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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la
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Dates
29 mai 2026 15:32 - 24 janvier 2027 15:32
Musée romain de Lausanne-Vidy
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L’ArchéoLab – Villa romaine de Pully vous invite dans l’arène pour découvrir les courses de
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202619octToute la journéeArmilustriumUrbs Roma
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Ante diem quartum decimum kalendas Novembres
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Ante diem quartum decimum kalendas Novembres

EN BREF. Chaque 19 octobre, des hommes en armes accomplissaient à Rome un sacrifice au son des trompettes et tournaient en portant les boucliers sacrés de la cité. De cette fête, l’Armilustrium, les Anciens n’ont laissé que quelques lignes. Les historiens y voient la clôture rituelle de la saison guerrière, une lecture que les textes ne confirment pas.
Armilustrium: la ronde en armes du 19 octobre
À Rome, la vie publique s’arrêtait le 19 octobre. Le calendrier d’Antium, gravé au début du 1er siècle avant notre ère, marque ce jour comme une fête publique durant laquelle on ne traitait aucune affaire. Le nom de la fête n’y est conservé qu’en partie, mais d’autres calendriers gravés portent la même mention à la même date, que les Romains désignaient comme le quatorzième jour avant les calendes de novembre. Cette fête s’appelait l’Armilustrium.
Pour savoir ce qui s’y passait, il faut se contenter de deux phrases. La première se trouve chez Varron, qui a consacré au 1er siècle avant notre ère un traité à la langue latine. Il y explique que la fête porte ce nom parce que «des hommes en armes accomplissent des rites» dans un lieu appelé lui aussi Armilustrium. Il précise que ces hommes «faisaient le tour en exécutant leurs évolutions, armés des boucliers sacrés»[1].
La seconde phrase vient de Festus, auteur au 2e siècle de notre ère d’un ouvrage sur la signification des mots. Ce passage ne nous est parvenu que dans un abrégé rédigé au 8e siècle par Paul Diacre:
«L’Armilustrium était une fête chez les Romains, au cours de laquelle des hommes en armes accomplissaient les rites et, pendant le sacrifice, sonnaient de la trompette»[2].
Des hommes armés, un sacrifice, des trompettes, une ronde: le reste a été reconstruit par les modernes.
Des boucliers et des trompettes
Les boucliers sacrés dont parle Varron renvoient d’emblée aux Saliens, ces prêtres de Mars connus pour leurs danses en armes. Varron ne les nomme pourtant pas, et aucun texte n’atteste leur présence le 19 octobre. Certains historiens n’excluent pas que des officiers aient tenu ce rôle au nom de l’armée.
Le poids religieux de ces boucliers apparaît chez Tite-Live. En 190 avant notre ère, pendant la guerre contre Antiochos III, l’armée romaine a dû camper un temps près de l’Hellespont. Venaient en effet d’arriver «les jours où l’on déplace les boucliers sacrés», durant lesquels un scrupule religieux interdisait de se mettre en route. Publius Scipion, qui était Salien, avait même dû rester en arrière[3]. L’historien ne précise toutefois pas le mois: rien ne permet de rattacher l’épisode au 19 octobre.
L’origine du nom reste incertaine. Varron hésite entre deux mots latins: un verbe signifiant jouer, au sens d’exécuter des évolutions, et un terme désignant une purification rituelle. Ailleurs, il rattache le nom au tour accompli lors de cette purification[4]. Il range en tout cas l’Armilustrium parmi les fêtes d’octobre, après celle où l’on goûtait le vin nouveau et celle des sources[5].
Les trompettes posent une autre question. Une fête du printemps, le Tubilustrium, était consacrée à la purification des trompettes des sacrifices[6]. On a donc soupçonné l’abrégé de Festus d’avoir mêlé les deux cérémonies. D’autres font valoir que la trompette accompagnait de nombreux sacrifices, pour couvrir tout bruit capable d’en troubler le déroulement.
Un lieu sur l’Aventin
L’Armilustrium désignait aussi un emplacement. Plutarque, à la fin du 1er siècle de notre ère, le mentionne à propos de la mort de Titus Tatius, roi sabin qui aurait partagé le pouvoir avec Romulus: «Romulus a fait transporter le corps de Tatius et l’a enseveli avec honneur; il repose près du lieu appelé Armilustrium, sur l’Aventin»[7]. Varron, lorsqu’il décrit la colline, cite juste avant l’Armilustrium le Lauretum. Selon lui, ce nom vient de la sépulture de ce même Tatius, tué par les Laurentins, à moins qu’il ne vienne d’un bois de lauriers[8].
Tite-Live évoque aussi ce site, sous le nom d’Armilustrum, en 207 avant notre ère, pendant la deuxième guerre punique: «on a de nouveau célébré un sacrifice de neuf jours, parce qu’on avait cru voir pleuvoir des pierres dans l’Armilustrum»[9]. Le passage confirme l’existence de l’endroit, sans rien dire de la fête.
On le situe d’ordinaire dans la partie nord-ouest de l’Aventin, sans doute au sud de l’actuelle église Sainte-Sabine. Des inscriptions mentionnent une rue qui en portait le nom et le traversait probablement. Aucun monument n’y a été identifié avec certitude.
L’idée d’un espace muni de portiques et d’installations hydrauliques, où les soldats se seraient purifiés, reste une hypothèse. Il en va de même du lien avec la tombe de Tatius. On a proposé que le rite soit né de l’expiation de ce meurtre, ce qu’aucune source ne vient étayer. L’Aventin, longtemps resté hors de la limite sacrée de la Ville, aurait offert un cadre adapté à des hommes revenant de la guerre. Là encore, il s’agit d’une lecture moderne.
Fermer la saison de la guerre?
Depuis plus d’un siècle, l’Armilustrium passe pour le pendant automnal des fêtes guerrières de mars. Des historiens ont relevé une symétrie. En mars, les courses de chevaux du 14 précédaient les Quinquatries du 19, que les modernes associent à une purification des armes. En octobre, la course du 15, au terme de laquelle on sacrifiait un cheval à Mars, précédait de quatre jours l’Armilustrium.
Selon cette lecture, la saison des combats s’ouvrait au printemps et se refermait à l’automne. Les rites d’octobre auraient alors purifié les soldats et les auraient rendus à la vie civique. Mais aucun auteur antique ne décrit un tel cycle. Les textes conservés ne parlent ni de rangement des armes pour l’hiver, ni de lavage, ni de sang versé, ni de la nature des victimes.
