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Quand l’art rencontre l’archéologie Au cœur de cette exposition et tout au long du parcours permanent du musée, les travaux inédits de l’architecte et archéologue Jean-Claude Golvin, seront mis à l’honneur.
Description
Quand l’art rencontre l’archéologie
Au cœur de cette exposition et tout au long du parcours permanent du musée, les travaux inédits de l’architecte et archéologue Jean-Claude Golvin, seront mis à l’honneur. Spécialiste des amphithéâtres romains et ancien directeur du Centre franco égyptien d’étude des temples de Karnak, ses compétences multiples font de lui un pionnier, à l’échelle mondiale, de la restitution graphique des cités antiques. Pour le musée, il s’est engagé depuis deux années sur son chantier le plus colossal en matière de restitution graphique, à savoir une vingtaine d’aquarelles originales reconstituant le Lyon antique. Ces œuvres, encore jamais exposées, vous offriront une plongée immersive et sensible au cœur des différents quartiers de Lugdunum, « capitale des Gaules » au 2e siècle de notre ère.
À travers ses dessins et ses collaborations ; d’autres restitutions issues de la pop culture – tels que les décors de jeux vidéo d’Ubisoft ou de la série américano-britannique à succès Rome – ; les collections antiques présentées, vous découvrirez comment les chercheuses, les chercheurs et les artistes travaillent de concert pour reconstituer villes, monuments, décors, costumes, ambiances sonores ou encore odeurs et redonner ainsi vie à un passé de 2000 ans et davantage.
Démêler le vrai du mythe
L’exposition ne se contentera pas de présenter de belles images et œuvres. Avec l’avancée de l’IA, elle interrogera à la fois les limites de la reconstitution historique et le travail considérable de ceux qui s’y engagent avec rigueur scientifique. Quels éléments s’appuient sur des certitudes archéologiques ? Quels détails relèvent de l’hypothèse ou de l’interprétation ? Comment reconstitue-t-on un décor historique de jeu vidéo ? Une ambiance sonore, ou encore une odeur ? Un dialogue passionnant entre preuves scientifiques et création artistique, pour mieux comprendre comment se construit notre mémoire collective de l’Antiquité.
Dates
2 octobre 2026 - 6 juin 2027 (Toute la journée)
LUGDUNUM Musée et Théâtres Romains
Description
Pourquoi les êtres humains quittent-ils leur terre d’origine ? Quelles sont les conséquences de leurs déplacements sur les sociétés qui les accueillent ? Et comment les populations
Description
Pourquoi les êtres humains quittent-ils leur terre d’origine ? Quelles sont les conséquences de leurs déplacements sur les sociétés qui les accueillent ? Et comment les populations de l’Antiquité réagissaient-elles à l’arrivée d’étrangers ? L’Antikenmuseum de Bâle explore ces questions à travers une exposition consacrée aux migrations et à la mobilité humaine dans les civilisations anciennes.
Bien avant les migrations contemporaines, les déplacements de populations façonnaient déjà le monde méditerranéen. Voyages commerciaux, mouvements de soldats, captivité et esclavage, installations dans de nouveaux territoires : autant de situations qui provoquaient des rencontres entre cultures, des échanges, mais aussi des tensions et des rejets.
L’exposition réunit des objets égyptiens, grecs et romains qui témoignent de ces réalités. Parmi eux figurent un vase athénien du VIe siècle avant notre ère représentant des navires et des dauphins, des monnaies des cités grecques d’Italie méridionale, une stèle égyptienne montrant Ramsès II présentant un captif asiatique au dieu Atoum, ou encore la stèle funéraire d’Annauso, cavalier de l’armée romaine issu de la tribu germanique des Baetasiens.
À travers ces témoignages, l’exposition invite à réfléchir aux notions d’identité, d’appartenance et d’intégration. Elle montre que les contacts entre populations, leurs possibilités comme leurs difficultés, ne constituent nullement une nouveauté historique.
En confrontant les expériences des sociétés antiques aux interrogations actuelles, « Partir ! » propose ainsi de considérer les migrations dans la longue durée, sans perdre de vue la diversité des situations individuelles et collectives.
Dates
18 octobre 2026 - 18 avril 2027 (Toute la journée)
Les prochaines fêtes du calendrier romain
Date
202604novToute la journéeLudi PlebeiiUrbs Roma
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Pridie Nonas Novembres - Ante diem quintum decimum Kalendas Decembres
Description
Pridie Nonas Novembres – Ante diem quintum decimum Kalendas Decembres

EN BREF. Fête du peuple romain, les Ludi Plebeii (4–17 novembre) honoraient Jupiter dans le Circus Flaminius. Nés d’une revendication civique, ils devinrent une institution d’État. Tite-Live, Plaute et Valerius Maximus en révèlent la portée religieuse, politique et théâtrale : la liberté plébéienne célébrée sous le regard des dieux.
Ludi plebeii: quand la plèbe romaine fait la fête
Chaque année, du 4 au 17 novembre, Rome se parait de musique, de théâtre et de processions: c’était le temps des Ludi Plebeii, les jeux plébéiens. Moins célèbres que les Ludi Romani de septembre, mais installés très tôt dans le calendrier civique, ces jeux formaient la grande fête populaire de l’automne. La plèbe y célébrait Jupiter Capitolin, son dieu tutélaire, dans un cirque qu’elle considérait comme sien: le Circus Flaminius.
Dans la Rome républicaine, les jeux publics n’étaient jamais de simples divertissements: ils exprimaient l’équilibre des pouvoirs et la hiérarchie des ordres. Les Ludi Plebeii en furent l’un des symboles: une fête du peuple, pour le peuple, mais reconnue par l’État.
Une fête du peuple, miroir des Ludi Romani
Les Ludi Plebeii étaient organisés par les édiles plébéiens, magistrats élus parmi le peuple. Ils formaient la contrepartie directe des Ludi Romani, présidés par les édiles curules issus de la noblesse. Cette dualité institutionnelle incarnait l’équilibre entre les deux ordres : patriciens et plébéiens.
D’après les Fasti Praenestini [1], la fête s’étendait sur quatorze jours, du 4 au 17 novembre, et atteignait son sommet le 13, jour des Ides de novembre, consacré au banquet de Jupiter Capitolin (Epulum Iovis). Ce repas sacré, célébré par la plèbe, répondait à celui que les patriciens offraient en septembre lors des Ludi Romani. En novembre, la plèbe honorait Jupiter non sur la colline du Capitole, mais sur le Champ de Mars, un espace qui lui était propre et symbole de son identité civique.
Des origines politiques
Les origines de ces jeux remontent aux premiers temps de la République. Une tradition tardive, transmise par le Pseudo-Asconius (commentaire médiéval rattaché à Cicéron), affirme qu’ils auraient été institués après l’expulsion des rois, en l’honneur de la liberté, ou pour célébrer la réconciliation de la plèbe après sa sécession sur l’Aventin [2]. Même si cette explication n’a pas valeur de témoignage antique, elle correspond bien à la signification politique de la fête : les Ludi Plebeii symbolisaient la conquête de la liberté civique par la plèbe et son intégration au culte public romain.
Le Circus Flaminius, un cirque du peuple
Le lieu des jeux n’était pas le prestigieux Circus Maximus, réservé aux triomphes aristocratiques, mais le Circus Flaminius, bâti en 220 avant notre ère par le censeur Caius Flaminius, tribun du peuple et réformateur audacieux. Cet espace du Champ de Mars, ouvert aux assemblées et aux triomphes, servit rapidement de cadre aux cérémonies plébéiennes. Le nom même du cirque, celui d’un tribun de la plèbe, en faisait un symbole de liberté politique.
Certains chercheurs rappellent toutefois que le Circus Flaminius n’était pas un hippodrome au sens strict: il ne possédait ni spina ni carceres. Construit avant l’essor des grands cirques permanents, il servait plutôt d’esplanade pour les processions, les assemblées et les triomphes. Les courses de chars des Ludi Plebeii se déroulaient sans doute plus au nord du Champ de Mars, dans un espace temporairement aménagé.
Les témoignages de Tite-Live et de Valerius Maximus
L’historien Tite-Live mentionne plusieurs fois les Ludi Plebeii au 3e siècle avant notre ère:
- En 216 avant notre ère : «Les jeux plébéiens furent rejoués pendant deux jours, et un banquet de Jupiter fut célébré à l’occasion de ces jeux.» [3]
- En 206 avant notre ère : «Les jeux plébéiens furent rejoués dans leur entier une fois, par les édiles plébéiens Marcus Pomponius Matho et Quintus Mamilius Turrinus.» [4]
- Et en 199 avant notre ère : «Les édiles plébéiens célébrèrent à nouveau les jeux plébéiens, et un banquet de Jupiter eut lieu à l’occasion des jeux.» [5]
Dans les trois cas, Tite-Live emploie la même formule : ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. Le verbe instaurare –«reprendre», «rejouer»– est un terme religieux : il s’agissait de recommencer la fête en cas de faute rituelle (vitium). Cette instauratio ludorum est au cœur du récit de Valerius Maximus.
Ce dernier rapporte un épisode exemplaire survenu précisément «pendant les jeux plébéiens, à travers le Circus Flaminius» [6]. Un citoyen du peuple, Titus Latinius, reçut en songe l’ordre de Jupiter de prévenir les consuls: le dieu n’avait pas été satisfait du danseur de la dernière pompa circensis, et réclamait une reprise attentive des jeux. Craignant de se mêler des affaires religieuses de l’État, Latinius garda le silence. Son fils mourut aussitôt, puis lui-même fut frappé de paralysie. Lorsqu’il se décida enfin à parler devant le Sénat, il recouvra l’usage de ses membres sous les yeux de tous.
Ce récit illustre la place des Ludi Plebeii dans la religion publique: le message de Jupiter y passe par un homme du peuple, et la faute rituelle entraîne la reprise des jeux, exactement comme l’indiquait Tite-Live. C’est aussi la première attestation explicite reliant les Ludi Plebeii au Circus Flaminius.
Le théâtre des Ludi Plebeii
Comme les Ludi Romani, les jeux plébéiens comportaient une part de spectacles dramatiques (ludi scaenici). C’est lors de ces jeux, en 200 av. J.-C., qu’eut lieu la première représentation du Stichus de Plaute, «joué aux jeux plébéiens, sous l’édilité de Cnaeus Baebius et Caius Terentius» [7]. Cette didascalie rare fait des Ludi Plebeii un haut lieu de la création théâtrale romaine : la comédie latine naquit dans le cadre des fêtes du peuple.
Une fête populaire devenue fête d’État
Au 1er siècle avant notre ère, les Ludi Plebeii étaient pleinement intégrés au calendrier officiel. Cicéron, évoquant ses fonctions d’édile, énumère les jeux sacrés qu’il doit célébrer: ceux de Cérès, de Liber et Libera, de Flore, et les plus anciens en l’honneur de Jupiter, Junon et Minerve [8]. Il ne distingue plus les Plebeii des Romani: les deux appartiennent désormais à une même tradition religieuse de la République.
Ce qui avait commencé comme une revendication politique devint une institution d’État: les Ludi Plebeii ne sont plus seulement la fête du peuple, mais la fête du peuple reconnu par la cité.
Sources
- Fasti Praenestini (CIL I² 312)
- Pseudo-Asconius, In act. I. in C. Verrem (éd. Orelli, Onomasticon Tullianum, Zurich 1833, p. 143): Secundum quos Plebeii ludi, quos exactis regibus pro libertate plebs fecerunt, aut pro reconciliatione plebis post secessionem in Aventinum.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 25, 2, 9-10: Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa. Ludos Romanos ter totos instauratos ab aedilibus curulibus M. Sextilio et L. Aemilio Regillo, item plebeios semel totos instauratos ab aedilibus plebis L. Pupio Pisone et L. Platorio Varo.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 28, 10, 7: Ludi Romani ter toti instaurati ab aedilibus curulibus Cn. Servilio Caepione, Ser. Cornelio Lentulo; item ludi plebeii semel toti instaurati ab aedilibus plebis M. Pomponio Mathone et Q. Mamilio Turrino. Epulum Iovis ludorum causa fuit.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 32, 7, 13: Ab iis ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa.
- Valerius Maximus, Facta et Dicta Memorabilia I, 7, 4: Sequitur aeque ad publicam religionem pertinens somnium. Cum plebeis quidam ludis pater familias per circum Flaminium, prius quam pompa induceretur, servum suum verberibus mulcatum sub furca ad supplicium egisset, T. Latinio homini ex plebe Iuppiter in quiete praecepit ut consulibus diceret sibi praesultorem ludis circensibus proximis non placuisse: quae res nisi attenta ludorum instauratione expiata esset, secuturum non mediocre urbis periculum. Ille veritus ne cum aliquo incommodo suo religione summum implicaret imperium, silentium egit, e vestigioque filius eius subita vi morbi correptus interiit. Ipse etiam per quietem ab eodem deo interrogatus an satis magnam poenam neglecti imperii sui pependisset, in proposito perseverans debilitate corporis solutus est ac tum demum ex consilio amicorum lecticula ad tribunal consulum et inde ad senatum perlatus ordine totius casus sui exposito magna cum omnium admiratione recuperata membrorum firmitate pedibus domum rediit.
