dieu. Au 8ᵉ siècle encore, l’empereur Constantin V Copronyme honorait Dionysos et Broumos comme créateurs du grain et du vin durant ces festivités.
Les dernières attestations des Brumalia datent du 10ᵉ siècle. L’empereur Constantin VII Porphyrogénète mentionne que ses prédécesseurs Constantin Iᵉʳ, Théodose Iᵉʳ, Marcien et Léon Iᵉʳ célébraient les Brumalia, sans toutefois préciser la forme exacte que prenait la fête sous ces règnes. Le poète Christophe de Mytilène, au 10ᵉ siècle, évoque dans un poème des gâteaux reçus «au temps des Brumalia». Aucune source ne mentionne plus la fête après le sac de Constantinople par la Quatrième Croisade en 1204, événement qui marqua probablement la fin définitive de cette tradition millénaire.
L’abattage des cochons en décembre, les festivités nocturnes de fin d’année, les échanges de vœux et l’esprit de convivialité durant la période la plus sombre de l’année constituent autant de pratiques qui ont survécu aux Brumalia elles-mêmes, intégrées dans les coutumes populaires méditerranéennes et dans les célébrations chrétiennes de l’hiver.
Sources antiques
- Jean le Lydien, Des mois (De Mensibus), 4, 158 (6ᵉ siècle)
- Jean Malalas, Chronographie, 7, 7 (6ᵉ siècle)
- Constantin VII Porphyrogénète, De Ceremoniis (10ᵉ siècle)
- Christophe de Mytilène, Poèmes, 115 (10ᵉ siècle)
Bibliographie moderne
- John Raymond Crawford, De Bruma et Brumalibus Festis, Harvard University, publié dans Byzantinischer Zeitschrift 23, 1914, p. 365-396
- Dominique Briquel, «Appendice 2. Présentation des Brumalia chez Jean le Lydien», dans Romulus vu de Constantinople, Presses Universitaires de Franche-Comté, p. 377-378
- Fritz Graf, Roman Festivals in the Greek East From the Early Empire to the Middle Byzantine Era, Cambridge University Press, 2015, p. 201-218
- Françoise Perpillou-Thomas, «Les Brumalia d’Apion II», Tyche – Beiträge zur Alten Geschichte, Papyrologie und Epigraphik 8, 1993, p. 107-115
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔθος ἦν τοῖς Ῥωμαίοις εἰς τρία διατάττειν αὐτῶν τὴν πολιτείαν καὶ τοὺς μὲν ἐπιτηδείους τοῖς ὅπλοις ἀφορίζειν, τοὺς δὲ τῇ γεωργίᾳ, τοὺς δὲ τοῖς κυνηγεσίοις.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔσφαζον δὲ οἱ ἀμπελουργοὶ τράγους εἰς τιμὴν τοῦ Διονύσου (ὁ γὰρ τράγος πολέμιος τῆς ἀμπέλου) καὶ ἐκδέροντες αὐτοὺς τοὺς ἀσκοὺς πληροῦντες πνεύματος ἐφήλλοντο αὐτοῖς.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἐν νύκτι δὲ γίνονται, ὅτι ἐν σκότει ἐστὶν ὁ Κρόνος ὧς ταρταρωθεὶς ὑπὸ τοῦ Διός, αἰνίττονται δὲ τὸν σῖτον ἀπὸ τοῦ ἐν τῇ γῇ σπαρῆναι καὶ τὸν λοιπὸν μὴ φαινομένου.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἀργοῦντες οὖν τὸν τηνικάδε οἱ Ῥωμαῖοι μέχρι τῶν αὐξιφωτίων ἐπὶ τῶν νυκτῶν χαιρετίζοντες ἐπευφήμουν ἀλλήλους, τῇ πατρίῳ φωνῇ λέγοντες ‘Βίβες ἄννους’ οἷον ‘Ζῆθι εἰς χρόνους’.
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Versione italiana
IN BREVE – Nata a Roma il 24 novembre con il nome di Bruma, la festa si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia. Agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità con sacrifici notturni. Il rito più spettacolare vedeva i viticoltori saltare su otri gonfiati dopo aver immolato capre a Dioniso.
Brumalia: quando Roma e Bisanzio celebravano i giorni più corti
Nel calendario romano, i Brumalia costituiscono una delle feste invernali meno documentate dell’antichità. Celebrate principalmente a Costantinopoli e nella parte orientale dell’Impero tra il VI e il X secolo, queste festività notturne segnavano il periodo più buio dell’anno e rivelano un’organizzazione sociale in cui agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità protettrici secondo rituali distinti.
Una festa a geometria variabile
Il termine Brumalia deriva dal latino bruma, che significa « il giorno più corto » o « solstizio d’inverno », a sua volta contrazione di brevima, forma superlativa arcaica di brevis (« breve »). A Roma esisteva una festa minore chiamata Bruma, celebrata il 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), data attestata dai calendari di Silvio e di Filocalo nei secoli IV e V. Questa celebrazione romana limitata si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia, che si protraeva fino agli auxiphôtia, la « festa della crescita dei giorni », cioè il momento in cui i giorni ricominciano ad allungarsi dopo il solstizio d’inverno, intorno al 21-25 dicembre.
Le prime menzioni letterarie dei Brumalia appaiono nel IV secolo, ma le nostre fonti principali risalgono al VI secolo. Gli autori bizantini Giovanni Malala e Giovanni Lido attribuivano l’origine di queste feste a Romolo stesso, fondatore leggendario di Roma, in una retorica apologetica destinata a contrastare la disapprovazione della Chiesa cristiana. Questa eziologia è oggi riconosciuta come una costruzione tardiva volta a legittimare pratiche pagane minacciate. In realtà, i Brumalia bizantini risultano dalla fusione di tre elementi distinti: la Bruma romana del 24 novembre, i Saturnali che iniziavano il 17 dicembre, e i riti agrari di Dioniso e Demetra celebrati durante questo periodo.
Tre gruppi, tre rituali
Giovanni Lido, funzionario imperiale che scriveva sotto Giustiniano nel VI secolo, offre nel suo trattato Sui mesi la descrizione più dettagliata delle pratiche legate ai Brumalia. Egli spiega che « era costume dei Romani dividere i loro cittadini in tre e distinguere quelli adatti alle armi, quelli all’agricoltura, quelli alla caccia »1. La stagione invernale poneva fine a tutte queste attività « a causa del freddo della stagione e della brevità del giorno ». Durante questo periodo di riposo forzato, ogni gruppo sociale onorava le proprie divinità protettrici:
Gli agricoltori sacrificavano maiali a Crono (Saturno), dio del tempo e dell’agricoltura, e a Demetra (Cerere), dea delle messi. Giovanni Lido nota che questa pratica « si è mantenuta fino ad oggi », testimoniando la permanenza della macellazione rituale dei maiali a dicembre, consuetudine che ha attraversato i secoli in numerose regioni d’Europa.
I viticoltori compivano un rituale più spettacolare in onore di Dioniso (Bacco): « I viticoltori abbattevano capre in onore di Dioniso, perché la capra è nemica della vite e per questa ragione la si sacrificava a Dioniso, e, dopo aver tolto loro la pelle e aver riempito queste pelli d’aria, vi saltavano sopra »2. Questa pratica ludica, nota con il nome di ascolia, evocava la vitalità dionisiaca e la vittoria simbolica sui nemici della vite. Il rito ricorda stranamente le Piccole Dionisie ateniesi, dove si praticava ugualmente il salto sugli otri gonfiati.
I cittadini e i magistrati offrivano ai sacerdoti della Madre (probabilmente Cibele, la Magna Mater) le primizie dei raccolti: vino, olio d’oliva, grano, miele e « tutte le produzioni degli alberi che si conservano e si mantengono ». Confezionavano anche pani senza acqua. Giovanni Lido precisa che « questa abitudine si è mantenuta ancora oggi e, in novembre e dicembre, fino alla festa della crescita dei giorni, si portano queste offerte ai sacerdoti ».
Notti, divinità infernali e voti di longevità
I Brumalia possedevano un carattere ctonio fondamentale, legato alle divinità infernali e al ciclo dei semi sepolti nella terra. Giovanni Lido lo spiega così: « Si svolgono di notte, perché è nell’oscurità che si trova Crono, che fu mandato nel Tartaro da Zeus. Si riferiscono così al grano a causa del fatto che è stato seminato nella terra e non è più visibile »3. Il grano scomparso sotto la terra simboleggiava questa discesa nel mondo sotterraneo prima della rinascita primaverile. L’autore conclude che « i Brumalia sono realmente feste delle divinità infernali ».
Durante queste notti invernali, i Romani « si salutavano e si rivolgevano voti reciproci, dicendo nella lingua dei loro padri ‘vives annos’, cioè ‘vivi per anni' »4. Queste parole di longevità risuonavano nell’oscurità della stagione più buia, affermando la vita di fronte al freddo e alla notte. Le festività comportavano anche banchetti, libagioni di vino e un’atmosfera di convivialità collettiva che contrastava con l’austerità dell’inverno.
Una pratica più tardiva, apparsa tra il V e il VI secolo sotto il regno dell’imperatore Anastasio (491-518), consisteva nell’organizzare gli inviti secondo l’ordine alfabetico greco: ciascuno dei ventiquattro giorni del periodo festivo era assegnato a una lettera, e si invitava alla propria tavola le persone il cui nome iniziava con quella lettera. Giovanni Lido precisa tuttavia che « l’usanza di salutarsi secondo i nomi al momento dei Brumalia è in realtà qualcosa di abbastanza recente », distinguendo chiaramente questa innovazione tardiva dalle pratiche rituali più antiche.
Resistenza e scomparsa
Nel VI secolo, l’imperatore Giustiniano conduceva una repressione ufficiale del paganesimo in tutto l’Impero bizantino. Nonostante questa politica ostile, i Brumalia continuavano a essere celebrati, sebbene i partecipanti fossero ostracizzati dalla Chiesa. Giovanni Lido riferisce del resto che « da quando la Chiesa dissuade dal parteciparvi, li chiamano feste di Crono », cioè Saturnali, assimilando così due celebrazioni distinte per meglio condannarle insieme.
Il Canone 62 del Concilio in Trullo del 692 condanna esplicitamente certi riti dionisiaci che persistevano a quell’epoca. Gli autori bizantini del XII secolo, Balsamone, Tzetze e Zonara, confermano che i Brumalia erano percepiti come una festa di Dioniso, Broumos essendo considerato un epiteto di questo dio. Ancora nell’VIII secolo, l’imperatore Costantino V Copronimo onorava Dioniso e Broumos come creatori del grano e del vino durante queste festività.
Le ultime attestazioni dei Brumalia risalgono al X secolo. L’imperatore Costantino VII Porfirogenito menziona che i suoi predecessori Costantino I, Teodosio I, Marciano e Leone I celebravano i Brumalia, senza tuttavia precisare la forma esatta che assumeva la festa sotto questi regni. Il poeta Cristoforo di Mitilene, nel X secolo, evoca in una poesia dolci ricevuti « al tempo dei Brumalia ». Nessuna fonte menziona più la festa dopo il saccheggio di Costantinopoli da parte della Quarta Crociata nel 1204, evento che segnò probabilmente la fine definitiva di questa tradizione millenaria.
La macellazione dei maiali a dicembre, le festività notturne di fine anno, gli scambi di voti e lo spirito di convivialità durante il periodo più buio dell’anno costituiscono altrettante pratiche che sono sopravvissute ai Brumalia stessi, integrate nelle consuetudini popolari mediterranee e nelle celebrazioni cristiane dell’inverno.
Per le note e le fonti, consultare la versione francese.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF – Born in Rome on November 24th under the name Bruma, the festival transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia. Farmers, vine-growers, and city dwellers honored their deities through nocturnal sacrifices. The most spectacular rite saw vine-growers jumping over inflated wineskins after immolating goats to Dionysus.
Brumalia: when Rome and Byzantium celebrated the shortest days
In the Roman calendar, the Brumalia constitute one of the least documented winter festivals of antiquity. Celebrated primarily in Constantinople and the eastern part of the Empire between the 6th and 10th centuries, these nocturnal festivities marked the darkest period of the year and reveal a social organization in which farmers, vine-growers, and city dwellers honored their protective deities according to distinct rituals.
A festival with variable geometry
The term Brumalia derives from the Latin bruma, which means « the shortest day » or « winter solstice, » itself a contraction of brevima, an archaic superlative form of brevis (« brief »). In Rome there existed a minor festival called Bruma, celebrated on November 24th (ante diem octavum Kalendas Decembres), a date attested by the calendars of Silvius and Philocalus in the 4th and 5th centuries. This limited Roman celebration transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia, which continued until the auxiphôtia, the « festival of the growing days, » that is, the moment when days begin to lengthen again after the winter solstice, around December 21-25.
The first literary mentions of the Brumalia appear in the 4th century, but our principal sources date from the 6th century. The Byzantine authors John Malalas and John the Lydian attributed the origin of these festivals to Romulus himself, legendary founder of Rome, in an apologetic rhetoric intended to counter the disapproval of the Christian Church. This etiology is now recognized as a late construction aimed at legitimizing threatened pagan practices. In reality, the Byzantine Brumalia resulted from the fusion of three distinct elements: the Roman Bruma of November 24th, the Saturnalia which began on December 17th, and the agrarian rites of Dionysus and Demeter celebrated during this period.
Three groups, three rituals
John the Lydian, an imperial functionary writing under Justinian in the 6th century, provides in his treatise On the Months the most detailed description of the practices linked to the Brumalia. He explains that « it was the custom among the Romans to divide their citizens into three and to distinguish those suited for arms, those for agriculture, those for hunting »1. The winter season brought all these activities to an end « because of the cold of the season and the brevity of the day. » During this period of enforced rest, each social group honored its protective deities:
The farmers sacrificed pigs to Cronus (Saturn), god of time and agriculture, and to Demeter (Ceres), goddess of harvests. John the Lydian notes that this practice « has been maintained until today, » testifying to the permanence of the ritual slaughter of pigs in December, a custom that has endured through the centuries in many regions of Europe.
The vine-growers performed a more spectacular ritual in honor of Dionysus (Bacchus): « The vine-growers slaughtered goats in honor of Dionysus, because the goat is the enemy of the vine and for this reason it was sacrificed to Dionysus, and, after having removed their skin and filled these skins with air, they jumped over them »2. This playful practice, known by the name of ascolia, evoked Dionysian vitality and the symbolic victory over the enemies of the vine. The rite strangely recalls the Athenian Lesser Dionysia, where jumping on inflated wineskins was also practiced.
The city dwellers and magistrates offered to the priests of the Mother (probably Cybele, the Magna Mater) the firstfruits of the harvests: wine, olive oil, wheat, honey, and « all the productions of trees that are kept and preserved. » They also made breads without water. John the Lydian specifies that « this custom has been maintained even now and, in November and December, until the festival of the growing days, these offerings are brought to the priests. »
Nights, infernal deities, and vows of longevity
The Brumalia possessed a fundamental chthonic character, linked to the infernal deities and the cycle of seeds buried in the earth. John the Lydian explains it thus: « They take place at night, because it is in darkness that Cronus is found, who was sent to Tartarus by Zeus. They thus refer to the wheat because it has been sown in the earth and is no longer visible »3. The grain disappeared beneath the earth symbolized this descent into the underworld before the spring rebirth. The author concludes that « the Brumalia are truly festivals of the infernal deities. »
During these winter nights, the Romans « greeted each other and addressed mutual vows, saying in the language of their fathers ‘vives annos’, that is ‘live for years' »4. These words of longevity resounded in the darkness of the darkest season, affirming life in the face of cold and night. The festivities also included banquets, wine libations, and an atmosphere of collective conviviality that contrasted with the austerity of winter.
A later practice, which appeared at the turn of the 5th and 6th centuries under the reign of Emperor Anastasius (491-518), consisted of organizing invitations according to the Greek alphabetical order: each of the twenty-four days of the festive period was assigned a letter, and one invited to one’s table people whose name began with that letter. John the Lydian specifies, however, that « the custom of greeting according to names at the time of the Brumalia is in reality something quite recent, » clearly distinguishing this late innovation from the more ancient ritual practices.
Resistance and disappearance
In the 6th century, Emperor Justinian was conducting an official repression of paganism throughout the Byzantine Empire. Despite this hostile policy, the Brumalia continued to be celebrated, although participants were ostracized by the Church. John the Lydian moreover reports that « since the Church dissuades from participating in them, they call them festivals of Cronus, » that is, Saturnalia, thus assimilating two distinct celebrations in order to better condemn them together.
Canon 62 of the Council in Trullo of 692 explicitly condemns certain Dionysian rites that persisted at that time. The Byzantine authors of the 12th century, Balsamon, Tzetzes, and Zonaras, confirm that the Brumalia were perceived as a festival of Dionysus, Broumos being considered an epithet of this god. Even in the 8th century, Emperor Constantine V Copronymus honored Dionysus and Broumos as creators of grain and wine during these festivities.
The last attestations of the Brumalia date from the 10th century. Emperor Constantine VII Porphyrogenitus mentions that his predecessors Constantine I, Theodosius I, Marcian, and Leo I celebrated the Brumalia, without however specifying the exact form the festival took under these reigns. The poet Christopher of Mytilene, in the 10th century, evokes in a poem cakes received « at the time of the Brumalia. » No source mentions the festival again after the sack of Constantinople by the Fourth Crusade in 1204, an event that probably marked the definitive end of this millennial tradition.
The slaughter of pigs in December, the nocturnal festivities at year’s end, the exchange of vows, and the spirit of conviviality during the darkest period of the year constitute practices that survived the Brumalia themselves, integrated into Mediterranean popular customs and into Christian winter celebrations.
For notes and sources, see the French version.
Dates
Novembre 24, 2026 - décembre 21, 2026 (Toute la journée)
décembre
202624novToute la journée21décBrumalia
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres - Ante diem duodecimum Kalendas Januarias
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres – Ante diem duodecimum Kalendas Januarias

EN BREF – Née à Rome le 24 novembre sous le nom de Bruma, la fête s’est transformée à Constantinople en cycle festif étendu, les Brumalia. Agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités par des sacrifices nocturnes. Le rite spectaculaire voyait les vignerons sauter sur des outres gonflées après avoir immolé des boucs à Dionysos.
Brumalia: quand Rome et Byzance célébraient les jours les plus courts
Dans le calendrier romain, les Brumalia constituent l’une des fêtes hivernales les moins documentées de l’Antiquité. Célébrées principalement à Constantinople et dans la partie orientale de l’Empire entre le 6ᵉ et le 10ᵉ siècle, ces festivités nocturnes marquaient la période la plus sombre de l’année et révèlent une organisation sociale où agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités protectrices selon des rituels distincts.
Une fête à géométrie variable
Le terme Brumalia dérive du latin bruma, qui signifie «le jour le plus court» ou «solstice d’hiver», lui-même contraction de brevima, forme superlative archaïque de brevis («bref»). À Rome existait une fête mineure appelée Bruma, célébrée le 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), date attestée par les calendriers de Silvius et de Philocalus aux 4ᵉ et 5ᵉ siècles. Cette célébration romaine limitée s’est transformée à Constantinople en un cycle festif étendu, les Brumalia, qui se prolongeait jusqu’aux auxiphôtia, la «fête de la croissance des jours», c’est-à-dire le moment où les jours recommencent à s’allonger après le solstice d’hiver, autour du 21-25 décembre.
Les premières mentions littéraires des Brumalia apparaissent au 4ᵉ siècle, mais nos sources principales datent du 6ᵉ siècle. Les auteurs byzantins Jean Malalas et Jean le Lydien attribuaient l’origine de ces fêtes à Romulus lui-même, fondateur légendaire de Rome, dans une rhétorique apologétique destinée à contrer la désapprobation de l’Église chrétienne. Cette étiologie est aujourd’hui reconnue comme une construction tardive visant à légitimer des pratiques païennes menacées. En réalité, les Brumalia byzantines résultent de la fusion de trois éléments distincts: la Bruma romaine du 24 novembre, les Saturnales qui débutaient le 17 décembre, et les rites agraires de Dionysos et Déméter célébrés durant cette période.
Trois groupes, trois rituels
Jean le Lydien, fonctionnaire impérial écrivant sous Justinien au 6ᵉ siècle, livre dans son traité Des mois la description la plus détaillée des pratiques liées aux Brumalia. Il explique que «c’était la coutume chez les Romains de répartir leurs citoyens en trois et de distinguer ceux qui étaient faits pour les armes, ceux qui l’étaient pour l’agriculture, ceux qui l’étaient pour la chasse»1. La saison hivernale mettait fin à toutes ces activités «en raison du froid de la saison et de la brièveté du jour». Durant cette période de repos forcé, chaque groupe social honorait ses divinités protectrices:
Les agriculteurs sacrifiaient des porcs à Cronos (Saturne), dieu du temps et de l’agriculture, et à Déméter (Cérès), déesse des moissons. Jean le Lydien note que cette pratique «s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui», témoignant de la permanence de l’abattage rituel des cochons en décembre, coutume qui a traversé les siècles dans de nombreuses régions d’Europe.
Les vignerons accomplissaient un rituel plus spectaculaire en l’honneur de Dionysos (Bacchus): «Les vignerons abattaient des boucs en l’honneur de Dionysos, car le bouc est l’ennemi de la vigne et pour cette raison on le sacrifiait à Dionysos, et, après leur avoir enlevé la peau et avoir rempli ces peaux avec de l’air, ils sautaient par-dessus»2. Cette pratique ludique, connue sous le nom d’ascolia, évoquait la vitalité dionysiaque et la victoire symbolique sur les ennemis de la vigne. Le rite rappelle étrangement les Petites Dionysies athéniennes, où l’on pratiquait également le saut sur les outres gonflées.
Les citadins et magistrats offraient aux prêtres de la Mère (probablement Cybèle, la Magna Mater) les prémices des récoltes: vin, huile d’olive, blé, miel et «toutes les productions des arbres qui se gardent et qu’on conserve». Ils confectionnaient également des pains sans eau. Jean le Lydien précise que «cette habitude s’est maintenue encore aujourd’hui et, en novembre et en décembre, jusqu’à la fête de la croissance des jours, on porte ces offrandes aux prêtres».
Nuits, divinités infernales et vœux de longévité
Les Brumalia possédaient un caractère chthonien fondamental, lié aux divinités infernales et au cycle des semences enfouies dans la terre. Jean le Lydien l’explique ainsi: «Elles ont lieu pendant la nuit, parce que c’est dans l’obscurité que se trouve Cronos, qui fut envoyé au Tartare par Zeus. Ils se réfèrent ainsi au blé à cause du fait qu’il a été semé en terre et n’est plus visible»3. Le grain disparu sous la terre symbolisait cette descente dans le monde souterrain avant la renaissance printanière. L’auteur conclut que «les Brumalia sont réellement des fêtes des divinités infernales».
Durant ces nuits hivernales, les Romains «se saluaient et s’adressaient des vœux mutuels, en disant dans la langue de leurs pères « vives annos », c’est-à-dire « vis des années »»4. Ces paroles de longévité résonnaient dans l’obscurité de la saison la plus sombre, affirmant la vie face au froid et à la nuit. Les festivités comportaient également des banquets, des libations de vin et une atmosphère de convivialité collective qui contrastait avec l’austérité de l’hiver.
Une pratique plus tardive, apparue au tournant des 5ᵉ et 6ᵉ siècles sous le règne de l’empereur Anastase (491-518), consistait à organiser les invitations selon l’ordre alphabétique grec: chacun des vingt-quatre jours de la période festive était assigné à une lettre, et l’on conviait à sa table les personnes dont le nom commençait par cette lettre. Jean le Lydien précise toutefois que «la coutume de se saluer selon les noms au moment des Brumalia est en réalité quelque chose d’assez récent», distinguant clairement cette innovation tardive des pratiques rituelles plus anciennes.
Résistance et disparition
Au 6ᵉ siècle, l’empereur Justinien menait une répression officielle du paganisme dans tout l’Empire byzantin. Malgré cette politique hostile, les Brumalia continuaient d’être célébrées, bien que les participants fussent ostracisés par l’Église. Jean le Lydien rapporte d’ailleurs que «depuis que l’Église dissuade d’y participer, on les appelle fêtes de Cronos», c’est-à-dire Saturnales, assimilant ainsi deux célébrations distinctes pour mieux les condamner ensemble.
Le Canon 62 du Concile in Trullo de 692 condamne explicitement certains rites dionysiaques qui persistaient à cette époque. Les auteurs byzantins des 12ᵉ siècle, Balsamon, Tzétzès et Zonaras, confirment que les Brumalia étaient perçues comme une fête de Dionysos, Broumos étant considéré comme une épithète de ce dieu. Au 8ᵉ siècle encore, l’empereur Constantin V Copronyme honorait Dionysos et Broumos comme créateurs du grain et du vin durant ces festivités.
Les dernières attestations des Brumalia datent du 10ᵉ siècle. L’empereur Constantin VII Porphyrogénète mentionne que ses prédécesseurs Constantin Iᵉʳ, Théodose Iᵉʳ, Marcien et Léon Iᵉʳ célébraient les Brumalia, sans toutefois préciser la forme exacte que prenait la fête sous ces règnes. Le poète Christophe de Mytilène, au 10ᵉ siècle, évoque dans un poème des gâteaux reçus «au temps des Brumalia». Aucune source ne mentionne plus la fête après le sac de Constantinople par la Quatrième Croisade en 1204, événement qui marqua probablement la fin définitive de cette tradition millénaire.
L’abattage des cochons en décembre, les festivités nocturnes de fin d’année, les échanges de vœux et l’esprit de convivialité durant la période la plus sombre de l’année constituent autant de pratiques qui ont survécu aux Brumalia elles-mêmes, intégrées dans les coutumes populaires méditerranéennes et dans les célébrations chrétiennes de l’hiver.
Sources antiques
- Jean le Lydien, Des mois (De Mensibus), 4, 158 (6ᵉ siècle)
- Jean Malalas, Chronographie, 7, 7 (6ᵉ siècle)
- Constantin VII Porphyrogénète, De Ceremoniis (10ᵉ siècle)
- Christophe de Mytilène, Poèmes, 115 (10ᵉ siècle)
Bibliographie moderne
- John Raymond Crawford, De Bruma et Brumalibus Festis, Harvard University, publié dans Byzantinischer Zeitschrift 23, 1914, p. 365-396
- Dominique Briquel, «Appendice 2. Présentation des Brumalia chez Jean le Lydien», dans Romulus vu de Constantinople, Presses Universitaires de Franche-Comté, p. 377-378
- Fritz Graf, Roman Festivals in the Greek East From the Early Empire to the Middle Byzantine Era, Cambridge University Press, 2015, p. 201-218
- Françoise Perpillou-Thomas, «Les Brumalia d’Apion II», Tyche – Beiträge zur Alten Geschichte, Papyrologie und Epigraphik 8, 1993, p. 107-115
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔθος ἦν τοῖς Ῥωμαίοις εἰς τρία διατάττειν αὐτῶν τὴν πολιτείαν καὶ τοὺς μὲν ἐπιτηδείους τοῖς ὅπλοις ἀφορίζειν, τοὺς δὲ τῇ γεωργίᾳ, τοὺς δὲ τοῖς κυνηγεσίοις.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔσφαζον δὲ οἱ ἀμπελουργοὶ τράγους εἰς τιμὴν τοῦ Διονύσου (ὁ γὰρ τράγος πολέμιος τῆς ἀμπέλου) καὶ ἐκδέροντες αὐτοὺς τοὺς ἀσκοὺς πληροῦντες πνεύματος ἐφήλλοντο αὐτοῖς.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἐν νύκτι δὲ γίνονται, ὅτι ἐν σκότει ἐστὶν ὁ Κρόνος ὧς ταρταρωθεὶς ὑπὸ τοῦ Διός, αἰνίττονται δὲ τὸν σῖτον ἀπὸ τοῦ ἐν τῇ γῇ σπαρῆναι καὶ τὸν λοιπὸν μὴ φαινομένου.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἀργοῦντες οὖν τὸν τηνικάδε οἱ Ῥωμαῖοι μέχρι τῶν αὐξιφωτίων ἐπὶ τῶν νυκτῶν χαιρετίζοντες ἐπευφήμουν ἀλλήλους, τῇ πατρίῳ φωνῇ λέγοντες ‘Βίβες ἄννους’ οἷον ‘Ζῆθι εἰς χρόνους’.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE – Nata a Roma il 24 novembre con il nome di Bruma, la festa si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia. Agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità con sacrifici notturni. Il rito più spettacolare vedeva i viticoltori saltare su otri gonfiati dopo aver immolato capre a Dioniso.
Brumalia: quando Roma e Bisanzio celebravano i giorni più corti
Nel calendario romano, i Brumalia costituiscono una delle feste invernali meno documentate dell’antichità. Celebrate principalmente a Costantinopoli e nella parte orientale dell’Impero tra il VI e il X secolo, queste festività notturne segnavano il periodo più buio dell’anno e rivelano un’organizzazione sociale in cui agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità protettrici secondo rituali distinti.
Una festa a geometria variabile
Il termine Brumalia deriva dal latino bruma, che significa « il giorno più corto » o « solstizio d’inverno », a sua volta contrazione di brevima, forma superlativa arcaica di brevis (« breve »). A Roma esisteva una festa minore chiamata Bruma, celebrata il 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), data attestata dai calendari di Silvio e di Filocalo nei secoli IV e V. Questa celebrazione romana limitata si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia, che si protraeva fino agli auxiphôtia, la « festa della crescita dei giorni », cioè il momento in cui i giorni ricominciano ad allungarsi dopo il solstizio d’inverno, intorno al 21-25 dicembre.
Le prime menzioni letterarie dei Brumalia appaiono nel IV secolo, ma le nostre fonti principali risalgono al VI secolo. Gli autori bizantini Giovanni Malala e Giovanni Lido attribuivano l’origine di queste feste a Romolo stesso, fondatore leggendario di Roma, in una retorica apologetica destinata a contrastare la disapprovazione della Chiesa cristiana. Questa eziologia è oggi riconosciuta come una costruzione tardiva volta a legittimare pratiche pagane minacciate. In realtà, i Brumalia bizantini risultano dalla fusione di tre elementi distinti: la Bruma romana del 24 novembre, i Saturnali che iniziavano il 17 dicembre, e i riti agrari di Dioniso e Demetra celebrati durante questo periodo.
Tre gruppi, tre rituali
Giovanni Lido, funzionario imperiale che scriveva sotto Giustiniano nel VI secolo, offre nel suo trattato Sui mesi la descrizione più dettagliata delle pratiche legate ai Brumalia. Egli spiega che « era costume dei Romani dividere i loro cittadini in tre e distinguere quelli adatti alle armi, quelli all’agricoltura, quelli alla caccia »1. La stagione invernale poneva fine a tutte queste attività « a causa del freddo della stagione e della brevità del giorno ». Durante questo periodo di riposo forzato, ogni gruppo sociale onorava le proprie divinità protettrici:
Gli agricoltori sacrificavano maiali a Crono (Saturno), dio del tempo e dell’agricoltura, e a Demetra (Cerere), dea delle messi. Giovanni Lido nota che questa pratica « si è mantenuta fino ad oggi », testimoniando la permanenza della macellazione rituale dei maiali a dicembre, consuetudine che ha attraversato i secoli in numerose regioni d’Europa.
I viticoltori compivano un rituale più spettacolare in onore di Dioniso (Bacco): « I viticoltori abbattevano capre in onore di Dioniso, perché la capra è nemica della vite e per questa ragione la si sacrificava a Dioniso, e, dopo aver tolto loro la pelle e aver riempito queste pelli d’aria, vi saltavano sopra »2. Questa pratica ludica, nota con il nome di ascolia, evocava la vitalità dionisiaca e la vittoria simbolica sui nemici della vite. Il rito ricorda stranamente le Piccole Dionisie ateniesi, dove si praticava ugualmente il salto sugli otri gonfiati.
I cittadini e i magistrati offrivano ai sacerdoti della Madre (probabilmente Cibele, la Magna Mater) le primizie dei raccolti: vino, olio d’oliva, grano, miele e « tutte le produzioni degli alberi che si conservano e si mantengono ». Confezionavano anche pani senza acqua. Giovanni Lido precisa che « questa abitudine si è mantenuta ancora oggi e, in novembre e dicembre, fino alla festa della crescita dei giorni, si portano queste offerte ai sacerdoti ».
Notti, divinità infernali e voti di longevità
I Brumalia possedevano un carattere ctonio fondamentale, legato alle divinità infernali e al ciclo dei semi sepolti nella terra. Giovanni Lido lo spiega così: « Si svolgono di notte, perché è nell’oscurità che si trova Crono, che fu mandato nel Tartaro da Zeus. Si riferiscono così al grano a causa del fatto che è stato seminato nella terra e non è più visibile »3. Il grano scomparso sotto la terra simboleggiava questa discesa nel mondo sotterraneo prima della rinascita primaverile. L’autore conclude che « i Brumalia sono realmente feste delle divinità infernali ».
Durante queste notti invernali, i Romani « si salutavano e si rivolgevano voti reciproci, dicendo nella lingua dei loro padri ‘vives annos’, cioè ‘vivi per anni' »4. Queste parole di longevità risuonavano nell’oscurità della stagione più buia, affermando la vita di fronte al freddo e alla notte. Le festività comportavano anche banchetti, libagioni di vino e un’atmosfera di convivialità collettiva che contrastava con l’austerità dell’inverno.
Una pratica più tardiva, apparsa tra il V e il VI secolo sotto il regno dell’imperatore Anastasio (491-518), consisteva nell’organizzare gli inviti secondo l’ordine alfabetico greco: ciascuno dei ventiquattro giorni del periodo festivo era assegnato a una lettera, e si invitava alla propria tavola le persone il cui nome iniziava con quella lettera. Giovanni Lido precisa tuttavia che « l’usanza di salutarsi secondo i nomi al momento dei Brumalia è in realtà qualcosa di abbastanza recente », distinguendo chiaramente questa innovazione tardiva dalle pratiche rituali più antiche.
Resistenza e scomparsa
Nel VI secolo, l’imperatore Giustiniano conduceva una repressione ufficiale del paganesimo in tutto l’Impero bizantino. Nonostante questa politica ostile, i Brumalia continuavano a essere celebrati, sebbene i partecipanti fossero ostracizzati dalla Chiesa. Giovanni Lido riferisce del resto che « da quando la Chiesa dissuade dal parteciparvi, li chiamano feste di Crono », cioè Saturnali, assimilando così due celebrazioni distinte per meglio condannarle insieme.
Il Canone 62 del Concilio in Trullo del 692 condanna esplicitamente certi riti dionisiaci che persistevano a quell’epoca. Gli autori bizantini del XII secolo, Balsamone, Tzetze e Zonara, confermano che i Brumalia erano percepiti come una festa di Dioniso, Broumos essendo considerato un epiteto di questo dio. Ancora nell’VIII secolo, l’imperatore Costantino V Copronimo onorava Dioniso e Broumos come creatori del grano e del vino durante queste festività.
Le ultime attestazioni dei Brumalia risalgono al X secolo. L’imperatore Costantino VII Porfirogenito menziona che i suoi predecessori Costantino I, Teodosio I, Marciano e Leone I celebravano i Brumalia, senza tuttavia precisare la forma esatta che assumeva la festa sotto questi regni. Il poeta Cristoforo di Mitilene, nel X secolo, evoca in una poesia dolci ricevuti « al tempo dei Brumalia ». Nessuna fonte menziona più la festa dopo il saccheggio di Costantinopoli da parte della Quarta Crociata nel 1204, evento che segnò probabilmente la fine definitiva di questa tradizione millenaria.
La macellazione dei maiali a dicembre, le festività notturne di fine anno, gli scambi di voti e lo spirito di convivialità durante il periodo più buio dell’anno costituiscono altrettante pratiche che sono sopravvissute ai Brumalia stessi, integrate nelle consuetudini popolari mediterranee e nelle celebrazioni cristiane dell’inverno.
Per le note e le fonti, consultare la versione francese.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF – Born in Rome on November 24th under the name Bruma, the festival transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia. Farmers, vine-growers, and city dwellers honored their deities through nocturnal sacrifices. The most spectacular rite saw vine-growers jumping over inflated wineskins after immolating goats to Dionysus.
Brumalia: when Rome and Byzantium celebrated the shortest days
In the Roman calendar, the Brumalia constitute one of the least documented winter festivals of antiquity. Celebrated primarily in Constantinople and the eastern part of the Empire between the 6th and 10th centuries, these nocturnal festivities marked the darkest period of the year and reveal a social organization in which farmers, vine-growers, and city dwellers honored their protective deities according to distinct rituals.
A festival with variable geometry
The term Brumalia derives from the Latin bruma, which means « the shortest day » or « winter solstice, » itself a contraction of brevima, an archaic superlative form of brevis (« brief »). In Rome there existed a minor festival called Bruma, celebrated on November 24th (ante diem octavum Kalendas Decembres), a date attested by the calendars of Silvius and Philocalus in the 4th and 5th centuries. This limited Roman celebration transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia, which continued until the auxiphôtia, the « festival of the growing days, » that is, the moment when days begin to lengthen again after the winter solstice, around December 21-25.
The first literary mentions of the Brumalia appear in the 4th century, but our principal sources date from the 6th century. The Byzantine authors John Malalas and John the Lydian attributed the origin of these festivals to Romulus himself, legendary founder of Rome, in an apologetic rhetoric intended to counter the disapproval of the Christian Church. This etiology is now recognized as a late construction aimed at legitimizing threatened pagan practices. In reality, the Byzantine Brumalia resulted from the fusion of three distinct elements: the Roman Bruma of November 24th, the Saturnalia which began on December 17th, and the agrarian rites of Dionysus and Demeter celebrated during this period.
Three groups, three rituals
John the Lydian, an imperial functionary writing under Justinian in the 6th century, provides in his treatise On the Months the most detailed description of the practices linked to the Brumalia. He explains that « it was the custom among the Romans to divide their citizens into three and to distinguish those suited for arms, those for agriculture, those for hunting »1. The winter season brought all these activities to an end « because of the cold of the season and the brevity of the day. » During this period of enforced rest, each social group honored its protective deities:
The farmers sacrificed pigs to Cronus (Saturn), god of time and agriculture, and to Demeter (Ceres), goddess of harvests. John the Lydian notes that this practice « has been maintained until today, » testifying to the permanence of the ritual slaughter of pigs in December, a custom that has endured through the centuries in many regions of Europe.
The vine-growers performed a more spectacular ritual in honor of Dionysus (Bacchus): « The vine-growers slaughtered goats in honor of Dionysus, because the goat is the enemy of the vine and for this reason it was sacrificed to Dionysus, and, after having removed their skin and filled these skins with air, they jumped over them »2. This playful practice, known by the name of ascolia, evoked Dionysian vitality and the symbolic victory over the enemies of the vine. The rite strangely recalls the Athenian Lesser Dionysia, where jumping on inflated wineskins was also practiced.
The city dwellers and magistrates offered to the priests of the Mother (probably Cybele, the Magna Mater) the firstfruits of the harvests: wine, olive oil, wheat, honey, and « all the productions of trees that are kept and preserved. » They also made breads without water. John the Lydian specifies that « this custom has been maintained even now and, in November and December, until the festival of the growing days, these offerings are brought to the priests. »
Nights, infernal deities, and vows of longevity
The Brumalia possessed a fundamental chthonic character, linked to the infernal deities and the cycle of seeds buried in the earth. John the Lydian explains it thus: « They take place at night, because it is in darkness that Cronus is found, who was sent to Tartarus by Zeus. They thus refer to the wheat because it has been sown in the earth and is no longer visible »3. The grain disappeared beneath the earth symbolized this descent into the underworld before the spring rebirth. The author concludes that « the Brumalia are truly festivals of the infernal deities. »
During these winter nights, the Romans « greeted each other and addressed mutual vows, saying in the language of their fathers ‘vives annos’, that is ‘live for years' »4. These words of longevity resounded in the darkness of the darkest season, affirming life in the face of cold and night. The festivities also included banquets, wine libations, and an atmosphere of collective conviviality that contrasted with the austerity of winter.
A later practice, which appeared at the turn of the 5th and 6th centuries under the reign of Emperor Anastasius (491-518), consisted of organizing invitations according to the Greek alphabetical order: each of the twenty-four days of the festive period was assigned a letter, and one invited to one’s table people whose name began with that letter. John the Lydian specifies, however, that « the custom of greeting according to names at the time of the Brumalia is in reality something quite recent, » clearly distinguishing this late innovation from the more ancient ritual practices.
Resistance and disappearance
In the 6th century, Emperor Justinian was conducting an official repression of paganism throughout the Byzantine Empire. Despite this hostile policy, the Brumalia continued to be celebrated, although participants were ostracized by the Church. John the Lydian moreover reports that « since the Church dissuades from participating in them, they call them festivals of Cronus, » that is, Saturnalia, thus assimilating two distinct celebrations in order to better condemn them together.
Canon 62 of the Council in Trullo of 692 explicitly condemns certain Dionysian rites that persisted at that time. The Byzantine authors of the 12th century, Balsamon, Tzetzes, and Zonaras, confirm that the Brumalia were perceived as a festival of Dionysus, Broumos being considered an epithet of this god. Even in the 8th century, Emperor Constantine V Copronymus honored Dionysus and Broumos as creators of grain and wine during these festivities.
The last attestations of the Brumalia date from the 10th century. Emperor Constantine VII Porphyrogenitus mentions that his predecessors Constantine I, Theodosius I, Marcian, and Leo I celebrated the Brumalia, without however specifying the exact form the festival took under these reigns. The poet Christopher of Mytilene, in the 10th century, evokes in a poem cakes received « at the time of the Brumalia. » No source mentions the festival again after the sack of Constantinople by the Fourth Crusade in 1204, an event that probably marked the definitive end of this millennial tradition.
The slaughter of pigs in December, the nocturnal festivities at year’s end, the exchange of vows, and the spirit of conviviality during the darkest period of the year constitute practices that survived the Brumalia themselves, integrated into Mediterranean popular customs and into Christian winter celebrations.
For notes and sources, see the French version.
Dates
Novembre 24, 2026 - décembre 21, 2026 (Toute la journée)
202603décToute la journée04Bona Dea
Description
Ante diem tertium Nonas Decembres
Description
Ante diem tertium Nonas Decembres