Parmi les textes antiques, un seul rend explicitement le nom par l’idée de purification des armes. Au 6e siècle, Jean le Lydien écrit dans son traité sur les mois: «Arès [le nom grec de Mars] est honoré par le fracas des armes et le son des trompettes. C’est pourquoi les Romains célébraient en son honneur leur première fête, qu’ils appelaient Armilustrium, c’est-à-dire une sorte de purification des armes, lorsque ni l’hiver ni aucune autre circonstance n’empêchaient le mouvement des armes sur le Champ de Mars»[10].
Il range ainsi la fête au mois de mars, et non au 19 octobre, et la déplace de l’Aventin au Champ de Mars. Confusion avec les rites du printemps ou trace d’une autre tradition: son texte ne permet pas de trancher. Les calendriers gravés, eux, placent sans équivoque l’Armilustrium en octobre.
Études modernes consultées
- Pérez Frutos, Pedro, «Guerra y religión en la República romana: el ciclo militar de octubre», Revista Universitaria de Historia Militar, vol. 5, n° 10, 2016, p. 179–199.
- Platner, Samuel Ball, et Ashby, Thomas, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londres, Oxford University Press, 1929, s.v. «Armilustrium», p. 54.
- Hooker, Mischa (trad.), John Lydus, On the Months (De mensibus), livre IV, «March», 2013, édition en ligne LacusCurtius.
- Warmington, E. H. (trad.), Calendrier d’Antium (Fasti Antiates Maiores), édition en ligne attalus.org.
[1] Varron, De lingua Latina, VI, 22: Armilustrium ab eo quod in Armilustrio armati sacra faciunt, nisi locus potius dictus ab his; sed quod de his prius, id ab ludendo aut lustro, id est quod circumibant ludentes ancilibus armati. Traduction: L’Armilustrium tire son nom de ce que des hommes en armes accomplissent des rites dans l’Armilustrium, à moins que ce ne soit plutôt le lieu qui ait été nommé d’après eux; mais comme les rites viennent en premier, le nom dérive de ludere (jouer) ou de lustrum (purification), c’est-à-dire de ce qu’ils faisaient le tour en exécutant leurs évolutions, armés des boucliers sacrés.
[2] Festus, De verborum significatu, abrégé de Paul Diacre, p. 17 Lindsay (p. 19 Müller): Armilustrium festum erat apud Romanos, quo res divinas armati faciebant, ac, dum sacrificarent, tubis canebant.
[3] Tite-Live, Ab Urbe condita, XXXVII, 33, 6–7: stativa deinde ad Hellespontum aliquamdiu habuerunt, quia dies forte, quibus ancilia moventur, religiosi ad iter inciderant. idem dies P. Scipionem propiore etiam religione, quia salius erat, diiunxerant ab exercitu; causaque et is ipse morae erat, dum consequeretur. Traduction: Ils ont ensuite établi pour quelque temps leur camp près de l’Hellespont, parce que les jours où l’on déplace les boucliers sacrés, pendant lesquels un scrupule religieux interdit de se mettre en route, étaient justement survenus. Ces mêmes jours avaient tenu Publius Scipion éloigné de l’armée, en raison d’une obligation religieuse qui le touchait de plus près, puisqu’il était Salien; et lui-même a causé un retard, le temps de rejoindre les troupes.
[4] Varron, De lingua Latina, V, 153: Armilustrium ab ambitu lustri. Traduction: L’Armilustrium tire son nom du tour accompli lors de la purification.
[5] Varron, ibid., VI, 21–22: Octobri mense Meditrinalia dies dictus a medendo […] Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius. Traduction: Au mois d’octobre, le jour des Meditrinalia tire son nom du verbe guérir […]; les Fontanalia tirent leur nom de Fons, parce que ce jour est sa fête.
[6] Varron, ibid., VI, 14: Dies Tubulustrium appellatur, quod eo die in Atrio Sutorio sacrorum tubae lustrantur. Traduction: On appelle Tubilustrium le jour où l’on purifie, dans l’Atrium des cordonniers, les trompettes des sacrifices.
[7] Plutarque, Vie de Romulus, 23, 3: ὁ δὲ τὸ μὲν σῶμα τοῦ Τατίου κομίσας ἐντίμως ἔθαψε, καὶ κεῖται περὶ τὸ καλούμενον Ἀρμιλούστριον ἐν Ἀουεντίνῳ, τῆς δὲ δίκης τοῦ φόνου παντάπασιν ἠμέλησεν. Traduction: Quant à Romulus, il a fait transporter le corps de Tatius et l’a enseveli avec honneur – il repose près du lieu appelé Armilustrium, sur l’Aventin –, mais il a entièrement négligé de faire justice de ce meurtre.
[8] Varron, De lingua Latina, V, 152: In Aventino, Lauretum ab eo quod ibi sepultus est Tatius rex, qui ab Laurentibus interfectus est, aut ab silva laurea, quod ea ibi excisa et aedificatus vicus. Traduction: Sur l’Aventin, le Lauretum doit son nom au fait que le roi Tatius, tué par les Laurentins, y a été enseveli, ou bien à un bois de lauriers, parce qu’on l’y a abattu et qu’un quartier y a été bâti.
[9] Tite-Live, Ab Urbe condita, XXVII, 37, 4: inde iterum novendiale instauratum, quod in Armilustro lapidibus visum pluere.
[10] Jean le Lydien, De mensibus, IV, 34 (éd. Wünsch, Leipzig, Teubner, 1898, p. 92, l. 19–23): θεραπεύεται δὲ ὁ Ἄρης ἤχοις ὅπλων καὶ σάλπιγξι, καὶ διὰ τοῦτο αὐτῷ τὴν πρώτην ἑορτὴν ἐπετέλουν οἱ Ῥωμαῖοι, καλοῦντες αὐτὴν Ἀρμιλούστριον οἱονεὶ καθαρμὸν ὅπλων, μὴ χείματος μὴ ἑτέρας τινὸς περιστάσεως εἰργούσης τὴν κίνησιν τῶν ὅπλων ἐπὶ τῷ τοῦ Ἄρεος πεδίῳ.
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🇮🇹 Versione italiana

IN BREVE. Ogni 19 ottobre, a Roma, uomini in armi compivano un sacrificio al suono delle trombe e giravano in tondo portando gli scudi sacri della città. Di questa festa, l’Armilustrium, gli antichi hanno lasciato solo poche righe. Gli storici vi vedono la chiusura rituale della stagione bellica, una lettura che i testi non confermano.
Armilustrium: la ronda in armi del 19 ottobre
A Roma, il 19 ottobre la vita pubblica si fermava. Il calendario di Anzio, inciso all’inizio del 1° secolo prima della nostra era, segna questo giorno come festa pubblica durante la quale non si trattava alcun affare. Il nome della festa vi si conserva solo in parte, ma altri calendari incisi riportano la stessa indicazione alla stessa data, che i Romani designavano come il quattordicesimo giorno prima delle calende di novembre. Questa festa si chiamava Armilustrium.
