Nunc est bibendum est une association culturelle sans but lucratif dédiée à l'évocation de l'Antiquité par les arts de la table.
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202603oct14:0015:00Tous en Jeux fête ses 10 ans: Nunc est de la partieBellevue
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3–4 octobre 2026 – Un week-end consacré au jeu sous toutes ses formes Pour célébrer ses 10 ans, l’association Tous en Jeux organise un grand week-end ludique réunissant
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3–4 octobre 2026 – Un week-end consacré au jeu sous toutes ses formes
Pour célébrer ses 10 ans, l’association Tous en Jeux organise un grand week-end ludique réunissant associations, créateurs et passionnés. Jeux de société et de rôles, escape games, tournois, quiz, blind tests, échecs, retrogaming, peinture sur figurines et animations pour les enfants seront notamment au programme.
Nunc est bibendum sera de la partie avec un voyage dans le temps, à la découverte des jeux pratiqués il y a 2000 ans et plus.
À quoi jouait-on dans l’Antiquité?
À quels jeux jouait-on dans le monde méditerranéen antique? Pourquoi jouait-on et, surtout, comment peut-on connaître aujourd’hui les règles de jeux disparus depuis des siècles?
Manuel Grandjean, président de Nunc est bibendum, abordera ces questions lors d’une courte conférence. Elle sera suivie d’une initiation pratique permettant de s’essayer à l’Aseb égyptien, au Ludus latrunculorum romain – un jeu de stratégie militaire – ou encore au mystérieux Ludus coriovalli, dont les règles viennent de faire l’objet d’une reconstitution avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Samedi 3 octobre à 14h – conférence et initiation aux jeux antiques
Festival: samedi 3 octobre de 11h à 2h; dimanche 4 octobre de 11h à 17h.
Sans inscription.
Dates
3 octobre 2026 14:00 - 15:00
Lieu
Bellevue
202614oct18:0020:30Assemblée générale 2026
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L' assemblée générale de l'association Nunc est bibendum aura lieu mercredi 14 octobre 2026 dès 18h à Genève (Jonction). L'assemblée est ouverte aux membres et aux personnes intéressées (pour
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L’ assemblée générale de l’association Nunc est bibendum aura lieu
mercredi 14 octobre 2026 dès 18h
à Genève (Jonction).
L’assemblée est ouverte aux membres et aux personnes intéressées (pour adhérer à l’association, suivre ce lien).
📌 Les détails du lieu et de l’ordre du jour sont transmis par courriel aux personnes qui auront rempli le formulaire ci-dessous.
Votre réponse facilitera notre organisation. Merci!
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La partie statutaire sera suivie d’une conférence de Jérôme Gavin:
«Compter et calculer sous les yeux de Jupiter»
Comment les Romains faisaient-ils une addition? La question paraît simple, mais la réponse l’est beaucoup moins. Pour tenter d’y répondre, il faut mener une véritable enquête, en confrontant les textes, les objets et les indices susceptibles de constituer des preuves.
Enseignant au Collège Voltaire à Genève et coauteur de nombreux ouvrages, Jérôme Gavin est spécialiste de l’histoire du calcul. Son travail associe constamment rigueur scientifique, souci de rendre les connaissances accessibles au plus large public et dialogue entre les disciplines.
Un apéritif romain conclura la soirée, l’occasion de prolonger les échanges dans un cadre convivial.
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Dates
14 octobre 2026 18:00 - 20:30
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Exposition(s) ou festival(s) en vedette
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la pop culture japonaise et de l’une de ses sources d’inspiration, l’Antiquité gréco-romaine.
De la fascination des élites nippones du 19e siècle pour la Grèce antique à l’influence actuelle du manga et de l’animation japonaise sur les artistes francophones, en passant par la déferlante en Europe du media mix des années 80, l’exposition Kodai témoigne d’un dialogue inattendu entre deux cultures. Deux cultures que rien ne prédisposait à se croiser, mais dont la rencontre a donné naissance à un univers foisonnant, en perpétuelle réinvention. Outre la créativité des artistes japonais et la qualité de leurs oeuvres, Kodai met en lumière la force de l’Antiquité et de ses représentations, foyer d’imaginaire, au-delà des mers et à travers le temps.
Dates
29 mai 2026 15:32 - 24 janvier 2027 15:32
Musée romain de Lausanne-Vidy
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L’ArchéoLab – Villa romaine de Pully vous invite dans l’arène pour découvrir les courses de
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L’ArchéoLab – Villa romaine de Pully vous invite dans l’arène pour découvrir les courses de chars, les combats de gladiateurs et les performances théâtrales qui fascinaient les Romains. Amphithéâtres vertigineux, cirques immenses ou théâtres richement décorés, le monde captivant du spectacle antique se décline au long d’une exposition qui prend ses quartiers dans la Villa romaine de Pully, après avoir connu un grand succès à Lugdunum – Musée et théâtres romains de Lyon.
Visitez les édifices de spectacles antiques, partez à la rencontre des stars des jeux et découvrez les coulisses et l’héritage de ces divertissements symbolisant la puissance de la civilisation romaine. Au coeur de ce parcours, la grande fresque à l’aurige de la Villa romaine de Pully s’anime à travers un nouveau dispositif conçu pour redonner vie aux fascinants jeux du cirque qui s’y déroulent.
L’exposition Quel Cirque ! s’inscrit dans la suite de la saison culturelle La Villa dans tous ses états, dédiée aux jeux et spectacles antiques, et s’accompagne d’un programme d’événements ludiques et variés, enrichi de nombreux partenariats.
ArchéoLab
Les prochaines fêtes du calendrier romain
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202601octToute la journéeTigillum Sororium
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Kalendis Octobribus
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Kalendis Octobribus

EN BREF. Une simple poutre de bois, tendue au-dessus d’une rue de Rome et de deux autels, recevait chaque année des sacrifices, et un calendrier en fixe la fête au 1er octobre. Les Romains y voyaient le lieu où le dernier des Horaces, vainqueur des Curiaces, avait expié le meurtre de sa sœur. Les sources suggèrent un rite plus ancien que la légende chargée de l’expliquer.
Tigillum Sororium: la poutre qui purifiait du sang versé
Selon Tite-Live, Horace rentrait à Rome en seul survivant des trois frères choisis pour affronter les trois Curiaces d’Albe, portant devant lui les dépouilles de ses adversaires, lorsque sa sœur est venue à sa rencontre devant la porte Capène. Fiancée à l’un des Curiaces, elle a reconnu sur les épaules de son frère le manteau de guerre qu’elle avait confectionné pour son promis, a dénoué ses cheveux et appelé le mort en sanglotant. Horace a tiré son épée et l’a transpercée: «Qu’ainsi s’en aille toute Romaine qui pleurera un ennemi.»[1]
Le meurtrier venait d’assurer à Rome la domination sur Albe, mais il avait versé le sang de sa propre famille. Le roi Tullus Hostilius a remis l’affaire à deux juges, qui l’ont condamné à mort pour crime contre l’État, en vertu d’une loi archaïque. Horace en a appelé au peuple. Son père a plaidé que sa fille avait été tuée à bon droit. Émue par ses larmes, l’assemblée a acquitté le jeune homme, davantage par admiration pour son courage que par conviction sur le fond.
Une poutre en travers de la rue
Aux yeux des Romains, l’acquittement réglait la question judiciaire… mais sans effacer la souillure religieuse. Tite-Live décrit la suite:
«Pour qu’un meurtre aussi manifeste soit malgré tout racheté par une expiation, on a ordonné au père de purifier son fils aux frais de l’État. Après avoir accompli certains sacrifices expiatoires, transmis ensuite à la famille des Horaces, il a fait tendre une poutre en travers de la rue et, la tête voilée, a fait passer le jeune homme dessous, comme sous un joug.»[2]
Le geste évoquait le joug sous lequel on faisait passer les ennemis vaincus, formé de «deux lances plantées en terre, une troisième attachée à leur sommet, en forme de porte»[3].
Denys d’Halicarnasse, contemporain de l’empereur Auguste, livre un récit un peu différent. Il ne confie pas l’expiation au père mais à des prêtres. Le roi les a fait venir pour apaiser les dieux et laver Horace de sa souillure «par les rites prévus pour les homicides involontaires», bien que le meurtre ait été délibéré. Ils ont élevé deux autels, l’un à Junon, qui veille sur les sœurs, l’autre à Janus, surnommé Curiatius d’après les Curiaces, dont Denys fait les cousins d’Horace. Des sacrifices et d’autres purifications ont suivi, et le passage sous le joug a clos la cérémonie[4].
Le lexicographe Festus, héritier d’une tradition savante plus ancienne, parle pour sa part d’une accusation de parricide, un terme qui désignait alors le meurtre d’un proche, puis d’un appel victorieux au peuple. Horace est ensuite passé «sous deux poutres surmontées d’une troisième, que son père avait dressées, comme envoyé sous le joug». Des autels ont été consacrés sur place à Junon Sororia et à Janus Curiatius, et il a été «délivré de toute souillure de son crime, avec l’approbation des auspices»[5].
Un monument entretenu pendant des siècles
Tite-Live assure que la poutre subsistait encore de son temps, «toujours restaurée aux frais de l’État», et qu’on l’appelait Tigillum Sororium, la «poutre de la sœur»[6]. Les passants de l’époque d’Auguste voyaient donc un bois renouvelé, qui avait gardé son nom et sa fonction.
Denys situe le lieu dans la ruelle qui descendait des Carènes quand on se dirigeait vers la rue Cuprius. Les deux autels élevés alors s’y dressaient toujours de son temps, surmontés d’une poutre fixée dans les deux murs qui se faisaient face, au-dessus de la tête des passants. Il traduisait son nom pour ses lecteurs grecs par «poutre de la sœur». Tenu pour sacré par tous les Romains, l’endroit était «honoré chaque année par des sacrifices»[7]. Au 4e siècle de notre ère, semble-t-il, un commentateur de Cicéron décrivait encore la traverse posée au-dessus des deux autels. Il ajoutait que ce rite d’expiation, «conservé dans la mémoire jusqu’à aujourd’hui, porte le nom de Tigillum Sororium»[8].
Le calendrier gravé des frères Arvales, un collège de prêtres, confirme ce culte indépendamment de la légende et en fixe la date. Aux calendes d’octobre, le 1er du mois, il mentionne une célébration «au Tigillum Sororium, près du carrefour des Acilii»[9]. Selon Pline l’Ancien, qui suit l’annaliste Cassius Hemina, c’est dans ce carrefour qu’Archagathus, présenté comme le premier médecin grec venu exercer à Rome, a reçu en 219 avant notre ère une boutique achetée aux frais de l’État[10]. En 1932, le percement de la Via dei Fori Imperiali a mis au jour le petit sanctuaire du carrefour, dont les inscriptions nommaient les magistrats du quartier. Il a été détruit presque aussitôt pour faire place à la chaussée. La poutre, elle, n’a laissé aucune trace.
Au 4e siècle, les inventaires des quartiers de Rome mentionnent encore la poutre dans la quatrième région, entre le temple de Tellus et le Colosse de Néron, sous la forme altérée de «poutre des sœurs»[11]. La présence du toponyme ne permet pas de savoir si l’on y sacrifiait toujours. Quant au calendrier, il ne décrit pas la cérémonie: il ne mentionne ni soldats, ni passage collectif sous la poutre.
Un rite plus vieux que sa légende
La recherche moderne ne tient généralement pas l’épisode des Horaces pour le compte rendu d’un événement historique de l’époque royale. Selon l’interprétation la plus répandue, un lieu de culte ancien, dont le sens s’était obscurci, aurait reçu après coup une histoire capable d’expliquer à la fois le passage sous le joug et les deux surnoms divins. Sororia est ainsi devenue la Junon «de la sœur», Curiatius le Janus «des Curiaces».
Pour le culte ancien, plusieurs indices orientent vers un rite de passage. Janus présidait aux seuils et aux commencements, et la structure formait une porte artificielle dressée sur un axe de circulation. La date compte aussi: le 1er octobre ouvre un mois marqué par des fêtes guerrières, avec le sacrifice du Cheval d’Octobre le 15 et la purification des armes le 19. D’où une hypothèse moderne: le lieu aurait servi, à l’origine, à rendre les combattants à la vie civique au terme de la campagne. Le passage sous la poutre aurait alors moins effacé une faute que marqué un changement d’état, débarrassant le guerrier de la fureur et de la souillure du combat avant son retour parmi les siens. Horace, qui tue encore une fois rentré en ville, incarnerait ce danger. Aucun texte antique n’affirme toutefois que l’armée passait sous le Tigillum Sororium.
On a aussi proposé de faire de la poutre un lieu d’initiation. Janus Curiatius, dont le surnom a été rapproché des curies, les divisions du peuple de la ville de Rome, y aurait accueilli les jeunes gens entrant dans la communauté des adultes. Pour les filles, on s’est appuyé sur une notice de Festus placée juste après celle de la poutre. Il y explique qu’on employait un verbe très proche du surnom de la déesse (sororiare) pour dire que les seins des jeunes filles «commencent à gonfler»[12]. Junon Sororia aurait alors veillé sur la puberté féminine. Cette piste est la plus fragile. En latin, «Sororia» se rattache tout naturellement au mot «sœur»: l’adjectif dont il vient signifie couramment «de la sœur», et rien n’oblige à lui chercher une autre origine. Aucune source ne montre d’ailleurs des jeunes filles franchissant la poutre.
Une dernière proposition fait du monument le vestige d’une ancienne entrée de la communauté établie sur le Palatin et la Velia, avant l’extension de la ville. La localisation du lieu est bien établie, mais son identification à une porte d’enceinte reste une reconstruction.
Études modernes consultées
- Beness J. L., Hillard T., «A prehistory of Roman domestic violence», Bulletin of the Institute of Classical Studies 66/2, 2023, p. 111–123.
- Boëls-Janssen N., La vie religieuse des matrones dans la Rome archaïque, Rome, École française de Rome, 1993 (Collection de l’École française de Rome, 176), p. 38–44.
