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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de
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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de l’Archéologie cantonale, Archeodunum Investigations Archéologiques SA et des Services de la culture et d’architecture de la Ville de Nyon – sur l’un des principaux édifices antiques de Nyon, son amphithéâtre.
Depuis sa découverte en 1996, l’amphithéâtre de Nyon attise l’intérêt et suscite de nombreuses questions. Avec l’exposition « Amphithéâtre? », le Musée romain souhaite apporter des explications, des réponses et des pistes de réflexion sur le passé, le présent et le futur de l’édifice. Il devient également, le temps de l’exposition, la maison du projet de valorisation du monument, qui connaît une évolution remarquable suite au crédit d’études voté par le Conseil communal en août 2022.
L’exposition explore l’amphithéâtre à travers des questions. Sont interrogés tour à tour sa construction, sa localisation, son âge et son ensevelissement, sa fonction, ou encore la place des animaux, des gladiateurs et des femmes dans l’arène. Une sélection de blocs, inscriptions, monnaies, petits objets trouvés sur le site sont présentés et expliqués selon les connaissances basées sur le travail des archéologues.
Dates
31 mai 2024 - 10 janvier 2027 (Toute la journée)
Musée romain de Nyon
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la pop culture japonaise et de l’une de ses sources d’inspiration, l’Antiquité gréco-romaine.
De la fascination des élites nippones du 19e siècle pour la Grèce antique à l’influence actuelle du manga et de l’animation japonaise sur les artistes francophones, en passant par la déferlante en Europe du media mix des années 80, l’exposition Kodai témoigne d’un dialogue inattendu entre deux cultures. Deux cultures que rien ne prédisposait à se croiser, mais dont la rencontre a donné naissance à un univers foisonnant, en perpétuelle réinvention. Outre la créativité des artistes japonais et la qualité de leurs oeuvres, Kodai met en lumière la force de l’Antiquité et de ses représentations, foyer d’imaginaire, au-delà des mers et à travers le temps.
Dates
29 mai 2026 15:32 - 24 janvier 2027 15:32
Musée romain de Lausanne-Vidy
Les prochaines fêtes du calendrier romain
Date
202606juilToute la journée13Ludi Apollinares
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Pridie Nonas Iulias - Ante diem tertium Idus Iulias
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Pridie Nonas Iulias – Ante diem tertium Idus Iulias

EN BREF – Nés d’une prophétie obscure pour conjurer la défaite de Cannes, les Ludi Apollinares sont devenus l’un des rendez-vous les plus politiquement chargés du calendrier romain. Célébrés chaque année du 6 au 13 juillet en l’honneur d’Apollon, ces jeux ont mis trente ans à passer du statut de fête établie dans l’urgence à celui de célébration permanente – huit jours où le peuple, couronné, festoyait portes ouvertes et se faisait entendre jusqu’à faire trembler les plus puissants.
Ludi Apollinares : des jeux nés dans la tourmente de la guerre
En 212 avant notre ère, Rome traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Hannibal a franchi les Alpes, écrasé les légions au lac Trasimène puis à Cannes. Des dizaines de milliers de soldats sont morts. Le nombre de sénateurs a tellement chuté après les défaites successives qu’une lectio senatus extraordinaire a été nécessaire en 216[1]. C’est dans ce contexte de catastrophe militaire que naissent les Ludi Apollinares – des jeux en l’honneur d’Apollon qui allaient s’inscrire durablement dans le calendrier de la cité.
Des prophéties venues de nulle part
L’histoire commence par un épisode pour le moins insolite. Deux textes prophétiques, les carmina Marciana, circulent à Rome. Ils sont attribués à un certain Marcius, personnage mystérieux présenté comme un vates – un devin. Ces prophéties prétendent avoir annoncé la défaite de Cannes avant qu’elle ne se produise, et prescrivent la création de jeux en l’honneur d’Apollon comme remède aux malheurs de Rome[2].
Le récit que Tite-Live en fait mérite d’être lu dans son détail, car il éclaire toute la mécanique institutionnelle de la décision :
«On consacra un jour aux expiations qu’exigeait cette prophétie ; le lendemain, un sénatus-consulte ordonna aux décemvirs de consulter les livres sibyllins sur la célébration des jeux d’Apollon et de son culte. À la suite de cette consultation et du rapport des décemvirs au Sénat, celui-ci décida qu’il fallait vouer et célébrer des jeux à Apollon et, quand ces jeux auraient été célébrés, donner au préteur douze mille as pour le culte, et deux victimes adultes. Un second sénatus-consulte prescrivit aux décemvirs de sacrifier selon le rite grec les victimes suivantes : pour Apollon, un bœuf aux cornes dorées et deux chèvres blanches aux cornes dorées, pour Latone, une vache aux cornes dorées. Au moment de célébrer les jeux dans le Grand Cirque, le préteur ordonna au peuple d’apporter, pendant ces jeux, une offrande à Apollon proportionnée aux moyens de chacun. Telle est l’origine des jeux Apollinaires, voués et célébrés pour obtenir la victoire, et non la santé, comme on le croit généralement. Le peuple y assista couronné, les mères de famille firent des supplications ; on festoya en public, portes ouvertes, dans les cours des maisons, et on fêta ce jour par toutes sortes de cérémonies.»[3]
Ce passage révèle l’architecture complète du dispositif romain : les prophéties déclenchent une consultation des livres sibyllins par le collège des décemvirs, le Sénat délibère et tranche, le magistrat exécute. Chaque acteur tient son rôle dans une procédure minutieusement hiérarchisée.
Ce que Tite-Live souligne – et que Macrobe reprend – est essentiel : les jeux ont été institués proelii causa, non pestilentiae, «pour la guerre, non pour la maladie»[4]. L’épiclèse la plus ancienne d’Apollon à Rome était medicus, le guérisseur, et une tradition postérieure a pu confondre les deux motivations. Macrobe en fournit la raison symbolique : c’est au moment où le soleil se trouve exactement au zénith de notre hémisphère, au solstice d’été, que l’on célèbre Apollon, dont les flèches ne sont autres que ses rayons[5].
La position de ces jeux dans le calendrier mérite qu’on s’y attarde. Fixés au 13 juillet, ils précèdent le dies Alliensis (18 juillet), le jour anniversaire de la défaite contre les Gaulois à l’Allia en 390 avant notre ère, un jour si funeste que le calendrier le marquait d’une infamie particulière. La proximité n’est probablement pas un hasard : à Rome, la bataille de Cannes avait immédiatement évoqué le souvenir de l’Allia, les deux catastrophes étant perçues comme équivalentes dans la mémoire collective. Des siècles plus tard, Symmaque pouvait encore écrire que les rites traditionnels avaient «chassé Hannibal des murs et les Sénons du Capitole»[6] – preuve que le rapprochement des deux événements est resté vivant dans la conscience romaine. Placer les jeux d’Apollon juste avant le dies Alliensis, c’était offrir pour l’avenir la protection divine qui avait manqué lors des deux plus grandes catastrophes de l’histoire de Rome.
De la fête d’urgence à la célébration permanente
La trajectoire institutionnelle des Ludi Apollinares se déroule en plusieurs étapes. En 212, le sénatus-consulte ne prévoit les jeux que pour cette seule année – ce sont des feriae imperativae, des fêtes prescrites exceptionnellement[7]. L’année suivante, sur proposition du préteur Calpurnius, le Sénat décide de les renouveler dans le cadre d’un vœu annuel : «Les jeux Apollinaires avaient déjà eu lieu l’année précédente ; cette année-là aussi, le Sénat, sur la proposition du préteur Calpurnius, décréta qu’ils seraient voués à perpétuité.»[8] Ce n’est qu’en 208, à la suite d’une épidémie, qu’une loi votée par les comices – la loi Licinia – les rend définitivement annuels en leur assignant une date fixe : «P. Licinius Varus, préteur urbain, reçut l’ordre de porter devant le peuple une loi selon laquelle ces jeux seraient voués pour toujours à une date fixe. Il les vota lui-même le premier de cette façon et les fit le troisième jour avant les nones de Quintilis. Ce jour devint dès lors jour de fête.»[9]
Ces trois étapes illustrent un processus caractéristique du droit sacré romain. Macrobe en a rappelé la classification : les feriae publiques sont soit fixes (stativae), soit mobiles (conceptivae), soit prescrites exceptionnellement (imperativae), soit hebdomadaires (nundinae). Les Ludi Apollinares ont ainsi parcouru en quelques décennies la totalité du spectre institutionnel, pour finir inscrits sur les fasti publics du 6 au 13 juillet[10].
Un point institutionnel retient l’attention : les jeux ont été organisés et présidés par le préteur urbain – un magistrat à imperium –, alors que la plupart des jeux réguliers relevaient des édiles. Tite-Live l’a noté : «Les jeux Apollinaires furent célébrés pour la première fois sous le consulat de Q. Fulvius et d’Ap. Claudius, par le préteur urbain P. Cornelius Sulla ; depuis lors, tous les préteurs urbains les ont célébrés successivement ; mais ils les vouaient pour un an seulement et les faisaient à un jour non fixe.»[11] Cette prérogative prétorale, liée à l’origine votive des jeux, a été défendue avec succès face au Sénat, et c’est le peuple lui-même qui a tranché en ratifiant la loi Licinia.
Une anecdote rapportée par Macrobe illustre bien l’aura de ces jeux. Lors d’une édition des Ludi Apollinares, une attaque ennemie se serait produite pendant la célébration. Apollon lui-même serait intervenu sous la forme d’une nuée de flèches pour repousser l’assaillant, et les Romains victorieux auraient pu reprendre les jeux[12]. L’épisode est sans doute légendaire, mais il dit quelque chose de réel sur la manière dont les Romains concevaient la protection divine accordée par Apollon lors de ses propres jeux.
Un théâtre politique sous le ciel de juillet
Quel spectacle offrait-on au peuple pendant ces huit jours de juillet ? Les sources permettent de reconstituer un programme varié, même si les lacunes restent importantes. Les jeux comportaient des spectacles hippiques – les desultores, ces cavaliers qui sautaient de cheval en cheval au galop, sont attestés par les émissions monétaires[13]. Ils comprenaient surtout des jeux scéniques (ludi scaenici). Une chasse mise en scène (venatio) pouvait s’y ajouter, mais à titre facultatif : en juillet 44, Brutus, alors préteur urbain en charge des jeux, a souhaité que l’on reportât «la chasse qui devait avoir lieu le lendemain des jeux Apollinaires»[14].
Macrobe, dans les Saturnales, offre une définition qui aide à comprendre la logique d’ensemble de ces célébrations : les dies festi regroupent des «sacrifices offerts aux dieux, l’organisation de banquets solennels, des jeux en leur honneur, le respect d’une festivité»[15]. Les Ludi Apollinares combinaient tous ces éléments : sacrifices selon le rite grec (tête découverte, à la différence du rite romain habituel capite velato), offrandes de la foule, festins publics portes ouvertes, et spectacles. Les jeux se déroulaient en partie au Grand Cirque, et à partir du 2e siècle avant notre ère dans un théâtre provisoire installé à proximité du temple d’Apollon au Champ de Mars[16]. Varron, évoquant une pièce jouée lors des jeux Apollinaires, note que la foule y «a appris» quelque chose[17], formule qui dit bien l’importance du théâtre comme espace de mémoire collective.
Placés à proximité de la période électorale, les jeux de juillet ont régulièrement concentré les tensions de la vie politique. Cicéron le consigne avec précision en juillet 59: aux jeux Apollinaires, l’acteur tragique Diphilus s’en est pris avec insolence à Pompée, récitant des vers que la foule a repris en clameurs – des vers interprétés comme une attaque directe contre le grand homme[18]. La salle de théâtre est devenue une caisse de résonance des tensions politiques, où le public faisait dire aux acteurs ce qu’il n’osait pas exprimer directement.
En 44 avant notre ère, la situation s’est compliquée davantage encore. Brutus, préteur urbain et donc président de droit des Ludi Apollinares, s’est trouvé dans une position impossible après l’assassinat de César. En juin, Cicéron rapporte qu’il a finalement «décidé que les jeux auraient lieu en son nom mais en son absence»[19] – présider les jeux en personne eût été trop dangereux. La situation était d’autant plus chargée que le 12 juillet avait été officiellement établi comme anniversaire (natalis) de César : Macrobe atteste que le mois a été rebaptisé Iulius précisément parce que César était né «le quatrième jour avant les Ides de Quintilis», et les Fasti Amiternini marquent ce jour comme férié «parce que C. César est né ce jour-là»[20]. Ce chevauchement entre la fête d’Apollon et le culte du dictateur défunt a rendu les jeux de l’été 44 particulièrement explosifs – et Cassius Dion rapporte que la célébration du natalis de César a dû être déplacée à la veille pour ne pas empiéter sur les jeux d’Apollon[21].
Études modernes consultées
- Estienne, Sylvia, «De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares : aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome», Pallas, 111, 2019, p. 153-170.
- Grantaliano, Gianmarco, «Resilient Roman Religious Structures in the Second Punic War. The carmina Marciana and the Calendrical Position of the ludi Apollinares», Religion in the Roman Empire, 9, 2023, p. 203-225.
[1] Tite-Live, Ab urbe condita, 23, 22: neque enim post L. Aemilium et C. Flaminium censores senatus lectus fuerat, cum tantum senatorum adversae pugnae, ad hoc sui quemque casus per quinquennium absumpsissent. Cf. 23, 23: centum septuaginta septem cum ingenti adprobatione hominum in senatum lectis, extemplo se magistratu abdicavit.
[2] Tite-Live, Ab urbe condita, 25, 12: religio deinde noua obiecta est ex carminibus Marcianis. uates hic Marcius inlustris fuerat.
[3] Tite-Live, Ab urbe condita, 25, 12: ea cum inspecta relataque ad senatum essent, censuerunt patres Apollini ludos uouendos faciendosque et quando ludi facti essent, duodecim milia aeris praetori ad rem diuinam et duas hostias maiores dandas. alterum senatus consultum factum est ut decemuiri sacrum Graeco ritu facerent hisce hostiis, Apollini boue aurato et capris duabus albis auratis, Latonae boue femina aurata. ludos praetor in circo maximo cum facturus esset, edixit ut populus per eos ludos stipem Apollini quantam commodum esset conferret. haec est origo ludorum Apollinarium, uictoriae, non ualetudinis ergo ut plerique rentur, uotorum factorumque. populus coronatus spectauit, matronae supplicauere ; uolgo apertis ianuis in propatulo epulati sunt celeberque dies omni caerimoniarum genere fuit. La traduction citée dans le texte est celle de F. Nicolet-Croizat, Paris, CUF, 1992.
[4] Macrobe, Saturnales, I, 17, 25: hinc intellegitur praelii causa, non pestilentiae, sicut quidam aestimant, ludos institutos.
[5] Macrobe, Saturnales, I, 17, 26: haec est autem huius aestimationis ratio, quod tunc sol super ipsum nostrae habitationis verticem fulget. Nam Cancer in aestivo tropico est, in quo meante sole radii temperatam nostram non eminus sed superne demissi rectis fulgoribus lustrant.
[6] Symmaque, Relatio, III, 9: Haec sacra Annibalem a moenibus, a Capitolio Senonas repulerunt.
[7] Macrobe, Saturnales, I, 16, 5: feriarum autem publicarum genera sunt quattuor. Aut enim statiuae sunt aut conceptiuae aut imperatiuae aut nundinae. Et sunt statiuae uniuersi populi communes certis et constitutis diebus ac mensibus et in fastis statis observationibus annotatae.
