Nunc est bibendum est une association culturelle sans but lucratif dédiée à l'évocation de l'Antiquité par les arts de la table.
Evénements à venir
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202626sept17:3022:00Nuit des musées à PullyArchéoLab, Pully, Vaud, Suisse
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L'association Nunc est bibendum sera présente à la Nuit des Musées de Pully, à l'ArchéoLab – Villa romaine de Pully, à l'occasion du vernissage de la nouvelle exposition Quel
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L’association Nunc est bibendum sera présente à la Nuit des Musées de Pully, à l’ArchéoLab – Villa romaine de Pully, à l’occasion du vernissage de la nouvelle exposition Quel Cirque ! Jeux et spectacles chez les Romains.
De 17h30 à 22h, venez tester vos sens avec notre Gustatio ludique : identifiez les épices et parfums qui agrémentaient les plats de l’Antiquité, et défiez vos proches aux jeux de société pratiqués par les Romains. Une animation interactive, en résonance avec le thème de la soirée, accessible à toutes et tous.
Entrée dans le cadre de la Nuit des Musées.
ArchéoLab
202603oct14:0015:00Tous en Jeux fête ses 10 ans: Nunc est de la partieBellevue
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3–4 octobre 2026 – Un week-end consacré au jeu sous toutes ses formes Pour célébrer ses 10 ans, l’association Tous en Jeux organise un grand week-end ludique réunissant
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3–4 octobre 2026 – Un week-end consacré au jeu sous toutes ses formes
Pour célébrer ses 10 ans, l’association Tous en Jeux organise un grand week-end ludique réunissant associations, créateurs et passionnés. Jeux de société et de rôles, escape games, tournois, quiz, blind tests, échecs, retrogaming, peinture sur figurines et animations pour les enfants seront notamment au programme.
Nunc est bibendum sera de la partie avec un voyage dans le temps, à la découverte des jeux pratiqués il y a 2000 ans et plus.
À quoi jouait-on dans l’Antiquité?
À quels jeux jouait-on dans le monde méditerranéen antique? Pourquoi jouait-on et, surtout, comment peut-on connaître aujourd’hui les règles de jeux disparus depuis des siècles?
Manuel Grandjean, président de Nunc est bibendum, abordera ces questions lors d’une courte conférence. Elle sera suivie d’une initiation pratique permettant de s’essayer à l’Aseb égyptien, au Ludus latrunculorum romain – un jeu de stratégie militaire – ou encore au mystérieux Ludus coriovalli, dont les règles viennent de faire l’objet d’une reconstitution avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Samedi 3 octobre à 14h – conférence et initiation aux jeux antiques
Festival: samedi 3 octobre de 11h à 2h; dimanche 4 octobre de 11h à 17h.
Sans inscription.
Dates
3 octobre 2026 14:00 - 15:00
Lieu
Bellevue
202614oct18:0020:30Assemblée générale 2026
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L' assemblée générale de l'association Nunc est bibendum aura lieu mercredi 14 octobre 2026 dès 18h à Genève (Jonction). L'assemblée est ouverte aux membres et aux personnes intéressées (pour
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L’ assemblée générale de l’association Nunc est bibendum aura lieu
mercredi 14 octobre 2026 dès 18h
à Genève (Jonction).
L’assemblée est ouverte aux membres et aux personnes intéressées (pour adhérer à l’association, suivre ce lien).
📌 Les détails du lieu et de l’ordre du jour sont transmis par courriel aux personnes qui auront rempli le formulaire ci-dessous.
Votre réponse facilitera notre organisation. Merci!
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La partie statutaire sera suivie d’une conférence de Jérôme Gavin:
«Compter et calculer sous les yeux de Jupiter»
Comment les Romains faisaient-ils une addition? La question paraît simple, mais la réponse l’est beaucoup moins. Pour tenter d’y répondre, il faut mener une véritable enquête, en confrontant les textes, les objets et les indices susceptibles de constituer des preuves.
Enseignant au Collège Voltaire à Genève et coauteur de nombreux ouvrages, Jérôme Gavin est spécialiste de l’histoire du calcul. Son travail associe constamment rigueur scientifique, souci de rendre les connaissances accessibles au plus large public et dialogue entre les disciplines.
Un apéritif romain conclura la soirée, l’occasion de prolonger les échanges dans un cadre convivial.
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Dates
14 octobre 2026 18:00 - 20:30
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Exposition(s) ou festival(s) en vedette
Date
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la pop culture japonaise et de l’une de ses sources d’inspiration, l’Antiquité gréco-romaine.
De la fascination des élites nippones du 19e siècle pour la Grèce antique à l’influence actuelle du manga et de l’animation japonaise sur les artistes francophones, en passant par la déferlante en Europe du media mix des années 80, l’exposition Kodai témoigne d’un dialogue inattendu entre deux cultures. Deux cultures que rien ne prédisposait à se croiser, mais dont la rencontre a donné naissance à un univers foisonnant, en perpétuelle réinvention. Outre la créativité des artistes japonais et la qualité de leurs oeuvres, Kodai met en lumière la force de l’Antiquité et de ses représentations, foyer d’imaginaire, au-delà des mers et à travers le temps.
Dates
29 mai 2026 15:32 - 24 janvier 2027 15:32
Musée romain de Lausanne-Vidy
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L’ArchéoLab – Villa romaine de Pully vous invite dans l’arène pour découvrir les courses de
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L’ArchéoLab – Villa romaine de Pully vous invite dans l’arène pour découvrir les courses de chars, les combats de gladiateurs et les performances théâtrales qui fascinaient les Romains. Amphithéâtres vertigineux, cirques immenses ou théâtres richement décorés, le monde captivant du spectacle antique se décline au long d’une exposition qui prend ses quartiers dans la Villa romaine de Pully, après avoir connu un grand succès à Lugdunum – Musée et théâtres romains de Lyon.
Visitez les édifices de spectacles antiques, partez à la rencontre des stars des jeux et découvrez les coulisses et l’héritage de ces divertissements symbolisant la puissance de la civilisation romaine. Au coeur de ce parcours, la grande fresque à l’aurige de la Villa romaine de Pully s’anime à travers un nouveau dispositif conçu pour redonner vie aux fascinants jeux du cirque qui s’y déroulent.
L’exposition Quel Cirque ! s’inscrit dans la suite de la saison culturelle La Villa dans tous ses états, dédiée aux jeux et spectacles antiques, et s’accompagne d’un programme d’événements ludiques et variés, enrichi de nombreux partenariats.
ArchéoLab
Les prochaines fêtes du calendrier romain
Date
202601octToute la journéeTigillum Sororium
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Kalendis Octobribus
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Kalendis Octobribus

EN BREF. Une simple poutre de bois, tendue au-dessus d’une rue de Rome et de deux autels, recevait chaque année des sacrifices, et un calendrier en fixe la fête au 1er octobre. Les Romains y voyaient le lieu où le dernier des Horaces, vainqueur des Curiaces, avait expié le meurtre de sa sœur. Les sources suggèrent un rite plus ancien que la légende chargée de l’expliquer.
Tigillum Sororium: la poutre qui purifiait du sang versé
Selon Tite-Live, Horace rentrait à Rome en seul survivant des trois frères choisis pour affronter les trois Curiaces d’Albe, portant devant lui les dépouilles de ses adversaires, lorsque sa sœur est venue à sa rencontre devant la porte Capène. Fiancée à l’un des Curiaces, elle a reconnu sur les épaules de son frère le manteau de guerre qu’elle avait confectionné pour son promis, a dénoué ses cheveux et appelé le mort en sanglotant. Horace a tiré son épée et l’a transpercée: «Qu’ainsi s’en aille toute Romaine qui pleurera un ennemi.»[1]
Le meurtrier venait d’assurer à Rome la domination sur Albe, mais il avait versé le sang de sa propre famille. Le roi Tullus Hostilius a remis l’affaire à deux juges, qui l’ont condamné à mort pour crime contre l’État, en vertu d’une loi archaïque. Horace en a appelé au peuple. Son père a plaidé que sa fille avait été tuée à bon droit. Émue par ses larmes, l’assemblée a acquitté le jeune homme, davantage par admiration pour son courage que par conviction sur le fond.