- Dondin-Payre M., «Topographie et propagande gentilice: le compitum Acilium et l’origine des Acilii Glabriones», Publications de l’École française de Rome 98, 1987, p. 87–109.
- Dumézil G., «Lecture de Tite-Live», Cahiers pour l’analyse 7, 1967 (reprise du chapitre IV de Horace et les Curiaces, Paris, 1942).
- Platner S. B., Ashby T., A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londres, 1929, s.v. «Tigillum Sororium», p. 538–539.
- Digital Augustan Rome, notice «Tigillum Sororium» (digitalaugustanrome.org).
[1] Tite-Live, Ab Urbe condita, I, 26, 4: Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem.
[2] Tite-Live, Ab Urbe condita, I, 26, 12–13: Itaque ut caedes manifesta aliquo tamen piaculo lueretur, imperatum patri ut filium expiaret pecunia publica. Is quibusdam piacularibus sacrificiis factis quae deinde genti Horatiae tradita sunt, transmisso per viam tigillo, capite adoperto velut sub iugum misit iuvenem.
[3] Festus, De verborum significatu, s.v. Sub iugum mitti, p. 394 Lindsay: Sub iugum mitti dicuntur hostes victi, ereptis omnibus armis telisque, cum hastis defixis duabus in terra, tertiaque ad summum earum deligata, specie Iani, iubentur subeuntes transire.
[4] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, III, 22, 6–7: ἀλλὰ μεταπεμψάμενος τοὺς ἱεροφάντας ἐκέλευσεν ἐξιλάσασθαι θεούς τε καὶ δαίμονας καὶ καθῆραι τὸν ἄνδρα οἷς νόμος τοὺς ἀκουσίους φόνους ἁγνίζεσθαι καθαρμοῖς. κἀκεῖνοι βωμοὺς ἱδρυσάμενοι δύο τὸν μὲν Ἥρας, ἣ λέλογχεν ἐπισκοπεῖν ἀδελφάς, τὸν δ᾽ ἕτερον ἐπιχωρίου θεοῦ τινος ἢ δαίμονος Ἰανοῦ λεγομένου κατὰ τὴν ἐπιχώριον γλῶτταν, ἐπωνύμου δὲ Κορατίων τῶν ἀναιρεθέντων ἀνεψιῶν ὑπὸ τοῦ ἀνδρός, καὶ θυσίας τινὰς ἐπ᾽ αὐτοῖς ποιήσαντες τοῖς τε ἄλλοις καθαρμοῖς ἐχρήσαντο καὶ τελευτῶντες ὑπήγαγον τὸν Ὁράτιον ὑπὸ ζυγόν.
[5] Festus, De verborum significatu, s.v. Sororium tigillum, p. 380 Lindsay: et quamquam a patre absolutus sceleri erat, accusatus tamen parricidi apud duumviros damnatusque provocavit ad populum. Cuius iudicio victor, duo tigilla tertio superiecto, quae pater eius constituerat, velut sub iugum missus, subit, consecratisque ibi aris Iunoni Sororiae et Iano Curiatio, liberatus omni noxia sceleris est auguriis adprobantibus.
[6] Tite-Live, Ab Urbe condita, I, 26, 14: Id hodie quoque publice semper refectum manet; sororium tigillum vocant.
[7] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, III, 22, 8–9 (numérotation de l’édition Jacoby; 22, 8 dans l’édition Loeb): ἐν ᾧ δὲ τῆς πόλεως χωρίῳ τὸν ἁγνισμὸν ἐποιήσαντο πάντες Ῥωμαῖοι νομίζουσιν ἱερόν· ἔστι δ᾽ ἐν τῷ στενωπῷ τῷ φέροντι ἀπὸ Καρίνης κάτω τοῖς ἐπὶ τὸν Κύπριον ἐρχομένοις στενωπόν, ἔνθα οἵ τε βωμοὶ μένουσιν οἱ τότε ἱδρυθέντες καὶ ξύλον ὑπὲρ αὐτῶν τέταται δυσὶ τοῖς ἄντικρυς ἀλλήλων τοίχοις ἐνηρμοσμένον, ὃ γίνεται τοῖς ἐξιοῦσιν ὑπὲρ κεφαλῆς καλούμενον τῇ Ῥωμαϊκῇ διαλέκτῳ ξύλον ἀδελφῆς. τοῦτο μὲν δὴ τὸ χωρίον τῆς συμφορᾶς τοῦ ἀνδρὸς μνημεῖον ἐν τῇ πόλει φυλάττεται θυσίαις γεραιρόμενον ὑπὸ Ῥωμαίων καθ᾽ ἕκαστον ἐνιαυτόν.
[8] Scholia Bobiensia, In Ciceronis Pro Milone, 7, p. 113 Stangl: Id expiamentum memoriae servatum ad hunc usque diem tigillum sororium appellatur.
[9] Calendrier des frères Arvales, CIL VI, 2295 = 32482, 1er octobre, fr. 1, l. 3–4: In Capitolio, Tigillo soror(io) ad compitum Acili(um).
[10] Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXIX, 12: Cassius Hemina ex antiquissimis auctor est primum e medicis venisse Romam Peloponneso Archagathum Lysaniae filium L. Aemilio M. Livio cos. anno urbis DXXXV, eique ius Quiritum datum et tabernam in compito Acilio emptam ob id publice.
[11] Curiosum urbis Romae, Regio IV Templum Pacis (éd. Jordan): templum Telluris, tigillum sororum, colossum altum pedes CII s.
[12] Festus, De verborum significatu, s.v. Sororiare, p. 380 Lindsay: Sororiare mammae dicuntur puellarum, cum primum tumescunt.
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IN BREVE. Una semplice trave di legno, tesa sopra una strada di Roma e due altari, riceveva ogni anno dei sacrifici, e un calendario ne fissa la festa al 1° ottobre. I Romani vi vedevano il luogo in cui l’ultimo degli Orazi, vincitore dei Curiazi, aveva espiato l’uccisione della sorella. Le fonti suggeriscono un rito più antico della leggenda incaricata di spiegarlo.
Tigillum Sororium: la trave che purificava dal sangue versato
Secondo Tito Livio, Orazio rientrava a Roma come unico superstite dei tre fratelli scelti per affrontare i tre Curiazi di Alba, portando davanti a sé le spoglie degli avversari, quando la sorella gli venne incontro davanti alla Porta Capena. Promessa sposa di uno dei Curiazi, riconobbe sulle spalle del fratello il mantello di guerra che aveva confezionato per il fidanzato, si sciolse i capelli e chiamò il morto singhiozzando. Orazio sguainò la spada e la trafisse: «Così se ne vada ogni Romana che piangerà un nemico.»[1]
L’omicida aveva appena assicurato a Roma il dominio su Alba, ma aveva versato il sangue della propria famiglia. Il re Tullo Ostilio affidò il caso a due giudici, che lo condannarono a morte per crimine contro lo Stato, in virtù di una legge arcaica. Orazio si appellò al popolo. Suo padre sostenne che la figlia era stata uccisa a buon diritto. Commossa dalle sue lacrime, l’assemblea assolse il giovane, più per ammirazione del suo coraggio che per convinzione nel merito.
Una trave di traverso sulla strada
Agli occhi dei Romani, l’assoluzione risolveva la questione giudiziaria… ma senza cancellare la contaminazione religiosa. Tito Livio descrive il seguito:
«Perché un omicidio così manifesto fosse comunque riscattato da un’espiazione, fu ordinato al padre di purificare il figlio a spese dello Stato. Dopo aver compiuto alcuni sacrifici espiatori, poi tramandati alla famiglia degli Orazi, fece tendere una trave di traverso sulla strada e, a capo velato, fece passare il giovane sotto di essa, come sotto un giogo.»[2]
Il gesto evocava il giogo sotto cui si facevano passare i nemici vinti, formato da «due lance piantate in terra, una terza legata alla loro sommità, a forma di porta»[3].
Dionigi di Alicarnasso, contemporaneo dell’imperatore Augusto, offre un racconto un po’ diverso. Non affida l’espiazione al padre ma a dei sacerdoti. Il re li fece venire per placare gli dèi e mondare Orazio dalla sua contaminazione «con i riti previsti per gli omicidi involontari», sebbene l’uccisione fosse stata deliberata. Essi eressero due altari, uno a Giunone, che veglia sulle sorelle, l’altro a Giano, soprannominato Curiatius dai Curiazi, che Dionigi fa cugini di Orazio. Seguirono sacrifici e altre purificazioni, e il passaggio sotto il giogo chiuse la cerimonia[4].
Il lessicografo Festo, erede di una tradizione erudita più antica, parla da parte sua di un’accusa di parricidio, termine che designava allora l’uccisione di un congiunto, poi di un appello vittorioso al popolo. Orazio passò quindi «sotto due travi sormontate da una terza, che suo padre aveva innalzato, come mandato sotto il giogo». Sul posto furono consacrati altari a Giunone Sororia e a Giano Curiatius, ed egli fu «liberato da ogni contaminazione del suo crimine, con l’approvazione degli auspici»[5].
Un monumento mantenuto per secoli
Tito Livio assicura che la trave sussisteva ancora ai suoi tempi, «sempre restaurata a spese dello Stato», e che la si chiamava Tigillum Sororium, la «trave della sorella»[6]. I passanti dell’epoca di Augusto vedevano dunque un legno rinnovato, che aveva conservato il suo nome e la sua funzione.
Dionigi colloca il luogo nel vicolo che scendeva dalle Carine quando ci si dirigeva verso il vico Ciprio. I due altari eretti allora vi sorgevano ancora ai suoi tempi, sormontati da una trave fissata nei due muri che si fronteggiavano, sopra la testa dei passanti. Egli ne traduceva il nome per i suoi lettori greci con «trave della sorella». Ritenuto sacro da tutti i Romani, il luogo era «onorato ogni anno con sacrifici»[7]. Nel IV secolo d.C., a quanto pare, un commentatore di Cicerone descriveva ancora la traversa posta sopra i due altari. Aggiungeva che questo rito di espiazione, «conservato nella memoria fino a oggi, porta il nome di Tigillum Sororium»[8].
Il calendario inciso dei Fratelli Arvali, un collegio di sacerdoti, conferma questo culto indipendentemente dalla leggenda e ne fissa la data. Alle calende di ottobre, il 1° del mese, menziona una celebrazione «presso il Tigillum Sororium, vicino al crocevia degli Acilii»[9]. Secondo Plinio il Vecchio, che segue l’annalista Cassio Emina, fu in questo crocevia che Arcagato, presentato come il primo medico greco venuto a esercitare a Roma, ricevette nel 219 a.C. una bottega acquistata a spese dello Stato[10]. Nel 1932, l’apertura di via dei Fori Imperiali riportò alla luce il piccolo santuario del crocevia, le cui iscrizioni nominavano i magistrati del quartiere. Fu distrutto quasi subito per far posto alla carreggiata. La trave, invece, non ha lasciato alcuna traccia.
Nel IV secolo, gli inventari dei quartieri di Roma menzionano ancora la trave nella quarta regione, tra il tempio di Tellus e il Colosso di Nerone, nella forma alterata di «trave delle sorelle»[11]. La presenza del toponimo non permette di sapere se vi si sacrificasse ancora. Quanto al calendario, non descrive la cerimonia: non menziona né soldati, né passaggio collettivo sotto la trave.
Un rito più antico della sua leggenda
La ricerca moderna non considera generalmente l’episodio degli Orazi come il resoconto di un evento storico dell’età regia. Secondo l’interpretazione più diffusa, un antico luogo di culto, il cui senso si era oscurato, avrebbe ricevuto a posteriori una storia capace di spiegare al tempo stesso il passaggio sotto il giogo e i due epiteti divini. Sororia è così diventata la Giunone «della sorella», Curiatius il Giano «dei Curiazi».
Per il culto antico, diversi indizi orientano verso un rito di passaggio. Giano presiedeva alle soglie e agli inizi, e la struttura formava una porta artificiale eretta su un asse di circolazione. Conta anche la data: il 1° ottobre apre un mese segnato da feste guerriere, con il sacrificio del Cavallo di Ottobre il 15 e la purificazione delle armi il 19. Da qui un’ipotesi moderna: il luogo sarebbe servito, in origine, a restituire i combattenti alla vita civica al termine della campagna. Il passaggio sotto la trave, allora, più che cancellare una colpa avrebbe segnato un cambiamento di stato, liberando il guerriero dal furore e dalla contaminazione del combattimento prima del suo ritorno tra i suoi. Orazio, che uccide ancora una volta rientrato in città, incarnerebbe questo pericolo. Nessun testo antico afferma tuttavia che l’esercito passasse sotto il Tigillum Sororium.
Si è anche proposto di fare della trave un luogo di iniziazione. Giano Curiatius, il cui epiteto è stato accostato alle curie, le divisioni del popolo della città di Roma, vi avrebbe accolto i giovani che entravano nella comunità degli adulti. Per le ragazze, ci si è basati su una voce di Festo collocata subito dopo quella della trave. Vi spiega che si usava un verbo molto vicino all’epiteto della dea (sororiare) per dire che i seni delle fanciulle «cominciano a gonfiarsi»[12]. Giunone Sororia avrebbe allora vegliato sulla pubertà femminile. Questa pista è la più fragile. In latino, «Sororia» si ricollega del tutto naturalmente alla parola «sorella»: l’aggettivo da cui deriva significa comunemente «della sorella», e nulla obbliga a cercargli un’altra origine. Nessuna fonte mostra del resto delle fanciulle che attraversano la trave.
Un’ultima proposta fa del monumento il vestigio di un antico ingresso della comunità stabilita sul Palatino e sulla Velia, prima dell’estensione della città. La localizzazione del luogo è ben accertata, ma la sua identificazione con una porta delle mura resta una ricostruzione.
Studi moderni consultati
- Beness J. L., Hillard T., «A prehistory of Roman domestic violence», Bulletin of the Institute of Classical Studies 66/2, 2023, p. 111–123.