Per sapere che cosa vi accadesse, bisogna accontentarsi di due frasi. La prima si trova in Varrone, che nel 1° secolo prima della nostra era ha dedicato un trattato alla lingua latina. Vi spiega che la festa porta questo nome perché «uomini in armi compiono riti» in un luogo chiamato anch’esso Armilustrium. Precisa che questi uomini «facevano il giro eseguendo le loro evoluzioni, armati degli scudi sacri»[1].
La seconda frase viene da Festo, autore nel 2° secolo della nostra era di un’opera sul significato delle parole. Questo passo ci è giunto solo in un compendio redatto nell’8° secolo da Paolo Diacono:
«L’Armilustrium era una festa presso i Romani, durante la quale uomini in armi compivano i riti e, durante il sacrificio, suonavano la tromba»[2].
Uomini armati, un sacrificio, trombe, un giro rituale: il resto è stato ricostruito dai moderni.
Scudi e trombe
Gli scudi sacri di cui parla Varrone rimandano subito ai Salii, i sacerdoti di Marte noti per le loro danze in armi. Varrone tuttavia non li nomina, e nessun testo attesta la loro presenza il 19 ottobre. Alcuni storici non escludono che degli ufficiali abbiano svolto questo ruolo a nome dell’esercito.
Il peso religioso di questi scudi emerge in Tito Livio. Nel 190 prima della nostra era, durante la guerra contro Antioco III, l’esercito romano ha dovuto accamparsi per un certo tempo presso l’Ellesponto. Erano infatti appena giunti «i giorni in cui si muovono gli scudi sacri», durante i quali uno scrupolo religioso vietava di mettersi in marcia. Publio Scipione, che era un Salio, aveva persino dovuto restare indietro[3]. Lo storico però non precisa il mese: nulla permette di collegare l’episodio al 19 ottobre.
L’origine del nome resta incerta. Varrone esita tra due parole latine: un verbo che significa giocare, nel senso di eseguire evoluzioni, e un termine che designa una purificazione rituale. Altrove collega il nome al giro compiuto durante tale purificazione[4]. In ogni caso colloca l’Armilustrium tra le feste di ottobre, dopo quella in cui si assaggiava il vino nuovo e quella delle fonti[5].
Le trombe pongono un’altra questione. Una festa di primavera, il Tubilustrium, era dedicata alla purificazione delle trombe dei sacrifici[6]. Si è quindi sospettato che il compendio di Festo avesse confuso le due cerimonie. Altri fanno notare che la tromba accompagnava numerosi sacrifici, per coprire qualsiasi rumore capace di turbarne lo svolgimento.
Un luogo sull’Aventino
L’Armilustrium designava anche un luogo. Plutarco, alla fine del 1° secolo della nostra era, lo menziona a proposito della morte di Tito Tazio, re sabino che avrebbe condiviso il potere con Romolo: «Romolo ha fatto trasportare il corpo di Tazio e lo ha sepolto con onore; egli riposa presso il luogo chiamato Armilustrium, sull’Aventino»[7]. Varrone, descrivendo il colle, cita subito prima dell’Armilustrium il Lauretum. Secondo lui, questo nome deriva dalla sepoltura dello stesso Tazio, ucciso dai Laurenti, a meno che non derivi da un bosco di allori[8].
Anche Tito Livio evoca questo sito, con il nome di Armilustrum, nel 207 prima della nostra era, durante la seconda guerra punica: «si è di nuovo celebrato un sacrificio di nove giorni, perché si era creduto di vedere piovere pietre nell’Armilustrum»[9]. Il passo conferma l’esistenza del luogo, senza dire nulla della festa.
Lo si colloca di solito nella parte nord-occidentale dell’Aventino, probabilmente a sud dell’attuale chiesa di Santa Sabina. Alcune iscrizioni menzionano una strada che ne portava il nome e che probabilmente lo attraversava. Nessun monumento vi è stato identificato con certezza.
L’idea di uno spazio dotato di portici e di impianti idraulici, dove i soldati si sarebbero purificati, resta un’ipotesi. Lo stesso vale per il legame con la tomba di Tazio. È stato proposto che il rito sia nato dall’espiazione di quell’omicidio, ma nessuna fonte lo conferma. L’Aventino, rimasto a lungo fuori dal confine sacro della Città, avrebbe offerto un contesto adatto a uomini di ritorno dalla guerra. Anche in questo caso si tratta di una lettura moderna.
Chiudere la stagione della guerra?
Da più di un secolo, l’Armilustrium è considerato il corrispettivo autunnale delle feste guerriere di marzo. Alcuni storici hanno rilevato una simmetria. A marzo, le corse di cavalli del 14 precedevano le Quinquatrie del 19, che i moderni associano a una purificazione delle armi. A ottobre, la corsa del 15, al termine della quale si sacrificava un cavallo a Marte, precedeva di quattro giorni l’Armilustrium.
Secondo questa lettura, la stagione dei combattimenti si apriva in primavera e si chiudeva in autunno. I riti di ottobre avrebbero allora purificato i soldati e li avrebbero restituiti alla vita civica. Ma nessun autore antico descrive un tale ciclo. I testi conservati non parlano né di armi riposte per l’inverno, né di lavaggio, né di sangue versato, né della natura delle vittime.
Tra i testi antichi, uno solo rende esplicitamente il nome con l’idea di purificazione delle armi. Nel 6° secolo, Giovanni Lido scrive nel suo trattato sui mesi: «Ares [il nome greco di Marte] è onorato dal fragore delle armi e dal suono delle trombe. Per questo i Romani celebravano in suo onore la loro prima festa, che chiamavano Armilustrium, cioè una sorta di purificazione delle armi, quando né l’inverno né alcun’altra circostanza impedivano il movimento delle armi sul Campo di Marte»[10].
Egli colloca così la festa nel mese di marzo, e non al 19 ottobre, e la sposta dall’Aventino al Campo di Marte. Confusione con i riti di primavera o traccia di un’altra tradizione: il suo testo non permette di deciderlo. I calendari incisi, invece, collocano senza ambiguità l’Armilustrium in ottobre.
Studi moderni consultati
- Pérez Frutos, Pedro, «Guerra y religión en la República romana: el ciclo militar de octubre», Revista Universitaria de Historia Militar, vol. 5, n. 10, 2016, pp. 179–199.
- Platner, Samuel Ball, e Ashby, Thomas, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londra, Oxford University Press, 1929, s.v. «Armilustrium», p. 54.
- Hooker, Mischa (trad.), John Lydus, On the Months (De mensibus), libro IV, «March», 2013, edizione online LacusCurtius.