EN BREF. Divinité au culte secret réservé aux femmes, Bona Dea était honorée lors de deux fêtes mêlant sacrifice, banquet nocturne et vin désigné comme « lait ». Protectrice de la santé et de la fertilité, elle fut au centre du scandale de 62 avant notre ère lorsque Clodius s’introduisit déguisé chez César.
Bona Dea: le culte secret des femmes de Rome
Bona Dea, littéralement «Bonne Déesse», occupe une place singulière dans le panthéon romain. Divinité associée à la chasteté, à la fécondité et à la guérison, elle incarne un idéal féminin qui fut au cœur de plusieurs traditions religieuses, publiques comme privées. Son nom véritable était tenu secret, et ne devait pas être prononcé durant les rites. Macrobe souligne la nature particulièrement secrète de ce culte, rappelant que les hommes en étaient rigoureusement exclus.
Certains auteurs antiques identifient Bona Dea à d’autres figures divines. Festus rapporte que certains la nommaient Fauna, fille ou épouse de Faunus; Macrobe donne une version similaire, décrivant une divinité féminine punie pour avoir bu du vin puis divinisée sous le nom de Bona Dea. D’autres traditions l’associent à Ops ou à Terra, illustrant la manière dont les Romains pouvaient regrouper sous un même nom plusieurs aspects d’une même puissance. Il s’agit toutefois de spéculations d’auteurs extérieurs au culte, non d’une doctrine cohérente.
Deux fêtes, deux visages du culte
Bona Dea était honorée à Rome lors de deux grandes célébrations annuelles, attestées par les auteurs anciens:
- Le 1er mai, lors d’un rite public célébré dans son temple de l’Aventin, sanctuaire ancien lié à la protection du peuple romain et à la guérison.
- Au début de décembre, lors d’un rituel nocturne strictement réservé aux femmes et célébré dans la maison d’un magistrat cum imperio (consul ou préteur). Cicéron précise que, pour cette cérémonie, «même les images de mâles étaient voilées ou retirées».
La maîtresse de maison présidait les rites, assistée notamment des Vestales.
Des rites secrets: vin, sacrifice et guérison
Les détails précis des rites demeurent obscurs, mais plusieurs éléments sont rapportés par les auteurs antiques:
- un sacrifice, souvent celui d’une truie, selon Macrobe ;
- des offrandes de vin, alors que la tradition morale romaine associait la consommation de vin à la sphère masculine;
- un banquet nocturne où le vin était appelé «lait», et où la jarre contenant ce vin était nommée mellarium («urne au miel»). Plutarque décrit explicitement cet usage destiné à dissimuler symboliquement le vin aux yeux des participantes.
Dans le temple de l’Aventin, Bona Dea était également associée à la guérison: des herbes médicinales y étaient conservées, et des serpents –considérés bénéfiques– y circulaient librement. On invoquait la déesse pour la santé des femmes, la fertilité et la protection du foyer.
Le scandale de 62 avant notre ère
Le culte de Bona Dea est surtout connu grâce à une affaire politique retentissante. En 62 avant notre ère, Publius Clodius Pulcher s’introduisit secrètement dans la maison de Jules César, où son épouse Pompéia présidait les rites. Plutarque raconte que Clodius, déguisé en femme, espérait approcher Pompéia, mais son intrusion violait un espace rituel absolument interdit aux hommes.
Clodius fut jugé pour sacrilège. Cicéron évoque ce procès, soulignant les pressions et la corruption qui permirent l’acquittement. César, quant à lui, dit ne rien savoir, mais répudia néanmoins Pompéia en invoquant une formule devenue proverbiale rapportée par Suétone: «je veux que les miens soient aussi exempts de soupçon que de crime».
La déesse de la maison, des femmes et de la cité
Bona Dea apparaît ainsi comme une figure complexe: divinité de la chasteté et de la fertilité, protectrice des femmes, mais aussi garante de la santé publique. Les récits antiques eux-mêmes oscillent entre explications morales, traditions initiatiques et mythes contradictoires, reflet d’un culte féminin largement inaccessible aux regards masculins.
Son temple, son iconographie (corne d’abondance, serpent, trône) et les témoignages des rites permettent toutefois d’entrevoir une divinité associée à la guérison, à l’abondance et à la protection du foyer: un pan essentiel de la religion romaine, où certains espaces rituels restaient entre les mains des femmes.
Sources antiques
- Cicéron, De Haruspicum Responsis 37; Lettres à Atticus 1.13; Pro Caelio 34; In Clodium et Curionem (allusions).
- Festus, De verborum significatione, entrée Fauna.
- Macrobe, Saturnales 1.12.
- Ovide, Fastes 5.148-158.
- Plutarque, Vie de César 9-10; Quaestiones Romanae 20.
- Suétone, Vie de César 74.2.
Voir aussi l’article: Un baiser pour détecter l’odeur du vin… la surveillance des femmes romaines
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Divinità dal culto segreto riservato alle donne, Bona Dea era onorata durante due feste che univano sacrificio, banchetto notturno e vino designato come «latte». Protettrice della salute e della fertilità, fu al centro dello scandalo del 62 a.C. quando Clodio si introdusse travestito in casa di Cesare.
Bona Dea: il culto segreto delle donne di Roma
Bona Dea, letteralmente «Buona Dea», occupa un posto singolare nel pantheon romano. Divinità associata alla castità, alla fecondità e alla guarigione, incarna un ideale femminile che fu al centro di diverse tradizioni religiose, pubbliche e private. Il suo nome vero era tenuto segreto e non doveva essere pronunciato durante i riti. Macrobio sottolinea la natura particolarmente segreta di questo culto, ricordando che gli uomini ne erano rigorosamente esclusi.
Alcuni autori antichi identificano Bona Dea con altre figure divine. Festo riferisce che alcuni la chiamavano Fauna, figlia o sposa di Fauno; Macrobio fornisce una versione simile, descrivendo una divinità femminile punita per aver bevuto vino e poi divinizzata con il nome di Bona Dea. Altre tradizioni la associano a Ops o a Terra, illustrando il modo in cui i Romani potevano raggruppare sotto uno stesso nome diversi aspetti di una stessa potenza. Si tratta tuttavia di speculazioni di autori esterni al culto, non di una dottrina coerente.
Due feste, due volti del culto
Bona Dea era onorata a Roma durante due grandi celebrazioni annuali, attestate dagli autori antichi:
- Il 1° maggio, durante un rito pubblico celebrato nel suo tempio sull’Aventino, santuario antico legato alla protezione del popolo romano e alla guarigione.
- All’inizio di dicembre, durante un rituale notturno strettamente riservato alle donne e celebrato nella casa di un magistrato cum imperio (console o pretore). Cicerone precisa che, per questa cerimonia, «persino le immagini dei maschi erano velate o rimosse».
La padrona di casa presiedeva i riti, assistita in particolare dalle Vestali.
Riti segreti: vino, sacrificio e guarigione
I dettagli precisi dei riti rimangono oscuri, ma diversi elementi sono riferiti dagli autori antichi:
- un sacrificio, spesso quello di una scrofa, secondo Macrobio;
- offerte di vino, mentre la tradizione morale romana associava il consumo di vino alla sfera maschile;
- un banchetto notturno in cui il vino era chiamato «latte», e in cui la giara contenente questo vino era denominata mellarium («vaso del miele»). Plutarco descrive esplicitamente questo uso destinato a dissimulare simbolicamente il vino agli occhi delle partecipanti.
Nel tempio dell’Aventino, Bona Dea era anche associata alla guarigione: vi si conservavano erbe medicinali, e serpenti –considerati benefici– vi circolavano liberamente. Si invocava la dea per la salute delle donne, la fertilità e la protezione del focolare.
Lo scandalo del 62 a.C.
Il culto di Bona Dea è soprattutto noto grazie a un’affaire politica clamorosa. Nel 62 a.C., Publio Clodio Pulcro si introdusse segretamente nella casa di Giulio Cesare, dove sua moglie Pompea presiedeva i riti. Plutarco racconta che Clodio, travestito da donna, sperava di avvicinare Pompea, ma la sua intrusione violava uno spazio rituale assolutamente vietato agli uomini.
Clodio fu giudicato per sacrilegio. Cicerone evoca questo processo, sottolineando le pressioni e la corruzione che permisero l’assoluzione. Cesare, dal canto suo, disse di non sapere nulla, ma ripudiò comunque Pompea invocando una formula divenuta proverbiale riportata da Svetonio: «voglio che i miei siano esenti tanto dal sospetto quanto dal crimine».
La dea della casa, delle donne e della città
Bona Dea appare così come una figura complessa: divinità della castità e della fertilità, protettrice delle donne, ma anche garante della salute pubblica. Gli stessi racconti antichi oscillano tra spiegazioni morali, tradizioni iniziatiche e miti contraddittori, riflesso di un culto femminile largamente inaccessibile agli sguardi maschili.
Il suo tempio, la sua iconografia (cornucopia, serpente, trono) e le testimonianze sui riti permettono tuttavia di intravedere una divinità associata alla guarigione, all’abbondanza e alla protezione del focolare: un aspetto essenziale della religione romana, dove certi spazi rituali rimanevano nelle mani delle donne.
Fonti antiche
- Cicerone, De Haruspicum Responsis 37; Lettere ad Attico 1.13; Pro Caelio 34; In Clodium et Curionem (allusioni).
- Festo, De verborum significatione, voce Fauna.
- Macrobio, Saturnales 1.12.
- Ovidio, Fasti 5.148-158.
- Plutarco, Vita di Cesare 9-10; Quaestiones Romanae 20.
- Svetonio, Vita di Cesare 74.2.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. A deity with a secret cult reserved for women, Bona Dea was honored during two festivals combining sacrifice, nocturnal banquet, and wine designated as « milk. » Protector of health and fertility, she was at the center of the scandal of 62 BCE when Clodius entered Caesar’s house in disguise.
Bona Dea: the secret cult of Roman women
Bona Dea, literally « Good Goddess, » occupies a singular place in the Roman pantheon. A deity associated with chastity, fecundity, and healing, she embodies a feminine ideal that was at the heart of several religious traditions, both public and private. Her true name was kept secret and was not to be pronounced during the rites. Macrobius emphasizes the particularly secret nature of this cult, noting that men were rigorously excluded from it.
Some ancient authors identify Bona Dea with other divine figures. Festus reports that some called her Fauna, daughter or wife of Faunus; Macrobius gives a similar version, describing a female deity punished for having drunk wine and then deified under the name Bona Dea. Other traditions associate her with Ops or Terra, illustrating the way Romans could group under a single name several aspects of the same power. These are, however, speculations by authors external to the cult, not a coherent doctrine.
Two festivals, two faces of the cult
Bona Dea was honored in Rome during two major annual celebrations, attested by ancient authors:
- On May 1st, during a public rite celebrated in her temple on the Aventine, an ancient sanctuary linked to the protection of the Roman people and to healing.
- In early December, during a nocturnal ritual strictly reserved for women and celebrated in the house of a magistrate cum imperio (consul or praetor). Cicero specifies that, for this ceremony, « even the images of males were veiled or removed. »
The mistress of the house presided over the rites, assisted notably by the Vestals.
Secret rites: wine, sacrifice, and healing
The precise details of the rites remain obscure, but several elements are reported by ancient authors:
- a sacrifice, often that of a sow, according to Macrobius;
- offerings of wine, whereas Roman moral tradition associated wine consumption with the masculine sphere;
- a nocturnal banquet where wine was called « milk, » and where the jar containing this wine was named mellarium (« honey vessel »). Plutarch explicitly describes this usage intended to symbolically conceal the wine from the participants’ eyes.
In the temple on the Aventine, Bona Dea was also associated with healing: medicinal herbs were kept there, and snakes—considered beneficial—circulated freely. The goddess was invoked for women’s health, fertility, and the protection of the household.
The scandal of 62 BCE
The cult of Bona Dea is primarily known through a resounding political affair. In 62 BCE, Publius Clodius Pulcher secretly entered the house of Julius Caesar, where his wife Pompeia was presiding over the rites. Plutarch recounts that Clodius, disguised as a woman, hoped to approach Pompeia, but his intrusion violated a ritual space absolutely forbidden to men.
Clodius was tried for sacrilege. Cicero discusses this trial, emphasizing the pressure and corruption that allowed the acquittal. Caesar, for his part, said he knew nothing, but nevertheless repudiated Pompeia, invoking a formula that became proverbial, reported by Suetonius: « I wish my family to be as free from suspicion as from crime. »
The goddess of home, women, and the city
Bona Dea thus appears as a complex figure: deity of chastity and fertility, protector of women, but also guarantor of public health. The ancient accounts themselves oscillate between moral explanations, initiatory traditions, and contradictory myths, reflecting a feminine cult largely inaccessible to male eyes.
Her temple, her iconography (cornucopia, snake, throne), and the testimonies about the rites nevertheless allow us to glimpse a deity associated with healing, abundance, and the protection of the household: an essential aspect of Roman religion, where certain ritual spaces remained in the hands of women.
Ancient sources
- Cicero, De Haruspicum Responsis 37; Letters to Atticus 1.13; Pro Caelio 34; In Clodium et Curionem (allusions).
- Festus, De verborum significatione, entry Fauna.
- Macrobius, Saturnalia 1.12.
- Ovid, Fasti 5.148-158.
- Plutarch, Life of Caesar 9-10; Quaestiones Romanae 20.
- Suetonius, Life of Caesar 74.2.
Dates
Décembre 3, 2026 - décembre 4, 2026 (Toute la journée)
202605décToute la journéeFaunalia Rustica
Description
Nonis Decembribus
Description
Nonis Decembribus

EN BREF. Faunus, ancien dieu romain des forêts et des troupeaux, était honoré le 5 décembre lors des Faunalia Rustica : les paysans lui offraient sacrifices et libations pour protéger leur bétail et leurs récoltes. Oracle mystérieux parlant en songes dans les bosquets sacrés, il fut plus tard assimilé à Pan et acquit ses cornes légendaires. Son culte perdura jusqu’au 4e siècle de notre ère.
Faunalia: célébrer le dieu des bois au cœur de l’hiver
Les Faunalia étaient des fêtes religieuses célébrées en l’honneur de Faunus, le dieu romain des bois, des champs et des créatures sauvages. Divinité rustique et pastorale, Faunus était perçu comme le protecteur des troupeaux, des agriculteurs, et plus largement des campagnes. Les Faunalia, souvent fêtées en milieu rural, constituaient un moment important pour les communautés agraires, soucieuses de maintenir un équilibre entre la nature sauvage et les activités humaines.
Le dieu Faunus
Faunus, souvent comparé à Pan dans la mythologie grecque, était une figure complexe dont le culte remonte aux origines de Rome. Il appartenait aux di indigetes, les plus anciennes divinités du panthéon romain. Dieu des forêts et des espaces sauvages, il symbolisait à la fois la fertilité de la terre et la puissance incontrôlée de la nature.
Avec l’hellénisation progressive de la religion romaine aux 3e et 2e siècles avant notre ère, Faunus fut assimilé au dieu grec Pan dans la littérature et l’iconographie. Cette assimilation transforma profondément sa représentation : alors que le Faunus archaïque n’était pas représenté avec des attributs animaux, les artistes romains commencèrent à le figurer avec des cornes et des pieds de chèvre, à l’image de Pan. Les apparitions spectrales et les sons mystérieux qu’on lui attribuait dans les régions boisées contribuèrent à cette métamorphose visuelle.
Ce dieu protégeait non seulement les troupeaux et les cultures, mais il possédait également une dimension oraculaire remarquable, pouvant délivrer des prophéties à ceux qui le consultaient. Ses pouvoirs étaient cependant ambivalents : Faunus pouvait être à la fois bienveillant, en garantissant la fertilité et la prospérité des terres, ou redoutable, en envoyant des calamités naturelles ou des maladies si on négligeait de l’honorer.
Dans les bosquets sacrés près de Tibur (l’actuelle Tivoli) et sur la colline de l’Aventin à Rome, Faunus révélait l’avenir à travers des rêves et des voix surnaturelles. Ceux qui sollicitaient ses oracles devaient pratiquer l’incubation : ils s’endormaient dans son enceinte sacrée, couchés sur des toisons d’agneaux fraîchement sacrifiés, et le dieu leur parlait en songes. Selon l’érudit Varron, ces réponses oraculaires étaient formulées en vers saturniens, l’ancien mètre de la poésie latine archaïque. Cette fonction prophétique explique son épithète de Fatuus, « le Devin », dérivé du verbe latin fari, qui signifie à la fois «parler» et «prophétiser».
Les Faunalia Rustica
Les Faunalia Rustica, célébrées le 5 décembre, étaient la principale fête dédiée à Faunus. Leur nom fait référence à la campagne (rusticus, en latin), et elles avaient lieu dans les villages et hameaux des zones rurales. Les habitants de la campagne, principalement des agriculteurs et des bergers, rendaient hommage à Faunus en tant que protecteur des troupeaux et des terres agricoles. Cette date coïncidait avec le retour du bétail des pâturages d’altitude vers les étables d’hiver, moment crucial dans le calendrier pastoral.
Les festivités comprenaient des sacrifices d’animaux, généralement des chèvres ou des chevreaux, animaux particulièrement associés à Faunus. Les sacrifices avaient pour but de garantir la bienveillance du dieu pour l’année à venir, notamment en ce qui concerne la protection des troupeaux contre les prédateurs ou les maladies. Les paysans faisaient aussi brûler des offrandes de fruits, de céréales et de vin en l’honneur du dieu, dans l’espoir d’assurer la fertilité des terres.
Une fois les sacrifices accomplis, la fête se poursuivait par des danses, des chants et des banquets, où les villageois s’abandonnaient à la joie collective, souvent dans une atmosphère de relâchement. Cette festivité incarnait un moment de répit et de convivialité au sein des communautés rurales, renforçant leurs liens sociaux après une année de labeur dans les champs.
Faunus à Rome: entre culte urbain et Lupercales
Si les Faunalia Rustica du 5 décembre étaient célébrées surtout dans les campagnes, Rome honorait aussi Faunus par une autre fête le 13 février, dans son temple situé sur l’île Tibérine. Ce jour marquait également le début du souffle de Favonius, le vent d’ouest fructifiant annonçant le retour du printemps. Le culte urbain de Faunus se distinguait ainsi du culte rural par sa dimension plus officielle et organisée.
Deux jours plus tard, le 15 février, se déroulaient les célèbres Lupercales, où Faunus était vénéré sous l’épithète de Lupercus, «celui qui écarte le loup». Douze prêtres appelés luperques sacrifiaient un bouc dans la grotte du Lupercal, au pied du mont Palatin, lieu légendaire où la louve aurait allaité Romulus et Rémus. Puis, vêtus uniquement d’un pagne en peau de bouc, ils couraient dans toute la ville de Rome, armés de lanières de peau de bouc avec lesquelles ils fouettaient les femmes qu’ils rencontraient sur leur passage pour les rendre fécondes. Ils figuraient les esprits de la nature dont Faunus était le chef de file. Ces rites mêlaient des éléments purificatoires et fécondants, certains demeurant énigmatiques même pour les Romains eux-mêmes.
Faunus dans l’imaginaire romain
Faunus occupait une place importante dans l’imaginaire romain, bien au-delà de son statut de divinité rustique. Sa figure symbolisait l’équilibre fragile entre la nature sauvage et l’activité humaine, rappelant aux Romains que, malgré leurs conquêtes et leur maîtrise technique du territoire, ils demeuraient dépendants des forces naturelles.
Des recherches récentes en mythologie comparée ont même suggéré que Faunus pourrait partager une origine indo-européenne commune avec le dieu védique Rudra, ancêtre de Shiva. Les deux divinités présentent en effet des traits similaires: nature sauvage et redoutable, mais aussi aspect «favorable» ou «propice» une fois apaisées. Cette ambivalence se reflète dans leurs noms mêmes: Faunus vient d’une racine signifiant «favorable», tandis que Rudra est invoqué sous les épithètes Bhava et Shiva, qui signifient également «favorable, propice».
Dans un monde où la nature était à la fois une source de subsistance et une force indomptable, Faunus représentait cette dualité. Il était à la fois celui qui veille et protège, et celui qui doit être apaisé pour éviter des calamités. Le caractère rituel des Faunalia montre combien la religion romaine était liée aux réalités quotidiennes des populations, notamment rurales, où le respect des forces naturelles passait par des pratiques religieuses régulières.
Le culte de Faunus persista bien au-delà de la période républicaine. Des témoignages archéologiques, comme la découverte en 1979 près de Thetford en Angleterre d’un ensemble de trente-deux cuillères du 4e siècle de notre ère gravées du nom « Faunus » avec différentes épithètes, attestent que ce dieu était encore vénéré en pleine période de christianisation de l’Empire romain.
Sources antiques
- Virgile, Énéide, VII.81-106
- Horace, Odes, III.18
- Ovide, Fastes, IV.649
- Cicéron, De Divinatione, I.101
- Varron, De Lingua Latina, VII.36
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Fauno, antico dio romano delle foreste e delle greggi, veniva onorato il 5 dicembre durante i Faunalia Rustica: i contadini gli offrivano sacrifici e libagioni per proteggere il loro bestiame e i loro raccolti. Oracolo misterioso che parlava in sogno nei boschi sacri, fu in seguito assimilato a Pan e acquisì le sue leggendarie corna. Il suo culto perdurò fino al 4° secolo della nostra era.
Faunalia: celebrare il dio dei boschi nel cuore dell’inverno
I Faunalia erano feste religiose celebrate in onore di Fauno, il dio romano dei boschi, dei campi e delle creature selvatiche. Divinità rustica e pastorale, Fauno era percepito come il protettore delle greggi, degli agricoltori e, più in generale, delle campagne. I Faunalia, spesso celebrati in ambiente rurale, costituivano un momento importante per le comunità agrarie, desiderose di mantenere un equilibrio tra la natura selvaggia e le attività umane.
Il dio Fauno
Fauno, spesso paragonato a Pan nella mitologia greca, era una figura complessa il cui culto risale alle origini di Roma. Apparteneva ai di indigetes, le più antiche divinità del pantheon romano. Dio delle foreste e degli spazi selvaggi, simboleggiava al tempo stesso la fertilità della terra e la potenza incontrollata della natura.
Con l’ellenizzazione progressiva della religione romana nel 3° e 2° secolo prima della nostra era, Fauno fu assimilato al dio greco Pan nella letteratura e nell’iconografia. Questa assimilazione trasformò profondamente la sua rappresentazione: mentre il Fauno arcaico non era rappresentato con attributi animali, gli artisti romani cominciarono a raffigurarlo con corna e piedi di capra, a immagine di Pan. Le apparizioni spettrali e i suoni misteriosi che gli venivano attribuiti nelle regioni boscose contribuirono a questa metamorfosi visiva.
Questo dio proteggeva non soltanto le greggi e le colture, ma possedeva anche una notevole dimensione oracolare, potendo rivelare profezie a coloro che lo consultavano. I suoi poteri erano tuttavia ambivalenti: Fauno poteva essere al tempo stesso benevolo, garantendo la fertilità e la prosperità delle terre, o temibile, inviando calamità naturali o malattie se si trascurava di onorarlo.
Nei boschi sacri presso Tibur (l’attuale Tivoli) e sul colle Aventino a Roma, Fauno rivelava il futuro attraverso sogni e voci soprannaturali. Coloro che sollecitavano i suoi oracoli dovevano praticare l’incubazione: si addormentavano nel suo recinto sacro, sdraiati su velli di agnelli appena sacrificati, e il dio parlava loro in sogno. Secondo l’erudito Varrone, queste risposte oracolari erano formulate in versi saturnii, l’antico metro della poesia latina arcaica. Questa funzione profetica spiega il suo epiteto di Fatuus, « l’Indovino », derivato dal verbo latino fari, che significa al tempo stesso « parlare » e « profetizzare ».
I Faunalia Rustica
I Faunalia Rustica, celebrati il 5 dicembre, erano la principale festa dedicata a Fauno. Il loro nome fa riferimento alla campagna (rusticus, in latino), e si svolgevano nei villaggi e borghi delle zone rurali. Gli abitanti della campagna, principalmente agricoltori e pastori, rendevano omaggio a Fauno in quanto protettore delle greggi e delle terre agricole. Questa data coincideva con il ritorno del bestiame dai pascoli d’altura alle stalle invernali, momento cruciale nel calendario pastorale.
Le festività comprendevano sacrifici di animali, generalmente capre o capretti, animali particolarmente associati a Fauno. I sacrifici avevano lo scopo di garantire la benevolenza del dio per l’anno a venire, in particolare per quanto riguarda la protezione delle greggi contro i predatori o le malattie. I contadini facevano anche bruciare offerte di frutti, cereali e vino in onore del dio, nella speranza di assicurare la fertilità delle terre.
Una volta compiuti i sacrifici, la festa proseguiva con danze, canti e banchetti, dove gli abitanti del villaggio si abbandonavano alla gioia collettiva, spesso in un’atmosfera di rilassamento. Questa festività incarnava un momento di tregua e convivialità in seno alle comunità rurali, rafforzando i loro legami sociali dopo un anno di lavoro nei campi.
Fauno a Roma: tra culto urbano e Lupercali
Se i Faunalia Rustica del 5 dicembre erano celebrati soprattutto nelle campagne, Roma onorava anche Fauno con un’altra festa il 13 febbraio, nel suo tempio situato sull’isola Tiberina. Questo giorno segnava anche l’inizio del soffio di Favonio, il vento d’occidente fecondante che annunciava il ritorno della primavera. Il culto urbano di Fauno si distingueva così dal culto rurale per la sua dimensione più ufficiale e organizzata.
Due giorni più tardi, il 15 febbraio, si svolgevano i celebri Lupercali, dove Fauno era venerato sotto l’epiteto di Lupercus, « colui che allontana il lupo ». Dodici sacerdoti chiamati luperci sacrificavano un caprone nella grotta del Lupercale, ai piedi del monte Palatino, luogo leggendario dove la lupa avrebbe allattato Romolo e Remo. Poi, vestiti unicamente di un perizoma in pelle di capra, correvano per tutta la città di Roma, armati di strisce di pelle di capra con le quali fustigavano le donne che incontravano sul loro passaggio per renderle feconde. Essi rappresentavano gli spiriti della natura di cui Fauno era il capofila. Questi riti mescolavano elementi purificatori e fecondanti, alcuni rimanendo enigmatici anche per gli stessi Romani.
Fauno nell’immaginario romano
Fauno occupava un posto importante nell’immaginario romano, ben oltre il suo statuto di divinità rustica. La sua figura simboleggiava il fragile equilibrio tra la natura selvaggia e l’attività umana, ricordando ai Romani che, nonostante le loro conquiste e il loro dominio tecnico del territorio, rimanevano dipendenti dalle forze naturali.
Ricerche recenti in mitologia comparata hanno persino suggerito che Fauno potrebbe condividere un’origine indoeuropea comune con il dio vedico Rudra, antenato di Shiva. Le due divinità presentano infatti tratti simili: natura selvaggia e temibile, ma anche aspetto « favorevole » o « propizio » una volta placate. Questa ambivalenza si riflette nei loro stessi nomi: Fauno deriva da una radice che significa « favorevole », mentre Rudra è invocato con gli epiteti Bhava e Shiva, che significano ugualmente « favorevole, propizio ».
In un mondo dove la natura era al tempo stesso una fonte di sussistenza e una forza indomabile, Fauno rappresentava questa dualità. Era al tempo stesso colui che veglia e protegge, e colui che deve essere placato per evitare calamità. Il carattere rituale dei Faunalia mostra quanto la religione romana fosse legata alle realtà quotidiane delle popolazioni, in particolare rurali, dove il rispetto delle forze naturali passava attraverso pratiche religiose regolari.
Il culto di Fauno persistette ben oltre il periodo repubblicano. Testimonianze archeologiche, come la scoperta nel 1979 presso Thetford in Inghilterra di un insieme di trentadue cucchiai del 4° secolo della nostra era incisi con il nome « Fauno » con diversi epiteti, attestano che questo dio era ancora venerato in pieno periodo di cristianizzazione dell’Impero romano.
Fonti antiche
- Virgilio, Eneide, VII.81-106
- Orazio, Odi, III.18
- Ovidio, Fasti, IV.649
- Cicerone, De Divinatione, I.101
- Varrone, De Lingua Latina, VII.36
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. Faunus, ancient Roman god of forests and flocks, was honored on December 5th during the Faunalia Rustica: peasants offered him sacrifices and libations to protect their livestock and crops. A mysterious oracle speaking in dreams within sacred groves, he was later assimilated to Pan and acquired his legendary horns. His cult persisted until the 4th century CE.
Faunalia: celebrating the god of the woods in the heart of winter
The Faunalia were religious festivals celebrated in honor of Faunus, the Roman god of woods, fields, and wild creatures. A rustic and pastoral deity, Faunus was perceived as the protector of flocks, farmers, and more broadly, the countryside. The Faunalia, often celebrated in rural settings, constituted an important moment for agrarian communities, concerned with maintaining a balance between wild nature and human activities.
The god Faunus
Faunus, often compared to Pan in Greek mythology, was a complex figure whose cult dates back to the origins of Rome. He belonged to the di indigetes, the most ancient deities of the Roman pantheon. God of forests and wild spaces, he symbolized both the fertility of the earth and the uncontrolled power of nature.
With the progressive Hellenization of Roman religion in the 3rd and 2nd centuries BCE, Faunus was assimilated to the Greek god Pan in literature and iconography. This assimilation profoundly transformed his representation: whereas the archaic Faunus was not depicted with animal attributes, Roman artists began to portray him with horns and goat’s feet, in the image of Pan. The spectral appearances and mysterious sounds attributed to him in wooded regions contributed to this visual metamorphosis.
This god protected not only flocks and crops, but also possessed a remarkable oracular dimension, able to deliver prophecies to those who consulted him. His powers were however ambivalent: Faunus could be both benevolent, guaranteeing the fertility and prosperity of lands, or formidable, sending natural calamities or diseases if one neglected to honor him.
In the sacred groves near Tibur (modern-day Tivoli) and on the Aventine Hill in Rome, Faunus revealed the future through dreams and supernatural voices. Those who sought his oracles had to practice incubation: they fell asleep in his sacred precinct, lying on the fleeces of freshly sacrificed lambs, and the god spoke to them in dreams. According to the scholar Varro, these oracular responses were formulated in Saturnian verses, the ancient meter of archaic Latin poetry. This prophetic function explains his epithet Fatuus, « the Seer, » derived from the Latin verb fari, which means both « to speak » and « to prophesy. »
The Faunalia Rustica
The Faunalia Rustica, celebrated on December 5th, were the main festival dedicated to Faunus. Their name refers to the countryside (rusticus, in Latin), and they took place in villages and hamlets of rural areas. The inhabitants of the countryside, mainly farmers and shepherds, paid homage to Faunus as protector of flocks and agricultural lands. This date coincided with the return of livestock from high pastures to winter stables, a crucial moment in the pastoral calendar.
The festivities included animal sacrifices, generally goats or kids, animals particularly associated with Faunus. The sacrifices were intended to guarantee the god’s benevolence for the coming year, particularly concerning the protection of flocks against predators or diseases. Peasants also burned offerings of fruits, grains, and wine in honor of the god, hoping to ensure the fertility of the lands.
Once the sacrifices were completed, the festival continued with dances, songs, and banquets, where villagers abandoned themselves to collective joy, often in an atmosphere of relaxation. This festivity embodied a moment of respite and conviviality within rural communities, strengthening their social bonds after a year of labor in the fields.
Faunus in Rome: between urban cult and Lupercalia
While the Faunalia Rustica of December 5th were celebrated mainly in the countryside, Rome also honored Faunus with another festival on February 13th, in his temple located on the Tiber Island. This day also marked the beginning of the breath of Favonius, the fructifying west wind announcing the return of spring. The urban cult of Faunus was thus distinguished from the rural cult by its more official and organized dimension.
Two days later, on February 15th, the famous Lupercalia took place, where Faunus was venerated under the epithet Lupercus, « he who wards off the wolf. » Twelve priests called Luperci sacrificed a goat in the Lupercal cave, at the foot of the Palatine Hill, the legendary place where the she-wolf would have nursed Romulus and Remus. Then, dressed only in a loincloth of goatskin, they ran throughout the city of Rome, armed with strips of goatskin with which they whipped the women they encountered on their way to make them fertile. They represented the spirits of nature of which Faunus was the leader. These rites mixed purificatory and fecundating elements, some remaining enigmatic even for the Romans themselves.
Faunus in the Roman imagination
Faunus occupied an important place in the Roman imagination, well beyond his status as a rustic deity. His figure symbolized the fragile balance between wild nature and human activity, reminding the Romans that, despite their conquests and technical mastery of the territory, they remained dependent on natural forces.
Recent research in comparative mythology has even suggested that Faunus might share a common Indo-European origin with the Vedic god Rudra, ancestor of Shiva. The two deities indeed present similar traits: wild and formidable nature, but also a « favorable » or « propitious » aspect once appeased. This ambivalence is reflected in their very names: Faunus comes from a root meaning « favorable, » while Rudra is invoked under the epithets Bhava and Shiva, which also mean « favorable, propitious. »
In a world where nature was both a source of subsistence and an indomitable force, Faunus represented this duality. He was both the one who watches and protects, and the one who must be appeased to avoid calamities. The ritual character of the Faunalia shows how much Roman religion was linked to the daily realities of populations, particularly rural ones, where respect for natural forces passed through regular religious practices.
The cult of Faunus persisted well beyond the Republican period. Archaeological evidence, such as the discovery in 1979 near Thetford in England of a set of thirty-two 4th-century CE spoons engraved with the name « Faunus » with different epithets, attests that this god was still venerated in the midst of the Christianization of the Roman Empire.
Ancient sources
- Virgil, Aeneid, VII.81-106
- Horace, Odes, III.18
- Ovid, Fasti, IV.649
- Cicero, De Divinatione, I.101
- Varro, De Lingua Latina, VII.36
Dates
Décembre 5, 2026 Toute la journée
202611décToute la journéeAgonium Indigetis
Description
Ante diem tertium Idus Decembres
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Ante diem tertium Idus Decembres

EN BREF. Les fastes romains mentionnent au 11 décembre un agonium Indigetis, rite sacrificiel archaïque accompli par le rex sacrorum à la Regia. Aucun texte antique ne précise la divinité honorée. L’identification avec Sol Indiges est tardive et discutée. Selon Angelo Brelich, cette date ouvre le cycle hivernal menant au renouvellement annuel du temps.
Agonium Indigetis: un rite archaïque au seuil de l’hiver
Parmi les fêtes religieuses les plus anciennes du calendrier romain figurent les Agonalia, célébrées à plusieurs reprises au cours de l’année, notamment le 9 janvier, le 21 mai et le 11 décembre. Ces rites archaïques, dont les Anciens eux-mêmes reconnaissaient le caractère obscur, apparaissent dans les fastes comme des sacrifices publics destinés à assurer la protection de la cité et le maintien de l’ordre du monde.
Une fête attestée par les fastes
Pour le 11 décembre, les calendriers antiques (fastes) mentionnent explicitement un agonium Indigetis. Cette indication est d’ordre strictement calendaire et rituel : elle atteste l’existence d’un sacrifice accompli ce jour-là en l’honneur d’un Indiges, sans préciser la nature de la divinité honorée ni développer de théologie associée. Aucun auteur antique contemporain n’explicite le sens exact de cette célébration.
Les Agonalia, dans leur ensemble, demeuraient déjà problématiques à l’époque augustéenne. Ovide, dans les Fastes (I, 317–334), à propos de l’Agonalia de janvier consacrée à Janus, souligne l’incertitude qui entoure jusqu’à l’étymologie même du nom Agonalia, proposant plusieurs explications concurrentes sans en privilégier aucune. Ce témoignage ne concerne pas directement l’Agonalia de décembre, mais il montre que le sens originel de ces rites archaïques échappait déjà aux Romains eux-mêmes.
Le rite : sacrifice et cadre cultuel
Le rituel de l’Agonalia est cependant connu dans ses grandes lignes. Il consistait en le sacrifice propitiatoire d’un bélier (aries), offert par le rex sacrorum (parfois désigné comme rex sacrificulus), prêtre héritier symbolique de la royauté archaïque. La cérémonie se déroulait à la Regia, bâtiment sacré situé près du Forum, centre religieux et politique de la Rome ancienne. Il s’agissait d’un acte cultuel public, accompli selon un strict formalisme, visant à assurer la faveur divine envers la communauté civique.
Indiges et Di Indigetes
Le terme Indiges renvoie à la catégorie des Di Indigetes, un ensemble de divinités ou de puissances considérées par les Romains comme anciennes et étroitement liées aux origines de la cité. Selon le dictionnaire Gaffiot, il s’agit de dieux «nationaux» ou «originels». La recherche moderne souligne cependant que le sens exact du terme demeure discuté. Indiges pourrait également dériver du verbe indigitare, «invoquer par le nom», désignant des puissances appelées rituellement plutôt que des dieux dotés d’une mythologie définie.
Dans ce cadre, l’agonium Indigetis du 11 décembre ne renvoie pas nécessairement à une divinité individualisée, mais plus vraisemblablement à un numen ancien, invoqué dans un contexte rituel précis, conformément aux pratiques de la religion romaine archaïque.
Interprétations et dimension cosmique
L’identification de l’Indiges honoré le 11 décembre avec une divinité solaire, Sol Indiges, n’est pas attestée par les fastes eux-mêmes. Elle repose sur une interprétation tardive, notamment formulée par Jean le Lydien (De Mensibus, IV, 155, 6e siècle après notre ère), et reprise par une partie de la tradition érudite postérieure. Cette association demeure donc hypothétique et ne saurait être présentée comme une certitude.
La position calendaire de cette Agonalia n’en est pas moins significative. Placée à la mi-décembre, à l’approche du solstice d’hiver, elle marque l’entrée dans une période charnière de l’année. L’historien des religions Angelo Brelich a montré que l’agonium Indigetis constituait le point d’ouverture d’un cycle de fêtes hivernales, qui se prolonge jusqu’à l’Agonalia de janvier consacrée à Janus, inscrivant ainsi cette célébration dans une logique de renouvellement cosmique annuel.
Dans cette perspective, l’Agonalia du 11 décembre ne relève pas d’un culte solaire explicite, mais d’une conception archaïque du temps, fondée sur la régularité des cycles naturels et sur la nécessité de les garantir par des rites accomplis à dates fixes. Le sacrifice vise moins à célébrer une divinité clairement définie qu’à maintenir l’équilibre entre les dieux, l’année qui s’achève et celle qui commence, et la communauté humaine.
De l’agonium Indigetis à Sol Invictus
À partir du 3e siècle après notre ère, le paysage religieux romain connaît une transformation profonde. Sous le règne de l’empereur Aurélien, le culte de Sol Invictus devient central dans l’idéologie impériale. Cette divinité solaire, d’origine orientale et dotée d’une forte charge politique, se distingue nettement du discret Indiges mentionné dans les fastes archaïques.
Entre l’agonium Indigetis du 11 décembre et le triomphe impérial de Sol Invictus se dessine ainsi une évolution du rapport romain au soleil: d’un rite propitiatoire ancien, inscrit dans l’ordre cosmique et le rythme de l’année, à une divinité solaire universelle, garante de la stabilité et de la puissance du pouvoir impérial.
Sources antiques
- Ovide, Fastes, I, 317–334.
- Jean le Lydien, De Mensibus, IV, 155.
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Versione italiana
IN BREVE. I fasti romani menzionano all’11 dicembre un agonium Indigetis, rito sacrificale arcaico officiato dal rex sacrorum alla Regia. Nessun testo antico precisa la divinità onorata. L’identificazione con Sol Indiges è tardiva e discussa. Secondo Angelo Brelich, questa data apre il ciclo invernale che conduce al rinnovamento annuale del tempo.
Agonium Indigetis : un rito arcaico alla soglia dell’inverno
Tra le feste religiose più antiche del calendario romano figurano le Agonalia, celebrate più volte nel corso dell’anno, in particolare il 9 gennaio, il 21 maggio e l’11 dicembre. Questi riti arcaici, il cui carattere oscuro era già riconosciuto dagli stessi Antichi, compaiono nei fasti come sacrifici pubblici destinati a garantire la protezione della città e il mantenimento dell’ordine del mondo.
Una festa attestata dai fasti
Per l’11 dicembre, i calendari antichi (fasti) menzionano esplicitamente un agonium Indigetis. Questa indicazione è di natura strettamente calendariale e rituale: attesta l’esistenza di un sacrificio compiuto in quel giorno in onore di un Indiges, senza precisare la natura della divinità onorata né sviluppare una teologia associata. Nessun autore antico contemporaneo esplicita il significato preciso di questa celebrazione.
Le Agonalia, nel loro insieme, apparivano già problematiche in età augustea. Ovidio, nei Fasti (I, 317–334), a proposito dell’Agonalia di gennaio dedicata a Giano, sottolinea l’incertezza che circonda persino l’etimologia del nome Agonalia, proponendo diverse spiegazioni concorrenti senza privilegiarne alcuna. Questa testimonianza non riguarda direttamente l’Agonalia di dicembre, ma mostra come il significato originario di questi riti arcaici sfuggisse già ai Romani stessi.
Il rito : sacrificio e quadro cultuale
Il rituale dell’Agonalia è tuttavia noto nelle sue linee essenziali. Consisteva nel sacrificio propiziatorio di un montone (aries), offerto dal rex sacrorum (talvolta designato come rex sacrificulus), sacerdote erede simbolico della regalità arcaica. La cerimonia si svolgeva alla Regia, edificio sacro situato presso il Foro, centro religioso e politico della Roma antica. Si trattava di un atto cultuale pubblico, compiuto secondo un rigoroso formalismo, volto ad assicurare il favore divino alla comunità civica.
Indiges e Di Indigetes
Il termine Indiges rinvia alla categoria dei Di Indigetes, un insieme di divinità o potenze considerate dai Romani come antiche e strettamente legate alle origini della città. Secondo il dizionario di Gaffiot, si tratta di dèi « nazionali » o « originari ». La ricerca moderna sottolinea tuttavia che il significato esatto del termine resta discusso. Indiges potrebbe anche derivare dal verbo indigitare, « invocare per nome », designando potenze chiamate ritualmente piuttosto che divinità dotate di una mitologia definita.
In questo quadro, l’agonium Indigetis dell’11 dicembre non rinvia necessariamente a una divinità individualizzata, ma più verosimilmente a un numen antico, invocato in un contesto rituale preciso, conforme alle pratiche della religione romana arcaica.
Interpretazioni e dimensione cosmica
L’identificazione dell’Indiges onorato l’11 dicembre con una divinità solare, Sol Indiges, non è attestata dai fasti stessi. Essa si fonda su un’interpretazione tardiva, formulata in particolare da Giovanni Lido (De Mensibus, IV, 155, VI secolo dopo la nostra era), e ripresa da una parte della tradizione erudita successiva. Tale associazione resta pertanto ipotetica e non può essere presentata come una certezza.
La posizione calendariale di questa Agonalia è tuttavia significativa. Collocata a metà dicembre, in prossimità del solstizio d’inverno, essa segna l’ingresso in una fase cruciale dell’anno. Lo storico delle religioni Angelo Brelich ha mostrato che l’agonium Indigetis costituiva il punto di apertura di un ciclo di feste invernali, che si prolungava fino all’Agonalia di gennaio consacrata a Giano, inserendo così questa celebrazione in una logica di rinnovamento cosmico annuale.
In questa prospettiva, l’Agonalia dell’11 dicembre non appartiene a un culto solare esplicito, ma a una concezione arcaica del tempo, fondata sulla regolarità dei cicli naturali e sulla necessità di garantirli mediante riti compiuti in date fisse. Il sacrificio mira meno a celebrare una divinità chiaramente definita che a mantenere l’equilibrio tra gli dèi, l’anno che si conclude e quello che comincia, e la comunità umana.
Dall’agonium Indigetis a Sol Invictus
A partire dal 3º secolo dopo la nostra era, il paesaggio religioso romano conosce una trasformazione profonda. Sotto il regno dell’imperatore Aureliano, il culto di Sol Invictus diviene centrale nell’ideologia imperiale. Questa divinità solare, di origine orientale e dotata di una forte carica politica, si distingue nettamente dal discreto Indiges menzionato nei fasti arcaici.
Tra l’agonium Indigetis dell’11 dicembre e il trionfo imperiale di Sol Invictus si delinea così un’evoluzione del rapporto romano con il sole: da un rito propiziatorio antico, inscritto nell’ordine cosmico e nel ritmo dell’anno, a una divinità solare universale, garante della stabilità e della potenza del potere imperiale.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. The Roman fasti record on 11 December an agonium Indigetis, an archaic sacrificial rite performed by the rex sacrorum at the Regia. No ancient text specifies the deity honoured. The identification with Sol Indiges is late and disputed. According to Angelo Brelich, this date opens the winter cycle leading to the annual renewal of time.
Agonium Indigetis: an archaic rite at the threshold of winter
Among the oldest religious festivals of the Roman calendar are the Agonalia, celebrated several times during the year, notably on 9 January, 21 May, and 11 December. These archaic rites, whose obscure character was already acknowledged by the Ancients themselves, appear in the fasti as public sacrifices intended to ensure the protection of the city and the maintenance of the order of the world.
A festival attested by the fasti
For 11 December, the ancient calendars (fasti) explicitly mention an agonium Indigetis. This indication is strictly calendrical and ritual in nature: it attests the existence of a sacrifice performed on that day in honour of an Indiges, without specifying the nature of the deity honoured or developing any associated theology. No contemporary ancient author explains the exact meaning of this celebration.
The Agonalia as a whole already appeared problematic in the Augustan age. Ovid, in the Fasti (I, 317–334), discussing the Agonalia of January dedicated to Janus, emphasizes the uncertainty surrounding even the etymology of the name Agonalia, proposing several competing explanations without privileging any single one. Although this testimony does not directly concern the December Agonalia, it shows that the original meaning of these archaic rites already eluded the Romans themselves.
The rite: sacrifice and cultic setting
The ritual of the Agonalia is nevertheless known in its broad outlines. It consisted of the propitiatory sacrifice of a ram (aries), offered by the rex sacrorum (sometimes referred to as rex sacrificulus), a priest who was the symbolic heir of archaic kingship. The ceremony took place at the Regia, a sacred building located near the Forum, the religious and political centre of ancient Rome. It was a public cult act, performed according to strict formal rules, intended to secure divine favour for the civic community.
Indiges and the Di Indigetes
The term Indiges refers to the category of the Di Indigetes, a group of deities or powers regarded by the Romans as ancient and closely connected with the city’s origins. According to Gaffiot’s dictionary, these are “national” or “original” gods. Modern scholarship, however, stresses that the precise meaning of the term remains debated. Indiges may also derive from the verb indigitare, “to invoke by name,” designating powers ritually called upon rather than gods endowed with a defined mythology.
Within this framework, the agonium Indigetis of 11 December does not necessarily refer to an individualized deity, but more plausibly to an ancient numen, invoked within a specific ritual context, in keeping with the practices of archaic Roman religion.
Interpretations and the cosmic dimension
The identification of the Indiges honoured on 11 December with a solar deity, Sol Indiges, is not attested by the fasti themselves. It rests on a late interpretation, notably formulated by John the Lydian (De Mensibus, IV, 155, 6th century after our era), and taken up by part of the subsequent scholarly tradition. This association therefore remains hypothetical and cannot be presented as a certainty.
The calendrical position of this Agonalia is nonetheless significant. Placed in mid-December, close to the winter solstice, it marks entry into a critical phase of the year. The historian of religions Angelo Brelich has shown that the agonium Indigetis constituted the opening point of a cycle of winter festivals, which extended as far as the January Agonalia dedicated to Janus, thus situating this celebration within a logic of annual cosmic renewal.
From this perspective, the Agonalia of 11 December does not belong to an explicit solar cult, but to an archaic conception of time, based on the regularity of natural cycles and on the need to secure them through rites performed on fixed dates. The sacrifice aims less at celebrating a clearly defined deity than at maintaining the balance between the gods, the year that is ending and the one that is beginning, and the human community.
From the agonium Indigetis to Sol Invictus
From the 3rd century after our era onwards, the Roman religious landscape underwent a profound transformation. Under the reign of Emperor Aurelian, the cult of Sol Invictus became central to imperial ideology. This solar deity, of eastern origin and endowed with a strong political charge, stands in marked contrast to the discreet Indiges mentioned in the archaic fasti.
Between the agonium Indigetis of 11 December and the imperial triumph of Sol Invictus thus emerges an evolution in the Roman relationship to the sun: from an ancient propitiatory rite, embedded in the cosmic order and the rhythm of the year, to a universal solar deity, guarantor of the stability and power of imperial rule.
Dates
Décembre 11, 2026 Toute la journée
202617décToute la journée23Saturnalia
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Ante diem sextum decimum Kalendas Ianuarias - Ante diem decimum Kalendas Ianuarias
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Ante diem sextum decimum Kalendas Ianuarias – Ante diem decimum Kalendas Ianuarias

