Valentin ou la fin des Lupercales

Andrea Camassei, Les Lupercales (vers 1635), Madrid, musée du Prado.

Ce jour-là, à Rome, on voyait deux jeunes hommes avec un pagne pour seul vêtement, débouler comme des fous dans les rues en fouettant avec des lanières de bouc les jeunes femmes rencontrées sur le passage, geste censé les rendre fécondes.

Les jeunes émissaires étaient envoyés par les prêtes de Faunus –dieu de la forêt, des plaines et des champs (l’équivalent du Pan grec)– qui sacrifiaient chaque année un bouc dans la grotte du Lupercal au pied du mont Palatin où, selon la légende fondatrice de Rome, la louve avait allaité Romulus et Remus.

La fête des Lupercales se déroulait entre le 13 et le 15 février. Il s’agissait d’une joyeuse fête, très populaire, marquant le passage à l’âge adulte et célébrant la fécondité.

Comme elle se fêtait encore sans retenue plus d’un siècle et demi après que le christianisme soit devenu romain, le pape Gélase 1er a opté pour la méthode forte… En 494, il interdit les Lupercales et consacre le 14 février à Valentin de Terni, prêtre du IIIe siècle, marieur de chrétiens et lui-même amoureux, exécuté par l’empereur de son temps. Ce n’est cependant qu’en 1496 que la papauté fera de Valentin le saint patron des amoureux, avec le futur succès que l’on sait.

Et c’est ainsi que l’on passe d’une fête débridée et joyeuse de la fécondité à une célébration sirupeuse et commerciale de l’amour!

Pour en savoir plus: http://latogeetleglaive.blogspot.com/2013/02/des-lupercales-la-saint-valentin.html


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