- Plaute, Stichus, didascalie: Acta ludis plebeis Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis, C. Sulpicio, C. Aurelio consulibus.
- Cicéron, In Verrem II, 5, 36: Nunc sum designatus aedilis; habeo rationem quid a populo Romano acceperim; mihi ludos sanctissimos maxima cum cura et caerimonia Cereri, Libero, Liberaeque faciundos, mihi Floram matrem populo plebique Romanae ludorum celebritate placandam, mihi ludos antiquissimos, qui primi Romani appellati sunt, cum dignitate maxima et religione Iovi, Iunoni, Minervaeque esse faciundos, mihi sacrarum aedium procurationem, mihi totam urbem tuendam esse commissam; ob earum rerum laborem et sollicitudinem fructus illos datos, antiquiorem in senatu sententiae dicendae locum, togam praetextam, sellam curulem, ius imaginis ad memoriam posteritatemque prodendae.
Versione italiana
IN BREVE. Festa del popolo romano, i Ludi Plebeii (4–17 novembre) erano dedicati a Giove nel Circus Flaminius. Nati da una rivendicazione civica, divennero un’istituzione statale. Tito Livio, Plauto e Valerio Massimo ne rivelano la portata religiosa, politica e teatrale: la libertà plebea celebrata sotto lo sguardo degli dèi.
Ludi Plebeii: quando la plebe romana fa festa
Ogni anno, dal 4 al 17 novembre, Roma si riempiva di musica, teatro e processioni: era il tempo dei Ludi Plebeii, i giochi plebei. Meno celebri dei Ludi Romani di settembre, ma inseriti molto presto nel calendario civico, questi giochi costituivano la grande festa popolare dell’autunno. La plebe vi celebrava Giove Capitolino, il suo dio tutelare, in un circo che considerava proprio: il Circus Flaminius.
Nella Roma repubblicana, i giochi pubblici non erano mai semplici divertimenti: esprimevano l’equilibrio dei poteri e la gerarchia degli ordini. I Ludi Plebeii ne furono uno dei simboli: una festa del popolo, per il popolo, ma riconosciuta dallo Stato.
Una festa del popolo, specchio dei Ludi Romani
I Ludi Plebeii erano organizzati dagli edili plebei, magistrati eletti tra il popolo. Costituivano il contraltare diretto dei Ludi Romani, presieduti dagli edili curuli appartenenti alla nobiltà. Questa dualità istituzionale incarnava l’equilibrio tra i due ordini: patrizi e plebei.
Secondo i Fasti Praenestini [1], la festa si svolgeva per quattordici giorni, dal 4 al 17 novembre, e raggiungeva il suo apice il 13, giorno delle Idi di novembre, consacrato al banchetto di Giove Capitolino (Epulum Iovis). Questo pasto sacro, celebrato dalla plebe, faceva da contrappunto a quello che i patrizi offrivano in settembre durante i Ludi Romani. In novembre, la plebe onorava Giove non sul colle Capitolino, ma nel Campo Marzio, uno spazio che le apparteneva e che simboleggiava la sua identità civica.
Origini politiche
Le origini di questi giochi risalgono ai primi tempi della Repubblica. Una tradizione tarda, trasmessa dal Pseudo-Asconio (commentatore medievale collegato a Cicerone), afferma che essi sarebbero stati istituiti dopo l’espulsione dei re, in onore della libertà, o per celebrare la riconciliazione della plebe dopo la sua secessione sull’Aventino [2]. Anche se questa spiegazione non ha valore di testimonianza antica, corrisponde bene al significato politico della festa: i Ludi Plebeii simboleggiavano la conquista della libertà civica da parte della plebe e la sua integrazione nel culto pubblico romano.
Il Circus Flaminius, un circo del popolo
Il luogo dei giochi non era il prestigioso Circus Maximus, riservato ai trionfi aristocratici, bensì il Circus Flaminius, costruito nel 220 a.C. dal censore Gaio Flaminio, tribuno della plebe e riformatore audace. Questo spazio del Campo Marzio, aperto alle assemblee e ai trionfi, divenne rapidamente il luogo delle cerimonie plebee. Lo stesso nome del circo, quello di un tribuno della plebe, ne faceva un simbolo di libertà politica.
Alcuni studiosi ricordano tuttavia che il Circus Flaminius non era un ippodromo in senso stretto: non possedeva né spina né carceres. Costruito prima dell’ascesa dei grandi circhi permanenti, serviva piuttosto come spianata per processioni, assemblee e trionfi. Le corse dei carri dei Ludi Plebeii si svolgevano probabilmente più a nord del Campo Marzio, in uno spazio allestito temporaneamente.
Le testimonianze di Tito Livio e di Valerio Massimo
Lo storico Tito Livio menziona più volte i Ludi Plebeii nel III secolo a.C.:
Nel 216 a.C.: «Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa.» [3]
Nel 206 a.C.: «Ludi plebeii instaurati…» [4]
E nel 199 a.C.: «Ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa.» [5]
In tutti e tre i casi, Tito Livio impiega la stessa formula: ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. Il verbo instaurare –«riprendere», «rinnovare»– è un termine religioso: significava ricominciare la festa in caso di errore rituale (vitium). Questa instauratio ludorum è al centro del racconto di Valerio Massimo.
Quest’ultimo narra un episodio esemplare avvenuto proprio «durante i giochi plebei, attraverso il Circus Flaminius» [6]. Un cittadino del popolo, Tito Latinio, ricevette in sogno l’ordine di Giove di avvertire i consoli: il dio non era stato soddisfatto del danzatore dell’ultima pompa circensis e richiedeva una ripetizione accurata dei giochi. Temendo di immischiarsi negli affari religiosi dello Stato, Latinio tacque. Suo figlio morì subito dopo, e lui stesso fu colpito da paralisi. Quando infine decise di parlare davanti al Senato, riacquistò l’uso degli arti sotto gli occhi di tutti.
Questo racconto illustra il posto dei Ludi Plebeii nella religione pubblica: il messaggio di Giove passa attraverso un uomo del popolo, e la colpa rituale comporta la ripetizione dei giochi, esattamente come indicava Tito Livio. È anche la prima attestazione esplicita che collega i Ludi Plebeii al Circus Flaminius.
Il teatro dei Ludi Plebeii
Come i Ludi Romani, anche i giochi plebei comprendevano una parte di spettacoli teatrali (ludi scaenici). Fu durante questi giochi, nel 200 a.C., che ebbe luogo la prima rappresentazione dello Stichus di Plauto, «acta ludis plebeis, Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis…» [7]. Questa rara didascalia fa dei Ludi Plebeii un luogo centrale della creazione teatrale romana: la commedia latina nacque nel quadro delle feste del popolo.
Una festa popolare divenuta festa di Stato
Nel I secolo a.C., i Ludi Plebeii erano pienamente integrati nel calendario ufficiale. Cicerone, evocando le sue funzioni di edile, elenca i giochi sacri che deve celebrare: quelli di Cerere, di Libero e Libera, di Flora, e i più antichi in onore di Giove, Giunone e Minerva [8]. Non distingue più i Plebeii dai Romani: entrambi appartengono ormai a una stessa tradizione religiosa della Repubblica.
Ciò che era iniziato come una rivendicazione politica divenne un’istituzione statale: i Ludi Plebeii non sono più soltanto la festa del popolo, ma la festa del popolo riconosciuto dalla città.
Per le note, si veda la versione francese.
English version
IN BRIEF. A festival of the Roman people, the Ludi Plebeii (4–17 November) honoured Jupiter in the Circus Flaminius. Born of a civic demand, they became a state institution. Livy, Plautus and Valerius Maximus reveal their religious, political and theatrical significance: plebeian freedom celebrated under the gaze of the gods.
Ludi Plebeii: when the Roman plebs celebrated
Each year, from 4 to 17 November, Rome came alive with music, theatre, and processions: it was the time of the Ludi Plebeii, the Plebeian Games. Less famous than the Ludi Romani held in September, but established very early in the civic calendar, these games were the great popular festival of autumn. The plebs celebrated Jupiter Capitolinus, their tutelary god, in a circus they regarded as their own: the Circus Flaminius.
In Republican Rome, public games were never mere entertainment: they expressed the balance of powers and the hierarchy of social orders. The Ludi Plebeii were one of their symbols — a festival of the people, for the people, but recognised by the State.
A people’s festival, mirror of the Ludi Romani
The Ludi Plebeii were organised by the plebeian aediles, magistrates elected from among the common people. They formed the direct counterpart to the Ludi Romani, which were presided over by the curule aediles from the nobility. This institutional duality embodied the balance between the two orders: patricians and plebeians.
According to the Fasti Praenestini [1], the festival lasted fourteen days, from 4 to 17 November, reaching its climax on the 13th — the Ides of November — the day of the banquet of Jupiter Capitolinus (Epulum Iovis). This sacred meal, celebrated by the plebs, echoed the one offered by the patricians in September during the Ludi Romani. In November, the plebs honoured Jupiter not on the Capitoline Hill but on the Campus Martius, a space of their own and a symbol of their civic identity.
Political origins
The origins of these games go back to the early days of the Republic. A later tradition, transmitted by Pseudo-Asconius (a medieval commentary attached to Cicero), claims they were instituted after the expulsion of the kings, in honour of liberty, or to mark the reconciliation of the plebs after their secession to the Aventine [2]. Although this explanation is not an ancient testimony, it fits the political meaning of the festival: the Ludi Plebeii symbolised the plebs’ conquest of civic freedom and their integration into Rome’s public cults.
The Circus Flaminius, a people’s circus
The venue of the games was not the prestigious Circus Maximus, reserved for aristocratic triumphs, but the Circus Flaminius, built in 220 BC by the censor Gaius Flaminius, a tribune of the plebs and a bold reformer. This space on the Campus Martius, open to assemblies and triumphs, soon became the setting for plebeian ceremonies. The very name of the circus, that of a tribune of the plebs, made it a symbol of political liberty.
Some scholars note, however, that the Circus Flaminius was not a racetrack in the strict sense: it had neither spina nor carceres. Built before the great permanent circuses, it served rather as an open esplanade for processions, assemblies, and triumphs. The chariot races of the Ludi Plebeii were probably held further north on the Campus Martius, in a temporarily arranged space.
Testimonies of Livy and Valerius Maximus
The historian Livy mentions the Ludi Plebeii several times in the 3rd century BC:
In 216 BC: Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa. [3]
In 206 BC: Ludi plebeii instaurati… [4]
And in 199 BC: Ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. [5]
In each case, Livy uses the same formula: ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. The verb instaurare –“to resume,” “to repeat”– is a religious term: it meant that the festival had to be repeated in the event of a ritual fault (vitium). This instauratio ludorum lies at the heart of Valerius Maximus’s account.
He tells of a striking episode that occurred precisely “during the Plebeian Games, through the Circus Flaminius” [6]. A plebeian citizen, Titus Latinius, received in a dream Jupiter’s order to warn the consuls: the god had not been satisfied with the dancer in the latest pompa circensis and demanded that the games be performed again with due care. Fearing to meddle in the State’s religious affairs, Latinius kept silent. His son died immediately afterwards, and he himself was struck by paralysis. When at last he decided to speak before the Senate, he recovered the use of his limbs in full view of all.
This story shows the place of the Ludi Plebeii within public religion: Jupiter’s message reached Rome through a man of the people, and the ritual fault led to a repetition of the games — exactly as Livy described. It is also the earliest explicit testimony linking the Ludi Plebeii to the Circus Flaminius.
Theatre at the Ludi Plebeii
Like the Ludi Romani, the Plebeian Games included dramatic performances (ludi scaenici). It was during these games, in 200 BC, that the first performance of Plautus’s Stichus took place, “acta ludis plebeis, Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis…” [7]. This rare didascalia makes the Ludi Plebeii a key venue for Roman theatrical creation: Latin comedy was born in the context of the people’s festival.
A popular festival that became a state institution
By the 1st century BC, the Ludi Plebeii had been fully integrated into the official calendar. Cicero, referring to his duties as aedile, lists the sacred games he was to celebrate: those of Ceres, Liber and Libera, of Flora, and the oldest ones in honour of Jupiter, Juno, and Minerva [8]. He no longer distinguished between the Plebeii and the Romani: both now belonged to the same religious tradition of the Republic.
What had begun as a political claim had become a state institution: the Ludi Plebeii were no longer merely the people’s festival, but the festival of a people recognised by the city.
For notes, see the French version.
Dates
4 novembre 2026 Toute la journée
Lieu
Urbs Roma
Urbs Roma
202624novToute la journée21décBrumaliaOrbis romanus
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres - Ante diem duodecimum Kalendas Januarias
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres – Ante diem duodecimum Kalendas Januarias

EN BREF – Née à Rome le 24 novembre sous le nom de Bruma, la fête s’est transformée à Constantinople en cycle festif étendu, les Brumalia. Agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités par des sacrifices nocturnes. Le rite spectaculaire voyait les vignerons sauter sur des outres gonflées après avoir immolé des boucs à Dionysos.
Brumalia: quand Rome et Byzance célébraient les jours les plus courts
Dans le calendrier romain, les Brumalia constituent l’une des fêtes hivernales les moins documentées de l’Antiquité. Célébrées principalement à Constantinople et dans la partie orientale de l’Empire entre le 6ᵉ et le 10ᵉ siècle, ces festivités nocturnes marquaient la période la plus sombre de l’année et révèlent une organisation sociale où agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités protectrices selon des rituels distincts.