Saturnalia: le retour symbolique de l’âge d’or
Les Saturnalia étaient parmi les célébrations les plus populaires et emblématiques de la Rome antique, honorant Saturne, le dieu associé au temps et à l’âge d’or. Ces fêtes se déroulaient chaque année à la mi-décembre, commençant officiellement le 17 décembre et pouvant se prolonger jusqu’au 23. Elles évoquaient symboliquement le retour de l’âge d’or de Saturne, un temps mythique d’abondance et d’égalité.
La fête débutait par un sacrifice rituel au temple de Saturne, dans le Forum romain. Les liens de laine entourant la statue du dieu étaient dénoués pour l’occasion. Durant les Saturnalia, le travail était suspendu, les tribunaux fermés, et la vie quotidienne laissait place à des banquets animés où nourriture et vin étaient largement partagés.
Un des aspects les plus caractéristiques de la fête était l’inversion temporaire des rôles sociaux. Les esclaves bénéficiaient d’une liberté inhabituelle: ils étaient servis par leurs maîtres, pouvaient plaisanter ou se moquer d’eux, et participaient pleinement aux réjouissances. Cette période de licence rituelle instaurait un climat volontairement renversé, rappelant l’égalité supposée de l’âge d’or.
L’échange de cadeaux était également une tradition bien établie. Les Romains offraient notamment des figurines en cire ou en terre cuite (sigillaria) ainsi que des denrées alimentaires, gestes symboliques renforçant les liens familiaux et amicaux.
À long terme, les Saturnalia ont laissé une empreinte durable dans la culture romaine et dans certaines traditions hivernales ultérieures. Plusieurs coutumes des fêtes de fin d’année, comme les repas festifs ou l’échange de cadeaux, présentent des parallèles avec les Saturnalia, sans qu’une filiation directe soit assurée.
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- Et pourtant, Saturne!
- Les Saturnales sous le regard critique de Lucien
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Versione italiana
Saturnalia: il ritorno simbolico dell’età dell’oro
Le Saturnalia erano tra le celebrazioni più popolari ed emblematiche della Roma antica, in onore di Saturno, il dio associato al tempo e all’età dell’oro. Queste feste si svolgevano ogni anno a metà dicembre, iniziando ufficialmente il 17 dicembre e potendo protrarsi fino al 23. Esse evocavano simbolicamente il ritorno dell’età dell’oro di Saturno, un tempo mitico di abbondanza e uguaglianza.
La festa cominciava con un sacrificio rituale nel tempio di Saturno, nel Foro Romano. I legacci di lana che avvolgevano la statua del dio venivano sciolti per l’occasione. Durante i Saturnalia, il lavoro era sospeso, i tribunali chiusi e la vita quotidiana lasciava il posto a banchetti animati, in cui cibo e vino venivano condivisi generosamente.
Uno degli aspetti più caratteristici della festa era l’inversione temporanea dei ruoli sociali. Gli schiavi godevano di una libertà insolita: venivano serviti dai loro padroni, potevano scherzare con loro o persino prendersene gioco, e partecipavano pienamente ai festeggiamenti. Questo periodo di licenza rituale instaurava un clima volutamente rovesciato, richiamando l’uguaglianza supposta dell’età dell’oro.
Lo scambio di doni era anch’esso una tradizione ben consolidata. I Romani offrivano in particolare figurine in cera o in terracotta (sigillaria), così come generi alimentari: gesti simbolici che rafforzavano i legami familiari e amicali.
A lungo termine, i Saturnalia hanno lasciato un’impronta duratura nella cultura romana e in alcune tradizioni invernali successive. Diverse usanze delle festività di fine anno, come i banchetti o lo scambio di doni, presentano paralleli con i Saturnalia, pur senza attestare una filiazione diretta.
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- I Saturnales sotto il sgardo critico di Luciano
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Saturnalia: the symbolic return of the Golden Age
The Saturnalia were among the most popular and emblematic celebrations of ancient Rome, honoring Saturn, the god associated with time and the Golden Age. These festivities took place each year in mid-December, beginning officially on 17 December and sometimes extending until the 23rd. They symbolically evoked the return of Saturn’s Golden Age, a mythical time of abundance and equality.
The festival opened with a ritual sacrifice at the Temple of Saturn in the Roman Forum. The woolen bonds that surrounded the statue of the god were untied for the occasion. During the Saturnalia, work was suspended, the courts were closed, and daily life gave way to lively banquets where food and wine were generously shared.
One of the most characteristic aspects of the festival was the temporary inversion of social roles. Enslaved people enjoyed an unusual degree of freedom: they were served by their masters, could joke with them or even mock them, and took full part in the celebrations. This period of ritual license created a deliberately overturned atmosphere, recalling the presumed equality of the Golden Age.
The exchange of gifts was also a well-established tradition. Romans offered figurines made of wax or terracotta (sigillaria), as well as foodstuffs—symbolic gestures that strengthened family and friendship bonds.
In the long term, the Saturnalia left a lasting mark on Roman culture and on certain later winter traditions. Several features of present-day end-of-year festivities, such as celebratory meals or the exchange of gifts, show parallels with the Saturnalia, even though no direct lineage can be firmly established.
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- Saturnalia, Roman society upside down
- The Saturnalia under Lucian’s critical gaze
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Dates
Décembre 17, 2026 - décembre 23, 2026 (Toute la journée)
202621décToute la journéeDivalia / Angeronalia
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Ante diem duodecimum Kalendas Ianuarias Les Divalia ou Angeronalia sont des fêtes romaines célébrées le 21 décembre, marquant le solstice d'hiver. Ces célébrations, qui se déroulaient en l'honneur de
Description
Ante diem duodecimum Kalendas Ianuarias
Les Divalia ou Angeronalia sont des fêtes romaines célébrées le 21 décembre, marquant le solstice d’hiver. Ces célébrations, qui se déroulaient en l’honneur de la déesse Angerona, sont intéressantes pour comprendre la manière dont les Romains associaient leurs pratiques religieuses aux cycles naturels et à la protection divine.
Angerona, la déesse honorée pendant ces fêtes, est une divinité mineure de la mythologie romaine, souvent représentée avec un doigt sur les lèvres, ce qui symbolise le silence et la discrétion. Elle est associée à la guérison des douleurs et des peines, ainsi qu’à la protection contre les ennemis. Son nom est lié au mot angor signifiant «étroit», ce qui symbolise la difficulté que les Romains cherchaient à surmonter à cette période de l’année.
Le culte d’Angerona incluait des sacrifices rituels dans le petit temple de Volupia, une autre déesse mineure associée au plaisir et à la satisfaction. Volupia, bien que souvent assimilée à Voluptas, déesse gréco-romaine du plaisir, servait d’emblème du contentement à l’intérieur du rituel.
Les rites de Divalia / Angeronalia comportaient des sacrifices dans le temple de Volupia. Les prêtres, appelés pontifes, offraient un sacrifice rituel à Angerona, invoquant sa protection et sa bénédiction pour l’année à venir. Dans son sanctuaire, la statue d’Angerona était souvent ornée d’un bandeau ou marquée d’un sceau, indiquant le silence et la protection. Ce geste symbolisait la capacité d’Angerona à protéger les Romains contre les menaces, en préservant le secret sacré de la ville.
Dates
Décembre 21, 2026 Toute la journée
202625décToute la journéeDies Natalis Solis Invicti
Description
Ante diem octavum Kalendas Ianuarias En tant qu'empereur de 270 à 275, Aurélien est connu pour sa victoire contre la reine de Palmyre, Zénobie, et pour sa restauration de
Description
Ante diem octavum Kalendas Ianuarias
En tant qu’empereur de 270 à 275, Aurélien est connu pour sa victoire contre la reine de Palmyre, Zénobie, et pour sa restauration de l’ordre au sein de l’Empire romain. Pour renforcer le sentiment unitaire de l’empire, Aurélien décide d’instaurer un nouveau culte commun à l’ensemble de l’Empire, un culte qui n’était plus efficacement assuré par le culte impérial existant.
En décembre 274, lors de l’inauguration de son temple au Champ-de-Mars de Rome, Aurélien officialise le culte de Sol Invictus. Le 25 décembre, date considérée comme celle du solstice d’hiver, est proclamée comme le jour de la naissance du Soleil invaincu (en latin: dies natalis Solis Invicti). Ce nouveau culte est destiné à être le patron principal de l’Empire romain et est accompagné par un collège de prêtres spécifiques, les pontifices Solis («prêtres du Soleil»). Le temple de Sol Invictus, construit avec le butin rapporté de la campagne contre Zénobie, reçoit un important culte à partir de cette date.
Cette nouvelle fête tombe peu de temps après la fête très ancienne des Saturnales, qui duraient du 17 au 23 décembre et étaient considérées comme la plus importante de la Rome antique. Le 25 décembre commence ainsi à être associé à une naissance, un concept repris par la suite par le christianisme, qui en fait le jour de la naissance de Jésus, donnant naissance à la fête de Noël. L’étymologie et le sens religieux du terme Natalis sont préservés dans des mots comme Nadal en espagnol, Natale en italien, etc.
Ce culte de Sol Invictus n’affecte ni les autres cultes polythéistes, ni le culte chrétien, qui continuent à coexister, souvent en conflit, avec le nouveau culte solaire instauré par Aurélien.
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Dates
Décembre 25, 2026 Toute la journée
janvier
202709janvToute la journéeAgonium Jani
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Ante diem quintum Idus Ianuarias
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Ante diem quintum Idus Ianuarias
Agonium Iani, quand Janus garde le seuil du temps

Les Agonalia étaient d’anciennes festivités religieuses romaines, célébrées plusieurs fois par an en l’honneur de diverses divinités. Parmi ces célébrations, l’Agonalia du 9 janvier occupe une place particulière dans le calendrier religieux romain. Cette date était traditionnellement associée à Janus, le dieu des commencements, des portes et des passages.
Les origines de l’Agonalia du 9 janvier remontent selon la tradition romaine à l’époque de Numa Pompilius, le semi-légendaire deuxième roi de Rome, qui est réputé avoir introduit et codifié de nombreux rites religieux. L’association avec Janus est renforcée par la nature même du dieu: Janus représentait à la fois la fin d’une année et le début d’une nouvelle, symbolisant ainsi la transition entre l’ancien et le nouveau. Les cérémonies de l’Agonalia, alors, seraient une forme de rite de passage, non seulement pour l’année nouvelle, mais aussi pour la communauté dans son ensemble.
En ce jour, selon Ovide et Varron, le rex sacrorum sacrifiait un bélier à Janus. Ce sacrifice était peut-être un vœu pour la nouvelle année: l’approbation donnée par le rex sacrorum à l’officiant qui demandait l’autorisation d’effectuer le premier sacrifice de l’année était considérée comme un bon présage pour tous les sacrifices à venir et comme un signe de leur acceptation par les dieux.
Il a parfois été proposé de rapprocher l’Agonalia du 9 janvier du dies agonalis du 11 décembre, dans le cadre plus large des rites hivernaux marquant la transition de l’année. Cette relation reste toutefois hypothétique et n’est pas explicitement formulée par les sources antiques. Il s’agirait moins d’une «mort et renaissance» du soleil que de rituels d’ouverture et de passage, placés sous l’autorité du rex sacrorum.
Il existait déjà dans l’Antiquité plusieurs interprétations concurrentes sur le nom et la signification de cette fête. Ovide, dans ses Fastes[1], l’appelle dies agonalis ou agonalia. Selon lui, l’étymologie principale réside dans le fait que, avant d’accomplir le sacrifice, le prêtre ou le victimarius avait l’habitude de demander une sorte de permission aux dieux pour la mise à mort de la victime, en utilisant le mot agone. Ce mot serait issu de ago (j’agis) et de ne (particule interrogative). Une autre étymologie, également rapportée dans ce passage, fait remonter le nom de la fête à agonia, un ancien terme désignant le bétail, qui serait ensuite devenu synonyme de victimes sacrificielles[2], où la fête est appelée agonium.
[1] Ovide, Fastes, I, 310 et suivants; cf. Macrobe, Saturnales, I, 16, 5.
[2] Festus, De verborum significatu, agonium: «On appelait ainsi le jour où le roi immolait une victime : en effet, les anciens appelaient la victime agonia. On a pensé aussi que le nom d’Agonius désignait le dieu qui présidait aux choses à faire, et que sa fête était appelée Agonalia. Ou encore, parce que l’on appelait les montagnes agones, on nommait agonia sacrificia, les sacrifices qui se faisaient sur les montagnes ; de là, à Rome, le mont Quirinal était appelé Agonus, et la porte Colline Agonensis.»
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Versione italiana
Agonium Iani, quando Giano custodisce la soglia del tempo
Le Agonalia erano antiche festività religiose romane, celebrate più volte nel corso dell’anno in onore di diverse divinità. Tra queste celebrazioni, l’Agonalia del 9 gennaio occupa un posto particolare nel calendario religioso romano. Questa data era tradizionalmente associata a Giano, il dio degli inizi, delle porte e dei passaggi.
Secondo la tradizione romana, le origini dell’Agonalia del 9 gennaio risalgono all’epoca di Numa Pompilio, il semi-leggendario secondo re di Roma, al quale si attribuisce l’introduzione e la codificazione di numerosi riti religiosi. L’associazione con Giano è rafforzata dalla natura stessa del dio: Giano presiede agli inizi e ai passaggi, incarnando la transizione tra l’antico e il nuovo. Le cerimonie dell’Agonalia costituirebbero così un vero e proprio rito di passaggio, non solo per l’anno nuovo, ma per la comunità nel suo insieme.
In questo giorno, secondo Ovidio e Varrone, il rex sacrorum sacrificava un ariete a Giano. Questo sacrificio era forse un voto per il nuovo anno: l’approvazione concessa dal rex sacrorum all’officiante incaricato del rito, che chiedeva l’autorizzazione a compiere il primo sacrificio dell’anno, era considerata di buon auspicio per tutti i sacrifici successivi e come segno della loro accettazione da parte degli dèi.
Talvolta è stato proposto di accostare l’Agonalia del 9 gennaio al dies agonalis dell’11 dicembre, nel quadro più ampio dei riti invernali che segnano la transizione dell’anno. Questo legame resta tuttavia ipotetico e non è formulato esplicitamente dalle fonti antiche. Si tratterebbe dunque meno di una «morte e rinascita» del sole che di riti di apertura e di passaggio, posti sotto l’autorità del rex sacrorum.
Già nell’Antichità esistevano diverse interpretazioni concorrenti sul nome e sul significato di questa festa. Ovidio, nei Fasti [1], la chiama dies agonalis o agonalia. Secondo lui, l’etimologia principale deriverebbe dall’uso, da parte del sacerdote o del victimarius, di chiedere una sorta di permesso agli dèi prima di procedere all’uccisione della vittima, mediante il termine agone. Questo vocabolo deriverebbe da ago («agisco») e da ne (particella interrogativa). Un’altra etimologia, anch’essa riportata nello stesso passo, fa risalire il nome della festa a agonia, un antico termine indicante il bestiame, divenuto in seguito sinonimo di vittima sacrificale [2]; in questo caso la festa è chiamata agonium.
[1] Ovidio, Fasti, I, 310 sgg.; cfr. Macrobio, Saturnalia, I, 16, 5.
[2] Festo, De verborum significatu, agonium.
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English version
Agonium Iani, when Janus guards the threshold of time
The Agonalia were ancient Roman religious festivals, celebrated several times a year in honour of various deities. Among these celebrations, the Agonalia of 9 January held a particular place in the Roman religious calendar. This date was traditionally associated with Janus, the god of beginnings, doors, and passages.
According to Roman tradition, the origins of the Agonalia of 9 January go back to the time of Numa Pompilius, the semi-legendary second king of Rome, who was believed to have introduced and codified many religious rites. The association with Janus is reinforced by the very nature of the god: Janus presides over beginnings and transitions, embodying the passage from the old to the new. The ceremonies of the Agonalia thus constituted a rite of passage, not only for the new year, but for the community as a whole.
On this day, according to Ovid and Varro, the rex sacrorum sacrificed a ram to Janus. This sacrifice may have taken the form of a vow for the coming year: the approval granted by the rex sacrorum to the officiant responsible for the rite, who requested permission to perform the first sacrifice of the year, was regarded as a favourable omen for all subsequent sacrifices and as a sign of their acceptance by the gods.
It has sometimes been suggested that the Agonalia of 9 January should be connected with the dies agonalis of 11 December, within the broader framework of winter rites marking the transition of the year. This connection, however, remains hypothetical and is not explicitly formulated by the ancient sources. Rather than a “death and rebirth” of the sun, these rites appear to be ceremonies of opening and transition, placed under the authority of the rex sacrorum.
Already in Antiquity, several competing interpretations existed regarding the name and meaning of this festival. Ovid, in his Fasti [1], refers to it as dies agonalis or agonalia. According to him, the principal etymology lies in the practice whereby, before performing the sacrifice, the priest or victimarius would ask a form of permission from the gods to put the victim to death, using the word agone. This term would derive from ago (“I act”) and ne (an interrogative particle). Another etymology, also reported in the same passage, traces the name of the festival back to agonia, an ancient word meaning cattle, which later came to denote sacrificial victims[2]; in this case, the festival is called agonium.
[1] Ovid, Fasti, I, 310 ff.; cf. Macrobius, Saturnalia, I, 16, 5.
[2] Festus, De verborum significatu, agonium.
Dates
Janvier 9, 2027 Toute la journée
202711janvToute la journéeJuturnalia
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Ante diem tertium Idus Ianuarias
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Ante diem tertium Idus Ianuarias

Juturnalia, la fête romaine de l’eau vive
Les Juturnalia, célébrées le 11 janvier, étaient une fête dédiée à Juturne, déesse associée aux sources, fontaines et eaux courantes[1]. Son culte, profondément enraciné dans la religion romaine, reflète des croyances anciennes autour de l’eau comme source de vie, de guérison et de purification.
Le culte de Juturne semble provenir de Lavinium, où la déesse était honorée auprès d’une source sacrée voisine du fleuve Numicus[2]. Son nom a été rapproché, dès l’Antiquité, du verbe latin iuvare («aider, assister»), interprétation ancienne qui souligne sa fonction bienfaisante[3]. La forme archaïque Diuturna est généralement comprise comme signifiant «la durable», en référence à la permanence de la source.
Selon une hypothèse philologique moderne, Juturne pourrait avoir été à l’origine une divinité protectrice liée à l’univers héroïque, associée à la vitalité, à la prospérité et à la continuité du groupe.
Dans la tradition mythologique, Juturne est présentée comme la fille de Vénilia, divinité des eaux douces, et comme la sœur du roi rutule Turnus. Aimée de Jupiter, elle aurait reçu de lui l’immortalité et la tutelle des sources. Une tradition tardive en fait également la compagne de Janus et la mère de Fontus, personnification des sources[4].
Dans l’Énéide de Virgile, Juturne intervient pour secourir son frère Turnus lors de son duel contre Énée. Elle lui rend son épée et tente de l’arracher au combat, avant d’être contrainte par une Furie envoyée par Jupiter de se retirer, laissant Turnus à son destin tragique.
À Rome, le principal lieu de culte de Juturne était le Lacus Iuturnae, une fontaine monumentale du Forum Romain, située près du temple de Vesta et du sanctuaire des Dioscures[5]. Cette eau, réputée pure et salubre, jouait un rôle important dans les rituels publics.
La tradition associait étroitement Juturne aux Dioscures. Après la bataille du lac Régille, Castor et Pollux auraient abreuvé leurs chevaux à cette fontaine, où un groupe statuaire élevé au centre du bassin commémorait leur apparition miraculeuse.
Ovide atteste l’existence d’un temple de Juturne au Champ de Mars, près de l’aqua Virgo. La tradition érudite attribue sa dédicace à C. Lutatius Catulus, à la suite de sa victoire lors de la première guerre punique (241 avant notre ère).
Lors des Juturnalia, Juturne était honorée comme garante de la pureté et de la vitalité des eaux. Les fontani, artisans et techniciens dont l’activité dépendait de l’eau, lui rendaient un culte particulier. Elle était également invoquée lors des Volcanalia afin de protéger les récoltes contre les incendies.
Les célébrations comprenaient vraisemblablement des rites de purification, des offrandes et des processions autour des lieux consacrés à la déesse.
[1] Ovide, Fastes, I, 463–464: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus. I, 707–710: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus.
[2] Virgile, Énéide, XII, 134–160; 468–482; 843-886.
[3] Varron, De lingua Latina, V, 71-72: Lympha Iuturna, quae iuvaret: itaque multi aegroti propter id nomen hinc aquam petere solent.
[4] Arnobe, Adversus nationes, III, 29: (…) quem ferunt caelo atque Hecata procreatum in Italia | f. 75 | regnasse primum, Ianiculi oppidi conditorem, patrem Fonti, Vulturni generum, Iuturnae maritum, (…)
[5] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, VI, 13.
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Versione italiana
Juturnalia, la festa romana dell’acqua viva
I Juturnalia, celebrati l’11 gennaio, erano una festa dedicata a Giuturna, dea associata alle sorgenti, alle fontane e alle acque correnti[1]. Il suo culto, profondamente radicato nella religione romana, riflette antiche credenze attorno all’acqua come fonte di vita, di guarigione e di purificazione.
Il culto di Giuturna sembra provenire da Lavinio, dove la dea era onorata presso una sorgente sacra vicina al fiume Numico[2]. Il suo nome fu accostato, già nell’antichità, al verbo latino iuvare («aiutare, assistere»), interpretazione antica che sottolinea la sua funzione benefica[3]. La forma arcaica Diuturna è generalmente intesa come significante «la duratura», in riferimento alla permanenza della sorgente.
Secondo un’ipotesi filologica moderna, Giuturna potrebbe essere stata in origine una divinità protettrice legata all’universo eroico, associata alla vitalità, alla prosperità e alla continuità del gruppo.
Nella tradizione mitologica, Giuturna è presentata come la figlia di Venilia, divinità delle acque dolci, e come la sorella del re rutulo Turno. Amata da Giove, avrebbe ricevuto da lui l’immortalità e la tutela delle sorgenti. Una tradizione tardiva ne fa anche la compagna di Giano e la madre di Fonto, personificazione delle sorgenti[4].
Nell’Eneide di Virgilio, Giuturna interviene per soccorrere suo fratello Turno durante il suo duello contro Enea. Gli restituisce la spada e tenta di sottrarlo al combattimento, prima di essere costretta da una Furia inviata da Giove a ritirarsi, lasciando Turno al suo destino tragico.
A Roma, il principale luogo di culto di Giuturna era il Lacus Iuturnae, una fontana monumentale del Foro Romano, situata vicino al tempio di Vesta e al santuario dei Dioscuri[5]. Quest’acqua, reputata pura e salubre, svolgeva un ruolo importante nei rituali pubblici.
La tradizione associava strettamente Giuturna ai Dioscuri. Dopo la battaglia del lago Regillo, Castore e Polluce avrebbero abbeverato i loro cavalli a questa fontana, dove un gruppo statuario eretto al centro della vasca commemorava la loro apparizione miracolosa.
Ovidio attesta l’esistenza di un tempio di Giuturna nel Campo Marzio, vicino all’aqua Virgo. La tradizione erudita attribuisce la sua dedica a C. Lutazio Catulo, in seguito alla sua vittoria durante la prima guerra punica (241 a.C.).
Durante i Juturnalia, Giuturna era onorata come garante della purezza e della vitalità delle acque. I fontani, artigiani e tecnici la cui attività dipendeva dall’acqua, le rendevano un culto particolare. Era anche invocata durante i Volcanalia per proteggere i raccolti dagli incendi.
Le celebrazioni comprendevano verosimilmente riti di purificazione, offerte e processioni attorno ai luoghi consacrati alla dea.
[1] Ovidio, Fasti, I, 463–464: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus. I, 707–710: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus.
[2] Virgilio, Eneide, XII, 134–160; 468–482; 843-886.
[3] Varrone, De lingua Latina, V, 71-72: Lympha Iuturna, quae iuvaret: itaque multi aegroti propter id nomen hinc aquam petere solent.
[4] Arnobio, Adversus nationes, III, 29: (…) quem ferunt caelo atque Hecata procreatum in Italia | f. 75 | regnasse primum, Ianiculi oppidi conditorem, patrem Fonti, Vulturni generum, Iuturnae maritum, (…)
[5] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, VI, 13.
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English version
Juturnalia, the Roman festival of living water
The Juturnalia, celebrated on January 11th, was a festival dedicated to Juturna, goddess associated with springs, fountains and running waters[1]. Her cult, deeply rooted in Roman religion, reflects ancient beliefs surrounding water as a source of life, healing and purification.
The cult of Juturna seems to originate from Lavinium, where the goddess was honoured near a sacred spring neighbouring the Numicus river[2]. Her name was connected, as early as Antiquity, to the Latin verb iuvare (« to help, to assist »), an ancient interpretation which underscores her beneficent function[3]. The archaic form Diuturna is generally understood as meaning « the enduring one », in reference to the permanence of the spring.
According to a modern philological hypothesis, Juturna may have originally been a protective deity linked to the heroic world, associated with vitality, prosperity and the continuity of the group.
In mythological tradition, Juturna is presented as the daughter of Venilia, deity of fresh waters, and as the sister of the Rutulian king Turnus. Loved by Jupiter, she is said to have received from him immortality and guardianship of springs. A later tradition also makes her the companion of Janus and the mother of Fontus, personification of springs[4].
In Virgil’s Aeneid, Juturna intervenes to rescue her brother Turnus during his duel against Aeneas. She returns his sword to him and attempts to snatch him from combat, before being compelled by a Fury sent by Jupiter to withdraw, leaving Turnus to his tragic fate.
In Rome, the principal place of worship of Juturna was the Lacus Iuturnae, a monumental fountain in the Roman Forum, located near the temple of Vesta and the sanctuary of the Dioscuri[5]. This water, reputed to be pure and wholesome, played an important role in public rituals.
Tradition closely associated Juturna with the Dioscuri. After the battle of Lake Regillus, Castor and Pollux are said to have watered their horses at this fountain, where a statuary group erected in the centre of the basin commemorated their miraculous appearance.
Ovid attests to the existence of a temple of Juturna in the Campus Martius, near the aqua Virgo. Scholarly tradition attributes its dedication to C. Lutatius Catulus, following his victory during the First Punic War (241 BCE).
During the Juturnalia, Juturna was honoured as guarantor of the purity and vitality of waters. The fontani, craftsmen and technicians whose activity depended on water, paid her particular worship. She was also invoked during the Volcanalia to protect crops from fires.
The celebrations likely included purification rites, offerings and processions around places consecrated to the goddess.
[1] Ovid, Fasti, I, 463–464: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus. I, 707–710: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus.
[2] Virgil, Aeneid, XII, 134–160; 468–482; 843-886.
[3] Varro, De lingua Latina, V, 71-72: Lympha Iuturna, quae iuvaret: itaque multi aegroti propter id nomen hinc aquam petere solent.
[4] Arnobius, Adversus nationes, III, 29: (…) quem ferunt caelo atque Hecata procreatum in Italia | f. 75 | regnasse primum, Ianiculi oppidi conditorem, patrem Fonti, Vulturni generum, Iuturnae maritum, (…)
[5] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, VI, 13.
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Janvier 11, 2027 Toute la journée
202711janv(janv 11)13:5615(janv 15)13:56Carmentalia
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Ante diem tertium Idus Ianuarias - Ante diem octavum decimum Kalendas Februarias
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Ante diem tertium Idus Ianuarias – Ante diem octavum decimum Kalendas Februarias
Carmentalia, aux origines d’un culte féminin
Les Carmentalia étaient des fêtes religieuses romaines très anciennes, célébrées en l’honneur de la déesse Carmenta. Ces festivités, qui avaient lieu les 11 et 15 janvier, sont remarquables dans le calendrier romain par leur structure unique: deux jours séparés par un intervalle de trois jours. Cette particularité a intrigué les historiens, bien qu’elle trouve des parallèles dans d’autres cycles festifs du calendrier romain, comme les Quinquatrus et les Tubilustrum, ou encore les Consualia et les Opalia.
Carmenta, selon la tradition, était une divinité aux origines très anciennes, comme en témoigne l’existence d’un flamen carmentalis, prêtre spécialisé dans son culte[1] . Cependant, dès la fin de la République, les détails de son culte étaient déjà confus.
Selon la légende rapportée par Ovide[2] et Tite-Live[3], Carmenta était la mère d’Évandre, un héros venu d’Arcadie qui s’installa dans le Latium. Dotée de dons prophétiques, elle accompagna son fils et s’établit près du Capitole, au niveau d’un promontoire connu sous le nom de Saxum Carmentae[4]. Après sa mort, un sanctuaire (sacellum) fut érigé en son honneur à cet endroit, près de la porta Carmentalis.
Ainsi Carmenta était-elle une déesse de la naissance et de la prophétie, associée à l’innovation technique, à la protection des mères et des enfants, et au rôle de patronne des sages-femmes.
Elle est souvent associée à l’eau, comme le mentionne Virgile[5], peut-être en lien avec la proximité de sa fête avec celle de Juturne (11 janvier). Les dons prophétiques, fréquemment reliés aux sources et aux cours d’eau, renforcent cette association. Isidore de Séville[6], au 7e siècle, précise que son nom dériverait de carmen (chant ou oracle), et qu’elle aurait introduit l’alphabet chez les Latins.
Carmenta était également vénérée avec deux divinités associées: Porrima et Postverta, symbolisant respectivement la connaissance du futur et du passé. Selon Aulu-Gelle[7], ces figures étaient invoquées pour des accouchements sans complication, en fonction de la position du bébé à la naissance.
Les pratiques religieuses liées à Carmenta révèlent une dévotion empreinte de respect pour la vie et la pureté. Un texte de Varron, cité par Censorinus[8], souligne que le jour de naissance était marqué par des libations de lait ou de vin, mais sans sacrifices sanglants. Cette règle s’appliquait également au culte de Carmenta: il était interdit d’introduire des objets en cuir ou des carcasses d’animaux dans son sanctuaire.
Les matrones romaines jouaient un rôle central dans le culte de Carmenta. Selon Plutarque[9] et Ovide[10], un second jour de fête (15 janvier) aurait été ajouté à la suite d’un conflit entre les matrones et le Sénat, qui leur avait interdit l’usage des chariots couverts (carpenta). En signe de protestation, elles auraient refusé toute relation sexuelle avec leurs époux, entraînant une baisse des naissances. Le Sénat, cédant à leurs revendications, leur restitua ce privilège, et le deuxième jour des Carmentalia fut instauré.
[1] Cicéron, Brutus XIV, 57; ILS 1418
[2] Ovide, Fastes I, 462 et suivants.
[3] Tite-Live, Histoire romaine I, 37.
[4] Tite-Live, V, 47, 1-2; Denys d’Halicarnasse, I, 32; Servius, Commentaire à l’Énéide VIII, 339.
[5] Virgile, Énéide VIII, 336.
[6] Isidore de Séville, Origines I, 4, 1; V, 39, 11.
[7] Aulu-Gelle, Nuits attiques XVI, 16.
[8] Censorinus, De die natali II, 2.
[9] Plutarque, Questions romaines 56.
[10] Ovide, Fastes I, 619-626.
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Carmentalia, alle origini di un culto femminile
I Carmentalia erano feste religiose romane molto antiche, celebrate in onore della dea Carmenta. Queste festività, che avevano luogo l’11 e il 15 gennaio, si distinguono nel calendario romano per la loro struttura singolare: due giorni separati da un intervallo di tre giorni. Questa particolarità ha incuriosito gli storici, sebbene trovi paralleli in altri cicli festivi del calendario romano, come i Quinquatrus e i Tubilustrum, oppure ancora i Consualia e gli Opalia.
Carmenta, secondo la tradizione, era una divinità dalle origini molto antiche, come testimonia l’esistenza di un flamen carmentalis, sacerdote specializzato nel suo culto[1]. Tuttavia, già alla fine della Repubblica, i dettagli del suo culto risultavano confusi.
Secondo la leggenda riferita da Ovidio[2] e Tito Livio[3], Carmenta era la madre di Evandro, un eroe proveniente dall’Arcadia che si stabilì nel Lazio. Dotata di doni profetici, accompagnò il figlio e si insediò nei pressi del Campidoglio, su un promontorio noto con il nome di Saxum Carmentae[4]. Dopo la sua morte, in quel luogo fu eretto un santuario (sacellum) in suo onore, vicino alla porta Carmentalis.
Carmenta era dunque una dea della nascita e della profezia, associata all’innovazione tecnica, alla protezione delle madri e dei bambini, e al ruolo di patrona delle levatrici.
È spesso associata all’acqua, come ricorda Virgilio[5], forse in relazione alla vicinanza della sua festa con quella di Giuturna (11 gennaio). I doni profetici, frequentemente collegati alle sorgenti e ai corsi d’acqua, rafforzano tale associazione. Isidoro di Siviglia[6], nel VII secolo, precisa che il suo nome deriverebbe da carmen (canto o oracolo) e che sarebbe stata lei a introdurre l’alfabeto presso i Latini.
Carmenta era inoltre venerata insieme a due divinità associate: Porrima e Postverta, che simboleggiavano rispettivamente la conoscenza del futuro e del passato. Secondo Aulo Gellio[7], queste figure venivano invocate per favorire parti senza complicazioni, in base alla posizione del neonato al momento della nascita.
Le pratiche religiose legate a Carmenta rivelano una devozione improntata al rispetto per la vita e la purezza. Un testo di Varrone, citato da Censorino[8], sottolinea che il giorno della nascita era segnato da libagioni di latte o di vino, ma senza sacrifici cruenti. Questa regola si applicava anche al culto di Carmenta: era vietato introdurre nel suo santuario oggetti in cuoio o carcasse di animali.
Le matrone romane svolgevano un ruolo centrale nel culto di Carmenta. Secondo Plutarco[9] e Ovidio[10], un secondo giorno di festa (15 gennaio) sarebbe stato aggiunto a seguito di un conflitto tra le matrone e il Senato, che aveva loro vietato l’uso dei carri coperti (carpenta). In segno di protesta, esse avrebbero rifiutato ogni rapporto sessuale con i mariti, provocando un calo delle nascite. Il Senato, cedendo alle loro rivendicazioni, restituì questo privilegio, e venne così istituito il secondo giorno dei Carmentalia.
[1] Cicerone, Brutus XIV, 57; ILS 1418
[2] Ovidio, Fasti I, 462 e seguenti.
[3] Tito Livio, Ab urbe condita I, 37.
[4] Tito Livio, V, 47, 1–2; Dionigi di Alicarnasso, I, 32; Servio, Commento all’Eneide VIII, 339.
[5] Virgilio, Eneide VIII, 336.
[6] Isidoro di Siviglia, Origines I, 4, 1; V, 39, 11.
[7] Aulo Gellio, Noctes Atticae XVI, 16.
[8] Censorino, De die natali II, 2.
[9] Plutarco, Questioni romane 56.
[10] Ovidio, Fasti I, 619–626.
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English version
Carmentalia, at the Origins of a Female Cult
The Carmentalia were very ancient Roman religious festivals celebrated in honour of the goddess Carmenta. These festivities, held on 11 and 15 January, are remarkable in the Roman calendar for their unique structure: two days separated by an interval of three days. This peculiarity has intrigued historians, although it finds parallels in other festive cycles of the Roman calendar, such as the Quinquatrus and the Tubilustrum, or again the Consualia and the Opalia.
Carmenta, according to tradition, was a divinity of very ancient origins, as attested by the existence of a flamen carmentalis, a priest specifically devoted to her cult[1]. However, already by the end of the Republic, the details of her worship had become confused.
According to the legend reported by Ovid[2] and Livy[3], Carmenta was the mother of Evander, a hero who came from Arcadia and settled in Latium. Endowed with prophetic gifts, she accompanied her son and established herself near the Capitoline Hill, on a promontory known as the Saxum Carmentae[4]. After her death, a sanctuary (sacellum) was erected in her honour at that spot, close to the porta Carmentalis.
Carmenta was thus a goddess of birth and prophecy, associated with technical innovation, the protection of mothers and children, and the role of patroness of midwives.
She is often associated with water, as mentioned by Virgil[5], perhaps in connection with the proximity of her festival to that of Juturna (11 January). Prophetic gifts, frequently linked to springs and flowing waters, reinforce this association. Isidore of Seville[6], in the seventh century, specifies that her name would derive from carmen (song or oracle), and that she would have introduced the alphabet among the Latins.
Carmenta was also venerated together with two associated divinities: Porrima and Postverta, symbolising respectively knowledge of the future and of the past. According to Aulus Gellius[7], these figures were invoked to ensure uncomplicated childbirths, depending on the position of the baby at birth.
The religious practices connected with Carmenta reveal a form of devotion marked by respect for life and purity. A text by Varro, quoted by Censorinus[8], emphasises that the day of birth was marked by libations of milk or wine, but without blood sacrifices. This rule also applied to the cult of Carmenta: it was forbidden to bring leather objects or animal carcasses into her sanctuary.
Roman matrons played a central role in the cult of Carmenta. According to Plutarch[9] and Ovid[10], a second day of celebration (15 January) was added following a conflict between the matrons and the Senate, which had forbidden them the use of covered carriages (carpenta). As a sign of protest, they are said to have refused all sexual relations with their husbands, leading to a decline in births. The Senate, yielding to their demands, restored this privilege, and the second day of the Carmentalia was thus instituted.
[1] Cicero, Brutus XIV, 57; ILS 1418
[2] Ovid, Fasti I, 462 ff.
[3] Livy, Ab urbe condita I, 37.
[4] Livy, V, 47, 1–2; Dionysius of Halicarnassus, I, 32; Servius, Commentary on the Aeneid VIII, 339.
[5] Virgil, Aeneid VIII, 336.
[6] Isidore of Seville, Etymologiae I, 4, 1; V, 39, 11.
[7] Aulus Gellius, Attic Nights XVI, 16.
[8] Censorinus, De die natali II, 2.
[9] Plutarch, Roman Questions 56.
[10] Ovid, Fasti I, 619–626.
Dates
Janvier 11, 2027 13:56 - janvier 15, 2027 13:56
février
202705févToute la journée17FORNACALIA
Description
Nonis Februariis - Ante diem tertium decimum Kalendas Martias
Description
Nonis Februariis – Ante diem tertium decimum Kalendas Martias