- Boëls-Janssen N., La vie religieuse des matrones dans la Rome archaïque, Roma, École française de Rome, 1993 (Collection de l’École française de Rome, 176), p. 38–44.
- Dondin-Payre M., «Topographie et propagande gentilice: le compitum Acilium et l’origine des Acilii Glabriones», Publications de l’École française de Rome 98, 1987, p. 87–109.
- Dumézil G., «Lecture de Tite-Live», Cahiers pour l’analyse 7, 1967 (ripresa del capitolo IV di Horace et les Curiaces, Parigi, 1942).
- Platner S. B., Ashby T., A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londra, 1929, s.v. «Tigillum Sororium», p. 538–539.
- Digital Augustan Rome, scheda «Tigillum Sororium» (digitalaugustanrome.org).
[1] Tito Livio, Ab Urbe condita, I, 26, 4: Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem.
[2] Tito Livio, Ab Urbe condita, I, 26, 12–13: Itaque ut caedes manifesta aliquo tamen piaculo lueretur, imperatum patri ut filium expiaret pecunia publica. Is quibusdam piacularibus sacrificiis factis quae deinde genti Horatiae tradita sunt, transmisso per viam tigillo, capite adoperto velut sub iugum misit iuvenem.
[3] Festo, De verborum significatu, s.v. Sub iugum mitti, p. 394 Lindsay: Sub iugum mitti dicuntur hostes victi, ereptis omnibus armis telisque, cum hastis defixis duabus in terra, tertiaque ad summum earum deligata, specie Iani, iubentur subeuntes transire.
[4] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, III, 22, 6–7: ἀλλὰ μεταπεμψάμενος τοὺς ἱεροφάντας ἐκέλευσεν ἐξιλάσασθαι θεούς τε καὶ δαίμονας καὶ καθῆραι τὸν ἄνδρα οἷς νόμος τοὺς ἀκουσίους φόνους ἁγνίζεσθαι καθαρμοῖς. κἀκεῖνοι βωμοὺς ἱδρυσάμενοι δύο τὸν μὲν Ἥρας, ἣ λέλογχεν ἐπισκοπεῖν ἀδελφάς, τὸν δ᾽ ἕτερον ἐπιχωρίου θεοῦ τινος ἢ δαίμονος Ἰανοῦ λεγομένου κατὰ τὴν ἐπιχώριον γλῶτταν, ἐπωνύμου δὲ Κορατίων τῶν ἀναιρεθέντων ἀνεψιῶν ὑπὸ τοῦ ἀνδρός, καὶ θυσίας τινὰς ἐπ᾽ αὐτοῖς ποιήσαντες τοῖς τε ἄλλοις καθαρμοῖς ἐχρήσαντο καὶ τελευτῶντες ὑπήγαγον τὸν Ὁράτιον ὑπὸ ζυγόν.
[5] Festo, De verborum significatu, s.v. Sororium tigillum, p. 380 Lindsay: et quamquam a patre absolutus sceleri erat, accusatus tamen parricidi apud duumviros damnatusque provocavit ad populum. Cuius iudicio victor, duo tigilla tertio superiecto, quae pater eius constituerat, velut sub iugum missus, subit, consecratisque ibi aris Iunoni Sororiae et Iano Curiatio, liberatus omni noxia sceleris est auguriis adprobantibus.
[6] Tito Livio, Ab Urbe condita, I, 26, 14: Id hodie quoque publice semper refectum manet; sororium tigillum vocant.
[7] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, III, 22, 8–9 (numerazione dell’edizione Jacoby; 22, 8 nell’edizione Loeb): ἐν ᾧ δὲ τῆς πόλεως χωρίῳ τὸν ἁγνισμὸν ἐποιήσαντο πάντες Ῥωμαῖοι νομίζουσιν ἱερόν· ἔστι δ᾽ ἐν τῷ στενωπῷ τῷ φέροντι ἀπὸ Καρίνης κάτω τοῖς ἐπὶ τὸν Κύπριον ἐρχομένοις στενωπόν, ἔνθα οἵ τε βωμοὶ μένουσιν οἱ τότε ἱδρυθέντες καὶ ξύλον ὑπὲρ αὐτῶν τέταται δυσὶ τοῖς ἄντικρυς ἀλλήλων τοίχοις ἐνηρμοσμένον, ὃ γίνεται τοῖς ἐξιοῦσιν ὑπὲρ κεφαλῆς καλούμενον τῇ Ῥωμαϊκῇ διαλέκτῳ ξύλον ἀδελφῆς. τοῦτο μὲν δὴ τὸ χωρίον τῆς συμφορᾶς τοῦ ἀνδρὸς μνημεῖον ἐν τῇ πόλει φυλάττεται θυσίαις γεραιρόμενον ὑπὸ Ῥωμαίων καθ᾽ ἕκαστον ἐνιαυτόν.
[8] Scholia Bobiensia, In Ciceronis Pro Milone, 7, p. 113 Stangl: Id expiamentum memoriae servatum ad hunc usque diem tigillum sororium appellatur.
[9] Calendario dei Fratelli Arvali, CIL VI, 2295 = 32482, 1° ottobre, fr. 1, l. 3–4: In Capitolio, Tigillo soror(io) ad compitum Acili(um).
[10] Plinio il Vecchio, Storia naturale, XXIX, 12: Cassius Hemina ex antiquissimis auctor est primum e medicis venisse Romam Peloponneso Archagathum Lysaniae filium L. Aemilio M. Livio cos. anno urbis DXXXV, eique ius Quiritum datum et tabernam in compito Acilio emptam ob id publice.
[11] Curiosum urbis Romae, Regio IV Templum Pacis (ed. Jordan): templum Telluris, tigillum sororum, colossum altum pedes CII s.
[12] Festo, De verborum significatu, s.v. Sororiare, p. 380 Lindsay: Sororiare mammae dicuntur puellarum, cum primum tumescunt.
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🇬🇧 English version

IN BRIEF. A simple wooden beam, stretched above a street in Rome and two altars, received sacrifices every year, and a calendar sets its festival on 1 October. The Romans saw it as the place where the last of the Horatii, victor over the Curiatii, had atoned for the killing of his sister. The sources suggest a rite older than the legend meant to explain it.
Tigillum Sororium: the beam that cleansed bloodshed
According to Livy, Horatius was returning to Rome as the sole survivor of the three brothers chosen to face the three Curiatii of Alba, carrying before him the spoils of his opponents, when his sister came to meet him in front of the Porta Capena. Betrothed to one of the Curiatii, she recognised on her brother’s shoulders the war cloak she had made for her intended, loosened her hair and called out to the dead man, sobbing. Horatius drew his sword and ran her through: “So perish every Roman woman who mourns an enemy.”[1]
The killer had just secured Rome’s dominion over Alba, but he had shed the blood of his own family. King Tullus Hostilius referred the case to two judges, who sentenced him to death for a crime against the State, under an archaic law. Horatius appealed to the people. His father argued that his daughter had been rightfully killed. Moved by his tears, the assembly acquitted the young man, more out of admiration for his courage than from conviction on the merits of the case.
A beam across the street
In the eyes of the Romans, the acquittal settled the legal question… but without erasing the religious pollution. Livy describes what followed:
“So that such a manifest killing might nevertheless be redeemed by some expiation, the father was ordered to purify his son at public expense. Having performed certain expiatory sacrifices, which were afterwards handed down to the Horatian family, he had a beam stretched across the street and, with the young man’s head veiled, made him pass beneath it, as if under a yoke.”[2]
The gesture recalled the yoke under which defeated enemies were made to pass, formed of “two spears planted in the ground, a third tied across their tops, in the shape of a gate”[3].
Dionysius of Halicarnassus, a contemporary of the emperor Augustus, gives a somewhat different account. He entrusts the expiation not to the father but to priests. The king summoned them to appease the gods and cleanse Horatius of his pollution “with the rites prescribed for involuntary homicides”, even though the killing had been deliberate. They erected two altars, one to Juno, who watches over sisters, the other to Janus, surnamed Curiatius after the Curiatii, whom Dionysius makes Horatius’s cousins. Sacrifices and other purifications followed, and passing under the yoke concluded the ceremony[4].
The lexicographer Festus, heir to an older scholarly tradition, speaks for his part of a charge of parricide, a term that then denoted the killing of a close relative, and then of a successful appeal to the people. Horatius then passed “beneath two beams topped by a third, which his father had set up, as if sent under the yoke”. Altars were consecrated on the spot to Juno Sororia and Janus Curiatius, and he was “freed from all pollution of his crime, with the approval of the auspices”[5].
A monument maintained for centuries
Livy asserts that the beam still survived in his day, “always restored at public expense”, and that it was called Tigillum Sororium, the “sister’s beam”[6]. Passers-by in the age of Augustus thus saw a renewed timber that had kept its name and its function.
Dionysius places the site in the lane that led down from the Carinae for those heading towards the vicus Cuprius. The two altars erected at that time still stood there in his day, surmounted by a beam fixed into the two facing walls, above the heads of passers-by. He translated its name for his Greek readers as “sister’s beam”. Held sacred by all Romans, the place was “honoured every year with sacrifices”[7]. In the fourth century CE, it seems, a commentator on Cicero still described the crossbeam set above the two altars. He added that this rite of expiation, “preserved in memory to this day, bears the name Tigillum Sororium”[8].
The inscribed calendar of the Arval Brethren, a college of priests, confirms this cult independently of the legend and fixes its date. On the Kalends of October, the first of the month, it records a celebration “at the Tigillum Sororium, near the crossroads of the Acilii”[9]. According to Pliny the Elder, who follows the annalist Cassius Hemina, it was at this crossroads that Archagathus, presented as the first Greek physician to come and practise in Rome, received in 219 BCE a shop bought at public expense[10]. In 1932, the cutting of the Via dei Fori Imperiali uncovered the small shrine at the crossroads, whose inscriptions named the district’s magistrates. It was destroyed almost immediately to make way for the roadway. The beam, for its part, has left no trace.
In the fourth century, the inventories of the districts of Rome still mention the beam in the fourth region, between the Temple of Tellus and the Colossus of Nero, in the corrupted form “beam of the sisters”[11]. The presence of the place name does not tell us whether sacrifices were still offered there. As for the calendar, it does not describe the ceremony: it mentions neither soldiers nor any collective passage beneath the beam.
A rite older than its legend
Modern scholarship does not generally regard the episode of the Horatii as the record of a historical event of the regal period. According to the most widespread interpretation, an ancient place of worship, whose meaning had become obscure, was later given a story capable of explaining both the passage under the yoke and the two divine epithets. Sororia thus became the Juno “of the sister”, Curiatius the Janus “of the Curiatii”.
As for the ancient cult, several clues point towards a rite of passage. Janus presided over thresholds and beginnings, and the structure formed an artificial gateway set up on a thoroughfare. The date matters too: 1 October opens a month marked by martial festivals, with the sacrifice of the October Horse on the 15th and the purification of weapons on the 19th. Hence a modern hypothesis: the site would originally have served to return fighters to civic life at the end of the campaign. Passing beneath the beam would then have marked a change of status rather than erased a fault, ridding the warrior of the fury and pollution of battle before his return among his own people. Horatius, who kills once more after re-entering the city, would embody this danger. No ancient text, however, states that the army passed beneath the Tigillum Sororium.
It has also been proposed that the beam was a place of initiation. Janus Curiatius, whose epithet has been linked to the curiae, the divisions of the people of the city of Rome, would have welcomed there young men entering the community of adults. For girls, scholars have drawn on an entry in Festus placed just after the one on the beam. There he explains that a verb very close to the goddess’s epithet (sororiare) was used to say that girls’ breasts “begin to swell”[12]. Juno Sororia would then have watched over female puberty. This is the weakest line of argument. In Latin, “Sororia” connects quite naturally to the word for “sister”: the adjective from which it derives commonly means “of the sister”, and nothing compels us to look for another origin. Nor does any source show girls passing beneath the beam.
A final proposal sees the monument as the remnant of an ancient entrance to the community settled on the Palatine and the Velia, before the city expanded. The location of the site is well established, but its identification with a gate in a circuit wall remains a reconstruction.
Modern studies consulted
- Beness J. L., Hillard T., “A prehistory of Roman domestic violence”, Bulletin of the Institute of Classical Studies 66/2, 2023, p. 111–123.
- Boëls-Janssen N., La vie religieuse des matrones dans la Rome archaïque, Rome, École française de Rome, 1993 (Collection de l’École française de Rome, 176), p. 38–44.
- Dondin-Payre M., “Topographie et propagande gentilice: le compitum Acilium et l’origine des Acilii Glabriones”, Publications de l’École française de Rome 98, 1987, p. 87–109.
- Dumézil G., “Lecture de Tite-Live”, Cahiers pour l’analyse 7, 1967 (reprint of chapter IV of Horace et les Curiaces, Paris, 1942).
- Platner S. B., Ashby T., A Topographical Dictionary of Ancient Rome, London, 1929, s.v. “Tigillum Sororium”, p. 538–539.
- Digital Augustan Rome, entry “Tigillum Sororium” (digitalaugustanrome.org).
[1] Livy, Ab Urbe condita, I, 26, 4: Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem.
[2] Livy, Ab Urbe condita, I, 26, 12–13: Itaque ut caedes manifesta aliquo tamen piaculo lueretur, imperatum patri ut filium expiaret pecunia publica. Is quibusdam piacularibus sacrificiis factis quae deinde genti Horatiae tradita sunt, transmisso per viam tigillo, capite adoperto velut sub iugum misit iuvenem.
[3] Festus, De verborum significatu, s.v. Sub iugum mitti, p. 394 Lindsay: Sub iugum mitti dicuntur hostes victi, ereptis omnibus armis telisque, cum hastis defixis duabus in terra, tertiaque ad summum earum deligata, specie Iani, iubentur subeuntes transire.