Une fête à géométrie variable
Le terme Brumalia dérive du latin bruma, qui signifie «le jour le plus court» ou «solstice d’hiver», lui-même contraction de brevima, forme superlative archaïque de brevis («bref»). À Rome existait une fête mineure appelée Bruma, célébrée le 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), date attestée par les calendriers de Silvius et de Philocalus aux 4ᵉ et 5ᵉ siècles. Cette célébration romaine limitée s’est transformée à Constantinople en un cycle festif étendu, les Brumalia, qui se prolongeait jusqu’aux auxiphôtia, la «fête de la croissance des jours», c’est-à-dire le moment où les jours recommencent à s’allonger après le solstice d’hiver, autour du 21-25 décembre.
Les premières mentions littéraires des Brumalia apparaissent au 4ᵉ siècle, mais nos sources principales datent du 6ᵉ siècle. Les auteurs byzantins Jean Malalas et Jean le Lydien attribuaient l’origine de ces fêtes à Romulus lui-même, fondateur légendaire de Rome, dans une rhétorique apologétique destinée à contrer la désapprobation de l’Église chrétienne. Cette étiologie est aujourd’hui reconnue comme une construction tardive visant à légitimer des pratiques païennes menacées. En réalité, les Brumalia byzantines résultent de la fusion de trois éléments distincts: la Bruma romaine du 24 novembre, les Saturnales qui débutaient le 17 décembre, et les rites agraires de Dionysos et Déméter célébrés durant cette période.
Trois groupes, trois rituels
Jean le Lydien, fonctionnaire impérial écrivant sous Justinien au 6ᵉ siècle, livre dans son traité Des mois la description la plus détaillée des pratiques liées aux Brumalia. Il explique que «c’était la coutume chez les Romains de répartir leurs citoyens en trois et de distinguer ceux qui étaient faits pour les armes, ceux qui l’étaient pour l’agriculture, ceux qui l’étaient pour la chasse»1. La saison hivernale mettait fin à toutes ces activités «en raison du froid de la saison et de la brièveté du jour». Durant cette période de repos forcé, chaque groupe social honorait ses divinités protectrices:
Les agriculteurs sacrifiaient des porcs à Cronos (Saturne), dieu du temps et de l’agriculture, et à Déméter (Cérès), déesse des moissons. Jean le Lydien note que cette pratique «s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui», témoignant de la permanence de l’abattage rituel des cochons en décembre, coutume qui a traversé les siècles dans de nombreuses régions d’Europe.
Les vignerons accomplissaient un rituel plus spectaculaire en l’honneur de Dionysos (Bacchus): «Les vignerons abattaient des boucs en l’honneur de Dionysos, car le bouc est l’ennemi de la vigne et pour cette raison on le sacrifiait à Dionysos, et, après leur avoir enlevé la peau et avoir rempli ces peaux avec de l’air, ils sautaient par-dessus»2. Cette pratique ludique, connue sous le nom d’ascolia, évoquait la vitalité dionysiaque et la victoire symbolique sur les ennemis de la vigne. Le rite rappelle étrangement les Petites Dionysies athéniennes, où l’on pratiquait également le saut sur les outres gonflées.
Les citadins et magistrats offraient aux prêtres de la Mère (probablement Cybèle, la Magna Mater) les prémices des récoltes: vin, huile d’olive, blé, miel et «toutes les productions des arbres qui se gardent et qu’on conserve». Ils confectionnaient également des pains sans eau. Jean le Lydien précise que «cette habitude s’est maintenue encore aujourd’hui et, en novembre et en décembre, jusqu’à la fête de la croissance des jours, on porte ces offrandes aux prêtres».
Nuits, divinités infernales et vœux de longévité
Les Brumalia possédaient un caractère chthonien fondamental, lié aux divinités infernales et au cycle des semences enfouies dans la terre. Jean le Lydien l’explique ainsi: «Elles ont lieu pendant la nuit, parce que c’est dans l’obscurité que se trouve Cronos, qui fut envoyé au Tartare par Zeus. Ils se réfèrent ainsi au blé à cause du fait qu’il a été semé en terre et n’est plus visible»3. Le grain disparu sous la terre symbolisait cette descente dans le monde souterrain avant la renaissance printanière. L’auteur conclut que «les Brumalia sont réellement des fêtes des divinités infernales».
Durant ces nuits hivernales, les Romains «se saluaient et s’adressaient des vœux mutuels, en disant dans la langue de leurs pères « vives annos », c’est-à-dire « vis des années »»4. Ces paroles de longévité résonnaient dans l’obscurité de la saison la plus sombre, affirmant la vie face au froid et à la nuit. Les festivités comportaient également des banquets, des libations de vin et une atmosphère de convivialité collective qui contrastait avec l’austérité de l’hiver.
Une pratique plus tardive, apparue au tournant des 5ᵉ et 6ᵉ siècles sous le règne de l’empereur Anastase (491-518), consistait à organiser les invitations selon l’ordre alphabétique grec: chacun des vingt-quatre jours de la période festive était assigné à une lettre, et l’on conviait à sa table les personnes dont le nom commençait par cette lettre. Jean le Lydien précise toutefois que «la coutume de se saluer selon les noms au moment des Brumalia est en réalité quelque chose d’assez récent», distinguant clairement cette innovation tardive des pratiques rituelles plus anciennes.
Résistance et disparition
Au 6ᵉ siècle, l’empereur Justinien menait une répression officielle du paganisme dans tout l’Empire byzantin. Malgré cette politique hostile, les Brumalia continuaient d’être célébrées, bien que les participants fussent ostracisés par l’Église. Jean le Lydien rapporte d’ailleurs que «depuis que l’Église dissuade d’y participer, on les appelle fêtes de Cronos», c’est-à-dire Saturnales, assimilant ainsi deux célébrations distinctes pour mieux les condamner ensemble.
Le Canon 62 du Concile in Trullo de 692 condamne explicitement certains rites dionysiaques qui persistaient à cette époque. Les auteurs byzantins des 12ᵉ siècle, Balsamon, Tzétzès et Zonaras, confirment que les Brumalia étaient perçues comme une fête de Dionysos, Broumos étant considéré comme une épithète de ce dieu. Au 8ᵉ siècle encore, l’empereur Constantin V Copronyme honorait Dionysos et Broumos comme créateurs du grain et du vin durant ces festivités.
Les dernières attestations des Brumalia datent du 10ᵉ siècle. L’empereur Constantin VII Porphyrogénète mentionne que ses prédécesseurs Constantin Iᵉʳ, Théodose Iᵉʳ, Marcien et Léon Iᵉʳ célébraient les Brumalia, sans toutefois préciser la forme exacte que prenait la fête sous ces règnes. Le poète Christophe de Mytilène, au 10ᵉ siècle, évoque dans un poème des gâteaux reçus «au temps des Brumalia». Aucune source ne mentionne plus la fête après le sac de Constantinople par la Quatrième Croisade en 1204, événement qui marqua probablement la fin définitive de cette tradition millénaire.
L’abattage des cochons en décembre, les festivités nocturnes de fin d’année, les échanges de vœux et l’esprit de convivialité durant la période la plus sombre de l’année constituent autant de pratiques qui ont survécu aux Brumalia elles-mêmes, intégrées dans les coutumes populaires méditerranéennes et dans les célébrations chrétiennes de l’hiver.
Sources antiques
- Jean le Lydien, Des mois (De Mensibus), 4, 158 (6ᵉ siècle)
- Jean Malalas, Chronographie, 7, 7 (6ᵉ siècle)
- Constantin VII Porphyrogénète, De Ceremoniis (10ᵉ siècle)
- Christophe de Mytilène, Poèmes, 115 (10ᵉ siècle)
Bibliographie moderne
- John Raymond Crawford, De Bruma et Brumalibus Festis, Harvard University, publié dans Byzantinischer Zeitschrift 23, 1914, p. 365-396
- Dominique Briquel, «Appendice 2. Présentation des Brumalia chez Jean le Lydien», dans Romulus vu de Constantinople, Presses Universitaires de Franche-Comté, p. 377-378
- Fritz Graf, Roman Festivals in the Greek East From the Early Empire to the Middle Byzantine Era, Cambridge University Press, 2015, p. 201-218
- Françoise Perpillou-Thomas, «Les Brumalia d’Apion II», Tyche – Beiträge zur Alten Geschichte, Papyrologie und Epigraphik 8, 1993, p. 107-115
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔθος ἦν τοῖς Ῥωμαίοις εἰς τρία διατάττειν αὐτῶν τὴν πολιτείαν καὶ τοὺς μὲν ἐπιτηδείους τοῖς ὅπλοις ἀφορίζειν, τοὺς δὲ τῇ γεωργίᾳ, τοὺς δὲ τοῖς κυνηγεσίοις.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔσφαζον δὲ οἱ ἀμπελουργοὶ τράγους εἰς τιμὴν τοῦ Διονύσου (ὁ γὰρ τράγος πολέμιος τῆς ἀμπέλου) καὶ ἐκδέροντες αὐτοὺς τοὺς ἀσκοὺς πληροῦντες πνεύματος ἐφήλλοντο αὐτοῖς.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἐν νύκτι δὲ γίνονται, ὅτι ἐν σκότει ἐστὶν ὁ Κρόνος ὧς ταρταρωθεὶς ὑπὸ τοῦ Διός, αἰνίττονται δὲ τὸν σῖτον ἀπὸ τοῦ ἐν τῇ γῇ σπαρῆναι καὶ τὸν λοιπὸν μὴ φαινομένου.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἀργοῦντες οὖν τὸν τηνικάδε οἱ Ῥωμαῖοι μέχρι τῶν αὐξιφωτίων ἐπὶ τῶν νυκτῶν χαιρετίζοντες ἐπευφήμουν ἀλλήλους, τῇ πατρίῳ φωνῇ λέγοντες ‘Βίβες ἄννους’ οἷον ‘Ζῆθι εἰς χρόνους’.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE – Nata a Roma il 24 novembre con il nome di Bruma, la festa si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia. Agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità con sacrifici notturni. Il rito più spettacolare vedeva i viticoltori saltare su otri gonfiati dopo aver immolato capre a Dioniso.
Brumalia: quando Roma e Bisanzio celebravano i giorni più corti
Nel calendario romano, i Brumalia costituiscono una delle feste invernali meno documentate dell’antichità. Celebrate principalmente a Costantinopoli e nella parte orientale dell’Impero tra il VI e il X secolo, queste festività notturne segnavano il periodo più buio dell’anno e rivelano un’organizzazione sociale in cui agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità protettrici secondo rituali distinti.
Una festa a geometria variabile
Il termine Brumalia deriva dal latino bruma, che significa « il giorno più corto » o « solstizio d’inverno », a sua volta contrazione di brevima, forma superlativa arcaica di brevis (« breve »). A Roma esisteva una festa minore chiamata Bruma, celebrata il 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), data attestata dai calendari di Silvio e di Filocalo nei secoli IV e V. Questa celebrazione romana limitata si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia, che si protraeva fino agli auxiphôtia, la « festa della crescita dei giorni », cioè il momento in cui i giorni ricominciano ad allungarsi dopo il solstizio d’inverno, intorno al 21-25 dicembre.
Le prime menzioni letterarie dei Brumalia appaiono nel IV secolo, ma le nostre fonti principali risalgono al VI secolo. Gli autori bizantini Giovanni Malala e Giovanni Lido attribuivano l’origine di queste feste a Romolo stesso, fondatore leggendario di Roma, in una retorica apologetica destinata a contrastare la disapprovazione della Chiesa cristiana. Questa eziologia è oggi riconosciuta come una costruzione tardiva volta a legittimare pratiche pagane minacciate. In realtà, i Brumalia bizantini risultano dalla fusione di tre elementi distinti: la Bruma romana del 24 novembre, i Saturnali che iniziavano il 17 dicembre, e i riti agrari di Dioniso e Demetra celebrati durante questo periodo.
Tre gruppi, tre rituali
Giovanni Lido, funzionario imperiale che scriveva sotto Giustiniano nel VI secolo, offre nel suo trattato Sui mesi la descrizione più dettagliata delle pratiche legate ai Brumalia. Egli spiega che « era costume dei Romani dividere i loro cittadini in tre e distinguere quelli adatti alle armi, quelli all’agricoltura, quelli alla caccia »1. La stagione invernale poneva fine a tutte queste attività « a causa del freddo della stagione e della brevità del giorno ». Durante questo periodo di riposo forzato, ogni gruppo sociale onorava le proprie divinità protettrici:
Gli agricoltori sacrificavano maiali a Crono (Saturno), dio del tempo e dell’agricoltura, e a Demetra (Cerere), dea delle messi. Giovanni Lido nota che questa pratica « si è mantenuta fino ad oggi », testimoniando la permanenza della macellazione rituale dei maiali a dicembre, consuetudine che ha attraversato i secoli in numerose regioni d’Europa.