[8] Tite-Live, Ab urbe condita, 26, 23: ludi Apollinares et priore anno fuerant et eo anno ut fierent referente Calpurnio praetore senatus decreuit ut in perpetuum uouerentur.
[9] Tite-Live, Ab urbe condita, 27, 23: P. Licinius Uarus praetor urbanus legem ferre ad populum iussus ut ii ludi in perpetuum in statam diem uouerentur. ipse primus ita uouit, fecitque ante diem tertium nonas Quinctiles. is dies deinde sollemnis seruatus.
[10] Les calendriers épigraphiques attestant la période du 6 au 13 juillet sont répertoriés dans Degrassi, Inscriptiones Italiae, XIII, 2, p. 477-479 (étude moderne directement consultée via Estienne, Pallas, 111, 2019).
[11] Tite-Live, Ab urbe condita, 27, 23: Ludi Apollinares Q. Fuluio Ap. Claudio consulibus a P. Cornelio Sulla praetore urbano primum facti erant ; inde omnes deinceps praetores urbani fecerant ; sed in unum annum uouebant dieque incerta faciebant.
[12] Macrobe, Saturnales, I, 17, 25: cum ludi Romae Apollini celebrarentur ex vaticinio Marcii vatis carmineque Sibyllino, repentino hostis adventu plebs ad arma excitata occurrit hosti, eoque tempore nubes sagittarum in adversos visa ferri et hostem fugavit et victores Romanos ad spectacula dei sospitalis reduxit.
[13] RRC 340/1. Denier de L. Calpurnius Piso Frugi, 90 avant notre ère.
[14] Cicéron, Lettres à Atticus, XVI, 4, 1: sese scripturum aiebat ut venationem eam quae postridie ludos Apollinaris futura est proscriberent in III Idus Quintilis.
[15] Macrobe, Saturnales, I, 16, 3-4: Festis insunt sacrificia epulae ludi feriae. Sacra celebritas est uel cum sacrificia dis offeruntur uel cum dies diuinis epulationibus celebratur uel cum ludi in honorem aguntur deorum uel cum feriae obseruantur.
[16] Tite-Live, Ab urbe condita, 40, 51: theatrum et proscaenium ad Apollinis.
[17] Varron, De lingua latina, VI, 18: Apollinaribus ludis docuit populum.
[18] Cicéron, Lettres à Atticus, II, 19, 3: ludis Apollinaribus Diphilus tragoedus in nostrum Pompeium petulanter inuectus est : nostra miseria tu es magnus – miliens coactus est dicere ; eandem uirtutem istam ueniet tempus cum grauiter gemes – totius theatri clamore dixit.
[19] Cicéron, Lettres à Atticus, XV, 11, 2: constituit igitur ut ludi absente se fierent suo nomine.
[20] Macrobe, Saturnales, I, 12, 34: sed postea in honorem Iulii Caesaris Dictatoris legem ferente M. Antonio M. filio consule Iulius appellatus est, quod hoc mense a.d. quartum Idus Quintiles Iulius procreatus sit. Cf. Fasti Amiternini (CIL I², p. 244): Feriae quod eo die C. Caesar est natus. Les sources attestent la date officielle de célébration ; la date historique réelle de naissance de César reste discutée chez les modernes.
[21] Cassius Dion, Histoire romaine, XLVII, 18, 5-6: Καὶ συνέβαινε γὰρ ἐν τῇ αὐτῇ ἡμέρᾳ καὶ τὰ Ἀπολλώνια γίγνεσθαι, ἐψηφίσαντο τῇ προτεραίᾳ τὰ γενέσια ἀγάλλεσθαι, ὡς καὶ λογίου τινὸς Σιβυλλείου ἀπαγορεύοντος μηδενὶ θεῶν τότε πλὴν τῷ Ἀπόλλωνι ἑορτάζεσθαι. («Bien plus, les jeux Apollinaires tombant le même jour, on décréta de fêter, la veille, la naissance de César, attendu qu’un oracle sibyllin défendait de fêter ce jour-là un autre dieu qu’Apollon.»)
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IN BREVE – Nati da una profezia oscura per scongiurare la disfatta di Canne, i Ludi Apollinares sono diventati uno degli appuntamenti più carichi di significato politico del calendario romano. Celebrati ogni anno dal 6 al 13 luglio in onore di Apollo, questi giochi hanno impiegato trent’anni a passare dallo status di festa d’emergenza a quello di celebrazione permanente – otto giorni in cui il popolo, incoronato, banchettava a porte aperte e faceva sentire la propria voce fino a far tremare i più potenti.
Ludi Apollinares: giochi nati nella bufera della guerra
Nel 212 a.C., Roma attraversa uno dei periodi più bui della sua storia. Annibale ha varcato le Alpi, ha schiacciato le legioni al lago Trasimeno e poi a Canne. Decine di migliaia di soldati sono morti. Il numero dei senatori era calato così drasticamente dopo le sconfitte successive che si era resa necessaria una lectio senatus straordinaria nel 216[1]. È in questo contesto di catastrofe militare che nascono i Ludi Apollinares – giochi in onore di Apollo destinati a iscriversi durevolmente nel calendario della città.
Profezie venute dal nulla
La storia comincia con un episodio quanto meno insolito. Due testi profetici, i carmina Marciana, circolano a Roma. Sono attribuiti a un certo Marcio, personaggio misterioso presentato come un vates – un indovino. Queste profezie pretendono di aver annunciato la disfatta di Canne prima che si verificasse, e prescrivono l’istituzione di giochi in onore di Apollo come rimedio alle sventure di Roma[2].
Il racconto che ne fa Tito Livio merita di essere letto nei dettagli, perché illumina tutta la meccanica istituzionale della decisione:
«Un giorno fu dedicato alle espiazioni richieste da questa profezia; il giorno seguente, un senatus-consulto ordinò ai decemviri di consultare i libri sibillini riguardo alla celebrazione dei giochi di Apollo e del suo culto. A seguito di questa consultazione e del rapporto dei decemviri al Senato, quest’ultimo decise che bisognava votare e celebrare dei giochi in onore di Apollo e, una volta celebrati i giochi, dare al pretore dodicimila assi per il culto, e due vittime adulte. Un secondo senatus-consulto prescrisse ai decemviri di sacrificare secondo il rito greco le seguenti vittime: per Apollo, un bue con le corna dorate e due capre bianche con le corna dorate, per Latona, una vacca con le corna dorate. Al momento di celebrare i giochi nel Circo Massimo, il pretore ordinò al popolo di portare, durante questi giochi, un’offerta ad Apollo proporzionata alle possibilità di ciascuno. Tale è l’origine dei giochi Apollinari, votati e celebrati per ottenere la vittoria, e non la salute, come si crede generalmente. Il popolo vi assistette incoronato, le madri di famiglia fecero suppliche; si banchettò in pubblico, a porte aperte, nei cortili delle case, e si festeggiò quel giorno con ogni sorta di cerimonie.»[3]
Questo passo rivela l’architettura completa del dispositivo romano: le profezie innescano una consultazione dei libri sibillini da parte del collegio dei decemviri, il Senato delibera e decide, il magistrato esegue. Ogni attore svolge il proprio ruolo in una procedura minuziosamente gerarchizzata.
Ciò che Tito Livio sottolinea – e che Macrobio riprende – è essenziale: i giochi furono istituiti proelii causa, non pestilentiae, «per la guerra, non per la malattia»[4]. L’epiclesi più antica di Apollo a Roma era medicus, il guaritore, e una tradizione posteriore ha potuto confondere le due motivazioni. Macrobio ne fornisce la ragione simbolica: è nel momento in cui il sole si trova esattamente allo zenit del nostro emisfero, al solstizio d’estate, che si celebra Apollo, le cui frecce non sono altro che i suoi raggi[5].
La posizione di questi giochi nel calendario merita attenzione. Fissati al 13 luglio, precedono il dies Alliensis (18 luglio), il giorno anniversario della sconfitta contro i Galli all’Allia nel 390 a.C., un giorno così funesto che il calendario lo segnava con un’infamia particolare. La prossimità non è probabilmente casuale: a Roma, la battaglia di Canne aveva immediatamente evocato il ricordo dell’Allia, le due catastrofi essendo percepite come equivalenti nella memoria collettiva. Secoli più tardi, Simmaco poteva ancora scrivere che i riti tradizionali avevano «scacciato Annibale dalle mura e i Senoni dal Campidoglio»[6] – prova che l’accostamento dei due eventi è rimasto vivo nella coscienza romana. Collocare i giochi di Apollo appena prima del dies Alliensis significava offrire per il futuro la protezione divina che era mancata nelle due più grandi catastrofi della storia di Roma.
Dalla festa d’emergenza alla celebrazione permanente
La traiettoria istituzionale dei Ludi Apollinares si svolge in più tappe. Nel 212, il senatus-consulto prevede i giochi solo per quell’anno – si tratta di feriae imperativae, feste prescritte eccezionalmente[7]. L’anno successivo, su proposta del pretore Calpurnio, il Senato decide di rinnovarli nell’ambito di un voto annuale: «I giochi Apollinari si erano già svolti l’anno precedente; anche quell’anno, il Senato, su proposta del pretore Calpurnio, decretò che sarebbero stati votati in perpetuo.»[8] Solo nel 208, a seguito di un’epidemia, una legge votata dai comizi – la legge Licinia – li rende definitivamente annuali assegnando loro una data fissa: «P. Licinio Varo, pretore urbano, ricevette l’ordine di portare davanti al popolo una legge secondo cui questi giochi sarebbero stati votati per sempre a una data fissa. Egli stesso li votò per primo in questo modo e li celebrò tre giorni prima delle none di Quintilis. Quel giorno divenne d’allora in poi giorno di festa.»[9]
Queste tre tappe illustrano un processo caratteristico del diritto sacro romano. Macrobio ne ha ricordato la classificazione: le feriae pubbliche sono fisse (stativae), oppure mobili (conceptivae), oppure prescritte eccezionalmente (imperativae), oppure settimanali (nundinae). I Ludi Apollinares hanno così percorso in pochi decenni l’intero spettro istituzionale, per finire iscritti nei fasti pubblici dal 6 al 13 luglio[10].
Un punto istituzionale merita attenzione: i giochi furono organizzati e presieduti dal pretore urbano – un magistrato con imperium –, mentre la maggior parte dei giochi ordinari spettava agli edili. Tito Livio lo ha annotato: «I giochi Apollinari furono celebrati per la prima volta sotto il consolato di Q. Fulvio e di Ap. Claudio, dal pretore urbano P. Cornelio Silla; da allora, tutti i pretori urbani li hanno celebrati successivamente; ma li votavano per un solo anno e li celebravano in un giorno non fisso.»[11] Questa prerogativa pretoria, legata all’origine votiva dei giochi, fu difesa con successo di fronte al Senato, e fu il popolo stesso a decidere ratificando la legge Licinia.
Un aneddoto riportato da Macrobio illustra bene l’aura di questi giochi. Durante un’edizione dei Ludi Apollinares, un attacco nemico si sarebbe prodotto mentre la celebrazione era in corso. Apollo stesso sarebbe intervenuto sotto forma di una nube di frecce per respingere l’assalitore, e i Romani vittoriosi avrebbero potuto riprendere i giochi[12]. L’episodio è senza dubbio leggendario, ma dice qualcosa di reale sul modo in cui i Romani concepivano la protezione divina accordata da Apollo durante i propri giochi.
Un teatro politico sotto il cielo di luglio
Quale spettacolo si offriva al popolo durante questi otto giorni di luglio? Le fonti permettono di ricostruire un programma vario, anche se le lacune restano importanti. I giochi comprendevano spettacoli ippici – i desultores, quei cavalieri che saltavano di cavallo in cavallo al galoppo, sono attestati dalle emissioni monetarie[13]. Comprendevano soprattutto giochi scenici (ludi scaenici). Una caccia messa in scena (venatio) poteva aggiungersi, ma a titolo facoltativo: nel luglio del 44, Bruto, allora pretore urbano responsabile dei giochi, aveva desiderato che si rinviasse «la caccia che doveva aver luogo il giorno dopo i giochi Apollinari»[14].
Macrobio, nelle Saturnali, offre una definizione che aiuta a comprendere la logica d’insieme di queste celebrazioni: i dies festi raggruppano «sacrifici offerti agli dèi, l’organizzazione di banchetti solenni, giochi in loro onore, il rispetto di una festività»[15]. I Ludi Apollinares combinavano tutti questi elementi: sacrifici secondo il rito greco (a capo scoperto, a differenza del rito romano abituale capite velato), offerte della folla, banchetti pubblici a porte aperte, e spettacoli. I giochi si svolgevano in parte al Circo Massimo, e a partire dal 2° secolo a.C. in un teatro provvisorio installato nelle vicinanze del tempio di Apollo al Campo Marzio[16]. Varrone, evocando una commedia rappresentata durante i giochi Apollinari, nota che la folla vi «ha appreso» qualcosa[17], formula che dice bene l’importanza del teatro come spazio di memoria collettiva.
Posti in prossimità del periodo elettorale, i giochi di luglio hanno regolarmente concentrato le tensioni della vita politica. Cicerone lo consegna alla storia con precisione nel luglio del 59: ai giochi Apollinari, l’attore tragico Difilo si è scagliato con insolenza contro Pompeo, recitando versi che la folla ha ripreso in clamori – versi interpretati come un attacco diretto contro il grande uomo[18]. La sala teatrale è diventata una cassa di risonanza delle tensioni politiche, dove il pubblico faceva dire agli attori ciò che non osava esprimere direttamente.
Nel 44 a.C., la situazione si è complicata ulteriormente. Bruto, pretore urbano e quindi presidente di diritto dei Ludi Apollinares, si è trovato in una posizione impossibile dopo l’assassinio di Cesare. In giugno, Cicerone riferisce che aveva infine «deciso che i giochi si sarebbero svolti a suo nome ma in sua assenza»[19] – presiedere i giochi di persona sarebbe stato troppo pericoloso. La situazione era tanto più carica di significato in quanto il 12 luglio era stato ufficialmente stabilito come anniversario (natalis) di Cesare: Macrobio attesta che il mese fu ribattezzato Iulius precisamente perché Cesare era nato «il quarto giorno prima delle Idi di Quintilis», e i Fasti Amiternini segnano quel giorno come festivo «perché in quel giorno nacque C. Cesare»[20]. Questa sovrapposizione tra la festa di Apollo e il culto del dittatore defunto ha reso i giochi dell’estate del 44 particolarmente esplosivi – e Cassio Dione riferisce che la celebrazione del natalis di Cesare dovette essere spostata alla vigilia per non sovrapporsi ai giochi di Apollo[21].
Studi moderni consultati
- Estienne, Sylvia, «De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares : aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome», Pallas, 111, 2019, p. 153-170.
- Grantaliano, Gianmarco, «Resilient Roman Religious Structures in the Second Punic War. The carmina Marciana and the Calendrical Position of the ludi Apollinares», Religion in the Roman Empire, 9, 2023, p. 203-225.
[1] Tito Livio, Ab urbe condita, 23, 22: neque enim post L. Aemilium et C. Flaminium censores senatus lectus fuerat, cum tantum senatorum adversae pugnae, ad hoc sui quemque casus per quinquennium absumpsissent. Cf. 23, 23: centum septuaginta septem cum ingenti adprobatione hominum in senatum lectis, extemplo se magistratu abdicavit.
[2] Tito Livio, Ab urbe condita, 25, 12: religio deinde noua obiecta est ex carminibus Marcianis. uates hic Marcius inlustris fuerat.