[4] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, III, 22, 6–7: ἀλλὰ μεταπεμψάμενος τοὺς ἱεροφάντας ἐκέλευσεν ἐξιλάσασθαι θεούς τε καὶ δαίμονας καὶ καθῆραι τὸν ἄνδρα οἷς νόμος τοὺς ἀκουσίους φόνους ἁγνίζεσθαι καθαρμοῖς. κἀκεῖνοι βωμοὺς ἱδρυσάμενοι δύο τὸν μὲν Ἥρας, ἣ λέλογχεν ἐπισκοπεῖν ἀδελφάς, τὸν δ᾽ ἕτερον ἐπιχωρίου θεοῦ τινος ἢ δαίμονος Ἰανοῦ λεγομένου κατὰ τὴν ἐπιχώριον γλῶτταν, ἐπωνύμου δὲ Κορατίων τῶν ἀναιρεθέντων ἀνεψιῶν ὑπὸ τοῦ ἀνδρός, καὶ θυσίας τινὰς ἐπ᾽ αὐτοῖς ποιήσαντες τοῖς τε ἄλλοις καθαρμοῖς ἐχρήσαντο καὶ τελευτῶντες ὑπήγαγον τὸν Ὁράτιον ὑπὸ ζυγόν.
[5] Festus, De verborum significatu, s.v. Sororium tigillum, p. 380 Lindsay: et quamquam a patre absolutus sceleri erat, accusatus tamen parricidi apud duumviros damnatusque provocavit ad populum. Cuius iudicio victor, duo tigilla tertio superiecto, quae pater eius constituerat, velut sub iugum missus, subit, consecratisque ibi aris Iunoni Sororiae et Iano Curiatio, liberatus omni noxia sceleris est auguriis adprobantibus.
[6] Livy, Ab Urbe condita, I, 26, 14: Id hodie quoque publice semper refectum manet; sororium tigillum vocant.
[7] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, III, 22, 8–9 (Jacoby edition numbering; 22, 8 in the Loeb edition): ἐν ᾧ δὲ τῆς πόλεως χωρίῳ τὸν ἁγνισμὸν ἐποιήσαντο πάντες Ῥωμαῖοι νομίζουσιν ἱερόν· ἔστι δ᾽ ἐν τῷ στενωπῷ τῷ φέροντι ἀπὸ Καρίνης κάτω τοῖς ἐπὶ τὸν Κύπριον ἐρχομένοις στενωπόν, ἔνθα οἵ τε βωμοὶ μένουσιν οἱ τότε ἱδρυθέντες καὶ ξύλον ὑπὲρ αὐτῶν τέταται δυσὶ τοῖς ἄντικρυς ἀλλήλων τοίχοις ἐνηρμοσμένον, ὃ γίνεται τοῖς ἐξιοῦσιν ὑπὲρ κεφαλῆς καλούμενον τῇ Ῥωμαϊκῇ διαλέκτῳ ξύλον ἀδελφῆς. τοῦτο μὲν δὴ τὸ χωρίον τῆς συμφορᾶς τοῦ ἀνδρὸς μνημεῖον ἐν τῇ πόλει φυλάττεται θυσίαις γεραιρόμενον ὑπὸ Ῥωμαίων καθ᾽ ἕκαστον ἐνιαυτόν.
[8] Scholia Bobiensia, In Ciceronis Pro Milone, 7, p. 113 Stangl: Id expiamentum memoriae servatum ad hunc usque diem tigillum sororium appellatur.
[9] Calendar of the Arval Brethren, CIL VI, 2295 = 32482, 1 October, fr. 1, l. 3–4: In Capitolio, Tigillo soror(io) ad compitum Acili(um).
[10] Pliny the Elder, Natural History, XXIX, 12: Cassius Hemina ex antiquissimis auctor est primum e medicis venisse Romam Peloponneso Archagathum Lysaniae filium L. Aemilio M. Livio cos. anno urbis DXXXV, eique ius Quiritum datum et tabernam in compito Acilio emptam ob id publice.
[11] Curiosum urbis Romae, Regio IV Templum Pacis (ed. Jordan): templum Telluris, tigillum sororum, colossum altum pedes CII s.
[12] Festus, De verborum significatu, s.v. Sororiare, p. 380 Lindsay: Sororiare mammae dicuntur puellarum, cum primum tumescunt
Dates
1 octobre 2026 Toute la journée
202611octToute la journéeMeditrinalia
Description
D'après un détail de la mosaïque de Lycurgue, musée de Saint-Romain-en-Gal (dessin
Description

Ante diem quintum idus Octobres
Les Meditrinalia étaient une fête religieuse de la Rome antique célébrée le 11 octobre. Cette festivité était liée à la nouvelle vendange et marquait un moment important dans le calendrier agricole romain.
L’étymologie du nom Meditrinalia est sujette à débat. Certains chercheurs le font dériver du latin mederi signifiant «guérir», ce qui suggérerait un lien avec des propriétés curatives attribuées au vin. D’autres y voient plutôt une référence à sa position médiane dans les trois mois d’automne. Bien que les détails précis de ses origines soient obscurs, on sait que cette fête était anciennement associée à Jupiter et revêtait une importance particulière dans la Rome agricole primitive. Le point central des Meditrinalia était la dégustation rituelle du vin nouveau, mélangé au vin de l’année précédente. Cette pratique s’accompagnait de libations offertes aux dieux, notamment ceux liés à la santé et à la guérison.
Au fil du temps, les interprétations de la fête ont évolué. Une déesse nommée Meditrina, associée à la santé et à la longévité, semble avoir été inventée tardivement pour expliquer l’origine du festival. Cependant, cette divinité n’apparaît pas dans les sources les plus anciennes. Il est important de noter que malgré certaines affirmations modernes, les Meditrinalia n’étaient pas simplement une « fête des vendanges ». Leur signification religieuse et rituelle était plus complexe, mêlant des aspects agricoles, médicaux et spirituels.
Voir l’article: Fête des Meditrinalia: à votre santé!
Dates
11 octobre 2026 Toute la journée
202613octToute la journéeFontinalia
Description
Ante diem tertium idus Octobres
Description
Ante diem tertium idus Octobres

Les Fontinalia étaient une fête religieuse annuelle de la Rome antique. Cette célébration se tenait le 13 octobre et était dédiée à Fontus, divinité associée aux sources et aux eaux courantes.
Le rituel principal des Fontinalia consistait à orner les fontaines de guirlandes. Les Romains jetaient également des fleurs dans les sources et couronnaient les puits.
Notre principale source d’information sur cette fête est Varron, érudit romain du 1er siècle avant J.-C. Dans son ouvrage De lingua latina, il mentionne les Fontinalia en ces termes:
«Les Fontanalia, du mot Fons (source), car c’est le jour de fête de cette divinité; à cette occasion, on jette des couronnes dans les sources et on couronne les puits.»[1]
Cette description succincte de Varron constitue l’essentiel de ce que nous savons avec certitude sur le déroulement de cette fête. Les Fontinalia s’inscrivaient dans le calendrier religieux romain, reflétant l’importance accordée aux sources d’eau dans la culture et la religion de la Rome antique.
[1] Varron, De lingua latina, livre VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
Le Fontinalia erano una festa religiosa annuale dell’antica Roma. Si celebravano il 13 ottobre ed erano dedicate a Fontus, divinità associata alle sorgenti e alle acque correnti.
Il rito principale dei Fontinalia consisteva nell’addobbare le fontane con ghirlande. I Romani gettavano anche fiori nelle sorgenti e incoronavano i pozzi.
La nostra principale fonte d’informazione su questa festa è Varrone, erudito romano del I secolo a.C. Nella sua opera De lingua latina menziona i Fontinalia con queste parole:
«I Fontanalia, dal termine Fons (sorgente), poiché è il giorno festivo di questa divinità; in tale occasione si gettano corone nelle sorgenti e si incoronano i pozzi.»[1]
Questa breve descrizione di Varrone costituisce quasi tutto ciò che sappiamo con certezza sullo svolgimento di questa festa. I Fontinalia facevano parte del calendario religioso romano, riflettendo l’importanza attribuita alle sorgenti d’acqua nella cultura e nella religione dell’antica Roma.
[1] Varrone, De lingua latina, libro VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
The Fontinalia were an annual religious festival in ancient Rome. This celebration took place on 13 October and was dedicated to Fontus, a divinity associated with springs and flowing waters.
The main ritual of the Fontinalia consisted of adorning fountains with garlands. The Romans also threw flowers into springs and crowned wells with wreaths.
Our principal source of information about this festival is Varro, a Roman scholar of the 1st century BCE. In his work De lingua latina, he mentions the Fontinalia in the following terms:
“The Fontanalia, from the word Fons (spring), for it is the festival day of that deity; on that occasion, crowns are thrown into the springs and the wells are crowned.”[1]
This brief description by Varro constitutes almost all that we know with certainty about the observance of this festival. The Fontinalia formed part of the Roman religious calendar, reflecting the importance accorded to sources of water in the culture and religion of ancient Rome.
[1] Varro, De lingua latina, Book VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
Dates
13 octobre 2026 Toute la journée
202615octToute la journéeOctober equus
Description
Idibus Octobribus
Description
Idibus Octobribus

EN BREF. Chaque 15 octobre, Rome sacrifiait à Mars le cheval de droite d’un char victorieux. Sa queue ensanglantait l’autel de la Regia, sa tête déclenchait une lutte entre quartiers. Ce rite archaïque liait guerre et moisson: dernier hommage à la force vitale avant le repos de l’hiver.
October equus: quand Rome offrait un cheval à Mars
L’October equus, ou «Cheval d’octobre», est une fête religieuse de la Rome antique célébrée en l’honneur de Mars le 15 octobre, marquant la fin des campagnes agricoles et militaires. Ce rite est unique à Rome, étant le seul où un cheval était sacrifié. Il se déroulait lors de l’une des trois courses de chevaux annuelles dédiées à Mars. Le rituel, qui a fait l’objet de nombreuses interprétations et débats parmi les historiens modernes. Tous s’accordent toutefois sur l’ancienneté de cette pratique, remontant à la période royale de Rome. Le grammairien Festus, au 2e siècle de notre ère, en donne une description précise: la cérémonie ne portait pas de nom spécifique et est simplement désignée par la victime du sacrifice, le cheval [1].
Le rituel se déroulait au Champ de Mars, un espace traditionnellement dédié à Mars, où les chevaux paissaient et s’entraînaient. Le flamen martialis, en présence des pontifes, présidait la cérémonie, qui débutait par une course de chars, ou biges, tirés par deux chevaux. Le cheval de droite du char vainqueur devenait la victime du sacrifice. Contrairement aux sacrifices ordinaires, l’animal n’était pas égorgé, mais tué d’un coup de javelot, puis immolé sur l’autel de Mars.
Dès que le cheval était abattu, sa queue était coupée et rapidement transportée à la Regia, un bâtiment situé au Forum, où son sang était versé sur les cendres du foyer sacré. La décapitation du cheval constituait le troisième acte du rituel. La tête, ornée d’une guirlande de pains, devenait l’objet d’une lutte entre deux quartiers de Rome: les Sacravienses, habitants de la Via Sacra, et les Suburanenses, habitants de Subura. Si les premiers l’emportaient, la tête était clouée aux murs de la Regia; si les seconds triomphaient, elle était exposée au sommet de la tour Mamilienne, dont l’emplacement exact demeure incertain.
Bien que les historiens connaissent le sort réservé à la queue et à la tête du cheval, le destin de la partie centrale du corps reste encore un mystère.
Malgré les témoignages des auteurs antiques, tels que Varron et Festus, les raisons précises du sacrifice d’un cheval en octobre restent floues. Pourquoi un cheval et non un autre animal? Pourquoi ce mois en particulier ?
Au tournant du 1er siècle de notre ère, ceci était incertain pour Plutarque qui esquissait plusieurs hypothèses:
«Pourquoi, le jour des ides d’octobre, après une course de chars, sacrifie-t-on à Arès (Mars) le cheval de droite de l’attelage victorieux ?
Quelqu’un, après lui avoir coupé la queue, la porte à la Regia pour en asperger l’autel de sang, tandis qu’au sujet de sa tête les habitants de la Voie Sacrée et ceux de la Subure descendent pour se la disputer.
Est-ce, comme certains le disent, parce qu’ils pensent que Troie fut prise à cause d’un cheval et qu’ils punissent ainsi cet animal –eux qui sont issus du sang mêlé des Troyens et des Latins ?
Ou bien parce que le cheval est un animal fougueux, guerrier et belliqueux, et qu’on offre aux dieux les victimes qui leur sont les plus proches et les plus chères –le dieu recevant ici le cheval vainqueur, symbole de victoire et de puissance ?
Ou encore, plus profondément, parce que le dieu Mars préside à l’immobilité du combat en ordre de bataille, et que ceux qui tiennent leur position l’emportent sur ceux qui fuient : ainsi la rapidité est-elle punie comme instrument de lâcheté, et l’on apprend par un symbole que le salut n’appartient pas à ceux qui prennent la fuite.»[2]
La plupart des historiens voient aujourd’hui en l’October equus un rite de clôture de la saison martiale et agricole : une offrande faite à Mars pour rendre la force vitale du cheval, symbole de vigueur guerrière et de fertilité. En versant le sang de l’animal sur le foyer sacré, la cité remerciait le dieu qui protège à la fois les champs et les armes. Plus qu’un vestige mythique, le Cheval d’octobre marquait la fin d’un cycle –celui du combat et du labeur– avant le repos de l’hiver.