I viticoltori compivano un rituale più spettacolare in onore di Dioniso (Bacco): « I viticoltori abbattevano capre in onore di Dioniso, perché la capra è nemica della vite e per questa ragione la si sacrificava a Dioniso, e, dopo aver tolto loro la pelle e aver riempito queste pelli d’aria, vi saltavano sopra »2. Questa pratica ludica, nota con il nome di ascolia, evocava la vitalità dionisiaca e la vittoria simbolica sui nemici della vite. Il rito ricorda stranamente le Piccole Dionisie ateniesi, dove si praticava ugualmente il salto sugli otri gonfiati.
I cittadini e i magistrati offrivano ai sacerdoti della Madre (probabilmente Cibele, la Magna Mater) le primizie dei raccolti: vino, olio d’oliva, grano, miele e « tutte le produzioni degli alberi che si conservano e si mantengono ». Confezionavano anche pani senza acqua. Giovanni Lido precisa che « questa abitudine si è mantenuta ancora oggi e, in novembre e dicembre, fino alla festa della crescita dei giorni, si portano queste offerte ai sacerdoti ».
Notti, divinità infernali e voti di longevità
I Brumalia possedevano un carattere ctonio fondamentale, legato alle divinità infernali e al ciclo dei semi sepolti nella terra. Giovanni Lido lo spiega così: « Si svolgono di notte, perché è nell’oscurità che si trova Crono, che fu mandato nel Tartaro da Zeus. Si riferiscono così al grano a causa del fatto che è stato seminato nella terra e non è più visibile »3. Il grano scomparso sotto la terra simboleggiava questa discesa nel mondo sotterraneo prima della rinascita primaverile. L’autore conclude che « i Brumalia sono realmente feste delle divinità infernali ».
Durante queste notti invernali, i Romani « si salutavano e si rivolgevano voti reciproci, dicendo nella lingua dei loro padri ‘vives annos’, cioè ‘vivi per anni' »4. Queste parole di longevità risuonavano nell’oscurità della stagione più buia, affermando la vita di fronte al freddo e alla notte. Le festività comportavano anche banchetti, libagioni di vino e un’atmosfera di convivialità collettiva che contrastava con l’austerità dell’inverno.
Una pratica più tardiva, apparsa tra il V e il VI secolo sotto il regno dell’imperatore Anastasio (491-518), consisteva nell’organizzare gli inviti secondo l’ordine alfabetico greco: ciascuno dei ventiquattro giorni del periodo festivo era assegnato a una lettera, e si invitava alla propria tavola le persone il cui nome iniziava con quella lettera. Giovanni Lido precisa tuttavia che « l’usanza di salutarsi secondo i nomi al momento dei Brumalia è in realtà qualcosa di abbastanza recente », distinguendo chiaramente questa innovazione tardiva dalle pratiche rituali più antiche.
Resistenza e scomparsa
Nel VI secolo, l’imperatore Giustiniano conduceva una repressione ufficiale del paganesimo in tutto l’Impero bizantino. Nonostante questa politica ostile, i Brumalia continuavano a essere celebrati, sebbene i partecipanti fossero ostracizzati dalla Chiesa. Giovanni Lido riferisce del resto che « da quando la Chiesa dissuade dal parteciparvi, li chiamano feste di Crono », cioè Saturnali, assimilando così due celebrazioni distinte per meglio condannarle insieme.
Il Canone 62 del Concilio in Trullo del 692 condanna esplicitamente certi riti dionisiaci che persistevano a quell’epoca. Gli autori bizantini del XII secolo, Balsamone, Tzetze e Zonara, confermano che i Brumalia erano percepiti come una festa di Dioniso, Broumos essendo considerato un epiteto di questo dio. Ancora nell’VIII secolo, l’imperatore Costantino V Copronimo onorava Dioniso e Broumos come creatori del grano e del vino durante queste festività.
Le ultime attestazioni dei Brumalia risalgono al X secolo. L’imperatore Costantino VII Porfirogenito menziona che i suoi predecessori Costantino I, Teodosio I, Marciano e Leone I celebravano i Brumalia, senza tuttavia precisare la forma esatta che assumeva la festa sotto questi regni. Il poeta Cristoforo di Mitilene, nel X secolo, evoca in una poesia dolci ricevuti « al tempo dei Brumalia ». Nessuna fonte menziona più la festa dopo il saccheggio di Costantinopoli da parte della Quarta Crociata nel 1204, evento che segnò probabilmente la fine definitiva di questa tradizione millenaria.
La macellazione dei maiali a dicembre, le festività notturne di fine anno, gli scambi di voti e lo spirito di convivialità durante il periodo più buio dell’anno costituiscono altrettante pratiche che sono sopravvissute ai Brumalia stessi, integrate nelle consuetudini popolari mediterranee e nelle celebrazioni cristiane dell’inverno.
Per le note e le fonti, consultare la versione francese.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF – Born in Rome on November 24th under the name Bruma, the festival transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia. Farmers, vine-growers, and city dwellers honored their deities through nocturnal sacrifices. The most spectacular rite saw vine-growers jumping over inflated wineskins after immolating goats to Dionysus.
Brumalia: when Rome and Byzantium celebrated the shortest days
In the Roman calendar, the Brumalia constitute one of the least documented winter festivals of antiquity. Celebrated primarily in Constantinople and the eastern part of the Empire between the 6th and 10th centuries, these nocturnal festivities marked the darkest period of the year and reveal a social organization in which farmers, vine-growers, and city dwellers honored their protective deities according to distinct rituals.
A festival with variable geometry
The term Brumalia derives from the Latin bruma, which means « the shortest day » or « winter solstice, » itself a contraction of brevima, an archaic superlative form of brevis (« brief »). In Rome there existed a minor festival called Bruma, celebrated on November 24th (ante diem octavum Kalendas Decembres), a date attested by the calendars of Silvius and Philocalus in the 4th and 5th centuries. This limited Roman celebration transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia, which continued until the auxiphôtia, the « festival of the growing days, » that is, the moment when days begin to lengthen again after the winter solstice, around December 21-25.
The first literary mentions of the Brumalia appear in the 4th century, but our principal sources date from the 6th century. The Byzantine authors John Malalas and John the Lydian attributed the origin of these festivals to Romulus himself, legendary founder of Rome, in an apologetic rhetoric intended to counter the disapproval of the Christian Church. This etiology is now recognized as a late construction aimed at legitimizing threatened pagan practices. In reality, the Byzantine Brumalia resulted from the fusion of three distinct elements: the Roman Bruma of November 24th, the Saturnalia which began on December 17th, and the agrarian rites of Dionysus and Demeter celebrated during this period.
Three groups, three rituals
John the Lydian, an imperial functionary writing under Justinian in the 6th century, provides in his treatise On the Months the most detailed description of the practices linked to the Brumalia. He explains that « it was the custom among the Romans to divide their citizens into three and to distinguish those suited for arms, those for agriculture, those for hunting »1. The winter season brought all these activities to an end « because of the cold of the season and the brevity of the day. » During this period of enforced rest, each social group honored its protective deities:
The farmers sacrificed pigs to Cronus (Saturn), god of time and agriculture, and to Demeter (Ceres), goddess of harvests. John the Lydian notes that this practice « has been maintained until today, » testifying to the permanence of the ritual slaughter of pigs in December, a custom that has endured through the centuries in many regions of Europe.
The vine-growers performed a more spectacular ritual in honor of Dionysus (Bacchus): « The vine-growers slaughtered goats in honor of Dionysus, because the goat is the enemy of the vine and for this reason it was sacrificed to Dionysus, and, after having removed their skin and filled these skins with air, they jumped over them »2. This playful practice, known by the name of ascolia, evoked Dionysian vitality and the symbolic victory over the enemies of the vine. The rite strangely recalls the Athenian Lesser Dionysia, where jumping on inflated wineskins was also practiced.
The city dwellers and magistrates offered to the priests of the Mother (probably Cybele, the Magna Mater) the firstfruits of the harvests: wine, olive oil, wheat, honey, and « all the productions of trees that are kept and preserved. » They also made breads without water. John the Lydian specifies that « this custom has been maintained even now and, in November and December, until the festival of the growing days, these offerings are brought to the priests. »
Nights, infernal deities, and vows of longevity
The Brumalia possessed a fundamental chthonic character, linked to the infernal deities and the cycle of seeds buried in the earth. John the Lydian explains it thus: « They take place at night, because it is in darkness that Cronus is found, who was sent to Tartarus by Zeus. They thus refer to the wheat because it has been sown in the earth and is no longer visible »3. The grain disappeared beneath the earth symbolized this descent into the underworld before the spring rebirth. The author concludes that « the Brumalia are truly festivals of the infernal deities. »
During these winter nights, the Romans « greeted each other and addressed mutual vows, saying in the language of their fathers ‘vives annos’, that is ‘live for years' »4. These words of longevity resounded in the darkness of the darkest season, affirming life in the face of cold and night. The festivities also included banquets, wine libations, and an atmosphere of collective conviviality that contrasted with the austerity of winter.
A later practice, which appeared at the turn of the 5th and 6th centuries under the reign of Emperor Anastasius (491-518), consisted of organizing invitations according to the Greek alphabetical order: each of the twenty-four days of the festive period was assigned a letter, and one invited to one’s table people whose name began with that letter. John the Lydian specifies, however, that « the custom of greeting according to names at the time of the Brumalia is in reality something quite recent, » clearly distinguishing this late innovation from the more ancient ritual practices.
Resistance and disappearance
In the 6th century, Emperor Justinian was conducting an official repression of paganism throughout the Byzantine Empire. Despite this hostile policy, the Brumalia continued to be celebrated, although participants were ostracized by the Church. John the Lydian moreover reports that « since the Church dissuades from participating in them, they call them festivals of Cronus, » that is, Saturnalia, thus assimilating two distinct celebrations in order to better condemn them together.
Canon 62 of the Council in Trullo of 692 explicitly condemns certain Dionysian rites that persisted at that time. The Byzantine authors of the 12th century, Balsamon, Tzetzes, and Zonaras, confirm that the Brumalia were perceived as a festival of Dionysus, Broumos being considered an epithet of this god. Even in the 8th century, Emperor Constantine V Copronymus honored Dionysus and Broumos as creators of grain and wine during these festivities.
The last attestations of the Brumalia date from the 10th century. Emperor Constantine VII Porphyrogenitus mentions that his predecessors Constantine I, Theodosius I, Marcian, and Leo I celebrated the Brumalia, without however specifying the exact form the festival took under these reigns. The poet Christopher of Mytilene, in the 10th century, evokes in a poem cakes received « at the time of the Brumalia. » No source mentions the festival again after the sack of Constantinople by the Fourth Crusade in 1204, an event that probably marked the definitive end of this millennial tradition.
The slaughter of pigs in December, the nocturnal festivities at year’s end, the exchange of vows, and the spirit of conviviality during the darkest period of the year constitute practices that survived the Brumalia themselves, integrated into Mediterranean popular customs and into Christian winter celebrations.
For notes and sources, see the French version.
Dates
24 novembre 2026 - 21 décembre 2026 (Toute la journée)
Lieu
Orbis romanus
Orbis romanus
202603décToute la journée04Bona DeaUrbs Roma
Description
Ante diem tertium Nonas Decembres
Description
Ante diem tertium Nonas Decembres

EN BREF. Divinité au culte secret réservé aux femmes, Bona Dea était honorée lors de deux fêtes mêlant sacrifice, banquet nocturne et vin désigné comme « lait ». Protectrice de la santé et de la fertilité, elle fut au centre du scandale de 62 avant notre ère lorsque Clodius s’introduisit déguisé chez César.
Bona Dea: le culte secret des femmes de Rome
Bona Dea, littéralement «Bonne Déesse», occupe une place singulière dans le panthéon romain. Divinité associée à la chasteté, à la fécondité et à la guérison, elle incarne un idéal féminin qui fut au cœur de plusieurs traditions religieuses, publiques comme privées. Son nom véritable était tenu secret, et ne devait pas être prononcé durant les rites. Macrobe souligne la nature particulièrement secrète de ce culte, rappelant que les hommes en étaient rigoureusement exclus.
Certains auteurs antiques identifient Bona Dea à d’autres figures divines. Festus rapporte que certains la nommaient Fauna, fille ou épouse de Faunus; Macrobe donne une version similaire, décrivant une divinité féminine punie pour avoir bu du vin puis divinisée sous le nom de Bona Dea. D’autres traditions l’associent à Ops ou à Terra, illustrant la manière dont les Romains pouvaient regrouper sous un même nom plusieurs aspects d’une même puissance. Il s’agit toutefois de spéculations d’auteurs extérieurs au culte, non d’une doctrine cohérente.
Deux fêtes, deux visages du culte
Bona Dea était honorée à Rome lors de deux grandes célébrations annuelles, attestées par les auteurs anciens:
- Le 1er mai, lors d’un rite public célébré dans son temple de l’Aventin, sanctuaire ancien lié à la protection du peuple romain et à la guérison.
- Au début de décembre, lors d’un rituel nocturne strictement réservé aux femmes et célébré dans la maison d’un magistrat cum imperio (consul ou préteur). Cicéron précise que, pour cette cérémonie, «même les images de mâles étaient voilées ou retirées».
La maîtresse de maison présidait les rites, assistée notamment des Vestales.