- Warmington, E. H. (trad.), Calendario di Anzio (Fasti Antiates Maiores), edizione online attalus.org.
[1] Varrone, De lingua Latina, VI, 22: Armilustrium ab eo quod in Armilustrio armati sacra faciunt, nisi locus potius dictus ab his; sed quod de his prius, id ab ludendo aut lustro, id est quod circumibant ludentes ancilibus armati. Traduzione: L’Armilustrium prende il nome dal fatto che uomini in armi compiono riti nell’Armilustrium, a meno che non sia piuttosto il luogo ad aver preso il nome da loro; ma poiché i riti vengono prima, il nome deriva da ludere (giocare) o da lustrum (purificazione), cioè dal fatto che facevano il giro eseguendo le loro evoluzioni, armati degli scudi sacri.
[2] Festo, De verborum significatu, compendio di Paolo Diacono, p. 17 Lindsay (p. 19 Müller): Armilustrium festum erat apud Romanos, quo res divinas armati faciebant, ac, dum sacrificarent, tubis canebant.
[3] Tito Livio, Ab Urbe condita, XXXVII, 33, 6–7: stativa deinde ad Hellespontum aliquamdiu habuerunt, quia dies forte, quibus ancilia moventur, religiosi ad iter inciderant. idem dies P. Scipionem propiore etiam religione, quia salius erat, diiunxerant ab exercitu; causaque et is ipse morae erat, dum consequeretur. Traduzione: Hanno poi posto il campo per qualche tempo presso l’Ellesponto, perché erano giunti per caso i giorni in cui si muovono gli scudi sacri, durante i quali uno scrupolo religioso vieta di mettersi in marcia. Quegli stessi giorni avevano tenuto Publio Scipione lontano dall’esercito, per un obbligo religioso che lo riguardava più da vicino, poiché era un Salio; ed egli stesso ha causato un ritardo, il tempo di raggiungere le truppe.
[4] Varrone, De lingua Latina, V, 153: Armilustrium ab ambitu lustri. Traduzione: L’Armilustrium prende il nome dal giro compiuto durante la purificazione.
[5] Varrone, ibid., VI, 21–22: Octobri mense Meditrinalia dies dictus a medendo […] Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius. Traduzione: Nel mese di ottobre, il giorno dei Meditrinalia prende il nome dal verbo guarire […]; i Fontanalia prendono il nome da Fons, perché quel giorno è la sua festa.
[6] Varrone, ibid., VI, 14: Dies Tubulustrium appellatur, quod eo die in Atrio Sutorio sacrorum tubae lustrantur. Traduzione: Si chiama Tubilustrium il giorno in cui si purificano, nell’Atrio dei calzolai, le trombe dei sacrifici.
[7] Plutarco, Vita di Romolo, 23, 3: ὁ δὲ τὸ μὲν σῶμα τοῦ Τατίου κομίσας ἐντίμως ἔθαψε, καὶ κεῖται περὶ τὸ καλούμενον Ἀρμιλούστριον ἐν Ἀουεντίνῳ, τῆς δὲ δίκης τοῦ φόνου παντάπασιν ἠμέλησεν. Traduzione: Quanto a Romolo, ha fatto trasportare il corpo di Tazio e lo ha sepolto con onore – egli riposa presso il luogo chiamato Armilustrium, sull’Aventino –, ma ha del tutto trascurato di fare giustizia di quell’omicidio.
[8] Varrone, De lingua Latina, V, 152: In Aventino, Lauretum ab eo quod ibi sepultus est Tatius rex, qui ab Laurentibus interfectus est, aut ab silva laurea, quod ea ibi excisa et aedificatus vicus. Traduzione: Sull’Aventino, il Lauretum deve il suo nome al fatto che il re Tazio, ucciso dai Laurenti, vi è stato sepolto, oppure a un bosco di allori, perché vi è stato abbattuto e vi è stato costruito un quartiere.
[9] Tito Livio, Ab Urbe condita, XXVII, 37, 4: inde iterum novendiale instauratum, quod in Armilustro lapidibus visum pluere.
[10] Giovanni Lido, De mensibus, IV, 34 (ed. Wünsch, Lipsia, Teubner, 1898, p. 92, ll. 19–23): θεραπεύεται δὲ ὁ Ἄρης ἤχοις ὅπλων καὶ σάλπιγξι, καὶ διὰ τοῦτο αὐτῷ τὴν πρώτην ἑορτὴν ἐπετέλουν οἱ Ῥωμαῖοι, καλοῦντες αὐτὴν Ἀρμιλούστριον οἱονεὶ καθαρμὸν ὅπλων, μὴ χείματος μὴ ἑτέρας τινὸς περιστάσεως εἰργούσης τὴν κίνησιν τῶν ὅπλων ἐπὶ τῷ τοῦ Ἄρεος πεδίῳ.
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🇬🇧 English version

IN BRIEF. Every 19 October, armed men in Rome performed a sacrifice to the sound of trumpets and went round carrying the city’s sacred shields. Of this festival, the Armilustrium, ancient writers have left only a few lines. Historians see it as the ritual close of the campaigning season, a reading the texts do not confirm.
Armilustrium: circling in arms on 19 October
In Rome, public life came to a halt on 19 October. The calendar of Antium, engraved at the beginning of the 1st century BCE, marks the day as a public festival on which no business was conducted. The festival’s name survives there only in part, but other engraved calendars carry the same entry on the same date, which the Romans called the fourteenth day before the Kalends of November. This festival was the Armilustrium.
To find out what took place, we have to make do with two sentences. The first comes from Varro, who wrote a treatise on the Latin language in the 1st century BCE. He explains that the festival takes its name from the fact that ‘armed men perform rites’ in a place also called Armilustrium. He adds that these men ‘went round performing their movements, armed with the sacred shields’[1].
The second sentence comes from Festus, who wrote a work on the meaning of words in the 2nd century CE. This passage has reached us only through an abridgement made in the 8th century by Paul the Deacon:
‘The Armilustrium was a festival among the Romans at which armed men performed the rites and, during the sacrifice, sounded the trumpet’[2].
Armed men, a sacrifice, trumpets, a ritual circuit: everything else has been reconstructed by modern scholars.
Shields and trumpets
The sacred shields Varro mentions point straight to the Salii, the priests of Mars known for their armed dances. Yet Varro does not name them, and no text attests their presence on 19 October. Some historians do not rule out that officers performed this role on behalf of the army.
The religious weight of these shields emerges in Livy. In 190 BCE, during the war against Antiochus III, the Roman army had to remain encamped for a while near the Hellespont. The ‘days on which the sacred shields are moved’ had just arrived, and religious scruple forbade setting out on the march. Publius Scipio, who was a Salius, had even had to stay behind[3]. The historian does not, however, give the month: nothing links the episode to 19 October.