Une poutre en travers de la rue
Aux yeux des Romains, l’acquittement réglait la question judiciaire… mais sans effacer la souillure religieuse. Tite-Live décrit la suite:
«Pour qu’un meurtre aussi manifeste soit malgré tout racheté par une expiation, on a ordonné au père de purifier son fils aux frais de l’État. Après avoir accompli certains sacrifices expiatoires, transmis ensuite à la famille des Horaces, il a fait tendre une poutre en travers de la rue et, la tête voilée, a fait passer le jeune homme dessous, comme sous un joug.»[2]
Le geste évoquait le joug sous lequel on faisait passer les ennemis vaincus, formé de «deux lances plantées en terre, une troisième attachée à leur sommet, en forme de porte»[3].
Denys d’Halicarnasse, contemporain de l’empereur Auguste, livre un récit un peu différent. Il ne confie pas l’expiation au père mais à des prêtres. Le roi les a fait venir pour apaiser les dieux et laver Horace de sa souillure «par les rites prévus pour les homicides involontaires», bien que le meurtre ait été délibéré. Ils ont élevé deux autels, l’un à Junon, qui veille sur les sœurs, l’autre à Janus, surnommé Curiatius d’après les Curiaces, dont Denys fait les cousins d’Horace. Des sacrifices et d’autres purifications ont suivi, et le passage sous le joug a clos la cérémonie[4].
Le lexicographe Festus, héritier d’une tradition savante plus ancienne, parle pour sa part d’une accusation de parricide, un terme qui désignait alors le meurtre d’un proche, puis d’un appel victorieux au peuple. Horace est ensuite passé «sous deux poutres surmontées d’une troisième, que son père avait dressées, comme envoyé sous le joug». Des autels ont été consacrés sur place à Junon Sororia et à Janus Curiatius, et il a été «délivré de toute souillure de son crime, avec l’approbation des auspices»[5].
Un monument entretenu pendant des siècles
Tite-Live assure que la poutre subsistait encore de son temps, «toujours restaurée aux frais de l’État», et qu’on l’appelait Tigillum Sororium, la «poutre de la sœur»[6]. Les passants de l’époque d’Auguste voyaient donc un bois renouvelé, qui avait gardé son nom et sa fonction.
Denys situe le lieu dans la ruelle qui descendait des Carènes quand on se dirigeait vers la rue Cuprius. Les deux autels élevés alors s’y dressaient toujours de son temps, surmontés d’une poutre fixée dans les deux murs qui se faisaient face, au-dessus de la tête des passants. Il traduisait son nom pour ses lecteurs grecs par «poutre de la sœur». Tenu pour sacré par tous les Romains, l’endroit était «honoré chaque année par des sacrifices»[7]. Au 4e siècle de notre ère, semble-t-il, un commentateur de Cicéron décrivait encore la traverse posée au-dessus des deux autels. Il ajoutait que ce rite d’expiation, «conservé dans la mémoire jusqu’à aujourd’hui, porte le nom de Tigillum Sororium»[8].
Le calendrier gravé des frères Arvales, un collège de prêtres, confirme ce culte indépendamment de la légende et en fixe la date. Aux calendes d’octobre, le 1er du mois, il mentionne une célébration «au Tigillum Sororium, près du carrefour des Acilii»[9]. Selon Pline l’Ancien, qui suit l’annaliste Cassius Hemina, c’est dans ce carrefour qu’Archagathus, présenté comme le premier médecin grec venu exercer à Rome, a reçu en 219 avant notre ère une boutique achetée aux frais de l’État[10]. En 1932, le percement de la Via dei Fori Imperiali a mis au jour le petit sanctuaire du carrefour, dont les inscriptions nommaient les magistrats du quartier. Il a été détruit presque aussitôt pour faire place à la chaussée. La poutre, elle, n’a laissé aucune trace.
Au 4e siècle, les inventaires des quartiers de Rome mentionnent encore la poutre dans la quatrième région, entre le temple de Tellus et le Colosse de Néron, sous la forme altérée de «poutre des sœurs»[11]. La présence du toponyme ne permet pas de savoir si l’on y sacrifiait toujours. Quant au calendrier, il ne décrit pas la cérémonie: il ne mentionne ni soldats, ni passage collectif sous la poutre.
Un rite plus vieux que sa légende
La recherche moderne ne tient généralement pas l’épisode des Horaces pour le compte rendu d’un événement historique de l’époque royale. Selon l’interprétation la plus répandue, un lieu de culte ancien, dont le sens s’était obscurci, aurait reçu après coup une histoire capable d’expliquer à la fois le passage sous le joug et les deux surnoms divins. Sororia est ainsi devenue la Junon «de la sœur», Curiatius le Janus «des Curiaces».
Pour le culte ancien, plusieurs indices orientent vers un rite de passage. Janus présidait aux seuils et aux commencements, et la structure formait une porte artificielle dressée sur un axe de circulation. La date compte aussi: le 1er octobre ouvre un mois marqué par des fêtes guerrières, avec le sacrifice du Cheval d’Octobre le 15 et la purification des armes le 19. D’où une hypothèse moderne: le lieu aurait servi, à l’origine, à rendre les combattants à la vie civique au terme de la campagne. Le passage sous la poutre aurait alors moins effacé une faute que marqué un changement d’état, débarrassant le guerrier de la fureur et de la souillure du combat avant son retour parmi les siens. Horace, qui tue encore une fois rentré en ville, incarnerait ce danger. Aucun texte antique n’affirme toutefois que l’armée passait sous le Tigillum Sororium.
On a aussi proposé de faire de la poutre un lieu d’initiation. Janus Curiatius, dont le surnom a été rapproché des curies, les divisions du peuple de la ville de Rome, y aurait accueilli les jeunes gens entrant dans la communauté des adultes. Pour les filles, on s’est appuyé sur une notice de Festus placée juste après celle de la poutre. Il y explique qu’on employait un verbe très proche du surnom de la déesse (sororiare) pour dire que les seins des jeunes filles «commencent à gonfler»[12]. Junon Sororia aurait alors veillé sur la puberté féminine. Cette piste est la plus fragile. En latin, «Sororia» se rattache tout naturellement au mot «sœur»: l’adjectif dont il vient signifie couramment «de la sœur», et rien n’oblige à lui chercher une autre origine. Aucune source ne montre d’ailleurs des jeunes filles franchissant la poutre.
Une dernière proposition fait du monument le vestige d’une ancienne entrée de la communauté établie sur le Palatin et la Velia, avant l’extension de la ville. La localisation du lieu est bien établie, mais son identification à une porte d’enceinte reste une reconstruction.
Études modernes consultées
- Beness J. L., Hillard T., «A prehistory of Roman domestic violence», Bulletin of the Institute of Classical Studies 66/2, 2023, p. 111–123.
- Boëls-Janssen N., La vie religieuse des matrones dans la Rome archaïque, Rome, École française de Rome, 1993 (Collection de l’École française de Rome, 176), p. 38–44.
- Dondin-Payre M., «Topographie et propagande gentilice: le compitum Acilium et l’origine des Acilii Glabriones», Publications de l’École française de Rome 98, 1987, p. 87–109.
- Dumézil G., «Lecture de Tite-Live», Cahiers pour l’analyse 7, 1967 (reprise du chapitre IV de Horace et les Curiaces, Paris, 1942).
- Platner S. B., Ashby T., A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londres, 1929, s.v. «Tigillum Sororium», p. 538–539.
- Digital Augustan Rome, notice «Tigillum Sororium» (digitalaugustanrome.org).
[1] Tite-Live, Ab Urbe condita, I, 26, 4: Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem.
[2] Tite-Live, Ab Urbe condita, I, 26, 12–13: Itaque ut caedes manifesta aliquo tamen piaculo lueretur, imperatum patri ut filium expiaret pecunia publica. Is quibusdam piacularibus sacrificiis factis quae deinde genti Horatiae tradita sunt, transmisso per viam tigillo, capite adoperto velut sub iugum misit iuvenem.
[3] Festus, De verborum significatu, s.v. Sub iugum mitti, p. 394 Lindsay: Sub iugum mitti dicuntur hostes victi, ereptis omnibus armis telisque, cum hastis defixis duabus in terra, tertiaque ad summum earum deligata, specie Iani, iubentur subeuntes transire.