Des rites secrets: vin, sacrifice et guérison
Les détails précis des rites demeurent obscurs, mais plusieurs éléments sont rapportés par les auteurs antiques:
- un sacrifice, souvent celui d’une truie, selon Macrobe ;
- des offrandes de vin, alors que la tradition morale romaine associait la consommation de vin à la sphère masculine;
- un banquet nocturne où le vin était appelé «lait», et où la jarre contenant ce vin était nommée mellarium («urne au miel»). Plutarque décrit explicitement cet usage destiné à dissimuler symboliquement le vin aux yeux des participantes.
Dans le temple de l’Aventin, Bona Dea était également associée à la guérison: des herbes médicinales y étaient conservées, et des serpents –considérés bénéfiques– y circulaient librement. On invoquait la déesse pour la santé des femmes, la fertilité et la protection du foyer.
Le scandale de 62 avant notre ère
Le culte de Bona Dea est surtout connu grâce à une affaire politique retentissante. En 62 avant notre ère, Publius Clodius Pulcher s’introduisit secrètement dans la maison de Jules César, où son épouse Pompéia présidait les rites. Plutarque raconte que Clodius, déguisé en femme, espérait approcher Pompéia, mais son intrusion violait un espace rituel absolument interdit aux hommes.
Clodius fut jugé pour sacrilège. Cicéron évoque ce procès, soulignant les pressions et la corruption qui permirent l’acquittement. César, quant à lui, dit ne rien savoir, mais répudia néanmoins Pompéia en invoquant une formule devenue proverbiale rapportée par Suétone: «je veux que les miens soient aussi exempts de soupçon que de crime».
La déesse de la maison, des femmes et de la cité
Bona Dea apparaît ainsi comme une figure complexe: divinité de la chasteté et de la fertilité, protectrice des femmes, mais aussi garante de la santé publique. Les récits antiques eux-mêmes oscillent entre explications morales, traditions initiatiques et mythes contradictoires, reflet d’un culte féminin largement inaccessible aux regards masculins.
Son temple, son iconographie (corne d’abondance, serpent, trône) et les témoignages des rites permettent toutefois d’entrevoir une divinité associée à la guérison, à l’abondance et à la protection du foyer: un pan essentiel de la religion romaine, où certains espaces rituels restaient entre les mains des femmes.
Sources antiques
- Cicéron, De Haruspicum Responsis 37; Lettres à Atticus 1.13; Pro Caelio 34; In Clodium et Curionem (allusions).
- Festus, De verborum significatione, entrée Fauna.
- Macrobe, Saturnales 1.12.
- Ovide, Fastes 5.148-158.
- Plutarque, Vie de César 9-10; Quaestiones Romanae 20.
- Suétone, Vie de César 74.2.
Voir aussi l’article: Un baiser pour détecter l’odeur du vin… la surveillance des femmes romaines
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Divinità dal culto segreto riservato alle donne, Bona Dea era onorata durante due feste che univano sacrificio, banchetto notturno e vino designato come «latte». Protettrice della salute e della fertilità, fu al centro dello scandalo del 62 a.C. quando Clodio si introdusse travestito in casa di Cesare.
Bona Dea: il culto segreto delle donne di Roma
Bona Dea, letteralmente «Buona Dea», occupa un posto singolare nel pantheon romano. Divinità associata alla castità, alla fecondità e alla guarigione, incarna un ideale femminile che fu al centro di diverse tradizioni religiose, pubbliche e private. Il suo nome vero era tenuto segreto e non doveva essere pronunciato durante i riti. Macrobio sottolinea la natura particolarmente segreta di questo culto, ricordando che gli uomini ne erano rigorosamente esclusi.
Alcuni autori antichi identificano Bona Dea con altre figure divine. Festo riferisce che alcuni la chiamavano Fauna, figlia o sposa di Fauno; Macrobio fornisce una versione simile, descrivendo una divinità femminile punita per aver bevuto vino e poi divinizzata con il nome di Bona Dea. Altre tradizioni la associano a Ops o a Terra, illustrando il modo in cui i Romani potevano raggruppare sotto uno stesso nome diversi aspetti di una stessa potenza. Si tratta tuttavia di speculazioni di autori esterni al culto, non di una dottrina coerente.
Due feste, due volti del culto
Bona Dea era onorata a Roma durante due grandi celebrazioni annuali, attestate dagli autori antichi:
- Il 1° maggio, durante un rito pubblico celebrato nel suo tempio sull’Aventino, santuario antico legato alla protezione del popolo romano e alla guarigione.
- All’inizio di dicembre, durante un rituale notturno strettamente riservato alle donne e celebrato nella casa di un magistrato cum imperio (console o pretore). Cicerone precisa che, per questa cerimonia, «persino le immagini dei maschi erano velate o rimosse».
La padrona di casa presiedeva i riti, assistita in particolare dalle Vestali.
Riti segreti: vino, sacrificio e guarigione
I dettagli precisi dei riti rimangono oscuri, ma diversi elementi sono riferiti dagli autori antichi:
- un sacrificio, spesso quello di una scrofa, secondo Macrobio;
- offerte di vino, mentre la tradizione morale romana associava il consumo di vino alla sfera maschile;
- un banchetto notturno in cui il vino era chiamato «latte», e in cui la giara contenente questo vino era denominata mellarium («vaso del miele»). Plutarco descrive esplicitamente questo uso destinato a dissimulare simbolicamente il vino agli occhi delle partecipanti.
Nel tempio dell’Aventino, Bona Dea era anche associata alla guarigione: vi si conservavano erbe medicinali, e serpenti –considerati benefici– vi circolavano liberamente. Si invocava la dea per la salute delle donne, la fertilità e la protezione del focolare.
Lo scandalo del 62 a.C.
Il culto di Bona Dea è soprattutto noto grazie a un’affaire politica clamorosa. Nel 62 a.C., Publio Clodio Pulcro si introdusse segretamente nella casa di Giulio Cesare, dove sua moglie Pompea presiedeva i riti. Plutarco racconta che Clodio, travestito da donna, sperava di avvicinare Pompea, ma la sua intrusione violava uno spazio rituale assolutamente vietato agli uomini.
Clodio fu giudicato per sacrilegio. Cicerone evoca questo processo, sottolineando le pressioni e la corruzione che permisero l’assoluzione. Cesare, dal canto suo, disse di non sapere nulla, ma ripudiò comunque Pompea invocando una formula divenuta proverbiale riportata da Svetonio: «voglio che i miei siano esenti tanto dal sospetto quanto dal crimine».
La dea della casa, delle donne e della città
Bona Dea appare così come una figura complessa: divinità della castità e della fertilità, protettrice delle donne, ma anche garante della salute pubblica. Gli stessi racconti antichi oscillano tra spiegazioni morali, tradizioni iniziatiche e miti contraddittori, riflesso di un culto femminile largamente inaccessibile agli sguardi maschili.
Il suo tempio, la sua iconografia (cornucopia, serpente, trono) e le testimonianze sui riti permettono tuttavia di intravedere una divinità associata alla guarigione, all’abbondanza e alla protezione del focolare: un aspetto essenziale della religione romana, dove certi spazi rituali rimanevano nelle mani delle donne.
Fonti antiche
- Cicerone, De Haruspicum Responsis 37; Lettere ad Attico 1.13; Pro Caelio 34; In Clodium et Curionem (allusioni).
- Festo, De verborum significatione, voce Fauna.
- Macrobio, Saturnales 1.12.
- Ovidio, Fasti 5.148-158.
- Plutarco, Vita di Cesare 9-10; Quaestiones Romanae 20.
- Svetonio, Vita di Cesare 74.2.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. A deity with a secret cult reserved for women, Bona Dea was honored during two festivals combining sacrifice, nocturnal banquet, and wine designated as « milk. » Protector of health and fertility, she was at the center of the scandal of 62 BCE when Clodius entered Caesar’s house in disguise.
Bona Dea: the secret cult of Roman women
Bona Dea, literally « Good Goddess, » occupies a singular place in the Roman pantheon. A deity associated with chastity, fecundity, and healing, she embodies a feminine ideal that was at the heart of several religious traditions, both public and private. Her true name was kept secret and was not to be pronounced during the rites. Macrobius emphasizes the particularly secret nature of this cult, noting that men were rigorously excluded from it.
Some ancient authors identify Bona Dea with other divine figures. Festus reports that some called her Fauna, daughter or wife of Faunus; Macrobius gives a similar version, describing a female deity punished for having drunk wine and then deified under the name Bona Dea. Other traditions associate her with Ops or Terra, illustrating the way Romans could group under a single name several aspects of the same power. These are, however, speculations by authors external to the cult, not a coherent doctrine.
Two festivals, two faces of the cult
Bona Dea was honored in Rome during two major annual celebrations, attested by ancient authors:
- On May 1st, during a public rite celebrated in her temple on the Aventine, an ancient sanctuary linked to the protection of the Roman people and to healing.
- In early December, during a nocturnal ritual strictly reserved for women and celebrated in the house of a magistrate cum imperio (consul or praetor). Cicero specifies that, for this ceremony, « even the images of males were veiled or removed. »
The mistress of the house presided over the rites, assisted notably by the Vestals.
Secret rites: wine, sacrifice, and healing
The precise details of the rites remain obscure, but several elements are reported by ancient authors:
- a sacrifice, often that of a sow, according to Macrobius;
- offerings of wine, whereas Roman moral tradition associated wine consumption with the masculine sphere;
- a nocturnal banquet where wine was called « milk, » and where the jar containing this wine was named mellarium (« honey vessel »). Plutarch explicitly describes this usage intended to symbolically conceal the wine from the participants’ eyes.
In the temple on the Aventine, Bona Dea was also associated with healing: medicinal herbs were kept there, and snakes—considered beneficial—circulated freely. The goddess was invoked for women’s health, fertility, and the protection of the household.
The scandal of 62 BCE
The cult of Bona Dea is primarily known through a resounding political affair. In 62 BCE, Publius Clodius Pulcher secretly entered the house of Julius Caesar, where his wife Pompeia was presiding over the rites. Plutarch recounts that Clodius, disguised as a woman, hoped to approach Pompeia, but his intrusion violated a ritual space absolutely forbidden to men.
Clodius was tried for sacrilege. Cicero discusses this trial, emphasizing the pressure and corruption that allowed the acquittal. Caesar, for his part, said he knew nothing, but nevertheless repudiated Pompeia, invoking a formula that became proverbial, reported by Suetonius: « I wish my family to be as free from suspicion as from crime. »
The goddess of home, women, and the city
Bona Dea thus appears as a complex figure: deity of chastity and fertility, protector of women, but also guarantor of public health. The ancient accounts themselves oscillate between moral explanations, initiatory traditions, and contradictory myths, reflecting a feminine cult largely inaccessible to male eyes.
Her temple, her iconography (cornucopia, snake, throne), and the testimonies about the rites nevertheless allow us to glimpse a deity associated with healing, abundance, and the protection of the household: an essential aspect of Roman religion, where certain ritual spaces remained in the hands of women.
Ancient sources
- Cicero, De Haruspicum Responsis 37; Letters to Atticus 1.13; Pro Caelio 34; In Clodium et Curionem (allusions).
- Festus, De verborum significatione, entry Fauna.
- Macrobius, Saturnalia 1.12.
- Ovid, Fasti 5.148-158.
- Plutarch, Life of Caesar 9-10; Quaestiones Romanae 20.
- Suetonius, Life of Caesar 74.2.
Dates
3 décembre 2026 - 4 décembre 2026 (Toute la journée)
Lieu
Urbs Roma
Urbs Roma
202605décToute la journéeFaunalia RusticaItalia romana
Description
Nonis Decembribus
Description
Nonis Decembribus

EN BREF. Faunus, ancien dieu romain des forêts et des troupeaux, était honoré le 5 décembre lors des Faunalia Rustica : les paysans lui offraient sacrifices et libations pour protéger leur bétail et leurs récoltes. Oracle mystérieux parlant en songes dans les bosquets sacrés, il fut plus tard assimilé à Pan et acquit ses cornes légendaires. Son culte perdura jusqu’au 4e siècle de notre ère.
Faunalia: célébrer le dieu des bois au cœur de l’hiver
Les Faunalia étaient des fêtes religieuses célébrées en l’honneur de Faunus, le dieu romain des bois, des champs et des créatures sauvages. Divinité rustique et pastorale, Faunus était perçu comme le protecteur des troupeaux, des agriculteurs, et plus largement des campagnes. Les Faunalia, souvent fêtées en milieu rural, constituaient un moment important pour les communautés agraires, soucieuses de maintenir un équilibre entre la nature sauvage et les activités humaines.
Le dieu Faunus
Faunus, souvent comparé à Pan dans la mythologie grecque, était une figure complexe dont le culte remonte aux origines de Rome. Il appartenait aux di indigetes, les plus anciennes divinités du panthéon romain. Dieu des forêts et des espaces sauvages, il symbolisait à la fois la fertilité de la terre et la puissance incontrôlée de la nature.
Avec l’hellénisation progressive de la religion romaine aux 3e et 2e siècles avant notre ère, Faunus fut assimilé au dieu grec Pan dans la littérature et l’iconographie. Cette assimilation transforma profondément sa représentation : alors que le Faunus archaïque n’était pas représenté avec des attributs animaux, les artistes romains commencèrent à le figurer avec des cornes et des pieds de chèvre, à l’image de Pan. Les apparitions spectrales et les sons mystérieux qu’on lui attribuait dans les régions boisées contribuèrent à cette métamorphose visuelle.