The origin of the name remains uncertain. Varro hesitates between two Latin words: a verb meaning to play, in the sense of performing movements, and a term for ritual purification. Elsewhere he links the name to the circuit made during that purification[4]. In any case, he places the Armilustrium among the October festivals, after the one at which the new wine was tasted and the festival of springs[5].
The trumpets raise another question. A spring festival, the Tubilustrium, was devoted to purifying the trumpets used in sacrifices[6]. Festus’ abridger has therefore been suspected of conflating the two ceremonies. Others point out that the trumpet accompanied many sacrifices, drowning out any sound that might disturb the ritual.
A place on the Aventine
The Armilustrium was also a place. Plutarch, writing at the end of the 1st century CE, mentions it in connection with the death of Titus Tatius, the Sabine king said to have shared power with Romulus: ‘Romulus had the body of Tatius brought back and buried it with honour; he lies near the place called Armilustrium, on the Aventine’[7]. Varro, describing the hill, mentions the Lauretum just before the Armilustrium. In his view, the name comes from the burial there of the same Tatius, killed by the Laurentines, unless it comes from a laurel grove[8].
Livy also mentions the site, under the name Armilustrum, in 207 BCE, during the Second Punic War: ‘a nine-day sacrifice was held once again, because it had seemed to rain stones in the Armilustrum’[9]. The passage confirms that the place existed, but says nothing about the festival.
It is usually located in the north-western part of the Aventine, probably south of the present church of Santa Sabina. Inscriptions mention a street that bore its name and probably ran through it. No monument there has been identified with certainty.
The idea of a space fitted with porticoes and water installations, where soldiers would have purified themselves, remains a hypothesis. So does the link with Tatius’ tomb. It has been suggested that the rite originated in the expiation of his murder, but no source supports this. The Aventine, long outside the sacred boundary of the City, would have offered a suitable setting for men returning from war. Here too, this is a modern reading.
Closing the season of war?
For more than a century, the Armilustrium has been seen as the autumn counterpart of the warlike festivals of March. Historians have noted a symmetry. In March, the horse races of the 14th preceded the Quinquatrus of the 19th, which modern scholars associate with a purification of weapons. In October, the race of the 15th, after which a horse was sacrificed to Mars, came four days before the Armilustrium.
On this reading, the fighting season opened in spring and closed in autumn. The October rites would then have purified the soldiers and returned them to civic life. But no ancient author describes such a cycle. The surviving texts say nothing about weapons being stored for the winter, about washing, about bloodshed or about the nature of the sacrificial victims.
Of all the ancient texts, only one explicitly renders the name as a purification of weapons. In the 6th century, John the Lydian writes in his treatise on the months: ‘Ares [the Greek name of Mars] is honoured by the clash of arms and the sound of trumpets. This is why the Romans celebrated in his honour their first festival, which they called Armilustrium, that is, a kind of purification of weapons, when neither winter nor any other circumstance hindered the movement of arms on the Field of Mars’[10].
He thus places the festival in March, not on 19 October, and moves it from the Aventine to the Field of Mars. Confusion with the spring rites or the trace of another tradition: his text does not allow us to decide. The engraved calendars, for their part, place the Armilustrium unambiguously in October.
Modern studies consulted
- Pérez Frutos, Pedro, ‘Guerra y religión en la República romana: el ciclo militar de octubre’, Revista Universitaria de Historia Militar, vol. 5, no. 10, 2016, pp. 179–199.
- Platner, Samuel Ball, and Ashby, Thomas, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, London, Oxford University Press, 1929, s.v. ‘Armilustrium’, p. 54.
- Hooker, Mischa (trans.), John Lydus, On the Months (De mensibus), book IV, ‘March’, 2013, online edition LacusCurtius.
- Warmington, E. H. (trans.), Calendar of Antium (Fasti Antiates Maiores), online edition attalus.org.
[1] Varro, De lingua Latina, VI, 22: Armilustrium ab eo quod in Armilustrio armati sacra faciunt, nisi locus potius dictus ab his; sed quod de his prius, id ab ludendo aut lustro, id est quod circumibant ludentes ancilibus armati. Translation: The Armilustrium takes its name from the fact that armed men perform rites in the Armilustrium, unless it is rather the place that was named after them; but since the rites come first, the name derives from ludere (to play) or from lustrum (purification), that is, from the fact that they went round performing their movements, armed with the sacred shields.
[2] Festus, De verborum significatu, abridgement by Paul the Deacon, p. 17 Lindsay (p. 19 Müller): Armilustrium festum erat apud Romanos, quo res divinas armati faciebant, ac, dum sacrificarent, tubis canebant.
[3] Livy, Ab Urbe condita, XXXVII, 33, 6–7: stativa deinde ad Hellespontum aliquamdiu habuerunt, quia dies forte, quibus ancilia moventur, religiosi ad iter inciderant. idem dies P. Scipionem propiore etiam religione, quia salius erat, diiunxerant ab exercitu; causaque et is ipse morae erat, dum consequeretur. Translation: They then remained encamped for some time near the Hellespont, because the days on which the sacred shields are moved, during which religious scruple forbids setting out, happened to have arrived. The same days had kept Publius Scipio away from the army, owing to a religious obligation that concerned him more closely, since he was a Salius; and he himself caused a delay until he caught up with the troops.
[4] Varro, De lingua Latina, V, 153: Armilustrium ab ambitu lustri. Translation: The Armilustrium takes its name from the circuit made during the purification.
[5] Varro, ibid., VI, 21–22: Octobri mense Meditrinalia dies dictus a medendo […] Fontanalia a Fonte, quod is dies feriae eius. Translation: In the month of October, the day of the Meditrinalia takes its name from the verb to heal […]; the Fontanalia take their name from Fons, because that day is his festival.
[6] Varro, ibid., VI, 14: Dies Tubulustrium appellatur, quod eo die in Atrio Sutorio sacrorum tubae lustrantur. Translation: The day on which the trumpets used in sacrifices are purified in the Atrium of the Shoemakers is called Tubilustrium.
[7] Plutarch, Life of Romulus, 23, 3: ὁ δὲ τὸ μὲν σῶμα τοῦ Τατίου κομίσας ἐντίμως ἔθαψε, καὶ κεῖται περὶ τὸ καλούμενον Ἀρμιλούστριον ἐν Ἀουεντίνῳ, τῆς δὲ δίκης τοῦ φόνου παντάπασιν ἠμέλησεν. Translation: Romulus had the body of Tatius brought back and buried it with honour – he lies near the place called Armilustrium, on the Aventine – but he entirely neglected to seek justice for the murder.