[3] Tito Livio, Ab urbe condita, 25, 12: ea cum inspecta relataque ad senatum essent, censuerunt patres Apollini ludos uouendos faciendosque et quando ludi facti essent, duodecim milia aeris praetori ad rem diuinam et duas hostias maiores dandas. alterum senatus consultum factum est ut decemuiri sacrum Graeco ritu facerent hisce hostiis, Apollini boue aurato et capris duabus albis auratis, Latonae boue femina aurata. ludos praetor in circo maximo cum facturus esset, edixit ut populus per eos ludos stipem Apollini quantam commodum esset conferret. haec est origo ludorum Apollinarium, uictoriae, non ualetudinis ergo ut plerique rentur, uotorum factorumque. populus coronatus spectauit, matronae supplicauere ; uolgo apertis ianuis in propatulo epulati sunt celeberque dies omni caerimoniarum genere fuit. La traduzione citata nel testo è quella di F. Nicolet-Croizat, Paris, CUF, 1992.
[4] Macrobio, Saturnali, I, 17, 25: hinc intellegitur praelii causa, non pestilentiae, sicut quidam aestimant, ludos institutos.
[5] Macrobio, Saturnali, I, 17, 26: haec est autem huius aestimationis ratio, quod tunc sol super ipsum nostrae habitationis verticem fulget. Nam Cancer in aestivo tropico est, in quo meante sole radii temperatam nostram non eminus sed superne demissi rectis fulgoribus lustrant.
[6] Simmaco, Relatio, III, 9: Haec sacra Annibalem a moenibus, a Capitolio Senonas repulerunt.
[7] Macrobio, Saturnali, I, 16, 5: feriarum autem publicarum genera sunt quattuor. Aut enim statiuae sunt aut conceptiuae aut imperatiuae aut nundinae. Et sunt statiuae uniuersi populi communes certis et constitutis diebus ac mensibus et in fastis statis observationibus annotatae.
[8] Tito Livio, Ab urbe condita, 26, 23: ludi Apollinares et priore anno fuerant et eo anno ut fierent referente Calpurnio praetore senatus decreuit ut in perpetuum uouerentur.
[9] Tito Livio, Ab urbe condita, 27, 23: P. Licinius Uarus praetor urbanus legem ferre ad populum iussus ut ii ludi in perpetuum in statam diem uouerentur. ipse primus ita uouit, fecitque ante diem tertium nonas Quinctiles. is dies deinde sollemnis seruatus.
[10] I calendari epigrafici che attestano il periodo dal 6 al 13 luglio sono repertoriati in Degrassi, Inscriptiones Italiae, XIII, 2, p. 477-479 (studio moderno consultato direttamente tramite Estienne, Pallas, 111, 2019).
[11] Tito Livio, Ab urbe condita, 27, 23: Ludi Apollinares Q. Fuluio Ap. Claudio consulibus a P. Cornelio Sulla praetore urbano primum facti erant ; inde omnes deinceps praetores urbani fecerant ; sed in unum annum uouebant dieque incerta faciebant.
[12] Macrobio, Saturnali, I, 17, 25: cum ludi Romae Apollini celebrarentur ex vaticinio Marcii vatis carmineque Sibyllino, repentino hostis adventu plebs ad arma excitata occurrit hosti, eoque tempore nubes sagittarum in adversos visa ferri et hostem fugavit et victores Romanos ad spectacula dei sospitalis reduxit.
[13] RRC 340/1. Denario di L. Calpurnio Pisone Frugi, 90 a.C.
[14] Cicerone, Lettere ad Attico, XVI, 4, 1: sese scripturum aiebat ut venationem eam quae postridie ludos Apollinaris futura est proscriberent in III Idus Quintilis.
[15] Macrobio, Saturnali, I, 16, 3-4: Festis insunt sacrificia epulae ludi feriae. Sacra celebritas est uel cum sacrificia dis offeruntur uel cum dies diuinis epulationibus celebratur uel cum ludi in honorem aguntur deorum uel cum feriae obseruantur.
[16] Tito Livio, Ab urbe condita, 40, 51: theatrum et proscaenium ad Apollinis.
[17] Varrone, De lingua latina, VI, 18: Apollinaribus ludis docuit populum.
[18] Cicerone, Lettere ad Attico, II, 19, 3: ludis Apollinaribus Diphilus tragoedus in nostrum Pompeium petulanter inuectus est : nostra miseria tu es magnus – miliens coactus est dicere ; eandem uirtutem istam ueniet tempus cum grauiter gemes – totius theatri clamore dixit.
[19] Cicerone, Lettere ad Attico, XV, 11, 2: constituit igitur ut ludi absente se fierent suo nomine.
[20] Macrobio, Saturnali, I, 12, 34: sed postea in honorem Iulii Caesaris Dictatoris legem ferente M. Antonio M. filio consule Iulius appellatus est, quod hoc mense a.d. quartum Idus Quintiles Iulius procreatus sit. Cf. Fasti Amiternini (CIL I², p. 244): Feriae quod eo die C. Caesar est natus. Le fonti attestano la data ufficiale di celebrazione; la data storica reale della nascita di Cesare resta discussa dagli studiosi moderni.
[21] Cassio Dione, Storia romana, XLVII, 18, 5-6: Καὶ συνέβαινε γὰρ ἐν τῇ αὐτῇ ἡμέρᾳ καὶ τὰ Ἀπολλώνια γίγνεσθαι, ἐψηφίσαντο τῇ προτεραίᾳ τὰ γενέσια ἀγάλλεσθαι, ὡς καὶ λογίου τινὸς Σιβυλλείου ἀπαγορεύοντος μηδενὶ θεῶν τότε πλὴν τῷ Ἀπόλλωνι ἑορτάζεσθαι. («Poiché inoltre i giochi Apollinari cadevano nello stesso giorno, si decretò di festeggiare il compleanno di Cesare il giorno prima, in quanto un oracolo sibillino vietava di festeggiare in quel giorno un altro dio al di fuori di Apollo.»)
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🇬🇧 English version

IN BRIEF – Born of an obscure prophecy to avert the disaster of Cannae, the Ludi Apollinares became one of the most politically charged fixtures of the Roman calendar. Celebrated each year from 6 to 13 July in honour of Apollo, these games took thirty years to evolve from emergency festival to permanent celebration – eight days during which the people, crowned with garlands, feasted with open doors and made their voice heard loudly enough to unsettle the most powerful.
Ludi Apollinares: games born in the turmoil of war
In 212 BCE, Rome was living through one of the darkest periods in its history. Hannibal had crossed the Alps, crushed the legions at Lake Trasimene and then at Cannae. Tens of thousands of soldiers had died. The number of senators had fallen so sharply after successive defeats that an extraordinary lectio senatus had been required in 216[1]. It was in this context of military catastrophe that the Ludi Apollinares were born – games in honour of Apollo that would leave a lasting mark on the city’s calendar.
Prophecies from nowhere
The story begins with a rather unusual episode. Two prophetic texts, the carmina Marciana, were circulating in Rome. They were attributed to a certain Marcius, a mysterious figure presented as a vates – a seer. These prophecies claimed to have foretold the defeat at Cannae before it occurred, and prescribed the creation of games in honour of Apollo as a remedy for Rome’s misfortunes[2].
Livy’s account of the episode deserves to be read in detail, for it illuminates the entire institutional machinery of the decision:
« A day was devoted to the expiations required by this prophecy; the following day, a senatus consultum instructed the decemviri to consult the Sibylline Books concerning the celebration of games in honour of Apollo and his cult. Following this consultation and the decemviri‘s report to the Senate, the latter decided that games should be vowed and celebrated in Apollo’s honour and, once the games had been held, that twelve thousand asses should be given to the praetor for the cult, along with two adult victims. A second senatus consultum instructed the decemviri to sacrifice, according to the Greek rite, the following victims: for Apollo, a bull with gilded horns and two white she-goats with gilded horns, for Latona, a cow with gilded horns. When about to hold the games in the Circus Maximus, the praetor ordered the people to make, during the games, an offering to Apollo proportionate to each person’s means. Such is the origin of the Apollinarian Games, vowed and celebrated for victory, and not for health, as is generally believed. The people attended them wearing garlands, the matrons offered supplications; there was public feasting with doors flung open in the courtyards of houses, and the day was celebrated with ceremonies of every kind. »[3]
This passage reveals the complete architecture of the Roman system: the prophecies trigger a consultation of the Sibylline Books by the college of decemviri, the Senate deliberates and decides, the magistrate executes. Each actor plays his part in a meticulously hierarchical procedure.
What Livy emphasises – and Macrobius echoes – is essential: the games were instituted proelii causa, non pestilentiae, « for war, not for disease »[4]. Apollo’s oldest epithet at Rome was medicus, the healer, and a later tradition may have confused the two motivations. Macrobius offers the symbolic explanation: it is at the moment when the sun stands exactly at the zenith of our hemisphere, at the summer solstice, that Apollo is celebrated – his arrows being none other than his rays[5].
The position of these games in the calendar deserves attention. Fixed on 13 July, they preceded the dies Alliensis (18 July), the anniversary of the defeat against the Gauls at the Allia in 390 BCE, a day so ill-omened that the calendar marked it with particular infamy. The proximity was probably not coincidental: at Rome, the battle of Cannae had immediately evoked the memory of the Allia, the two catastrophes being perceived as equivalent in collective memory. Centuries later, Symmachus could still write that the traditional rites had « driven Hannibal from the walls and the Senones from the Capitol »[6] – proof that the pairing of the two events remained alive in the Roman consciousness. Placing the games of Apollo just before the dies Alliensis was to offer for the future the divine protection that had been absent during the two greatest catastrophes in Rome’s history.
From emergency festival to permanent celebration
The institutional trajectory of the Ludi Apollinares unfolded in several stages. In 212, the senatus consultum provided for the games for that year alone – they were feriae imperativae, exceptionally prescribed festivals[7]. The following year, on the proposal of the praetor Calpurnius, the Senate decided to renew them within the framework of an annual vow: « The Apollinarian Games had already taken place the previous year; that year too, the Senate, on the proposal of the praetor Calpurnius, decreed that they should be vowed in perpetuity. »[8] It was only in 208, following an epidemic, that a law passed by the comitia – the Licinian law – made them permanently annual by assigning them a fixed date: « P. Licinius Varus, the urban praetor, was instructed to bring before the people a law whereby these games should be vowed for ever on a fixed date. He himself was the first to vow them in this way, and held them on the third day before the Nones of Quintilis. That day thereafter became a holiday. »[9]
These three stages illustrate a process characteristic of Roman sacred law. Macrobius recalled the classification: public feriae were either fixed (stativae), or moveable (conceptivae), or exceptionally prescribed (imperativae), or weekly (nundinae). The Ludi Apollinares thus traversed the entire institutional spectrum within a few decades, ending up inscribed in the public fasti from 6 to 13 July[10].
One institutional point deserves attention: the games were organised and presided over by the urban praetor – a magistrate with imperium – whereas most regular games fell under the authority of the aediles. Livy noted this: « The Apollinarian Games were celebrated for the first time under the consulship of Q. Fulvius and Ap. Claudius, by the urban praetor P. Cornelius Sulla; since then, all subsequent urban praetors had celebrated them; but they vowed them for one year only and held them on no fixed date. »[11] This praetorian prerogative, linked to the votive origin of the games, was successfully defended before the Senate, and it was the people themselves who settled the matter by ratifying the Licinian law.
An anecdote reported by Macrobius aptly illustrates the aura surrounding these games. During one edition of the Ludi Apollinares, an enemy attack is said to have occurred while the celebration was in progress. Apollo himself is said to have intervened in the form of a cloud of arrows to drive back the assailant, and the victorious Romans were able to resume the games[12]. The episode is doubtless legendary, but it tells us something real about the way Romans conceived of the divine protection Apollo granted during his own games.
A political theatre under the July sky
What spectacle was offered to the people during these eight July days? The sources allow us to reconstruct a varied programme, even if significant gaps remain. The games included equestrian displays – the desultores, those riders who leapt from horse to horse at full gallop, are attested by coin issues[13]. Above all they included theatrical performances (ludi scaenici). A staged hunt (venatio) could be added, but as an optional extra: in July 44, Brutus, then urban praetor responsible for the games, had expressed his wish that « the hunt which was to take place the day after the Apollinarian Games » be postponed[14].
Macrobius, in the Saturnalia, offers a definition that helps to understand the overall logic of these celebrations: dies festi encompassed « sacrifices offered to the gods, the holding of solemn banquets, games celebrated in their honour, the observance of a festival »[15]. The Ludi Apollinares combined all these elements: sacrifices according to the Greek rite (bare-headed, unlike the usual Roman rite capite velato), offerings from the crowd, public feasting with open doors, and spectacles. The games took place partly in the Circus Maximus, and from the 2nd century BCE in a temporary theatre erected near the temple of Apollo in the Campus Martius[16]. Varro, evoking a play performed during the Apollinarian Games, notes that the crowd « learnt » something there[17] – a formulation that speaks volumes about the importance of the theatre as a space of collective memory.
Falling close to the electoral season, the July games regularly concentrated the tensions of political life. Cicero records this precisely in July 59: at the Apollinarian Games, the tragic actor Diphilus attacked Pompey with insolence, reciting verses that the crowd took up with shouts – verses interpreted as a direct attack on the great man[18]. The theatre had become a sounding board for political tension, where the public made actors say what it did not dare express directly.
In 44 BCE, the situation grew still more fraught. Brutus, urban praetor and thus rightful president of the Ludi Apollinares, found himself in an impossible position after Caesar’s assassination. In June, Cicero reports that he had finally « decided that the games should take place in his name but in his absence »[19] – presiding over the games in person would have been too dangerous. The situation was all the more charged because 12 July had been officially established as Caesar’s anniversary (natalis): Macrobius attests that the month had been renamed Iulius precisely because Caesar had been born « on the fourth day before the Ides of Quintilis », and the Fasti Amiternini mark that day as a holiday « because C. Caesar was born on that day »[20]. This overlap between the festival of Apollo and the cult of the deceased dictator made the games of summer 44 particularly explosive – and Cassius Dio reports that the celebration of Caesar’s natalis had to be moved to the eve so as not to encroach upon the games of Apollo[21].
Modern studies consulted
- Estienne, Sylvia, « De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares: aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome », Pallas, 111, 2019, pp. 153–170.
- Grantaliano, Gianmarco, « Resilient Roman Religious Structures in the Second Punic War. The carmina Marciana and the Calendrical Position of the ludi Apollinares« , Religion in the Roman Empire, 9, 2023, pp. 203–225.
[1] Livy, Ab urbe condita, 23, 22: neque enim post L. Aemilium et C. Flaminium censores senatus lectus fuerat, cum tantum senatorum adversae pugnae, ad hoc sui quemque casus per quinquennium absumpsissent. Cf. 23, 23: centum septuaginta septem cum ingenti adprobatione hominum in senatum lectis, extemplo se magistratu abdicavit.
[2] Livy, Ab urbe condita, 25, 12: religio deinde noua obiecta est ex carminibus Marcianis. uates hic Marcius inlustris fuerat.