Ce dieu protégeait non seulement les troupeaux et les cultures, mais il possédait également une dimension oraculaire remarquable, pouvant délivrer des prophéties à ceux qui le consultaient. Ses pouvoirs étaient cependant ambivalents : Faunus pouvait être à la fois bienveillant, en garantissant la fertilité et la prospérité des terres, ou redoutable, en envoyant des calamités naturelles ou des maladies si on négligeait de l’honorer.
Dans les bosquets sacrés près de Tibur (l’actuelle Tivoli) et sur la colline de l’Aventin à Rome, Faunus révélait l’avenir à travers des rêves et des voix surnaturelles. Ceux qui sollicitaient ses oracles devaient pratiquer l’incubation : ils s’endormaient dans son enceinte sacrée, couchés sur des toisons d’agneaux fraîchement sacrifiés, et le dieu leur parlait en songes. Selon l’érudit Varron, ces réponses oraculaires étaient formulées en vers saturniens, l’ancien mètre de la poésie latine archaïque. Cette fonction prophétique explique son épithète de Fatuus, « le Devin », dérivé du verbe latin fari, qui signifie à la fois «parler» et «prophétiser».
Les Faunalia Rustica
Les Faunalia Rustica, célébrées le 5 décembre, étaient la principale fête dédiée à Faunus. Leur nom fait référence à la campagne (rusticus, en latin), et elles avaient lieu dans les villages et hameaux des zones rurales. Les habitants de la campagne, principalement des agriculteurs et des bergers, rendaient hommage à Faunus en tant que protecteur des troupeaux et des terres agricoles. Cette date coïncidait avec le retour du bétail des pâturages d’altitude vers les étables d’hiver, moment crucial dans le calendrier pastoral.
Les festivités comprenaient des sacrifices d’animaux, généralement des chèvres ou des chevreaux, animaux particulièrement associés à Faunus. Les sacrifices avaient pour but de garantir la bienveillance du dieu pour l’année à venir, notamment en ce qui concerne la protection des troupeaux contre les prédateurs ou les maladies. Les paysans faisaient aussi brûler des offrandes de fruits, de céréales et de vin en l’honneur du dieu, dans l’espoir d’assurer la fertilité des terres.
Une fois les sacrifices accomplis, la fête se poursuivait par des danses, des chants et des banquets, où les villageois s’abandonnaient à la joie collective, souvent dans une atmosphère de relâchement. Cette festivité incarnait un moment de répit et de convivialité au sein des communautés rurales, renforçant leurs liens sociaux après une année de labeur dans les champs.
Faunus à Rome: entre culte urbain et Lupercales
Si les Faunalia Rustica du 5 décembre étaient célébrées surtout dans les campagnes, Rome honorait aussi Faunus par une autre fête le 13 février, dans son temple situé sur l’île Tibérine. Ce jour marquait également le début du souffle de Favonius, le vent d’ouest fructifiant annonçant le retour du printemps. Le culte urbain de Faunus se distinguait ainsi du culte rural par sa dimension plus officielle et organisée.
Deux jours plus tard, le 15 février, se déroulaient les célèbres Lupercales, où Faunus était vénéré sous l’épithète de Lupercus, «celui qui écarte le loup». Douze prêtres appelés luperques sacrifiaient un bouc dans la grotte du Lupercal, au pied du mont Palatin, lieu légendaire où la louve aurait allaité Romulus et Rémus. Puis, vêtus uniquement d’un pagne en peau de bouc, ils couraient dans toute la ville de Rome, armés de lanières de peau de bouc avec lesquelles ils fouettaient les femmes qu’ils rencontraient sur leur passage pour les rendre fécondes. Ils figuraient les esprits de la nature dont Faunus était le chef de file. Ces rites mêlaient des éléments purificatoires et fécondants, certains demeurant énigmatiques même pour les Romains eux-mêmes.
Faunus dans l’imaginaire romain
Faunus occupait une place importante dans l’imaginaire romain, bien au-delà de son statut de divinité rustique. Sa figure symbolisait l’équilibre fragile entre la nature sauvage et l’activité humaine, rappelant aux Romains que, malgré leurs conquêtes et leur maîtrise technique du territoire, ils demeuraient dépendants des forces naturelles.
Des recherches récentes en mythologie comparée ont même suggéré que Faunus pourrait partager une origine indo-européenne commune avec le dieu védique Rudra, ancêtre de Shiva. Les deux divinités présentent en effet des traits similaires: nature sauvage et redoutable, mais aussi aspect «favorable» ou «propice» une fois apaisées. Cette ambivalence se reflète dans leurs noms mêmes: Faunus vient d’une racine signifiant «favorable», tandis que Rudra est invoqué sous les épithètes Bhava et Shiva, qui signifient également «favorable, propice».
Dans un monde où la nature était à la fois une source de subsistance et une force indomptable, Faunus représentait cette dualité. Il était à la fois celui qui veille et protège, et celui qui doit être apaisé pour éviter des calamités. Le caractère rituel des Faunalia montre combien la religion romaine était liée aux réalités quotidiennes des populations, notamment rurales, où le respect des forces naturelles passait par des pratiques religieuses régulières.
Le culte de Faunus persista bien au-delà de la période républicaine. Des témoignages archéologiques, comme la découverte en 1979 près de Thetford en Angleterre d’un ensemble de trente-deux cuillères du 4e siècle de notre ère gravées du nom « Faunus » avec différentes épithètes, attestent que ce dieu était encore vénéré en pleine période de christianisation de l’Empire romain.
Sources antiques
- Virgile, Énéide, VII.81-106
- Horace, Odes, III.18
- Ovide, Fastes, IV.649
- Cicéron, De Divinatione, I.101
- Varron, De Lingua Latina, VII.36
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Fauno, antico dio romano delle foreste e delle greggi, veniva onorato il 5 dicembre durante i Faunalia Rustica: i contadini gli offrivano sacrifici e libagioni per proteggere il loro bestiame e i loro raccolti. Oracolo misterioso che parlava in sogno nei boschi sacri, fu in seguito assimilato a Pan e acquisì le sue leggendarie corna. Il suo culto perdurò fino al 4° secolo della nostra era.
Faunalia: celebrare il dio dei boschi nel cuore dell’inverno
I Faunalia erano feste religiose celebrate in onore di Fauno, il dio romano dei boschi, dei campi e delle creature selvatiche. Divinità rustica e pastorale, Fauno era percepito come il protettore delle greggi, degli agricoltori e, più in generale, delle campagne. I Faunalia, spesso celebrati in ambiente rurale, costituivano un momento importante per le comunità agrarie, desiderose di mantenere un equilibrio tra la natura selvaggia e le attività umane.
Il dio Fauno
Fauno, spesso paragonato a Pan nella mitologia greca, era una figura complessa il cui culto risale alle origini di Roma. Apparteneva ai di indigetes, le più antiche divinità del pantheon romano. Dio delle foreste e degli spazi selvaggi, simboleggiava al tempo stesso la fertilità della terra e la potenza incontrollata della natura.
Con l’ellenizzazione progressiva della religione romana nel 3° e 2° secolo prima della nostra era, Fauno fu assimilato al dio greco Pan nella letteratura e nell’iconografia. Questa assimilazione trasformò profondamente la sua rappresentazione: mentre il Fauno arcaico non era rappresentato con attributi animali, gli artisti romani cominciarono a raffigurarlo con corna e piedi di capra, a immagine di Pan. Le apparizioni spettrali e i suoni misteriosi che gli venivano attribuiti nelle regioni boscose contribuirono a questa metamorfosi visiva.
Questo dio proteggeva non soltanto le greggi e le colture, ma possedeva anche una notevole dimensione oracolare, potendo rivelare profezie a coloro che lo consultavano. I suoi poteri erano tuttavia ambivalenti: Fauno poteva essere al tempo stesso benevolo, garantendo la fertilità e la prosperità delle terre, o temibile, inviando calamità naturali o malattie se si trascurava di onorarlo.
Nei boschi sacri presso Tibur (l’attuale Tivoli) e sul colle Aventino a Roma, Fauno rivelava il futuro attraverso sogni e voci soprannaturali. Coloro che sollecitavano i suoi oracoli dovevano praticare l’incubazione: si addormentavano nel suo recinto sacro, sdraiati su velli di agnelli appena sacrificati, e il dio parlava loro in sogno. Secondo l’erudito Varrone, queste risposte oracolari erano formulate in versi saturnii, l’antico metro della poesia latina arcaica. Questa funzione profetica spiega il suo epiteto di Fatuus, « l’Indovino », derivato dal verbo latino fari, che significa al tempo stesso « parlare » e « profetizzare ».
I Faunalia Rustica
I Faunalia Rustica, celebrati il 5 dicembre, erano la principale festa dedicata a Fauno. Il loro nome fa riferimento alla campagna (rusticus, in latino), e si svolgevano nei villaggi e borghi delle zone rurali. Gli abitanti della campagna, principalmente agricoltori e pastori, rendevano omaggio a Fauno in quanto protettore delle greggi e delle terre agricole. Questa data coincideva con il ritorno del bestiame dai pascoli d’altura alle stalle invernali, momento cruciale nel calendario pastorale.
Le festività comprendevano sacrifici di animali, generalmente capre o capretti, animali particolarmente associati a Fauno. I sacrifici avevano lo scopo di garantire la benevolenza del dio per l’anno a venire, in particolare per quanto riguarda la protezione delle greggi contro i predatori o le malattie. I contadini facevano anche bruciare offerte di frutti, cereali e vino in onore del dio, nella speranza di assicurare la fertilità delle terre.
Una volta compiuti i sacrifici, la festa proseguiva con danze, canti e banchetti, dove gli abitanti del villaggio si abbandonavano alla gioia collettiva, spesso in un’atmosfera di rilassamento. Questa festività incarnava un momento di tregua e convivialità in seno alle comunità rurali, rafforzando i loro legami sociali dopo un anno di lavoro nei campi.
Fauno a Roma: tra culto urbano e Lupercali
Se i Faunalia Rustica del 5 dicembre erano celebrati soprattutto nelle campagne, Roma onorava anche Fauno con un’altra festa il 13 febbraio, nel suo tempio situato sull’isola Tiberina. Questo giorno segnava anche l’inizio del soffio di Favonio, il vento d’occidente fecondante che annunciava il ritorno della primavera. Il culto urbano di Fauno si distingueva così dal culto rurale per la sua dimensione più ufficiale e organizzata.
Due giorni più tardi, il 15 febbraio, si svolgevano i celebri Lupercali, dove Fauno era venerato sotto l’epiteto di Lupercus, « colui che allontana il lupo ». Dodici sacerdoti chiamati luperci sacrificavano un caprone nella grotta del Lupercale, ai piedi del monte Palatino, luogo leggendario dove la lupa avrebbe allattato Romolo e Remo. Poi, vestiti unicamente di un perizoma in pelle di capra, correvano per tutta la città di Roma, armati di strisce di pelle di capra con le quali fustigavano le donne che incontravano sul loro passaggio per renderle feconde. Essi rappresentavano gli spiriti della natura di cui Fauno era il capofila. Questi riti mescolavano elementi purificatori e fecondanti, alcuni rimanendo enigmatici anche per gli stessi Romani.
Fauno nell’immaginario romano
Fauno occupava un posto importante nell’immaginario romano, ben oltre il suo statuto di divinità rustica. La sua figura simboleggiava il fragile equilibrio tra la natura selvaggia e l’attività umana, ricordando ai Romani che, nonostante le loro conquiste e il loro dominio tecnico del territorio, rimanevano dipendenti dalle forze naturali.
Ricerche recenti in mitologia comparata hanno persino suggerito che Fauno potrebbe condividere un’origine indoeuropea comune con il dio vedico Rudra, antenato di Shiva. Le due divinità presentano infatti tratti simili: natura selvaggia e temibile, ma anche aspetto « favorevole » o « propizio » una volta placate. Questa ambivalenza si riflette nei loro stessi nomi: Fauno deriva da una radice che significa « favorevole », mentre Rudra è invocato con gli epiteti Bhava e Shiva, che significano ugualmente « favorevole, propizio ».
In un mondo dove la natura era al tempo stesso una fonte di sussistenza e una forza indomabile, Fauno rappresentava questa dualità. Era al tempo stesso colui che veglia e protegge, e colui che deve essere placato per evitare calamità. Il carattere rituale dei Faunalia mostra quanto la religione romana fosse legata alle realtà quotidiane delle popolazioni, in particolare rurali, dove il rispetto delle forze naturali passava attraverso pratiche religiose regolari.
Il culto di Fauno persistette ben oltre il periodo repubblicano. Testimonianze archeologiche, come la scoperta nel 1979 presso Thetford in Inghilterra di un insieme di trentadue cucchiai del 4° secolo della nostra era incisi con il nome « Fauno » con diversi epiteti, attestano che questo dio era ancora venerato in pieno periodo di cristianizzazione dell’Impero romano.