[4] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, III, 22, 6–7: ἀλλὰ μεταπεμψάμενος τοὺς ἱεροφάντας ἐκέλευσεν ἐξιλάσασθαι θεούς τε καὶ δαίμονας καὶ καθῆραι τὸν ἄνδρα οἷς νόμος τοὺς ἀκουσίους φόνους ἁγνίζεσθαι καθαρμοῖς. κἀκεῖνοι βωμοὺς ἱδρυσάμενοι δύο τὸν μὲν Ἥρας, ἣ λέλογχεν ἐπισκοπεῖν ἀδελφάς, τὸν δ᾽ ἕτερον ἐπιχωρίου θεοῦ τινος ἢ δαίμονος Ἰανοῦ λεγομένου κατὰ τὴν ἐπιχώριον γλῶτταν, ἐπωνύμου δὲ Κορατίων τῶν ἀναιρεθέντων ἀνεψιῶν ὑπὸ τοῦ ἀνδρός, καὶ θυσίας τινὰς ἐπ᾽ αὐτοῖς ποιήσαντες τοῖς τε ἄλλοις καθαρμοῖς ἐχρήσαντο καὶ τελευτῶντες ὑπήγαγον τὸν Ὁράτιον ὑπὸ ζυγόν.
[5] Festus, De verborum significatu, s.v. Sororium tigillum, p. 380 Lindsay: et quamquam a patre absolutus sceleri erat, accusatus tamen parricidi apud duumviros damnatusque provocavit ad populum. Cuius iudicio victor, duo tigilla tertio superiecto, quae pater eius constituerat, velut sub iugum missus, subit, consecratisque ibi aris Iunoni Sororiae et Iano Curiatio, liberatus omni noxia sceleris est auguriis adprobantibus.
[6] Tite-Live, Ab Urbe condita, I, 26, 14: Id hodie quoque publice semper refectum manet; sororium tigillum vocant.
[7] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, III, 22, 8–9 (numérotation de l’édition Jacoby; 22, 8 dans l’édition Loeb): ἐν ᾧ δὲ τῆς πόλεως χωρίῳ τὸν ἁγνισμὸν ἐποιήσαντο πάντες Ῥωμαῖοι νομίζουσιν ἱερόν· ἔστι δ᾽ ἐν τῷ στενωπῷ τῷ φέροντι ἀπὸ Καρίνης κάτω τοῖς ἐπὶ τὸν Κύπριον ἐρχομένοις στενωπόν, ἔνθα οἵ τε βωμοὶ μένουσιν οἱ τότε ἱδρυθέντες καὶ ξύλον ὑπὲρ αὐτῶν τέταται δυσὶ τοῖς ἄντικρυς ἀλλήλων τοίχοις ἐνηρμοσμένον, ὃ γίνεται τοῖς ἐξιοῦσιν ὑπὲρ κεφαλῆς καλούμενον τῇ Ῥωμαϊκῇ διαλέκτῳ ξύλον ἀδελφῆς. τοῦτο μὲν δὴ τὸ χωρίον τῆς συμφορᾶς τοῦ ἀνδρὸς μνημεῖον ἐν τῇ πόλει φυλάττεται θυσίαις γεραιρόμενον ὑπὸ Ῥωμαίων καθ᾽ ἕκαστον ἐνιαυτόν.
[8] Scholia Bobiensia, In Ciceronis Pro Milone, 7, p. 113 Stangl: Id expiamentum memoriae servatum ad hunc usque diem tigillum sororium appellatur.
[9] Calendrier des frères Arvales, CIL VI, 2295 = 32482, 1er octobre, fr. 1, l. 3–4: In Capitolio, Tigillo soror(io) ad compitum Acili(um).
[10] Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXIX, 12: Cassius Hemina ex antiquissimis auctor est primum e medicis venisse Romam Peloponneso Archagathum Lysaniae filium L. Aemilio M. Livio cos. anno urbis DXXXV, eique ius Quiritum datum et tabernam in compito Acilio emptam ob id publice.
[11] Curiosum urbis Romae, Regio IV Templum Pacis (éd. Jordan): templum Telluris, tigillum sororum, colossum altum pedes CII s.
[12] Festus, De verborum significatu, s.v. Sororiare, p. 380 Lindsay: Sororiare mammae dicuntur puellarum, cum primum tumescunt.
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IN BREVE. Una semplice trave di legno, tesa sopra una strada di Roma e due altari, riceveva ogni anno dei sacrifici, e un calendario ne fissa la festa al 1° ottobre. I Romani vi vedevano il luogo in cui l’ultimo degli Orazi, vincitore dei Curiazi, aveva espiato l’uccisione della sorella. Le fonti suggeriscono un rito più antico della leggenda incaricata di spiegarlo.
Tigillum Sororium: la trave che purificava dal sangue versato
Secondo Tito Livio, Orazio rientrava a Roma come unico superstite dei tre fratelli scelti per affrontare i tre Curiazi di Alba, portando davanti a sé le spoglie degli avversari, quando la sorella gli venne incontro davanti alla Porta Capena. Promessa sposa di uno dei Curiazi, riconobbe sulle spalle del fratello il mantello di guerra che aveva confezionato per il fidanzato, si sciolse i capelli e chiamò il morto singhiozzando. Orazio sguainò la spada e la trafisse: «Così se ne vada ogni Romana che piangerà un nemico.»[1]
L’omicida aveva appena assicurato a Roma il dominio su Alba, ma aveva versato il sangue della propria famiglia. Il re Tullo Ostilio affidò il caso a due giudici, che lo condannarono a morte per crimine contro lo Stato, in virtù di una legge arcaica. Orazio si appellò al popolo. Suo padre sostenne che la figlia era stata uccisa a buon diritto. Commossa dalle sue lacrime, l’assemblea assolse il giovane, più per ammirazione del suo coraggio che per convinzione nel merito.
Una trave di traverso sulla strada
Agli occhi dei Romani, l’assoluzione risolveva la questione giudiziaria… ma senza cancellare la contaminazione religiosa. Tito Livio descrive il seguito:
«Perché un omicidio così manifesto fosse comunque riscattato da un’espiazione, fu ordinato al padre di purificare il figlio a spese dello Stato. Dopo aver compiuto alcuni sacrifici espiatori, poi tramandati alla famiglia degli Orazi, fece tendere una trave di traverso sulla strada e, a capo velato, fece passare il giovane sotto di essa, come sotto un giogo.»[2]
Il gesto evocava il giogo sotto cui si facevano passare i nemici vinti, formato da «due lance piantate in terra, una terza legata alla loro sommità, a forma di porta»[3].
Dionigi di Alicarnasso, contemporaneo dell’imperatore Augusto, offre un racconto un po’ diverso. Non affida l’espiazione al padre ma a dei sacerdoti. Il re li fece venire per placare gli dèi e mondare Orazio dalla sua contaminazione «con i riti previsti per gli omicidi involontari», sebbene l’uccisione fosse stata deliberata. Essi eressero due altari, uno a Giunone, che veglia sulle sorelle, l’altro a Giano, soprannominato Curiatius dai Curiazi, che Dionigi fa cugini di Orazio. Seguirono sacrifici e altre purificazioni, e il passaggio sotto il giogo chiuse la cerimonia[4].
Il lessicografo Festo, erede di una tradizione erudita più antica, parla da parte sua di un’accusa di parricidio, termine che designava allora l’uccisione di un congiunto, poi di un appello vittorioso al popolo. Orazio passò quindi «sotto due travi sormontate da una terza, che suo padre aveva innalzato, come mandato sotto il giogo». Sul posto furono consacrati altari a Giunone Sororia e a Giano Curiatius, ed egli fu «liberato da ogni contaminazione del suo crimine, con l’approvazione degli auspici»[5].
Un monumento mantenuto per secoli
Tito Livio assicura che la trave sussisteva ancora ai suoi tempi, «sempre restaurata a spese dello Stato», e che la si chiamava Tigillum Sororium, la «trave della sorella»[6]. I passanti dell’epoca di Augusto vedevano dunque un legno rinnovato, che aveva conservato il suo nome e la sua funzione.
Dionigi colloca il luogo nel vicolo che scendeva dalle Carine quando ci si dirigeva verso il vico Ciprio. I due altari eretti allora vi sorgevano ancora ai suoi tempi, sormontati da una trave fissata nei due muri che si fronteggiavano, sopra la testa dei passanti. Egli ne traduceva il nome per i suoi lettori greci con «trave della sorella». Ritenuto sacro da tutti i Romani, il luogo era «onorato ogni anno con sacrifici»[7]. Nel IV secolo d.C., a quanto pare, un commentatore di Cicerone descriveva ancora la traversa posta sopra i due altari. Aggiungeva che questo rito di espiazione, «conservato nella memoria fino a oggi, porta il nome di Tigillum Sororium»[8].