EN BREF. Les Fornacalia étaient une fête romaine de février consacrée à la torréfaction du far (amidonnier). Chaque curie célébrait à sa date, mais les retardataires se rattrapaient le 17 février lors de la Fête des Sots (Stultorum feriae). Cette tradition révèle une Rome archaïque où le grain devait être transformé par le feu pour devenir pur et apte au sacrifice!
Les Fornacalia, fête des fours dans la Rome antique
Les Fornacalia faisaient partie des feriae conceptivae, fêtes dont la date était proclamée chaque année par le curio maximus. Ovide souligne ce fonctionnement inhabituel: les dates et lieux de célébration des différentes curies étaient affichés sur le Forum, signe d’une organisation déjà perçue comme archaïque à l’époque impériale.
Cette structure renvoie à la Rome des origines, lorsque la cité était divisée en trente curies, circonscriptions civico-religieuses attribuées par la tradition à Romulus. À l’époque d’Ovide, beaucoup de citoyens ne savaient plus à quelle curie ils appartenaient, ce qui explique l’existence d’un dernier jour commun.
Le 17 février: la Fête des Sots
Le dernier jour des Fornacalia, le 17 février, coïncidait avec les Quirinalia, fête dédiée à Quirinus, Romulus divinisé. Ovide lie explicitement les deux célébrations en demandant: «Pourquoi ce même jour est-il aussi appelé la Fête des Sots?» (Fastes II, 513). Les Stultorum feriae représentaient l’ultime occasion pour ceux qui ignoraient leur curie ou avaient manqué leur date de participer au rite.
Le poète en donne une explication ironique: les «sots» sont ceux qui ne connaissent plus leur place dans une institution devenue fossile, mais toujours opérante sur le plan rituel.
Fornax et la transformation rituelle du grain
La fête était dédiée à Fornax, déesse du four domestique et de la cuisson du grain. La torréfaction du far ne répondait pas seulement à une contrainte technique: elle constituait une exigence religieuse fondamentale.
Pline l’Ancien, citant l’annaliste Hemina, attribue ces prescriptions au roi Numa: le far devait être torréfié non seulement parce qu’il était ainsi plus salubre, mais surtout parce qu’il n’était pur pour le rite qu’après transformation par le feu (Histoire naturelle XVIII, 2, 8). Cette règle conditionnait la fabrication de la mola salsa, farine salée indispensable à tout sacrifice romain et à l’acte d’immolatio –notre verbe «immoler» vient de là.
L’historien établit un lien direct entre l’institution des Fornacalia et celle des Terminalia (23 février), fêtes des bornes de champs, soulignant ainsi la cohérence du système religieux agraire attribué à Numa. Fornax s’inscrivait dans un panthéon de divinités spécialisées : Seia pour les semailles, Segesta pour les moissons, formant avec elle une triade protectrice du cycle céréalier complet. Pline mentionne mystérieusement une troisième puissance agraire dont «la religion interdit de nommer [le nom] sous un toit», généralement identifiée à Tutilina, protectrice des grains entreposés –tabou religieux dont nous ignorons l’origine exacte.
Le far, de la nourriture au sacrifice
Cette double dimension –technique et sacrée– de la torréfaction s’explique par le statut même du far dans la société romaine primitive. Céréale de base de la Rome archaïque, il était consommé notamment sous forme de puls (bouillie), avant la diffusion du pain. «Les anciens semaient l’amidonnier, moissonnaient l’amidonnier, et l’amidonnier récolté, ils l’offraient en prémices à Cérès», précise Ovide (Fastes II, 519-520).
La torréfaction permettait de séparer le grain de ses glumes et glumelles très adhérentes, facilitant ensuite le broyage au pilon. Mais son rôle dépassait largement l’alimentation quotidienne: une fois transformé par le feu, le far devenait matière sacrificielle.
Ovide rappelle cependant que l’opération était risquée: «tantôt en balayant, ils recueillaient des cendres noires en lieu d’amidonnier, tantôt les flammes ravageaient même leurs huttes » (Fastes II, 523-524). Face à ces dangers qui menaçaient un geste religieux essentiel, les Romains créèrent une divinité protectrice spécialisée. Comme l’explique le poète: «Fornax devient une déesse: confiants en Fornax, les paysans la supplient de protéger leurs récoltes» (Fastes II, 525-526).
Célébrations familiales et collectives
Les Fornacalia se déroulaient à deux niveaux. Dans le cadre familial, chaque maisonnée procédait à un sacrifice devant son four, suivi d’un repas où la farine constituait l’élément principal. Cette dimension privée soulignait l’importance du foyer comme centre de la vie domestique. Dans la Rome archaïque, la torréfaction était essentiellement une tâche féminine, confiée aux femmes de la maison sous la protection de Fornax.
Au niveau collectif, les membres de chaque curie se réunissaient sur le Forum, dans un emplacement spécialement désigné et identifié par des affiches. Ils y apportaient leur amidonnier pour le faire griller collectivement et procédaient à des sacrifices communs sous la direction du curion de leur circonscription.
Une fête de seuil saisonnier
Les Fornacalia s’inscrivaient dans le cycle des fêtes de février, mois consacré à la purification et à la préparation du renouveau printanier. Pour les Romains primitifs, qui faisaient commencer le printemps vers le 17 février, cette célébration marquait la fin de l’hiver et la transition vers la belle saison, période où l’on consommait les grains torréfiés de l’année précédente en attendant la prochaine moisson.
Elle formait un pendant avec les Fordicidia du 15 avril, créant ainsi un cycle agraire complet. Ces deux fêtes, impliquant toutes deux les curies, encadraient rituellement la période décisive des activités agricoles printanières. Il est tentant de noter que le 17 février associait deux formes de transformation rituelle: celle de Romulus en Quirinus par l’apothéose, et celle du far en matière sacrée par le feu. Les deux célébrations partageaient cette idée de passage du profane au divin.
Longévité et signification
Attribuées à l’époque royale (8e siècle avant notre ère), les Fornacalia sont encore mentionnées par Lactance au début du 4e siècle de notre ère (Institutions divines I, 20, 35), preuve de leur remarquable longévité. Même après l’arrivée des boulangers professionnels grecs en 171 avant notre ère, qui marqua la fin de la boulangerie exclusivement domestique, la célébration conserva sa raison d’être: la préparation de la mola salsa demeurait indispensable aux sacrifices.
Cette persistance s’explique par l’enracinement profond de la fête dans les nécessités à la fois techniques et religieuses de la société romaine.
Sources antiques
- OVIDE, Fastes, II, 475-638.
- PLINE L’ANCIEN, Histoire naturelle, XVIII, 2.
- LACTANCE, Institutions divines, I, 20, 35.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Le Fornacalia erano una festa romana di febbraio consacrata alla torrefazione del farro. Ogni curia celebrava alla data assegnata, ma i ritardatari si rifacevano il 17 febbraio durante la Festa degli Stolti (Stultorum feriae). Questa tradizione rivela una Roma arcaica dove il grano doveva essere trasformato dal fuoco per diventare puro e adatto al sacrificio!
Le Fornacalia, festa dei forni nella Roma antica
Le Fornacalia facevano parte delle feriae conceptivae, feste la cui data veniva proclamata ogni anno dal curio maximus. Ovidio sottolinea questo funzionamento insolito: le date e i luoghi di celebrazione delle diverse curie erano affissi sul Foro, segno di un’organizzazione già percepita come arcaica in epoca imperiale.
Questa struttura rimanda alla Roma delle origini, quando la città era divisa in trenta curie, circoscrizioni civico-religiose attribuite dalla tradizione a Romolo. All’epoca di Ovidio, molti cittadini non sapevano più a quale curia appartenessero, il che spiega l’esistenza di un ultimo giorno comune.
Il 17 febbraio: la Festa degli Stolti
L’ultimo giorno delle Fornacalia, il 17 febbraio, coincideva con i Quirinalia, festa dedicata a Quirino, Romolo divinizzato. Ovidio collega esplicitamente le due celebrazioni chiedendo: «Perché questo stesso giorno è anche chiamato la Festa degli Stolti?» (Fasti II, 513). Le Stultorum feriae rappresentavano l’ultima occasione per coloro che ignoravano la propria curia o avevano mancato la loro data di partecipare al rito.
Il poeta ne dà una spiegazione ironica: gli «stolti» sono coloro che non conoscono più il loro posto in un’istituzione diventata fossile, ma ancora operante sul piano rituale.
Fornax e la trasformazione rituale del grano
La festa era dedicata a Fornax, dea del forno domestico e della cottura del grano. La torrefazione del farro non rispondeva soltanto a un vincolo tecnico: costituiva un’esigenza religiosa fondamentale.
Plinio il Vecchio, citando l’annalista Emina, attribuisce queste prescrizioni al re Numa: il farro doveva essere torrefatto non soltanto perché era così più salubre, ma soprattutto perché non era puro per il rito se non dopo la trasformazione attraverso il fuoco (Storia naturale XVIII, 2, 8). Questa regola condizionava la fabbricazione della mola salsa, farina salata indispensabile a ogni sacrificio romano e all’atto dell’immolatio –il nostro verbo «immolare» viene da lì.
Lo storico stabilisce un legame diretto tra l’istituzione delle Fornacalia e quella dei Terminalia (23 febbraio), feste dei confini dei campi, sottolineando così la coerenza del sistema religioso agrario attribuito a Numa. Fornax si inscriveva in un pantheon di divinità specializzate: Seia per le semine, Segesta per i raccolti, formando con essa una triade protettrice del ciclo cerealicolo completo. Plinio menziona misteriosamente una terza potenza agraria il cui nome «la religione vieta di pronunciare sotto un tetto», generalmente identificata con Tutilina, protettrice dei grani immagazzinati –tabù religioso di cui ignoriamo l’origine esatta.
Il farro, dal nutrimento al sacrificio
Questa doppia dimensione –tecnica e sacra– della torrefazione si spiega con lo statuto stesso del farro nella società romana primitiva. Cereale di base della Roma arcaica, era consumato in particolare sotto forma di puls (pappa), prima della diffusione del pane. «Gli antichi seminavano il farro, mietevano il farro, e il farro raccolto lo offrivano come primizie a Cerere», precisa Ovidio (Fasti II, 519-520).
La torrefazione permetteva di separare il grano dalle sue glume e glumelle molto aderenti, facilitando poi la macinazione nel mortaio. Ma il suo ruolo superava largamente l’alimentazione quotidiana: una volta trasformato dal fuoco, il farro diventava materia sacrificale.
Ovidio ricorda tuttavia che l’operazione era rischiosa: «ora spazzando raccoglievano ceneri nere al posto del farro, ora le fiamme devastavano persino le loro capanne» (Fasti II, 523-524). Di fronte a questi pericoli che minacciavano un gesto religioso essenziale, i Romani crearono una divinità protettrice specializzata. Come spiega il poeta: «Fornax diventa una dea: fiduciosi in Fornax, i contadini la supplicano di proteggere i loro raccolti» (Fasti II, 525-526).
Celebrazioni familiari e collettive
Le Fornacalia si svolgevano a due livelli. Nell’ambito familiare, ogni nucleo domestico procedeva a un sacrificio davanti al proprio forno, seguito da un pasto dove la farina costituiva l’elemento principale. Questa dimensione privata sottolineava l’importanza del focolare come centro della vita domestica. Nella Roma arcaica, la torrefazione era essenzialmente un compito femminile, affidato alle donne della casa sotto la protezione di Fornax.
A livello collettivo, i membri di ogni curia si riunivano sul Foro, in un luogo appositamente designato e identificato da cartelli. Vi portavano il loro farro per farlo arrostire collettivamente e procedevano a sacrifici comuni sotto la direzione del curione della loro circoscrizione.
Una festa di soglia stagionale
Le Fornacalia si inscrivevano nel ciclo delle feste di febbraio, mese consacrato alla purificazione e alla preparazione del rinnovamento primaverile. Per i Romani primitivi, che facevano cominciare la primavera verso il 17 febbraio, questa celebrazione segnava la fine dell’inverno e la transizione verso la bella stagione, periodo in cui si consumavano i grani torrefatti dell’anno precedente in attesa del prossimo raccolto.
Formava un pendant con le Fordicidia del 15 aprile, creando così un ciclo agrario completo. Queste due feste, implicando entrambe le curie, incorniciavano ritualmente il periodo decisivo delle attività agricole primaverili. È tentante notare che il 17 febbraio associava due forme di trasformazione rituale: quella di Romolo in Quirino attraverso l’apoteosi, e quella del farro in materia sacra attraverso il fuoco. Le due celebrazioni condividevano quest’idea di passaggio dal profano al divino.
Longevità e significato
Attribuite all’epoca regia (VIII secolo prima della nostra era), le Fornacalia sono ancora menzionate da Lattanzio all’inizio del IV secolo della nostra era (Istituzioni divine I, 20, 35), prova della loro notevole longevità. Anche dopo l’arrivo dei panettieri professionisti greci nel 171 prima della nostra era, che segnò la fine della panificazione esclusivamente domestica, la celebrazione conservò la sua ragion d’essere: la preparazione della mola salsa rimaneva indispensabile ai sacrifici.
Questa persistenza si spiega con il radicamento profondo della festa nelle necessità al tempo stesso tecniche e religiose della società romana. Le Fornacalia offrono così uno sguardo stupefacente sulla Roma arcaica, dove ogni gesto tecnico si accompagnava a un inquadramento religioso, e dove un’istituzione legata alle curie sopravvive in epoca imperiale come fossile amministrativo.
Fonti antiche
- OVIDIO, Fasti, II, 513-532.
- PLINIO IL VECCHIO, Storia naturale, XVIII, 2, 8.
- LATTANZIO, Istituzioni divine, I, 20, 35.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. The Fornacalia was a Roman festival in February dedicated to the roasting of emmer wheat (far). Each curia celebrated on its assigned date, but latecomers could make up for it on February 17th during the Festival of Fools (Stultorum feriae). This tradition reveals an archaic Rome where grain had to be transformed by fire to become pure and suitable for sacrifice!
The Fornacalia, festival of ovens in ancient Rome
The Fornacalia was part of the feriae conceptivae, festivals whose date was proclaimed each year by the curio maximus. Ovid emphasizes this unusual arrangement: the dates and locations for celebrating the different curiae were posted on the Forum, a sign of an organization already perceived as archaic in the imperial era.
This structure harks back to early Rome, when the city was divided into thirty curiae, civic-religious districts attributed by tradition to Romulus. In Ovid’s time, many citizens no longer knew which curia they belonged to, which explains the existence of a final common day.
February 17th: the Festival of Fools
The last day of the Fornacalia, February 17th, coincided with the Quirinalia, a festival dedicated to Quirinus, the deified Romulus. Ovid explicitly links the two celebrations by asking: « Why is this same day also called the Festival of Fools? » (Fasti II, 513). The Stultorum feriae represented the final opportunity for those who were unaware of their curia or had missed their date to participate in the rite.
The poet offers an ironic explanation: the « fools » are those who no longer know their place in an institution that has become a fossil, yet remains operative on the ritual level.
Fornax and the ritual transformation of grain
The festival was dedicated to Fornax, goddess of the domestic oven and grain roasting. The roasting of emmer wheat was not merely a technical constraint: it constituted a fundamental religious requirement.
Pliny the Elder, citing the annalist Hemina, attributes these prescriptions to King Numa: emmer wheat had to be roasted not only because it was more wholesome that way, but above all because it was not pure for ritual use until after transformation by fire (Natural History XVIII, 2, 8). This rule governed the making of mola salsa, salted flour essential to every Roman sacrifice and to the act of immolatio.
The historian establishes a direct link between the institution of the Fornacalia and that of the Terminalia (February 23rd), festivals of field boundaries, thus emphasizing the coherence of the agrarian religious system attributed to Numa. Fornax was part of a pantheon of specialized deities: Seia for sowing, Segesta for harvests, forming with her a protective triad of the complete cereal cycle. Pliny mysteriously mentions a third agrarian power whose name « religion forbids pronouncing under a roof, » generally identified as Tutilina, protector of stored grain –a religious taboo whose exact origin we do not know.
Emmer wheat, from food to sacrifice
This dual dimension –technical and sacred– of roasting is explained by the very status of emmer wheat in primitive Roman society. The staple cereal of archaic Rome, it was consumed primarily as puls (porridge), before the spread of bread. « The ancients sowed emmer wheat, harvested emmer wheat, and the harvested emmer wheat they offered as first fruits to Ceres, » Ovid specifies (Fasti II, 519-520).
Roasting allowed the grain to be separated from its tightly adhering glumes and lemmas, then facilitating grinding in a mortar. But its role far exceeded daily nutrition: once transformed by fire, emmer wheat became sacrificial material.
Ovid reminds us, however, that the operation was risky: « sometimes while sweeping they gathered black ashes instead of emmer wheat, sometimes the flames even ravaged their huts » (Fasti II, 523-524). Faced with these dangers that threatened an essential religious act, the Romans created a specialized protective deity. As the poet explains: « Fornax becomes a goddess: trusting in Fornax, the farmers beseech her to protect their crops » (Fasti II, 525-526).
Family and collective celebrations
The Fornacalia took place on two levels. In the family context, each household performed a sacrifice before its oven, followed by a meal where flour was the main element. This private dimension emphasized the importance of the hearth as the center of domestic life. In archaic Rome, roasting was essentially a feminine task, entrusted to the women of the house under Fornax’s protection.
At the collective level, members of each curia gathered on the Forum, in a specially designated location identified by notices. They brought their emmer wheat to roast it collectively and performed communal sacrifices under the direction of the curio of their district.
A festival of seasonal threshold
The Fornacalia was part of the cycle of February festivals, a month devoted to purification and preparation for spring renewal. For primitive Romans, who marked the beginning of spring around February 17th, this celebration signaled the end of winter and the transition to the fair season, a period when roasted grain from the previous year was consumed while awaiting the next harvest.
It formed a counterpart to the Fordicidia of April 15th, thus creating a complete agrarian cycle. These two festivals, both involving the curiae, ritually framed the decisive period of spring agricultural activities. It is tempting to note that February 17th associated two forms of ritual transformation: that of Romulus into Quirinus through apotheosis, and that of emmer wheat into sacred matter through fire. Both celebrations shared this idea of passage from the profane to the divine.
Longevity and significance
Attributed to the royal period (8th century BCE), the Fornacalia is still mentioned by Lactantius in the early 4th century CE (Divine Institutes I, 20, 35), proof of its remarkable longevity. Even after the arrival of Greek professional bakers in 171 BCE, which marked the end of exclusively domestic baking, the celebration retained its reason for being: the preparation of mola salsa remained essential for sacrifices.
This persistence is explained by the festival’s deep roots in both the technical and religious necessities of Roman society. The Fornacalia thus offers a striking glimpse into archaic Rome, where every technical act was accompanied by religious oversight, and where an institution tied to the curiae survives into the imperial era as an administrative fossil.
Ancient sources
- OVID, Fasti, II, 513-532.
- PLINY THE ELDER, Natural History, XVIII, 2, 8.
- LACTANTIUS, Divine Institutes, I, 20, 35.
Dates
Février 5, 2027 - février 17, 2027 (Toute la journée)
202713févToute la journée15Lupercalia
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Les Lupercales, célébrées dans la Rome antique du 13 au
Description

Les Lupercales, célébrées dans la Rome antique du 13 au 15 février, étaient des fêtes de purification et de fertilité en l’honneur de Faunus, dieu des forêts et des troupeaux. Situées près de la grotte du Lupercal au pied du mont Palatin, ces cérémonies impliquaient le sacrifice d’un bouc par les luperques, prêtres de Faunus, et des rituels de flagellation destinés à favoriser la fécondité des femmes. Inspirées par la légende de Romulus et Remus, nourris par une louve, ces rites marquaient la fin de l’année romaine et symbolisaient un passage et une régénération. Le festival comportait également des courses dans Rome où les jeunes hommes, vêtus de peaux de bouc, fouettaient les femmes pour encourager la procréation. Malgré les tentatives de réforme et les interdictions, notamment celles liées à l’édit de Milan et aux critiques chrétiennes, les Lupercales perdurèrent jusqu’à la période byzantine. La découverte en 2007 d’une grotte pouvant être le Lupercal historique souligne l’importance de ce festival dans l’antiquité romaine, malgré les débats sur son identification précise.
Lire notre article:
Saint-Valentin, quand les luperques calent
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Dates
Février 13, 2027 - février 15, 2027 (Toute la journée)
202713févToute la journée21Parentalia
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Idibus Februariis - Ante diem nonum Kalendas Martias
Description
Idibus Februariis – Ante diem nonum Kalendas Martias

EN BREF. Du 13 au 21 février, les Romains ont célébré pendant des siècles les Parentalia, neuf jours consacrés à leurs défunts. Cette fête, à la fois intime et spectaculaire, a constitué l’un des piliers de la vie religieuse et familiale romaine.
Du vin et des violettes pour honorer les morts
Les Parentalia (ou dies parentales) comptent parmi les fêtes les plus durables du calendrier romain. Ovide, qui en a livré la description la plus complète dans les Fastes, les désigne aussi comme dies ferales, «jours des morts»[1]. Leur durée était exceptionnelle: neuf jours consécutifs, alors que la plupart des fêtes romaines se déroulaient sur une ou deux journées.
Contrairement à une idée reçue, les Parentalia ne constituaient pas une simple «fête des ancêtres». Le terme dérive de parentes, dont le sens était bien plus large que «parents» au sens strict. Selon le juriste Festus, «on appelle communément parens le père ou la mère, mais les jurisconsultes disent que les aïeuls et bisaïeuls, les aïeules et bisaïeules portent aussi le nom de parentes»[2]. Les inscriptions montrent que le terme pouvait englober frères, oncles, époux et même beaux-parents. Comme l’a souligné Fanny Dolansky, on y honorait aussi bien les grands-parents disparus depuis longtemps que les épouses et les enfants morts récemment.
«Les Mânes n’exigent que peu de choses»
Les cérémonies débutaient le 13 février, jour déclaré nefastus. Une Vestale ouvrait officiellement la période par un sacrifice au tombeau de la légendaire Tarpeia, inaugurant au niveau civique un temps dévolu au culte des morts, mais observé avant tout par les familles.
Les jours suivants, les familles se rendaient en procession aux nécropoles situées hors du pomerium, la limite sacrée de Rome –car il était interdit d’enterrer ou de brûler les morts à l’intérieur des remparts. Ovide a décrit les offrandes attendues par les Mânes en insistant sur leur simplicité:
«Les Mânes n’exigent que peu de choses: la piété leur est plus précieuse qu’un riche présent: le Styx en ses profondeurs n’abrite pas de dieux avides. Ils se satisfont d’une tuile couronnée d’une guirlande votive, de grains épars, d’une simple pincée de sel, de pain trempé dans du vin et de violettes éparpillées.»[3]
Le vin et les fleurs pourpres rappelaient les offrandes d’Énée sur le tombeau d’Anchise dans l’Énéide, et pouvaient évoquer le sang des sacrifices animaux, rares lors des Parentalia, mais attestés. Ovide conseillait de déposer ces offrandes sur des tessons de poterie au milieu du chemin, car on imaginait les esprits des défunts errant parmi les tombeaux: «En ces jours, âmes ténues et corps des défunts errent près des tombeaux, c’est le moment où l’ombre se repaît des mets posés devant elle.»[4]
Selon Ovide, c’est Énée lui-même, «modèle avéré de piété», qui a introduit cette coutume en Italie[5].
Le jour où les morts sont sortis de leurs tombeaux
Le poète rapporte qu’à une époque reculée, alors que Rome menait de longues guerres, les dies parentales ont été négligés. Les conséquences auraient été terrifiantes:
«Nos aïeux seraient sortis des tombeaux, emplissant de leurs plaintes le silence de la nuit; et, à travers les rues de la Ville et dans les campagnes, la foule vaine des âmes inconsistantes se serait mise à hurler.»[6]
Ovide lui-même avouait sa difficulté à croire ce prodige, mais le message était clair: négliger les morts ne reste jamais impuni.
Pendant toute la durée des Parentalia, les temples restaient fermés –pour éviter tout contact entre les dieux et les morts–, les mariages étaient interdits et les magistrats paraissaient sans leurs insignes. «Prenez patience, jeunes veuves: le flambeau de pin nuptial doit attendre des jours purs», avertissait Ovide[7].
Le dernier jour, le 21 février, portait le nom spécifique de Feralia. Varron faisait dériver ce nom de inferi («les morts d’en bas») et de ferre («apporter»), en référence à la coutume d’apporter des offrandes aux tombeaux. Festus proposait ferre mais aussi ferire («frapper»), suggérant des sacrifices d’animaux offerts aux esprits des défunts. Les Feralia constituaient un rite d’apaisement et de purification, préparant la Caristia du lendemain, lorsque la famille organisait un banquet pour célébrer les liens d’affection entre vivants et morts bienveillants, les Lares.
De l’huile de nard et des combats de lutte
Si Ovide insistait sur la simplicité des offrandes, il reconnaissait que de plus riches n’étaient pas interdites[8]. Le cas le plus spectaculaire connu est celui de Q. Cominius Abascantus, un riche affranchi de Misène, dont les volontés ont été gravées en 148-149 de notre ère. Il a prévu des combats de lutte, la décoration de son tombeau avec des violettes et des roses, l’onction de ses restes avec de l’huile de nard –l’un des onguents les plus coûteux–, et un banquet exclusif dans la salle à manger construite au-dessus de son tombeau. À Herculanum, les honneurs posthumes de M. Nonius Balbus, ancien tribun de la plèbe, comprenaient une procession annuelle et des jeux gymniques.
Les nécropoles romaines constituaient de véritables «rues de tombeaux». Certains possédaient des jardins, des vignobles, des salles à manger et même des suites permettant d’y passer la nuit. Dans la localité d’Ambarri en Gaule lyonnaise, un demi-arpent de vignobles était réservé spécifiquement ad Parentalia celebranda (CIL XIII 2465).
À la fin du 4e siècle, Ausone de Bordeaux a composé un recueil de trente poèmes portant le titre Parentalia, où il honorait ses nombreux défunts. Chrétien convaincu, il considérait cette fête comme «un triste devoir religieux», mais affirmait que «le respect des vivants ne tient rien pour plus sacré que de rappeler avec la déférence qui convient ceux qui se sont éteints»[9]. La diffusion géographique des Parentalia a été considérable: de la Sardaigne à la Gaule lyonnaise, de l’Afrique du Nord jusqu’à Philippes en Macédoine.
Leur persistance dans un monde de plus en plus chrétien reste remarquable. Augustin rapportait que sa mère Monique apportait nourriture et vin sur les tombes des martyrs nord-africains, jusqu’à ce que l’évêque Ambroise de Milan interdise ces pratiques parce qu’elles «ressemblaient de trop près aux rites superstitieux que les païens célébraient en l’honneur de leurs morts»[10]. En 567 encore, le concile de Tours a déploré des rites mêlant offrandes aux morts et repas familiaux. Cette longévité s’explique, selon Fanny Dolansky, par le poids de la tradition, la haute valeur accordée aux défunts, le respect de la pietas comme principe moral, et l’attrait des dimensions sociales des rites.
Pendant plus de cinq siècles et à travers un immense espace géographique, les Parentalia ont constitué un temps où les vivants réaffirmaient leurs liens avec ceux qui les avaient précédés dans la mort. Les célébrer était à la fois un devoir et un acte de dévotion que même les vicissitudes de l’existence ne pouvaient abolir.
[1] Ovide, Fastes, 2, 33-34: Aut quia placatis sunt tempora pura sepulcris, / tum cum ferales praeteriere dies.
[2] Festus, 247L (cité par Dolansky, p. 129): Parens vulgo pater aut mater appellatur, sed iuris prudentes avos et proavos, avias et proavias parentum nomine appellari dicunt.
[3] Ovide, Fastes, 2, 535-540: Parva petunt manes: pietas pro divite grata est / munere; non avidos Styx habet ima deos. / Tegula porrectis satis est velata coronis / et sparsae fruges parcaque mica salis, / inque mero mollita Ceres violaeque solutae: / haec habeat media testa relicta via.
[4] Ovide, Fastes, 2, 565-566: Nunc animae tenues et corpora functa sepulcris / errant, nunc posito pascitur umbra cibo.
[5] Ovide, Fastes, 2, 543-546: Hunc morem Aeneas, pietatis idoneus auctor, / attulit in terras, iuste Latine, tuas. / Ille patris Genio sollemnia dona ferebat: / hinc populi ritus edidicere pios.
[6] Ovide, Fastes, 2, 551-554: Vix equidem credo: bustis exisse feruntur / et tacitae questi tempore noctis avi, / perque vias Urbis latosque ululasse per agros / deformes animas, volgus inane, ferunt.
[7] Ovide, Fastes, 2, 557-558: Dum tamen haec fiunt, viduae cessate puellae: / exspectet puros pinea taeda dies.
[8] Ovide, Fastes, 2, 541: Nec maiora veto, sed et his placabilis umbra est.
[9] Ausone, Parentalia, préf. A.8-9 (cité par Dolansky, p. 126): Nec quicquam sanctius habet reverentia superstitum quam ut amissos venerabiliter recordetur.
[10] Augustin, Confessions, 6.2 (cité par Dolansky, p. 149): Illa quasi parentalia superstitioni gentilium essent simillima.
Étude moderne:
- Fanny Dolansky, «Honouring the Family Dead on the Parentalia: Ceremony, Spectacle, and Memory», Phoenix 65, 2011, p. 125-157.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Dal 13 al 21 febbraio, i Romani hanno celebrato per secoli i Parentalia, nove giorni dedicati ai propri defunti. Questa festa, al tempo stesso intima e spettacolare, ha costituito uno dei pilastri della vita religiosa e familiare romana.
Vino e violette per onorare i morti
I Parentalia (o dies parentales) figurano tra le feste più durature del calendario romano. Ovidio, che ne ha fornito la descrizione più completa nei Fasti, li designa anche come dies ferales, «giorni dei morti»[1]. La loro durata era eccezionale: nove giorni consecutivi, mentre la maggior parte delle feste romane si svolgeva nell’arco di una o due giornate.
Contrariamente a un’idea diffusa, i Parentalia non erano una semplice «festa degli antenati». Il termine deriva da parentes, il cui significato era assai più ampio di «genitori» in senso stretto. Secondo il giurista Festo, «comunemente si chiama parens il padre o la madre, ma i giureconsulti dicono che anche gli avi e i bisavi, le ave e le bisave portano il nome di parentes»[2]. Le iscrizioni mostrano che il termine poteva includere fratelli, zii, coniugi e persino suoceri. Come ha sottolineato Fanny Dolansky, vi si onoravano tanto i nonni scomparsi da tempo quanto le mogli e i figli morti di recente.
«I Mani non esigono che poco»
Le cerimonie iniziavano il 13 febbraio, giorno dichiarato nefastus. Una Vestale apriva ufficialmente il periodo con un sacrificio sulla tomba della leggendaria Tarpeia, inaugurando a livello civico un tempo consacrato al culto dei morti, ma osservato soprattutto dalle famiglie.
Nei giorni seguenti, le famiglie si recavano in processione alle necropoli situate fuori dal pomerium, il confine sacro di Roma – poiché era vietato seppellire o cremare i morti all’interno delle mura. Ovidio ha descritto le offerte attese dai Mani insistendo sulla loro semplicità:
«I Mani non esigono che poco: la devozione è loro più gradita di un ricco dono: lo Stige nelle sue profondità non ospita dèi avidi. Si accontentano di una tegola coronata da una ghirlanda votiva, di grani sparsi, di un semplice pizzico di sale, di pane inzuppato nel vino e di violette sparse.»[3]
Il vino e i fiori purpurei ricordavano le offerte di Enea sulla tomba di Anchise nell’Eneide, e potevano evocare il sangue dei sacrifici animali, rari durante i Parentalia, ma attestati. Ovidio consigliava di deporre queste offerte su cocci di terracotta in mezzo alla strada, poiché si immaginava che gli spiriti dei defunti vagassero tra le tombe: «In questi giorni, anime tenui e corpi dei defunti errano presso i sepolcri, è il momento in cui l’ombra si nutre dei cibi posti davanti a lei.»[4]
Secondo Ovidio, fu Enea in persona, «modello accertato di pietà», a introdurre questa usanza in Italia[5].
Il giorno in cui i morti uscirono dalle tombe
Il poeta racconta che in un’epoca remota, mentre Roma conduceva lunghe guerre, i dies parentales furono trascurati. Le conseguenze sarebbero state terrificanti:
«I nostri avi sarebbero usciti dalle tombe, riempiendo dei loro lamenti il silenzio della notte; e, per le vie della Città e nelle campagne, la folla vana delle anime inconsistenti si sarebbe messa a urlare.»[6]
Ovidio stesso ammetteva la propria difficoltà a credere a questo prodigio, ma il messaggio era chiaro: trascurare i morti non resta mai impunito.
Per tutta la durata dei Parentalia, i templi restavano chiusi – per evitare ogni contatto tra gli dèi e i morti –, i matrimoni erano vietati e i magistrati comparivano senza le loro insegne. «Portate pazienza, giovani vedove: la fiaccola nuziale di pino deve attendere giorni puri», avvertiva Ovidio[7].
L’ultimo giorno, il 21 febbraio, portava il nome specifico di Feralia. Varrone faceva derivare questo nome da inferi («i morti di sotto») e da ferre («portare»), in riferimento all’usanza di portare offerte alle tombe. Festo proponeva ferre ma anche ferire («colpire»), suggerendo sacrifici di animali offerti agli spiriti dei defunti. I Feralia costituivano un rito di propiziazione e di purificazione, in preparazione della Caristia del giorno seguente, quando la famiglia organizzava un banchetto per celebrare i legami di affetto tra vivi e morti benevoli, i Lares.
Olio di nardo e combattimenti di lotta
Se Ovidio insisteva sulla semplicità delle offerte, riconosceva che doni più ricchi non erano proibiti[8]. Il caso più spettacolare a noi noto è quello di Q. Cominius Abascantus, un ricco liberto di Miseno, le cui volontà furono incise in una dedica del 148-149 della nostra era. Aveva previsto combattimenti di lotta, la decorazione della sua tomba con violette e rose, l’unzione dei suoi resti con olio di nardo – uno degli unguenti più costosi –, e un banchetto esclusivo nella sala da pranzo costruita sopra il suo sepolcro. A Ercolano, gli onori postumi di M. Nonio Balbo, ex tribuno della plebe, comprendevano una processione annuale e giochi ginnici.
Le necropoli romane costituivano vere e proprie «vie dei sepolcri». Alcune disponevano di giardini, vigneti, sale da pranzo e persino alloggi che permettevano di trascorrervi la notte. Nella località di Ambarri nella Gallia Lugdunense, mezzo iugero di vigneti era riservato specificamente ad Parentalia celebranda (CIL XIII 2465).
Alla fine del 4° secolo, Ausonio di Bordeaux ha composto una raccolta di trenta poemi intitolata Parentalia, in cui onorava i suoi numerosi defunti. Cristiano convinto, considerava questa festa come «un triste dovere religioso», ma affermava che «il rispetto dei vivi non tiene nulla per più sacro che ricordare con la deferenza dovuta coloro che si sono spenti»[9]. La diffusione geografica dei Parentalia è stata considerevole: dalla Sardegna alla Gallia Lugdunense, dall’Africa del Nord fino a Filippi in Macedonia.
La loro persistenza in un mondo sempre più cristiano resta notevole. Agostino riferiva che sua madre Monica portava cibo e vino sulle tombe dei martiri nordafricani, finché il vescovo Ambrogio di Milano non vietò queste pratiche perché «somigliavano troppo ai riti superstiziosi che i pagani celebravano in onore dei loro morti»[10]. Ancora nel 567, il concilio di Tours deplorò riti che mescolavano offerte ai morti e pasti familiari. Questa longevità si spiega, secondo Fanny Dolansky, con il peso della tradizione, l’alto valore attribuito ai defunti, il rispetto della pietas come principio morale, e il richiamo delle dimensioni sociali dei riti.
Per più di cinque secoli e attraverso un immenso spazio geografico, i Parentalia hanno costituito un tempo in cui i vivi riaffermavano i propri legami con coloro che li avevano preceduti nella morte. Celebrarli era al tempo stesso un dovere e un atto di devozione che neppure le vicissitudini dell’esistenza potevano abolire.
[1] Ovidio, Fasti, 2, 33-34: Aut quia placatis sunt tempora pura sepulcris, / tum cum ferales praeteriere dies.
[2] Festo, 247L (citato da Dolansky, p. 129): Parens vulgo pater aut mater appellatur, sed iuris prudentes avos et proavos, avias et proavias parentum nomine appellari dicunt.
[3] Ovidio, Fasti, 2, 535-540: Parva petunt manes: pietas pro divite grata est / munere; non avidos Styx habet ima deos. / Tegula porrectis satis est velata coronis / et sparsae fruges parcaque mica salis, / inque mero mollita Ceres violaeque solutae: / haec habeat media testa relicta via.
[4] Ovidio, Fasti, 2, 565-566: Nunc animae tenues et corpora functa sepulcris / errant, nunc posito pascitur umbra cibo.
[5] Ovidio, Fasti, 2, 543-546: Hunc morem Aeneas, pietatis idoneus auctor, / attulit in terras, iuste Latine, tuas. / Ille patris Genio sollemnia dona ferebat: / hinc populi ritus edidicere pios.
[6] Ovidio, Fasti, 2, 551-554: Vix equidem credo: bustis exisse feruntur / et tacitae questi tempore noctis avi, / perque vias Urbis latosque ululasse per agros / deformes animas, volgus inane, ferunt.
[7] Ovidio, Fasti, 2, 557-558: Dum tamen haec fiunt, viduae cessate puellae: / exspectet puros pinea taeda dies.
[8] Ovidio, Fasti, 2, 541: Nec maiora veto, sed et his placabilis umbra est.
[9] Ausonio, Parentalia, praef. A.8-9 (citato da Dolansky, p. 126): Nec quicquam sanctius habet reverentia superstitum quam ut amissos venerabiliter recordetur.
[10] Agostino, Confessioni, 6.2 (citato da Dolansky, p. 149): Illa quasi parentalia superstitioni gentilium essent simillima.
Studio moderno:
- Fanny Dolansky, «Honouring the Family Dead on the Parentalia: Ceremony, Spectacle, and Memory», Phoenix 65, 2011, p. 125-157.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. From 13 to 21 February, the Romans celebrated for centuries the Parentalia, nine days devoted to their dead. This festival, at once intimate and spectacular, was one of the pillars of Roman religious and family life.
Wine and violets to honour the dead
The Parentalia (or dies parentales) rank among the most enduring festivals in the Roman calendar. Ovid, who provided the most complete description of them in the Fasti, also refers to them as dies ferales, ‘days of the dead’[1]. Their duration was exceptional: nine consecutive days, whereas most Roman festivals lasted only one or two.
Contrary to a common misconception, the Parentalia were not simply a ‘festival of ancestors’. The term derives from parentes, whose meaning was far broader than ‘parents’ in the strict sense. According to the jurist Festus, ‘commonly parens refers to a father or mother, but those versed in the law say that grandfathers and great-grandfathers, grandmothers and great-grandmothers, are also called by the name parentes‘[2]. Inscriptions show that the term could encompass brothers, uncles, spouses and even parents-in-law. As Fanny Dolansky has emphasised, the rites honoured grandparents long since departed just as much as wives and children recently deceased.
‘The dead desire little’
The ceremonies began on 13 February, a day declared nefastus. A Vestal Virgin officially opened the period with a sacrifice at the tomb of the legendary Tarpeia, inaugurating at civic level a time devoted to the cult of the dead, but observed above all by families.
In the days that followed, families processed to the necropoleis situated beyond the pomerium, the sacred boundary of Rome – for it was forbidden to bury or cremate the dead within the city walls. Ovid described the offerings expected by the Manes, insisting upon their simplicity:
‘The dead desire little: piety is dearer to them than a rich gift; the Styx in its depths harbours no greedy gods. They are content with a tile crowned by a votive garland, scattered grain, a mere pinch of salt, bread soaked in wine and loose violets.’[3]
The wine and purple flowers were reminiscent of Aeneas’ offerings at the tomb of Anchises in the Aeneid, and may have evoked the blood of animal sacrifice, rare during the Parentalia but attested. Ovid advised leaving these offerings on potsherds in the middle of the road, for it was imagined that the spirits of the dead wandered among the tombs: ‘On these days, slender souls and the bodies of the departed roam near their graves; now the shade feeds upon the food set before it.’[4]
According to Ovid, it was Aeneas himself, ‘that fitting patron of piety’, who introduced this custom to Italy[5].
The day the dead rose from their tombs
The poet relates that at some remote period, whilst Rome was waging protracted wars, the dies parentales were neglected. The consequences were said to have been terrifying:
‘Our forefathers are said to have risen from their tombs, filling the silence of the night with their lamentations; and through the streets of the City and across the countryside, the insubstantial throng of shapeless souls is said to have howled.’[6]
Ovid himself admitted his difficulty in believing this prodigy, but the message was clear: neglecting the dead never goes unpunished.
Throughout the duration of the Parentalia, temples remained closed – to prevent any contact between the gods and the dead –, marriages were forbidden and magistrates appeared without their insignia. ‘Be patient, young widows: the nuptial pine torch must await days of purity,’ Ovid cautioned[7].
The final day, 21 February, bore the specific name of Feralia. Varro derived the name from inferi (‘the dead below’) and ferre (‘to bring’), referring to the custom of bringing offerings to the tombs. Festus proposed ferre but also ferire (‘to strike’), suggesting animal sacrifices offered to the spirits of the dead. The Feralia constituted a rite of appeasement and purification, preparing the way for the Caristia on the following day, when the family held a banquet to celebrate the bonds of affection between the living and the benevolent dead, the Lares.
Nard oil and wrestling bouts
Whilst Ovid insisted on the simplicity of offerings, he acknowledged that more lavish ones were not forbidden[8]. The most spectacular case known to us is that of Q. Cominius Abascantus, a wealthy freedman of Misenum, whose wishes were inscribed in a dedication of 148–149 CE. He provided for wrestling bouts, the decoration of his tomb with violets and roses, the anointing of his remains with nard oil – one of the costliest unguents –, and an exclusive banquet in the dining hall built above his tomb. At Herculaneum, the posthumous honours for M. Nonius Balbus, a former tribune of the plebs, included an annual procession and gymnastic games.
Roman necropoleis formed veritable ‘streets of tombs’. Some were equipped with gardens, vineyards, dining rooms and even suites of rooms allowing overnight stays. In the locality of Ambarri in Gallia Lugdunensis, half an acre of vineyards was reserved specifically ad Parentalia celebranda (CIL XIII 2465).
In the late 4th century, Ausonius of Bordeaux composed a collection of thirty poems entitled Parentalia, in which he honoured his many departed. A committed Christian, he regarded the festival as ‘a sad religious observance’, yet affirmed that ‘the respect of the living holds nothing more sacred than to recall with due reverence those who have passed away’[9]. The geographical spread of the Parentalia was considerable: from Sardinia to Gallia Lugdunensis, from North Africa as far as Philippi in Macedonia.
Their persistence in an increasingly Christian world remains remarkable. Augustine reported that his mother Monica brought food and wine to the tombs of North African martyrs, until Bishop Ambrose of Milan forbade these practices because they ‘bore so close a resemblance to the superstitious rites which the pagans held in honour of their dead’[10]. As late as 567, the Council of Tours deplored rites that mingled offerings to the dead with family meals. This longevity is explained, according to Fanny Dolansky, by the weight of tradition, the high value placed upon the dead, respect for pietas as a moral principle, and the appeal of the social dimensions of the rites.
For more than five centuries and across a vast geographical expanse, the Parentalia constituted a time when the living reaffirmed their bonds with those who had preceded them in death. To celebrate them was at once a duty and an act of devotion that not even the vicissitudes of life could abolish.
[1] Ovid, Fasti, 2, 33–34: Aut quia placatis sunt tempora pura sepulcris, / tum cum ferales praeteriere dies.
[2] Festus, 247L (cited by Dolansky, p. 129): Parens vulgo pater aut mater appellatur, sed iuris prudentes avos et proavos, avias et proavias parentum nomine appellari dicunt.
[3] Ovid, Fasti, 2, 535–540: Parva petunt manes: pietas pro divite grata est / munere; non avidos Styx habet ima deos. / Tegula porrectis satis est velata coronis / et sparsae fruges parcaque mica salis, / inque mero mollita Ceres violaeque solutae: / haec habeat media testa relicta via.
[4] Ovid, Fasti, 2, 565–566: Nunc animae tenues et corpora functa sepulcris / errant, nunc posito pascitur umbra cibo.
[5] Ovid, Fasti, 2, 543–546: Hunc morem Aeneas, pietatis idoneus auctor, / attulit in terras, iuste Latine, tuas. / Ille patris Genio sollemnia dona ferebat: / hinc populi ritus edidicere pios.
[6] Ovid, Fasti, 2, 551–554: Vix equidem credo: bustis exisse feruntur / et tacitae questi tempore noctis avi, / perque vias Urbis latosque ululasse per agros / deformes animas, volgus inane, ferunt.
[7] Ovid, Fasti, 2, 557–558: Dum tamen haec fiunt, viduae cessate puellae: / exspectet puros pinea taeda dies.
[8] Ovid, Fasti, 2, 541: Nec maiora veto, sed et his placabilis umbra est.
[9] Ausonius, Parentalia, praef. A.8–9 (cited by Dolansky, p. 126): Nec quicquam sanctius habet reverentia superstitum quam ut amissos venerabiliter recordetur.
[10] Augustine, Confessions, 6.2 (cited by Dolansky, p. 149): Illa quasi parentalia superstitioni gentilium essent simillima.
Modern study:
- Fanny Dolansky, ‘Honouring the Family Dead on the Parentalia: Ceremony, Spectacle, and Memory’, Phoenix 65, 2011, pp. 125–157.
👉 All the festivals of the Roman calendar
Dates
Février 13, 2027 - février 21, 2027 (Toute la journée)
202717févToute la journéeQuirinalia
Description
Ante diem tertium decimum Kalendas Martias
Description
Ante diem tertium decimum Kalendas Martias