[3] Livy, Ab urbe condita, 25, 12: ea cum inspecta relataque ad senatum essent, censuerunt patres Apollini ludos uouendos faciendosque et quando ludi facti essent, duodecim milia aeris praetori ad rem diuinam et duas hostias maiores dandas. alterum senatus consultum factum est ut decemuiri sacrum Graeco ritu facerent hisce hostiis, Apollini boue aurato et capris duabus albis auratis, Latonae boue femina aurata. ludos praetor in circo maximo cum facturus esset, edixit ut populus per eos ludos stipem Apollini quantam commodum esset conferret. haec est origo ludorum Apollinarium, uictoriae, non ualetudinis ergo ut plerique rentur, uotorum factorumque. populus coronatus spectauit, matronae supplicauere ; uolgo apertis ianuis in propatulo epulati sunt celeberque dies omni caerimoniarum genere fuit. The translation quoted in the text is that of F. Nicolet-Croizat, Paris, CUF, 1992.
[4] Macrobius, Saturnalia, I, 17, 25: hinc intellegitur praelii causa, non pestilentiae, sicut quidam aestimant, ludos institutos.
[5] Macrobius, Saturnalia, I, 17, 26: haec est autem huius aestimationis ratio, quod tunc sol super ipsum nostrae habitationis verticem fulget. Nam Cancer in aestivo tropico est, in quo meante sole radii temperatam nostram non eminus sed superne demissi rectis fulgoribus lustrant.
[6] Symmachus, Relatio, III, 9: Haec sacra Annibalem a moenibus, a Capitolio Senonas repulerunt.
[7] Macrobius, Saturnalia, I, 16, 5: feriarum autem publicarum genera sunt quattuor. Aut enim statiuae sunt aut conceptiuae aut imperatiuae aut nundinae. Et sunt statiuae uniuersi populi communes certis et constitutis diebus ac mensibus et in fastis statis observationibus annotatae.
[8] Livy, Ab urbe condita, 26, 23: ludi Apollinares et priore anno fuerant et eo anno ut fierent referente Calpurnio praetore senatus decreuit ut in perpetuum uouerentur.
[9] Livy, Ab urbe condita, 27, 23: P. Licinius Uarus praetor urbanus legem ferre ad populum iussus ut ii ludi in perpetuum in statam diem uouerentur. ipse primus ita uouit, fecitque ante diem tertium nonas Quinctiles. is dies deinde sollemnis seruatus.
[10] The epigraphic calendars attesting the period 6–13 July are listed in Degrassi, Inscriptiones Italiae, XIII, 2, pp. 477–479 (modern study consulted directly via Estienne, Pallas, 111, 2019).
[11] Livy, Ab urbe condita, 27, 23: Ludi Apollinares Q. Fuluio Ap. Claudio consulibus a P. Cornelio Sulla praetore urbano primum facti erant ; inde omnes deinceps praetores urbani fecerant ; sed in unum annum uouebant dieque incerta faciebant.
[12] Macrobius, Saturnalia, I, 17, 25: cum ludi Romae Apollini celebrarentur ex vaticinio Marcii vatis carmineque Sibyllino, repentino hostis adventu plebs ad arma excitata occurrit hosti, eoque tempore nubes sagittarum in adversos visa ferri et hostem fugavit et victores Romanos ad spectacula dei sospitalis reduxit.
[13] RRC 340/1. Denarius of L. Calpurnius Piso Frugi, 90 BCE.
[14] Cicero, Letters to Atticus, XVI, 4, 1: sese scripturum aiebat ut venationem eam quae postridie ludos Apollinaris futura est proscriberent in III Idus Quintilis.
[15] Macrobius, Saturnalia, I, 16, 3–4: Festis insunt sacrificia epulae ludi feriae. Sacra celebritas est uel cum sacrificia dis offeruntur uel cum dies diuinis epulationibus celebratur uel cum ludi in honorem aguntur deorum uel cum feriae obseruantur.
[16] Livy, Ab urbe condita, 40, 51: theatrum et proscaenium ad Apollinis.
[17] Varro, De lingua latina, VI, 18: Apollinaribus ludis docuit populum.
[18] Cicero, Letters to Atticus, II, 19, 3: ludis Apollinaribus Diphilus tragoedus in nostrum Pompeium petulanter inuectus est : nostra miseria tu es magnus – miliens coactus est dicere ; eandem uirtutem istam ueniet tempus cum grauiter gemes – totius theatri clamore dixit.
[19] Cicero, Letters to Atticus, XV, 11, 2: constituit igitur ut ludi absente se fierent suo nomine.
[20] Macrobius, Saturnalia, I, 12, 34: sed postea in honorem Iulii Caesaris Dictatoris legem ferente M. Antonio M. filio consule Iulius appellatus est, quod hoc mense a.d. quartum Idus Quintiles Iulius procreatus sit. Cf. Fasti Amiternini (CIL I², p. 244): Feriae quod eo die C. Caesar est natus. The sources attest the official date of celebration; the actual historical date of Caesar’s birth remains disputed among modern scholars.
[21] Cassius Dio, Roman History, XLVII, 18, 5–6: Καὶ συνέβαινε γὰρ ἐν τῇ αὐτῇ ἡμέρᾳ καὶ τὰ Ἀπολλώνια γίγνεσθαι, ἐψηφίσαντο τῇ προτεραίᾳ τὰ γενέσια ἀγάλλεσθαι, ὡς καὶ λογίου τινὸς Σιβυλλείου ἀπαγορεύοντος μηδενὶ θεῶν τότε πλὴν τῷ Ἀπόλλωνι ἑορτάζεσθαι. (« Moreover, since the Apollinarian Games fell on the same day, they decreed that Caesar’s birthday should be celebrated the day before, on the grounds that a Sibylline oracle forbade any god other than Apollo to be honoured on that day. »)
Dates
6 juillet 2026 - 13 juillet 2026 (Toute la journée)
202607juilToute la journéeNonae Caprotinae
Description
Nonis Iuliis
Description
Nonis Iuliis

EN BREF. Le 7 juillet, esclaves et femmes libres quittaient Rome pour sacrifier sous un figuier sauvage. Railleries, combat simulé, sève blanche et torche brandie: les Nonae Caprotinae restent l’une des fêtes les plus énigmatiques du calendrier romain.
Nonae Caprotinae: quand les esclaves sauvaient Rome
Le 7 juillet, les femmes de Rome, libres et esclaves, sortaient de la ville pour se retrouver dans le Champ de Mars. La fête portait deux noms: Ancillarum Feriae, «fête des servantes», et Nonae Caprotinae, «Nones Caprotines». Ausone, au 4e siècle de notre ère, la rappelle en deux vers: «les fêtes célèbres des Nones Caprotines, lorsque la stola retirée aux matrones couvrira les servantes.»[1] Sa position dans le calendrier était elle-même une singularité: c’est la seule fête de l’année fixée un jour des Nones. Varron, qui note les deux fêtes successivement dans son De lingua Latina, souligne que le rite ne se limitait pas à Rome: ce jour-là, «dans le Latium», les femmes sacrifiaient à Junon Caprotine sous un figuier sauvage.[2] Polemius Silvius, dont le calendrier date d’environ 448 de notre ère, l’inscrit encore sous le nom d’Ancillarum feriae[3], témoignant d’une persistance qui traverse les siècles et les mutations religieuses de l’Empire.
Philotis sur le figuier: le récit des origines
La fête a son mythe fondateur, que Plutarque et Macrobe transmettent avec de légères variantes. L’action se situe après le sac de Rome par les Gaulois. Les voisins de Rome – Latins selon Plutarque, Fidénates selon Macrobe –, profitant de l’affaiblissement de la cité, ont campé sous ses murs et ont exigé qu’on leur livre des femmes libres. Les magistrats romains étaient sans solution. C’est alors qu’une servante nommée Philotis (ou Tutula selon d’autres) a proposé une ruse: envoyer à leur place des esclaves parées en femmes libres. «Les magistrats se laissèrent convaincre: ils choisirent autant de servantes qu’elle jugea nécessaires, les parèrent de vêtements et d’or, et les livrèrent aux Latins, qui campaient non loin de la ville.»[4]
Une fois dans le camp ennemi, les servantes ont enivré les soldats. Macrobe précise qu’elles «excitèrent les hommes à boire beaucoup de vin en feignant qu’il s’agissait chez elles d’un jour de fête.»[5] Les hommes endormis, elles leur ont volé leurs épées. Philotis a monté alors sur un grand figuier sauvage et a brandi une torche en direction de Rome, en étendant son manteau derrière elle pour cacher la lumière aux ennemis.[6] Les Romains ont reçu le signal, sont sortis en hâte de la ville en se criant leurs prénoms les uns aux autres, sont tombés sur le camp endormi et ont remporté la victoire. Ovide mentionne cette journée comme le moment où «trompée par le travestissement, la troupe gauloise paya sa faute»[7] – dans sa version, l’ennemi est gaulois plutôt que latin, variante également attestée dans d’autres sources.
En récompense, le Sénat a décrété l’affranchissement de toutes les servantes ayant participé à l’action, leur a constitué une dot aux frais de l’État et leur a permis de porter la parure dont elles s’étaient alors servies. Il a institué la fête et lui a donné son nom: «les Nones Caprotines, d’après ce figuier sauvage (caprificus) d’où elles avaient reçu le signal de la victoire.»[8]
La deuxième tradition: Romulus au Marais de la Chèvre
Plutarque rapporte une tout autre tradition sur l’origine du nom de ce jour. Selon certains, ce ne serait pas la victoire sur les Latins mais la disparition de Romulus qui lui aurait donné son nom. Dans la Vie de Romulus, il écrit que «le jour où il disparut, on l’appelle « fuite de la foule » et « Nones Caprotines », parce que ceux qui sortent de la ville vont sacrifier au Marais de la Chèvre; car ils appellent la chèvre capra.»[9] Le lien entre le nom de la fête et celui du lieu – le Caprae Palus, le Marais de la Chèvre, dans le Champ de Mars – fournirait ainsi une étiologie indépendante du figuier sauvage. Dans la Vie de Camille, Plutarque précise encore: «d’autres disent que la plupart de ces actes et de ces paroles se rapportent au sort de Romulus: ce jour-là, en effet, il aurait disparu hors de la porte, lorsqu’une obscurité et une tempête l’enveloppèrent soudainement – ou, selon certains, lors d’une éclipse de soleil.»[10] Tite-Live décrit la même scène: lors d’une revue des troupes tenue au Marais de la Chèvre, «une tempête survint avec un grand fracas de tonnerre et enveloppa le roi d’un nuage si épais qu’il le déroba aux yeux de l’assemblée; et dès lors Romulus ne fut plus sur la terre.»[11] La disparition du fondateur de Rome, la sortie tumultueuse du peuple qui s’ensuit, les prénoms criés dans le désordre – autant d’éléments que la tradition a reconnus dans le rituel annuel des Nonae Caprotinae.
Les deux étiologies – la victoire de Philotis et la disparition de Romulus – coexistent dans les sources. Varron, qui mentionne les deux fêtes successivement dans son De lingua Latina, laisse entendre qu’elles se célébraient à des jours différents: les Poplifugia le 5 juillet, les Nonae Caprotinae le 7. Plutarque, lui, les fusionne en une seule journée dans la Vie de Romulus, sans que les Anciens eux-mêmes aient tranché la question.
Le rituel: sortie tumultueuse, railleries et figuier sauvage
Le programme de la journée, tel que Plutarque le décrit dans la Vie de Camille, s’est déroulé en plusieurs temps. D’abord, la sortie tumultueuse: «ils sont sortis en foule par la porte, en criant beaucoup de noms locaux et courants – Gaius, Marcus, Lucius et d’autres semblables –, imitant les appels que les soldats s’étaient alors adressés dans la hâte.» Vient ensuite le moment des servantes: «brillamment parées, elles ont été çà et là en plaisantant par des railleries avec ceux qu’elles ont rencontrés. Elles ont livré aussi entre elles une sorte de combat, comme si elles prenaient encore part à la lutte menée alors contre les Latins. Pendant le repas, elles se sont assises à l’ombre de branches de figuier.»[12]
C’est auprès de ce figuier que s’est accompli le sacrifice à Junon Caprotine. Varron note que les femmes ont utilisé une branche de cet arbre, et Macrobe précise qu’on y a employé «le lait qui coule du figuier sauvage, en souvenir de l’événement accompli.» Cette sève laiteuse, prélevée sur l’arbre lui-même, distingue le rite de tout sacrifice ordinaire. C’est ce même arbre qui a fourni son nom à la fête selon Macrobe, qui fait dériver Caprotinae du terme caprificus. Plutarque propose pour sa part l’étymologie à partir de capra, la chèvre, en lien avec le Marais de la Chèvre – les deux explications circulent sans que les Anciens eux-mêmes les tranchent.
La fête ne s’est pas limitée à Rome ni à l’Italie. Une inscription grecque découverte à Dion, colonie romaine de Macédoine, datée de la première moitié du 3e siècle de notre ère, en apporte la preuve. Une certaine Arura, esclave de Plutiadès, y a dédié une offrande à Zeus Hypsistos «après avoir exercé la fonction d’agoranome lors de la fête des Nones Caprotines.»[13] C’est à ce jour le seul témoignage épigraphique de la célébration des Nonae Caprotinae dans une colonie romaine hors d’Italie.
Études modernes consultées
- Álvarez Maurín, María del Pilar, «Nonae Caprotinae y Poplifugia: interpretación conjunta», Estudios humanísticos. Filología, 13 (1991), p. 21-31.
- Drossart, Paul, «Nonae Caprotinae: La fausse capture des Aurores», Revue de l’histoire des religions, t. 185, n° 2, 1974, p. 129-139.
- Nigdelis, Pantelis, «The Nonae Capratinae in Dion and Religious Associations and Public Festivals in Roman Macedonia», Greek, Roman, and Byzantine Studies, 56 (2016), p. 663-678.
- Pfeilschifter, René, «Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae», Hermes, 136 (2008), p. 30-37.
- Robertson, Noel, «The Nones of July and Roman Weather Magic», Museum Helveticum, 44 (1987), p. 8-41.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press (extrait, chapitres 1.1–1.4.2.1).
[1] Ausone, Eclogae, XXIII (De feriis Romanis), v. 9-10: Festa Caprotinis memorabo celebria Nonis, cum stola matronis dempta teget famulas.
[2] Varron, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt; e caprifico adhibent virgam.
[3] Polemius Silvius, Fasti, ad Nonas Iulias: NONAE Ancillarum feriae, quarum celebritas instituta est ideo, quia capta Vrbe a Gallis, cum finitimi prius victi tradi sibi Romanorum procerum coniuges postularent et, consilio Philotidis ancillae, famulae dominarum vestibus adornatae datae illis fuissent, his nuntiantibus praedictos somno sopitos et ebrios posse superari, facta victoria sic.
[4] Plutarque, Vie de Camille, 33, 3: πεισθέντας δὲ τοὺς ἄρχοντας ἐπιλέξασθαι τῶν θεραπαινίδων ὅσας ἐκείνη πρὸς τὴν χρείαν ἐδοκίμασε, καὶ κοσμήσαντας ἐσθῆτι καὶ χρυσῷ παραδοῦναι τοῖς Λατίνοις, οὐ πάνυ πρόσω τῆς πόλεως στρατοπεδεύουσι.
[5] Macrobe, Saturnales, I, 11, 39: Quae cum a Livio in castris distributae fuissent, viros plurimo vino provocaverunt diem festum apud se esse simulantes.
[6] Plutarque, Vie de Camille, 33, 4: νύκτωρ δὲ τὰς μὲν ἄλλας ὑφελέσθαι τὰ ἐγχειρίδια τῶν πολεμίων, τὴν δὲ εἴτε Τουτούλαν εἴτε Φιλωτίδα προσβᾶσαν ἐρινεῷ μεγάλῳ καὶ παρατείνασαν ὀπίσω τὸ ἱμάτιον ἆραι πυρσὸν εἰς τὴν Ῥώμην.