Il calendario inciso dei Fratelli Arvali, un collegio di sacerdoti, conferma questo culto indipendentemente dalla leggenda e ne fissa la data. Alle calende di ottobre, il 1° del mese, menziona una celebrazione «presso il Tigillum Sororium, vicino al crocevia degli Acilii»[9]. Secondo Plinio il Vecchio, che segue l’annalista Cassio Emina, fu in questo crocevia che Arcagato, presentato come il primo medico greco venuto a esercitare a Roma, ricevette nel 219 a.C. una bottega acquistata a spese dello Stato[10]. Nel 1932, l’apertura di via dei Fori Imperiali riportò alla luce il piccolo santuario del crocevia, le cui iscrizioni nominavano i magistrati del quartiere. Fu distrutto quasi subito per far posto alla carreggiata. La trave, invece, non ha lasciato alcuna traccia.
Nel IV secolo, gli inventari dei quartieri di Roma menzionano ancora la trave nella quarta regione, tra il tempio di Tellus e il Colosso di Nerone, nella forma alterata di «trave delle sorelle»[11]. La presenza del toponimo non permette di sapere se vi si sacrificasse ancora. Quanto al calendario, non descrive la cerimonia: non menziona né soldati, né passaggio collettivo sotto la trave.
Un rito più antico della sua leggenda
La ricerca moderna non considera generalmente l’episodio degli Orazi come il resoconto di un evento storico dell’età regia. Secondo l’interpretazione più diffusa, un antico luogo di culto, il cui senso si era oscurato, avrebbe ricevuto a posteriori una storia capace di spiegare al tempo stesso il passaggio sotto il giogo e i due epiteti divini. Sororia è così diventata la Giunone «della sorella», Curiatius il Giano «dei Curiazi».
Per il culto antico, diversi indizi orientano verso un rito di passaggio. Giano presiedeva alle soglie e agli inizi, e la struttura formava una porta artificiale eretta su un asse di circolazione. Conta anche la data: il 1° ottobre apre un mese segnato da feste guerriere, con il sacrificio del Cavallo di Ottobre il 15 e la purificazione delle armi il 19. Da qui un’ipotesi moderna: il luogo sarebbe servito, in origine, a restituire i combattenti alla vita civica al termine della campagna. Il passaggio sotto la trave, allora, più che cancellare una colpa avrebbe segnato un cambiamento di stato, liberando il guerriero dal furore e dalla contaminazione del combattimento prima del suo ritorno tra i suoi. Orazio, che uccide ancora una volta rientrato in città, incarnerebbe questo pericolo. Nessun testo antico afferma tuttavia che l’esercito passasse sotto il Tigillum Sororium.
Si è anche proposto di fare della trave un luogo di iniziazione. Giano Curiatius, il cui epiteto è stato accostato alle curie, le divisioni del popolo della città di Roma, vi avrebbe accolto i giovani che entravano nella comunità degli adulti. Per le ragazze, ci si è basati su una voce di Festo collocata subito dopo quella della trave. Vi spiega che si usava un verbo molto vicino all’epiteto della dea (sororiare) per dire che i seni delle fanciulle «cominciano a gonfiarsi»[12]. Giunone Sororia avrebbe allora vegliato sulla pubertà femminile. Questa pista è la più fragile. In latino, «Sororia» si ricollega del tutto naturalmente alla parola «sorella»: l’aggettivo da cui deriva significa comunemente «della sorella», e nulla obbliga a cercargli un’altra origine. Nessuna fonte mostra del resto delle fanciulle che attraversano la trave.
Un’ultima proposta fa del monumento il vestigio di un antico ingresso della comunità stabilita sul Palatino e sulla Velia, prima dell’estensione della città. La localizzazione del luogo è ben accertata, ma la sua identificazione con una porta delle mura resta una ricostruzione.
Studi moderni consultati
- Beness J. L., Hillard T., «A prehistory of Roman domestic violence», Bulletin of the Institute of Classical Studies 66/2, 2023, p. 111–123.
- Boëls-Janssen N., La vie religieuse des matrones dans la Rome archaïque, Roma, École française de Rome, 1993 (Collection de l’École française de Rome, 176), p. 38–44.
- Dondin-Payre M., «Topographie et propagande gentilice: le compitum Acilium et l’origine des Acilii Glabriones», Publications de l’École française de Rome 98, 1987, p. 87–109.
- Dumézil G., «Lecture de Tite-Live», Cahiers pour l’analyse 7, 1967 (ripresa del capitolo IV di Horace et les Curiaces, Parigi, 1942).
- Platner S. B., Ashby T., A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londra, 1929, s.v. «Tigillum Sororium», p. 538–539.
- Digital Augustan Rome, scheda «Tigillum Sororium» (digitalaugustanrome.org).
[1] Tito Livio, Ab Urbe condita, I, 26, 4: Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem.
[2] Tito Livio, Ab Urbe condita, I, 26, 12–13: Itaque ut caedes manifesta aliquo tamen piaculo lueretur, imperatum patri ut filium expiaret pecunia publica. Is quibusdam piacularibus sacrificiis factis quae deinde genti Horatiae tradita sunt, transmisso per viam tigillo, capite adoperto velut sub iugum misit iuvenem.
[3] Festo, De verborum significatu, s.v. Sub iugum mitti, p. 394 Lindsay: Sub iugum mitti dicuntur hostes victi, ereptis omnibus armis telisque, cum hastis defixis duabus in terra, tertiaque ad summum earum deligata, specie Iani, iubentur subeuntes transire.
[4] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, III, 22, 6–7: ἀλλὰ μεταπεμψάμενος τοὺς ἱεροφάντας ἐκέλευσεν ἐξιλάσασθαι θεούς τε καὶ δαίμονας καὶ καθῆραι τὸν ἄνδρα οἷς νόμος τοὺς ἀκουσίους φόνους ἁγνίζεσθαι καθαρμοῖς. κἀκεῖνοι βωμοὺς ἱδρυσάμενοι δύο τὸν μὲν Ἥρας, ἣ λέλογχεν ἐπισκοπεῖν ἀδελφάς, τὸν δ᾽ ἕτερον ἐπιχωρίου θεοῦ τινος ἢ δαίμονος Ἰανοῦ λεγομένου κατὰ τὴν ἐπιχώριον γλῶτταν, ἐπωνύμου δὲ Κορατίων τῶν ἀναιρεθέντων ἀνεψιῶν ὑπὸ τοῦ ἀνδρός, καὶ θυσίας τινὰς ἐπ᾽ αὐτοῖς ποιήσαντες τοῖς τε ἄλλοις καθαρμοῖς ἐχρήσαντο καὶ τελευτῶντες ὑπήγαγον τὸν Ὁράτιον ὑπὸ ζυγόν.
[5] Festo, De verborum significatu, s.v. Sororium tigillum, p. 380 Lindsay: et quamquam a patre absolutus sceleri erat, accusatus tamen parricidi apud duumviros damnatusque provocavit ad populum. Cuius iudicio victor, duo tigilla tertio superiecto, quae pater eius constituerat, velut sub iugum missus, subit, consecratisque ibi aris Iunoni Sororiae et Iano Curiatio, liberatus omni noxia sceleris est auguriis adprobantibus.
[6] Tito Livio, Ab Urbe condita, I, 26, 14: Id hodie quoque publice semper refectum manet; sororium tigillum vocant.
[7] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, III, 22, 8–9 (numerazione dell’edizione Jacoby; 22, 8 nell’edizione Loeb): ἐν ᾧ δὲ τῆς πόλεως χωρίῳ τὸν ἁγνισμὸν ἐποιήσαντο πάντες Ῥωμαῖοι νομίζουσιν ἱερόν· ἔστι δ᾽ ἐν τῷ στενωπῷ τῷ φέροντι ἀπὸ Καρίνης κάτω τοῖς ἐπὶ τὸν Κύπριον ἐρχομένοις στενωπόν, ἔνθα οἵ τε βωμοὶ μένουσιν οἱ τότε ἱδρυθέντες καὶ ξύλον ὑπὲρ αὐτῶν τέταται δυσὶ τοῖς ἄντικρυς ἀλλήλων τοίχοις ἐνηρμοσμένον, ὃ γίνεται τοῖς ἐξιοῦσιν ὑπὲρ κεφαλῆς καλούμενον τῇ Ῥωμαϊκῇ διαλέκτῳ ξύλον ἀδελφῆς. τοῦτο μὲν δὴ τὸ χωρίον τῆς συμφορᾶς τοῦ ἀνδρὸς μνημεῖον ἐν τῇ πόλει φυλάττεται θυσίαις γεραιρόμενον ὑπὸ Ῥωμαίων καθ᾽ ἕκαστον ἐνιαυτόν.