[8] Varro, De lingua Latina, V, 152: In Aventino, Lauretum ab eo quod ibi sepultus est Tatius rex, qui ab Laurentibus interfectus est, aut ab silva laurea, quod ea ibi excisa et aedificatus vicus. Translation: On the Aventine, the Lauretum takes its name from the fact that King Tatius, killed by the Laurentines, was buried there, or from a laurel grove, because it was cut down there and a district was built.
[9] Livy, Ab Urbe condita, XXVII, 37, 4: inde iterum novendiale instauratum, quod in Armilustro lapidibus visum pluere.
[10] John the Lydian, De mensibus, IV, 34 (ed. Wünsch, Leipzig, Teubner, 1898, p. 92, ll. 19–23): θεραπεύεται δὲ ὁ Ἄρης ἤχοις ὅπλων καὶ σάλπιγξι, καὶ διὰ τοῦτο αὐτῷ τὴν πρώτην ἑορτὴν ἐπετέλουν οἱ Ῥωμαῖοι, καλοῦντες αὐτὴν Ἀρμιλούστριον οἱονεὶ καθαρμὸν ὅπλων, μὴ χείματος μὴ ἑτέρας τινὸς περιστάσεως εἰργούσης τὴν κίνησιν τῶν ὅπλων ἐπὶ τῷ τοῦ Ἄρεος πεδίῳ.
Dates
19 octobre 2026 Toute la journée
Lieu
Urbs Roma
Urbs Roma
202604novToute la journéeLudi Plebeii
Description
Pridie Nonas Novembres - Ante diem quintum decimum Kalendas Decembres
Description
Pridie Nonas Novembres – Ante diem quintum decimum Kalendas Decembres

EN BREF. Fête du peuple romain, les Ludi Plebeii (4–17 novembre) honoraient Jupiter dans le Circus Flaminius. Nés d’une revendication civique, ils devinrent une institution d’État. Tite-Live, Plaute et Valerius Maximus en révèlent la portée religieuse, politique et théâtrale : la liberté plébéienne célébrée sous le regard des dieux.
Ludi plebeii: quand la plèbe romaine fait la fête
Chaque année, du 4 au 17 novembre, Rome se parait de musique, de théâtre et de processions: c’était le temps des Ludi Plebeii, les jeux plébéiens. Moins célèbres que les Ludi Romani de septembre, mais installés très tôt dans le calendrier civique, ces jeux formaient la grande fête populaire de l’automne. La plèbe y célébrait Jupiter Capitolin, son dieu tutélaire, dans un cirque qu’elle considérait comme sien: le Circus Flaminius.
Dans la Rome républicaine, les jeux publics n’étaient jamais de simples divertissements: ils exprimaient l’équilibre des pouvoirs et la hiérarchie des ordres. Les Ludi Plebeii en furent l’un des symboles: une fête du peuple, pour le peuple, mais reconnue par l’État.
Une fête du peuple, miroir des Ludi Romani
Les Ludi Plebeii étaient organisés par les édiles plébéiens, magistrats élus parmi le peuple. Ils formaient la contrepartie directe des Ludi Romani, présidés par les édiles curules issus de la noblesse. Cette dualité institutionnelle incarnait l’équilibre entre les deux ordres : patriciens et plébéiens.
D’après les Fasti Praenestini [1], la fête s’étendait sur quatorze jours, du 4 au 17 novembre, et atteignait son sommet le 13, jour des Ides de novembre, consacré au banquet de Jupiter Capitolin (Epulum Iovis). Ce repas sacré, célébré par la plèbe, répondait à celui que les patriciens offraient en septembre lors des Ludi Romani. En novembre, la plèbe honorait Jupiter non sur la colline du Capitole, mais sur le Champ de Mars, un espace qui lui était propre et symbole de son identité civique.
Des origines politiques
Les origines de ces jeux remontent aux premiers temps de la République. Une tradition tardive, transmise par le Pseudo-Asconius (commentaire médiéval rattaché à Cicéron), affirme qu’ils auraient été institués après l’expulsion des rois, en l’honneur de la liberté, ou pour célébrer la réconciliation de la plèbe après sa sécession sur l’Aventin [2]. Même si cette explication n’a pas valeur de témoignage antique, elle correspond bien à la signification politique de la fête : les Ludi Plebeii symbolisaient la conquête de la liberté civique par la plèbe et son intégration au culte public romain.
Le Circus Flaminius, un cirque du peuple
Le lieu des jeux n’était pas le prestigieux Circus Maximus, réservé aux triomphes aristocratiques, mais le Circus Flaminius, bâti en 220 avant notre ère par le censeur Caius Flaminius, tribun du peuple et réformateur audacieux. Cet espace du Champ de Mars, ouvert aux assemblées et aux triomphes, servit rapidement de cadre aux cérémonies plébéiennes. Le nom même du cirque, celui d’un tribun de la plèbe, en faisait un symbole de liberté politique.
Certains chercheurs rappellent toutefois que le Circus Flaminius n’était pas un hippodrome au sens strict: il ne possédait ni spina ni carceres. Construit avant l’essor des grands cirques permanents, il servait plutôt d’esplanade pour les processions, les assemblées et les triomphes. Les courses de chars des Ludi Plebeii se déroulaient sans doute plus au nord du Champ de Mars, dans un espace temporairement aménagé.
Les témoignages de Tite-Live et de Valerius Maximus
L’historien Tite-Live mentionne plusieurs fois les Ludi Plebeii au 3e siècle avant notre ère:
- En 216 avant notre ère : «Les jeux plébéiens furent rejoués pendant deux jours, et un banquet de Jupiter fut célébré à l’occasion de ces jeux.» [3]
- En 206 avant notre ère : «Les jeux plébéiens furent rejoués dans leur entier une fois, par les édiles plébéiens Marcus Pomponius Matho et Quintus Mamilius Turrinus.» [4]
- Et en 199 avant notre ère : «Les édiles plébéiens célébrèrent à nouveau les jeux plébéiens, et un banquet de Jupiter eut lieu à l’occasion des jeux.» [5]
Dans les trois cas, Tite-Live emploie la même formule : ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. Le verbe instaurare –«reprendre», «rejouer»– est un terme religieux : il s’agissait de recommencer la fête en cas de faute rituelle (vitium). Cette instauratio ludorum est au cœur du récit de Valerius Maximus.