[7] Ovide, Ars amatoria, II, 257-258: Porrige et ancillae, qua poenas luce pependit / lusa maritali Gallica veste manus.
[8] Macrobe, Saturnales, I, 11, 40: diemque ipsum Nonas Caprotinas nuncupavit ab illa caprifico ex qua signum victoriae ceperunt, sacrificiumque statuit annua sollemnitate celebrandum, cui lac quod ex caprifico manat propter memoriam facti procedentis adhibetur.
[9] Plutarque, Vie de Romulus, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας· τὴν γὰρ αἶγα κάπραν ὀνομάζουσιν.
[10] Plutarque, Vie de Camille, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶ θυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[11] Tite-Live, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[12] Plutarque, Vie de Camille, 33, 6: πρῶτον μὲν γὰρ ἐξιόντες ἀθρόοι διὰ τῆς πύλης πολλὰ τῶν ἐπιχωρίων καὶ κοινῶν ὀνομάτων βοῇ φθέγγονται, Γάιον, Μᾶρκον, Λούκιον καὶ τὰ τούτοις ὅμοια, μιμούμενοι τὴν τότε γενομένην μετὰ σπουδῆς ἀλλήλων ἀνάκλησιν. ἔπειτα κεκοσμημέναι λαμπρῶς αἱ θεραπαινίδες περιίασι παίζουσαι διὰ σκωμμάτων εἰς τοὺς ἀπαντῶντας. γίνεται δὲ καὶ μάχη τις αὐταῖς πρὸς ἀλλήλας, ὡς καὶ τότε τοῦ πρὸς τοὺς Λατίνους ἀγῶνος συνεπιλαμβανομέναις. ἑστιώμεναι δὲ καθέζονται κλάδοις συκῆς σκιαζόμεναι.
[13] Nigdelis, GRBS 56 (2016), p. 664: Ἀγαθῇ τύχῃ / Διὶ Ὑψίστῳ ⊃ Ἄρουρα / Πλουτιάδου ⊃ παιδίσκη / ἀγορανομήσασα ⊃ Νώναις / Καπρατείναις ⊃ ἀνέθηκεν / δι᾽ ἐπιμελείας Φρούκτου.
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🇮🇹 Versione italiana

IN BREVE. Il 7 luglio, schiave e donne libere lasciavano Roma per sacrificare sotto un fico selvatico. Scherni, combattimento simulato, linfa bianca e fiaccola brandita: le Nonae Caprotinae rimangono una delle feste più enigmatiche del calendario romano.
Nonae Caprotinae: quando le schiave salvarono Roma
Il 7 luglio, le donne di Roma, libere e schiave, uscivano dalla città per ritrovarsi nel Campo Marzio. La festa portava due nomi: Ancillarum Feriae, «festa delle serve», e Nonae Caprotinae, «None Caprotine». Ausonio, nel IV secolo d.C., la ricorda in due versi: «le celebri feste delle None Caprotine, quando la stola tolta alle matrone coprirà le serve.»[1] La sua posizione nel calendario era essa stessa una singolarità: è l’unica festa dell’anno fissata in un giorno delle None. Varrone, che cita le due feste successivamente nel suo De lingua Latina, sottolinea che il rito non si limitava a Roma: quel giorno, «nel Lazio», le donne sacrificavano a Giunone Caprotina sotto un fico selvatico.[2] Polemio Silvio, il cui calendario risale a circa il 448 d.C., la registra ancora con il nome di Ancillarum feriae[3], testimonianza di una persistenza che attraversa i secoli e le trasformazioni religiose dell’Impero.
Filotide sul fico: il racconto delle origini
La festa ha il suo mito fondatore, che Plutarco e Macrobio tramandano con lievi varianti. L’azione si svolge dopo il sacco di Roma da parte dei Galli. I vicini di Roma – Latini secondo Plutarco, Fidenatesi secondo Macrobio –, approfittando dell’indebolimento della città, avevano accampato sotto le sue mura ed esigevano che fossero loro consegnate donne libere. I magistrati romani erano senza soluzione. Fu allora che una serva di nome Filotide (o Tutula secondo altri) propose uno stratagemma: inviare al loro posto delle schiave adornate come donne libere. «I magistrati si lasciarono convincere: scelsero tante serve quante ella ritenne necessarie, le adornarono di abiti e d’oro, e le consegnarono ai Latini, che erano accampati non lontano dalla città.»[4]
Una volta nel campo nemico, le serve ubriacarono i soldati. Macrobio precisa che esse «incitarono gli uomini a bere molto vino fingendo che per loro fosse un giorno di festa.»[5] Con gli uomini addormentati, rubarono loro le spade. Filotide salì allora su un grande fico selvatico e brandì una fiaccola verso Roma, stendendo il suo mantello dietro di sé per nascondere la luce ai nemici.[6] I Romani ricevettero il segnale, uscirono in fretta dalla città gridandosi i nomi a vicenda, piombarono sul campo addormentato e riportarono la vittoria. Ovidio menziona questa giornata come il momento in cui «ingannata dal travestimento, la schiera gallica pagò la propria colpa»[7] – nella sua versione, il nemico è gallico anziché latino, variante attestata anche in altre fonti.
In ricompensa, il Senato decretò la liberazione di tutte le serve che avevano preso parte all’azione, costituì loro una dote a spese dello Stato e permise loro di portare gli ornamenti di cui si erano servite. Istituì la festa e le diede il suo nome: «le None Caprotine, da quel fico selvatico (caprificus) dal quale avevano ricevuto il segnale della vittoria.»[8]
La seconda tradizione: Romolo alla Palude della Capra
Plutarco riporta una tradizione del tutto diversa sull’origine del nome di questo giorno. Secondo alcuni, non sarebbe la vittoria sui Latini ma la scomparsa di Romolo ad avergli dato il nome. Nella Vita di Romolo, scrive che «il giorno in cui scomparve, lo chiamano « fuga della folla » e « None Caprotine », perché coloro che escono dalla città vanno a sacrificare alla Palude della Capra; poiché chiamano la capra capra.»[9] Il legame tra il nome della festa e quello del luogo – il Caprae Palus, la Palude della Capra, nel Campo Marzio – fornirebbe così un’eziologia indipendente dal fico selvatico. Nella Vita di Camillo, Plutarco precisa ancora: «altri dicono che la maggior parte di questi atti e di queste parole si riferiscono alla sorte di Romolo: quel giorno, infatti, sarebbe scomparso fuori dalla porta, quando un’oscurità e una tempesta lo avvolsero all’improvviso – o, secondo alcuni, durante un’eclissi di sole.»[10] Tito Livio descrive la stessa scena: durante una rassegna delle truppe tenuta alla Palude della Capra, «si scatenò una tempesta con un gran fragore di tuoni e avvolse il re in una nube così fitta da sottrarlo agli occhi dell’assemblea; e da quel momento Romolo non fu più sulla terra.»[11] La scomparsa del fondatore di Roma, la tumultuosa uscita del popolo che ne seguì, i nomi gridati nel disordine – tutti elementi che la tradizione ha riconosciuto nel rituale annuale delle Nonae Caprotinae.
Le due eziologie – la vittoria di Filotide e la scomparsa di Romolo – coesistono nelle fonti. Varrone, che cita le due feste successivamente nel suo De lingua Latina, lascia intendere che si celebrassero in giorni diversi: i Poplifugia il 5 luglio, le Nonae Caprotinae il 7. Plutarco, invece, le fonde in un’unica giornata nella Vita di Romolo, senza che gli Antichi stessi abbiano risolto la questione.
Il rituale: uscita tumultuosa, scherni e fico selvatico
Il programma della giornata, quale Plutarco descrive nella Vita di Camillo, si è svolto in più momenti. Prima, l’uscita tumultuosa: «sono usciti in massa dalla porta, gridando molti nomi locali e comuni – Gaio, Marco, Lucio e altri simili –, imitando le chiamate che i soldati si erano allora rivolti in fretta.» Viene poi il momento delle serve: «riccamente adornate, sono andate qua e là scherzando con motti beffardi verso quanti incontravano. Si sono anche sfidate in una sorta di combattimento tra loro, come se partecipassero ancora alla lotta condotta allora contro i Latini. Durante il banchetto, si sono sedute all’ombra di rami di fico.»[12]
È presso questo fico che si compì il sacrificio a Giunone Caprotina. Varrone nota che le donne utilizzarono un ramo di quest’albero, e Macrobio precisa che vi si impiegò «il latte che cola dal fico selvatico, in ricordo dell’evento compiuto.» Questa linfa lattea, prelevata dall’albero stesso, distingue il rito da qualsiasi sacrificio ordinario. È questo stesso albero che ha fornito il nome alla festa secondo Macrobio, che fa derivare Caprotinae dal termine caprificus. Plutarco propone dal canto suo l’etimologia a partire da capra, la capra, in relazione alla Palude della Capra – le due spiegazioni circolano senza che gli Antichi stessi le abbiano risolte.
La festa non si limitò a Roma né all’Italia. Un’iscrizione greca scoperta a Dion, colonia romana della Macedonia, datata alla prima metà del III secolo d.C., ne offre la prova. Una certa Arura, schiava di Plutiade, vi ha dedicato un’offerta a Zeus Ipsistos «dopo aver esercitato la funzione di agoranomos durante la festa delle None Caprotine.»[13] È ad oggi l’unica testimonianza epigrafica della celebrazione delle Nonae Caprotinae in una colonia romana fuori d’Italia.
Studi moderni consultati
- Álvarez Maurín, María del Pilar, «Nonae Caprotinae y Poplifugia: interpretación conjunta», Estudios humanísticos. Filología, 13 (1991), p. 21-31.
- Drossart, Paul, «Nonae Caprotinae: La fausse capture des Aurores», su «Revue de l’histoire des religions», t. 185, n° 2, 1974, p. 129-139.
- Nigdelis, Pantelis, «The Nonae Capratinae in Dion and Religious Associations and Public Festivals in Roman Macedonia», su «Greek, Roman, and Byzantine Studies», 56 (2016), p. 663-678.
- Pfeilschifter, René, «Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae», su «Hermes», 136 (2008), p. 30-37.
- Robertson, Noel, «The Nones of July and Roman Weather Magic», su «Museum Helveticum», 44 (1987), p. 8-41.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press (estratto, capitoli 1.1–1.4.2.1).
[1] Ausonio, Eclogae, XXIII (De feriis Romanis), v. 9-10: Festa Caprotinis memorabo celebria Nonis, cum stola matronis dempta teget famulas.
[2] Varrone, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt; e caprifico adhibent virgam.
[3] Polemio Silvio, Fasti, ad Nonas Iulias: NONAE Ancillarum feriae, quarum celebritas instituta est ideo, quia capta Vrbe a Gallis, cum finitimi prius victi tradi sibi Romanorum procerum coniuges postularent et, consilio Philotidis ancillae, famulae dominarum vestibus adornatae datae illis fuissent, his nuntiantibus praedictos somno sopitos et ebrios posse superari, facta victoria sic.
[4] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 3: πεισθέντας δὲ τοὺς ἄρχοντας ἐπιλέξασθαι τῶν θεραπαινίδων ὅσας ἐκείνη πρὸς τὴν χρείαν ἐδοκίμασε, καὶ κοσμήσαντας ἐσθῆτι καὶ χρυσῷ παραδοῦναι τοῖς Λατίνοις, οὐ πάνυ πρόσω τῆς πόλεως στρατοπεδεύουσι.
[5] Macrobio, Saturnali, I, 11, 39: Quae cum a Livio in castris distributae fuissent, viros plurimo vino provocaverunt diem festum apud se esse simulantes.
[6] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 4: νύκτωρ δὲ τὰς μὲν ἄλλας ὑφελέσθαι τὰ ἐγχειρίδια τῶν πολεμίων, τὴν δὲ εἴτε Τουτούλαν εἴτε Φιλωτίδα προσβᾶσαν ἐρινεῷ μεγάλῳ καὶ παρατείνασαν ὀπίσω τὸ ἱμάτιον ἆραι πυρσὸν εἰς τὴν Ῥώμην.
[7] Ovidio, Ars amatoria, II, 257-258: Porrige et ancillae, qua poenas luce pependit / lusa maritali Gallica veste manus.
[8] Macrobio, Saturnali, I, 11, 40: diemque ipsum Nonas Caprotinas nuncupavit ab illa caprifico ex qua signum victoriae ceperunt, sacrificiumque statuit annua sollemnitate celebrandum, cui lac quod ex caprifico manat propter memoriam facti procedentis adhibetur.
[9] Plutarco, Vita di Romolo, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας· τὴν γὰρ αἶγα κάπραν ὀνομάζουσιν.
[10] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶ θυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[11] Tito Livio, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[12] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 6: πρῶτον μὲν γὰρ ἐξιόντες ἀθρόοι διὰ τῆς πύλης πολλὰ τῶν ἐπιχωρίων καὶ κοινῶν ὀνομάτων βοῇ φθέγγονται, Γάιον, Μᾶρκον, Λούκιον καὶ τὰ τούτοις ὅμοια, μιμούμενοι τὴν τότε γενομένην μετὰ σπουδῆς ἀλλήλων ἀνάκλησιν. ἔπειτα κεκοσμημέναι λαμπρῶς αἱ θεραπαινίδες περιίασι παίζουσαι διὰ σκωμμάτων εἰς τοὺς ἀπαντῶντας. γίνεται δὲ καὶ μάχη τις αὐταῖς πρὸς ἀλλήλας, ὡς καὶ τότε τοῦ πρὸς τοὺς Λατίνους ἀγῶνος συνεπιλαμβανομέναις. ἑστιώμεναι δὲ καθέζονται κλάδοις συκῆς σκιαζόμεναι.
[13] Nigdelis, GRBS 56 (2016), p. 664: Ἀγαθῇ τύχῃ / Διὶ Ὑψίστῳ ⊃ Ἄρουρα / Πλουτιάδου ⊃ παιδίσκη / ἀγορανομήσασα ⊃ Νώναις / Καπρατείναις ⊃ ἀνέθηκεν / δι᾽ ἐπιμελείας Φρούκτου.
👉 Tutte le feste del calendario romano
🇬🇧 English version

IN BRIEF. On 7 July, slave women and free women left Rome to make sacrifice beneath a wild fig tree. Mockery, mock combat, white sap and a brandished torch: the Nonae Caprotinae remain one of the most enigmatic festivals in the Roman calendar.
Nonae Caprotinae: when slave women saved Rome
On 7 July, the women of Rome, free and enslaved alike, left the city to gather on the Campus Martius. The festival bore two names: Ancillarum Feriae, « Festival of the Serving Women », and Nonae Caprotinae, « Caprotine Nones ». Ausonius, writing in the 4th century CE, recalls it in two lines: « the celebrated festivals of the Caprotine Nones, when the stola removed from the matrons will cover the serving women. »[1] Its position in the calendar was itself a singularity: it is the only festival of the year fixed on a day of the Nones. Varro, who records the two festivals in succession in his De lingua Latina, stresses that the rite was not confined to Rome: on that day, « in Latium », women sacrificed to Juno Caprotina beneath a wild fig tree.[2] Polemius Silvius, whose calendar dates to around 448 CE, still records it under the name of Ancillarum feriae[3], testifying to a persistence that spans the centuries and the religious transformations of the Empire.