[8] Scholia Bobiensia, In Ciceronis Pro Milone, 7, p. 113 Stangl: Id expiamentum memoriae servatum ad hunc usque diem tigillum sororium appellatur.
[9] Calendario dei Fratelli Arvali, CIL VI, 2295 = 32482, 1° ottobre, fr. 1, l. 3–4: In Capitolio, Tigillo soror(io) ad compitum Acili(um).
[10] Plinio il Vecchio, Storia naturale, XXIX, 12: Cassius Hemina ex antiquissimis auctor est primum e medicis venisse Romam Peloponneso Archagathum Lysaniae filium L. Aemilio M. Livio cos. anno urbis DXXXV, eique ius Quiritum datum et tabernam in compito Acilio emptam ob id publice.
[11] Curiosum urbis Romae, Regio IV Templum Pacis (ed. Jordan): templum Telluris, tigillum sororum, colossum altum pedes CII s.
[12] Festo, De verborum significatu, s.v. Sororiare, p. 380 Lindsay: Sororiare mammae dicuntur puellarum, cum primum tumescunt.
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🇬🇧 English version

IN BRIEF. A simple wooden beam, stretched above a street in Rome and two altars, received sacrifices every year, and a calendar sets its festival on 1 October. The Romans saw it as the place where the last of the Horatii, victor over the Curiatii, had atoned for the killing of his sister. The sources suggest a rite older than the legend meant to explain it.
Tigillum Sororium: the beam that cleansed bloodshed
According to Livy, Horatius was returning to Rome as the sole survivor of the three brothers chosen to face the three Curiatii of Alba, carrying before him the spoils of his opponents, when his sister came to meet him in front of the Porta Capena. Betrothed to one of the Curiatii, she recognised on her brother’s shoulders the war cloak she had made for her intended, loosened her hair and called out to the dead man, sobbing. Horatius drew his sword and ran her through: “So perish every Roman woman who mourns an enemy.”[1]
The killer had just secured Rome’s dominion over Alba, but he had shed the blood of his own family. King Tullus Hostilius referred the case to two judges, who sentenced him to death for a crime against the State, under an archaic law. Horatius appealed to the people. His father argued that his daughter had been rightfully killed. Moved by his tears, the assembly acquitted the young man, more out of admiration for his courage than from conviction on the merits of the case.
A beam across the street
In the eyes of the Romans, the acquittal settled the legal question… but without erasing the religious pollution. Livy describes what followed:
“So that such a manifest killing might nevertheless be redeemed by some expiation, the father was ordered to purify his son at public expense. Having performed certain expiatory sacrifices, which were afterwards handed down to the Horatian family, he had a beam stretched across the street and, with the young man’s head veiled, made him pass beneath it, as if under a yoke.”[2]
The gesture recalled the yoke under which defeated enemies were made to pass, formed of “two spears planted in the ground, a third tied across their tops, in the shape of a gate”[3].
Dionysius of Halicarnassus, a contemporary of the emperor Augustus, gives a somewhat different account. He entrusts the expiation not to the father but to priests. The king summoned them to appease the gods and cleanse Horatius of his pollution “with the rites prescribed for involuntary homicides”, even though the killing had been deliberate. They erected two altars, one to Juno, who watches over sisters, the other to Janus, surnamed Curiatius after the Curiatii, whom Dionysius makes Horatius’s cousins. Sacrifices and other purifications followed, and passing under the yoke concluded the ceremony[4].
The lexicographer Festus, heir to an older scholarly tradition, speaks for his part of a charge of parricide, a term that then denoted the killing of a close relative, and then of a successful appeal to the people. Horatius then passed “beneath two beams topped by a third, which his father had set up, as if sent under the yoke”. Altars were consecrated on the spot to Juno Sororia and Janus Curiatius, and he was “freed from all pollution of his crime, with the approval of the auspices”[5].
A monument maintained for centuries
Livy asserts that the beam still survived in his day, “always restored at public expense”, and that it was called Tigillum Sororium, the “sister’s beam”[6]. Passers-by in the age of Augustus thus saw a renewed timber that had kept its name and its function.
Dionysius places the site in the lane that led down from the Carinae for those heading towards the vicus Cuprius. The two altars erected at that time still stood there in his day, surmounted by a beam fixed into the two facing walls, above the heads of passers-by. He translated its name for his Greek readers as “sister’s beam”. Held sacred by all Romans, the place was “honoured every year with sacrifices”[7]. In the fourth century CE, it seems, a commentator on Cicero still described the crossbeam set above the two altars. He added that this rite of expiation, “preserved in memory to this day, bears the name Tigillum Sororium”[8].
The inscribed calendar of the Arval Brethren, a college of priests, confirms this cult independently of the legend and fixes its date. On the Kalends of October, the first of the month, it records a celebration “at the Tigillum Sororium, near the crossroads of the Acilii”[9]. According to Pliny the Elder, who follows the annalist Cassius Hemina, it was at this crossroads that Archagathus, presented as the first Greek physician to come and practise in Rome, received in 219 BCE a shop bought at public expense[10]. In 1932, the cutting of the Via dei Fori Imperiali uncovered the small shrine at the crossroads, whose inscriptions named the district’s magistrates. It was destroyed almost immediately to make way for the roadway. The beam, for its part, has left no trace.
In the fourth century, the inventories of the districts of Rome still mention the beam in the fourth region, between the Temple of Tellus and the Colossus of Nero, in the corrupted form “beam of the sisters”[11]. The presence of the place name does not tell us whether sacrifices were still offered there. As for the calendar, it does not describe the ceremony: it mentions neither soldiers nor any collective passage beneath the beam.
A rite older than its legend
Modern scholarship does not generally regard the episode of the Horatii as the record of a historical event of the regal period. According to the most widespread interpretation, an ancient place of worship, whose meaning had become obscure, was later given a story capable of explaining both the passage under the yoke and the two divine epithets. Sororia thus became the Juno “of the sister”, Curiatius the Janus “of the Curiatii”.
As for the ancient cult, several clues point towards a rite of passage. Janus presided over thresholds and beginnings, and the structure formed an artificial gateway set up on a thoroughfare. The date matters too: 1 October opens a month marked by martial festivals, with the sacrifice of the October Horse on the 15th and the purification of weapons on the 19th. Hence a modern hypothesis: the site would originally have served to return fighters to civic life at the end of the campaign. Passing beneath the beam would then have marked a change of status rather than erased a fault, ridding the warrior of the fury and pollution of battle before his return among his own people. Horatius, who kills once more after re-entering the city, would embody this danger. No ancient text, however, states that the army passed beneath the Tigillum Sororium.
It has also been proposed that the beam was a place of initiation. Janus Curiatius, whose epithet has been linked to the curiae, the divisions of the people of the city of Rome, would have welcomed there young men entering the community of adults. For girls, scholars have drawn on an entry in Festus placed just after the one on the beam. There he explains that a verb very close to the goddess’s epithet (sororiare) was used to say that girls’ breasts “begin to swell”[12]. Juno Sororia would then have watched over female puberty. This is the weakest line of argument. In Latin, “Sororia” connects quite naturally to the word for “sister”: the adjective from which it derives commonly means “of the sister”, and nothing compels us to look for another origin. Nor does any source show girls passing beneath the beam.
A final proposal sees the monument as the remnant of an ancient entrance to the community settled on the Palatine and the Velia, before the city expanded. The location of the site is well established, but its identification with a gate in a circuit wall remains a reconstruction.
Modern studies consulted
- Beness J. L., Hillard T., “A prehistory of Roman domestic violence”, Bulletin of the Institute of Classical Studies 66/2, 2023, p. 111–123.
- Boëls-Janssen N., La vie religieuse des matrones dans la Rome archaïque, Rome, École française de Rome, 1993 (Collection de l’École française de Rome, 176), p. 38–44.