EN BREF. Les Quirinalia, célébrées le 17 février, marquent un moment charnière du calendrier romain. Ce jour, qui conclut la période des Fornacalia –la fête de la torréfaction du far (amidonnier), également connue sous le nom de «Fête des Sots» (stultorum feriae)–, constitue à la fois un rite de clôture et un temps de rassemblement public.
Quirinalia: le jour où Romulus devint dieu
Quirinus est l’une des plus anciennes divinités du panthéon romain. Membre de la triade précapitoline aux côtés de Jupiter et de Mars –triade antérieure à celle, plus connue, de Jupiter-Junon-Minerve–, il protégeait le peuple romain dans son ensemble et veillait en particulier à sa subsistance. Il disposait de l’un des trois grands flamines de Rome, le flamen Quirinalis, et de fêtes propres, les Quirinalia, inscrites dans le calendrier à date fixe. Au fil de l’évolution religieuse, lorsque la triade précapitoline se fut effacée au profit de la triade capitoline, le signalement originel de Quirinus ne fut plus clairement perçu. L’ancienne divinité, devenue en quelque sorte disponible, se vit alors «réaffectée»: on l’identifia à Romulus divinisé. C’est sous cette forme que la présente Ovide.
L’apothéose de Romulus
D’après le récit des Fastes (II, 475-512), le nom de Quirinus s’expliquerait de trois manières: par curis, «la lance» en sabin, rappelant l’aspect martial du dieu; par Quirites, terme désignant les citoyens romains; ou par Cures, la ville sabine de Titus Tatius, que Romulus aurait unie à Rome.
Au cœur d’une violente tempête, alors qu’il rendait la justice au Marais de la Chèvre, Romulus disparaît des yeux de ses sujets consternés. Ovide précise que «les sénateurs furent à tort accusés de meurtre, et peut-être cette croyance se serait-elle incrustée dans les esprits». Mais Julius Proculus –personnage sur lequel les auteurs anciens divergent, certains le tenant pour un témoin sincère, d’autres pour un imposteur– affirma avoir vu Romulus lui apparaître au bord d’un chemin, et l’avoir chargé de porter un message aux Quirites:
«Que la foule pieusement apporte de l’encens et honore le nouveau Quirinus, que l’on cultive les arts des ancêtres et la vie militaire» (Fastes, II, 507-508).
Ce prodige apaisa le peuple et fonda le culte du nouveau dieu. Notons que la date même de cette disparition varie selon les sources: si Ovide la rattache au 17 février pour la situer le jour des Quirinalia, d’autres traditions (Plutarque, Denys d’Halicarnasse) la placent au 7 juillet.
Rituels et dimension agricole
Le seul rituel connu pour le 17 février est celui de la «Fête des Sots». Durant les Fornacalia, fête mobile, chaque curie célébrait individuellement le rituel de la torréfaction du far dans ses propres fours. Ce procédé, dont l’objectif était de débarrasser le grain de sa balle très adhérente, facilitait également son broyage pour la préparation de galettes. Selon l’historien Angelo Brelich, il s’agissait d’une offrande initiale permettant à la communauté de consommer le far une fois que le rituel avait été accompli. Dans ce contexte, les Quirinalia, en tant que dernier jour des Fornacalia, offraient aux citoyens qui, par négligence ou par ignorance, n’avaient pas participé à leur curie, la possibilité de rattraper ce rite. Comme le résume Georges Dumézil, la cérémonie du 17 février «conclut des opérations qui mettent pleinement en jeu, sous l’autorité du Curio Maximus, la structure des curiae». À l’époque d’Ovide, cette organisation curiate était devenue archaïque et désuète: bien des contemporains du poète ne savaient même plus à quelle curie ils appartenaient.
Architecture et diffusion du culte
Avant d’avoir un véritable temple, Quirinus possédait sur sa colline un simple sanctuaire que Pline l’Ancien rangeait «parmi les plus anciens de Rome» (Histoire naturelle, XV, 120). Le temple proprement dit a été voué par le dictateur Lucius Papirius Cursor vers 325 avant notre ère et dédié le 17 février 293 avant notre ère par son fils homonyme, consul cette année-là, qui l’orna des dépouilles prises aux Samnites après la bataille d’Aquilonia. Gravement endommagé par un incendie en 49 avant notre ère, il fut rapidement restauré –César y fit placer sa propre statue– avant d’être entièrement reconstruit par Auguste, qui le redédia en 16 avant notre ère. D’après Vitruve, l’édifice, de style dorique et diptère octastyle, comportait un pronaos, un portique à l’arrière; selon Dion Cassius (LIV, 19, 4), il était entouré de 76 colonnes –nombre qui correspondait aux années vécues par Auguste. Le dies natalis de ce temple était célébré le 29 juin, date ajoutée au calendrier par César. Aujourd’hui, son emplacement reste débattu: si l’on a longtemps privilégié la zone du Largo Santa Susanna, l’archéologue Filippo Coarelli a récemment proposé de le localiser sous le Palazzo Barberini, à l’intersection de la Via Barberini et de la Via delle Quattro Fontane. Par ailleurs, le culte de Quirinus semble restreint à la seule région de Rome; aucune trace ne témoigne d’une diffusion dans le reste de l’Italie ou dans les provinces.
Iconographie
Aucune représentation figurative complète de Quirinus ne nous est parvenue. Seule sa tête apparaît sur des monnaies émises par la gens Memmia (Crawford 427/1), et son nom est mentionné sur des pièces de la gens Fabia, qui, lors de l’invasion gauloise, offrait des sacrifices sur le Quirinal.
SOURCES ANTIQUES
- Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 19, 4.
- Ovide, Fastes, II, 475-532.
- Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VII, 213; XV, 120.
- Tite-Live, Histoire romaine, X, 46, 7.
- Vitruve, De Architectura, III, 2, 7.
ÉTUDES MODERNES
- Brelich, Angelo, Tre variazioni romane sul tema delle origini, Rome, 1955.
- Dumézil, Georges, La Religion romaine archaïque, Paris, Payot, 1966.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. I Quirinalia, celebrati il 17 febbraio, segnano un momento cruciale del calendario romano. Questo giorno, che conclude il periodo dei Fornacalia – la festa della torrefazione del far (farro dicocco), nota anche come «Festa degli Stolti» (stultorum feriae) –, costituisce al tempo stesso un rito di chiusura e un momento di raccolta pubblica.
Quirinalia: il giorno in cui Romolo divenne dio
Quirino è una delle più antiche divinità del pantheon romano. Membro della triade precapitolina accanto a Giove e Marte – triade anteriore a quella, più nota, di Giove-Giunone-Minerva –, proteggeva il popolo romano nel suo insieme e vegliava in particolare sulla sua sussistenza. Disponeva di uno dei tre grandi flamini di Roma, il flamen Quirinalis, e di feste proprie, i Quirinalia, iscritte nel calendario a data fissa. Nel corso dell’evoluzione religiosa, quando la triade precapitolina si eclissò a favore della triade capitolina, l’identità originaria di Quirino non fu più chiaramente percepita. L’antica divinità, divenuta in un certo senso disponibile, si vide allora «riassegnata»: fu identificata con Romolo divinizzato. È sotto questa forma che la presenta Ovidio.
L’apoteosi di Romolo
Secondo il racconto dei Fasti (II, 475-512), il nome di Quirino si spiegherebbe in tre modi: da curis, «la lancia» in sabino, che ricorda l’aspetto marziale del dio; da Quirites, termine che designa i cittadini romani; o da Cures, la città sabina di Tito Tazio, che Romolo avrebbe unito a Roma.
Nel cuore di una violenta tempesta, mentre rendeva giustizia alla Palude della Capra, Romolo scompare dagli occhi dei suoi sudditi costernati. Ovidio precisa che «i senatori furono a torto accusati di omicidio, e forse questa convinzione si sarebbe radicata negli animi». Ma Giulio Proculo – personaggio sul quale gli autori antichi divergono, alcuni ritenendolo un testimone sincero, altri un impostore – affermò di aver visto Romolo apparirgli lungo una strada e di averlo incaricato di portare un messaggio ai Quiriti:
«Che la folla porti piamente incenso e onori il nuovo Quirino, che si coltivino le arti degli antenati e la vita militare» (Fasti, II, 507-508).
Questo prodigio placò il popolo e fondò il culto del nuovo dio. Si noti che la data stessa di questa scomparsa varia secondo le fonti: se Ovidio la collega al 17 febbraio per situarla nel giorno dei Quirinalia, altre tradizioni (Plutarco, Dionigi di Alicarnasso) la collocano al 7 luglio.
Rituali e dimensione agricola
Il solo rituale noto per il 17 febbraio è quello della «Festa degli Stolti». Durante i Fornacalia, festa mobile, ogni curia celebrava individualmente il rituale della torrefazione del far nei propri forni. Questo procedimento, il cui obiettivo era liberare il grano dalla sua gluma molto aderente, ne facilitava anche la macinazione per la preparazione di focacce. Secondo lo storico Angelo Brelich, si trattava di un’offerta iniziale che permetteva alla comunità di consumare il far una volta compiuto il rituale. In questo contesto, i Quirinalia, in quanto ultimo giorno dei Fornacalia, offrivano ai cittadini che, per negligenza o per ignoranza, non avevano partecipato nella propria curia, la possibilità di recuperare questo rito. Come riassume Georges Dumézil, la cerimonia del 17 febbraio «conclude operazioni che mettono pienamente in gioco, sotto l’autorità del Curio Maximus, la struttura delle curiae». All’epoca di Ovidio, questa organizzazione curiata era ormai arcaica e desueta: molti contemporanei del poeta non sapevano nemmeno più a quale curia appartenessero.
Architettura e diffusione del culto
Prima di avere un vero e proprio tempio, Quirino possedeva sulla sua collina un semplice santuario che Plinio il Vecchio annoverava «tra i più antichi di Roma» (Storia naturale, XV, 120). Il tempio vero e proprio fu promesso in voto dal dittatore Lucio Papirio Cursore verso il 325 prima della nostra era e dedicato il 17 febbraio 293 prima della nostra era dal figlio omonimo, console quell’anno, che lo ornò con le spoglie prese ai Sanniti dopo la battaglia di Aquilonia. Gravemente danneggiato da un incendio nel 49 prima della nostra era, fu rapidamente restaurato – Cesare vi fece collocare la propria statua – prima di essere interamente ricostruito da Augusto, che lo ridedicò nel 16 prima della nostra era. Secondo Vitruvio, l’edificio, in stile dorico e diptero octastilo, comprendeva un pronaos e un portico posteriore; secondo Cassio Dione (LIV, 19, 4), era circondato da 76 colonne – numero che corrispondeva agli anni vissuti da Augusto. Il dies natalis di questo tempio era celebrato il 29 giugno, data aggiunta al calendario da Cesare. Oggi la sua ubicazione resta oggetto di dibattito: se a lungo si è privilegiata la zona del Largo Santa Susanna, l’archeologo Filippo Coarelli ha recentemente proposto di localizzarlo sotto il Palazzo Barberini, all’incrocio tra Via Barberini e Via delle Quattro Fontane. Il culto di Quirino sembra inoltre limitato alla sola regione di Roma; nessuna traccia testimonia una sua diffusione nel resto d’Italia o nelle province.
Iconografia
Nessuna rappresentazione figurativa completa di Quirino ci è pervenuta. Solo la sua testa appare su monete emesse dalla gens Memmia (Crawford 427/1), e il suo nome è menzionato su pezzi della gens Fabia, che durante l’invasione gallica offriva sacrifici sul Quirinale.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. The Quirinalia, celebrated on 17 February, mark a pivotal moment in the Roman calendar. This day, which concludes the period of the Fornacalia – the festival of the roasting of far (emmer wheat), also known as the ‘Feast of Fools’ (stultorum feriae) –, constitutes both a closing rite and an occasion for public assembly.
Quirinalia: the Day Romulus Became a God
Quirinus is one of the most ancient deities of the Roman pantheon. A member of the pre-Capitoline triad alongside Jupiter and Mars – a triad predating the better-known one of Jupiter-Juno-Minerva –, he protected the Roman people as a whole and watched over their sustenance in particular. He had one of Rome’s three major flamines, the flamen Quirinalis, and festivals of his own, the Quirinalia, entered in the calendar on a fixed date. Over the course of religious evolution, when the pre-Capitoline triad faded in favour of the Capitoline triad, the original identity of Quirinus was no longer clearly perceived. The ancient deity, having become in a sense available, was then ‘reassigned’: he was identified with the deified Romulus. It is in this form that Ovid presents him.
The apotheosis of Romulus
According to the account in the Fasti (II, 475–512), the name Quirinus could be explained in three ways: from curis, ‘the spear’ in Sabine, recalling the martial aspect of the god; from Quirites, the term denoting Roman citizens; or from Cures, the Sabine town of Titus Tatius, which Romulus is said to have united with Rome.
In the midst of a violent storm, whilst he was dispensing justice at the Goat’s Marsh, Romulus vanished from the sight of his dismayed subjects. Ovid notes that ‘the senators were falsely charged with murder, and perhaps that belief would have taken root in people’s minds’. But Julius Proculus – a figure on whom ancient authors disagree, some regarding him as a sincere witness, others as an impostor – claimed to have seen Romulus appear to him beside a road and to have been charged with delivering a message to the Quirites:
‘Bid the pious throng bring incense and propitiate the new Quirinus, and bid them cultivate the arts of their fathers and the art of war’ (Fasti, II, 507–508).
This prodigy appeased the people and established the cult of the new god. It is worth noting that the date itself of this disappearance varies according to the sources: whilst Ovid links it to 17 February to situate it on the day of the Quirinalia, other traditions (Plutarch, Dionysius of Halicarnassus) place it on 7 July.
Rituals and the agricultural dimension
The only ritual known for 17 February is that of the ‘Feast of Fools’. During the Fornacalia, a moveable feast, each curia individually celebrated the ritual roasting of far in its own ovens. This process, the purpose of which was to strip the grain of its tightly adhering husk, also facilitated its grinding for the preparation of flatbreads. According to the historian Angelo Brelich, this was an initial offering that allowed the community to consume the far once the ritual had been performed. In this context, the Quirinalia, as the last day of the Fornacalia, offered citizens who, through negligence or ignorance, had not taken part in their own curia, the opportunity to make up for this rite. As Georges Dumézil summarises, the ceremony of 17 February ‘concludes operations that bring fully into play, under the authority of the Curio Maximus, the structure of the curiae‘. By Ovid’s time, this curiate organisation had become archaic and obsolete: many of the poet’s contemporaries no longer even knew to which curia they belonged.
Architecture and the spread of the cult
Before having a proper temple, Quirinus possessed on his hill a simple shrine that Pliny the Elder ranked ‘amongst the most ancient in Rome’ (Natural History, XV, 120). The temple proper was vowed by the dictator Lucius Papirius Cursor around 325 before our era and dedicated on 17 February 293 before our era by his son of the same name, consul that year, who adorned it with spoils taken from the Samnites after the battle of Aquilonia. Severely damaged by fire in 49 before our era, it was swiftly restored – Caesar had his own statue placed within it – before being entirely rebuilt by Augustus, who rededicated it in 16 before our era. According to Vitruvius, the building, in the Doric style and dipteral octastyle, comprised a pronaos and a portico at the rear; according to Cassius Dio (LIV, 19, 4), it was surrounded by 76 columns – a number that corresponded to the years Augustus had lived. The dies natalis of this temple was celebrated on 29 June, a date added to the calendar by Caesar. Today, its location remains a matter of debate: whilst the area of Largo Santa Susanna was long favoured, the archaeologist Filippo Coarelli has recently proposed locating it beneath Palazzo Barberini, at the intersection of Via Barberini and Via delle Quattro Fontane. Furthermore, the cult of Quirinus appears to have been restricted to the region of Rome alone; no evidence attests to its spread in the rest of Italy or in the provinces.
Iconography
No complete figurative representation of Quirinus has come down to us. Only his head appears on coins issued by the gens Memmia (Crawford 427/1), and his name is mentioned on coins of the gens Fabia, which during the Gallic invasion offered sacrifices on the Quirinal.
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Dates
Février 17, 2027 Toute la journée
202721févToute la journéeFeralia
Description
Ante diem nonum Kalendas Martias
Description
Ante diem nonum Kalendas Martias

EN BREF. Le 21 février, les Romains célébraient les Feralia, dernier jour des Parentalia et seul moment public du cycle de commémoration des morts. Si la fête donnait lieu à des offrandes sur les tombes, c’est surtout le rite d’une vieille femme à demi ivre, sacrifiant à Tacita la Silencieuse pour neutraliser les langues malveillantes, qu’Ovide a retenu pour nous.
Feralia, une sorcière ivre pour apaiser les morts
Le 21 février, Rome s’arrêtait. Les temples fermaient leurs portes, les autels s’éteignaient, aucun mariage ne pouvait être célébré. Ce jour portait le nom de Feralia. Dernière journée des Parentalia, il constituait le moment où les Mânes recevaient des hommages publics offerts par la cité entière, avant que les Caristia du lendemain ne réunissent les familles autour des vivants.
L’étymologie du mot était déjà débattue dans l’Antiquité. Varron, dans son De Lingua Latina, en a proposé une double explication: les Feralia tiendraient leur nom des inferi, les morts d’en bas, et du verbe ferre, porter, «parce qu’on porte ce jour-là des vivres au tombeau de ceux envers qui on a le devoir d’accomplir le rite des ancêtres»[1]. Ovide, dans les Fastes, retient la même racine verbale et fait du 21 février «le tout dernier jour où l’on peut apaiser les Mânes»[2]. Dans les calendriers les plus récents, sans doute sous l’influence de conceptions philosophiques sur la divinisation des Mânes, la fête a également été désignée sous le nom de Genialia, et les jeux qui lui étaient associés appelés ludi genialici.
Une vieille femme, du vin et des fèves noires
Si le caractère public des Feralia les distingue des jours précédents des Parentalia, Ovide a retenu surtout, au titre de cette journée, la description d’un rite d’un registre tout différent de la religion officielle. Une vieille femme, assise parmi de jeunes filles, accomplit un sacrifice à Tacita –«la Silencieuse»–, non sans peine à se taire elle-même, précise le poète avec ironie. La cérémonie est celle d’une magie apotropaïque destinée à neutraliser les langues malveillantes :
«…avec trois doigts, elle pose sur le seuil trois grains d’encens, à un endroit où une petite souris s’est frayé un chemin secret. Ensuite elle attache à l’aide de plomb sombre des cordons enchantés et tourne sept fèves noires dans sa bouche»[3]
Ensuite, elle fait griller dans le feu la tête d’une mendole –un petit poisson méditerranéen–cousue avec de la poix et transpercée d’une aiguille de bronze. Le vin qui reste, elle le boit avec ses compagnes, mais surtout elle. En partant, elle déclare : «Nous avons lié les langues hostiles et les bouches ennemies»[4]. Et la vieille s’en va, éméchée.
Les éléments qui composent ce rite –fils et plomb, chiffres impairs, fève noire, aiguille de bronze– sont caractéristiques de la magie traditionnelle romaine, sans lien avec la religion officielle. Ce rituel privé n’avait vraisemblablement pas la sanction des autorités religieuses établies, qui se méfiaient de ces cérémonies. La posture de la vieille femme est elle-même significative: à Rome, les sacrifices se faisaient debout ; assise, elle semble chercher un contact avec les puissances chthoniennes. Selon le commentaire de la Bibliotheca Classica Selecta, la vieille «aurait loué ses services à des jeunes filles qui ont eu à souffrir de propos médisants ou calomnieux»[5].
Tacita, Muta, Lara: une déesse aux trois noms
Ovide enchaîne avec une digression sur l’identité de Tacita, qu’il assimile à Muta, puis à Lara, la nymphe trop bavarde dont Jupiter a fait couper la langue avant de l’envoyer chez les Mânes –et qui, en chemin, a été engrossée par Mercure et a donné naissance aux Lares[6]. Ce récit n’a pas d’équivalent dans d’autres sources antiques. La religion romaine ne connaît pas de déesse Lara: Ovide semble avoir construit cette anecdote pour expliquer l’expression Mater Larum, la Mère des Lares, dont le sens originel n’était plus clairement perçu à son époque.
[1] Varron, De Lingua Latina, VI, III: «Feralia ab inferis et ferendo, quod ferunt tum epulas ad sepulcrum quibus ius ibi parentare.»
[2] Ovide, Fastes, II, 569–570: «hanc, quia iusta ferunt, dixere Feralia lucem; / ultima placandis manibus illa dies.»
[3] Ovide, Fastes, II, 573–576: «tribus digitis terni sub limine ponuntur acerri / tura, ubi mus latebras fecerat arte suas. / devovet absentes simulacraque cerea fingit / et miserum tenues in iecur urget acus.»
[4] Ovide, Fastes, II, 581–582: «’Hostiles linguas inimicaque vinximus ora’ / dicit et exit anus.»
[5] Bibliotheca Classica Selecta, UCL (FLTR), note au vers Fastes, II, 572, d’après H. Le Bonniec et K. Latte.
[6] Ovide, Fastes, II, 583–616.
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Versione italiana
IN BREVE. Il 21 febbraio i Romani celebravano i Feralia, ultimo giorno dei Parentalia e unico momento pubblico del ciclo di commemorazione dei morti. Se la festa dava luogo a offerte sulle tombe, è soprattutto il rito di una vecchia donna mezzo ubriaca, che sacrificava a Tacita la Silenziosa per neutralizzare le lingue maligne, che Ovidio ha tramandato fino a noi.
Feralia, una strega ubriaca per placare i morti
Il 21 febbraio Roma si fermava. I templi chiudevano le loro porte, gli altari si spegnevano, nessun matrimonio poteva essere celebrato. Quel giorno portava il nome di Feralia. Ultimo giorno dei Parentalia, costituiva il momento in cui i Mani ricevevano omaggi pubblici offerti dall’intera città, prima che i Caristia del giorno seguente riunissero le famiglie attorno ai vivi.
L’etimologia della parola era già dibattuta nell’Antichità. Varrone, nel suo De Lingua Latina, ne ha proposto una doppia spiegazione: i Feralia deriverebbero il loro nome dagli inferi, i morti del basso, e dal verbo ferre, portare, «perché quel giorno si portano vivande alla tomba di coloro verso i quali si ha il dovere di compiere il rito degli antenati»[1]. Ovidio, nei Fasti, conserva la stessa radice verbale e fa del 21 febbraio «l’ultimo giorno in cui si possono placare i Mani»[2]. Nei calendari più recenti, probabilmente sotto l’influenza di concezioni filosofiche sulla divinizzazione dei Mani, la festa è stata anche designata con il nome di Genialia, e i giochi a essa associati chiamati ludi genialici.
Una vecchia donna, del vino e delle fave nere
Se il carattere pubblico dei Feralia li distingue dai giorni precedenti dei Parentalia, Ovidio ha ritenuto soprattutto, a titolo di questa giornata, la descrizione di un rito di tutt’altro registro rispetto alla religione ufficiale. Una vecchia donna, seduta tra giovani ragazze, compie un sacrificio a Tacita –«la Silenziosa»–, non senza fatica a tacere lei stessa, precisa il poeta con ironia. La cerimonia è quella di una magia apotropaica destinata a neutralizzare le lingue maligne:
«…con tre dita, pone sulla soglia tre grani d’incenso, in un punto dove un topolino si è aperto un cammino segreto. Poi attacca con piombo scuro dei cordoni incantati e rigira sette fave nere in bocca»[3]
Poi, fa arrostire nel fuoco la testa di una menola –un piccolo pesce mediterraneo– cucita con la pece e trapassata da un ago di bronzo. Il vino rimasto lo beve con le sue compagne, ma soprattutto lei. Andando via, dichiara: «Abbiamo legato le lingue ostili e le bocche nemiche»[4]. E la vecchia se ne va, brilla.
Gli elementi che compongono questo rito –fili e piombo, numeri dispari, fava nera, ago di bronzo– sono caratteristici della magia tradizionale romana, senza alcun legame con la religione ufficiale. Questo rituale privato non aveva verosimilmente la sanzione delle autorità religiose stabilite, che diffidavano di queste cerimonie. La postura della vecchia donna è essa stessa significativa : a Roma i sacrifici si compivano in piedi ; seduta, sembra cercare un contatto con le potenze ctonie. Secondo il commento della Bibliotheca Classica Selecta, la vecchia «avrebbe affittato i suoi servizi a giovani ragazze che avevano sofferto di discorsi diffamatori o calunniosi»[5].
Tacita, Muta, Lara: una dea dai tre nomi
Ovidio prosegue con una digressione sull’identità di Tacita, che assimila a Muta, poi a Lara, la ninfa troppo chiacchierona a cui Giove ha fatto tagliare la lingua prima di inviarla presso i Mani –e che, durante il cammino, è stata messa incinta da Mercurio e ha dato alla luce i Lari[6]. Questo racconto non ha equivalenti in altre fonti antiche. La religione romana non conosce una dea Lara : Ovidio sembra aver costruito questo aneddoto per spiegare l’espressione Mater Larum, la Madre dei Lari, il cui senso originale non era più chiaramente percepito ai suoi tempi.
[1] Varrone, De Lingua Latina, VI: «Feralia ab inferis et ferendo, quod ferunt tum epulas ad sepulcrum quibus ius ibi parentare.»
[2] Ovidio, Fasti, II, 569–570: «hanc, quia iusta ferunt, dixere Feralia lucem; / ultima placandis manibus illa dies.»
[3] Ovidio, Fasti, II, 573–576: «tribus digitis terni sub limine ponuntur acerri / tura, ubi mus latebras fecerat arte suas. / devovet absentes simulacraque cerea fingit / et miserum tenues in iecur urget acus.»
[4] Ovidio, Fasti, II, 581–582: «’Hostiles linguas inimicaque vinximus ora’ / dicit et exit anus.»
[5] Bibliotheca Classica Selecta, UCL (FLTR), nota al verso Fasti, II, 572, secondo H. Le Bonniec e K. Latte.
[6] Ovidio, Fasti, II, 583–616.
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English version
IN BRIEF. On 21 February, the Romans celebrated the Feralia, the last day of the Parentalia and the only public moment of the entire cycle of commemoration of the dead. While the festival involved offerings at tombs, it is above all the rite of a half-drunk old woman sacrificing to Tacita the Silent One to neutralise malicious tongues that Ovid has passed down to us.
Feralia, a drunken sorceress to appease the dead
On 21 February, Rome came to a halt. Temples closed their doors, altars were extinguished, no marriage could be celebrated. That day bore the name of Feralia. As the last day of the Parentalia, it was the moment when the Manes received public honours offered by the entire city, before the Caristia of the following day brought families together around the living.
The etymology of the word was already debated in Antiquity. Varro, in his De Lingua Latina, proposed a twofold explanation: the Feralia would derive their name from the inferi, the dead below, and from the verb ferre, to carry, «because on that day people carry food to the tomb of those towards whom they have a duty to perform the rite of the ancestors»[1]. Ovid, in the Fasti, keeps the same verbal root and makes 21 February «the last day on which the Manes can be appeased»[2]. In the most recent calendars, probably under the influence of philosophical ideas on the divinisation of the Manes, the festival was also designated by the name Genialia, and the games associated with it called ludi genialici.
An old woman, wine and black beans
While the public character of the Feralia sets it apart from the preceding days of the Parentalia, Ovid retained above all, for this day, the description of a rite of a very different register from official religion. An old woman, seated among young girls, performs a sacrifice to Tacita –«the Silent One»– not without difficulty keeping silent herself, the poet notes with irony. The ceremony is one of apotropaic magic intended to neutralise malicious tongues:
«…with three fingers she places three lumps of incense on the threshold, at a spot where a little mouse has made its secret path. Then she fastens enchanted cords with dark lead and turns seven black beans over and over in her mouth»[3]
She then grills in the fire the head of a sprat –a small Mediterranean fish– sewn up with pitch and pierced with a bronze needle. The remaining wine she drinks with her companions, but mostly herself. As she leaves, she declares: «We have sealed hostile tongues and unfriendly mouths»[4]. And the old woman departs, drunk.
The elements that make up this rite –threads and lead, odd numbers, black beans, bronze needle– are characteristic of traditional Roman magic, with no connection to official religion. This private ritual most likely did not have the sanction of the established religious authorities, who were wary of such ceremonies. The posture of the old woman is itself significant: in Rome, sacrifices were performed standing; seated, she seems to seek contact with chthonic powers. According to the commentary of the Bibliotheca Classica Selecta, the old woman «would have hired out her services to young girls who had suffered from slanderous or calumnious remarks»[5].
Tacita, Muta, Lara: a goddess with three names
Ovid follows with a digression on the identity of Tacita, whom he identifies with Muta, then with Lara, the overly talkative nymph whose tongue Jupiter had cut out before sending her to the Manes –and who, along the way, was impregnated by Mercury and gave birth to the Lares[6]. This account has no equivalent in other ancient sources. Roman religion knows no goddess Lara: Ovid appears to have constructed this story to explain the expression Mater Larum, the Mother of the Lares, whose original meaning was no longer clearly understood in his time.
[1] Varro, De Lingua Latina, VI, III: «Feralia ab inferis et ferendo, quod ferunt tum epulas ad sepulcrum quibus ius ibi parentare.»
[2] Ovid, Fasti, II, 569–570: «hanc, quia iusta ferunt, dixere Feralia lucem; / ultima placandis manibus illa dies.»
[3] Ovid, Fasti, II, 573–576: «tribus digitis terni sub limine ponuntur acerri / tura, ubi mus latebras fecerat arte suas. / devovet absentes simulacraque cerea fingit / et miserum tenues in iecur urget acus.»
[4] Ovid, Fasti, II, 581–582: «’Hostiles linguas inimicaque vinximus ora’ / dicit et exit anus.»
[5] Bibliotheca Classica Selecta, UCL (FLTR), note to Fasti, II, 572, after H. Le Bonniec and K. Latte.
[6] Ovid, Fasti, II, 583–616.
Dates
Février 21, 2027 Toute la journée
202722févToute la journéeCaristia
Description
Ante diem octavum Kalendas Martias
Description
Ante diem octavum Kalendas Martias

Les Caristia, quand la maison romaine célèbre la chère parenté
Le 22 février, la maison romaine retrouve les vivants. Après les jours consacrés aux morts – les Parentalia et leur clôture, les Feralia – le calendrier marque un basculement. On quitte les tombeaux pour revenir vers ceux qui partagent encore la table familiale. C’est la fête des Caristia, appelée aussi Cara Cognatio, «la chère parenté».
Ovide en donne la description dans le livre II des Fastes. Il résume d’une formule le sens du jour:
«Assurément, en quittant les tombeaux et les proches décédés,
il est agréable de reporter aussitôt ses regards sur les vivants,
et, après tant de proches disparus, d’observer ce qui reste de son sang,
et de dénombrer les générations de sa famille.»[1]
La célébration se déroule dans le cadre domestique. Les membres de la famille se réunissent, brûlent de l’encens et font des offrandes aux Lares, dieux tutélaires de la maison. Un repas est partagé, et l’on met l’accent sur l’affection familiale et la concorde.
Les Caristia sont aussi un jour de réconciliation. Ovide place la fête sous le signe de la Concorde et, non sans ironie, rappelle qu’une table de famille suppose parfois d’écarter ceux qui entretiennent la discorde: il dresse une galerie d’exemples mythiques de violences intrafamiliales, comme autant de contre-modèles.
Les sources tardives montrent que la Caristia reste inscrite dans le calendrier bien après la christianisation. Elle apparaît dans la Chronographie de 354, et le calendrier de Polemius Silvius (449 après notre ère) juxtapose ce jour à une commémoration chrétienne liée à Pierre et Paul.[2] Des rapprochements ont parfois été proposés entre ces repas de cohésion familiale et certaines pratiques chrétiennes (agapes ou repas commémoratifs), mais il s’agit d’hypothèses à manier avec prudence. Dans la Gaule mérovingienne, des autorités ecclésiastiques critiquent et encadrent des repas et usages festifs perçus comme des survivances problématiques, ce qui contribue à la disparition progressive de ces pratiques dans leur forme ancienne.
[1] Ovide, Fastes II, 617–620.
[2] Chronographie de 354 (Calendar of Filocalus):entrée «CARISTIA» au 22 février; Polemius Silvius (449 après notre ère):notice du 22 février.
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Versione italiana
I Caristia, quando la casa romana celebra la “cara parentela”
Il 22 febbraio la casa romana torna ai vivi. Dopo i giorni dedicati ai defunti – i Parentalia e la loro conclusione, i Feralia – il calendario segna un passaggio. Si lasciano le tombe per tornare a chi siede ancora alla mensa di famiglia. È la festa dei Caristia, detta anche Cara Cognatio, “la cara parentela”.
Ovidio ne parla nel libro II dei Fasti e ne coglie il senso con poche parole:
«È dolce, lasciando le tombe e i parenti defunti,
rivolgere subito lo sguardo ai vivi,
e, dopo tanti scomparsi, osservare ciò che resta del proprio sangue
e contare le generazioni della famiglia.»[1]
La celebrazione appartiene alla sfera domestica. La famiglia si riunisce, brucia incenso e offre doni ai Lari, le divinità protettrici della casa. Si condivide un pasto, con l’idea di rinsaldare affetto e concordia.
I Caristia sono anche un giorno di riconciliazione. Con sottile ironia, Ovidio collega la festa alla Concordia e ricorda che l’armonia familiare non è automatica: elenca figure mitiche di delitti e violenze in famiglia, come esempi da tenere lontani dalla tavola.
Le fonti tardoantiche mostrano che la festa resta nel calendario anche dopo la cristianizzazione. Compare nella Chronography of 354, e nel calendario di Polemius Silvius (449 dopo la nostra era) lo stesso giorno è accostato a una commemorazione cristiana legata a Pietro e Paolo.[2] Alcuni studiosi hanno proposto, con cautela, possibili paralleli con pratiche cristiane di convivialità e memoria; si tratta però di ipotesi da maneggiare con prudenza. Nella Gallia merovingia, autorità ecclesiastiche criticano e regolano usi festivi e banchetti percepiti come “sopravvivenze” problematiche, favorendone il declino nelle forme antiche.
[1] Ovidio, Fasti II, 617–620.
[2] Chronography of 354:«CARISTIA» al 22 febbraio; Polemius Silvius:nota sul 22 febbraio.
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English version
Caristia, when the roman household celebrated “Dear kinship”
On February 22, the Roman household turned back to the living. After the days devoted to the dead – the Parentalia and their conclusion, the Feralia – the calendar marked a transition from tombs to the family table. This was the festival of the Caristia, also known as Cara Cognatio, “dear kinship”.
Ovid describes its spirit in Book II of the Fasti:
“It is pleasant, after leaving the tombs and departed relatives,
to turn one’s gaze again toward the living,
and, after so many losses, to observe what remains of one’s blood
and to count the generations of the family.”[1]
The celebration belonged to the domestic sphere. Families gathered, burned incense, and made offerings to the Lares, protective deities of the household. A meal was shared, stressing affection, continuity, and concord within the family group.
Caristia was also framed as a day of reconciliation. With pointed irony, Ovid connects the occasion to Concord and sketches a moral boundary: those who embody family violence and destructive conflict have no place at this table.
Late antique evidence shows that Caristia remained on calendars well after the empire’s Christianization. It appears in the Chronography of 354, and Polemius Silvius’ calendar (449 CE) aligns the date with a Christian commemoration associated with Peter and Paul.[2] Some scholars have cautiously suggested possible links between such family feasts and later Christian practices of communal meals and remembrance, but these remain hypotheses rather than certainties. In Merovingian Gaul, clerical authorities criticized and regulated festive meals and customs viewed as problematic “survivals”, contributing to the gradual disappearance of older forms.
[1] Ovid, Fasti II, 617–620.
[2] Chronography of 354 (Calendar of Filocalus):“CARISTIA” on Feb 22; Polemius Silvius (449 CE) notice for Feb 22.
👉 All the festivals of the Roman calendar
Dates
Février 22, 2027 Toute la journée
202723févToute la journéeTerminalia
Description
Ante diem septimum Kalendas Martias
Description
Ante diem septimum Kalendas Martias