Philotis on the fig tree: the founding myth
The festival has its founding myth, transmitted by Plutarch and Macrobius with slight variations. The action takes place after the sack of Rome by the Gauls. Rome’s neighbours – Latins according to Plutarch, Fidenates according to Macrobius –, taking advantage of the city’s weakened state, had encamped beneath its walls and demanded that free women be handed over to them. The Roman magistrates were at a loss. It was then that a serving woman named Philotis (or Tutula according to other sources) proposed a stratagem: to send slave women dressed as free women in their place. « The magistrates allowed themselves to be persuaded: they selected as many serving women as she deemed necessary, adorned them with garments and gold, and handed them over to the Latins, who were encamped not far from the city. »[4]
Once inside the enemy camp, the serving women plied the soldiers with drink. Macrobius specifies that they « urged the men to drink a great deal of wine, pretending that it was a feast day for them. »[5] With the men asleep, they stole their swords. Philotis then climbed a great wild fig tree and brandished a torch towards Rome, spreading her cloak behind her to conceal the light from the enemy.[6] The Romans received the signal, rushed out of the city calling one another by their first names, fell upon the sleeping camp and won the victory. Ovid mentions this day as the moment when « deceived by the disguise, the Gallic band paid for its offence »[7] – in his version, the enemy is Gallic rather than Latin, a variant attested in other sources as well.
As a reward, the Senate decreed the manumission of all the serving women who had taken part in the action, provided them with a dowry at the State’s expense and permitted them to wear the adornments they had used. It instituted the festival and gave it its name: « the Caprotine Nones, after that wild fig tree (caprificus) from which they had received the signal of victory. »[8]
The second tradition: Romulus at the Goat’s Marsh
Plutarch records a quite different tradition regarding the origin of the name of this day. According to some, it was not the victory over the Latins but the disappearance of Romulus that gave it its name. In the Life of Romulus, he writes that « the day on which he disappeared is called ‘flight of the crowd’ and ‘Caprotine Nones’, because those who leave the city go to make sacrifice at the Goat’s Marsh; for they call the goat capra. »[9] The connection between the name of the festival and that of the place – the Caprae Palus, the Goat’s Marsh, on the Campus Martius – would thus furnish an aetiology independent of the wild fig tree. In the Life of Camillus, Plutarch adds: « others say that most of these acts and words relate to the fate of Romulus: on that very day, they say, he disappeared outside the gate, when darkness and a storm suddenly enveloped him – or, according to some, during a solar eclipse. »[10] Livy describes the same scene: during a review of the troops held at the Goat’s Marsh, « a storm suddenly arose with a great crash of thunder and enveloped the king in so dense a cloud that it hid him from the sight of the assembly; and from that moment Romulus was no more on earth. »[11] The disappearance of Rome’s founder, the tumultuous departure of the people that followed, the names cried out in disorder – all elements that tradition came to recognise in the annual ritual of the Nonae Caprotinae.
The two aetiologies – Philotis’s victory and the disappearance of Romulus – coexist in the sources. Varro, who records the two festivals in succession in his De lingua Latina, implies that they were celebrated on different days: the Poplifugia on 5 July, the Nonae Caprotinae on 7 July. Plutarch, for his part, merges them into a single day in the Life of Romulus, without the Ancients themselves having settled the question.
The ritual: tumultuous procession, mockery and wild fig tree
The programme of the day, as Plutarch describes it in the Life of Camillus, unfolded in several stages. First, the tumultuous departure: « they poured out in a crowd through the gate, calling out a great many local and common names – Gaius, Marcus, Lucius and the like – in imitation of the hasty calls the soldiers had exchanged at the time. » Then came the moment of the serving women: « splendidly adorned, they went hither and thither exchanging jests and mockery with those they met. They also engaged in a kind of combat among themselves, as though they were again taking part in the struggle once waged against the Latins. During the feast, they sat in the shade of fig branches. »[12]
It was beneath this fig tree that the sacrifice to Juno Caprotina was performed. Varro notes that the women used a branch of the tree, and Macrobius specifies that « the milk that flows from the wild fig tree was employed, in memory of the deed performed. » This milky sap, drawn from the tree itself, sets the rite apart from any ordinary sacrifice. It is this same tree that gave its name to the festival according to Macrobius, who derives Caprotinae from the word caprificus. Plutarch, for his part, proposes the etymology from capra, the goat, in connection with the Goat’s Marsh – the two explanations circulate without the Ancients themselves having resolved them.
The festival was not confined to Rome or to Italy. A Greek inscription discovered at Dion, a Roman colony in Macedonia, dated to the first half of the 3rd century CE, furnishes the proof. One Arura, a slave of Plutiades, dedicated an offering there to Zeus Hypsistos « having served as agoranomos at the festival of the Caprotine Nones. »[13] This is to date the only epigraphic testimony to the celebration of the Nonae Caprotinae in a Roman colony outside Italy.
Modern studies consulted
- Álvarez Maurín, María del Pilar, « Nonae Caprotinae y Poplifugia: interpretación conjunta », Estudios humanísticos. Filología, 13 (1991), pp. 21–31.
- Drossart, Paul, « Nonae Caprotinae: La fausse capture des Aurores », Revue de l’histoire des religions, t. 185, no. 2, 1974, pp. 129–139.
- Nigdelis, Pantelis, « The Nonae Capratinae in Dion and Religious Associations and Public Festivals in Roman Macedonia », Greek, Roman, and Byzantine Studies, 56 (2016), pp. 663–678.
- Pfeilschifter, René, « Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae », Hermes, 136 (2008), pp. 30–37.
- Robertson, Noel, « The Nones of July and Roman Weather Magic », Museum Helveticum, 44 (1987), pp. 8–41.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press (extract, chapters 1.1–1.4.2.1).
[1] Ausonius, Eclogae, XXIII (De feriis Romanis), vv. 9–10: Festa Caprotinis memorabo celebria Nonis, cum stola matronis dempta teget famulas.
[2] Varro, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt; e caprifico adhibent virgam.
[3] Polemius Silvius, Fasti, ad Nonas Iulias: NONAE Ancillarum feriae, quarum celebritas instituta est ideo, quia capta Vrbe a Gallis, cum finitimi prius victi tradi sibi Romanorum procerum coniuges postularent et, consilio Philotidis ancillae, famulae dominarum vestibus adornatae datae illis fuissent, his nuntiantibus praedictos somno sopitos et ebrios posse superari, facta victoria sic.
[4] Plutarch, Life of Camillus, 33, 3: πεισθέντας δὲ τοὺς ἄρχοντας ἐπιλέξασθαι τῶν θεραπαινίδων ὅσας ἐκείνη πρὸς τὴν χρείαν ἐδοκίμασε, καὶ κοσμήσαντας ἐσθῆτι καὶ χρυσῷ παραδοῦναι τοῖς Λατίνοις, οὐ πάνυ πρόσω τῆς πόλεως στρατοπεδεύουσι.
[5] Macrobius, Saturnalia, I, 11, 39: Quae cum a Livio in castris distributae fuissent, viros plurimo vino provocaverunt diem festum apud se esse simulantes.
[6] Plutarch, Life of Camillus, 33, 4: νύκτωρ δὲ τὰς μὲν ἄλλας ὑφελέσθαι τὰ ἐγχειρίδια τῶν πολεμίων, τὴν δὲ εἴτε Τουτούλαν εἴτε Φιλωτίδα προσβᾶσαν ἐρινεῷ μεγάλῳ καὶ παρατείνασαν ὀπίσω τὸ ἱμάτιον ἆραι πυρσὸν εἰς τὴν Ῥώμην.
[7] Ovid, Ars amatoria, II, 257–258: Porrige et ancillae, qua poenas luce pependit / lusa maritali Gallica veste manus.
[8] Macrobius, Saturnalia, I, 11, 40: diemque ipsum Nonas Caprotinas nuncupavit ab illa caprifico ex qua signum victoriae ceperunt, sacrificiumque statuit annua sollemnitate celebrandum, cui lac quod ex caprifico manat propter memoriam facti procedentis adhibetur.
[9] Plutarch, Life of Romulus, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας· τὴν γὰρ αἶγα κάπραν ὀνομάζουσιν.
[10] Plutarch, Life of Camillus, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶθυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[11] Livy, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[12] Plutarch, Life of Camillus, 33, 6: πρῶτον μὲν γὰρ ἐξιόντες ἀθρόοι διὰ τῆς πύλης πολλὰ τῶν ἐπιχωρίων καὶ κοινῶν ὀνομάτων βοῇ φθέγγονται, Γάιον, Μᾶρκον, Λούκιον καὶ τὰ τούτοις ὅμοια, μιμούμενοι τὴν τότε γενομένην μετὰ σπουδῆς ἀλλήλων ἀνάκλησιν. ἔπειτα κεκοσμημέναι λαμπρῶς αἱ θεραπαινίδες περιίασι παίζουσαι διὰ σκωμμάτων εἰς τοὺς ἀπαντῶντας. γίνεται δὲ καὶ μάχη τις αὐταῖς πρὸς ἀλλήλας, ὡς καὶ τότε τοῦ πρὸς τοὺς Λατίνους ἀγῶνος συνεπιλαμβανομέναις. ἑστιώμεναι δὲ καθέζονται κλάδοις συκῆς σκιαζόμεναι.
[13] Nigdelis, GRBS 56 (2016), p. 664: Ἀγαθῇ τύχῃ / Διὶ Ὑψίστῳ ⊃ Ἄρουρα / Πλουτιάδου ⊃ παιδίσκη / ἀγορανομήσασα ⊃ Νώναις / Καπρατείναις ⊃ ἀνέθηκεν / δι᾽ ἐπιμελείας Φρούκτου.
Dates
7 juillet 2026 Toute la journée
202615juilToute la journéeTransvectio equitum
Description
Idibus Iuliis La transvectio
Description
Idibus Iuliis

La transvectio equitum, une parade annuelle des chevaliers romains à Rome, est instituée en l’honneur des Dioscures à la fin du IVe siècle av. J.-C. Cette cérémonie, profondément ancrée dans les traditions militaires et religieuses de la Rome antique, subit des transformations significatives au fil des siècles, particulièrement sous l’Empire romain.
La transvectio equitum se déroule chaque année le 15 juillet. Les jeunes chevaliers, ou iuvenes equites, vêtus de la toga trabea (ornée de bandes pourpres), se rassemblent devant le temple de Mars, situé le long de la Via Appia, à environ deux kilomètres de la Porta Capena. Ce temple, dédié le 1er juin 368 av. J.-C. par le duumvir Titus Quinctius après la guerre gauloise, sert de point de départ à la parade. Les censeurs, responsables de la revue des chevaliers (recognitio equitum), inspectent les participants avant de guider la procession à travers Rome. Le parcours suit la Via Appia jusqu’à la Porta Capena, puis se dirige vers le Capitole, avec un arrêt devant le temple des Dioscures sur le Forum Romain pour offrir un sacrifice en l’honneur des divinités protectrices des cavaliers.
L’origine de cette cérémonie remonte à la bataille du lac Regille en 499 av. J.-C., où les Romains, confrontés à une coalition de Latins, voient apparaître deux cavaliers extraordinaires, identifiés plus tard comme les Dioscures Castor et Pollux. Ces derniers, montés sur des chevaux blancs et vêtus de la trabea de pourpre, interviennent pour semer la confusion parmi les ennemis et assurent ainsi la victoire des Romains. En reconnaissance de cette intervention divine, un temple est dédié aux Dioscures en 484 av. J.-C. près de la fontaine de Giuturna.
En 230 av. J.-C., le censeur Quintus Fabius Maximus Verrucosus modifie le point de départ de la procession, la faisant démarrer du temple de Virtus et Honos près de la Porta Capena, tout en maintenant sa proximité avec le temple de Mars.
Après plusieurs décennies d’oubli, la parade est rétablie par Auguste. Ce dernier, selon Suétone, réinstaure la marche solennelle au Capitole, supprimant la tradition où un accusateur pouvait faire descendre un chevalier de son cheval. Il permet aussi aux chevaliers âgés ou mutilés de faire marcher leur cheval dans le rang tout en répondant à pied s’ils sont cités. Sous le règne d’Auguste, les chevaliers sont divisés en six escadrons (turmae), chacun dirigé par un sevir turmae equitum Romanorum, une charge honorifique occupée par des figures telles que Caius et Lucius César, et plus tard par Hadrien en 94 après J.-C. Le parcours de la parade est modifié pour inclure une halte devant le temple de Mars Vengeur sur le forum d’Auguste, tout en conservant l’arrivée traditionnelle au Capitole.
Dionysios d’Halicarnasse décrit cette procession comme un spectacle grandiose. Les chevaliers, ornés de couronnes de branches d’olivier et portant leurs décorations de bataille, défilent sur leurs chevaux depuis le temple de Mars à l’extérieur de la ville, traversant le Forum Romain jusqu’au temple des Dioscures, en nombre pouvant atteindre jusqu’à cinq mille.
Dates
15 juillet 2026 Toute la journée
202619juilToute la journée21Lucaria
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Ante diem quartum decimum Kalendas Augustas - Ante diem duodecimum Kalendas Augustas Souche dans un sous-bois
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Ante diem quartum decimum Kalendas Augustas – Ante diem duodecimum Kalendas Augustas

Les Lucaria étaient une fête romaine agraire, dédiée à une divinité patronne des bois sacrés (lucus). Célébrée les 19 juillet et 21 juillet, cette fête se rattache aux travaux d’essartage et de désouchage, selon l’analyse moderne des traités agricoles romains.
Le nom Lucaria semble dériver du mot latin lucus, signifiant à la fois «clairière» et «bois sacré». Ce lien étymologique souligne la dualité de la fête, mêlant aspects pratiques et sacrés. Le terme lucar, qui signifie «argent que l’on retire des bois sacrés», indique que ces bois pouvaient être exploités économiquement tout en conservant leur caractère sacré.
Les auteurs anciens, souvent friands de mythes de fondation, attribuent aux Lucaria une origine historique. Verrius Flaccus, repris par Festus Grammaticus, relie cette fête à la défaite romaine face aux Gaulois lors de la bataille de l’Allia le 18 juillet 390 av. J.-C. Après cette défaite, les Romains auraient trouvé refuge dans un bois (en latin lucus) entre la via Salaria et le Tibre. Rome fut alors mise à sac par les Gaulois de Brennus. Le jour de cette défaite, le dies Alliensis, était considéré comme de mauvais augure par les Romains.
Bien que de nombreux bois sacrés soient mentionnés par les auteurs latins, ceux-ci restent muets sur les détails des Lucaria. Les calendriers antiques, comme les Fasti Antiates maiores et les Fasti Amiternini, mentionnent cependant les dates des Lucaria, confirmant leur célébration les 19 et 21 juillet. Comme pour d’autres fêtes romaines, ces deux jours festifs sont séparés par un jour non festif.
Les traités rustiques fournissent des indications sur les travaux liés aux bois. Columelle et Palladius recommandent la Lune décroissante de juillet, coïncidant avec les Lucaria, comme période propice pour extirper les arbres des champs forestiers. Columelle distingue deux techniques de déboisement: l’arrachage complet des arbres avec leurs racines, et la coupe des arbres au pied s’ils sont clairsemés. Cette différenciation de techniques pourrait expliquer le dédoublement des Lucaria sur deux journées.
Dates
19 juillet 2026 - 21 juillet 2026 (Toute la journée)
202613aoûtToute la journée15Nemoralia
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Idibus Augustis - Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
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Idibus Augustis – Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres

EN BREF. Les Nemoralia, également connues sous le nom de Festival des Flambeaux ou Ides d’Hécate, constituent un festival de trois jours célébré initialement par les anciens Romains aux Ides d’août (13-15 août) en l’honneur de la déesse Diane. Bien que les Nemoralia aient d’abord eu lieu dans le sanctuaire de Diane au lac Nemi, elles se sont rapidement diffusées. Il est possible que l’Église catholique ait adapté les Nemoralia pour en faire la fête de l’Assomption.