[1] Festus Grammaticus, De la signification des mots, XIII OCTOBER EQUUS
[2] Plutarque, Questions romaines, 97:
Διὰ τί ταῖς Δεκεμβρίαις εἰδοῖς ἱπποδρομίας γενομένης ὁ νικήσας δεξιόσειρος Ἄρει θύεται,
καὶ τὴν μὲν οὐρὰν ἀποκόψας τις ἐπὶ τὴν Ῥηγίαν καλουμένην κομίζει καὶ τὸν βωμὸν αἱμάττει,
περὶ δὲ τῆς κεφαλῆς οἱ μὲν ἀπὸ τῆς ἱερᾶς ὁδοῦ λεγομένης οἱ δʼ ἀπὸ τῆς Συβούρης καταβάντες διαμάχονται;πότερον, ὡς ἔνιοι λέγουσιν, ἵππῳ τὴν Τροίαν ἡλωκέναι νομίζοντες ἵππον κολάζουσιν,
ἅτε δὴ καὶ γεγονότες Τρώων ἀγλαὰ τέκνα μεμιγμένα παισὶ Λατίνων·
ἢ ὅτι θυμοειδὲς καὶ πολεμικὸν καὶ ἀρήιον ὁ ἵππος ἐστὶ, τὰ δὲ προσφιλῆ μάλιστα καὶ πρόσφορα θύουσι τοῖς θεοῖς,
ὁ δὲ νικήσας θύεται διὰ τὸ νίκης καὶ κράτους οἰκεῖον εἶναι τὸν θεόν;ἢ μᾶλλον ὅτι τοῦ θεοῦ στάσιμον τὸ ἔργον ἐστὶ καὶ νικῶσιν οἱ μένοντες ἐν τάξει τοὺς μὴ μένοντας ἀλλὰ φεύγοντας,
καὶ κολάζεται τὸ τάχος ὡς δειλίας ἐφόδιον,
καὶ μανθάνουσι συμβολικῶς ὅτι σωτήριον οὐκ ἔστι τοῖς φεύγουσι;
Pour en savoir plus: article October equus sur Wikipedia.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
October equus: quando Roma offriva un cavallo a Marte
IN BREVE. Ogni 15 ottobre Roma sacrificava a Marte il cavallo destro di un carro vincitore. La sua coda insanguinava l’altare della Regia, la sua testa scatenava una contesa tra quartieri. Questo rito arcaico univa guerra e raccolto: ultimo omaggio alla forza vitale prima del riposo invernale.
L’October equus, o “Cavallo d’ottobre”, era una festa religiosa dell’antica Roma celebrata in onore di Marte il 15 ottobre, a conclusione delle campagne agricole e militari. Questo rito, unico a Roma, è l’unico in cui veniva sacrificato un cavallo. Si svolgeva durante una delle tre corse annuali dedicate a Marte. Il rituale, oggetto di numerose interpretazioni e dibattiti tra gli storici moderni, è unanimemente riconosciuto come una pratica molto antica, risalente all’epoca regia di Roma. Il grammatico Festo, nel II secolo d.C., ne offre una descrizione precisa: la cerimonia non aveva un nome specifico ed è semplicemente designata dalla vittima del sacrificio, il cavallo [1].
Il rito si svolgeva nel Campo Marzio, spazio tradizionalmente consacrato a Marte, dove i cavalli pascolavano e si esercitavano. Il flamen Martialis, alla presenza dei pontefici, presiedeva la cerimonia, che iniziava con una corsa di carri, o bigae, trainati da due cavalli. Il cavallo destro del carro vincitore diventava la vittima del sacrificio. A differenza dei sacrifici comuni, l’animale non veniva sgozzato, ma trafitto con un giavellotto e poi immolato sull’altare di Marte.
Subito dopo l’abbattimento, la coda del cavallo veniva tagliata e rapidamente portata alla Regia, un edificio situato nel Foro, dove il suo sangue era versato sulle ceneri del focolare sacro. La decapitazione dell’animale costituiva il terzo atto del rito. La testa, ornata con una ghirlanda di pani, diventava oggetto di contesa tra due quartieri di Roma: i Sacravienses, abitanti della Via Sacra, e i Suburanenses, abitanti della Subura. Se vincevano i primi, la testa era inchiodata alle pareti della Regia; se trionfavano i secondi, veniva esposta in cima alla Torre Mamilia, la cui posizione esatta resta incerta.
Sebbene gli storici conoscano il destino riservato alla coda e alla testa del cavallo, la sorte della parte centrale del corpo rimane un mistero.
Nonostante le testimonianze degli autori antichi, come Varrone e Festo, le ragioni precise del sacrificio di un cavallo in ottobre restano oscure. Perché proprio un cavallo e non un altro animale? Perché in questo mese?
All’inizio del I secolo d.C., la questione era già incerta per Plutarco, che proponeva diverse ipotesi:
«Perché, il giorno delle idi di ottobre, dopo una corsa di carri, si sacrifica ad Ares (Marte) il cavallo destro del carro vincitore?
Qualcuno, dopo avergli tagliato la coda, la porta alla Regia per aspergere di sangue l’altare, mentre la sua testa viene contesa tra gli abitanti della Via Sacra e quelli della Subura.
È forse, come dicono alcuni, perché credono che Troia sia stata conquistata a causa di un cavallo e puniscono così l’animale –essendo essi stessi nati dal sangue misto dei Troiani e dei Latini?
Oppure perché il cavallo è un animale impetuoso, guerriero e bellicoso, e si offrono agli dèi le vittime a loro più affini e care –il dio ricevendo qui il cavallo vincitore, simbolo di vittoria e di potenza?
O ancora, più profondamente, perché il dio Marte presiede alla fermezza del combattimento in ordine di battaglia, e coloro che restano saldi vincono su chi fugge; così la rapidità è punita come strumento di viltà, e si apprende simbolicamente che la salvezza non appartiene a chi fugge.» [2]
La maggior parte degli storici vede oggi nell’October equus un rito di chiusura della stagione militare e agricola: un’offerta a Marte per restituirgli la forza vitale del cavallo, simbolo di vigore guerriero e di fertilità. Versando il sangue dell’animale sul focolare sacro, la città ringraziava il dio che proteggeva insieme i campi e le armi. Più che una reliquia mitica, il Cavallo d’ottobre segnava la fine di un ciclo –quello della battaglia e del lavoro– prima del riposo invernale.
[1] Festo, De verborum significatu, s.v. Equus October
[2] Plutarco, Questioni romane, 97
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
October Equus: when Rome offered a horse to Mars
IN BRIEF. Every October 15, Rome sacrificed to Mars the right-hand horse of a winning chariot. Its tail bloodied the altar of the Regia, its head sparked a rivalry between neighborhoods. This archaic rite linked war and harvest –a final homage to vital strength before winter’s rest.
The October equus, or “October Horse,” was a religious festival of ancient Rome celebrated in honor of Mars on October 15, marking the end of the agricultural and military seasons. This rite, unique to Rome, was the only one in which a horse was sacrificed. It took place during one of the three annual horse races dedicated to Mars. The ritual, which has been the subject of much debate and interpretation among modern historians, is generally agreed to date back to Rome’s regal period. The grammarian Festus, in the 2nd century CE, provides a detailed description: the ceremony had no specific name and was simply referred to by its victim –the horse [1].
The ritual took place in the Campus Martius, the field traditionally dedicated to Mars, where horses grazed and trained. The flamen Martialis, in the presence of the pontiffs, presided over the ceremony, which began with a chariot race, or bigae, drawn by two horses. The right-hand horse of the winning team became the victim of the sacrifice. Unlike ordinary sacrifices, the animal was not slaughtered by cutting its throat but was struck down with a javelin, then immolated on the altar of Mars.
Once the horse was killed, its tail was cut off and swiftly carried to the Regia, a building in the Forum, where its blood was poured over the ashes of the sacred hearth. The beheading of the horse formed the third act of the ritual. Its head, adorned with a garland of bread, became the object of a fierce contest between two Roman neighborhoods: the Sacravienses, inhabitants of the Via Sacra, and the Suburanenses, from the Subura. If the former won, the head was nailed to the wall of the Regia; if the latter triumphed, it was displayed atop the Turris Mamilia, whose exact location remains uncertain.
Although historians know the fate of the horse’s tail and head, the destiny of the rest of the body remains a mystery.
Despite the testimonies of ancient authors such as Varro and Festus, the precise reasons for sacrificing a horse in October remain unclear. Why a horse, and why this particular month?
At the turn of the 1st century CE, the question was still unresolved for Plutarch, who offered several possible explanations:
“Why, on the Ides of October, after a chariot race, do they sacrifice to Ares (Mars) the right-hand horse of the winning team?
Someone, after cutting off its tail, carries it to the Regia to sprinkle the altar with its blood, while its head becomes the object of a contest between the inhabitants of the Via Sacra and those of the Subura.
Is it, as some say, because they believe that Troy was captured because of a horse and thus punish the animal –being themselves descended from the mingled blood of Trojans and Latins?
Or because the horse is a spirited, warlike creature, and men offer to the gods the victims most akin and dear to them –the god here receiving the winning horse, symbol of victory and power?
Or rather, because the god Mars presides over the steadfastness of battle in close order, and those who stand firm overcome those who flee; thus speed is punished as an instrument of cowardice, and men are taught symbolically that salvation does not belong to those who run away.” [2]
Most historians today interpret the October equus as a rite marking the close of the martial and agricultural season — an offering to Mars returning to him the vital force of the horse, symbol of warlike vigor and fertility. By pouring the animal’s blood on the sacred hearth, the city gave thanks to the god who protected both fields and arms. More than a mythical relic, the October Horse marked the end of a cycle –of battle and labor– before the rest of winter.
[1] Festus, De verborum significatu, s.v. Equus October
[2] Plutarch, Roman Questions, 97
Dates
15 octobre 2026 Toute la journée
202604novToute la journéeLudi Plebeii
Description
Pridie Nonas Novembres - Ante diem quintum decimum Kalendas Decembres
Description
Pridie Nonas Novembres – Ante diem quintum decimum Kalendas Decembres

EN BREF. Fête du peuple romain, les Ludi Plebeii (4–17 novembre) honoraient Jupiter dans le Circus Flaminius. Nés d’une revendication civique, ils devinrent une institution d’État. Tite-Live, Plaute et Valerius Maximus en révèlent la portée religieuse, politique et théâtrale : la liberté plébéienne célébrée sous le regard des dieux.
Ludi plebeii: quand la plèbe romaine fait la fête
Chaque année, du 4 au 17 novembre, Rome se parait de musique, de théâtre et de processions: c’était le temps des Ludi Plebeii, les jeux plébéiens. Moins célèbres que les Ludi Romani de septembre, mais installés très tôt dans le calendrier civique, ces jeux formaient la grande fête populaire de l’automne. La plèbe y célébrait Jupiter Capitolin, son dieu tutélaire, dans un cirque qu’elle considérait comme sien: le Circus Flaminius.
Dans la Rome républicaine, les jeux publics n’étaient jamais de simples divertissements: ils exprimaient l’équilibre des pouvoirs et la hiérarchie des ordres. Les Ludi Plebeii en furent l’un des symboles: une fête du peuple, pour le peuple, mais reconnue par l’État.
Une fête du peuple, miroir des Ludi Romani
Les Ludi Plebeii étaient organisés par les édiles plébéiens, magistrats élus parmi le peuple. Ils formaient la contrepartie directe des Ludi Romani, présidés par les édiles curules issus de la noblesse. Cette dualité institutionnelle incarnait l’équilibre entre les deux ordres : patriciens et plébéiens.
D’après les Fasti Praenestini [1], la fête s’étendait sur quatorze jours, du 4 au 17 novembre, et atteignait son sommet le 13, jour des Ides de novembre, consacré au banquet de Jupiter Capitolin (Epulum Iovis). Ce repas sacré, célébré par la plèbe, répondait à celui que les patriciens offraient en septembre lors des Ludi Romani. En novembre, la plèbe honorait Jupiter non sur la colline du Capitole, mais sur le Champ de Mars, un espace qui lui était propre et symbole de son identité civique.
Des origines politiques
Les origines de ces jeux remontent aux premiers temps de la République. Une tradition tardive, transmise par le Pseudo-Asconius (commentaire médiéval rattaché à Cicéron), affirme qu’ils auraient été institués après l’expulsion des rois, en l’honneur de la liberté, ou pour célébrer la réconciliation de la plèbe après sa sécession sur l’Aventin [2]. Même si cette explication n’a pas valeur de témoignage antique, elle correspond bien à la signification politique de la fête : les Ludi Plebeii symbolisaient la conquête de la liberté civique par la plèbe et son intégration au culte public romain.
Le Circus Flaminius, un cirque du peuple
Le lieu des jeux n’était pas le prestigieux Circus Maximus, réservé aux triomphes aristocratiques, mais le Circus Flaminius, bâti en 220 avant notre ère par le censeur Caius Flaminius, tribun du peuple et réformateur audacieux. Cet espace du Champ de Mars, ouvert aux assemblées et aux triomphes, servit rapidement de cadre aux cérémonies plébéiennes. Le nom même du cirque, celui d’un tribun de la plèbe, en faisait un symbole de liberté politique.
Certains chercheurs rappellent toutefois que le Circus Flaminius n’était pas un hippodrome au sens strict: il ne possédait ni spina ni carceres. Construit avant l’essor des grands cirques permanents, il servait plutôt d’esplanade pour les processions, les assemblées et les triomphes. Les courses de chars des Ludi Plebeii se déroulaient sans doute plus au nord du Champ de Mars, dans un espace temporairement aménagé.
Les témoignages de Tite-Live et de Valerius Maximus
L’historien Tite-Live mentionne plusieurs fois les Ludi Plebeii au 3e siècle avant notre ère:
- En 216 avant notre ère : «Les jeux plébéiens furent rejoués pendant deux jours, et un banquet de Jupiter fut célébré à l’occasion de ces jeux.» [3]
- En 206 avant notre ère : «Les jeux plébéiens furent rejoués dans leur entier une fois, par les édiles plébéiens Marcus Pomponius Matho et Quintus Mamilius Turrinus.» [4]
- Et en 199 avant notre ère : «Les édiles plébéiens célébrèrent à nouveau les jeux plébéiens, et un banquet de Jupiter eut lieu à l’occasion des jeux.» [5]
Dans les trois cas, Tite-Live emploie la même formule : ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. Le verbe instaurare –«reprendre», «rejouer»– est un terme religieux : il s’agissait de recommencer la fête en cas de faute rituelle (vitium). Cette instauratio ludorum est au cœur du récit de Valerius Maximus.