EN BREF. Le 23 février, Rome célébrait les Terminalia en l’honneur de Terminus, dieu des bornes. Voisins réunis autour d’une pierre couronnée de guirlandes, sacrifice d’un agneau, repas commun: la fête mêlait rite agraire et cohésion sociale. Déplacer une borne était un sacrilège. Sur le Capitole, Terminus avait refusé de céder sa place à Jupiter –signe, pour les Romains, de la solidité de l’État.
Terminalia: la borne qui résista à Jupiter
Le 23 février, dans les champs et aux carrefours de l’Italie romaine, on couronnait des pierres. Ces pierres n’avaient rien d’extraordinaire: un bloc taillé, parfois un simple tronc d’arbre enfoncé dans la terre. Mais elles marquaient la limite entre deux domaines et portaient en elles la présence de Terminus, dieu des bornes. Les Terminalia constituaient l’une des soixante et une fêtes publiques statuvae (fixes) inscrites dans les calendriers gravés qui nous sont parvenus, et occupaient une place particulière dans l’année religieuse: Varron a précisé que ce jour avait été établi comme l’ultime de l’ancien calendrier, février étant le douzième mois, dont cinq jours étaient retranchés les années intercalaires[1].
Avant que les décemvirs ne réorganisent l’ordre des mois, février occupait la dernière place. Ovide l’avait noté dès le début du livre II des Fastes, en présentant le culte de Terminus comme celui qui, avant cette réforme, formait la clôture des rites sacrés[2].
Une fête de voisinage avant tout
Ovide a donné la description la plus vivante de la fête. Le rituel qu’il dépeint est résolument domestique. Le poète apostrophe directement le dieu:
«Terminus, que tu sois une pierre ou un vieux tronc enfoui dans les champs, tu n’en es pas moins une puissance divine. Les maîtres de deux champs qui se touchent te couronnent en même temps; ils t’offrent deux guirlandes et deux gâteaux sacrés»[3]
La femme du laboureur va chercher du feu à son âtre et apporte quelques charbons ardents dans un tesson tronqué; un vieillard fend du bois et travaille à fixer des branches dans la terre ferme; un enfant tient de larges corbeilles et jette par trois fois du froment dans les flammes; une petite fille présente un rayon de miel découpé. On verse du vin, que chacun offre aux flammes. Puis vient le sacrifice: Terminus est aspergé du sang d’un agneau immolé, et ne se plaint pas quand on lui offre aussi une truie qui tète[4]. Après le sacrifice vient le repas commun, dans la gaieté rustique. Les voisins se rassemblent et chantent les louanges du dieu:
«C’est toi qui fixes les frontières des peuples, des cités, des vastes royaumes; sans toi, le moindre champ serait matière à litige»[5].
Cette dimension conviviale est centrale. En sacrifiant ensemble à Terminus, les propriétaires reconnaissent le caractère immuable et sacré de la limite qui sépare leurs domaines. La borne n’est pas seulement un repère cadastral. Tibulle en a rendu compte avec simplicité: il décrit sa dévotion pour les souches perdues dans les champs et les vieilles pierres des carrefours qui portent des guirlandes de fleurs, et qui reçoivent les prémices de tous les fruits que le printemps lui donne[6].
La sanction contre quiconque transgressait la limite était sévère. Paul-Festus la rapporte explicitement: on sacrifiait à Terminus parce qu’on croyait que le bornage des champs était sous sa protection. Pour cette raison, Numa avait décidé que celui qui arrachait une borne en labourant était sacer, lui ainsi que ses bœufs[7]. Être déclaré sacer (mot qui signifie à la fois «sacré» et «maudit») signifiait être voué aux dieux infernaux: une exclusion totale de la communauté des hommes et du droit. Le déplacement des bornes n’était pas une infraction, mais un sacrilège. La prophétie de Végoia, texte d’origine étrusque transmis dans le Corpus Agrimensorum Romanorum, l’exprimait dans un registre cosmologique: quiconque déplacerait des bornes en agrandissant sa propriété au détriment d’autrui «sera pour ce crime condamné par les dieux […]. Alors la terre, sous l’effet des tempêtes et des cyclones, bougera elle aussi et tremblera très souvent»[8]. Déplacer une borne ne relevait pas du litige entre voisins: c’était déséquilibrer le cosmos.
La sanctification des bornes elles-mêmes faisait l’objet d’un rituel à la pose, décrit avec précision par Siculus Flaccus dans son traité sur les conditions des terres. Dans les fosses creusées à la jonction des propriétés, on immolait une victime, on brûlait le corps avec des torches ardentes, et dans la fosse «la tête couverte, ils versaient goutte à goutte le sang, et ils y jetaient de l’encens et des fruits de la moisson. Ils jetaient aussi dans les fosses des rayons de miel, du vin et d’autres choses qu’on a coutume de consacrer au dieu Terminus. Une fois toutes les offrandes consumées par le feu, ils plaçaient les pierres sur les restes incandescents»[9]. La cérémonie annuelle des Terminalia peut alors se lire comme le renouvellement de cet acte originel: l’offrande faite chaque année à la borne rejouait, en miniature, le rituel de sa consécration.
La borne qui refusa de bouger
Le dieu Terminus n’était pas seulement honoré dans les champs. Il occupait aussi une place singulière sur le Capitole, et c’est cet épisode que les sources ont le plus longuement retenu. Lorsque Tarquin le Superbe entreprit de construire le grand temple de Jupiter, les auspices furent pris pour demander aux dieux déjà présents sur la colline l’autorisation de se laisser déplacer. Tous y consentirent –sauf Terminus. Ovide le note en deux vers:
«Terminus, à ce que rappellent les Anciens, fut trouvé dans l’enceinte sacrée et refusa de bouger; avec le grand Jupiter, il partage le temple»[10].
Denys d’Halicarnasse précise que lors de l’exauguration des divinités installées sur le Capitole, toutes se retirèrent, sauf Juvétas et Terminus[11]. Comme le dieu exigeait d’être sacrifié à l’air libre, une ouverture fut pratiquée dans le toit du temple. Tite-Live rapporte l’interprétation que les Romains ont donnée à cet épisode: les oiseaux avaient permis de désaffecter toutes les autres chapelles, mais refusé leur consentement pour l’enclos de Terminus, signe de la solidité et de la stabilité de l’Etat[12].
Une promotion inattendue
Ce refus a valu à Terminus une promotion inattendue: de divinité auxiliaire et rurale, il est devenu associé à Jupiter lui-même.
Par son immobilité, Terminus garantissait à Rome sa continuité. Ovide l’exprime dans une formule placée à la fin du passage consacré aux Terminalia:
«Les autres peuples ont des frontières précises ; pour Rome, la Ville et le Monde ont la même étendue»[13].
La borne du berger latin et la frontière de l’empire se répondent dans un même mouvement idéologique – une divinité de l’immobilité mise au service d’un empire en expansion perpétuelle.
À six milles de Rome, à la jonction de la via Laurentina et de la via Ostiense –limite du territoire de la ville sous le roi Numa–, une cérémonie publique complétait les rites privés dispersés dans les campagnes. Ovide la mentionne brièvement: on offrait sur l’autel les entrailles d’une brebis à la toison laineuse, au pied de la sixième borne milliaire[14]. Ce point marquait l’ancienne frontière entre les Romains et leurs voisins de Laurentum. Rome rappelait chaque 23 février qu’elle avait eu, elle aussi, des limites.
Etudes modernes
Boxus, Anne-Marie et Poucet, Jacques, commentaire des Fastes d’Ovide, Bibliotheca Classica Selecta, Université de Louvain-la-Neuve, 2002-2004.
Gonzales, Antonio, «Le dieu Terme se tient en gardien à l’entrée du monde», dans Les vocabulaires techniques des arpenteurs romains. Actes du colloque international (Besançon, 19-21 septembre 2002), Besançon, Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, coll. ISTA, 993, 2006, p. 63-69.
[1] Varron, De Lingua Latina, VI, 3: Terminalia, quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius et cum intercalatur inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.
[2] Ovide, Fastes, II, 47-54.
[3] Ovide, Fastes, II, 641-644: Termine, siue lapis siue es defossus in agro / stipes, ab antiquis tu quoque numen habes. / Te duo diuersa domini de parte coronant, / binaque serta tibi binaque liba ferunt.
[4] Ovide, Fastes, II, 655-656: Spargitur et caeso communis Terminus agno, / nec queritur lactans cum sibi porca datur.
[5] Ovide, Fastes, II, 659-660: ‘Tu populos urbesque et regna ingentia finis : / omnis erit sine te litigiosus ager.’
[6] Tibulle, Élégies, I, 1, 12-16: [Nam] ueneror seu stipes habet desertus in agris / seu uetus in triuio florida serta lapis ; / et quodcumque mihi pomum nouus educat annus, / libatum agricolae ponitur ante deo.
[7] Paul-Festus, sub verbo Terminus, p. 505 L: Termino sacra faciebant, quod in eius tutela fines agrorum esse putabant. Denique Numa Pompilius statuit eum, qui terminum exarasset, et ipsum et boues sacros esse.
[8] Prophétie de Végoia, dans Blume, Lachmann et Rudorff, Die Schriften der römischen Feldmesser, I, p. 350, 18-351, 10. Traduction de B. Liou-Gille, Citée dans Gonzales, op. cit., p. 69.
[9] Siculus Flaccus, De agrorum condicionibus, 53-64. Traduction de M. Clavel-Lévêque, D. Conso, F. Favory, J.-Y. Guillaumin et Ph. Robin, Naples, 1993. Citée dans Gonzales, op. cit., p. 65.
[10] Ovide, Fastes, II, 669-670: Terminus, ut ueteres memorant, inuentus in aede / restitit et magno cum Ioue templa tenet.
[11] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, III, 69, 3-6.
[12] Tite-Live, Histoire romaine, I, 55, 3.
[13] Ovide, Fastes, II, 683-684: Gentibus est aliis tellus data limite certo : / Romanae spatium est Urbis et orbis idem.
[14] Ovide, Fastes, II, 679-682.
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Versione italiana
IN BREVE. Il 23 febbraio, Roma celebrava le Terminalia in onore di Terminus, dio dei confini. Vicini riuniti attorno a una pietra incoronata di ghirlande, sacrificio di un agnello, banchetto comune: la festa univa rito agrario e coesione sociale. Spostare un cippo era un sacrilegio. Sul Campidoglio, Terminus aveva rifiutato di cedere il suo posto a Giove – segno, per i Romani, della solidità dello Stato.
Terminalia: la pietra che resistette a Giove
Il 23 febbraio, nei campi e ai crocevia dell’Italia romana, si incoronavano pietre. Queste pietre non avevano nulla di straordinario: un blocco squadrato, a volte un semplice tronco d’albero conficcato nella terra. Ma segnavano il confine tra due proprietà e portavano in sé la presenza di Terminus, dio dei cippi. Le Terminalia costituivano una delle sessantuno feste pubbliche statuvae (fisse) iscritte nei calendari incisi che ci sono pervenuti, e occupavano un posto particolare nell’anno religioso: Varrone ha precisato che questo giorno era stato stabilito come l’ultimo dell’antico calendario, febbraio essendo il dodicesimo mese, dal quale cinque giorni venivano sottratti negli anni intercalari[1].
Prima che i decemviri riorganizzassero l’ordine dei mesi, febbraio occupava l’ultimo posto. Ovidio lo aveva notato fin dall’inizio del libro II dei Fasti, presentando il culto di Terminus come quello che, prima di questa riforma, chiudeva il ciclo dei riti sacri[2].
Una festa di vicinato prima di tutto
Ovidio ha dato la descrizione più vivace della festa. Il rituale che descrive è decisamente domestico. Il poeta apostrofa direttamente il dio:
«Terminus, che tu sia una pietra o un vecchio tronco sepolto nei campi, non sei per questo meno una potenza divina. I padroni di due campi confinanti ti incoronano insieme; ti offrono due ghirlande e due focacce sacre»[3].
La moglie del contadino va a prendere il fuoco dal suo focolare e porta alcuni carboni ardenti in un coccio rotto; un vecchio spacca legna e lavora per fissare rami nella terra dura; un bambino tiene larghe ceste e getta per tre volte del grano nelle fiamme; una bambina presenta un favo di miele tagliato. Si versa il vino, che ciascuno offre alle fiamme. Poi viene il sacrificio: Terminus è asperso del sangue di un agnello immolato, e non si lamenta quando gli viene offerta anche una scrofa che allatta[4]. Dopo il sacrificio viene il banchetto comune, nella gioiosa rusticità. I vicini si radunano e cantano le lodi del dio:
«Sei tu che delimiti i confini dei popoli, delle città, dei vasti regni; senza di te, il minimo campo sarebbe causa di litigi»[5].
Questa dimensione conviviale è centrale. Sacrificando insieme a Terminus, i proprietari riconoscono il carattere immutabile e sacro del confine che separa le loro proprietà. Il cippo non è soltanto un riferimento catastale. Tibullo ne ha reso conto con semplicità: descrive la sua devozione per i ceppi persi nei campi e le vecchie pietre dei crocevia che portano ghirlande di fiori, e che ricevono le primizie di tutti i frutti che la primavera gli dona[6].
La sanzione contro chiunque trasgredisse il confine era severa. Paolo Festo la riporta esplicitamente: si sacrificava a Terminus perché si credeva che la delimitazione dei campi fosse sotto la sua protezione. Per questa ragione, Numa aveva deciso che colui che dissodava un cippo arando era sacer, lui così come i suoi buoi[7]. Essere dichiarato sacer (parola che significa al tempo stesso «sacro» e «maledetto») significava essere votato agli dèi infernali: un’esclusione totale dalla comunità degli uomini e dal diritto. Lo spostamento dei cippi non era un’infrazione, ma un sacrilegio. La profezia di Vegoia, testo di origine etrusca trasmesso nel Corpus Agrimensorum Romanorum, lo esprimeva in un registro cosmologico: chiunque spostasse cippi allargando la propria proprietà a danno altrui «sarà per questo crimine condannato dagli dèi […]. Allora la terra, sotto l’effetto delle tempeste e dei cicloni, si muoverà anch’essa e tremerà molto spesso»[8]. Spostare un cippo non riguardava la lite tra vicini: era squilibrare il cosmo.
La consacrazione dei cippi stessi era oggetto di un rituale al momento della posa, descritto con precisione da Siculo Flacco nel suo trattato sulle condizioni delle terre. Nelle fosse scavate al confine delle proprietà, si immolava una vittima, si bruciava il corpo con torce ardenti, e nella fossa «a capo coperto, versavano goccia a goccia il sangue, e vi gettavano incenso e frutti del raccolto. Gettavano anche nelle fosse favi di miele, vino e altre cose che si è soliti consacrare al dio Terminus. Una volta consumate dal fuoco tutte le offerte, posavano le pietre sui resti incandescenti»[9]. La cerimonia annuale delle Terminalia può allora essere letta come il rinnovo di quell’atto originario: l’offerta fatta ogni anno al cippo replicava, in miniatura, il rituale della sua consacrazione.
Il cippo che rifiutò di spostarsi
Il dio Terminus non era onorato soltanto nei campi. Occupava anche un posto singolare sul Campidoglio, ed è questo episodio che le fonti hanno riportato più a lungo. Quando Tarquinio il Superbo intraprese la costruzione del grande tempio di Giove, furono presi gli auspici per chiedere agli dèi già presenti sulla collina l’autorizzazione a lasciarsi spostare. Tutti acconsentirono – tranne Terminus. Ovidio lo nota in due versi:
«Terminus, come ricordano gli Antichi, fu trovato nell’area sacra e rifiutò di spostarsi; con il grande Giove, condivide il tempio»[10].
Dionigi di Alicarnasso precisa che al momento dell’esaugurazione delle divinità installate sul Campidoglio, tutte si ritirarono, tranne Juventas e Terminus[11]. Poiché il dio esigeva di essere sacrificato all’aria aperta, un’apertura fu praticata nel tetto del tempio. Tito Livio riporta l’interpretazione che i Romani hanno dato a questo episodio: gli uccelli avevano permesso di sconsacrare tutte le altre cappelle, ma rifiutato il loro consenso per il recinto di Terminus, segno della solidità e della stabilità dello Stato[12].
Una promozione inattesa
Questo rifiuto ha valso a Terminus una promozione inattesa: da divinità ausiliaria e rurale, è diventato associato a Giove stesso.
Con la sua immobilità, Terminus garantiva a Roma la sua continuità. Ovidio lo esprime in una formula posta alla fine del passo consacrato alle Terminalia:
«Gli altri popoli hanno confini precisi; per Roma, la Città e il Mondo hanno la stessa estensione»[13].
Il cippo del pastore latino e il confine dell’impero si rispecchiano in uno stesso movimento ideologico – una divinità dell’immobilità messa al servizio di un impero in perpetua espansione.
A sei miglia da Roma, all’incrocio della via Laurentina e della via Ostiense – limite del territorio della città sotto il re Numa –, una cerimonia pubblica completava i riti privati dispersi nelle campagne. Ovidio la menziona brevemente: si offrivano sull’altare le viscere di una pecora dalla folta lana, ai piedi della sesta pietra miliare[14]. Quel punto segnava l’antico confine tra i Romani e i loro vicini di Laurentum. Roma ricordava ogni 23 febbraio di aver avuto, anch’essa, dei confini.
Studi moderni
Boxus, Anne-Marie e Poucet, Jacques, commento dei Fasti di Ovidio, Bibliotheca Classica Selecta, Università di Lovanio, 2002-2004.
Gonzales, Antonio, «Le dieu Terme se tient en gardien à l’entrée du monde», in Les vocabulaires techniques des arpenteurs romains. Actes du colloque international (Besançon, 19-21 septembre 2002), Besançon, Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, coll. ISTA, 993, 2006, p. 63-69.
[1] Varrone, De Lingua Latina, VI, 3: «Terminalia, quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius et cum intercalatur inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.»
[2] Ovidio, Fasti, II, 47-54.
[3] Ovidio, Fasti, II, 641-644: «Termine, siue lapis siue es defossus in agro / stipes, ab antiquis tu quoque numen habes. / Te duo diuersa domini de parte coronant, / binaque serta tibi binaque liba ferunt.»
[4] Ovidio, Fasti, II, 655-656: «Spargitur et caeso communis Terminus agno, / nec queritur lactans cum sibi porca datur.»
[5] Ovidio, Fasti, II, 659-660: «’Tu populos urbesque et regna ingentia finis: / omnis erit sine te litigiosus ager.’»
[6] Tibullo, Elegie, I, 1, 12-16: «[Nam] ueneror seu stipes habet desertus in agris / seu uetus in triuio florida serta lapis; / et quodcumque mihi pomum nouus educat annus, / libatum agricolae ponitur ante deo.»
[7] Paolo Festo, sub verbo Terminus, p. 505 L: «Termino sacra faciebant, quod in eius tutela fines agrorum esse putabant. Denique Numa Pompilius statuit eum, qui terminum exarasset, et ipsum et boues sacros esse.»
[8] Profezia di Vegoia, in Blume, Lachmann e Rudorff, Die Schriften der römischen Feldmesser, I, p. 350, 18-351, 10. Traduzione di B. Liou-Gille, citata in Gonzales, op. cit., p. 69.
[9] Siculo Flacco, De agrorum condicionibus, 53-64. Traduzione di M. Clavel-Lévêque, D. Conso, F. Favory, J.-Y. Guillaumin e Ph. Robin, Napoli, 1993. Citata in Gonzales, op. cit., p. 65.
[10] Ovidio, Fasti, II, 669-670: «Terminus, ut ueteres memorant, inuentus in aede / restitit et magno cum Ioue templa tenet.»
[11] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, III, 69, 3-6.
[12] Tito Livio, Storia di Roma, I, 55, 3.
[13] Ovidio, Fasti, II, 683-684: «Gentibus est aliis tellus data limite certo: / Romanae spatium est Urbis et orbis idem.»
[14] Ovidio, Fasti, II, 679-682.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. On 23 February, Rome celebrated the Terminalia in honour of Terminus, god of boundary stones. Neighbours gathered around a stone crowned with garlands, sacrifice of a lamb, communal feast: the festival combined agrarian rite and social cohesion. Moving a boundary stone was sacrilege. On the Capitoline Hill, Terminus had refused to yield his place to Jupiter – a sign, for the Romans, of the solidity of the State.
Terminalia: the Stone that Resisted Jupiter
On 23 February, in the fields and at the crossroads of Roman Italy, stones were crowned with garlands. These stones had nothing extraordinary about them: a carved block, sometimes a simple tree trunk driven into the earth. But they marked the boundary between two properties and carried within them the presence of Terminus, god of boundary stones. The Terminalia constituted one of the sixty-one public statuvae festivals (fixed festivals) recorded in the engraved calendars that have come down to us, and occupied a particular place in the religious year: Varro specified that this day had been established as the last of the ancient calendar, February being the twelfth month, from which five days were subtracted in intercalary years[1].
Before the decemvirs reorganised the order of the months, February occupied the last position. Ovid had noted this at the very beginning of Book II of the Fasti, presenting the cult of Terminus as the one that, before this reform, closed the cycle of sacred rites[2].
A neighbourhood festival above all
Ovid gave the most vivid description of the festival. The ritual he depicts is resolutely domestic. The poet addresses the god directly:
«Terminus, whether you are a stone or an old trunk buried in the fields, you are no less a divine power. The owners of two adjoining fields crown you together; they offer you two garlands and two sacred cakes»[3].
The farmer’s wife goes to fetch fire from her hearth and brings a few glowing coals in a broken potsherd; an old man splits wood and works to drive branches into the hard ground; a child holds wide baskets and three times throws grain into the flames; a little girl offers a cut honeycomb. Wine is poured, which each one offers to the flames. Then comes the sacrifice: Terminus is sprinkled with the blood of a slaughtered lamb, and does not complain when a suckling sow is offered to him as well[4]. After the sacrifice comes the communal meal, in rustic merriment. The neighbours gather and sing the praises of the god:
«It is you who mark the boundaries of peoples, cities, and vast kingdoms; without you, the smallest field would be cause for dispute»[5].
This convivial dimension is central. By sacrificing together to Terminus, the landowners acknowledge the immutable and sacred character of the boundary separating their properties. The boundary stone is not merely a cadastral marker. Tibullus expressed this simply: he describes his devotion to the stumps lost in the fields and the old stones at crossroads bearing garlands of flowers, which receive the first fruits of all the produce that spring brings him[6].
The penalty for anyone who transgressed the boundary was severe. Paulus Festus reports it explicitly: sacrifice was made to Terminus because it was believed that the marking of fields was under his protection. For this reason, Numa had decreed that anyone who ploughed up a boundary stone was sacer, along with his oxen[7]. To be declared sacer (a word meaning both «sacred» and «accursed») meant being devoted to the infernal gods: a complete exclusion from the community of men and from the law. Moving boundary stones was not an offence but a sacrilege. The prophecy of Vegoia, a text of Etruscan origin transmitted in the Corpus Agrimensorum Romanorum, expressed this in a cosmological register: whoever moved boundary stones by enlarging his property at the expense of another «will for this crime be condemned by the gods […]. Then the earth, under the effect of storms and cyclones, will itself move and shake very often»[8]. Moving a boundary stone was not a matter of dispute between neighbours: it was to unbalance the cosmos.
The consecration of the boundary stones themselves was the subject of a ritual at the time of their installation, described with precision by Siculus Flaccus in his treatise on the conditions of lands. In the pits dug at the junction of properties, a victim was sacrificed, the body was burned with blazing torches, and into the pit «with heads covered, they poured blood drop by drop, and threw in incense and the fruits of the harvest. They also threw into the pits honeycombs, wine and other things customarily consecrated to the god Terminus. Once all the offerings had been consumed by fire, they placed the stones upon the still-glowing remains»[9]. The annual ceremony of the Terminalia can thus be read as the renewal of this original act: the offering made each year at the boundary stone replayed, in miniature, the ritual of its consecration.
The stone that refused to move
The god Terminus was not honoured only in the fields. He also occupied a singular place on the Capitoline Hill, and it is this episode that the sources have recorded at greatest length. When Tarquinius Superbus undertook the construction of the great temple of Jupiter, the auspices were taken to ask the gods already present on the hill for permission to be moved. All consented – except Terminus. Ovid notes it in two verses:
«Terminus, as the Ancients recall, was found within the sacred precinct and refused to move; with great Jupiter, he shares the temple»[10].
Dionysius of Halicarnassus specifies that at the time of the exauguration of the deities installed on the Capitoline Hill, all withdrew except Juventas and Terminus [11]. Since the god required to be sacrificed in the open air, an opening was made in the roof of the temple. Livy reports the interpretation the Romans gave to this episode: the birds had permitted the desacralisation of all the other shrines, but refused their consent for the enclosure of Terminus – a sign of the solidity and stability of the State[12].
An unexpected promotion
This refusal earned Terminus an unexpected promotion: from an auxiliary and rural deity, he became associated with Jupiter himself.
Through his immobility, Terminus guaranteed Rome its continuity. Ovid expresses this in a formula placed at the end of the passage devoted to the Terminalia:
«Other peoples have been given lands with fixed boundaries; the space of Rome is that of the City and of the World»[13].
The boundary stone of the Latin shepherd and the frontier of the empire correspond in a single ideological movement – a deity of immobility placed in the service of an empire in perpetual expansion.
Six miles from Rome, at the junction of the via Laurentina and the via Ostiense – the boundary of the city’s territory under King Numa –, a public ceremony complemented the private rites scattered across the countryside. Ovid mentions it briefly: the entrails of a thick-fleeced ewe were offered on the altar, at the foot of the sixth milestone[14]. This point marked the ancient boundary between the Romans and their neighbours of Laurentum. Every 23 February, Rome was reminded that it too had once had limits.
Modern studies
Boxus, Anne-Marie and Poucet, Jacques, commentary on Ovid’s Fasti, Bibliotheca Classica Selecta, University of Louvain, 2002-2004
Gonzales, Antonio, «Le dieu Terme se tient en gardien à l’entrée du monde», in Les vocabulaires techniques des arpenteurs romains. Actes du colloque international (Besançon, 19-21 septembre 2002), Besançon, Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, coll. ISTA, 993, 2006, pp. 63-69.
[1] Varro, De Lingua Latina, VI, 3: «Terminalia, quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius et cum intercalatur inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.»
[2] Ovid, Fasti, II, 47-54.
[3] Ovid, Fasti, II, 641-644: «Termine, siue lapis siue es defossus in agro / stipes, ab antiquis tu quoque numen habes. / Te duo diuersa domini de parte coronant, / binaque serta tibi binaque liba ferunt.»
[4] Ovid, Fasti, II, 655-656: «Spargitur et caeso communis Terminus agno, / nec queritur lactans cum sibi porca datur.»
[5] Ovid, Fasti, II, 659-660: «’Tu populos urbesque et regna ingentia finis: / omnis erit sine te litigiosus ager.’»
[6] Tibullus, Elegies, I, 1, 12-16: «[Nam] ueneror seu stipes habet desertus in agris / seu uetus in triuio florida serta lapis; / et quodcumque mihi pomum nouus educat annus, / libatum agricolae ponitur ante deo.»
[7] Paulus Festus, sub verbo Terminus, p. 505 L: «Termino sacra faciebant, quod in eius tutela fines agrorum esse putabant. Denique Numa Pompilius statuit eum, qui terminum exarasset, et ipsum et boues sacros esse.»
[8] Prophecy of Vegoia, in Blume, Lachmann and Rudorff, Die Schriften der römischen Feldmesser, I, p. 350, 18-351, 10. Translation by B. Liou-Gille, cited in Gonzales, op. cit., p. 69.
[9] Siculus Flaccus, De agrorum condicionibus, 53-64. Translation by M. Clavel-Lévêque, D. Conso, F. Favory, J.-Y. Guillaumin and Ph. Robin, Naples, 1993. Cited in Gonzales, op. cit., p. 65.
[10] Ovid, Fasti, II, 669-670: «Terminus, ut ueteres memorant, inuentus in aede / restitit et magno cum Ioue templa tenet.»
[11] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, III, 69, 3-6.
[12] Livy, History of Rome, I, 55, 3.
[13] Ovid, Fasti, II, 683-684: «Gentibus est aliis tellus data limite certo: / Romanae spatium est Urbis et orbis idem.»
[14] Ovid, Fasti, II, 679-682.
👉 All the festivals of the Roman calendar
Dates
Février 23, 2027 Toute la journée
202724févToute la journéeFugalia / Regifugium
Description
Ante diem sextum Kalendas Martias
Description
Ante diem sextum Kalendas Martias

EN BREF – Le 24 février, Rome célébrait le Regifugium – aussi appelé Fugalia – une fête publique parmi les plus anciennes du calendrier républicain. Son rite central: un sacrifice au Comitium, suivi de la fuite précipitée du roi. Derrière la légende de l’expulsion de Tarquin le Superbe, les érudits antiques ont discerné les traces d’un rituel bien plus archaïque, lié à la fin de l’année primitive et à cinq jours hors du temps auxquels le roi ne pouvait que se soustraire.
Le roi qui fuit: mystère d’une fête romaine archaïque
Le 24 février portait dans les calendriers romains la mention Regifugium, inscrite en grandes lettres – réservées aux fêtes les plus vénérables du peuple romain, les feriae publicae de première classe. Le nom est transparent: «la fuite du roi», ou «la mise en fuite du roi.» Ce que ce nom recouvre l’est beaucoup moins. Pas un auteur antique n’a pu l’expliquer avec certitude, et la question a traversé les siècles sans réponse définitive.
La fête était également désignée sous le nom de Fugalia. Cette appellation tardive s’est imposée après 391 de notre ère, lorsque le Code théodosien (16, 10, 10) a interdit la célébration de tout sacrifice païen le 24 février. La fête, amputée de sa dimension sacrificielle, a continué de figurer dans le calendrier sous ce nom alternatif, témoignage d’une résistance du temps long face aux transformations de l’Empire chrétien.
La légende de Tarquin, un récit construit après coup
La version la plus connue associe le Regifugium à l’expulsion de Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome, vers 510 avant notre ère. Ovide, dans les Fastes, l’adopte sans réserve:
«Je dois redire maintenant l’expulsion des rois; c’est là le souvenir que rappelle, par son nom même, le sixième jour avant la fin du mois. Tarquin régnait à Rome; il ne devait pas avoir de successeurs. Injuste, mais brave, il avait conquis ou détruit nombre de villes.»[1]
Le poète enchaîne avec le récit circonstancié de la ruse de Gabies, du viol de Lucrèce par Sextus Tarquin, du suicide de la matrone et du serment de Brutus –récit qui occupe la quasi-totalité du livre II des Fastes consacré à février.
Tite-Live, dans son Ab Vrbe Condita, donne de ce même moment une version saisissante. Brutus, arrachant du corps de Lucrèce le couteau encore sanglant, prononce son serment:
«Par ce sang chaste et pur avant l’outrage royal, je jure, et vous, dieux, j’en prends à témoins, que je poursuivrai Lucius Tarquin le Superbe, sa criminelle épouse et toute la race de ses enfants, par le fer, par le feu et par tous les moyens en mon pouvoir, et que je ne souffrirai ni eux ni personne d’autre de régner à Rome.»[2]

La foule, galvanisée, vote l’exil du roi. Tarquin, apprenant la révolte depuis son camp devant Ardée, tente de rentrer à Rome: les portes lui sont fermées. Il part en exil avec ses fils.
Paul Diacre, dans son abrégé de Festus, enregistrait cette même tradition: «les Romains appelaient sacrée la journée du Regifugium parce que ce jour-là le roi Tarquin s’était enfui de Rome.»[3]
Cette interprétation a cependant rencontré de sérieuses objections dès l’Antiquité. Verrius Flaccus, érudit augustéen dont Festus est l’abréviateur, notait dans le Calendrier de Préneste que la croyance populaire selon laquelle le nom Regifugium commémorait la fuite historique de Tarquin était erronée: le roi se trouvait au siège d’Ardée lorsqu’il fut renversé, et non à Rome. La vraie signification de la journée, selon Varron, était que le rex sacrorum offrait un sacrifice au Comitium, après quoi il était permis d’agir en justice: QVANDO REX COMITIAVIT FAS[4]. Le peuple avait fabriqué une explication à partir du nom Regifugium sans en connaître le vrai sens.
Ce que le rite révèle
Au-delà de la légende, les sources érudites permettent d’entrevoir la réalité du rite. Festus, dans un passage très mutilé, mentionnait qu’en ce jour le roi –en des temps républicains le rex sacrorum, substitut religieux du roi dans les cérémonies publiques– et les Saliens offraient un sacrifice au Comitium, lieu de rassemblement primitif du peuple romain, à l’issue duquel le roi s’enfuyait de l’endroit. Plutarque, dans ses Questions romaines (63), confirme que le rex sacrorum était tenu d’offrir un sacrifice public en ce lieu à cette date, et que la fuite qui s’ensuivait constituait l’acte central de la cérémonie.
La position calendaire du Regifugium constitue elle-même une anomalie. C’est l’une des seules fois dans tout le calendrier romain où deux grandes fêtes publiques de première classe tombent des jours consécutifs: les Terminalia le 23 février, le Regifugium le 24. Et c’est l’une des très rares fêtes antiques à tomber un jour pair, ce qui contrevient à la règle ancienne selon laquelle les jours de fête devaient être impairs. Ces anomalies ne sont pas fortuites: elles signalent que ce jour occupait à l’origine une position à part dans la structure du temps romain.
L’énigme du calendrier primitif
C’est précisément cette position calendaire, immédiatement après les Terminalia, qui a permis à des savants modernes de proposer une lecture d’ensemble cohérente. Varron affirmait que les Terminalia avaient reçu leur nom parce que ce jour marquait autrefois le dernier jour de l’année[5]. Ovide évoquait le même souvenir en s’adressant au dieu Terminus: «toi aussi, Terminus, tu étais la fin des rites sacrés»[6]. Et le grand jurisconsulte Quintus Mucius Scaevola, cité par Celse au Digeste (50, 16, 98), confirmait indépendamment cette tradition en plaçant l’intercalation à extremo die mensis Februarii – le «dernier jour de février», qu’André Magdelain a montré être non pas le 28 mais bien le 23, jour des Terminalia[7].
Le corollaire s’impose: les cinq jours qui suivent les Terminalia, du 24 au 28 février, n’appartiennent en réalité ni à l’année révolue, qui s’est fermée le 23, ni à l’année suivante, qui ne commençait qu’aux calendes de mars. Ils forment un surnumérariat –ce que Magdelain désigne, en recourant à la terminologie des calendriers antiques, comme des jours «épagomènes»: cinq jours hors de toute année, hors de tout mois, intercalés entre deux cycles. Cette structure n’est pas propre à Rome: l’Égypte et la Perse connaissaient chacune douze mois de trente jours complétés par cinq jours épagomènes; la Révolution française elle-même y a recouru avec ses cinq jours «sans-culottides». Dans tous ces systèmes, comme à Rome, c’est précisément dans cet intervalle surnuméraire que se plaçait l’intercalation –à Rome entre les Terminalia et le Regifugium, comme l’attestent concordamment Censorinus et Macrobe[8].
Ce cadre permet de comprendre autrement la fuite du roi. Merrill, en 1924, avait proposé d’y voir l’écho lointain d’un rite indo-européen de mise à mort royale au terme d’un règne annuel, s’inspirant des théories de James George Frazer sur la royauté sacrificielle. Magdelain, en 1990, a réfuté cette lecture de manière décisive: «ces systèmes supposent à tort que le 24 février un règne s’achève définitivement; le rex sacrorum revient.»[9] Ce qui compte, c’est précisément ce retour: le roi ne disparaît pas, il se retire provisoirement. Ce qu’il fuit, selon Magdelain, ce sont les jours épagomènes eux-mêmes. Leur nocivité est bien connue des calendriers qui les accueillent, par exemple au Mexique, en Égypte, en Perse. Le temps surnuméraire est dangereux, et devant lui le roi s’éclipse; son règne s’interrompt pendant cinq jours qui lui sont contraires, avant de reprendre à l’ouverture de l’année nouvelle.
Cette interprétation permet également d’éclairer une institution républicaine longtemps énigmatique: l’interregnum politique, dont la durée était précisément de cinq jours. Magdelain suggère qu’un interrex sacral suppléait le roi pendant les cinq épagomènes à partir du Regifugium, et que la République a transposé ce modèle religieux en procédure de droit public pour remédier à la vacance de la magistrature suprême. L’année romaine renaissait aux calendes de mars, lorsque le feu sacré du temple de Vesta était formellement rallumé et les lauriers renouvelés sur la Regia[10], actes qui signifiaient le retour à l’ordre du monde après cinq jours d’interrègne.
La fête était célébrée pour la dernière fois selon ses formes complètes en 391 de notre ère, lorsque le Code théodosien en a interdit le sacrifice central. Elle a survécu quelque temps sous le nom de Fugalia avant de s’effacer du calendrier avec la religion dont elle était l’une des expressions les plus archaïques.
SOURCES ANTIQUES
- Ovide, Fastes, II, 685-852.
- Tite-Live, Ab Vrbe Condita, I, 59.
- Varron, De Lingua Latina, VI, 13; VI, 81.
- Festus, De significatione verborum, s.v. Regifugium (p. 246 L.); épitomé par Paul Diacre, p. 347 L.
- Censorinus, De die natali, 20, 6.
- Macrobe, Saturnales, I, 13, 15.
- Plutarque, Questions romaines, 63.
- Celse, Digeste, 50, 16, 98 (citant Quintus Mucius Scaevola).
ÉTUDES MODERNES
- Magdelain, André, «Cinq jours épagomènes à Rome?», in Jus imperium auctoritas. Études de droit romain, Rome, École française de Rome, 1990, p. 279-303 (Publications de l’École française de Rome, 133-1).
- Merrill, Elmer Truesdell, «The Roman Calendar and the Regifugium», Classical Philology, vol. XIX, n° 1, janvier 1924, p. 20-39.
[1] Ovide, Fastes, II, 685-689: «Nunc mihi dicenda est regis fuga. traxit ab illa / sextus ab extremo nomina mense dies. / ultima Tarquinius Romanae gentis habebat / regna, vir iniustus, fortis ad arma tamen.»
[2] Tite-Live, Ab Vrbe Condita, I, 59: «Per hunc inquit castissimum ante regiam iniuriam sanguinem iuro, vosque, di, testes facio me L. Tarquinium Superbum cum scelerata coniuge et omni liberorum stirpe ferro igni quacumque dehinc vi possim exsecuturum, nec illos nec alium quemquam regnare Romae passurum.»
[3] Paul Diacre, abrégé de Festus, p. 347 (Lindsay): Regifugium sacrum dicebant, quo die rex Tarquinius fugerit a Roma.
[4] Varron, De Lingua Latina, VI, 81: dies qui uocatur sic, « QVANDO REX COMITIAVIT FAS, » is dictus ab eo, quod eo die rex sacrificulus litat ad comitium, ad quod tempus est nefas, ab eo fas: itaque post id tempus lege actum saepe.
[5] Varron, De Lingua Latina, VI, 13: Terminalia [dicta sunt], quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius, et cum intercalatur, inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.
[6] Ovide, Fastes, II, 49-50: «Qui [mensis] sequitur Ianum, ueteris fuit ultimus anni: / Tu quoque sacrorum, Termine, finis eras.»
[7] Celse, Digeste, 50, 16, 98, 1: extremoque diei mensis Februarii attribuit Quintus Mucius. Sur l’interprétation de ce passage, voir Magdelain, op. cit., p. 287-288.
[8] Censorinus, De die natali, 20, 6: inter Terminalia et Regifugium; Macrobe, Saturnales, I, 13, 15: Romani non confecto Februario sed post vicesimum et tertium ejus diem intercalabant, Terminalibus scilicet jam peractis.
[9] Magdelain, op. cit., p. 297: «ces systèmes supposent à tort que le 24 février un règne s’achève définitivement; le rex sacrorum revient. De la théorie de E. T. Merrill, retenons l’association qu’elle fait entre Regifugium et interrègne pour la préhistoire.»
[10] Ovide, Fastes, III, 143; Macrobe, Saturnales, I, 12, 6.
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Versione italiana
IN BREVE – Il 24 febbraio, Roma celebrava il Regifugium – detto anche Fugalia – una delle feste pubbliche più antiche del calendario repubblicano. Il suo rito centrale: un sacrificio al Comizio, seguito dalla precipitosa fuga del re. Dietro la leggenda dell’espulsione di Tarquinio il Superbo, gli eruditi antichi hanno scorto le tracce di un rituale ben più arcaico, legato alla fine dell’anno primitivo e a cinque giorni fuori dal tempo dai quali il re non poteva che sottrarsi.
Il re che fugge: il mistero di una festa romana arcaica
Il 24 febbraio portava nei calendari romani la menzione Regifugium, iscritta in lettere maiuscole – riservate alle feste più venerabili del popolo romano, le feriae publicae di prima classe. Il nome è trasparente: «la fuga del re», o «la messa in fuga del re.» Ciò che esso cela è assai meno chiaro. Nessun autore antico ha potuto spiegarlo con certezza, e la questione ha attraversato i secoli senza risposta definitiva.
La festa era anche designata col nome di Fugalia. Questa denominazione tarda si è imposta dopo il 391 d.C., quando il Codice teodosiano (16, 10, 10) ha vietato la celebrazione di qualsiasi sacrificio pagano il 24 febbraio. La festa, amputata della sua dimensione sacrificale, ha continuato a figurare nel calendario sotto questo nome alternativo, testimonianza di una resistenza del tempo lungo di fronte alle trasformazioni dell’Impero cristiano.
La leggenda di Tarquinio, un racconto costruito a posteriori
La versione più nota associa il Regifugium all’espulsione di Tarquinio il Superbo, ultimo re di Roma, verso il 510 a.C. Ovidio, nei Fasti, la adotta senza riserve:
«Devo ora narrare l’espulsione dei re; è questo il ricordo che richiama, con il suo nome stesso, il sesto giorno prima della fine del mese. Tarquinio regnava su Roma; non avrebbe dovuto avere successori. Ingiusto, ma valoroso, aveva conquistato o distrutto numerose città.»[1]
Il poeta prosegue col racconto circostanziato dell’inganno di Gabii, dello stupro di Lucrezia da parte di Sesto Tarquinio, del suicidio della matrona e del giuramento di Bruto – racconto che occupa la quasi totalità del libro II dei Fasti dedicato a febbraio.
Tito Livio, nel suo Ab Vrbe Condita, dà di questo stesso momento una versione efficace. Bruto, strappando dal corpo di Lucrezia il coltello ancora insanguinato, pronuncia il suo giuramento:
«Per questo sangue, casto e puro prima dell’oltraggio regale, io giuro, e voi, o dèi, ne prendo testimoni, che perseguiterò Lucio Tarquinio il Superbo, la sua criminale moglie e tutta la stirpe dei suoi figli, col ferro, col fuoco e con ogni mezzo in mio potere, e che non tollererò né loro né chiunque altro a regnare su Roma.»[2]
La folla, galvanizzata, vota l’esilio del re. Tarquinio, apprendendo la rivolta dal suo accampamento davanti ad Ardea, tenta di rientrare a Roma: le porte gli vengono chiuse. Parte in esilio con i suoi figli.
Paolo Diacono, nel suo compendio di Festo, registrava questa stessa tradizione: «I Romani chiamavano sacra la giornata del Regifugium perché in quel giorno il re Tarquinio era fuggito da Roma.»[3]
Questa interpretazione ha però incontrato seri obiezioni fin dall’Antichità. Verrio Flacco, erudito augusteo di cui Festo è l’abbreviatore, notava nel Calendario di Preneste che la credenza popolare secondo cui il nome Regifugium commemorava la fuga storica di Tarquinio era erronea: il re si trovava all’assedio di Ardea quando fu rovesciato, e non a Roma. Il vero significato della giornata, secondo Varrone, era che il rex sacrorum offriva un sacrificio al Comizio, dopodiché era lecito agire in giudizio: QVANDO REX COMITIAVIT FAS[4]. Il popolo aveva fabbricato una spiegazione a partire dal nome Regifugium senza conoscerne il vero senso.
Ciò che il rito rivela
Al di là della leggenda, le fonti erudite permettono di intravedere la realtà del rito. Festo, in un passo molto mutilo, menzionava che in quel giorno il re – in epoca repubblicana il rex sacrorum, sostituto religioso del re nelle cerimonie pubbliche – e i Salii offrivano un sacrificio al Comizio, al termine del quale il re fuggiva dal luogo. Plutarco, nelle sue Questioni romane (63), conferma che il rex sacrorum era tenuto a offrire un sacrificio pubblico in quel luogo a quella data, e che la fuga che seguiva costituiva l’atto centrale della cerimonia.
La posizione calendaria del Regifugium costituisce essa stessa un’anomalia. È una delle sole volte in tutto il calendario romano in cui due grandi feste pubbliche di prima classe cadono in giorni consecutivi: le Terminalia il 23 febbraio, il Regifugium il 24. Ed è una delle rarissime feste antiche a cadere in un giorno pari, il che contravviene alla regola antica secondo cui i giorni di festa dovevano essere dispari. Queste anomalie non sono fortuite: segnalano che questo giorno occupava in origine una posizione a parte nella struttura del tempo romano.
L’enigma del calendario primitivo
È precisamente questa posizione calendaria, immediatamente dopo le Terminalia, che ha permesso a studiosi moderni di proporre una lettura d’insieme coerente. Varrone affermava che le Terminalia avevano ricevuto il loro nome perché quel giorno segnava un tempo l’ultimo giorno dell’anno[5]. Ovidio evocava lo stesso ricordo rivolgendosi al dio Terminus: «anche tu, Terminus, eri la fine dei riti sacri»[6]. E il grande giureconsulto Quinto Mucio Scevola, citato da Celso nel Digesto (50, 16, 98), confermava indipendentemente questa tradizione collocando l’intercalazione a extremo die mensis Februarii – l’«ultimo giorno di febbraio», che André Magdelain ha dimostrato essere non il 28 bensì il 23, giorno dei Terminalia[7].
Il corollario s’impone: i cinque giorni che seguono le Terminalia, dal 24 al 28 febbraio, non appartengono in realtà né all’anno trascorso, chiusosi il 23, né all’anno seguente, che non cominciava che alle calende di marzo. Formano un soprannumerario – quello che Magdelain designa, ricorrendo alla terminologia dei calendari antichi, come giorni «epagomeni»: cinque giorni fuori da ogni anno, fuori da ogni mese, interposti tra due cicli. Questa struttura non è propria di Roma: l’Egitto e la Persia conoscevano ciascuno dodici mesi di trenta giorni completati da cinque giorni epagomeni; la Rivoluzione francese stessa vi è ricorsa con i suoi cinque giorni sans-culottides. In tutti questi sistemi, come a Roma, è precisamente in questo intervallo soprannumerario che si collocava l’intercalazione – a Roma tra le Terminalia e il Regifugium, come attestano concordemente Censorino e Macrobio[8].
Questo quadro permette di comprendere diversamente la fuga del re. Merrill, nel 1924, aveva proposto di vedervi l’eco lontana di un rito indoeuropeo di messa a morte regale al termine di un regno annuale, ispirandosi alle teorie di James George Frazer sulla regalità sacrificale. Magdelain, nel 1990, ha confutato questa lettura in modo decisivo: «questi sistemi suppongono a torto che il 24 febbraio un regno si concluda definitivamente; il rex sacrorum torna.»[9] Ciò che conta è precisamente questo ritorno: il re non scompare, si ritira provvisoriamente. Ciò da cui fugge, secondo Magdelain, sono i giorni epagomeni stessi. La loro nocività è ben nota nei calendari che li ospitano, per esempio in Messico, in Egitto, in Persia. Il tempo soprannumerario è pericoloso, e di fronte ad esso il re si eclissa; il suo regno s’interrompe per cinque giorni che gli sono contrari, prima di riprendere all’apertura del nuovo anno.
Questa interpretazione permette anche di illuminare un’istituzione repubblicana a lungo enigmatica: l’interregnum politico, la cui durata era precisamente di cinque giorni. Magdelain suggerisce che un interrex sacrale suppliva il re durante i cinque epagomeni a partire dal Regifugium, e che la Repubblica ha trasposto questo modello religioso in procedura di diritto pubblico per rimediare alla vacanza della magistratura suprema. L’anno romano rinasceva alle calende di marzo, quando il fuoco sacro del tempio di Vesta veniva formalmente riacceso e gli allori rinnovati sulla Regia[10], atti che significavano il ritorno all’ordine del mondo dopo cinque giorni di interregno.
La festa è stata celebrata per l’ultima volta nelle sue forme complete nel 391 d.C., quando il Codice teodosiano ne ha vietato il sacrificio centrale. È sopravvissuta qualche tempo sotto il nome di Fugalia prima di scomparire dal calendario insieme alla religione di cui era una delle espressioni più arcaiche.
FONTI ANTICHE
- Ovidio, Fasti, II, 685–852.
- Tito Livio, Ab Vrbe Condita, I, 59.
- Varrone, De Lingua Latina, VI, 13; VI, 81.
- Festo, De significatione verborum, s.v. Regifugium (p. 246 L.); epitomato da Paolo Diacono, p. 347
- L. Censorino, De die natali, 20, 6.
- Macrobio, Saturnali, I, 13, 15.
- Plutarco, Questioni romane, 63.
- Celso, Digesto, 50, 16, 98 (citando Quinto Mucio Scevola).
STUDI MODERNI
- Magdelain, André, «Cinq jours épagomènes à Rome?», in Jus imperium auctoritas. Études de droit romain, Roma, École française de Rome, 1990, p. 279–303.
- Merrill, Elmer Truesdell, «The Roman Calendar and the Regifugium», Classical Philology, vol. XIX, n° 1, gennaio 1924, p. 20–39.
[1] Ovidio, Fasti, II, 685–689: Nunc mihi dicenda est regis fuga. traxit ab illa / sextus ab extremo nomina mense dies. / ultima Tarquinius Romanae gentis habebat / regna, vir iniustus, fortis ad arma tamen.
[2] Tito Livio, Ab Vrbe Condita, I, 59: Per hunc inquit castissimum ante regiam iniuriam sanguinem iuro, vosque, di, testes facio me L. Tarquinium Superbum cum scelerata coniuge et omni liberorum stirpe ferro igni quacumque dehinc vi possim exsecuturum, nec illos nec alium quemquam regnare Romae passurum.
[3] Paolo Diacono, compendio di Festo, p. 347 (Lindsay): Regifugium sacrum dicebant, quo die rex Tarquinius fugerit a Roma.
[4] Varrone, De Lingua Latina, VI, 81: dies qui uocatur sic, « QVANDO REX COMITIAVIT FAS, » is dictus ab eo, quod eo die rex sacrificulus litat ad comitium, ad quod tempus est nefas, ab eo fas: itaque post id tempus lege actum saepe.
[5] Varrone, De Lingua Latina, VI, 13: Terminalia [dicta sunt], quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius, et cum intercalatur, inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.
[6] Ovidio, Fasti, II, 49–50: Qui [mensis] sequitur Ianum, ueteris fuit ultimus anni: / Tu quoque sacrorum, Termine, finis eras.
[7] Celso, Digesto, 50, 16, 98, 1: extremoque diei mensis Februarii attribuit Quintus Mucius. Sull’interpretazione di questo passo, v. Magdelain, op. cit., p. 287–288.
[8] Censorino, De die natali, 20, 6: inter Terminalia et Regifugium; Macrobio, Saturnali, I, 13, 15: Romani non confecto Februario sed post vicesimum et tertium ejus diem intercalabant, Terminalibus scilicet jam peractis.
[9] Magdelain, op. cit., p. 297: «ces systèmes supposent à tort que le 24 février un règne s’achève définitivement; le rex sacrorum revient.»
[10] Ovidio, Fasti, III, 143; Macrobio, Saturnali, I, 12, 6.
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English version
IN BRIEF – On 24 February, Rome celebrated the Regifugium – also known as the Fugalia – one of the oldest public festivals in the Republican calendar. Its central rite: a sacrifice at the Comitium, followed by the hasty flight of the king. Behind the legend of Tarquinius Superbus’s expulsion, ancient scholars glimpsed traces of a far more archaic ritual, connected to the end of the primitive year and to five days outside of time from which the king could only flee.
The King Who Fled: The Mystery of an Archaic Roman Festival
On 24 February, the Roman calendars bore the inscription Regifugium, written in large letters – reserved for the most venerable festivals of the Roman people, the feriae publicae of the first class. The name is transparent: « the flight of the king, » or « the putting to flight of the king. » What it conceals is far less so. No ancient author was able to explain it with certainty, and the question has crossed the centuries without definitive answer.
The festival was also known as the Fugalia. This later name established itself after 391 CE, when the Theodosian Code (16, 10, 10) prohibited the celebration of any pagan sacrifice on 24 February. The festival, stripped of its sacrificial dimension, continued to appear in the calendar under this alternative name, testimony to the long resistance of time against the transformations of the Christian Empire.
The Legend of Tarquin, a Narrative Constructed After the Fact
The best-known version associates the Regifugium with the expulsion of Tarquinius Superbus, last king of Rome, around 510 BCE. Ovid, in the Fasti, adopts it without reservation:
« I must now relate the expulsion of the kings; this is the memory that is recalled, by its very name, on the sixth day before the end of the month. Tarquin reigned over Rome; he was not to have successors. Unjust but brave, he had conquered or destroyed many cities. »[1]
The poet then provides a detailed account of the trick at Gabii, the rape of Lucretia by Sextus Tarquinius, the matron’s suicide, and the oath of Brutus – a narrative that occupies almost the entirety of Book II of the Fasti devoted to February.
Livy, in his Ab Vrbe Condita, gives a striking version of this same moment. Brutus, wrenching the knife from Lucretia’s body, pronounces his oath:
« By this blood, chaste and pure before the royal outrage, I swear, and you, gods, I call to witness, that I will pursue Lucius Tarquinius Superbus, his criminal wife and all the offspring of his children, with fire, with sword, and by whatever means I can, and that I will suffer neither them nor anyone else to reign at Rome. »[2]
The galvanised crowd votes for the king’s exile. Tarquin, learning of the revolt from his camp before Ardea, attempts to return to Rome: the gates are closed against him. He goes into exile with his sons.
Paul the Deacon, in his epitome of Festus, recorded this same tradition: « The Romans called the day of the Regifugium sacred because on that day king Tarquin had fled from Rome. »[3]
This interpretation nonetheless encountered serious objections in Antiquity itself. Verrius Flaccus, the Augustan scholar of whom Festus is the epitomiser, noted in the Praenestine Calendar that the popular belief that the name Regifugium commemorated the historical flight of Tarquin was mistaken: the king was at the siege of Ardea when he was overthrown, not in Rome. The true meaning of the day, according to Varro, was that the rex sacrorum offered a sacrifice at the Comitium, after which legal action was permitted: QVANDO REX COMITIAVIT FAS[4]. The people had fabricated an explanation from the name Regifugium without knowing its true significance.
What the Rite Reveals
Beyond the legend, the scholarly sources allow us to glimpse the reality of the rite. Festus, in a very mutilated passage, mentioned that on this day the king – in Republican times the rex sacrorum, the king’s religious substitute in public ceremonies – and the Salii offered a sacrifice at the Comitium, the primitive gathering place of the Roman people, at the conclusion of which the king fled from the spot. Plutarch, in his Roman Questions (63), confirms that the rex sacrorum was required to offer a public sacrifice at this place on this date, and that the ensuing flight constituted the central act of the ceremony.
The calendrical position of the Regifugium is itself an anomaly. It is one of the only instances in the entire Roman calendar where two major public festivals of the first class fall on consecutive days: the Terminalia on 23 February, the Regifugium on 24. And it is one of the very rare ancient festivals to fall on an even date, which contravenes the old rule that festival days should be odd-numbered. These anomalies are not fortuitous: they signal that this day originally occupied a distinctive position in the structure of Roman time.
The Enigma of the Primitive Calendar
It is precisely this calendrical position, immediately after the Terminalia, that has allowed modern scholars to propose a coherent overall reading. Varro stated that the Terminalia had received their name because that day had once marked the last day of the year[5]. Ovid evoked the same memory when addressing the god Terminus: « you too, Terminus, were the end of sacred rites »[6]. And the great jurist Quintus Mucius Scaevola, quoted by Celsus in the Digest (50, 16, 98), independently confirmed this tradition by placing the intercalation at extremo die mensis Februarii – the « last day of February, » which André Magdelain demonstrated to be not the 28th but the 23rd, the day of the Terminalia[7].
The corollary follows inevitably: the five days following the Terminalia, from 24 to 28 February, belonged in reality neither to the past year, which closed on the 23rd, nor to the following year, which did not begin until the Kalends of March. They formed a supernumerary – what Magdelain designates, using the terminology of ancient calendars, as « epagomenal » days: five days outside any year, outside any month, inserted between two cycles. This structure is not peculiar to Rome: Egypt and Persia each knew twelve months of thirty days completed by five epagomenal days; the French Revolution itself resorted to the same device with its five sans-culottides. In all these systems, as at Rome, it was precisely in this supernumerary interval that intercalation was placed – at Rome between the Terminalia and the Regifugium, as Censorinus and Macrobius attest concordantly[8].
This framework allows a different understanding of the king’s flight. Merrill, in 1924, proposed to see in it the distant echo of an Indo-European rite of royal killing at the end of an annual reign, drawing on James George Frazer’s theories of sacrificial kingship. Magdelain, in 1990, refuted this reading decisively: « these systems wrongly suppose that on 24 February a reign ends definitively; the rex sacrorum returns. »[9] What matters is precisely this return: the king does not disappear, he temporarily withdraws. What he flees, according to Magdelain, are the epagomenal days themselves. Their harmfulness is well attested in the calendars that host them, for example in Mexico, Egypt, and Persia. Supernumerary time is dangerous, and before it the king eclipses himself; his reign is interrupted for five days that are contrary to him, before resuming at the opening of the new year.
This interpretation also illuminates a long-enigmatic Republican institution: the political interregnum, whose duration was precisely five days. Magdelain suggests that a sacred interrex replaced the king during the five epagomenal days from the Regifugium onwards, and that the Republic transposed this religious model into a procedure of public law to remedy the vacancy of the supreme magistracy. The Roman year was reborn at the Kalends of March, when the sacred fire in the temple of Vesta was formally relit and the laurels renewed on the Regia[10], acts signifying the return to world order after five days of interregnum.
The festival was celebrated for the last time in its complete forms in 391 CE, when the Theodosian Code prohibited its central sacrifice. It survived for a time under the name Fugalia before disappearing from the calendar along with the religion of which it was one of the most archaic expressions.
ANCIENT SOURCES
- Ovid, Fasti, II, 685–852.
- Livy, Ab Vrbe Condita, I, 59.
- Varro, De Lingua Latina, VI, 13; VI, 81.
- Festus, De significatione verborum, s.v. Regifugium (p. 246 L.); epitomised by Paul the Deacon, p. 347
- L. Censorinus, De die natali, 20, 6.
- Macrobius, Saturnalia, I, 13, 15.
- Plutarch, Roman Questions, 63.
- Celsus, Digest, 50, 16, 98 (quoting Quintus Mucius Scaevola).
MODERN STUDIES
- Magdelain, André, « Cinq jours épagomènes à Rome? », in Jus imperium auctoritas. Études de droit romain, Rome, École française de Rome, 1990, pp. 279–303.
- Merrill, Elmer Truesdell, « The Roman Calendar and the Regifugium, » Classical Philology, vol. XIX, no. 1, January 1924, pp. 20–39.
[1] Ovid, Fasti, II, 685–689: Nunc mihi dicenda est regis fuga. traxit ab illa / sextus ab extremo nomina mense dies. / ultima Tarquinius Romanae gentis habebat / regna, vir iniustus, fortis ad arma tamen.
[2] Livy, Ab Vrbe Condita, I, 59: Per hunc inquit castissimum ante regiam iniuriam sanguinem iuro, vosque, di, testes facio me L. Tarquinium Superbum cum scelerata coniuge et omni liberorum stirpe ferro igni quacumque dehinc vi possim exsecuturum, nec illos nec alium quemquam regnare Romae passurum.
[3] Paul the Deacon, epitome of Festus, p. 347 (Lindsay): Regifugium sacrum dicebant, quo die rex Tarquinius fugerit a Roma.
[4] Varro, De Lingua Latina, VI, 81: dies qui uocatur sic, « QVANDO REX COMITIAVIT FAS, » is dictus ab eo, quod eo die rex sacrificulus litat ad comitium, ad quod tempus est nefas, ab eo fas: itaque post id tempus lege actum saepe.
[5] Varro, De Lingua Latina, VI, 13: Terminalia [dicta sunt], quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius, et cum intercalatur, inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.
[6] Ovid, Fasti, II, 49–50: Qui [mensis] sequitur Ianum, ueteris fuit ultimus anni: / Tu quoque sacrorum, Termine, finis eras.
[7] Celsus, Digest, 50, 16, 98, 1: extremoque diei mensis Februarii attribuit Quintus Mucius. On the interpretation of this passage, see Magdelain, op. cit., pp. 287–288.
[8] Censorinus, De die natali, 20, 6: inter Terminalia et Regifugium; Macrobius, Saturnalia, I, 13, 15: Romani non confecto Februario sed post vicesimum et tertium ejus diem intercalabant, Terminalibus scilicet jam peractis.
[9] Magdelain, op. cit., p. 297: « ces systèmes supposent à tort que le 24 février un règne s’achève définitivement; le rex sacrorum revient. »
[10] Ovid, Fasti, III, 143; Macrobius, Saturnalia, I, 12, 6.
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Dates
Février 24, 2027 Toute la journée
202727févToute la journéeEquirria
Description
Ante diem quartum Kalendas Martias
Description
Ante diem quartum Kalendas Martias