Fonti antiche
- Virgilio, Eneide, VII.81-106
- Orazio, Odi, III.18
- Ovidio, Fasti, IV.649
- Cicerone, De Divinatione, I.101
- Varrone, De Lingua Latina, VII.36
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English version
IN BRIEF. Faunus, ancient Roman god of forests and flocks, was honored on December 5th during the Faunalia Rustica: peasants offered him sacrifices and libations to protect their livestock and crops. A mysterious oracle speaking in dreams within sacred groves, he was later assimilated to Pan and acquired his legendary horns. His cult persisted until the 4th century CE.
Faunalia: celebrating the god of the woods in the heart of winter
The Faunalia were religious festivals celebrated in honor of Faunus, the Roman god of woods, fields, and wild creatures. A rustic and pastoral deity, Faunus was perceived as the protector of flocks, farmers, and more broadly, the countryside. The Faunalia, often celebrated in rural settings, constituted an important moment for agrarian communities, concerned with maintaining a balance between wild nature and human activities.
The god Faunus
Faunus, often compared to Pan in Greek mythology, was a complex figure whose cult dates back to the origins of Rome. He belonged to the di indigetes, the most ancient deities of the Roman pantheon. God of forests and wild spaces, he symbolized both the fertility of the earth and the uncontrolled power of nature.
With the progressive Hellenization of Roman religion in the 3rd and 2nd centuries BCE, Faunus was assimilated to the Greek god Pan in literature and iconography. This assimilation profoundly transformed his representation: whereas the archaic Faunus was not depicted with animal attributes, Roman artists began to portray him with horns and goat’s feet, in the image of Pan. The spectral appearances and mysterious sounds attributed to him in wooded regions contributed to this visual metamorphosis.
This god protected not only flocks and crops, but also possessed a remarkable oracular dimension, able to deliver prophecies to those who consulted him. His powers were however ambivalent: Faunus could be both benevolent, guaranteeing the fertility and prosperity of lands, or formidable, sending natural calamities or diseases if one neglected to honor him.
In the sacred groves near Tibur (modern-day Tivoli) and on the Aventine Hill in Rome, Faunus revealed the future through dreams and supernatural voices. Those who sought his oracles had to practice incubation: they fell asleep in his sacred precinct, lying on the fleeces of freshly sacrificed lambs, and the god spoke to them in dreams. According to the scholar Varro, these oracular responses were formulated in Saturnian verses, the ancient meter of archaic Latin poetry. This prophetic function explains his epithet Fatuus, « the Seer, » derived from the Latin verb fari, which means both « to speak » and « to prophesy. »
The Faunalia Rustica
The Faunalia Rustica, celebrated on December 5th, were the main festival dedicated to Faunus. Their name refers to the countryside (rusticus, in Latin), and they took place in villages and hamlets of rural areas. The inhabitants of the countryside, mainly farmers and shepherds, paid homage to Faunus as protector of flocks and agricultural lands. This date coincided with the return of livestock from high pastures to winter stables, a crucial moment in the pastoral calendar.
The festivities included animal sacrifices, generally goats or kids, animals particularly associated with Faunus. The sacrifices were intended to guarantee the god’s benevolence for the coming year, particularly concerning the protection of flocks against predators or diseases. Peasants also burned offerings of fruits, grains, and wine in honor of the god, hoping to ensure the fertility of the lands.
Once the sacrifices were completed, the festival continued with dances, songs, and banquets, where villagers abandoned themselves to collective joy, often in an atmosphere of relaxation. This festivity embodied a moment of respite and conviviality within rural communities, strengthening their social bonds after a year of labor in the fields.
Faunus in Rome: between urban cult and Lupercalia
While the Faunalia Rustica of December 5th were celebrated mainly in the countryside, Rome also honored Faunus with another festival on February 13th, in his temple located on the Tiber Island. This day also marked the beginning of the breath of Favonius, the fructifying west wind announcing the return of spring. The urban cult of Faunus was thus distinguished from the rural cult by its more official and organized dimension.
Two days later, on February 15th, the famous Lupercalia took place, where Faunus was venerated under the epithet Lupercus, « he who wards off the wolf. » Twelve priests called Luperci sacrificed a goat in the Lupercal cave, at the foot of the Palatine Hill, the legendary place where the she-wolf would have nursed Romulus and Remus. Then, dressed only in a loincloth of goatskin, they ran throughout the city of Rome, armed with strips of goatskin with which they whipped the women they encountered on their way to make them fertile. They represented the spirits of nature of which Faunus was the leader. These rites mixed purificatory and fecundating elements, some remaining enigmatic even for the Romans themselves.
Faunus in the Roman imagination
Faunus occupied an important place in the Roman imagination, well beyond his status as a rustic deity. His figure symbolized the fragile balance between wild nature and human activity, reminding the Romans that, despite their conquests and technical mastery of the territory, they remained dependent on natural forces.
Recent research in comparative mythology has even suggested that Faunus might share a common Indo-European origin with the Vedic god Rudra, ancestor of Shiva. The two deities indeed present similar traits: wild and formidable nature, but also a « favorable » or « propitious » aspect once appeased. This ambivalence is reflected in their very names: Faunus comes from a root meaning « favorable, » while Rudra is invoked under the epithets Bhava and Shiva, which also mean « favorable, propitious. »
In a world where nature was both a source of subsistence and an indomitable force, Faunus represented this duality. He was both the one who watches and protects, and the one who must be appeased to avoid calamities. The ritual character of the Faunalia shows how much Roman religion was linked to the daily realities of populations, particularly rural ones, where respect for natural forces passed through regular religious practices.
The cult of Faunus persisted well beyond the Republican period. Archaeological evidence, such as the discovery in 1979 near Thetford in England of a set of thirty-two 4th-century CE spoons engraved with the name « Faunus » with different epithets, attests that this god was still venerated in the midst of the Christianization of the Roman Empire.
Ancient sources
- Virgil, Aeneid, VII.81-106
- Horace, Odes, III.18
- Ovid, Fasti, IV.649
- Cicero, De Divinatione, I.101
- Varro, De Lingua Latina, VII.36
Dates
5 décembre 2026 Toute la journée
Lieu
Italia romana
202611décToute la journéeAgonium IndigetisUrbs Roma
Description
Ante diem tertium Idus Decembres
Description
Ante diem tertium Idus Decembres

EN BREF. Les fastes romains mentionnent au 11 décembre un agonium Indigetis, rite sacrificiel archaïque accompli par le rex sacrorum à la Regia. Aucun texte antique ne précise la divinité honorée. L’identification avec Sol Indiges est tardive et discutée. Selon Angelo Brelich, cette date ouvre le cycle hivernal menant au renouvellement annuel du temps.
Agonium Indigetis: un rite archaïque au seuil de l’hiver
Parmi les fêtes religieuses les plus anciennes du calendrier romain figurent les Agonalia, célébrées à plusieurs reprises au cours de l’année, notamment le 9 janvier, le 21 mai et le 11 décembre. Ces rites archaïques, dont les Anciens eux-mêmes reconnaissaient le caractère obscur, apparaissent dans les fastes comme des sacrifices publics destinés à assurer la protection de la cité et le maintien de l’ordre du monde.
Une fête attestée par les fastes
Pour le 11 décembre, les calendriers antiques (fastes) mentionnent explicitement un agonium Indigetis. Cette indication est d’ordre strictement calendaire et rituel : elle atteste l’existence d’un sacrifice accompli ce jour-là en l’honneur d’un Indiges, sans préciser la nature de la divinité honorée ni développer de théologie associée. Aucun auteur antique contemporain n’explicite le sens exact de cette célébration.
Les Agonalia, dans leur ensemble, demeuraient déjà problématiques à l’époque augustéenne. Ovide, dans les Fastes (I, 317–334), à propos de l’Agonalia de janvier consacrée à Janus, souligne l’incertitude qui entoure jusqu’à l’étymologie même du nom Agonalia, proposant plusieurs explications concurrentes sans en privilégier aucune. Ce témoignage ne concerne pas directement l’Agonalia de décembre, mais il montre que le sens originel de ces rites archaïques échappait déjà aux Romains eux-mêmes.
Le rite : sacrifice et cadre cultuel
Le rituel de l’Agonalia est cependant connu dans ses grandes lignes. Il consistait en le sacrifice propitiatoire d’un bélier (aries), offert par le rex sacrorum (parfois désigné comme rex sacrificulus), prêtre héritier symbolique de la royauté archaïque. La cérémonie se déroulait à la Regia, bâtiment sacré situé près du Forum, centre religieux et politique de la Rome ancienne. Il s’agissait d’un acte cultuel public, accompli selon un strict formalisme, visant à assurer la faveur divine envers la communauté civique.
Indiges et Di Indigetes
Le terme Indiges renvoie à la catégorie des Di Indigetes, un ensemble de divinités ou de puissances considérées par les Romains comme anciennes et étroitement liées aux origines de la cité. Selon le dictionnaire Gaffiot, il s’agit de dieux «nationaux» ou «originels». La recherche moderne souligne cependant que le sens exact du terme demeure discuté. Indiges pourrait également dériver du verbe indigitare, «invoquer par le nom», désignant des puissances appelées rituellement plutôt que des dieux dotés d’une mythologie définie.
Dans ce cadre, l’agonium Indigetis du 11 décembre ne renvoie pas nécessairement à une divinité individualisée, mais plus vraisemblablement à un numen ancien, invoqué dans un contexte rituel précis, conformément aux pratiques de la religion romaine archaïque.
Interprétations et dimension cosmique
L’identification de l’Indiges honoré le 11 décembre avec une divinité solaire, Sol Indiges, n’est pas attestée par les fastes eux-mêmes. Elle repose sur une interprétation tardive, notamment formulée par Jean le Lydien (De Mensibus, IV, 155, 6e siècle après notre ère), et reprise par une partie de la tradition érudite postérieure. Cette association demeure donc hypothétique et ne saurait être présentée comme une certitude.
La position calendaire de cette Agonalia n’en est pas moins significative. Placée à la mi-décembre, à l’approche du solstice d’hiver, elle marque l’entrée dans une période charnière de l’année. L’historien des religions Angelo Brelich a montré que l’agonium Indigetis constituait le point d’ouverture d’un cycle de fêtes hivernales, qui se prolonge jusqu’à l’Agonalia de janvier consacrée à Janus, inscrivant ainsi cette célébration dans une logique de renouvellement cosmique annuel.
Dans cette perspective, l’Agonalia du 11 décembre ne relève pas d’un culte solaire explicite, mais d’une conception archaïque du temps, fondée sur la régularité des cycles naturels et sur la nécessité de les garantir par des rites accomplis à dates fixes. Le sacrifice vise moins à célébrer une divinité clairement définie qu’à maintenir l’équilibre entre les dieux, l’année qui s’achève et celle qui commence, et la communauté humaine.
De l’agonium Indigetis à Sol Invictus
À partir du 3e siècle après notre ère, le paysage religieux romain connaît une transformation profonde. Sous le règne de l’empereur Aurélien, le culte de Sol Invictus devient central dans l’idéologie impériale. Cette divinité solaire, d’origine orientale et dotée d’une forte charge politique, se distingue nettement du discret Indiges mentionné dans les fastes archaïques.
Entre l’agonium Indigetis du 11 décembre et le triomphe impérial de Sol Invictus se dessine ainsi une évolution du rapport romain au soleil: d’un rite propitiatoire ancien, inscrit dans l’ordre cosmique et le rythme de l’année, à une divinité solaire universelle, garante de la stabilité et de la puissance du pouvoir impérial.
Sources antiques
- Ovide, Fastes, I, 317–334.
- Jean le Lydien, De Mensibus, IV, 155.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. I fasti romani menzionano all’11 dicembre un agonium Indigetis, rito sacrificale arcaico officiato dal rex sacrorum alla Regia. Nessun testo antico precisa la divinità onorata. L’identificazione con Sol Indiges è tardiva e discussa. Secondo Angelo Brelich, questa data apre il ciclo invernale che conduce al rinnovamento annuale del tempo.
Agonium Indigetis : un rito arcaico alla soglia dell’inverno
Tra le feste religiose più antiche del calendario romano figurano le Agonalia, celebrate più volte nel corso dell’anno, in particolare il 9 gennaio, il 21 maggio e l’11 dicembre. Questi riti arcaici, il cui carattere oscuro era già riconosciuto dagli stessi Antichi, compaiono nei fasti come sacrifici pubblici destinati a garantire la protezione della città e il mantenimento dell’ordine del mondo.
Una festa attestata dai fasti
Per l’11 dicembre, i calendari antichi (fasti) menzionano esplicitamente un agonium Indigetis. Questa indicazione è di natura strettamente calendariale e rituale: attesta l’esistenza di un sacrificio compiuto in quel giorno in onore di un Indiges, senza precisare la natura della divinità onorata né sviluppare una teologia associata. Nessun autore antico contemporaneo esplicita il significato preciso di questa celebrazione.
Le Agonalia, nel loro insieme, apparivano già problematiche in età augustea. Ovidio, nei Fasti (I, 317–334), a proposito dell’Agonalia di gennaio dedicata a Giano, sottolinea l’incertezza che circonda persino l’etimologia del nome Agonalia, proponendo diverse spiegazioni concorrenti senza privilegiarne alcuna. Questa testimonianza non riguarda direttamente l’Agonalia di dicembre, ma mostra come il significato originario di questi riti arcaici sfuggisse già ai Romani stessi.