Ce dernier rapporte un épisode exemplaire survenu précisément «pendant les jeux plébéiens, à travers le Circus Flaminius» [6]. Un citoyen du peuple, Titus Latinius, reçut en songe l’ordre de Jupiter de prévenir les consuls: le dieu n’avait pas été satisfait du danseur de la dernière pompa circensis, et réclamait une reprise attentive des jeux. Craignant de se mêler des affaires religieuses de l’État, Latinius garda le silence. Son fils mourut aussitôt, puis lui-même fut frappé de paralysie. Lorsqu’il se décida enfin à parler devant le Sénat, il recouvra l’usage de ses membres sous les yeux de tous.
Ce récit illustre la place des Ludi Plebeii dans la religion publique: le message de Jupiter y passe par un homme du peuple, et la faute rituelle entraîne la reprise des jeux, exactement comme l’indiquait Tite-Live. C’est aussi la première attestation explicite reliant les Ludi Plebeii au Circus Flaminius.
Le théâtre des Ludi Plebeii
Comme les Ludi Romani, les jeux plébéiens comportaient une part de spectacles dramatiques (ludi scaenici). C’est lors de ces jeux, en 200 av. J.-C., qu’eut lieu la première représentation du Stichus de Plaute, «joué aux jeux plébéiens, sous l’édilité de Cnaeus Baebius et Caius Terentius» [7]. Cette didascalie rare fait des Ludi Plebeii un haut lieu de la création théâtrale romaine : la comédie latine naquit dans le cadre des fêtes du peuple.
Une fête populaire devenue fête d’État
Au 1er siècle avant notre ère, les Ludi Plebeii étaient pleinement intégrés au calendrier officiel. Cicéron, évoquant ses fonctions d’édile, énumère les jeux sacrés qu’il doit célébrer: ceux de Cérès, de Liber et Libera, de Flore, et les plus anciens en l’honneur de Jupiter, Junon et Minerve [8]. Il ne distingue plus les Plebeii des Romani: les deux appartiennent désormais à une même tradition religieuse de la République.
Ce qui avait commencé comme une revendication politique devint une institution d’État: les Ludi Plebeii ne sont plus seulement la fête du peuple, mais la fête du peuple reconnu par la cité.
Sources
- Fasti Praenestini (CIL I² 312)
- Pseudo-Asconius, In act. I. in C. Verrem (éd. Orelli, Onomasticon Tullianum, Zurich 1833, p. 143): Secundum quos Plebeii ludi, quos exactis regibus pro libertate plebs fecerunt, aut pro reconciliatione plebis post secessionem in Aventinum.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 25, 2, 9-10: Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa. Ludos Romanos ter totos instauratos ab aedilibus curulibus M. Sextilio et L. Aemilio Regillo, item plebeios semel totos instauratos ab aedilibus plebis L. Pupio Pisone et L. Platorio Varo.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 28, 10, 7: Ludi Romani ter toti instaurati ab aedilibus curulibus Cn. Servilio Caepione, Ser. Cornelio Lentulo; item ludi plebeii semel toti instaurati ab aedilibus plebis M. Pomponio Mathone et Q. Mamilio Turrino. Epulum Iovis ludorum causa fuit.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 32, 7, 13: Ab iis ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa.
- Valerius Maximus, Facta et Dicta Memorabilia I, 7, 4: Sequitur aeque ad publicam religionem pertinens somnium. Cum plebeis quidam ludis pater familias per circum Flaminium, prius quam pompa induceretur, servum suum verberibus mulcatum sub furca ad supplicium egisset, T. Latinio homini ex plebe Iuppiter in quiete praecepit ut consulibus diceret sibi praesultorem ludis circensibus proximis non placuisse: quae res nisi attenta ludorum instauratione expiata esset, secuturum non mediocre urbis periculum. Ille veritus ne cum aliquo incommodo suo religione summum implicaret imperium, silentium egit, e vestigioque filius eius subita vi morbi correptus interiit. Ipse etiam per quietem ab eodem deo interrogatus an satis magnam poenam neglecti imperii sui pependisset, in proposito perseverans debilitate corporis solutus est ac tum demum ex consilio amicorum lecticula ad tribunal consulum et inde ad senatum perlatus ordine totius casus sui exposito magna cum omnium admiratione recuperata membrorum firmitate pedibus domum rediit.
- Plaute, Stichus, didascalie: Acta ludis plebeis Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis, C. Sulpicio, C. Aurelio consulibus.
- Cicéron, In Verrem II, 5, 36: Nunc sum designatus aedilis; habeo rationem quid a populo Romano acceperim; mihi ludos sanctissimos maxima cum cura et caerimonia Cereri, Libero, Liberaeque faciundos, mihi Floram matrem populo plebique Romanae ludorum celebritate placandam, mihi ludos antiquissimos, qui primi Romani appellati sunt, cum dignitate maxima et religione Iovi, Iunoni, Minervaeque esse faciundos, mihi sacrarum aedium procurationem, mihi totam urbem tuendam esse commissam; ob earum rerum laborem et sollicitudinem fructus illos datos, antiquiorem in senatu sententiae dicendae locum, togam praetextam, sellam curulem, ius imaginis ad memoriam posteritatemque prodendae.
Versione italiana
IN BREVE. Festa del popolo romano, i Ludi Plebeii (4–17 novembre) erano dedicati a Giove nel Circus Flaminius. Nati da una rivendicazione civica, divennero un’istituzione statale. Tito Livio, Plauto e Valerio Massimo ne rivelano la portata religiosa, politica e teatrale: la libertà plebea celebrata sotto lo sguardo degli dèi.
Ludi Plebeii: quando la plebe romana fa festa
Ogni anno, dal 4 al 17 novembre, Roma si riempiva di musica, teatro e processioni: era il tempo dei Ludi Plebeii, i giochi plebei. Meno celebri dei Ludi Romani di settembre, ma inseriti molto presto nel calendario civico, questi giochi costituivano la grande festa popolare dell’autunno. La plebe vi celebrava Giove Capitolino, il suo dio tutelare, in un circo che considerava proprio: il Circus Flaminius.
Nella Roma repubblicana, i giochi pubblici non erano mai semplici divertimenti: esprimevano l’equilibrio dei poteri e la gerarchia degli ordini. I Ludi Plebeii ne furono uno dei simboli: una festa del popolo, per il popolo, ma riconosciuta dallo Stato.
Una festa del popolo, specchio dei Ludi Romani
I Ludi Plebeii erano organizzati dagli edili plebei, magistrati eletti tra il popolo. Costituivano il contraltare diretto dei Ludi Romani, presieduti dagli edili curuli appartenenti alla nobiltà. Questa dualità istituzionale incarnava l’equilibrio tra i due ordini: patrizi e plebei.
Secondo i Fasti Praenestini [1], la festa si svolgeva per quattordici giorni, dal 4 al 17 novembre, e raggiungeva il suo apice il 13, giorno delle Idi di novembre, consacrato al banchetto di Giove Capitolino (Epulum Iovis). Questo pasto sacro, celebrato dalla plebe, faceva da contrappunto a quello che i patrizi offrivano in settembre durante i Ludi Romani. In novembre, la plebe onorava Giove non sul colle Capitolino, ma nel Campo Marzio, uno spazio che le apparteneva e che simboleggiava la sua identità civica.
Origini politiche
Le origini di questi giochi risalgono ai primi tempi della Repubblica. Una tradizione tarda, trasmessa dal Pseudo-Asconio (commentatore medievale collegato a Cicerone), afferma che essi sarebbero stati istituiti dopo l’espulsione dei re, in onore della libertà, o per celebrare la riconciliazione della plebe dopo la sua secessione sull’Aventino [2]. Anche se questa spiegazione non ha valore di testimonianza antica, corrisponde bene al significato politico della festa: i Ludi Plebeii simboleggiavano la conquista della libertà civica da parte della plebe e la sua integrazione nel culto pubblico romano.
Il Circus Flaminius, un circo del popolo
Il luogo dei giochi non era il prestigioso Circus Maximus, riservato ai trionfi aristocratici, bensì il Circus Flaminius, costruito nel 220 a.C. dal censore Gaio Flaminio, tribuno della plebe e riformatore audace. Questo spazio del Campo Marzio, aperto alle assemblee e ai trionfi, divenne rapidamente il luogo delle cerimonie plebee. Lo stesso nome del circo, quello di un tribuno della plebe, ne faceva un simbolo di libertà politica.
Alcuni studiosi ricordano tuttavia che il Circus Flaminius non era un ippodromo in senso stretto: non possedeva né spina né carceres. Costruito prima dell’ascesa dei grandi circhi permanenti, serviva piuttosto come spianata per processioni, assemblee e trionfi. Le corse dei carri dei Ludi Plebeii si svolgevano probabilmente più a nord del Campo Marzio, in uno spazio allestito temporaneamente.
Le testimonianze di Tito Livio e di Valerio Massimo
Lo storico Tito Livio menziona più volte i Ludi Plebeii nel III secolo a.C.:
Nel 216 a.C.: «Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa.» [3]
Nel 206 a.C.: «Ludi plebeii instaurati…» [4]
E nel 199 a.C.: «Ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa.» [5]
In tutti e tre i casi, Tito Livio impiega la stessa formula: ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. Il verbo instaurare –«riprendere», «rinnovare»– è un termine religioso: significava ricominciare la festa in caso di errore rituale (vitium). Questa instauratio ludorum è al centro del racconto di Valerio Massimo.
Quest’ultimo narra un episodio esemplare avvenuto proprio «durante i giochi plebei, attraverso il Circus Flaminius» [6]. Un cittadino del popolo, Tito Latinio, ricevette in sogno l’ordine di Giove di avvertire i consoli: il dio non era stato soddisfatto del danzatore dell’ultima pompa circensis e richiedeva una ripetizione accurata dei giochi. Temendo di immischiarsi negli affari religiosi dello Stato, Latinio tacque. Suo figlio morì subito dopo, e lui stesso fu colpito da paralisi. Quando infine decise di parlare davanti al Senato, riacquistò l’uso degli arti sotto gli occhi di tutti.
Questo racconto illustra il posto dei Ludi Plebeii nella religione pubblica: il messaggio di Giove passa attraverso un uomo del popolo, e la colpa rituale comporta la ripetizione dei giochi, esattamente come indicava Tito Livio. È anche la prima attestazione esplicita che collega i Ludi Plebeii al Circus Flaminius.
Il teatro dei Ludi Plebeii
Come i Ludi Romani, anche i giochi plebei comprendevano una parte di spettacoli teatrali (ludi scaenici). Fu durante questi giochi, nel 200 a.C., che ebbe luogo la prima rappresentazione dello Stichus di Plauto, «acta ludis plebeis, Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis…» [7]. Questa rara didascalia fa dei Ludi Plebeii un luogo centrale della creazione teatrale romana: la commedia latina nacque nel quadro delle feste del popolo.
Una festa popolare divenuta festa di Stato
Nel I secolo a.C., i Ludi Plebeii erano pienamente integrati nel calendario ufficiale. Cicerone, evocando le sue funzioni di edile, elenca i giochi sacri che deve celebrare: quelli di Cerere, di Libero e Libera, di Flora, e i più antichi in onore di Giove, Giunone e Minerva [8]. Non distingue più i Plebeii dai Romani: entrambi appartengono ormai a una stessa tradizione religiosa della Repubblica.
Ciò che era iniziato come una rivendicazione politica divenne un’istituzione statale: i Ludi Plebeii non sono più soltanto la festa del popolo, ma la festa del popolo riconosciuto dalla città.
Per le note, si veda la versione francese.
English version
IN BRIEF. A festival of the Roman people, the Ludi Plebeii (4–17 November) honoured Jupiter in the Circus Flaminius. Born of a civic demand, they became a state institution. Livy, Plautus and Valerius Maximus reveal their religious, political and theatrical significance: plebeian freedom celebrated under the gaze of the gods.
Ludi Plebeii: when the Roman plebs celebrated
Each year, from 4 to 17 November, Rome came alive with music, theatre, and processions: it was the time of the Ludi Plebeii, the Plebeian Games. Less famous than the Ludi Romani held in September, but established very early in the civic calendar, these games were the great popular festival of autumn. The plebs celebrated Jupiter Capitolinus, their tutelary god, in a circus they regarded as their own: the Circus Flaminius.
In Republican Rome, public games were never mere entertainment: they expressed the balance of powers and the hierarchy of social orders. The Ludi Plebeii were one of their symbols — a festival of the people, for the people, but recognised by the State.
A people’s festival, mirror of the Ludi Romani
The Ludi Plebeii were organised by the plebeian aediles, magistrates elected from among the common people. They formed the direct counterpart to the Ludi Romani, which were presided over by the curule aediles from the nobility. This institutional duality embodied the balance between the two orders: patricians and plebeians.
According to the Fasti Praenestini [1], the festival lasted fourteen days, from 4 to 17 November, reaching its climax on the 13th — the Ides of November — the day of the banquet of Jupiter Capitolinus (Epulum Iovis). This sacred meal, celebrated by the plebs, echoed the one offered by the patricians in September during the Ludi Romani. In November, the plebs honoured Jupiter not on the Capitoline Hill but on the Campus Martius, a space of their own and a symbol of their civic identity.
Political origins
The origins of these games go back to the early days of the Republic. A later tradition, transmitted by Pseudo-Asconius (a medieval commentary attached to Cicero), claims they were instituted after the expulsion of the kings, in honour of liberty, or to mark the reconciliation of the plebs after their secession to the Aventine [2]. Although this explanation is not an ancient testimony, it fits the political meaning of the festival: the Ludi Plebeii symbolised the plebs’ conquest of civic freedom and their integration into Rome’s public cults.