EN BREF – Les Equirria sont deux fêtes romaines en l’honneur de Mars, célébrées le 27 février et le 14 mars, sous forme de courses de chars (bigae) sur le Champ de Mars. Leur nom signifie «course des chevaux» (Varron). Attribuées à Romulus, elles comptent parmi les plus anciennes du calendrier romain. Le second Equirria se double des Mamuralia, cérémonie liée à Mamurius Veturius et aux Saliens. L’érudit byzantin Jean le Lydien y a conservé le souvenir de trois chars aux couleurs distinctes — rouge, blanc, vert — représentant chacun une composante de la société romaine des origines.
Equirria: Rome en piste pour le dieu de la guerre
Dans le calendrier romain archaïque, le nom de certaines fêtes suffit à les définir. Les Equirria (également orthographiées Ecurria chez Varron ou Equiria dans certains manuscrits, décomposables en equi-curr-ia) désignent des courses de chevaux célébrées en l’honneur de Mars, deux fois dans le cycle du printemps naissant, le 27 février et le 14 mars. Ces deux journées forment un diptyque qui encadre le début du mois consacré au dieu de la guerre et marque, dans la religion romaine, le passage symbolique de l’hiver à la saison des campagnes militaires. Avec les Consualia, les Equirria comptent parmi les jeux les plus anciennement célébrés à Rome: ils figurent en gros caractères sur les calendriers lapidaires qui nous sont parvenus, ce qui indique leur appartenance à la rédaction primitive du calendrier, dont les origines remontent au moins à l’époque des décemvirs.
«À cause de la course des chevaux»
La définition la plus concise nous est fournie par Marcus Terentius Varron dans son traité De Lingua Latina, composé vers 47-45 avant notre ère. Traitant des noms des jours et des fêtes, il écrit: «Les Ecurria tirent leur nom de la course des chevaux; ce jour-là en effet, ils courent, dans des jeux, sur le Champ de Mars[1].» L’étymologie est transparente et le grammairien ne cherche pas à l’embellir: le nom dit la chose, et le lieu –le Champ de Mars– est le seul cadre concevable pour des courses consacrées au dieu de la guerre.
L’attribution de leur fondation à Romulus –fils de Mars selon la légende — est transmise par Paul Diacre dans son abrégé de Festus: «Les Equirria sont des jeux institués par Romulus en l’honneur de Mars; ils consistaient en une course de chevaux qui avait lieu sur le Champ de Mars[2].» Ce lien entre la fête et le fondateur mythique de Rome ancre les Equirria dans la couche la plus archaïque de la religion romaine. Tertullien, polémiste chrétien de la fin du 2e siècle, cite encore cette attribution dans son De spectaculis, où il écrit que «Romulus a consacré les Ecurria aux chevaux, en l’honneur de Mars[3]», témoignant de sa persistance dans la mémoire religieuse romaine longtemps après que le christianisme eut commencé à remettre en question les cultes traditionnels.
La nature exacte de la compétition a pu évoluer dans le temps. Varron parle de cursus sans préciser le détail; Ovide évoque Mars «pressant les chars attelés» avec ses chevaux rapides, ce qui désigne des biges –ces chars légers à deux roues tirés par deux chevaux. Il est probable qu’à l’origine les chevaux couraient librement, sans être attelés ni montés, avant d’adopter la formule des chars que l’on retrouve dans les grands cirques –une évolution que confirme la comparaison avec d’autres fêtes archaïques.
Le terrain des courses et sa topographie
Les courses ne se déroulaient pas dans un cirque, mais en plein air, sur un terrain gazonné du Champ de Mars, non loin de l’Ara Martis, l’autel de Mars. Des inscriptions découvertes dans cette partie de Rome permettent d’en fixer l’emplacement avec une certaine précision. Une inscription relative à un agitator factionis prasinae –un cocher de la faction verte– a été retrouvée au palais de la Cancellaria, près de l’église San Lorenzo in Damaso, qui portait encore au Moyen Âge le nom de in Prasino, «prasinus» désignant la couleur verte, emblème d’une des factions du cirque. On en a conclu que les cochers avaient leurs écuries à l’emplacement de cette église; un autre indice lui permet de situer l’extrémité du champ de courses vers l’église San Biagio, le tracé allant parallèlement au cours du Tibre.
Ce cadre naturel comportait une vulnérabilité connue: la proximité du Tibre exposait le terrain aux crues printanières, précisément dans la saison où tombaient les fêtes. On avait prévu ce cas: les courses étaient alors transférées sur le Caelius, dans un endroit également appelé campus martialis, dépourvu de structures permanentes. La disposition pratique révèle le soin apporté à ne pas laisser les circonstances climatiques interrompre un rite dont le calendrier religieux imposait la célébration.
Ovide et la présence du dieu
C’est l’image d’un dieu présent et actif que développe Ovide à la fin du livre II de ses Fastes. Les derniers vers du livre, consacrés au 27 février, décrivent la scène avec une concision élégante:
«Il ne reste plus que deux nuits pour que le second mois s’achève, et déjà Mars aiguillonne les coursiers qu’il vient d’atteler à son char. C’est avec raison qu’on a laissé le nom d’Équiries à ces jeux qu’on célèbre sous les yeux du dieu lui-même, dans le champ qui lui est consacré.»[4]
Mars n’est pas une présence abstraite: il surveille, il aiguillonne, il est là. Ovide insiste sur l’étymologie «vraie» (ex vero positum), rejoignant Varron sur ce point — le nom dit la chose. Il enchaîne aussitôt avec une apostrophe à Gradivus, l’épithète guerrière de Mars: «Sois le bienvenu, ô Gradivus; les jours qui t’appartiennent doivent avoir leur tour; voici le mois qui s’enorgueillit de s’appeler comme toi.» Ces vers sont les derniers du livre II: Ovide clôt le mois de février sur Mars et ouvre symboliquement vers le mois de mars. Les Equirria du 27 février fonctionnent ainsi comme une charnière entre deux mois, une anticipation du temps martial qui s’annonce.
Le 14 mars, les Mamuralia et Mamurius Veturius
Le second Equirria –le 14 mars– présente une particularité que plusieurs calendriers antiques signalent: le mot Mamuralia s’y substitue parfois à celui d’Equirria. La connexion entre les deux fêtes conduit au personnage de Mamurius Veturius, le forgeron légendaire qui, selon la tradition, avait fabriqué sur ordre de Numa onze boucliers (ancilia) rigoureusement identiques à l’ancile divin tombé du ciel, de façon qu’on ne pût distinguer ni dérober ce dernier. L’identité entre cette figure et Mars lui-même (sous ses noms archaïques Mamor ou Mamers) a été relevée par les antiquaires. Servius précise qu’on lui consacrait un jour où l’on frappait avec des bâtons sur un bouclier, imitant le travail de la forge –cérémonie qui constituait sans doute un épisode ou un complément des Equirria du mars.
Ce lien avec les Saliens s’impose naturellement: bien que leur participation aux Equirria ne soit pas directement attestée par les textes, elle résulte du caractère de la fête, analogue à celles qui, durant le mois de mars, mettaient en mouvement cette confrérie de prêtres-danseurs consacrés à Mars, gardiens des ancilia sacrés. Les Equirria s’inscrivent ainsi dans un cycle liturgique cohérent qui associe, autour du dieu de la guerre, les courses équestres, la protection des boucliers célestes et les danses armées des Saliens.
Les chars de Romulus et le schéma tripartite
Jean le Lydien, fonctionnaire et érudit byzantin du 6e siècle, décrit dans son De Mensibus –compilation de sources plus anciennes qu’il qualifie lui-même de matière hétéroclite– les origines des courses de chars, en rapport avec les premiers Equirria de février. Dans le quatrième livre, chapitre 20, il transporte le lecteur aux origines de Rome, aux trois tribus dans lesquelles Romulus avait divisé la société: Ramnes, Luceres, Tatienses. Son texte est explicite [5]: «Quand le peuple romain eut été divisé en trois parties, ces phylai furent appelées tribus, et leurs chefs tribuni. Ceux-ci avaient à veiller à ce que les courses se fissent convenablement… Trois chars, et non quatre, participaient à la course. Les uns (sic) étaient russati, c’est-à-dire rouges, les seconds albati, c’est-à-dire blancs, les autres uirides, c’est-à-dire verts, ce qu’on appelle aujourd’hui prasini. On considérait les rouges comme appartenant à Mars, les blancs à Jupiter, les verts à Vénus. Plus tard on ajouta uenetum, le bleu…[5]»
Un peu plus loin dans le même ouvrage (4, 30), Jean le Lydien donne une seconde liste où le vert appartient à Rome même sous le nom de Flora, le blanc à l’Air, le rouge à Mars, le bleu à Saturne ou Neptune –et ajoute que les Romains considéraient comme un mauvais présage que le char vert arrivât dernier, «car, en ce cas, c’était Rome même qui paraissait vaincue».
Georges Dumézil a proposé de lire dans cette distribution le schéma tripartite indo-européen: une fonction religieuse et céleste (blanc, Jupiter/Air), une fonction héroïque et guerrière (rouge, Mars), une fonction productive et nourricière (vert, Vénus/Flora/Rome). Romulus, fondateur mais non participant, transcende la compétition sans y engager de char. La compétition reste libre entre les composantes sociales, «comme un entraînement intensif pour un jeu harmonieux et souple dans les douze mois à venir».
Auteurs antiques
- Varron, De Lingua Latina, VI, 13 (texte latin consulté: The Latin Library)
- Ovide, Fasti, II, 857-864 (texte latin consulté: The Latin Library; traduction française: Itinera Electronica, Université catholique de Louvain)
- Festus Grammaticus / Paul Diacre, De la signification des mots, p. 71 L¹ = 197 L²
- Tertullien, De spectaculis, V, 5 (texte latin consulté: The Latin Library)
- Jean le Lydien, De Mensibus, 4, 20 et 4, 30
Études modernes
- Daremberg et Saglio, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, article «EQUIRRIA».
- Georges Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, suivi de Dix Questions romaines, Paris, Gallimard, 1975, pp. 177-180.
[1] Varron, De Lingua Latina, VI, 13: «Ecurria ab equorum cursu; eo die enim ludis currunt in campo Martio.»
[2] Festus / Paul Diacre, p. 71 L¹ = 197 L²: «Equirria ludi quos Romulus Marti instituit per equorum cursum qui in campo Martio exercebantur.»
[3] Tertullien, De spectaculis, V, 5: «dehinc Ecurria ab equis Marti Romulus dixit.»
[4] Ovide, Fasti, II, 857-862: «Iamque duae restant noctes de mense secundo, / Marsque citos iunctis curribus urget equos; / ex vero positum permansit Equirria nomen, / quae deus in campo prospicit ipse suo. / Iure venis, Gradive: locum tua tempora poscunt, / signatusque tuo nomine mensis adest.» Traduction française: Itinera Electronica, Université catholique de Louvain.
[5] Jean le Lydien, De Mensibus, 4, 20, cité par Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, p. 178.
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Versione italiana
IN BREVE – Gli Equirria sono due feste romane in onore di Marte, celebrate il 27 febbraio e il 14 marzo, sotto forma di corse di carri (bigae) nel Campo di Marte. Il loro nome significa «corsa dei cavalli» (Varrone). Attribuite a Romolo, figurano tra le più antiche del calendario romano. Il secondo Equirria si accompagna ai Mamuralia, cerimonia legata a Mamurio Veturio e ai Salii. L’erudito bizantino Giovanni Lido ha conservato il ricordo di tre carri dai colori distinti – rosso, bianco, verde – ciascuno rappresentante una componente della società romana delle origini.
Equirria: Roma in pista per il dio della guerra
Nel calendario romano arcaico, il nome di certe feste è sufficiente a definirle. Gli Equirria – scritti anche Ecurria in Varrone o Equiria in alcuni manoscritti, scomponibili in equi-curr-ia – designano corse di cavalli celebrate in onore di Marte, due volte nel ciclo della primavera nascente, il 27 febbraio e il 14 marzo. Queste due giornate formano un dittico che incornicia l’inizio del mese consacrato al dio della guerra e segna, nella religione romana, il passaggio simbolico dall’inverno alla stagione delle campagne militari. Insieme ai Consualia, gli Equirria figurano tra i giochi più anticamente celebrati a Roma: compaiono a caratteri cubitali sui calendari lapidari pervenutici, il che indica la loro appartenenza alla redazione primitiva del calendario, le cui origini risalgono almeno all’epoca dei decemviri.
«A causa della corsa dei cavalli»
La definizione più concisa ci è fornita da Marco Terenzio Varrone nel suo trattato De Lingua Latina, composto intorno al 47-45 avanti la nostra era. Trattando dei nomi dei giorni e delle feste, scrive: «Gli Ecurria traggono il loro nome dalla corsa dei cavalli; in quel giorno infatti corrono, nei giochi, nel Campo di Marte[1].» L’etimologia è trasparente e il grammatico non cerca di abbellirla: il nome dice la cosa, e il luogo – il Campo di Marte – è l’unico contesto concepibile per delle corse consacrate al dio della guerra.
L’attribuzione della loro fondazione a Romolo – figlio di Marte secondo la leggenda – è trasmessa da Paolo Diacono nel suo compendio di Festo: «Gli Equirria sono giochi istituiti da Romolo in onore di Marte; consistevano in una corsa di cavalli che si svolgeva nel Campo di Marte[2].» Questo legame tra la festa e il fondatore mitico di Roma radica gli Equirria nello strato più arcaico della religione romana. Tertulliano, polemista cristiano della fine del 2° secolo, cita ancora questa attribuzione nel suo De spectaculis, dove scrive che «Romolo consacrò gli Ecurria ai cavalli, in onore di Marte[3]», testimoniando la sua persistenza nella memoria religiosa romana molto tempo dopo che il cristianesimo aveva cominciato a mettere in discussione i culti tradizionali.
La natura esatta della competizione ha potuto evolversi nel tempo. Varrone parla di cursus senza precisare i dettagli; Ovidio evoca Marte «che incita i cavalli aggiogati al carro», il che designa le bighe – quei carri leggeri a due ruote trainati da due cavalli. È probabile che in origine i cavalli corressero liberamente, senza essere aggiogati né montati, prima di adottare la formula dei carri che si ritrova nei grandi circhi – un’evoluzione confermata dal confronto con altre feste arcaiche.
Il terreno delle corse e la sua topografia
Le corse non si svolgevano in un circo, ma all’aperto, su un terreno erboso del Campo di Marte, non lontano dall’Ara Martis – l’altare di Marte. Iscrizioni rinvenute in questa parte di Roma permettono di fissarne la collocazione con una certa precisione. Un’iscrizione relativa a un agitator factionis prasinae – un auriga della fazione verde – è stata ritrovata nel palazzo della Cancelleria, vicino alla chiesa di San Lorenzo in Damaso, che portava ancora nel Medioevo il nome di in Prasino, con «prasinus» a indicare il colore verde, emblema di una delle fazioni del circo. Se ne è concluso che gli aurighi avevano le loro scuderie nel sito di questa chiesa; un altro indizio permette di collocare l’estremità del campo di corsa verso la chiesa di San Biagio, con il tracciato che corre parallelamente al corso del Tevere.
Questo contesto naturale presentava una vulnerabilità nota: la vicinanza del Tevere esponeva il terreno alle piene primaverili, proprio nella stagione in cui cadevano le feste. Era prevista questa eventualità: le corse venivano allora trasferite sul Celio, in un luogo anch’esso chiamato campus martialis, privo di strutture permanenti. La soluzione pratica rivela la cura posta nel non lasciare che le circostanze climatiche interrompessero un rito la cui celebrazione era imposta dal calendario religioso.
Ovidio e la presenza del dio
È l’immagine di un dio presente e attivo che Ovidio sviluppa alla fine del libro II dei suoi Fasti. Gli ultimi versi del libro, consacrati al 27 febbraio, descrivono la scena con una concisione elegante:
«Non restano che due notti perché il secondo mese si compia, e già Marte sprona i corsieri che ha appena aggiogato al suo carro. È con ragione che si è lasciato il nome di Equirria a questi giochi che si celebrano sotto gli occhi del dio stesso, nel campo che gli è consacrato.»[4]
Marte non è una presenza astratta: sorveglia, sprona, è lì. Ovidio insiste sull’etimologia «vera» (ex vero positum), facendo eco a Varrone su questo punto – il nome dice la cosa. Aggiunge subito un’apostrofe a Gradivo, l’epiteto guerriero di Marte: «Sii il benvenuto, o Gradivo; i giorni che ti appartengono devono avere il loro turno; ecco il mese che si vanta di portare il tuo nome.» Questi versi sono gli ultimi del libro II: Ovidio chiude il mese di febbraio su Marte e si apre simbolicamente verso il mese di marzo. Gli Equirria del 27 febbraio funzionano così come una cerniera tra due mesi, un’anticipazione del tempo marziale che si annuncia.
Il 14 marzo, i Mamuralia e Mamurio Veturio
Il secondo Equirria – il 14 marzo – presenta una particolarità segnalata da diversi calendari antichi: la parola Mamuralia vi si sostituisce talvolta a quella di Equirria. La connessione tra le due feste conduce al personaggio di Mamurio Veturio, il leggendario fabbro che, secondo la tradizione, aveva fabbricato su ordine di Numa undici scudi (ancilia) rigorosamente identici all’ancile divino caduto dal cielo, in modo che non si potesse distinguere né sottrarre quest’ultimo. L’identità tra questa figura e Marte stesso – sotto i suoi nomi arcaici Mamor o Mamers – è stata rilevata dagli antiquari. Servio precisa che gli si consacrava un giorno in cui si colpiva con bastoni uno scudo, imitando il lavoro della forgia – cerimonia che costituiva senza dubbio un episodio o un complemento degli Equirria di marzo.
Il legame con i Salii si impone naturalmente: sebbene la loro partecipazione agli Equirria non sia direttamente attestata dai testi, essa deriva dal carattere della festa, analogo a quelle che, durante il mese di marzo, mettevano in moto questa confraternita di sacerdoti-danzatori consacrati a Marte, custodi degli ancilia sacri. Gli Equirria si inscrivono così in un ciclo liturgico coerente che associa, attorno al dio della guerra, le corse equestri, la protezione degli scudi celesti e le danze armate dei Salii.
I carri di Romolo e il sistema tripartito
Giovanni Lido, funzionario ed erudito bizantino del 6° secolo, descrive nel suo De Mensibus – compilazione di fonti più antiche che egli stesso qualifica come materia eteroclita – le origini delle corse di carri, in rapporto con i primi Equirria di febbraio. Nel quarto libro, capitolo 20, trasporta il lettore alle origini di Roma, alle tre tribù in cui Romolo aveva diviso la società: Ramni, Luceri, Tiziensi. Il suo testo è esplicito[5]: «Quando il popolo romano fu diviso in tre parti, queste phylai furono chiamate tribus, e i loro capi tribuni. Questi dovevano vigilare che le corse si svolgessero convenientemente… Tre carri, e non quattro, partecipavano alla corsa. Gli uni (sic) erano russati, cioè rossi, i secondi albati, cioè bianchi, gli altri uirides, cioè verdi, ciò che oggi si chiama prasini. I rossi erano considerati appartenenti a Marte, i bianchi a Giove, i verdi a Venere. In seguito fu aggiunto uenetum, il blu…»
Poco più avanti nello stesso testo (4, 30), Giovanni Lido fornisce un secondo elenco in cui il verde appartiene a Roma stessa sotto il nome di Flora, il bianco all’Aria, il rosso a Marte, il blu a Saturno o Nettuno – e aggiunge che i Romani consideravano di cattivo auspicio che il carro verde arrivasse ultimo, «poiché, in tal caso, era Roma stessa che sembrava vinta».
Georges Dumézil ha proposto di leggere in questa distribuzione lo schema tripartito indoeuropeo: una funzione religiosa e celeste (bianco, Giove/Aria), una funzione eroica e guerriera (rosso, Marte), una funzione produttiva e nutritiva (verde, Venere/Flora/Roma). Romolo, fondatore ma non partecipante, trascende la competizione senza impegnare il suo carro. La competizione rimane libera tra le componenti sociali, «come un intenso allenamento per un gioco armonioso e agile nei dodici mesi a venire».
Autori antichi
- Varrone, De Lingua Latina, VI, 13 (testo latino consultato: The Latin Library)
- Ovidio, Fasti, II, 857-864 (testo latino consultato: The Latin Library; traduzione francese: Itinera Electronica, Université catholique de Louvain)
- Festo Grammatico / Paolo Diacono, De significatione verborum, p. 71 L¹ = 197 L²
- Tertulliano, De spectaculis, V, 5 (testo latino consultato: The Latin Library)
- Giovanni Lido, De Mensibus, 4, 20 e 4, 30
Studi moderni
- Daremberg e Saglio, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, articolo «EQUIRRIA».
- Georges Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, suivi de Dix Questions romaines, Paris, Gallimard, 1975, pp. 177-180.
[1] Varrone, De Lingua Latina, VI, 13: «Ecurria ab equorum cursu; eo die enim ludis currunt in campo Martio.»
[2] Festo / Paolo Diacono, p. 71 L¹ = 197 L²: «Equirria ludi quos Romulus Marti instituit per equorum cursum qui in campo Martio exercebantur.»
[3] Tertulliano, De spectaculis, V, 5: «dehinc Ecurria ab equis Marti Romulus dixit.»
[4] Ovidio, Fasti, II, 857-862: «Iamque duae restant noctes de mense secundo, / Marsque citos iunctis curribus urget equos; / ex vero positum permansit Equirria nomen, / quae deus in campo prospicit ipse suo. / Iure venis, Gradive: locum tua tempora poscunt, / signatusque tuo nomine mensis adest.»
[5] Giovanni Lido, De Mensibus, 4, 20, citato da Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, p. 178.
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English version
IN BRIEF – The Equirria are two Roman festivals in honour of Mars, held on 27 February and 14 March, in the form of chariot races (bigae) on the Campus Martius. Their name means « horse race » (Varro). Attributed to Romulus, they rank among the oldest in the Roman calendar. The second Equirria coincides with the Mamuralia, a ceremony linked to Mamurius Veturius and the Salii. The Byzantine scholar John the Lydian preserved the memory of three chariots in distinct colours – red, white and green – each representing a component of early Roman society.
Equirria: Rome on track for the god of war
In the archaic Roman calendar, the name of certain festivals is sufficient to define them. The Equirria – also spelled Ecurria in Varro or Equiria in some manuscripts, and analysable as equi-curr-ia – designate horse races held in honour of Mars, twice in the cycle of early spring, on 27 February and 14 March. These two days form a diptych framing the beginning of the month dedicated to the god of war, marking in Roman religion the symbolic passage from winter to the season of military campaigns. Together with the Consualia, the Equirria are among the most ancient games celebrated in Rome: they appear in large letters on the lapidary calendars that have survived, indicating their place in the primitive layer of the calendar, whose origins reach back at least to the era of the decemvirs.
« Because of the horse race »
The most concise definition comes from Marcus Terentius Varro in his treatise De Lingua Latina, composed around 47-45 BCE. Discussing the names of days and festivals, he writes: « The Ecurria take their name from the running of horses; on that day, in the games, they race on the Campus Martius[1]. » The etymology is transparent and the grammarian makes no attempt to embellish it: the name states the thing, and the place – the Campus Martius – is the only conceivable setting for races dedicated to the god of war.
The attribution of their foundation to Romulus – son of Mars according to legend – is transmitted by Paul the Deacon in his epitome of Festus: « The Equirria are games instituted by Romulus in honour of Mars; they consisted of a horse race held on the Campus Martius[2]. » This link between the festival and the mythical founder of Rome anchors the Equirria in the most archaic layer of Roman religion. Tertullian, the Christian polemicist of the late 2nd century, still cites this attribution in his De spectaculis, writing that « Romulus dedicated the Ecurria to horses, in honour of Mars[3]« , attesting to its persistence in Roman religious memory long after Christianity had begun to challenge traditional cults.
The precise nature of the competition may have evolved over time. Varro speaks of a cursus without specifying the details; Ovid evokes Mars « urging on the horses yoked to his chariot », designating bigae – those light two-wheeled vehicles pulled by two horses. It is probable that originally the horses ran freely, neither harnessed nor ridden, before adopting the chariot format found in the great circuses – an evolution confirmed by comparison with other archaic festivals.
The racecourse and its topography
The races did not take place in a circus but in the open air, on a grassy area of the Campus Martius, not far from the Ara Martis – the altar of Mars. Inscriptions found in this part of Rome allow its location to be fixed with some precision. An inscription relating to an agitator factionis prasinae – a driver of the green faction – was found at the Palazzo della Cancelleria, near the church of San Lorenzo in Damaso, which still bore the name in Prasino in the Middle Ages, with prasinus designating the colour green, the emblem of one of the circus factions. It has been concluded that the charioteers kept their stables on the site of this church; another clue places the far end of the racecourse near the church of San Biagio, the track running parallel to the course of the Tiber.
This natural setting had a known vulnerability: the proximity of the Tiber exposed the ground to spring floods, precisely in the season when the festivals fell. Provision had been made for this: the races were then transferred to the Caelian Hill, to a place also called campus martialis, which had no permanent structures. This practical arrangement reveals the care taken to prevent weather from interrupting a rite whose celebration was required by the religious calendar.
Ovid and the presence of the god
It is the image of a present and active deity that Ovid develops at the end of Book II of his Fasti. The closing verses of the book, dedicated to 27 February, describe the scene with elegant concision:
« Only two nights remain before the second month is done, and already Mars urges on the swift horses he has just yoked to his chariot. It is with good reason that the name Equirria has been kept for these games celebrated under the very eyes of the god, in the field that belongs to him. »[4]
Mars is not an abstract presence: he watches, he urges, he is there. Ovid insists on the « true » etymology (ex vero positum), echoing Varro on this point – the name states the thing. He immediately follows with an address to Gradivus, the martial epithet of Mars: « Be welcome, Gradivus; the days that are yours must have their turn; here is the month that takes pride in bearing your name. » These are the final verses of Book II: Ovid closes the month of February on Mars and opens symbolically towards the month of March. The Equirria of 27 February thus serve as a hinge between two months, an anticipation of the martial season to come.
14 March, the Mamuralia and Mamurius Veturius
The second Equirria – on 14 March – presents a peculiarity noted by several ancient calendars: the word Mamuralia sometimes replaces Equirria on that date. The connection between the two festivals leads to the figure of Mamurius Veturius, the legendary smith who, according to tradition, had made on Numa’s orders eleven shields (ancilia) identical in every detail to the divine ancile that had fallen from the sky, so that no one could distinguish or steal the original. The identity between this figure and Mars himself – under his archaic names Mamor or Mamers – was noted by ancient scholars. Servius specifies that a day was dedicated to him on which shields were struck with sticks, imitating the work of the forge – a ceremony that was doubtless an episode or complement to the March Equirria.
The connection with the Salii follows naturally: although their participation in the Equirria is not directly attested by the texts, it follows from the character of the festival, comparable to those which, throughout the month of March, set in motion this brotherhood of warrior-priests devoted to Mars, guardians of the sacred ancilia. The Equirria are thus part of a coherent liturgical cycle that brings together, around the god of war, equestrian races, the protection of the celestial shields and the armed dances of the Salii.
The chariots of Romulus and the tripartite scheme
John the Lydian, a Byzantine official and scholar of the 6th century, describes in his De Mensibus – a compilation of older sources that he himself acknowledges to be heterogeneous – the origins of chariot racing, in connection with the first Equirria of February. In the fourth book, chapter 20, he takes the reader back to the origins of Rome, to the three tribes into which Romulus had divided society: Ramnes, Luceres, Tatienses. His text is explicit[5]: « When the Roman people had been divided into three parts, these phylai were called tribus, and their leaders tribuni. These had to ensure that the races were properly conducted… Three chariots, and not four, took part in the race. Some (sic) were russati, that is, red; the second albati, that is, white; the others uirides, that is, green, what is now called prasini. The red were considered to belong to Mars, the white to Jupiter, the green to Venus. Later uenetum, the blue, was added… »
A little further in the same work (4, 30), John the Lydian gives a second list in which green belongs to Rome itself under the name of Flora, white to the Air, red to Mars, blue to Saturn or Neptune – and adds that the Romans considered it a bad omen if the green chariot finished last, « for in that case it was Rome itself that appeared defeated. »
Georges Dumézil proposed reading in this distribution the Indo-European tripartite scheme: a religious and celestial function (white, Jupiter/Air), a heroic and martial function (red, Mars), a productive and nourishing function (green, Venus/Flora/Rome). Romulus, founder but not competitor, transcends the contest without entering a chariot. The competition remains free among the social components, « like an intensive training for a harmonious and supple game in the twelve months to come. »
Ancient authors
- Varro, De Lingua Latina, VI, 13 (Latin text consulted: The Latin Library)
- Ovid, Fasti, II, 857-864 (Latin text consulted: The Latin Library; French translation: Itinera Electronica, Université catholique de Louvain)
- Festus / Paul the Deacon, De significatione verborum, p. 71 L¹ = 197 L²
- Tertullian, De spectaculis, V, 5 (Latin text consulted: The Latin Library)
- John the Lydian, De Mensibus, 4, 20 and 4, 30
Modern studies
- Daremberg and Saglio, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, article « EQUIRRIA ».
- Georges Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, suivi de Dix Questions romaines, Paris, Gallimard, 1975, pp. 177-180.
[1] Varro, De Lingua Latina, VI, 13: « Ecurria ab equorum cursu; eo die enim ludis currunt in campo Martio. »
[2] Festus / Paul the Deacon, p. 71 L¹ = 197 L²: « Equirria ludi quos Romulus Marti instituit per equorum cursum qui in campo Martio exercebantur. »
[3] Tertullian, De spectaculis, V, 5: « dehinc Ecurria ab equis Marti Romulus dixit. »
[4] Ovid, Fasti, II, 857-862: « Iamque duae restant noctes de mense secundo, / Marsque citos iunctis curribus urget equos; / ex vero positum permansit Equirria nomen, / quae deus in campo prospicit ipse suo. / Iure venis, Gradive: locum tua tempora poscunt, / signatusque tuo nomine mensis adest. »
[5] John the Lydian, De Mensibus, 4, 20, cited in Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, p. 178.
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Dates
Février 27, 2027 Toute la journée
mars
202701marsToute la journéeMatronalia
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Kalendis Martiis Denier d'argent frappé à l'effigie de Julia Mamaea, impératrice, et
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Kalendis Martiis