Il rito : sacrificio e quadro cultuale
Il rituale dell’Agonalia è tuttavia noto nelle sue linee essenziali. Consisteva nel sacrificio propiziatorio di un montone (aries), offerto dal rex sacrorum (talvolta designato come rex sacrificulus), sacerdote erede simbolico della regalità arcaica. La cerimonia si svolgeva alla Regia, edificio sacro situato presso il Foro, centro religioso e politico della Roma antica. Si trattava di un atto cultuale pubblico, compiuto secondo un rigoroso formalismo, volto ad assicurare il favore divino alla comunità civica.
Indiges e Di Indigetes
Il termine Indiges rinvia alla categoria dei Di Indigetes, un insieme di divinità o potenze considerate dai Romani come antiche e strettamente legate alle origini della città. Secondo il dizionario di Gaffiot, si tratta di dèi « nazionali » o « originari ». La ricerca moderna sottolinea tuttavia che il significato esatto del termine resta discusso. Indiges potrebbe anche derivare dal verbo indigitare, « invocare per nome », designando potenze chiamate ritualmente piuttosto che divinità dotate di una mitologia definita.
In questo quadro, l’agonium Indigetis dell’11 dicembre non rinvia necessariamente a una divinità individualizzata, ma più verosimilmente a un numen antico, invocato in un contesto rituale preciso, conforme alle pratiche della religione romana arcaica.
Interpretazioni e dimensione cosmica
L’identificazione dell’Indiges onorato l’11 dicembre con una divinità solare, Sol Indiges, non è attestata dai fasti stessi. Essa si fonda su un’interpretazione tardiva, formulata in particolare da Giovanni Lido (De Mensibus, IV, 155, VI secolo dopo la nostra era), e ripresa da una parte della tradizione erudita successiva. Tale associazione resta pertanto ipotetica e non può essere presentata come una certezza.
La posizione calendariale di questa Agonalia è tuttavia significativa. Collocata a metà dicembre, in prossimità del solstizio d’inverno, essa segna l’ingresso in una fase cruciale dell’anno. Lo storico delle religioni Angelo Brelich ha mostrato che l’agonium Indigetis costituiva il punto di apertura di un ciclo di feste invernali, che si prolungava fino all’Agonalia di gennaio consacrata a Giano, inserendo così questa celebrazione in una logica di rinnovamento cosmico annuale.
In questa prospettiva, l’Agonalia dell’11 dicembre non appartiene a un culto solare esplicito, ma a una concezione arcaica del tempo, fondata sulla regolarità dei cicli naturali e sulla necessità di garantirli mediante riti compiuti in date fisse. Il sacrificio mira meno a celebrare una divinità chiaramente definita che a mantenere l’equilibrio tra gli dèi, l’anno che si conclude e quello che comincia, e la comunità umana.
Dall’agonium Indigetis a Sol Invictus
A partire dal 3º secolo dopo la nostra era, il paesaggio religioso romano conosce una trasformazione profonda. Sotto il regno dell’imperatore Aureliano, il culto di Sol Invictus diviene centrale nell’ideologia imperiale. Questa divinità solare, di origine orientale e dotata di una forte carica politica, si distingue nettamente dal discreto Indiges menzionato nei fasti arcaici.
Tra l’agonium Indigetis dell’11 dicembre e il trionfo imperiale di Sol Invictus si delinea così un’evoluzione del rapporto romano con il sole: da un rito propiziatorio antico, inscritto nell’ordine cosmico e nel ritmo dell’anno, a una divinità solare universale, garante della stabilità e della potenza del potere imperiale.
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English version
IN BRIEF. The Roman fasti record on 11 December an agonium Indigetis, an archaic sacrificial rite performed by the rex sacrorum at the Regia. No ancient text specifies the deity honoured. The identification with Sol Indiges is late and disputed. According to Angelo Brelich, this date opens the winter cycle leading to the annual renewal of time.
Agonium Indigetis: an archaic rite at the threshold of winter
Among the oldest religious festivals of the Roman calendar are the Agonalia, celebrated several times during the year, notably on 9 January, 21 May, and 11 December. These archaic rites, whose obscure character was already acknowledged by the Ancients themselves, appear in the fasti as public sacrifices intended to ensure the protection of the city and the maintenance of the order of the world.
A festival attested by the fasti
For 11 December, the ancient calendars (fasti) explicitly mention an agonium Indigetis. This indication is strictly calendrical and ritual in nature: it attests the existence of a sacrifice performed on that day in honour of an Indiges, without specifying the nature of the deity honoured or developing any associated theology. No contemporary ancient author explains the exact meaning of this celebration.
The Agonalia as a whole already appeared problematic in the Augustan age. Ovid, in the Fasti (I, 317–334), discussing the Agonalia of January dedicated to Janus, emphasizes the uncertainty surrounding even the etymology of the name Agonalia, proposing several competing explanations without privileging any single one. Although this testimony does not directly concern the December Agonalia, it shows that the original meaning of these archaic rites already eluded the Romans themselves.
The rite: sacrifice and cultic setting
The ritual of the Agonalia is nevertheless known in its broad outlines. It consisted of the propitiatory sacrifice of a ram (aries), offered by the rex sacrorum (sometimes referred to as rex sacrificulus), a priest who was the symbolic heir of archaic kingship. The ceremony took place at the Regia, a sacred building located near the Forum, the religious and political centre of ancient Rome. It was a public cult act, performed according to strict formal rules, intended to secure divine favour for the civic community.
Indiges and the Di Indigetes
The term Indiges refers to the category of the Di Indigetes, a group of deities or powers regarded by the Romans as ancient and closely connected with the city’s origins. According to Gaffiot’s dictionary, these are “national” or “original” gods. Modern scholarship, however, stresses that the precise meaning of the term remains debated. Indiges may also derive from the verb indigitare, “to invoke by name,” designating powers ritually called upon rather than gods endowed with a defined mythology.
Within this framework, the agonium Indigetis of 11 December does not necessarily refer to an individualized deity, but more plausibly to an ancient numen, invoked within a specific ritual context, in keeping with the practices of archaic Roman religion.
Interpretations and the cosmic dimension
The identification of the Indiges honoured on 11 December with a solar deity, Sol Indiges, is not attested by the fasti themselves. It rests on a late interpretation, notably formulated by John the Lydian (De Mensibus, IV, 155, 6th century after our era), and taken up by part of the subsequent scholarly tradition. This association therefore remains hypothetical and cannot be presented as a certainty.
The calendrical position of this Agonalia is nonetheless significant. Placed in mid-December, close to the winter solstice, it marks entry into a critical phase of the year. The historian of religions Angelo Brelich has shown that the agonium Indigetis constituted the opening point of a cycle of winter festivals, which extended as far as the January Agonalia dedicated to Janus, thus situating this celebration within a logic of annual cosmic renewal.
From this perspective, the Agonalia of 11 December does not belong to an explicit solar cult, but to an archaic conception of time, based on the regularity of natural cycles and on the need to secure them through rites performed on fixed dates. The sacrifice aims less at celebrating a clearly defined deity than at maintaining the balance between the gods, the year that is ending and the one that is beginning, and the human community.
From the agonium Indigetis to Sol Invictus
From the 3rd century after our era onwards, the Roman religious landscape underwent a profound transformation. Under the reign of Emperor Aurelian, the cult of Sol Invictus became central to imperial ideology. This solar deity, of eastern origin and endowed with a strong political charge, stands in marked contrast to the discreet Indiges mentioned in the archaic fasti.
Between the agonium Indigetis of 11 December and the imperial triumph of Sol Invictus thus emerges an evolution in the Roman relationship to the sun: from an ancient propitiatory rite, embedded in the cosmic order and the rhythm of the year, to a universal solar deity, guarantor of the stability and power of imperial rule.
Dates
11 décembre 2026 Toute la journée
Lieu
Urbs Roma
Urbs Roma
202617décToute la journée23SaturnaliaOrbis romanus
Description
Ante diem sextum decimum Kalendas Ianuarias - Ante diem decimum Kalendas Ianuarias
Description
Ante diem sextum decimum Kalendas Ianuarias – Ante diem decimum Kalendas Ianuarias

Saturnalia: le retour symbolique de l’âge d’or
Les Saturnalia étaient parmi les célébrations les plus populaires et emblématiques de la Rome antique, honorant Saturne, le dieu associé au temps et à l’âge d’or. Ces fêtes se déroulaient chaque année à la mi-décembre, commençant officiellement le 17 décembre et pouvant se prolonger jusqu’au 23. Elles évoquaient symboliquement le retour de l’âge d’or de Saturne, un temps mythique d’abondance et d’égalité.
La fête débutait par un sacrifice rituel au temple de Saturne, dans le Forum romain. Les liens de laine entourant la statue du dieu étaient dénoués pour l’occasion. Durant les Saturnalia, le travail était suspendu, les tribunaux fermés, et la vie quotidienne laissait place à des banquets animés où nourriture et vin étaient largement partagés.
Un des aspects les plus caractéristiques de la fête était l’inversion temporaire des rôles sociaux. Les esclaves bénéficiaient d’une liberté inhabituelle: ils étaient servis par leurs maîtres, pouvaient plaisanter ou se moquer d’eux, et participaient pleinement aux réjouissances. Cette période de licence rituelle instaurait un climat volontairement renversé, rappelant l’égalité supposée de l’âge d’or.
L’échange de cadeaux était également une tradition bien établie. Les Romains offraient notamment des figurines en cire ou en terre cuite (sigillaria) ainsi que des denrées alimentaires, gestes symboliques renforçant les liens familiaux et amicaux.
À long terme, les Saturnalia ont laissé une empreinte durable dans la culture romaine et dans certaines traditions hivernales ultérieures. Plusieurs coutumes des fêtes de fin d’année, comme les repas festifs ou l’échange de cadeaux, présentent des parallèles avec les Saturnalia, sans qu’une filiation directe soit assurée.
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Versione italiana
Saturnalia: il ritorno simbolico dell’età dell’oro
Le Saturnalia erano tra le celebrazioni più popolari ed emblematiche della Roma antica, in onore di Saturno, il dio associato al tempo e all’età dell’oro. Queste feste si svolgevano ogni anno a metà dicembre, iniziando ufficialmente il 17 dicembre e potendo protrarsi fino al 23. Esse evocavano simbolicamente il ritorno dell’età dell’oro di Saturno, un tempo mitico di abbondanza e uguaglianza.
La festa cominciava con un sacrificio rituale nel tempio di Saturno, nel Foro Romano. I legacci di lana che avvolgevano la statua del dio venivano sciolti per l’occasione. Durante i Saturnalia, il lavoro era sospeso, i tribunali chiusi e la vita quotidiana lasciava il posto a banchetti animati, in cui cibo e vino venivano condivisi generosamente.
Uno degli aspetti più caratteristici della festa era l’inversione temporanea dei ruoli sociali. Gli schiavi godevano di una libertà insolita: venivano serviti dai loro padroni, potevano scherzare con loro o persino prendersene gioco, e partecipavano pienamente ai festeggiamenti. Questo periodo di licenza rituale instaurava un clima volutamente rovesciato, richiamando l’uguaglianza supposta dell’età dell’oro.
Lo scambio di doni era anch’esso una tradizione ben consolidata. I Romani offrivano in particolare figurine in cera o in terracotta (sigillaria), così come generi alimentari: gesti simbolici che rafforzavano i legami familiari e amicali.
A lungo termine, i Saturnalia hanno lasciato un’impronta duratura nella cultura romana e in alcune tradizioni invernali successive. Diverse usanze delle festività di fine anno, come i banchetti o lo scambio di doni, presentano paralleli con i Saturnalia, pur senza attestare una filiazione diretta.
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English version
Saturnalia: the symbolic return of the Golden Age
The Saturnalia were among the most popular and emblematic celebrations of ancient Rome, honoring Saturn, the god associated with time and the Golden Age. These festivities took place each year in mid-December, beginning officially on 17 December and sometimes extending until the 23rd. They symbolically evoked the return of Saturn’s Golden Age, a mythical time of abundance and equality.
The festival opened with a ritual sacrifice at the Temple of Saturn in the Roman Forum. The woolen bonds that surrounded the statue of the god were untied for the occasion. During the Saturnalia, work was suspended, the courts were closed, and daily life gave way to lively banquets where food and wine were generously shared.
One of the most characteristic aspects of the festival was the temporary inversion of social roles. Enslaved people enjoyed an unusual degree of freedom: they were served by their masters, could joke with them or even mock them, and took full part in the celebrations. This period of ritual license created a deliberately overturned atmosphere, recalling the presumed equality of the Golden Age.
The exchange of gifts was also a well-established tradition. Romans offered figurines made of wax or terracotta (sigillaria), as well as foodstuffs—symbolic gestures that strengthened family and friendship bonds.
In the long term, the Saturnalia left a lasting mark on Roman culture and on certain later winter traditions. Several features of present-day end-of-year festivities, such as celebratory meals or the exchange of gifts, show parallels with the Saturnalia, even though no direct lineage can be firmly established.
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Dates
17 décembre 2026 - 23 décembre 2026 (Toute la journée)
Lieu
Orbis romanus