The Circus Flaminius, a people’s circus
The venue of the games was not the prestigious Circus Maximus, reserved for aristocratic triumphs, but the Circus Flaminius, built in 220 BC by the censor Gaius Flaminius, a tribune of the plebs and a bold reformer. This space on the Campus Martius, open to assemblies and triumphs, soon became the setting for plebeian ceremonies. The very name of the circus, that of a tribune of the plebs, made it a symbol of political liberty.
Some scholars note, however, that the Circus Flaminius was not a racetrack in the strict sense: it had neither spina nor carceres. Built before the great permanent circuses, it served rather as an open esplanade for processions, assemblies, and triumphs. The chariot races of the Ludi Plebeii were probably held further north on the Campus Martius, in a temporarily arranged space.
Testimonies of Livy and Valerius Maximus
The historian Livy mentions the Ludi Plebeii several times in the 3rd century BC:
In 216 BC: Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa. [3]
In 206 BC: Ludi plebeii instaurati… [4]
And in 199 BC: Ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. [5]
In each case, Livy uses the same formula: ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. The verb instaurare –“to resume,” “to repeat”– is a religious term: it meant that the festival had to be repeated in the event of a ritual fault (vitium). This instauratio ludorum lies at the heart of Valerius Maximus’s account.
He tells of a striking episode that occurred precisely “during the Plebeian Games, through the Circus Flaminius” [6]. A plebeian citizen, Titus Latinius, received in a dream Jupiter’s order to warn the consuls: the god had not been satisfied with the dancer in the latest pompa circensis and demanded that the games be performed again with due care. Fearing to meddle in the State’s religious affairs, Latinius kept silent. His son died immediately afterwards, and he himself was struck by paralysis. When at last he decided to speak before the Senate, he recovered the use of his limbs in full view of all.
This story shows the place of the Ludi Plebeii within public religion: Jupiter’s message reached Rome through a man of the people, and the ritual fault led to a repetition of the games — exactly as Livy described. It is also the earliest explicit testimony linking the Ludi Plebeii to the Circus Flaminius.
Theatre at the Ludi Plebeii
Like the Ludi Romani, the Plebeian Games included dramatic performances (ludi scaenici). It was during these games, in 200 BC, that the first performance of Plautus’s Stichus took place, “acta ludis plebeis, Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis…” [7]. This rare didascalia makes the Ludi Plebeii a key venue for Roman theatrical creation: Latin comedy was born in the context of the people’s festival.
A popular festival that became a state institution
By the 1st century BC, the Ludi Plebeii had been fully integrated into the official calendar. Cicero, referring to his duties as aedile, lists the sacred games he was to celebrate: those of Ceres, Liber and Libera, of Flora, and the oldest ones in honour of Jupiter, Juno, and Minerva [8]. He no longer distinguished between the Plebeii and the Romani: both now belonged to the same religious tradition of the Republic.
What had begun as a political claim had become a state institution: the Ludi Plebeii were no longer merely the people’s festival, but the festival of a people recognised by the city.
For notes, see the French version.
Dates
4 novembre 2026 Toute la journée
202624novToute la journée21décBrumalia
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres - Ante diem duodecimum Kalendas Januarias
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres – Ante diem duodecimum Kalendas Januarias

EN BREF – Née à Rome le 24 novembre sous le nom de Bruma, la fête s’est transformée à Constantinople en cycle festif étendu, les Brumalia. Agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités par des sacrifices nocturnes. Le rite spectaculaire voyait les vignerons sauter sur des outres gonflées après avoir immolé des boucs à Dionysos.
Brumalia: quand Rome et Byzance célébraient les jours les plus courts
Dans le calendrier romain, les Brumalia constituent l’une des fêtes hivernales les moins documentées de l’Antiquité. Célébrées principalement à Constantinople et dans la partie orientale de l’Empire entre le 6ᵉ et le 10ᵉ siècle, ces festivités nocturnes marquaient la période la plus sombre de l’année et révèlent une organisation sociale où agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités protectrices selon des rituels distincts.
Une fête à géométrie variable
Le terme Brumalia dérive du latin bruma, qui signifie «le jour le plus court» ou «solstice d’hiver», lui-même contraction de brevima, forme superlative archaïque de brevis («bref»). À Rome existait une fête mineure appelée Bruma, célébrée le 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), date attestée par les calendriers de Silvius et de Philocalus aux 4ᵉ et 5ᵉ siècles. Cette célébration romaine limitée s’est transformée à Constantinople en un cycle festif étendu, les Brumalia, qui se prolongeait jusqu’aux auxiphôtia, la «fête de la croissance des jours», c’est-à-dire le moment où les jours recommencent à s’allonger après le solstice d’hiver, autour du 21-25 décembre.
Les premières mentions littéraires des Brumalia apparaissent au 4ᵉ siècle, mais nos sources principales datent du 6ᵉ siècle. Les auteurs byzantins Jean Malalas et Jean le Lydien attribuaient l’origine de ces fêtes à Romulus lui-même, fondateur légendaire de Rome, dans une rhétorique apologétique destinée à contrer la désapprobation de l’Église chrétienne. Cette étiologie est aujourd’hui reconnue comme une construction tardive visant à légitimer des pratiques païennes menacées. En réalité, les Brumalia byzantines résultent de la fusion de trois éléments distincts: la Bruma romaine du 24 novembre, les Saturnales qui débutaient le 17 décembre, et les rites agraires de Dionysos et Déméter célébrés durant cette période.
Trois groupes, trois rituels
Jean le Lydien, fonctionnaire impérial écrivant sous Justinien au 6ᵉ siècle, livre dans son traité Des mois la description la plus détaillée des pratiques liées aux Brumalia. Il explique que «c’était la coutume chez les Romains de répartir leurs citoyens en trois et de distinguer ceux qui étaient faits pour les armes, ceux qui l’étaient pour l’agriculture, ceux qui l’étaient pour la chasse»1. La saison hivernale mettait fin à toutes ces activités «en raison du froid de la saison et de la brièveté du jour». Durant cette période de repos forcé, chaque groupe social honorait ses divinités protectrices:
Les agriculteurs sacrifiaient des porcs à Cronos (Saturne), dieu du temps et de l’agriculture, et à Déméter (Cérès), déesse des moissons. Jean le Lydien note que cette pratique «s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui», témoignant de la permanence de l’abattage rituel des cochons en décembre, coutume qui a traversé les siècles dans de nombreuses régions d’Europe.
Les vignerons accomplissaient un rituel plus spectaculaire en l’honneur de Dionysos (Bacchus): «Les vignerons abattaient des boucs en l’honneur de Dionysos, car le bouc est l’ennemi de la vigne et pour cette raison on le sacrifiait à Dionysos, et, après leur avoir enlevé la peau et avoir rempli ces peaux avec de l’air, ils sautaient par-dessus»2. Cette pratique ludique, connue sous le nom d’ascolia, évoquait la vitalité dionysiaque et la victoire symbolique sur les ennemis de la vigne. Le rite rappelle étrangement les Petites Dionysies athéniennes, où l’on pratiquait également le saut sur les outres gonflées.
Les citadins et magistrats offraient aux prêtres de la Mère (probablement Cybèle, la Magna Mater) les prémices des récoltes: vin, huile d’olive, blé, miel et «toutes les productions des arbres qui se gardent et qu’on conserve». Ils confectionnaient également des pains sans eau. Jean le Lydien précise que «cette habitude s’est maintenue encore aujourd’hui et, en novembre et en décembre, jusqu’à la fête de la croissance des jours, on porte ces offrandes aux prêtres».
Nuits, divinités infernales et vœux de longévité
Les Brumalia possédaient un caractère chthonien fondamental, lié aux divinités infernales et au cycle des semences enfouies dans la terre. Jean le Lydien l’explique ainsi: «Elles ont lieu pendant la nuit, parce que c’est dans l’obscurité que se trouve Cronos, qui fut envoyé au Tartare par Zeus. Ils se réfèrent ainsi au blé à cause du fait qu’il a été semé en terre et n’est plus visible»3. Le grain disparu sous la terre symbolisait cette descente dans le monde souterrain avant la renaissance printanière. L’auteur conclut que «les Brumalia sont réellement des fêtes des divinités infernales».
Durant ces nuits hivernales, les Romains «se saluaient et s’adressaient des vœux mutuels, en disant dans la langue de leurs pères « vives annos », c’est-à-dire « vis des années »»4. Ces paroles de longévité résonnaient dans l’obscurité de la saison la plus sombre, affirmant la vie face au froid et à la nuit. Les festivités comportaient également des banquets, des libations de vin et une atmosphère de convivialité collective qui contrastait avec l’austérité de l’hiver.
Une pratique plus tardive, apparue au tournant des 5ᵉ et 6ᵉ siècles sous le règne de l’empereur Anastase (491-518), consistait à organiser les invitations selon l’ordre alphabétique grec: chacun des vingt-quatre jours de la période festive était assigné à une lettre, et l’on conviait à sa table les personnes dont le nom commençait par cette lettre. Jean le Lydien précise toutefois que «la coutume de se saluer selon les noms au moment des Brumalia est en réalité quelque chose d’assez récent», distinguant clairement cette innovation tardive des pratiques rituelles plus anciennes.
Résistance et disparition
Au 6ᵉ siècle, l’empereur Justinien menait une répression officielle du paganisme dans tout l’Empire byzantin. Malgré cette politique hostile, les Brumalia continuaient d’être célébrées, bien que les participants fussent ostracisés par l’Église. Jean le Lydien rapporte d’ailleurs que «depuis que l’Église dissuade d’y participer, on les appelle fêtes de Cronos», c’est-à-dire Saturnales, assimilant ainsi deux célébrations distinctes pour mieux les condamner ensemble.
Le Canon 62 du Concile in Trullo de 692 condamne explicitement certains rites dionysiaques qui persistaient à cette époque. Les auteurs byzantins des 12ᵉ siècle, Balsamon, Tzétzès et Zonaras, confirment que les Brumalia étaient perçues comme une fête de Dionysos, Broumos étant considéré comme une épithète de ce dieu. Au 8ᵉ siècle encore, l’empereur Constantin V Copronyme honorait Dionysos et Broumos comme créateurs du grain et du vin durant ces festivités.
Les dernières attestations des Brumalia datent du 10ᵉ siècle. L’empereur Constantin VII Porphyrogénète mentionne que ses prédécesseurs Constantin Iᵉʳ, Théodose Iᵉʳ, Marcien et Léon Iᵉʳ célébraient les Brumalia, sans toutefois préciser la forme exacte que prenait la fête sous ces règnes. Le poète Christophe de Mytilène, au 10ᵉ siècle, évoque dans un poème des gâteaux reçus «au temps des Brumalia». Aucune source ne mentionne plus la fête après le sac de Constantinople par la Quatrième Croisade en 1204, événement qui marqua probablement la fin définitive de cette tradition millénaire.
L’abattage des cochons en décembre, les festivités nocturnes de fin d’année, les échanges de vœux et l’esprit de convivialité durant la période la plus sombre de l’année constituent autant de pratiques qui ont survécu aux Brumalia elles-mêmes, intégrées dans les coutumes populaires méditerranéennes et dans les célébrations chrétiennes de l’hiver.
Sources antiques
- Jean le Lydien, Des mois (De Mensibus), 4, 158 (6ᵉ siècle)
- Jean Malalas, Chronographie, 7, 7 (6ᵉ siècle)
- Constantin VII Porphyrogénète, De Ceremoniis (10ᵉ siècle)
- Christophe de Mytilène, Poèmes, 115 (10ᵉ siècle)
Bibliographie moderne
- John Raymond Crawford, De Bruma et Brumalibus Festis, Harvard University, publié dans Byzantinischer Zeitschrift 23, 1914, p. 365-396
- Dominique Briquel, «Appendice 2. Présentation des Brumalia chez Jean le Lydien», dans Romulus vu de Constantinople, Presses Universitaires de Franche-Comté, p. 377-378
- Fritz Graf, Roman Festivals in the Greek East From the Early Empire to the Middle Byzantine Era, Cambridge University Press, 2015, p. 201-218
- Françoise Perpillou-Thomas, «Les Brumalia d’Apion II», Tyche – Beiträge zur Alten Geschichte, Papyrologie und Epigraphik 8, 1993, p. 107-115
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔθος ἦν τοῖς Ῥωμαίοις εἰς τρία διατάττειν αὐτῶν τὴν πολιτείαν καὶ τοὺς μὲν ἐπιτηδείους τοῖς ὅπλοις ἀφορίζειν, τοὺς δὲ τῇ γεωργίᾳ, τοὺς δὲ τοῖς κυνηγεσίοις.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔσφαζον δὲ οἱ ἀμπελουργοὶ τράγους εἰς τιμὴν τοῦ Διονύσου (ὁ γὰρ τράγος πολέμιος τῆς ἀμπέλου) καὶ ἐκδέροντες αὐτοὺς τοὺς ἀσκοὺς πληροῦντες πνεύματος ἐφήλλοντο αὐτοῖς.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἐν νύκτι δὲ γίνονται, ὅτι ἐν σκότει ἐστὶν ὁ Κρόνος ὧς ταρταρωθεὶς ὑπὸ τοῦ Διός, αἰνίττονται δὲ τὸν σῖτον ἀπὸ τοῦ ἐν τῇ γῇ σπαρῆναι καὶ τὸν λοιπὸν μὴ φαινομένου.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἀργοῦντες οὖν τὸν τηνικάδε οἱ Ῥωμαῖοι μέχρι τῶν αὐξιφωτίων ἐπὶ τῶν νυκτῶν χαιρετίζοντες ἐπευφήμουν ἀλλήλους, τῇ πατρίῳ φωνῇ λέγοντες ‘Βίβες ἄννους’ οἷον ‘Ζῆθι εἰς χρόνους’.
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Versione italiana
IN BREVE – Nata a Roma il 24 novembre con il nome di Bruma, la festa si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia. Agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità con sacrifici notturni. Il rito più spettacolare vedeva i viticoltori saltare su otri gonfiati dopo aver immolato capre a Dioniso.