- Dondin-Payre M., “Topographie et propagande gentilice: le compitum Acilium et l’origine des Acilii Glabriones”, Publications de l’École française de Rome 98, 1987, p. 87–109.
- Dumézil G., “Lecture de Tite-Live”, Cahiers pour l’analyse 7, 1967 (reprint of chapter IV of Horace et les Curiaces, Paris, 1942).
- Platner S. B., Ashby T., A Topographical Dictionary of Ancient Rome, London, 1929, s.v. “Tigillum Sororium”, p. 538–539.
- Digital Augustan Rome, entry “Tigillum Sororium” (digitalaugustanrome.org).
[1] Livy, Ab Urbe condita, I, 26, 4: Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem.
[2] Livy, Ab Urbe condita, I, 26, 12–13: Itaque ut caedes manifesta aliquo tamen piaculo lueretur, imperatum patri ut filium expiaret pecunia publica. Is quibusdam piacularibus sacrificiis factis quae deinde genti Horatiae tradita sunt, transmisso per viam tigillo, capite adoperto velut sub iugum misit iuvenem.
[3] Festus, De verborum significatu, s.v. Sub iugum mitti, p. 394 Lindsay: Sub iugum mitti dicuntur hostes victi, ereptis omnibus armis telisque, cum hastis defixis duabus in terra, tertiaque ad summum earum deligata, specie Iani, iubentur subeuntes transire.
[4] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, III, 22, 6–7: ἀλλὰ μεταπεμψάμενος τοὺς ἱεροφάντας ἐκέλευσεν ἐξιλάσασθαι θεούς τε καὶ δαίμονας καὶ καθῆραι τὸν ἄνδρα οἷς νόμος τοὺς ἀκουσίους φόνους ἁγνίζεσθαι καθαρμοῖς. κἀκεῖνοι βωμοὺς ἱδρυσάμενοι δύο τὸν μὲν Ἥρας, ἣ λέλογχεν ἐπισκοπεῖν ἀδελφάς, τὸν δ᾽ ἕτερον ἐπιχωρίου θεοῦ τινος ἢ δαίμονος Ἰανοῦ λεγομένου κατὰ τὴν ἐπιχώριον γλῶτταν, ἐπωνύμου δὲ Κορατίων τῶν ἀναιρεθέντων ἀνεψιῶν ὑπὸ τοῦ ἀνδρός, καὶ θυσίας τινὰς ἐπ᾽ αὐτοῖς ποιήσαντες τοῖς τε ἄλλοις καθαρμοῖς ἐχρήσαντο καὶ τελευτῶντες ὑπήγαγον τὸν Ὁράτιον ὑπὸ ζυγόν.
[5] Festus, De verborum significatu, s.v. Sororium tigillum, p. 380 Lindsay: et quamquam a patre absolutus sceleri erat, accusatus tamen parricidi apud duumviros damnatusque provocavit ad populum. Cuius iudicio victor, duo tigilla tertio superiecto, quae pater eius constituerat, velut sub iugum missus, subit, consecratisque ibi aris Iunoni Sororiae et Iano Curiatio, liberatus omni noxia sceleris est auguriis adprobantibus.
[6] Livy, Ab Urbe condita, I, 26, 14: Id hodie quoque publice semper refectum manet; sororium tigillum vocant.
[7] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, III, 22, 8–9 (Jacoby edition numbering; 22, 8 in the Loeb edition): ἐν ᾧ δὲ τῆς πόλεως χωρίῳ τὸν ἁγνισμὸν ἐποιήσαντο πάντες Ῥωμαῖοι νομίζουσιν ἱερόν· ἔστι δ᾽ ἐν τῷ στενωπῷ τῷ φέροντι ἀπὸ Καρίνης κάτω τοῖς ἐπὶ τὸν Κύπριον ἐρχομένοις στενωπόν, ἔνθα οἵ τε βωμοὶ μένουσιν οἱ τότε ἱδρυθέντες καὶ ξύλον ὑπὲρ αὐτῶν τέταται δυσὶ τοῖς ἄντικρυς ἀλλήλων τοίχοις ἐνηρμοσμένον, ὃ γίνεται τοῖς ἐξιοῦσιν ὑπὲρ κεφαλῆς καλούμενον τῇ Ῥωμαϊκῇ διαλέκτῳ ξύλον ἀδελφῆς. τοῦτο μὲν δὴ τὸ χωρίον τῆς συμφορᾶς τοῦ ἀνδρὸς μνημεῖον ἐν τῇ πόλει φυλάττεται θυσίαις γεραιρόμενον ὑπὸ Ῥωμαίων καθ᾽ ἕκαστον ἐνιαυτόν.
[8] Scholia Bobiensia, In Ciceronis Pro Milone, 7, p. 113 Stangl: Id expiamentum memoriae servatum ad hunc usque diem tigillum sororium appellatur.
[9] Calendar of the Arval Brethren, CIL VI, 2295 = 32482, 1 October, fr. 1, l. 3–4: In Capitolio, Tigillo soror(io) ad compitum Acili(um).
[10] Pliny the Elder, Natural History, XXIX, 12: Cassius Hemina ex antiquissimis auctor est primum e medicis venisse Romam Peloponneso Archagathum Lysaniae filium L. Aemilio M. Livio cos. anno urbis DXXXV, eique ius Quiritum datum et tabernam in compito Acilio emptam ob id publice.
[11] Curiosum urbis Romae, Regio IV Templum Pacis (ed. Jordan): templum Telluris, tigillum sororum, colossum altum pedes CII s.
[12] Festus, De verborum significatu, s.v. Sororiare, p. 380 Lindsay: Sororiare mammae dicuntur puellarum, cum primum tumescunt
Dates
1 octobre 2026 Toute la journée
202611octToute la journéeMeditrinalia
Description
D'après un détail de la mosaïque de Lycurgue, musée de Saint-Romain-en-Gal (dessin
Description

Ante diem quintum idus Octobres
Les Meditrinalia étaient une fête religieuse de la Rome antique célébrée le 11 octobre. Cette festivité était liée à la nouvelle vendange et marquait un moment important dans le calendrier agricole romain.
L’étymologie du nom Meditrinalia est sujette à débat. Certains chercheurs le font dériver du latin mederi signifiant «guérir», ce qui suggérerait un lien avec des propriétés curatives attribuées au vin. D’autres y voient plutôt une référence à sa position médiane dans les trois mois d’automne. Bien que les détails précis de ses origines soient obscurs, on sait que cette fête était anciennement associée à Jupiter et revêtait une importance particulière dans la Rome agricole primitive. Le point central des Meditrinalia était la dégustation rituelle du vin nouveau, mélangé au vin de l’année précédente. Cette pratique s’accompagnait de libations offertes aux dieux, notamment ceux liés à la santé et à la guérison.
Au fil du temps, les interprétations de la fête ont évolué. Une déesse nommée Meditrina, associée à la santé et à la longévité, semble avoir été inventée tardivement pour expliquer l’origine du festival. Cependant, cette divinité n’apparaît pas dans les sources les plus anciennes. Il est important de noter que malgré certaines affirmations modernes, les Meditrinalia n’étaient pas simplement une « fête des vendanges ». Leur signification religieuse et rituelle était plus complexe, mêlant des aspects agricoles, médicaux et spirituels.
Voir l’article: Fête des Meditrinalia: à votre santé!
Dates
11 octobre 2026 Toute la journée
202613octToute la journéeFontinalia
Description
Ante diem tertium idus Octobres
Description
Ante diem tertium idus Octobres

Les Fontinalia étaient une fête religieuse annuelle de la Rome antique. Cette célébration se tenait le 13 octobre et était dédiée à Fontus, divinité associée aux sources et aux eaux courantes.
Le rituel principal des Fontinalia consistait à orner les fontaines de guirlandes. Les Romains jetaient également des fleurs dans les sources et couronnaient les puits.
Notre principale source d’information sur cette fête est Varron, érudit romain du 1er siècle avant J.-C. Dans son ouvrage De lingua latina, il mentionne les Fontinalia en ces termes:
«Les Fontanalia, du mot Fons (source), car c’est le jour de fête de cette divinité; à cette occasion, on jette des couronnes dans les sources et on couronne les puits.»[1]
Cette description succincte de Varron constitue l’essentiel de ce que nous savons avec certitude sur le déroulement de cette fête. Les Fontinalia s’inscrivaient dans le calendrier religieux romain, reflétant l’importance accordée aux sources d’eau dans la culture et la religion de la Rome antique.