Nemoralia: Quand Rome célébrait Diane aux flambeaux
Chaque année, une fête en l’honneur de Diane se déroulait dans son sanctuaire du lac de Nemi, près d’Aricia, première ville sur la voie Appienne au sud-est de Rome. Cette date coïncidait avec la fondation traditionnelle d’Ariccia. Les origines de cette fête précèdent probablement la propagation du culte de Diane à Rome au IIIe siècle avant notre ère, et pourraient remonter au VIe siècle avant notre ère, voire plus tôt. Des témoignages du Ier siècle avant notre ère décrivent les fidèles se rendant au sanctuaire en portant torches et guirlandes. La fête de Diane s’est finalement étendue dans toute l’Italie, y compris au temple de Diane sur la colline de l’Aventin à Rome, ce qui était inhabituel étant donné la nature provinciale du culte de Diane.
Le festival de trois jours symbolisait la nature triple de Diane, déesse des trois voies ou des trois visages, comme elle était vénérée à Nemi. Cette trinité reflétait aussi la nature d’Hécate – céleste, terrestre et infernale. Comme d’autres divinités primordiales, Diane possédait trois aspects : naissance, croissance et mort, liés tant aux femmes enceintes qu’à la nature. Il est possible que les Nemoralia célébraient originellement une descente de Diane aux Enfers à la recherche d’Hippolyte ou Virbius, suivie de son ascension comme reine du ciel et de la pleine lune le troisième jour. Des célébrations similaires existaient dans le monde antique pour Déméter et Isis, avec lesquelles Diane était souvent identifiée.
Témoignages poétiques et symbolisme du refuge
Les chiens de chasse, symboles importants de la célébration, représentaient la tutelle de Diane sur ses protégés. Ornés de guirlandes, ils participaient à la fête plutôt qu’à la chasse, cette dernière étant interdite pendant les festivités. Cela symbolisait la protection de Diane, s’étendant à tous. Stace (Publius Papinius Statius), poète de cour né à Naples vers 45 et mort en 96, mentionne les Nemoralia dans ses Silves (3.I.52-60) et souligne l’importance du refuge dans le culte de Diane, dont les sanctuaires offraient asile aux esclaves en fuite et, dans le mythe d’Hippolyte et d’Oreste, refuge contre le meurtre, la pollution, la folie et la mort. Stace célébra la nature triple de la déesse en évoquant l’imagerie céleste (l’étoile Sirius du Grand Chien), terrestre (le bosquet lui-même) et infernale (hécatéenne). L’historien contemporain C.M.C. Green note que «porter une torche dans la procession vers le sanctuaire représentait la fuite du monde chargé de thanatos (mort) et l’obtention d’un refuge dans le monde éternel du sacré, frais, ombragé et protecteur».
Au 1er siècle avant notre ère, le poète Ovide a décrit le sanctuaire et le culte:
«Dans la vallée d’Aricie, il y a un lac entouré d’une forêt sombre, objet d’un culte antique. C’est ici qu’Hippolyte, déchiré par les rênes de ses chevaux, repose caché, et c’est pourquoi aucun cheval ne s’aventure dans ce bois. Des rubans pendent, couvrant les longues haies, et de nombreux ex-voto sont placées là en hommage à la déesse vénérée. Souvent, forte d’un vœu exaucé, le front ceint d’une couronne, une femme y apporte de la Ville des flambeaux allumés.»[1]
Le poète Properce, contemporain d’Ovide, observait le festival depuis la périphérie et s’adressait ainsi à sa bien-aimée: «Ah, si seulement tu pouvais marcher ici pendant tes heures de loisir. Mais nous ne pouvons nous rencontrer aujourd’hui, quand je te vois te hâter avec excitation, une torche enflammée à la main, vers le bosquet de Nemi où tu portes la lumière en l’honneur de la déesse Diane».

Rituels nocturnes et offrandes votives
Ce jour-là, les fidèles formaient une procession de torches et de lampes autour des eaux du lac Nemi (dont le nom, issu du latin nemus, désigne un bois ou bosquet sacré), également connu sous le nom de Miroir de Diane. Des centaines de personnes se rassemblaient au bord du lac, couronnées de fleurs. Selon Plutarque, une partie du rituel consistait à se laver les cheveux et à les parer de fleurs avant la procession. C’était un jour de repos pour les femmes et les esclaves, et les chiens, eux aussi ornés de fleurs, étaient honorés. Les voyageurs entre les rives nord et sud du lac étaient transportés dans de petites barques illuminées par des lanternes. Ces lanternes similaires étaient utilisées par les Vestales et ont été retrouvées avec des images de la déesse à Nemi.
Les offrandes à Diane comprenaient de petites statuettes d’argile ou de pain représentant des parties du corps à guérir, de petites images d’argile de mères et enfants, des miniatures de cerfs, des danses et chants, et des fruits comme les pommes. Des offrandes d’ail étaient également faites à Hécate, déesse de la lune sombre, des fantômes et des morts, souvent en lien avec les cycles lunaires.
Le festival des Nemoralia correspond aux fêtes catholiques d’Hippolyte de Rome (un martyr supposé du IIIe siècle de notre ère, partageant son nom avec une figure mythologique associée à Diane) le 13 août et de l’Assomption de Marie le 15 août. Des érudits comme C.M. Green et James Frazer suggèrent que l’Église catholique primitive aurait pu reprendre et adapter non seulement les dates, mais aussi le symbolisme des Nemoralia.
[1] Fastes (III, Mars, 268 et suivants):
Vallis Aricinae silva praecinctus opaca
est lacus, antiqua religione sacer;
hic latet Hippolytus loris direptus equorum,
Unde nemus nullis illud aditur equis.
Licia dependent longas velantia saepes,
et posita est meritae multa tabella deae.
Saepe potens voti, frontem redimita coronis,
femina lucentes portat ab Urbe faces.
Sources antiques
- OVIDE, Fastes, III, 268-275.
- PLUTARQUE, Vies parallèles.
- PROPERCE, Élégies.
- STACE, Silves, III, 1, 52-60.
Études modernes citées
- FRAZER, James George, The Golden Bough.
- GREEN, C.M.C., Roman Religion and the Cult of Diana at Aricia, New York, Cambridge University Press, 2007.
En savoir plus
- France culture – Le Louvre, podcast: Déesse ou ex-voto ? La statuette votive dit Aphrodite de Nemi
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Versione italiana
IN BREVE. I Nemoralia, noti anche come Festival delle Fiaccole o Idi di Ecate, costituiscono un festival di tre giorni celebrato inizialmente dagli antichi Romani nelle Idi di agosto (13-15 agosto) in onore della dea Diana. Benché i Nemoralia si svolgessero originariamente nel santuario di Diana presso il lago di Nemi, si diffusero rapidamente. È possibile che la Chiesa cattolica abbia adattato i Nemoralia trasformandoli nella festa dell’Assunzione.
Nemoralia: Quando Roma celebrava Diana con le fiaccole
Ogni anno, una festa in onore di Diana si svolgeva nel suo santuario del lago di Nemi, presso Aricia, prima città sulla via Appia a sud-est di Roma. Questa data coincideva con la fondazione tradizionale di Ariccia. Le origini di questa festa precedono probabilmente la diffusione del culto di Diana a Roma nel III secolo a.C., e potrebbero risalire al VI secolo a.C., se non prima. Testimonianze del I secolo a.C. descrivono i fedeli che si recavano al santuario portando torce e ghirlande. La festa di Diana si estese infine in tutta Italia, compreso il tempio di Diana sul colle Aventino a Roma, cosa insolita data la natura provinciale del culto di Diana.
Il festival di tre giorni simboleggiava la natura tripla di Diana, dea dei tre sentieri o dei tre volti, come veniva venerata a Nemi. Questa trinità rifletteva anche la natura di Ecate – celeste, terrestre e infernale. Come altre divinità primordiali, Diana possedeva tre aspetti: nascita, crescita e morte, legati sia alle donne incinte che alla natura. È possibile che i Nemoralia celebrassero originariamente una discesa di Diana agli Inferi alla ricerca di Ippolito o Virbio, seguita dalla sua ascensione come regina del cielo e della luna piena il terzo giorno. Celebrazioni simili esistevano nel mondo antico per Demetra e Iside, con le quali Diana era spesso identificata.
Testimonianze poetiche e simbolismo del rifugio
I cani da caccia, simboli importanti della celebrazione, rappresentavano la tutela di Diana sui suoi protetti. Ornati di ghirlande, partecipavano alla festa piuttosto che alla caccia, quest’ultima essendo vietata durante le festività. Ciò simboleggiava la protezione di Diana, che si estendeva a tutti. Stazio (Publius Papinius Statius), poeta di corte nato a Napoli verso il 45 e morto nel 96, menziona i Nemoralia nelle sue Selve (3.I.52-60) e sottolinea l’importanza del rifugio nel culto di Diana, i cui santuari offrivano asilo agli schiavi fuggitivi e, nel mito di Ippolito e Oreste, rifugio contro l’omicidio, la contaminazione, la follia e la morte. Stazio celebrò la natura tripla della dea evocando l’immaginario celeste (la stella Sirio del Cane Maggiore), terrestre (il bosco stesso) e infernale (ecateano). Lo storico contemporaneo C.M.C. Green osserva che «portare una torcia nella processione verso il santuario rappresentava la fuga dal mondo carico di thanatos (morte) e l’ottenimento di un rifugio nel mondo eterno del sacro, fresco, ombroso e protettivo».
Nel I secolo a.C., il poeta Ovidio ha descritto il santuario e il culto:
«Nella valle di Aricia, c’è un lago circondato da una foresta oscura, oggetto di un culto antico. È qui che Ippolito, dilaniato dalle redini dei suoi cavalli, riposa nascosto, ed è per questo che nessun cavallo si avventura in questo bosco. Nastri pendono, coprendo le lunghe siepi, e numerosi ex voto sono posti là in omaggio alla dea venerata. Spesso, forte di un voto esaudito, la fronte cinta da una corona, una donna vi porta dalla Città fiaccole accese.»[1]
Il poeta Properzio, contemporaneo di Ovidio, osservava il festival dalla periferia e si rivolgeva così alla sua amata: «Ah, se solo tu potessi camminare qui durante le tue ore di ozio. Ma non possiamo incontrarci oggi, quando ti vedo affrettarti con eccitazione, una fiaccola accesa in mano, verso il bosco di Nemi dove porti la luce in onore della dea Diana».
Rituali notturni e offerte votive
In quel giorno, i fedeli formavano una processione di fiaccole e lampade attorno alle acque del lago di Nemi (il cui nome, derivato dal latino nemus, designa un bosco o boschetto sacro), noto anche come Specchio di Diana. Centinaia di persone si riunivano sulla riva del lago, incoronate di fiori. Secondo Plutarco, parte del rituale consisteva nel lavarsi i capelli e adornarli di fiori prima della processione. Era un giorno di riposo per le donne e gli schiavi, e i cani, anch’essi ornati di fiori, venivano onorati. I viaggiatori tra le rive nord e sud del lago erano trasportati in piccole barche illuminate da lanterne. Lanterne simili erano usate dalle Vestali e sono state ritrovate con immagini della dea a Nemi.
Le offerte a Diana comprendevano piccole statuette di argilla o di pane rappresentanti parti del corpo da guarire, piccole immagini di argilla di madri e bambini, miniature di cervi, danze e canti, e frutti come le mele. Si facevano anche offerte di aglio a Ecate, dea della luna oscura, dei fantasmi e dei morti, spesso in relazione ai cicli lunari.
Il festival dei Nemoralia corrisponde alle feste cattoliche di Ippolito di Roma (un presunto martire del III secolo d.C., che condivide il nome con una figura mitologica associata a Diana) il 13 agosto e dell’Assunzione di Maria il 15 agosto. Studiosi come C.M. Green e James Frazer suggeriscono che la Chiesa cattolica primitiva avrebbe potuto riprendere e adattare non solo le date, ma anche il simbolismo dei Nemoralia.
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English version
IN BRIEF. The Nemoralia, also known as the Festival of Torches or Ides of Hecate, comprised a three-day festival initially celebrated by the ancient Romans during the Ides of August (13-15 August) in honour of the goddess Diana. Although the Nemoralia originally took place at Diana’s sanctuary at Lake Nemi, they quickly spread throughout the region. It is possible that the Catholic Church adapted the Nemoralia to create the feast of the Assumption.
Nemoralia: When Rome celebrated Diana with torches
Each year, a festival in honour of Diana took place at her sanctuary at Lake Nemi, near Aricia, the first town on the Appian Way south-east of Rome. This date coincided with the traditional foundation of Ariccia. The origins of this festival probably predate the spread of Diana’s cult to Rome in the 3rd century BCE, and could date back to the 6th century BCE or even earlier. Accounts from the 1st century BCE describe worshippers making their way to the sanctuary carrying torches and garlands. Diana’s festival eventually spread throughout Italy, including to Diana’s temple on the Aventine Hill in Rome, which was unusual given the provincial nature of Diana’s cult.
The three-day festival symbolised Diana’s triple nature as goddess of the three ways or three faces, as she was venerated at Nemi. This trinity also reflected Hecate’s nature—celestial, terrestrial, and infernal. Like other primordial deities, Diana possessed three aspects: birth, growth, and death, connected to both pregnant women and nature itself. It is possible that the Nemoralia originally celebrated Diana’s descent to the underworld in search of Hippolytus or Virbius, followed by her ascension as queen of heaven and the full moon on the third day. Similar celebrations existed in the ancient world for Demeter and Isis, with whom Diana was often identified.
Poetic testimonies and the symbolism of refuge
Hunting hounds, important symbols of the celebration, represented Diana’s guardianship over her charges. Adorned with garlands, they participated in the festival rather than the hunt, the latter being forbidden during the festivities. This symbolised Diana’s protection, extending to all. Statius (Publius Papinius Statius), a court poet born in Naples around 45 CE and who died in 96 CE, mentions the Nemoralia in his Silvae (3.I.52-60) and emphasises the importance of refuge in Diana’s cult, whose sanctuaries offered asylum to runaway slaves and, in the myth of Hippolytus and Orestes, refuge from murder, pollution, madness, and death. Statius celebrated the goddess’s triple nature by evoking celestial imagery (the star Sirius of Canis Major), terrestrial (the grove itself), and infernal (Hecatean). Contemporary historian C.M.C. Green notes that « carrying a torch in the procession to the sanctuary represented flight from the world laden with thanatos (death) and finding refuge in the eternal world of the sacred, cool, shaded, and protective ».
In the 1st century BCE, the poet Ovid described the sanctuary and cult:
« In the valley of Aricia, there is a lake surrounded by a dark forest, the object of ancient worship. It is here that Hippolytus, torn apart by his horses’ reins, rests hidden, which is why no horse ventures into this wood. Ribbons hang, covering the long hedges, and numerous votive offerings are placed there in homage to the venerated goddess. Often, empowered by an answered prayer, her brow wreathed with a crown, a woman brings lighted torches there from the City. »[1]
The poet Propertius, a contemporary of Ovid, observed the festival from the periphery and addressed his beloved thus: « Ah, if only you could walk here during your leisure hours. But we cannot meet today, when I see you hurrying with excitement, a flaming torch in hand, towards the grove of Nemi where you carry light in honour of the goddess Diana. »
Nocturnal rituals and votive offerings
On this day, worshippers formed a procession of torches and lamps around the waters of Lake Nemi (whose name, derived from the Latin nemus, denotes a sacred wood or grove), also known as Diana’s Mirror. Hundreds of people gathered on the lake’s shore, crowned with flowers. According to Plutarch, part of the ritual involved washing one’s hair and adorning it with flowers before the procession. It was a day of rest for women and slaves, and dogs, also adorned with flowers, were honoured. Travellers between the north and south shores of the lake were transported in small boats illuminated by lanterns. Similar lanterns were used by the Vestals and have been found with images of the goddess at Nemi.