Brumalia: quando Roma e Bisanzio celebravano i giorni più corti
Nel calendario romano, i Brumalia costituiscono una delle feste invernali meno documentate dell’antichità. Celebrate principalmente a Costantinopoli e nella parte orientale dell’Impero tra il VI e il X secolo, queste festività notturne segnavano il periodo più buio dell’anno e rivelano un’organizzazione sociale in cui agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità protettrici secondo rituali distinti.
Una festa a geometria variabile
Il termine Brumalia deriva dal latino bruma, che significa « il giorno più corto » o « solstizio d’inverno », a sua volta contrazione di brevima, forma superlativa arcaica di brevis (« breve »). A Roma esisteva una festa minore chiamata Bruma, celebrata il 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), data attestata dai calendari di Silvio e di Filocalo nei secoli IV e V. Questa celebrazione romana limitata si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia, che si protraeva fino agli auxiphôtia, la « festa della crescita dei giorni », cioè il momento in cui i giorni ricominciano ad allungarsi dopo il solstizio d’inverno, intorno al 21-25 dicembre.
Le prime menzioni letterarie dei Brumalia appaiono nel IV secolo, ma le nostre fonti principali risalgono al VI secolo. Gli autori bizantini Giovanni Malala e Giovanni Lido attribuivano l’origine di queste feste a Romolo stesso, fondatore leggendario di Roma, in una retorica apologetica destinata a contrastare la disapprovazione della Chiesa cristiana. Questa eziologia è oggi riconosciuta come una costruzione tardiva volta a legittimare pratiche pagane minacciate. In realtà, i Brumalia bizantini risultano dalla fusione di tre elementi distinti: la Bruma romana del 24 novembre, i Saturnali che iniziavano il 17 dicembre, e i riti agrari di Dioniso e Demetra celebrati durante questo periodo.
Tre gruppi, tre rituali
Giovanni Lido, funzionario imperiale che scriveva sotto Giustiniano nel VI secolo, offre nel suo trattato Sui mesi la descrizione più dettagliata delle pratiche legate ai Brumalia. Egli spiega che « era costume dei Romani dividere i loro cittadini in tre e distinguere quelli adatti alle armi, quelli all’agricoltura, quelli alla caccia »1. La stagione invernale poneva fine a tutte queste attività « a causa del freddo della stagione e della brevità del giorno ». Durante questo periodo di riposo forzato, ogni gruppo sociale onorava le proprie divinità protettrici:
Gli agricoltori sacrificavano maiali a Crono (Saturno), dio del tempo e dell’agricoltura, e a Demetra (Cerere), dea delle messi. Giovanni Lido nota che questa pratica « si è mantenuta fino ad oggi », testimoniando la permanenza della macellazione rituale dei maiali a dicembre, consuetudine che ha attraversato i secoli in numerose regioni d’Europa.
I viticoltori compivano un rituale più spettacolare in onore di Dioniso (Bacco): « I viticoltori abbattevano capre in onore di Dioniso, perché la capra è nemica della vite e per questa ragione la si sacrificava a Dioniso, e, dopo aver tolto loro la pelle e aver riempito queste pelli d’aria, vi saltavano sopra »2. Questa pratica ludica, nota con il nome di ascolia, evocava la vitalità dionisiaca e la vittoria simbolica sui nemici della vite. Il rito ricorda stranamente le Piccole Dionisie ateniesi, dove si praticava ugualmente il salto sugli otri gonfiati.
I cittadini e i magistrati offrivano ai sacerdoti della Madre (probabilmente Cibele, la Magna Mater) le primizie dei raccolti: vino, olio d’oliva, grano, miele e « tutte le produzioni degli alberi che si conservano e si mantengono ». Confezionavano anche pani senza acqua. Giovanni Lido precisa che « questa abitudine si è mantenuta ancora oggi e, in novembre e dicembre, fino alla festa della crescita dei giorni, si portano queste offerte ai sacerdoti ».
Notti, divinità infernali e voti di longevità
I Brumalia possedevano un carattere ctonio fondamentale, legato alle divinità infernali e al ciclo dei semi sepolti nella terra. Giovanni Lido lo spiega così: « Si svolgono di notte, perché è nell’oscurità che si trova Crono, che fu mandato nel Tartaro da Zeus. Si riferiscono così al grano a causa del fatto che è stato seminato nella terra e non è più visibile »3. Il grano scomparso sotto la terra simboleggiava questa discesa nel mondo sotterraneo prima della rinascita primaverile. L’autore conclude che « i Brumalia sono realmente feste delle divinità infernali ».
Durante queste notti invernali, i Romani « si salutavano e si rivolgevano voti reciproci, dicendo nella lingua dei loro padri ‘vives annos’, cioè ‘vivi per anni' »4. Queste parole di longevità risuonavano nell’oscurità della stagione più buia, affermando la vita di fronte al freddo e alla notte. Le festività comportavano anche banchetti, libagioni di vino e un’atmosfera di convivialità collettiva che contrastava con l’austerità dell’inverno.
Una pratica più tardiva, apparsa tra il V e il VI secolo sotto il regno dell’imperatore Anastasio (491-518), consisteva nell’organizzare gli inviti secondo l’ordine alfabetico greco: ciascuno dei ventiquattro giorni del periodo festivo era assegnato a una lettera, e si invitava alla propria tavola le persone il cui nome iniziava con quella lettera. Giovanni Lido precisa tuttavia che « l’usanza di salutarsi secondo i nomi al momento dei Brumalia è in realtà qualcosa di abbastanza recente », distinguendo chiaramente questa innovazione tardiva dalle pratiche rituali più antiche.
Resistenza e scomparsa
Nel VI secolo, l’imperatore Giustiniano conduceva una repressione ufficiale del paganesimo in tutto l’Impero bizantino. Nonostante questa politica ostile, i Brumalia continuavano a essere celebrati, sebbene i partecipanti fossero ostracizzati dalla Chiesa. Giovanni Lido riferisce del resto che « da quando la Chiesa dissuade dal parteciparvi, li chiamano feste di Crono », cioè Saturnali, assimilando così due celebrazioni distinte per meglio condannarle insieme.
Il Canone 62 del Concilio in Trullo del 692 condanna esplicitamente certi riti dionisiaci che persistevano a quell’epoca. Gli autori bizantini del XII secolo, Balsamone, Tzetze e Zonara, confermano che i Brumalia erano percepiti come una festa di Dioniso, Broumos essendo considerato un epiteto di questo dio. Ancora nell’VIII secolo, l’imperatore Costantino V Copronimo onorava Dioniso e Broumos come creatori del grano e del vino durante queste festività.
Le ultime attestazioni dei Brumalia risalgono al X secolo. L’imperatore Costantino VII Porfirogenito menziona che i suoi predecessori Costantino I, Teodosio I, Marciano e Leone I celebravano i Brumalia, senza tuttavia precisare la forma esatta che assumeva la festa sotto questi regni. Il poeta Cristoforo di Mitilene, nel X secolo, evoca in una poesia dolci ricevuti « al tempo dei Brumalia ». Nessuna fonte menziona più la festa dopo il saccheggio di Costantinopoli da parte della Quarta Crociata nel 1204, evento che segnò probabilmente la fine definitiva di questa tradizione millenaria.
La macellazione dei maiali a dicembre, le festività notturne di fine anno, gli scambi di voti e lo spirito di convivialità durante il periodo più buio dell’anno costituiscono altrettante pratiche che sono sopravvissute ai Brumalia stessi, integrate nelle consuetudini popolari mediterranee e nelle celebrazioni cristiane dell’inverno.
Per le note e le fonti, consultare la versione francese.
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English version
IN BRIEF – Born in Rome on November 24th under the name Bruma, the festival transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia. Farmers, vine-growers, and city dwellers honored their deities through nocturnal sacrifices. The most spectacular rite saw vine-growers jumping over inflated wineskins after immolating goats to Dionysus.
Brumalia: when Rome and Byzantium celebrated the shortest days
In the Roman calendar, the Brumalia constitute one of the least documented winter festivals of antiquity. Celebrated primarily in Constantinople and the eastern part of the Empire between the 6th and 10th centuries, these nocturnal festivities marked the darkest period of the year and reveal a social organization in which farmers, vine-growers, and city dwellers honored their protective deities according to distinct rituals.
A festival with variable geometry
The term Brumalia derives from the Latin bruma, which means « the shortest day » or « winter solstice, » itself a contraction of brevima, an archaic superlative form of brevis (« brief »). In Rome there existed a minor festival called Bruma, celebrated on November 24th (ante diem octavum Kalendas Decembres), a date attested by the calendars of Silvius and Philocalus in the 4th and 5th centuries. This limited Roman celebration transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia, which continued until the auxiphôtia, the « festival of the growing days, » that is, the moment when days begin to lengthen again after the winter solstice, around December 21-25.
The first literary mentions of the Brumalia appear in the 4th century, but our principal sources date from the 6th century. The Byzantine authors John Malalas and John the Lydian attributed the origin of these festivals to Romulus himself, legendary founder of Rome, in an apologetic rhetoric intended to counter the disapproval of the Christian Church. This etiology is now recognized as a late construction aimed at legitimizing threatened pagan practices. In reality, the Byzantine Brumalia resulted from the fusion of three distinct elements: the Roman Bruma of November 24th, the Saturnalia which began on December 17th, and the agrarian rites of Dionysus and Demeter celebrated during this period.
Three groups, three rituals
John the Lydian, an imperial functionary writing under Justinian in the 6th century, provides in his treatise On the Months the most detailed description of the practices linked to the Brumalia. He explains that « it was the custom among the Romans to divide their citizens into three and to distinguish those suited for arms, those for agriculture, those for hunting »1. The winter season brought all these activities to an end « because of the cold of the season and the brevity of the day. » During this period of enforced rest, each social group honored its protective deities:
The farmers sacrificed pigs to Cronus (Saturn), god of time and agriculture, and to Demeter (Ceres), goddess of harvests. John the Lydian notes that this practice « has been maintained until today, » testifying to the permanence of the ritual slaughter of pigs in December, a custom that has endured through the centuries in many regions of Europe.
The vine-growers performed a more spectacular ritual in honor of Dionysus (Bacchus): « The vine-growers slaughtered goats in honor of Dionysus, because the goat is the enemy of the vine and for this reason it was sacrificed to Dionysus, and, after having removed their skin and filled these skins with air, they jumped over them »2. This playful practice, known by the name of ascolia, evoked Dionysian vitality and the symbolic victory over the enemies of the vine. The rite strangely recalls the Athenian Lesser Dionysia, where jumping on inflated wineskins was also practiced.
The city dwellers and magistrates offered to the priests of the Mother (probably Cybele, the Magna Mater) the firstfruits of the harvests: wine, olive oil, wheat, honey, and « all the productions of trees that are kept and preserved. » They also made breads without water. John the Lydian specifies that « this custom has been maintained even now and, in November and December, until the festival of the growing days, these offerings are brought to the priests. »
Nights, infernal deities, and vows of longevity
The Brumalia possessed a fundamental chthonic character, linked to the infernal deities and the cycle of seeds buried in the earth. John the Lydian explains it thus: « They take place at night, because it is in darkness that Cronus is found, who was sent to Tartarus by Zeus. They thus refer to the wheat because it has been sown in the earth and is no longer visible »3. The grain disappeared beneath the earth symbolized this descent into the underworld before the spring rebirth. The author concludes that « the Brumalia are truly festivals of the infernal deities. »
During these winter nights, the Romans « greeted each other and addressed mutual vows, saying in the language of their fathers ‘vives annos’, that is ‘live for years' »4. These words of longevity resounded in the darkness of the darkest season, affirming life in the face of cold and night. The festivities also included banquets, wine libations, and an atmosphere of collective conviviality that contrasted with the austerity of winter.
A later practice, which appeared at the turn of the 5th and 6th centuries under the reign of Emperor Anastasius (491-518), consisted of organizing invitations according to the Greek alphabetical order: each of the twenty-four days of the festive period was assigned a letter, and one invited to one’s table people whose name began with that letter. John the Lydian specifies, however, that « the custom of greeting according to names at the time of the Brumalia is in reality something quite recent, » clearly distinguishing this late innovation from the more ancient ritual practices.
Resistance and disappearance
In the 6th century, Emperor Justinian was conducting an official repression of paganism throughout the Byzantine Empire. Despite this hostile policy, the Brumalia continued to be celebrated, although participants were ostracized by the Church. John the Lydian moreover reports that « since the Church dissuades from participating in them, they call them festivals of Cronus, » that is, Saturnalia, thus assimilating two distinct celebrations in order to better condemn them together.
Canon 62 of the Council in Trullo of 692 explicitly condemns certain Dionysian rites that persisted at that time. The Byzantine authors of the 12th century, Balsamon, Tzetzes, and Zonaras, confirm that the Brumalia were perceived as a festival of Dionysus, Broumos being considered an epithet of this god. Even in the 8th century, Emperor Constantine V Copronymus honored Dionysus and Broumos as creators of grain and wine during these festivities.
The last attestations of the Brumalia date from the 10th century. Emperor Constantine VII Porphyrogenitus mentions that his predecessors Constantine I, Theodosius I, Marcian, and Leo I celebrated the Brumalia, without however specifying the exact form the festival took under these reigns. The poet Christopher of Mytilene, in the 10th century, evokes in a poem cakes received « at the time of the Brumalia. » No source mentions the festival again after the sack of Constantinople by the Fourth Crusade in 1204, an event that probably marked the definitive end of this millennial tradition.
The slaughter of pigs in December, the nocturnal festivities at year’s end, the exchange of vows, and the spirit of conviviality during the darkest period of the year constitute practices that survived the Brumalia themselves, integrated into Mediterranean popular customs and into Christian winter celebrations.
For notes and sources, see the French version.
Dates
24 novembre 2026 - 21 décembre 2026 (Toute la journée)