Dans l’ancienne religion romaine, les Matronalia (ou Matronales Feriae) était une fête célébrant Junon Lucina, la déesse de l’accouchement (« Junon qui apporte les enfants à la lumière »), de la maternité (mater signifie « mère » en latin) et des femmes en général. Cette célébration honorait également le rôle central des femmes dans la société et la famille.
Selon le calendrier romain originel, traditionnellement attribué à Romulus, la fête des Matronalia marquait le premier jour de l’année. Se tenant le premier mars (Martius), mois dédié à Mars, elle était également connue comme les Feriae Marti.
La date de ce festival était liée à la consécration d’un temple dédié à Juno Lucina sur la colline de l’Esquilin vers 268 av. J.-C., et pourrait aussi commémorer la paix entre les Romains et les Sabins. Ce jour-là, les femmes participaient à des rituels au temple, leurs cheveux détachés — une exception au strict code vestimentaire romain qui les obligeait habituellement à les attacher — et sans ceintures ni nœuds sur leurs vêtements.
Dans le cadre domestique, les femmes recevaient des présents de leurs maris et filles, et les époux romains étaient censés prier pour leurs épouses. Il était également attendu des femmes qu’elles préparent un repas pour les esclaves de la maison, qui bénéficiaient d’une journée de repos, à l’instar de la tradition des hommes romains durant la Saturnalia. Ce festival soulignait ainsi l’importance des femmes dans le tissu social et familial, offrant un rare moment de reconnaissance et de célébration de leur rôle dans l’antiquité romaine.
Dates
Mars 1, 2027 Toute la journée
202701marsToute la journée24Feriae Marti
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Kalendis Martiis - Ante diem nonum Kalendas Apriles La danse des prêtres
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Kalendis Martiis – Ante diem nonum Kalendas Apriles

Les Feriae Marti, célébrées le premier jour de mars, marquaient le début de l’année religieuse dans l’ancien calendrier romain, honorant Mars, le dieu de la guerre et du renouveau printanier. Cette fête symbolisait non seulement l’arrivée du printemps mais aussi le début des campagnes militaires, reflétant l’importance de Mars non seulement comme divinité guerrière mais aussi comme force vitale du renouveau et de la fertilité.
Les célébrations des Feriae Marti s’entrelaçaient avec des rituels propices au nouveau cycle annuel, une tradition qui a perduré même après que mars a cessé d’être le premier mois de l’année. Le premier jour, dédié au dies natalis Martis (jour de naissance de Mars), voyait une variété de rituels et de sacrifices. Les femmes sacrifiaient des coqs, tandis que les hommes offraient des animaux plus imposants comme des taureaux, des porcs, des béliers, et occasionnellement des chevaux, pour honorer le dieu.
Une des caractéristiques les plus remarquables des Feriae Marti était la procession des prêtres Saliens. Ces prêtres, vêtus d’anciens atours militaires, parcouraient la ville en frappant leurs boucliers avec leurs épées, s’arrêtant pour réaliser des danses rituelles au son de la flûte et pour chanter le Carmen Saliare, un hymne ancien dont les paroles étaient incompréhensibles même pour les Romains de l’époque. Ces danses et chants avaient lieu principalement les 1er, 9, et 23 mars, marquant ainsi des moments forts du festival.
Selon la légende, Jupiter avait envoyé sur terre l’ancile, un bouclier sacré appartenant à Mars, et déclaré que le destin de Rome était lié à sa protection. Pour prévenir sa perte ou sa destruction, le roi Numa Pompilius aurait fait fabriquer plusieurs copies de cet ancile, qui étaient conservées et vénérées dans le temple de Mars et portées en procession par les Saliens.
Les Feriae Marti comprenaient également des rites de purification, tels que le renouvellement des couronnes de laurier et du feu sacré dans le temple de Vesta, ainsi que la mise en scène de combats simulés dans le Champ de Mars, rappelant la préparation aux campagnes militaires.
Dates
Mars 1, 2027 - mars 24, 2027 (Toute la journée)
202714marsToute la journéeMamuralia
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Pridie Idus Martias Panneau de mars, issu d'une mosaïque des mois (El
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Pridie Idus Martias

Dans l’ancienne religion romaine, les Mamuralia ou Sacrum Mamurio («Rite pour Mamurius») était un festival tenu le 14 ou le 15 mars, mentionné uniquement dans des sources de la fin de l’antiquité. Selon Joannes Lydus, un vieil homme portant des peaux d’animaux était battu rituellement avec des bâtons. Le nom est lié à Mamurius Veturius, qui, selon la tradition, était l’artisan qui avait fabriqué les boucliers rituels (ancilia) suspendus dans le temple de Mars. Comme le calendrier romain commençait à l’origine en mars, le Sacrum Mamurio est généralement considéré comme un rituel marquant la transition de l’ancienne année vers la nouvelle. Il partage certaines caractéristiques avec le rituel du bouc émissaire ou pharmakos.
Les boucliers étaient gardés par les prêtres de Mars, les Salii, qui les utilisaient dans leurs rituels. En guise de paiement, Mamurius a demandé que son nom soit préservé et commémoré dans le Carmen Saliare, un hymne chanté par les Salii lorsqu’ils manipulaient les boucliers et effectuaient leur danse armée. Des fragments de cet hymne archaïque, dont l’invocation de Mamurius, subsistent encore. Plusieurs sources mentionnent cette invocation et l’histoire de l’artisan, mais seul Lydus décrit le rituel du vieil homme battu.
Mamurius aurait également fabriqué un remplacement en bronze pour une statue en érable de Vertumnus, apportée à Rome du temps de Romulus. Il pourrait avoir été Oscan et aurait été enterré dans sa terre natale, comme le suggère la fin d’un poème sur Vertumnus, où Propertius exprime le souhait que la terre osque ne consume pas les mains habiles de Mamurius. Veturius est considéré comme un nom de famille étrusque ou osque.
Mamurius Veturius est devenu le surnom de Marcus Aurelius Marius Augustus, un ancien forgeron ou métallurgiste qui fut brièvement empereur romain en 269.
Le rituel
La description la plus complète du rituel connu sous le nom de Mamuralia nous est donnée par Joannes Lydus dans son œuvre du 6ème siècle, De mensibus (« Concernant les Mois »). Lydus rapporte qu’un vieil homme, appelé Mamurius, était vêtu de peaux d’animaux et battu avec des bâtons blancs, c’est-à-dire des branches écorcées. Cette pratique pourrait symboliquement inverser la couverture de la peau humaine lisse par des peaux d’animaux rugueuses. Bien que Lydus ne mentionne pas explicitement l’exil du vieil homme hors de la ville, les chercheurs en déduisent généralement qu’il le fut. Dans le mythe des ancilia, le personnage de Mamurius apparaît comme bienveillant, rendant sa punition imméritée.
La tardiveté de ce récit soulève des questions quant à l’authenticité ou l’ancienneté du festival, puisque les références dans les calendriers républicains et impériaux ou les sources littéraires sont absentes ou indirectes. Lydus aurait pu mal interpréter les rites Salien. Servius mentionne un jour consacré à Mamurius où les Salii « frappaient une peau en imitation de son art », c’est-à-dire les coups portés par un forgeron. Minucius Felix note que les Salii frappaient des peaux alors que les boucliers étaient portés en procession. Deux mosaïques de l’époque impériale ont été interprétées comme illustrant le rite de Mamurius. La compréhension de Mamurius par Lydus pourrait être liée aux légendes médiévales du woodwose ou homme sauvage des bois, jouant un rôle similaire dans les cérémonies d’hiver ou du Nouvel An liées à la Nuit des Rois et au carnaval.
Dates
Mars 14, 2027 Toute la journée
202717marsToute la journéeLiberalia
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Ante diem sextum decimum Kalendas Apriles Buste de Dionysos dans le temple de Liber Pater sur
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Ante diem sextum decimum Kalendas Apriles

Chaque année, le 17 mars, les anciens Romains célébraient les Liberalia, une fête en l’honneur du dieu Liber Pater et de sa parèdre Libera. Cette célébration, inscrite dans l’un des plus anciens calendriers romains, nous est connue par plusieurs sources antiques qui en présentent différentes facettes. Que se passait-il lors de cette journée? Qui était vraiment ce Liber Pater? Et pourquoi cette fête a-t-elle tant évolué au fil du temps?
Les Liberalia figurent parmi les plus anciennes fêtes romaines. Comme le rappellent plusieurs sources, cette célébration était déjà inscrite dans le calendrier dit de Numa Pompilius, deuxième roi légendaire de Rome. La date du 17 mars coïncidait avec une autre fête appelée Agonium Martiale, mais comme le soulignent les historiens romains, c’est bien le nom de Liberalia qui était couramment employé par le peuple.
Les témoignages sur les Liberalia proviennent de plusieurs auteurs antiques qui, chacun à leur façon, en décrivent différents aspects :
Ovide, dans ses Fastes (III, 3725-3770), décrit avec précision un rituel caractéristique des Liberalia:
«[Le poème] a pour objet d’expliquer pourquoi une pauvre vieille femme invite les gens à s’intéresser à ses galettes».
Ces galettes (liba en latin), faites de farine, de miel et d’huile, étaient vendues par des vieilles femmes couronnées de lierre que l’écrivain Varron appelait « prêtresses de Liber ». Elles portaient de petits autels et, pour chaque gâteau vendu, en détachaient un morceau qu’elles offraient au dieu au nom de l’acheteur.
Varron confirme cette pratique dans son De lingua latina (6,14):
«Les Liberalia sont ainsi nommés parce que, ce jour-là, dans toute la ville, des vieilles femmes, prêtresses de Liber, couronnées de lierre, sont assises avec des gâteaux et un petit foyer, sacrifiant pour ceux qui achètent».
Tertullien, dans son Apologétique (42), ajoute un autre aspect de la fête : ce jour-là, chaque famille romaine avait l’habitude de dîner dans la rue, devant la porte de sa maison.
La procession phallique
Saint Augustin, dans La Cité de Dieu (7,21), évoque une procession beaucoup plus licencieuse qui avait lieu à Lavinium, ville proche de Rome:
«Car ce membre honteux, placé avec grand honneur sur un petit chariot, était d’abord promené à travers les carrefours des campagnes, puis conduit jusqu’à la ville».
Cette procession phallique, symbole de fertilité, scandalisait évidemment Augustin, qui décrit les Liberalia de Lavinium comme une fête d’un mois entier où régnait « une grande licence d’obscénité » et où « on utilisait les mots les plus infâmes ».
Virgile, dans ses Géorgiques (2,380-389), associe Bacchus (nom grec de Liber) à des célébrations rurales liées aux vendanges, où l’on sacrifiait un bouc, où l’on présentait des pièces de théâtre et où l’on suspendait des petits masques aux pins:
«Ils prennent des visages terribles faits d’écorce creusée, et t’invoquent, Bacchus, par des chants joyeux, et pour toi suspendent de petits masques flexibles au haut d’un pin».
La prise de la toge virile: un rite de passage
Au-delà des aspects religieux, les Liberalia marquaient un moment crucial dans la vie des jeunes Romains: la prise de la toge virile. Cette cérémonie symbolisait le passage de l’enfance à l’âge adulte pour les jeunes hommes, généralement âgés de 15 ou 16 ans.
Le déroulement de cette cérémonie nous est connu par plusieurs témoignages anciens. Ovide (Fastes, III, 3771-3790) s’interroge sur les raisons de cette association:
«Il me reste à trouver pourquoi on remet la toge virile aux enfants, le jour de ta fête, radieux Bacchus».
Et il propose quatre explications possibles:
- Parce que Bacchus semble toujours un enfant ou un adolescent
- Parce que les pères confient leurs enfants à Liber Pater (Liber le Père)
- En raison du jeu de mots entre «Liber» (le dieu) et «libre» (ce que deviennent les jeunes hommes)
- Parce que beaucoup de gens de la campagne venaient en ville ce jour-là pour les jeux en l’honneur de Liber et Cérès
La cérémonie elle-même comportait plusieurs étapes solennelles :
- Le matin, un sacrifice aux Lares (divinités protectrices du foyer)
- L’abandon de la bulla praetexta (amulette protectrice) et des autres insignes de l’enfance
- Le revêtement de la toge blanche (toga pura ou libera)
- Une procession solennelle jusqu’au Forum pour présenter le jeune homme à la cité
- Un sacrifice au Capitole pour honorer les dieux de l’État
Liber Pater : un dieu aux multiples visages

Qui était vraiment le dieu honoré lors des Liberalia? Les sources antiques nous présentent plusieurs facettes de Liber Pater:
À l’origine, Liber était une divinité italique associée à la fertilité et à la croissance. Son nom même, comme l’expliquent les étymologistes modernes, est lié au verbe « croître ». C’était un dieu agricole, protecteur des semences, qui formait une triade avec Cérès (déesse des moissons) et Libera.
Avec l’influence grecque, Liber fut progressivement assimilé à Dionysos/Bacchus. Cicéron, dans son De natura deorum (2,62), distingue d’ailleurs trois Liber différents:
- Le fils de Sémélé (le Dionysos grec)
- Celui qui est honoré avec Cérès et Libera
- Celui qui est connu par une religion mystérique
Cette différenciation montre bien la complexité de cette figure divine qui pouvait être perçue différemment selon les contextes et les époques.
La perception de Liber/Bacchus fut profondément affectée par le scandale des Bacchanales en 186 av. J.-C. L’historien Tite-Live nous raconte dans son livre 39 comment ce culte, jugé dangereux pour l’ordre public, fut sévèrement réprimé par le Sénat romain. On accusait les adeptes de ces cérémonies nocturnes de se livrer à toutes sortes d’excès et de constituer un «État dans l’État».
Ce scandale explique en partie pourquoi les auteurs romains, comme Ovide, cherchent ensuite à «purifier» l’image de Liber, en le distinguant clairement du Bacchus des cultes extatiques.
La reconstruction d’Ovide: un Liber civilisateur
Dans sa description des Liberalia, Ovide opère un travail particulièrement intéressant de «reconstruction» de la figure de Liber, comme l’a bien montré la chercheuse Dóra Kovács. Le poète présente Liber comme un dieu civilisateur:
Contrairement à la tradition qui attribuait cette découverte à Aristée, Ovide fait de Liber l’inventeur du miel. Dans un récit original (Fastes, III, 3735-3760), il raconte comment le dieu, durant son retour d’Orient, attira des abeilles grâce au son des cymbales de son cortège, puis les recueillit dans un arbre creux, découvrant ainsi le miel.
Cette histoire sert à expliquer pourquoi on offre des gâteaux de miel à Liber, mais elle présente aussi le dieu comme un organisateur, capable de rassembler les abeilles éparses en une communauté productive.
Ovide présente également Liber comme le premier à avoir offert des sacrifices à Jupiter après ses conquêtes en Orient:
«Tu fus le premier à offrir de la cannelle et de l’encens pris à l’ennemi, ainsi que les chairs rôties du bœuf de ton triomphe».
Cette présentation rapproche Liber de Prométhée, le héros civilisateur grec qui institua le sacrifice.
Les Liberalia étaient bien plus qu’une simple fête religieuse. Elles s’inscrivaient dans un contexte politique complexe :
Le temple de Liber, Libera et Cérès sur l’Aventin était un centre important pour la plèbe romaine. La connexion entre Liber et l’idée politique de libertas (liberté) était forte, comme le souligne Kovács. D’ailleurs, jusqu’en 153 av. J.-C., les magistrats romains prenaient leurs fonctions aux ides de mars, deux jours seulement avant les Liberalia.
L’époque d’Ovide correspond au règne d’Auguste, qui menait une politique de restauration religieuse. Le temple de l’Aventin était alors en ruines et ne fut restauré qu’en 17 apr. J.-C., sous Tibère. La version des Liberalia que nous présente Ovide s’inscrit donc dans cette politique de «romanisation» des cultes, éliminant les aspects jugés trop étrangers ou subversifs.
En savoir plus
- Kovács, Dóra, Liberalia in Ovid – Liber in the Roman religion, in Acta Classica Universitatis Scientiarum Debreceniensis, Vol. 46, 2010, p. 307-318.
Sources antiques citées
- Ovide, Fastes, III, 3711-3790
- Varron, De lingua latina, 6,14
- Tertullien, Apologétique, 42
- Saint Augustin, La Cité de Dieu, 7,21
- Virgile, Géorgiques, 2,380-389
- Cicéron, De natura deorum, 2,62
- Tite-Live, Livre 39 (sur les Bacchanales)
Dates
Mars 17, 2027 Toute la journée
202719marsToute la journée23Quinquatria
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Ante diem quartum decimum Kalendas Apriles Statue de Minerve au Musée archéologique national de Naples (Photo
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EN BREF. Les Quinquatria, fête romaine célébrée du 19 au 23 mars, honoraient Minerve, déesse de la sagesse et de la guerre. Le premier jour, sans effusion de sang, commémorait sa naissance. Les suivants incluaient des combats de gladiateurs. Cette célébration réunissait écoliers, artisans et artistes sous la protection de la déesse. Les écoliers y prenaient leurs vacances tandis que les maîtres recevaient leurs honoraires. Une version mineure avait lieu en juin, avec des flûtistes déguisés en femmes.
Les Quinquatria: quand Rome célébrait Minerve, de l’école à l’arène
Au cœur du printemps romain, alors que les premiers rayons du soleil réchauffaient à nouveau la cité éternelle, se déroulait l’une des fêtes les plus populaires du calendrier religieux: les Quinquatria. Ces célébrations en l’honneur de Minerve, déesse de la sagesse, des arts et de la guerre, nous offrent une fenêtre sur la vie quotidienne des Romains, leurs croyances et leurs traditions.
Les Quinquatria (ou Quinquatrus) trouvent leur origine dans d’anciennes fêtes étrusques dédiées à Menrva (ou Menerva), la déesse étrusque des arts, de la sagesse et de la guerre, qui sera plus tard assimilée à la Minerve romaine et à l’Athéna grecque.
L’étymologie du nom a fait l’objet de débats parmi les auteurs antiques eux-mêmes. Selon Varron, grammairien et érudit romain du Ier siècle av. J.-C., le terme vient du fait que cette fête était célébrée le cinquième jour (quinque) après les Ides de mars: «Les Quinquatries: ce jour est célébré à cause d’une erreur sur le nom, comme s’il y en avait cinq. Il a été ainsi nommé parce que, de même que chez les Tusculans, le jour après le sixième jour des ides est appelé Sexatrus et le jour après le septième Septimatrus, de même ici, parce que c’était le jour après le cinquième jour des ides, on l’appelle Quinquatrus.» (De lingua latina, VI, 3, 3).
Ce terme peut également être interprété comme «les cinq nuits noires», en référence au calendrier lunaire romain et à la position de cette fête par rapport au cycle de la lune.
À l’origine, les Quinquatria ne duraient qu’un seul jour, le 19 mars, date à laquelle on plaçait traditionnellement la naissance de Minerve. C’est ce que confirment les anciens calendriers religieux romains qui n’assignent qu’un jour à cette fête.
Cependant, Ovide, dans ses Fastes (III, 3809-3810), mentionne clairement une célébration de cinq jours :
« Après un intervalle d’un jour, on célèbre les fêtes de Minerve qui tirent leur nom des cinq jours liés qui les constituent.»
Cette apparente contradiction s’explique par le fait que les Quinquatria furent étendus à cinq jours (du 19 au 23 mars) probablement à l’époque de Jules César, pour offrir plus de divertissements aux citoyens. Seul le premier jour était la fête proprement dite, les quatre suivants étant des extensions pour le plaisir du peuple.
Déroulement des festivités
Le déroulement des Quinquatria suivait une progression bien définie sur ces cinq jours, comme nous le rapporte Ovide dans ses Fastes (III, 3811-3815) :
«Le premier, on s’abstient de verser le sang, et il est interdit de croiser le fer: la raison en est que ce jour est celui de la naissance de Minerve. Le lendemain et les trois jours suivants, des jeux occupent l’arène plane: la déesse guerrière aime les épées dégainées.»
Plus précisément:
- Premier jour (19 mars) : journée pacifique sans effusion de sang, consacrée aux offrandes de fleurs, gâteaux et sel. Tous les professionnels dont le métier requiert l’intelligence venaient honorer la déesse de la sagesse dans son temple. Un taureau était sacrifié en l’honneur de Minerve.
- Deuxième au quatrième jour (20-22 mars) : jours consacrés à des combats de gladiateurs en l’arène pour honorer l’aspect guerrier de Minerve.
- Cinquième jour (23 mars): appelé tubilustrium, dédié à la purification des trompettes sacrées (tubae) utilisées dans les rituels guerriers.
Les protégés de Minerve
Une des particularités des Quinquatria était la diversité des groupes sociaux qui participaient aux célébrations. Dans un long passage des Fastes (III, 3815-3834), Ovide énumère les nombreux métiers et activités sous la protection de Minerve:
«Maintenant invoquez Pallas, jeunes garçons et tendres fillettes ! Celui qui se sera concilié Pallas deviendra habile.»
Parmi ces protégés de la déesse figuraient:
- Les écoliers et étudiants
- Les artisans du textile (fileuses, tisseuses)
- Les foulons (nettoyeurs de vêtements)
- Les teinturiers
- Les cordonniers
- Les charpentiers (comparés à Épéus, constructeur du cheval de Troie)
- Les médecins
- Les enseignants
- Les artisans d’art (ciseleurs, peintres, sculpteurs)
- Les poètes, dont Ovide lui-même qui invoque sa protection
Pour les écoliers, cette période était particulièrement importante car c’était un temps de vacances. C’est également à cette occasion que les enseignants recevaient leurs honoraires, appelés minerval ou mineruale munus (le don de Minerve), comme en témoigne Saint Jérôme dans ses Commentaires de l’épître aux Éphésiens.
Le temple de «Minerve Captive»
Dans la dernière partie de son évocation des Quinquatria, Ovide (Fastes, III, 3835-3848) mentionne un temple particulier, celui de «Minerve Captive» (Minerva Capta) situé sur les pentes du mont Célius à Rome:
«À l’endroit où le mont Célius descend en pente vers la plaine, là où la route n’est pas tout à fait plane, mais presque, on peut voir le petit temple élevé à Minerve Captive, temple dont la déesse a pris possession le jour de son anniversaire.»
Le poète propose plusieurs explications possibles pour ce surnom intrigant :
- Un jeu de mots avec capital (ingénieux)
- Une référence à sa naissance depuis la tête (caput) de Jupiter
- Un lien avec la capture d’une statue lors de la soumission des Falisques
- Une référence à la «peine capitale» pour les vols commis dans ce sanctuaire
Les historiens modernes retiennent généralement la troisième explication, qui ferait référence à une statue de culte ramenée comme butin de guerre après la conquête de la cité falisque.
Les Petites Quinquatries
En plus des grands Quinquatria de mars, les Romains célébraient également les «Petits Quinquatria» (Quinquatrus Minusculae ou Quinquatrus Minores) aux Ides de juin (13 juin). Cette fête secondaire était particulièrement dédiée aux Tibicines, la confrérie des joueurs de flûte qui participaient aux cérémonies religieuses.
La particularité de cette célébration était que ces musiciens défilaient vêtus de robes longues et travestis en femmes, dans une procession qui aboutissait au temple de Minerve sur l’Aventin.
Cette tradition commémorait un épisode de l’histoire romaine: suite à la suppression de certains de leurs privilèges, les flûtistes avaient fait grève et s’étaient retirés à Tibur (aujourd’hui Tivoli). Le Sénat, ayant absolument besoin d’eux pour les rituels religieux, chercha à les faire revenir. Les habitants de Tibur organisèrent alors une fête durant laquelle ils enivrèrent les musiciens, puis les placèrent dans un chariot qu’ils envoyèrent à Rome pendant leur sommeil. À leur réveil sur le forum, pour dissimuler leur honte, un censeur leur fit porter des robes et des masques féminins. C’est sous ce déguisement qu’ils reprirent leur service, et la tradition se perpétua ensuite chaque année.
Importance historique et politique
Au fil des siècles, les Quinquatria prirent une importance croissante dans le calendrier romain. Leur mention dans le Feriale Duranum, un calendrier religieux destiné au personnel militaire stationné à Dura Europos, montre leur diffusion dans tout l’Empire.
Certains empereurs vouèrent un culte particulier à Minerve et firent des Quinquatries une célébration majeure. C’est notamment le cas de Domitien (81-96 apr. J.-C.), qui était particulièrement dévot envers cette déesse. Suétone rapporte qu’il célébrait somptueusement ces fêtes dans sa villa d’Albano, où il avait institué un collegium (association) chargé de préparer des spectacles variés : chasses (venationes), représentations théâtrales et concours de poésie et d’éloquence.
Le Forum de Nerva à Rome, construit par Domitien, était d’ailleurs dédié à Minerve, et l’empereur avait également embelli l’ancien temple du mont Célio pour que les Quinquatria puissent y être célébrés avec plus de splendeur.
L’importance des Quinquatria est également attestée par des inscriptions trouvées aux quatre coins de l’Empire. En Hispanie, par exemple, une dédicace du médecin C. Attius Ianuarius, découverte dans l’ancienne Miróbriga, témoigne d’un acte de munificence pour la célébration de ces fêtes dans ce municipe.
Signification symbolique
Sur le plan symbolique, les Quinquatria s’inscrivaient parfaitement dans le cycle des saisons. Célébrées au moment de l’équinoxe de printemps, elles participaient aux rituels de renaissance printanière et marquaient le renouveau de la nature après l’hiver.
Le comparatiste Georges Dumézil a proposé un rapprochement entre les Petits Quinquatria de juin et un épisode mythique impliquant la déesse védique Ushas (déesse de l’aurore). Dans ce mythe, le dieu Indra vient châtier la déesse qui n’a plus la volonté nécessaire pour accomplir sa mission (faire advenir le Soleil, la belle saison) et la ramène à son devoir. Cette interprétation suggère une fonction cosmique de la fête, liée au cycle annuel et au renouveau saisonnier.
Sources antiques
- Ovide, Fastes, III, 3809-3848 (Ier siècle apr. J.-C.)
- Varron, De la langue latine, VI, 3, 3 (Ier siècle av. J.-C.)
- Suétone, Vie de Domitien, 4 (IIe siècle apr. J.-C.)
- Festus, De la signification des mots (IIe siècle apr. J.-C.)
- Saint Jérôme, Commentaires sur l’épître aux Éphésiens, 3, 6, 666
Dates
Mars 19, 2027 - mars 23, 2027 (Toute la journée)
202723marsToute la journéeTubilustrium
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Ante diem decimum Kalendas Apriles Des 'tubicenes' sur la
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Ante diem decimum Kalendas Apriles

EN BREF. Le Tubilustrium, fête romaine célébrée le 23 mars et le 23 mai, consistait à purifier les trompettes sacrées par le sacrifice d’un agneau. Dans les rues de Rome, les prêtres Saliens exécutaient des danses rituelles, rendant la cérémonie visible à tous. La veille du Tubilustrium de mars marquait le lever de la constellation du Bélier, qu’Ovide relie au mythe de la toison d’or. Cette fête témoigne de l’imbrication entre musique sacrée, religion et astronomie dans le monde romain.
Le Tubilustrium: purification sacrée des trompettes dans la Rome antique
Le Tubilustrium était une cérémonie romaine qui se déroulait deux fois par an: le 23 mars et le 23 mai. Son nom même nous renseigne sur sa nature: tubae (ou tubi) désigne les trompettes, tandis que lustrium fait référence à une purification. Il s’agissait donc littéralement d’une « purification des trompettes ».
Ovide, poète de l’époque d’Auguste, nous donne dans ses Fastes (III, 849-850) une description concise de cette fête:
«Le dernier de ces cinq jours recommande de purifier les trompettes sonores et de sacrifier à la vaillante déesse.»
Dans la Rome antique, le mois de mars marquait traditionnellement le début de la saison des campagnes, et le Tubilustrium était selon certains une cérémonie destinée à préparer l’armée à la guerre. Cette interprétation fait cependant débat: certains commentateurs soutiennent que le terme commun pour les trompettes de guerre, tubae, n’est pas le même que la forme tubi utilisée ici. Ils affirment que le mot tubi n’était utilisé que pour les trompettes employées dans les sacrifices. Selon cette interprétation, la cérémonie était une fête destinée à nettoyer et à purifier les trompettes utilisées dans les sacrifices.
Le Tubilustrium avait lieu donc à deux moments clés de l’année romaine: le 23 mars, dernier jour des Quinquatria (fête de cinq jours en l’honneur de Minerve) et le 23 mai. Cette double occurrence n’est pas anodine. Selon les textes qui nous sont parvenus, le Tubilustrium du 23 mars marquait traditionnellement l’ouverture de la saison guerrière, tandis que l’Armilustrium du 19 octobre en marquait la clôture. La répétition en mai pourrait s’expliquer par l’influence d’un ancien calendrier militaire d’origine spartiate, où la saison des campagnes débutait aux premières semaines du printemps pour s’interrompre au début des récoltes.
D’après les sources anciennes, notamment Festus (353) et Varron (De lingua latina, VI, 14), la cérémonie se tenait dans un lieu appelé l’atrium sutorium (la «salle des cordonniers»). Malheureusement, l’emplacement exact de ce bâtiment n’a pas été identifié par l’archéologie. L’historien Mommsen a proposé de l’identifier à l’atrium Minervae, tandis que d’autres chercheurs comme Platner et Ashby ont suggéré qu’il se trouvait dans le quartier de l’Argilète, connu pour abriter les ateliers des fabricants de chaussures. Ce bâtiment aurait pu être détruit lors de la construction du forum transitorium, ce qui expliquerait l’absence de mentions après le Ier siècle.
Le rituel
Bien que les détails précis de la cérémonie ne nous soient pas entièrement parvenus, plusieurs sources nous permettent d’en reconstituer les grandes lignes :
- Au centre du rituel se trouvait la purification (lustration) des trompettes sacrées (tubae)
- Cette purification s’effectuait par le sacrifice d’un agneau, comme l’indiquent Festus (353) et Varron (De lingua latina, VI, 14)
- La cérémonie était menée par les tibicines populi romani, un collège sacerdotal de joueurs de flûte, qui accompagnaient habituellement les danses des Saliens (prêtres de Mars)
- En parallèle, les Saliens (prêtres guerriers consacrés à Mars) exécutaient des danses rituelles dans les rues de Rome, permettant à tous les citoyens d’être témoins de la célébration
Selon Jean Lydus (De Mensibus, IV, 60), cette cérémonie avait une dimension publique qui s’intégrait dans la vie quotidienne de la cité.
La question des trompettes
Un débat philologique important existe concernant les instruments purifiés lors du Tubilustrium. Certains chercheurs distinguent:
- Les tubae, trompettes militaires utilisées sur le champ de bataille.
- Les tubi, qui seraient spécifiquement les trompettes réservées aux usages rituels et sacrificiels.
Cette distinction nuance l’interprétation traditionnelle qui reliait directement le Tubilustrium à la préparation militaire. Si l’on accepte cette différenciation, la cérémonie pourrait être comprise comme un rituel purement religieux visant à purifier les instruments de culte, plutôt qu’une préparation à la guerre.
Tite-Live (II, 64) écrit cependant que ces trompettes étaient utilisées tant pour convoquer le peuple que pendant les batailles, ce qui suggère une fonction double, à la fois civique et militaire.
Le lever du Bélier et le mythe de Phrixos
Ovide mentionne que la veille du Tubilustrium, le 22 mars, correspond au lever de la constellation du Bélier. Il en profite pour faire référence au mythe qui explique l’origine de cette constellation
«Maintenant on peut lever le visage et dire au soleil: Hier, il a pressé la toison du bélier de Phrixos.» (3852)
Ce mythe grec raconte l’histoire d’Athamas, roi de Thèbes, et de ses deux enfants, Phrixos et Hellé, nés de son union avec la nymphe Néphélé. Après s’être remarié avec Ino, celle-ci, hostile envers ses beaux-enfants, provoqua une famine en faisant griller les semences destinées aux cultures. Un messager, corrompu par Ino, prétendit que l’oracle de Delphes exigeait le sacrifice de Phrixos et Hellé pour mettre fin à la famine.
Au moment où les jeunes gens allaient être immolés, leur mère Néphélé les sauva miraculeusement en leur envoyant un bélier à la toison d’or qui les emporta dans les airs au-dessus du détroit. Durant le voyage, Hellé tomba et se noya, donnant son nom à l’Hellespont (aujourd’hui le détroit des Dardanelles), et devint l’épouse du dieu Poséidon (Neptune chez les Romains). Phrixos, quant à lui, parvint jusqu’en Colchide où il sacrifia le bélier au roi local. La toison d’or de l’animal devint plus tard l’objet de la quête des Argonautes menés par Jason, tandis que le bélier lui-même fut transformé en constellation.
Cette référence astronomique et mythologique n’est pas directement liée au Tubilustrium, mais illustre la manière dont Ovide construit son calendrier poétique en tissant ensemble événements romains, phénomènes astronomiques et mythes grecs.
Les sources antiques ne s’accordent pas toujours sur les divinités honorées lors du Tubilustrium:
Pour le 23 mars, Ovide évoque une «vaillante déesse» (fortis dea, 3, 850) dont l’identité reste mystérieuse. Plusieurs chercheurs identifient cette divinité à Nerio (ou Nérine), une vieille divinité italique qui, à l’origine, personnifiait l’énergie de Mars. Sa figure serait devenue si pâle au fil du temps qu’elle aurait pu se confondre avec Minerve, ce qui expliquerait pourquoi Ovide préfère recourir à une périphrase pour la désigner. D’autres mentionnent Bellone, déesse romaine de la guerre.Certains chercheurs y voient Minerve, puisque la fête clôturait les Quinquatria qui lui étaient dédiées.
Pour le 23 mai, la cérémonie serait dédiée à Vulcain, dieu du feu et de la forge.
Cette multiplicité de divinités associées reflète peut-être l’évolution de la cérémonie au fil des siècles, ou des traditions régionales différentes qui ont convergé à Rome.
Sources antiques
- Ovide, Fastes, III, 3849-3876
- Varron, De lingua latina, V, 117 et VI, 14
- Festus, De verborum significatu, 353
- Tite-Live, II, 64
- Jean Lydus, De Mensibus, IV, 60
- Denys d’Halicarnasse, II, 71
- Calendrier de Préneste (Fasti Praenestini)
- Calpurnius Siculus, Eclogae, I, 65
Dates
Mars 23, 2027 Toute la journée
202724marsToute la journéeHilaria
Description
Ante diem septimum Kalendas Apriles
Description
Ante diem septimum Kalendas Apriles

EN BREF. Les Hilaria, célébrées le 25 mars dans la Rome antique, marquaient le jour où la lumière l’emportait enfin sur les ténèbres après l’équinoxe. Cette fête en l’honneur de Cybèle suivait des jours de deuil commémorant la mort d’Attis, son amant. L’atmosphère changeait radicalement : processions solennelles, mascarades et déguisements remplaçaient la tristesse. Particularité rare : chacun pouvait imiter qui il voulait, même les magistrats, créant un moment de liberté exceptionnelle dans la société romaine.
Les Hilaria: quand Rome célébrait le triomphe de la lumière
Les Hilaria constituaient une fête importante du calendrier religieux romain. Ce terme, dérivé du latin hilaris («joyeux») et de l’adjectif grec hilaros (ἱλαρός, «gai», «joyeux»), désignait littéralement «les [jours] joyeux». Cette fête était célébrée le 25 mars, soit le septième jour avant les calendes d’avril, correspondant au premier jour après l’équinoxe de printemps où la durée du jour dépassait celle de la nuit.
À l’origine, selon Maxime le Confesseur dans ses commentaires sur les épîtres de Denys l’Aréopagite, le terme «hilaria» pouvait désigner n’importe quelle période de réjouissance, qu’elle soit privée ou publique. Parmi les occasions privées, on comptait les mariages ou les naissances d’enfants. Dans la sphère publique, il s’agissait des jours de réjouissances proclamés par un nouvel empereur.
Les Romains empruntèrent cette fête aux Grecs, qui l’appelaient Anabasis (Ἀνάβασις, «Ascension»). La veille, ils observaient un jour de deuil nommé Katabasis (Κατάβασις, «Descente»). Plus tard, les auteurs grecs adoptèrent à leur tour le terme latin, comme en témoigne Photios de Constantinople dans sa «Bibliothèque», où il cite la vie du philosophe Isidore d’Alexandrie mentionnant les Hilaria.
Le culte de Cybèle à Rome
Les Hilaria étaient dédiées à Cybèle, la Magna Mater (Grande Mère), une divinité d’origine phrygienne introduite à Rome à la fin du IIIe siècle avant notre ère. Selon les sources historiques, son culte était établi dans le Temple de la Magna Mater sur le Palatin.
Cette déesse, vénérée depuis le Néolithique en Anatolie, particulièrement à Pessinonte et Pergame, était associée à Attis, dieu de la végétation. Ensemble, ils symbolisaient le renouveau printanier et le cycle de la vie. L’Histoire Auguste, recueil biographique des empereurs romains, distingue cette célébration en l’appelant spécifiquement Hilaria Matris Deûm (les Hilaria de la Mère des Dieux).
Le cycle cérémoniel
Les Hilaria s’inscrivaient dans une séquence rituelle plus large honorant Cybèle et Attis. Salluste, philosophe du IVe siècle, en décrit ainsi la structure fondamentale dans son traité Sur les dieux et le monde:
«Et d’abord nous-mêmes, étant tombés du ciel et vivant avec la nymphe, sommes dans l’abattement, et nous nous abstenons de grain et de toute nourriture riche ou impure, car elles sont hostiles à l’âme. Puis vient la coupe de l’arbre et le jeûne, comme si nous coupions aussi le processus ultérieur de génération. Ensuite, l’alimentation avec du lait, comme si nous étions nés de nouveau; puis viennent les réjouissances et les guirlandes, et pour ainsi dire, un retour vers les Dieux.»
Ce cycle cérémoniel, documenté dans la Chronographie de 354, se déroulait comme suit:
- 15 mars – Canna intrat («La canne entre»). Début d’une période d’abstinence de neuf jours. Selon Arnobe dans son Contre les païens, seul le lait était permis comme boisson.
- 22 mars – Arbor intrat («L’arbre entre»). Un pin était coupé et installé dans le temple de Cybèle. Arnobe précise: «Le tronc de l’arbre était enveloppé de laine et décoré de couronnes de violettes, la Mère ornant de fleurs précoces le pin témoignant de la triste infortune.»
- 23 mars – Jour de deuil.
- 24 mars – Dies sanguinis («Jour du sang»). Journée de rites frénétiques incluant flagellations et mortifications. Arnobe décrit les fidèles entrant «dans un état de deuil, se blessant les bras et la poitrine ».
- 25 mars – Hilaria («Jour de joie»). Célébration de la résurrection d’Attis.
- 26 mars – Requietio («Repos»).
- 27 mars – Lavatio («Lavage»). Rite ajouté par l’empereur Marc Aurèle.
- 28 mars – Initium Caiani. Possible cérémonie au sanctuaire du Vatican.
Le déroulement des Hilaria
Pour les Romains, les Hilaria étaient célébrées comme une feria stativa (fête à jour fixe) et marquaient symboliquement la fin de l’hiver et de son obscurité. Comme l’indique Hérodien dans son Histoire de l’Empire romain après Marc-Aurèle, la fête comportait une procession solennelle où l’on portait la statue de Cybèle, précédée des «œuvres d’art les plus coûteuses appartenant soit aux riches Romains, soit aux empereurs eux-mêmes».
Valerius Maximus mentionne dans ses Faits et dits mémorables que des jeux étaient organisés en l’honneur de la Mère des dieux pendant la République, mais les détails de ces célébrations restent limités pour cette période.
Sous l’Empire, la journée était caractérisée par une liberté inhabituelle. Hérodien précise: «Toutes sortes de jeux et de divertissements étaient autorisés ce jour-là; les mascarades étaient les plus importantes, et chacun pouvait, dans son déguisement, imiter qui il voulait, même les magistrats.»
Pendant les Hilaria, aucune manifestation de tristesse ou de deuil n’était tolérée. Des sacrifices publics étaient accomplis et la population entière se livrait aux réjouissances.

L’épisode de Maternus
Hérodien rapporte un incident notable survenu lors des Hilaria sous le règne de l’empereur Commode (180-192). Un certain Maternus prépara un complot pour assassiner l’empereur durant les festivités:
«Maternus prévoyait de se déguiser avec ses partisans en membres de la garde prétorienne, et de se mêler aux véritables gardes jusqu’à ce qu’ils soient assez proches pour tuer Commode. Cependant, l’un des partisans de Maternus révéla le complot à l’avance, le trahissant parce que ses hommes préféraient un empereur légitime à un tyran voleur.»
Le jour des Hilaria, Maternus fut décapité et ses complices punis. Les citoyens célébrèrent la sécurité de l’empereur, et Commode offrit des sacrifices à Cybèle pour l’avoir protégé.
Signification religieuse
Il existait également une Hilaria dans le culte d’Isis et Osiris. Selon le Calendrier de Philocalus de 354, elle était célébrée le 3 novembre, dernier jour des fêtes isiaques, commémorant la renaissance d’Osiris.
Les rituels des Hilaria et des jours précédents reflétaient le mythe de Cybèle et Attis. La séquence du deuil suivi de réjouissances symbolisait le cycle de mort et de résurrection d’Attis, représentant le renouveau printanier. Cette alternance entre tristesse profonde et joie intense incarnait la compréhension romaine des cycles naturels et cosmiques.
La date du 25 mars, premier jour après l’équinoxe de printemps où le jour l’emportait sur la nuit, marquait symboliquement la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort, illustrant parfaitement le message central de cette célébration: le triomphe du renouveau sur la mort hivernale.
Sources antiques
- ARNOBE, Adversus Nationes (Contre les païens), V, 16-17 (IIIe-IVe siècle apr. J.-C.).
- HÉRODIEN, Historia tēs meta Markon basileias (Histoire de l’Empire romain après Marc-Aurèle), I, 10, 5-7 (IIIe siècle apr. J.-C.).
- Historia Augusta (Histoire Auguste), « Alexander Severus », 37, 6 (IVe siècle apr. J.-C.).
- MAXIME LE CONFESSEUR, Scholia ad Dionysium Areopagitam, Ep. 8 (VIIe siècle apr. J.-C.).
- PHOTIOS, Bibliotheca (Bibliothèque), codex sur la vie d’Isidore d’Alexandrie (IXe siècle apr. J.-C.).
- SALLUSTIUS, De diis et mundo (Sur les dieux et le monde), IV (IVe siècle apr. J.-C.).
- VALERIUS MAXIMUS, Factorum et Dictorum Memorabilium (Faits et dits mémorables), II, 4, 3 (Ier siècle apr. J.-C.).
Dates
Mars 24, 2027 Toute la journée
- Janvier: Compitalia / Agonium Iani / Juturnalia / Carmentalia / Sementivae
- Février: Fornacalia / Parentalia / Lupercalia / Quirinalia / Feralia / Caristia / Terminalia / Fugalia-Regifugium /Equirria
- Mars: Matronalia / Feriae Marti / Mamuralia (Sec. Equirria) / Liberalia / Quinquatria / Tubilustrium / Hilaria
- Avril: Veneralia / Megalesia / Cerealia / Fordicidia / Parilia-Romaea / Floralia
- Mai: Floralia / Lemuria
- Juin: Vestalia / Matralia / Fors Fortuna
- Juillet: Transvectio equitum / Lucaria / Neptunalia / Furrinalia
- Août: Nemoralia / Vinalia rustica / Volcanalia / Vulturnalia
- Septembre:
- Octobre: Tigillum sororium / Augustalia / Meditrinalia / Fontinalia/ October Equus / Armilustrium
- Novembre: Ludi plebeii / Brumalia
- Décembre: Brumalia / Bona Dea / Faunalia rustica / Agonium Indegetis/ Saturnalia / Eponalia / Opalia / Divalia / Larentalia / Dies Natalis Invicti Solis