Ce dernier rapporte un épisode exemplaire survenu précisément «pendant les jeux plébéiens, à travers le Circus Flaminius» [6]. Un citoyen du peuple, Titus Latinius, reçut en songe l’ordre de Jupiter de prévenir les consuls: le dieu n’avait pas été satisfait du danseur de la dernière pompa circensis, et réclamait une reprise attentive des jeux. Craignant de se mêler des affaires religieuses de l’État, Latinius garda le silence. Son fils mourut aussitôt, puis lui-même fut frappé de paralysie. Lorsqu’il se décida enfin à parler devant le Sénat, il recouvra l’usage de ses membres sous les yeux de tous.
Ce récit illustre la place des Ludi Plebeii dans la religion publique: le message de Jupiter y passe par un homme du peuple, et la faute rituelle entraîne la reprise des jeux, exactement comme l’indiquait Tite-Live. C’est aussi la première attestation explicite reliant les Ludi Plebeii au Circus Flaminius.
Le théâtre des Ludi Plebeii
Comme les Ludi Romani, les jeux plébéiens comportaient une part de spectacles dramatiques (ludi scaenici). C’est lors de ces jeux, en 200 av. J.-C., qu’eut lieu la première représentation du Stichus de Plaute, «joué aux jeux plébéiens, sous l’édilité de Cnaeus Baebius et Caius Terentius» [7]. Cette didascalie rare fait des Ludi Plebeii un haut lieu de la création théâtrale romaine : la comédie latine naquit dans le cadre des fêtes du peuple.
Une fête populaire devenue fête d’État
Au 1er siècle avant notre ère, les Ludi Plebeii étaient pleinement intégrés au calendrier officiel. Cicéron, évoquant ses fonctions d’édile, énumère les jeux sacrés qu’il doit célébrer: ceux de Cérès, de Liber et Libera, de Flore, et les plus anciens en l’honneur de Jupiter, Junon et Minerve [8]. Il ne distingue plus les Plebeii des Romani: les deux appartiennent désormais à une même tradition religieuse de la République.
Ce qui avait commencé comme une revendication politique devint une institution d’État: les Ludi Plebeii ne sont plus seulement la fête du peuple, mais la fête du peuple reconnu par la cité.
Sources
- Fasti Praenestini (CIL I² 312)
- Pseudo-Asconius, In act. I. in C. Verrem (éd. Orelli, Onomasticon Tullianum, Zurich 1833, p. 143): Secundum quos Plebeii ludi, quos exactis regibus pro libertate plebs fecerunt, aut pro reconciliatione plebis post secessionem in Aventinum.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 25, 2, 9-10: Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa. Ludos Romanos ter totos instauratos ab aedilibus curulibus M. Sextilio et L. Aemilio Regillo, item plebeios semel totos instauratos ab aedilibus plebis L. Pupio Pisone et L. Platorio Varo.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 28, 10, 7: Ludi Romani ter toti instaurati ab aedilibus curulibus Cn. Servilio Caepione, Ser. Cornelio Lentulo; item ludi plebeii semel toti instaurati ab aedilibus plebis M. Pomponio Mathone et Q. Mamilio Turrino. Epulum Iovis ludorum causa fuit.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita 32, 7, 13: Ab iis ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa.
- Valerius Maximus, Facta et Dicta Memorabilia I, 7, 4: Sequitur aeque ad publicam religionem pertinens somnium. Cum plebeis quidam ludis pater familias per circum Flaminium, prius quam pompa induceretur, servum suum verberibus mulcatum sub furca ad supplicium egisset, T. Latinio homini ex plebe Iuppiter in quiete praecepit ut consulibus diceret sibi praesultorem ludis circensibus proximis non placuisse: quae res nisi attenta ludorum instauratione expiata esset, secuturum non mediocre urbis periculum. Ille veritus ne cum aliquo incommodo suo religione summum implicaret imperium, silentium egit, e vestigioque filius eius subita vi morbi correptus interiit. Ipse etiam per quietem ab eodem deo interrogatus an satis magnam poenam neglecti imperii sui pependisset, in proposito perseverans debilitate corporis solutus est ac tum demum ex consilio amicorum lecticula ad tribunal consulum et inde ad senatum perlatus ordine totius casus sui exposito magna cum omnium admiratione recuperata membrorum firmitate pedibus domum rediit.
- Plaute, Stichus, didascalie: Acta ludis plebeis Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis, C. Sulpicio, C. Aurelio consulibus.
- Cicéron, In Verrem II, 5, 36: Nunc sum designatus aedilis; habeo rationem quid a populo Romano acceperim; mihi ludos sanctissimos maxima cum cura et caerimonia Cereri, Libero, Liberaeque faciundos, mihi Floram matrem populo plebique Romanae ludorum celebritate placandam, mihi ludos antiquissimos, qui primi Romani appellati sunt, cum dignitate maxima et religione Iovi, Iunoni, Minervaeque esse faciundos, mihi sacrarum aedium procurationem, mihi totam urbem tuendam esse commissam; ob earum rerum laborem et sollicitudinem fructus illos datos, antiquiorem in senatu sententiae dicendae locum, togam praetextam, sellam curulem, ius imaginis ad memoriam posteritatemque prodendae.
Versione italiana
IN BREVE. Festa del popolo romano, i Ludi Plebeii (4–17 novembre) erano dedicati a Giove nel Circus Flaminius. Nati da una rivendicazione civica, divennero un’istituzione statale. Tito Livio, Plauto e Valerio Massimo ne rivelano la portata religiosa, politica e teatrale: la libertà plebea celebrata sotto lo sguardo degli dèi.
Ludi Plebeii: quando la plebe romana fa festa
Ogni anno, dal 4 al 17 novembre, Roma si riempiva di musica, teatro e processioni: era il tempo dei Ludi Plebeii, i giochi plebei. Meno celebri dei Ludi Romani di settembre, ma inseriti molto presto nel calendario civico, questi giochi costituivano la grande festa popolare dell’autunno. La plebe vi celebrava Giove Capitolino, il suo dio tutelare, in un circo che considerava proprio: il Circus Flaminius.
Nella Roma repubblicana, i giochi pubblici non erano mai semplici divertimenti: esprimevano l’equilibrio dei poteri e la gerarchia degli ordini. I Ludi Plebeii ne furono uno dei simboli: una festa del popolo, per il popolo, ma riconosciuta dallo Stato.
Una festa del popolo, specchio dei Ludi Romani
I Ludi Plebeii erano organizzati dagli edili plebei, magistrati eletti tra il popolo. Costituivano il contraltare diretto dei Ludi Romani, presieduti dagli edili curuli appartenenti alla nobiltà. Questa dualità istituzionale incarnava l’equilibrio tra i due ordini: patrizi e plebei.