Offerings to Diana included small clay or bread figurines representing parts of the body to be healed, small clay images of mothers and children, miniature deer, dances and songs, and fruits such as apples. Garlic offerings were also made to Hecate, goddess of the dark moon, ghosts, and the dead, often in connection with lunar cycles.
The Nemoralia festival corresponds to the Catholic feasts of Hippolytus of Rome (a supposed 3rd-century CE martyr who shares his name with a mythological figure associated with Diana) on 13 August and the Assumption of Mary on 15 August. Scholars such as C.M. Green and James Frazer suggest that the early Catholic Church may have adopted and adapted not only the dates but also the symbolism of the Nemoralia.
Dates
13 août 2026 - 15 août 2026 (Toute la journée)
202615aoûtToute la journéeFeriæ Augusti
Description
Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Description
Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Feriae Augusti : quand Rome inventait les congés payés

Les Feriæ Augusti, instaurées par l’empereur Auguste en 18 av. J.-C., ajoutaient une célébration au mois d’août, aux côtés des fêtes romaines préexistantes telles que les Vinalia et les Consualia. Ces festivités marquaient la fin des travaux agricoles majeurs et étaient conçues non seulement pour promouvoir l’empereur mais aussi pour offrir une période de repos bien méritée après les efforts des semaines passées.
Les célébrations comprenaient des courses de chevaux à travers l’empire, et même les animaux de trait comme les bœufs, ânes et mules étaient dispensés de travail et ornés de guirlandes de fleurs.
Certaines de ces traditions antiques survivent presque intactes dans des événements modernes comme le Palio de Sienne. Le terme « palio » vient du « pallium », le tissu précieux remis comme prix aux vainqueurs des courses à Rome. Pendant ces fêtes, les travailleurs transmettaient leurs vœux à leurs employeurs en échange de pourboires, une pratique devenue obligatoire dans les États pontificaux durant la Renaissance.
Les Feriæ Augusti étaient des jours fériés dans tout l’Empire romain. Avec la christianisation de l’Europe, ces festivités ont été progressivement remplacées par l’Assomption, célébrée le 15 août. En Italie, la fête persiste sous le nom de Ferragosto.
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Versione italiana
Feriae Augusti: quando Roma inventò le ferie pagate
Le Feriæ Augusti, istituite dall’imperatore Augusto nel 18 a.C., aggiungevano una celebrazione al mese di agosto, accanto alle feste romane preesistenti come le Vinalia e le Consualia. Queste festività segnavano la fine dei lavori agricoli più importanti ed erano concepite non solo per promuovere l’imperatore, ma anche per offrire un periodo di riposo ben meritato dopo le fatiche delle settimane precedenti.
I festeggiamenti comprendevano corse di cavalli in tutto l’impero, e persino gli animali da traino come buoi, asini e muli erano esentati dal lavoro e ornati con ghirlande di fiori.
Alcune di queste tradizioni antiche sopravvivono quasi intatte in eventi moderni come il Palio di Siena. Il termine « palio » deriva dal « pallium », il tessuto prezioso consegnato come premio ai vincitori delle corse a Roma. Durante queste feste, i lavoratori porgevano i loro auguri ai datori di lavoro in cambio di mance, una pratica divenuta obbligatoria negli Stati pontifici durante il Rinascimento.
Le Feriæ Augusti erano giorni festivi in tutto l’Impero romano. Con la cristianizzazione dell’Europa, queste festività furono progressivamente sostituite dall’Assunzione, celebrata il 15 agosto. In Italia, la festa persiste con il nome di Ferragosto.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
Feriae Augusti: when Rome invented paid vacation
The Feriæ Augusti, established by Emperor Augustus in 18 BC, added a celebration to the month of August, alongside pre-existing Roman festivals such as the Vinalia and Consualia. These festivities marked the end of major agricultural work and were designed not only to promote the emperor but also to provide a well-deserved period of rest after the efforts of the preceding weeks.
The celebrations included horse races throughout the empire, and even draught animals such as oxen, donkeys and mules were excused from work and adorned with garlands of flowers.
Some of these ancient traditions survive almost intact in modern events such as the Palio of Siena. The term « palio » comes from the « pallium », the precious cloth given as a prize to the winners of races in Rome. During these festivals, workers would offer their good wishes to their employers in exchange for tips, a practice that became obligatory in the Papal States during the Renaissance.
The Feriæ Augusti were public holidays throughout the Roman Empire. With the Christianisation of Europe, these festivities were gradually replaced by the Assumption, celebrated on 15th August. In Italy, the festival persists under the name of Ferragosto.
Dates
15 août 2026 Toute la journée
202619aoûtToute la journéeVinalia Rustica
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Ante diem quartum decimum Kalendas septembres D'après une mosaïque romaine exposée au Musée du Bardo, Tunisie.Dessin
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas septembres

Les Vinalia Rustica étaient une fête romaine antique célébrée le 19 août, marquant le début de la saison des vendanges en Italie centrale.
Les origines des Vinalia Rustica remontent à une haute antiquité, comme en témoigne leur présence dans les plus anciens calendriers romains. Selon Ovide et Plutarque, la fondation de cette fête est liée à la légende d’Énée. Face à la menace du tyran étrusque Mézence, Énée aurait promis à Jupiter tout le vin de la prochaine vendange en échange de la victoire. Cette légende, rapportée également par Caton et Festus, illustre l’importance accordée au vin dans la culture romaine et son lien étroit avec les croyances religieuses.
Le rituel central des Vinalia Rustica, décrit par Varron, impliquait le flamen dialis (grand prêtre de Jupiter). Celui-ci cueillait la première grappe de raisins et effectuait le premier pressage sacré, offrant ainsi les prémices de la récolte à Jupiter[1]. Varron précise: hunc diem festum tempestatibus leniendis institutum (ce jour de fête a été institué pour apaiser les intempéries), soulignant le rôle protecteur attribué à cette célébration pour la récolte à venir.
Une particularité intéressante des Vinalia Rustica est la dualité entre Jupiter et Vénus. Bien que la fête soit principalement associée à Jupiter, Vénus y jouait également un rôle important. Varron mentionne que ce jour-là, des temples étaient dédiés à Vénus et des jardins lui étaient consacrés. Cette dualité a suscité des débats parmi les auteurs antiques. Masurius Sabinus, cité par Macrobe, affirmait catégoriquement: Vinaliorum dies Jovi sacer est, non, ut quidam putant, Veneri (Le jour des Vinalia est sacré pour Jupiter, non pour Vénus comme certains le pensent).
Les Vinalia Rustica avaient une double fonction: religieuse et agricole. Pline l’Ancien les décrit comme une fête «pour atténuer les effets du temps» sur les vignes. Cette célébration marquait symboliquement l’ouverture religieuse des vendanges, bien que la récolte effective ne commençât généralement que plus tard. Varron souligne l’importance de ce rite en expliquant qu’avant son accomplissement, il était interdit d’apporter du vin nouveau dans la ville. Cette pratique reflète la croyance romaine en l’importance des rites religieux pour assurer le succès des récoltes.
Au fil du temps, l’importance des Vinalia Rustica semble avoir décliné. Varron note qu’à son époque, la fête n’intéressait plus guère que les maraîchers. Ce déclin reflète probablement l’évolution de la société romaine, s’éloignant progressivement de ses racines agricoles.
[1] Varron, De la langue latine, VI, 3, 16:
Vinalia, fêtes où l’on fait des libations de vin nouveau à Jupiter, et non a Vénus. Cette fête est l’objet d’une grande solennité dans le Latium, où autrefois, en certaines contrées, les prêtres présidaient publiquement à la vendange comme cela se pratique encore aujourd’hui dans le territoire de Rome. C’est un flamine diale qui inaugure la vendange : après avoir recueilli les grappes, il sacrifie une brebis à Jupiter, et, au cours de l’immolation et de l’offrande, il choisit la première grappe de raisin. Il est écrit dans les livres sacrés de Tusculum qu’on n’emmène point de vin nouveau à la ville avant la procession des Vinales.
Vinalia a vino; hic dies Iovis, non Veneris; huius rei cura non levis in Latio: nam aliquot locis vindemiae primum ab sacerdotibus publice fiebant, ut Romae etiam nunc; nam flamen Dialis auspicatur vindemiam, et ut iussit vinum legere, agna Iovi facit, inter cuius exta caesa et porrecta flamen primus vinum legit. In Tusculanis portis est scriptum: Vinum novum ne vehatur in urbem ante quam Vinalia kalentur.
Dates
19 août 2026 Toute la journée
202621aoûtToute la journéeCONSUALIA
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EN BREF. Les Consualia constituent l’une des célébrations les plus anciennes du calendrier religieux romain. Cette fête, dédiée au dieu Consus, se déroulait deux fois par an et mêlait rituels agraires, courses de chevaux et souvenirs légendaires des origines de Rome.
Les Consualia: une fête romaine aux origines mystérieuses
Les Consualia dédiées au dieu Consus avaient lieu deux fois par an: le 21 août et le 15 décembre. Ces dates correspondent à des moments clés du cycle agricole romain, l’une marquant la fin des moissons d’été, l’autre la clôture de l’année.
L’identité de Consus a suscité des débats dès l’Antiquité. Les auteurs anciens proposaient différentes explications de son nom et de sa nature. Une étymologie ancienne faisait dériver Consus de consilium (conseil), en faisant une divinité des délibérations secrètes. Cette interprétation était liée à une légende selon laquelle Consus aurait conseillé à Romulus d’enlever les Sabines pendant sa fête.
Les études modernes proposent une autre étymologie. Selon l’analyse rapportée par Anne Bajard, le nom peut être rattaché au verbe latin condere (conserver, entreposer), faisant de Consus le protecteur des récoltes stockées dans les silos souterrains.
Le dieu était également associé à Neptune par plusieurs auteurs antiques. Tite-Live parle de Neptunus Equester (Neptune équestre) dans son Histoire romaine. Selon l’étude de Bajard, Plutarque et Denys d’Halicarnasse indiquaient que Neptunus Equestris et Consus n’étaient en fait que deux noms différents d’une même divinité.
Un rituel souterrain
Le culte de Consus présentait une particularité unique dans la religion romaine: son autel était enterré sous le sol du Circus Maximus. Pierre Lambrechts explique que «la récolte étant stockée dans des silos souterrains, l’autel de Consus est lui aussi également souterrain. De cette manière, le sanctuaire est recouvert de terre tout le reste de l’année et n’est ouvert que pour les deux jours de fête.»
Les Consualia donnaient lieu à des spectacles populaires. Lambrechts rapporte que «cette fête très appréciée du peuple comprend des libations de vins offertes sur l’autel de Consus, ainsi que des courses de chevaux et de chars, dont une course de chars tirés par des mules.»
Les animaux de trait bénéficiaient d’un traitement particulier pendant ces célébrations. D’après Denys d’Halicarnasse cité par Lambrechts, «pendant ces jeux festifs, les chevaux et les mules ne doivent pas travailler et ils sont décorés de guirlandes de fleurs.»
Le personnel religieux officiel présidait aux cérémonies. Lambrechts précise que «le flamen Quirinalis, assisté des Vestales, accomplissait lui-même le sacrifice» devant l’autel de Consus.
L’enlèvement des Sabines
La tradition romaine associait étroitement les Consualia à l’enlèvement des Sabines. Selon le récit traditionnel reconstitué par Lambrechts, «Romulus organise une fête en l’honneur du dieu qui, chez les auteurs grecs est appelé Ποσειδών Ἵππιος, et que Tite Live nomme Neptunus Equester.»
Tite-Live décrit cette stratégie dans son Histoire romaine:
«Il [Romulus] prépare avec soin des jeux solennels en l’honneur de Neptune équestre; il les appelle Consualia. De nombreux mortels s’y rassemblèrent, attirés aussi par le désir de voir la ville nouvelle, surtout les plus proches, les Céniniens, les Crustumins, les Antemnates; déjà toute la multitude des Sabins était venue avec enfants et épouses.»
Selon la légende, pendant les festivités, sur un signal convenu, les jeunes Romains se seraient emparés des femmes sabines présentes. Cet épisode explique pourquoi les Consualia étaient perçues comme une fête fondatrice de la cité romaine.
Un cycle festif avec Ops
Les Consualia s’inscrivaient dans un ensemble rituel plus large. Lambrechts note que «quatre jours plus tard, les festivités en l’honneur d’Ops la déesse de l’abondance sont célébrés, c’est également une déesse agricole: soit le 25 août (Opiconsivia) et le 19 décembre (Opalia).»
Ops était qualifiée d’«Ops Consivia» selon Varron cité par Lambrechts, soulignant ses liens avec Consus. Cette association révèle l’existence d’un cycle religieux centré sur la protection des récoltes et des réserves alimentaires.
Tertullien rapporte selon Lambrechts qu’un sacrifice était également fait à Consus lors d’une autre fête, les Nones Caprotines du 7 juillet. Cette fête en l’honneur de Junon Caprotina présentait des similitudes avec l’histoire de l’enlèvement des Sabines: elle commémorait un stratagème où des esclaves déguisées en matrones romaines avaient trompé des ennemis de Rome.
L’évolution tardive: le témoignage d’Ausone
Au 4e siècle de notre ère, le poète Ausone évoque encore les Consualia dans ses «Églogues». Selon l’analyse de Bajard, Ausone parle d’un duplex cultus (double culte) associant très étroitement les deux fêtes.
Bajard observe qu’Ausone mentionne des festa navigiis celebrata (fêtes célébrées avec des navires), suggérant que les Consualia avaient évolué vers des formes nouvelles à son époque. Cette évolution témoigne de la capacité d’adaptation des fêtes romaines au fil des siècles.
Les Consualia illustrent la complexité de la religion romaine archaïque. Cette fête mêlait dimensions agricole (protection des récoltes), équestre (courses de chevaux), politique (mythe fondateur de Rome) et religieuse (rituels souterrains uniques).
L’existence de débats dès l’Antiquité sur l’identité de Consus montre que même les Romains avaient parfois du mal à cerner la nature de leurs divinités les plus anciennes. Cette incertitude reflète les transformations subies par les cultes primitifs au contact de l’hellénisation et de l’évolution politique de Rome.
Sources antiques
- Ausone, Eclogarum Liber, 23.
- Cicéron, De Republica, II, 7.
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, I, 33, 2; II, 30-31.
- Ovide, Fastes, III, 199.
- Plutarque, Vie de Romulus, 14; Questions romaines, 48.
- Tertullien, Des spectacles, 5, 7.
- Tite-Live, Ab Urbe condita libri, I, 9.
- Varron, De lingua latina, VI, 20.
Études modernes citées
- Bajard, Anne, «Les Neptunalia et les Consualia dans l’églogue 23 d’Ausone», Revue des Études Anciennes, t. 111, n°2, 2009, p. 411-428.
- Lambrechts, Pierre, «Consus et l’enlèvement des Sabines», L’Antiquité Classique, t. 15, fasc. 1, 1946, p. 61-82.
Dates
21 août 2026 Toute la journée