[1] Varron, De lingua latina, livre VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
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Versione italiana
Le Fontinalia erano una festa religiosa annuale dell’antica Roma. Si celebravano il 13 ottobre ed erano dedicate a Fontus, divinità associata alle sorgenti e alle acque correnti.
Il rito principale dei Fontinalia consisteva nell’addobbare le fontane con ghirlande. I Romani gettavano anche fiori nelle sorgenti e incoronavano i pozzi.
La nostra principale fonte d’informazione su questa festa è Varrone, erudito romano del I secolo a.C. Nella sua opera De lingua latina menziona i Fontinalia con queste parole:
«I Fontanalia, dal termine Fons (sorgente), poiché è il giorno festivo di questa divinità; in tale occasione si gettano corone nelle sorgenti e si incoronano i pozzi.»[1]
Questa breve descrizione di Varrone costituisce quasi tutto ciò che sappiamo con certezza sullo svolgimento di questa festa. I Fontinalia facevano parte del calendario religioso romano, riflettendo l’importanza attribuita alle sorgenti d’acqua nella cultura e nella religione dell’antica Roma.
[1] Varrone, De lingua latina, libro VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
The Fontinalia were an annual religious festival in ancient Rome. This celebration took place on 13 October and was dedicated to Fontus, a divinity associated with springs and flowing waters.
The main ritual of the Fontinalia consisted of adorning fountains with garlands. The Romans also threw flowers into springs and crowned wells with wreaths.
Our principal source of information about this festival is Varro, a Roman scholar of the 1st century BCE. In his work De lingua latina, he mentions the Fontinalia in the following terms:
“The Fontanalia, from the word Fons (spring), for it is the festival day of that deity; on that occasion, crowns are thrown into the springs and the wells are crowned.”[1]
This brief description by Varro constitutes almost all that we know with certainty about the observance of this festival. The Fontinalia formed part of the Roman religious calendar, reflecting the importance accorded to sources of water in the culture and religion of ancient Rome.
[1] Varro, De lingua latina, Book VI, 22: Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius; ab eo tum et in fontes coronas iaciunt et puteos coronant.
Dates
13 octobre 2026 Toute la journée
202615octToute la journéeOctober equus
Description
Idibus Octobribus
Description
Idibus Octobribus

EN BREF. Chaque 15 octobre, Rome sacrifiait à Mars le cheval de droite d’un char victorieux. Sa queue ensanglantait l’autel de la Regia, sa tête déclenchait une lutte entre quartiers. Ce rite archaïque liait guerre et moisson: dernier hommage à la force vitale avant le repos de l’hiver.
October equus: quand Rome offrait un cheval à Mars
L’October equus, ou «Cheval d’octobre», est une fête religieuse de la Rome antique célébrée en l’honneur de Mars le 15 octobre, marquant la fin des campagnes agricoles et militaires. Ce rite est unique à Rome, étant le seul où un cheval était sacrifié. Il se déroulait lors de l’une des trois courses de chevaux annuelles dédiées à Mars. Le rituel, qui a fait l’objet de nombreuses interprétations et débats parmi les historiens modernes. Tous s’accordent toutefois sur l’ancienneté de cette pratique, remontant à la période royale de Rome. Le grammairien Festus, au 2e siècle de notre ère, en donne une description précise: la cérémonie ne portait pas de nom spécifique et est simplement désignée par la victime du sacrifice, le cheval [1].
Le rituel se déroulait au Champ de Mars, un espace traditionnellement dédié à Mars, où les chevaux paissaient et s’entraînaient. Le flamen martialis, en présence des pontifes, présidait la cérémonie, qui débutait par une course de chars, ou biges, tirés par deux chevaux. Le cheval de droite du char vainqueur devenait la victime du sacrifice. Contrairement aux sacrifices ordinaires, l’animal n’était pas égorgé, mais tué d’un coup de javelot, puis immolé sur l’autel de Mars.
Dès que le cheval était abattu, sa queue était coupée et rapidement transportée à la Regia, un bâtiment situé au Forum, où son sang était versé sur les cendres du foyer sacré. La décapitation du cheval constituait le troisième acte du rituel. La tête, ornée d’une guirlande de pains, devenait l’objet d’une lutte entre deux quartiers de Rome: les Sacravienses, habitants de la Via Sacra, et les Suburanenses, habitants de Subura. Si les premiers l’emportaient, la tête était clouée aux murs de la Regia; si les seconds triomphaient, elle était exposée au sommet de la tour Mamilienne, dont l’emplacement exact demeure incertain.
Bien que les historiens connaissent le sort réservé à la queue et à la tête du cheval, le destin de la partie centrale du corps reste encore un mystère.
Malgré les témoignages des auteurs antiques, tels que Varron et Festus, les raisons précises du sacrifice d’un cheval en octobre restent floues. Pourquoi un cheval et non un autre animal? Pourquoi ce mois en particulier ?
Au tournant du 1er siècle de notre ère, ceci était incertain pour Plutarque qui esquissait plusieurs hypothèses:
«Pourquoi, le jour des ides d’octobre, après une course de chars, sacrifie-t-on à Arès (Mars) le cheval de droite de l’attelage victorieux ?
Quelqu’un, après lui avoir coupé la queue, la porte à la Regia pour en asperger l’autel de sang, tandis qu’au sujet de sa tête les habitants de la Voie Sacrée et ceux de la Subure descendent pour se la disputer.
Est-ce, comme certains le disent, parce qu’ils pensent que Troie fut prise à cause d’un cheval et qu’ils punissent ainsi cet animal –eux qui sont issus du sang mêlé des Troyens et des Latins ?
Ou bien parce que le cheval est un animal fougueux, guerrier et belliqueux, et qu’on offre aux dieux les victimes qui leur sont les plus proches et les plus chères –le dieu recevant ici le cheval vainqueur, symbole de victoire et de puissance ?
Ou encore, plus profondément, parce que le dieu Mars préside à l’immobilité du combat en ordre de bataille, et que ceux qui tiennent leur position l’emportent sur ceux qui fuient : ainsi la rapidité est-elle punie comme instrument de lâcheté, et l’on apprend par un symbole que le salut n’appartient pas à ceux qui prennent la fuite.»[2]
La plupart des historiens voient aujourd’hui en l’October equus un rite de clôture de la saison martiale et agricole : une offrande faite à Mars pour rendre la force vitale du cheval, symbole de vigueur guerrière et de fertilité. En versant le sang de l’animal sur le foyer sacré, la cité remerciait le dieu qui protège à la fois les champs et les armes. Plus qu’un vestige mythique, le Cheval d’octobre marquait la fin d’un cycle –celui du combat et du labeur– avant le repos de l’hiver.
[1] Festus Grammaticus, De la signification des mots, XIII OCTOBER EQUUS
[2] Plutarque, Questions romaines, 97:
Διὰ τί ταῖς Δεκεμβρίαις εἰδοῖς ἱπποδρομίας γενομένης ὁ νικήσας δεξιόσειρος Ἄρει θύεται,
καὶ τὴν μὲν οὐρὰν ἀποκόψας τις ἐπὶ τὴν Ῥηγίαν καλουμένην κομίζει καὶ τὸν βωμὸν αἱμάττει,
περὶ δὲ τῆς κεφαλῆς οἱ μὲν ἀπὸ τῆς ἱερᾶς ὁδοῦ λεγομένης οἱ δʼ ἀπὸ τῆς Συβούρης καταβάντες διαμάχονται;πότερον, ὡς ἔνιοι λέγουσιν, ἵππῳ τὴν Τροίαν ἡλωκέναι νομίζοντες ἵππον κολάζουσιν,
ἅτε δὴ καὶ γεγονότες Τρώων ἀγλαὰ τέκνα μεμιγμένα παισὶ Λατίνων·
ἢ ὅτι θυμοειδὲς καὶ πολεμικὸν καὶ ἀρήιον ὁ ἵππος ἐστὶ, τὰ δὲ προσφιλῆ μάλιστα καὶ πρόσφορα θύουσι τοῖς θεοῖς,
ὁ δὲ νικήσας θύεται διὰ τὸ νίκης καὶ κράτους οἰκεῖον εἶναι τὸν θεόν;ἢ μᾶλλον ὅτι τοῦ θεοῦ στάσιμον τὸ ἔργον ἐστὶ καὶ νικῶσιν οἱ μένοντες ἐν τάξει τοὺς μὴ μένοντας ἀλλὰ φεύγοντας,
καὶ κολάζεται τὸ τάχος ὡς δειλίας ἐφόδιον,
καὶ μανθάνουσι συμβολικῶς ὅτι σωτήριον οὐκ ἔστι τοῖς φεύγουσι;
Pour en savoir plus: article October equus sur Wikipedia.
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Versione italiana
October equus: quando Roma offriva un cavallo a Marte
IN BREVE. Ogni 15 ottobre Roma sacrificava a Marte il cavallo destro di un carro vincitore. La sua coda insanguinava l’altare della Regia, la sua testa scatenava una contesa tra quartieri. Questo rito arcaico univa guerra e raccolto: ultimo omaggio alla forza vitale prima del riposo invernale.
L’October equus, o “Cavallo d’ottobre”, era una festa religiosa dell’antica Roma celebrata in onore di Marte il 15 ottobre, a conclusione delle campagne agricole e militari. Questo rito, unico a Roma, è l’unico in cui veniva sacrificato un cavallo. Si svolgeva durante una delle tre corse annuali dedicate a Marte. Il rituale, oggetto di numerose interpretazioni e dibattiti tra gli storici moderni, è unanimemente riconosciuto come una pratica molto antica, risalente all’epoca regia di Roma. Il grammatico Festo, nel II secolo d.C., ne offre una descrizione precisa: la cerimonia non aveva un nome specifico ed è semplicemente designata dalla vittima del sacrificio, il cavallo [1].
Il rito si svolgeva nel Campo Marzio, spazio tradizionalmente consacrato a Marte, dove i cavalli pascolavano e si esercitavano. Il flamen Martialis, alla presenza dei pontefici, presiedeva la cerimonia, che iniziava con una corsa di carri, o bigae, trainati da due cavalli. Il cavallo destro del carro vincitore diventava la vittima del sacrificio. A differenza dei sacrifici comuni, l’animale non veniva sgozzato, ma trafitto con un giavellotto e poi immolato sull’altare di Marte.
Subito dopo l’abbattimento, la coda del cavallo veniva tagliata e rapidamente portata alla Regia, un edificio situato nel Foro, dove il suo sangue era versato sulle ceneri del focolare sacro. La decapitazione dell’animale costituiva il terzo atto del rito. La testa, ornata con una ghirlanda di pani, diventava oggetto di contesa tra due quartieri di Roma: i Sacravienses, abitanti della Via Sacra, e i Suburanenses, abitanti della Subura. Se vincevano i primi, la testa era inchiodata alle pareti della Regia; se trionfavano i secondi, veniva esposta in cima alla Torre Mamilia, la cui posizione esatta resta incerta.
Sebbene gli storici conoscano il destino riservato alla coda e alla testa del cavallo, la sorte della parte centrale del corpo rimane un mistero.
Nonostante le testimonianze degli autori antichi, come Varrone e Festo, le ragioni precise del sacrificio di un cavallo in ottobre restano oscure. Perché proprio un cavallo e non un altro animale? Perché in questo mese?
All’inizio del I secolo d.C., la questione era già incerta per Plutarco, che proponeva diverse ipotesi:
«Perché, il giorno delle idi di ottobre, dopo una corsa di carri, si sacrifica ad Ares (Marte) il cavallo destro del carro vincitore?
Qualcuno, dopo avergli tagliato la coda, la porta alla Regia per aspergere di sangue l’altare, mentre la sua testa viene contesa tra gli abitanti della Via Sacra e quelli della Subura.
È forse, come dicono alcuni, perché credono che Troia sia stata conquistata a causa di un cavallo e puniscono così l’animale –essendo essi stessi nati dal sangue misto dei Troiani e dei Latini?
Oppure perché il cavallo è un animale impetuoso, guerriero e bellicoso, e si offrono agli dèi le vittime a loro più affini e care –il dio ricevendo qui il cavallo vincitore, simbolo di vittoria e di potenza?
O ancora, più profondamente, perché il dio Marte presiede alla fermezza del combattimento in ordine di battaglia, e coloro che restano saldi vincono su chi fugge; così la rapidità è punita come strumento di viltà, e si apprende simbolicamente che la salvezza non appartiene a chi fugge.» [2]
La maggior parte degli storici vede oggi nell’October equus un rito di chiusura della stagione militare e agricola: un’offerta a Marte per restituirgli la forza vitale del cavallo, simbolo di vigore guerriero e di fertilità. Versando il sangue dell’animale sul focolare sacro, la città ringraziava il dio che proteggeva insieme i campi e le armi. Più che una reliquia mitica, il Cavallo d’ottobre segnava la fine di un ciclo –quello della battaglia e del lavoro– prima del riposo invernale.
[1] Festo, De verborum significatu, s.v. Equus October
[2] Plutarco, Questioni romane, 97
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English version
October Equus: when Rome offered a horse to Mars
IN BRIEF. Every October 15, Rome sacrificed to Mars the right-hand horse of a winning chariot. Its tail bloodied the altar of the Regia, its head sparked a rivalry between neighborhoods. This archaic rite linked war and harvest –a final homage to vital strength before winter’s rest.
The October equus, or “October Horse,” was a religious festival of ancient Rome celebrated in honor of Mars on October 15, marking the end of the agricultural and military seasons. This rite, unique to Rome, was the only one in which a horse was sacrificed. It took place during one of the three annual horse races dedicated to Mars. The ritual, which has been the subject of much debate and interpretation among modern historians, is generally agreed to date back to Rome’s regal period. The grammarian Festus, in the 2nd century CE, provides a detailed description: the ceremony had no specific name and was simply referred to by its victim –the horse [1].
The ritual took place in the Campus Martius, the field traditionally dedicated to Mars, where horses grazed and trained. The flamen Martialis, in the presence of the pontiffs, presided over the ceremony, which began with a chariot race, or bigae, drawn by two horses. The right-hand horse of the winning team became the victim of the sacrifice. Unlike ordinary sacrifices, the animal was not slaughtered by cutting its throat but was struck down with a javelin, then immolated on the altar of Mars.
Once the horse was killed, its tail was cut off and swiftly carried to the Regia, a building in the Forum, where its blood was poured over the ashes of the sacred hearth. The beheading of the horse formed the third act of the ritual. Its head, adorned with a garland of bread, became the object of a fierce contest between two Roman neighborhoods: the Sacravienses, inhabitants of the Via Sacra, and the Suburanenses, from the Subura. If the former won, the head was nailed to the wall of the Regia; if the latter triumphed, it was displayed atop the Turris Mamilia, whose exact location remains uncertain.
Although historians know the fate of the horse’s tail and head, the destiny of the rest of the body remains a mystery.
Despite the testimonies of ancient authors such as Varro and Festus, the precise reasons for sacrificing a horse in October remain unclear. Why a horse, and why this particular month?
At the turn of the 1st century CE, the question was still unresolved for Plutarch, who offered several possible explanations:
“Why, on the Ides of October, after a chariot race, do they sacrifice to Ares (Mars) the right-hand horse of the winning team?
Someone, after cutting off its tail, carries it to the Regia to sprinkle the altar with its blood, while its head becomes the object of a contest between the inhabitants of the Via Sacra and those of the Subura.
Is it, as some say, because they believe that Troy was captured because of a horse and thus punish the animal –being themselves descended from the mingled blood of Trojans and Latins?
Or because the horse is a spirited, warlike creature, and men offer to the gods the victims most akin and dear to them –the god here receiving the winning horse, symbol of victory and power?
Or rather, because the god Mars presides over the steadfastness of battle in close order, and those who stand firm overcome those who flee; thus speed is punished as an instrument of cowardice, and men are taught symbolically that salvation does not belong to those who run away.” [2]
Most historians today interpret the October equus as a rite marking the close of the martial and agricultural season — an offering to Mars returning to him the vital force of the horse, symbol of warlike vigor and fertility. By pouring the animal’s blood on the sacred hearth, the city gave thanks to the god who protected both fields and arms. More than a mythical relic, the October Horse marked the end of a cycle –of battle and labor– before the rest of winter.
[1] Festus, De verborum significatu, s.v. Equus October
[2] Plutarch, Roman Questions, 97
Dates
15 octobre 2026 Toute la journée