Secondo i Fasti Praenestini [1], la festa si svolgeva per quattordici giorni, dal 4 al 17 novembre, e raggiungeva il suo apice il 13, giorno delle Idi di novembre, consacrato al banchetto di Giove Capitolino (Epulum Iovis). Questo pasto sacro, celebrato dalla plebe, faceva da contrappunto a quello che i patrizi offrivano in settembre durante i Ludi Romani. In novembre, la plebe onorava Giove non sul colle Capitolino, ma nel Campo Marzio, uno spazio che le apparteneva e che simboleggiava la sua identità civica.
Origini politiche
Le origini di questi giochi risalgono ai primi tempi della Repubblica. Una tradizione tarda, trasmessa dal Pseudo-Asconio (commentatore medievale collegato a Cicerone), afferma che essi sarebbero stati istituiti dopo l’espulsione dei re, in onore della libertà, o per celebrare la riconciliazione della plebe dopo la sua secessione sull’Aventino [2]. Anche se questa spiegazione non ha valore di testimonianza antica, corrisponde bene al significato politico della festa: i Ludi Plebeii simboleggiavano la conquista della libertà civica da parte della plebe e la sua integrazione nel culto pubblico romano.
Il Circus Flaminius, un circo del popolo
Il luogo dei giochi non era il prestigioso Circus Maximus, riservato ai trionfi aristocratici, bensì il Circus Flaminius, costruito nel 220 a.C. dal censore Gaio Flaminio, tribuno della plebe e riformatore audace. Questo spazio del Campo Marzio, aperto alle assemblee e ai trionfi, divenne rapidamente il luogo delle cerimonie plebee. Lo stesso nome del circo, quello di un tribuno della plebe, ne faceva un simbolo di libertà politica.
Alcuni studiosi ricordano tuttavia che il Circus Flaminius non era un ippodromo in senso stretto: non possedeva né spina né carceres. Costruito prima dell’ascesa dei grandi circhi permanenti, serviva piuttosto come spianata per processioni, assemblee e trionfi. Le corse dei carri dei Ludi Plebeii si svolgevano probabilmente più a nord del Campo Marzio, in uno spazio allestito temporaneamente.
Le testimonianze di Tito Livio e di Valerio Massimo
Lo storico Tito Livio menziona più volte i Ludi Plebeii nel III secolo a.C.:
Nel 216 a.C.: «Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa.» [3]
Nel 206 a.C.: «Ludi plebeii instaurati…» [4]
E nel 199 a.C.: «Ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa.» [5]
In tutti e tre i casi, Tito Livio impiega la stessa formula: ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. Il verbo instaurare –«riprendere», «rinnovare»– è un termine religioso: significava ricominciare la festa in caso di errore rituale (vitium). Questa instauratio ludorum è al centro del racconto di Valerio Massimo.
Quest’ultimo narra un episodio esemplare avvenuto proprio «durante i giochi plebei, attraverso il Circus Flaminius» [6]. Un cittadino del popolo, Tito Latinio, ricevette in sogno l’ordine di Giove di avvertire i consoli: il dio non era stato soddisfatto del danzatore dell’ultima pompa circensis e richiedeva una ripetizione accurata dei giochi. Temendo di immischiarsi negli affari religiosi dello Stato, Latinio tacque. Suo figlio morì subito dopo, e lui stesso fu colpito da paralisi. Quando infine decise di parlare davanti al Senato, riacquistò l’uso degli arti sotto gli occhi di tutti.
Questo racconto illustra il posto dei Ludi Plebeii nella religione pubblica: il messaggio di Giove passa attraverso un uomo del popolo, e la colpa rituale comporta la ripetizione dei giochi, esattamente come indicava Tito Livio. È anche la prima attestazione esplicita che collega i Ludi Plebeii al Circus Flaminius.
Il teatro dei Ludi Plebeii
Come i Ludi Romani, anche i giochi plebei comprendevano una parte di spettacoli teatrali (ludi scaenici). Fu durante questi giochi, nel 200 a.C., che ebbe luogo la prima rappresentazione dello Stichus di Plauto, «acta ludis plebeis, Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis…» [7]. Questa rara didascalia fa dei Ludi Plebeii un luogo centrale della creazione teatrale romana: la commedia latina nacque nel quadro delle feste del popolo.
Una festa popolare divenuta festa di Stato
Nel I secolo a.C., i Ludi Plebeii erano pienamente integrati nel calendario ufficiale. Cicerone, evocando le sue funzioni di edile, elenca i giochi sacri che deve celebrare: quelli di Cerere, di Libero e Libera, di Flora, e i più antichi in onore di Giove, Giunone e Minerva [8]. Non distingue più i Plebeii dai Romani: entrambi appartengono ormai a una stessa tradizione religiosa della Repubblica.
Ciò che era iniziato come una rivendicazione politica divenne un’istituzione statale: i Ludi Plebeii non sono più soltanto la festa del popolo, ma la festa del popolo riconosciuto dalla città.
Per le note, si veda la versione francese.
English version
IN BRIEF. A festival of the Roman people, the Ludi Plebeii (4–17 November) honoured Jupiter in the Circus Flaminius. Born of a civic demand, they became a state institution. Livy, Plautus and Valerius Maximus reveal their religious, political and theatrical significance: plebeian freedom celebrated under the gaze of the gods.
Ludi Plebeii: when the Roman plebs celebrated
Each year, from 4 to 17 November, Rome came alive with music, theatre, and processions: it was the time of the Ludi Plebeii, the Plebeian Games. Less famous than the Ludi Romani held in September, but established very early in the civic calendar, these games were the great popular festival of autumn. The plebs celebrated Jupiter Capitolinus, their tutelary god, in a circus they regarded as their own: the Circus Flaminius.
In Republican Rome, public games were never mere entertainment: they expressed the balance of powers and the hierarchy of social orders. The Ludi Plebeii were one of their symbols — a festival of the people, for the people, but recognised by the State.
A people’s festival, mirror of the Ludi Romani
The Ludi Plebeii were organised by the plebeian aediles, magistrates elected from among the common people. They formed the direct counterpart to the Ludi Romani, which were presided over by the curule aediles from the nobility. This institutional duality embodied the balance between the two orders: patricians and plebeians.
According to the Fasti Praenestini [1], the festival lasted fourteen days, from 4 to 17 November, reaching its climax on the 13th — the Ides of November — the day of the banquet of Jupiter Capitolinus (Epulum Iovis). This sacred meal, celebrated by the plebs, echoed the one offered by the patricians in September during the Ludi Romani. In November, the plebs honoured Jupiter not on the Capitoline Hill but on the Campus Martius, a space of their own and a symbol of their civic identity.
Political origins
The origins of these games go back to the early days of the Republic. A later tradition, transmitted by Pseudo-Asconius (a medieval commentary attached to Cicero), claims they were instituted after the expulsion of the kings, in honour of liberty, or to mark the reconciliation of the plebs after their secession to the Aventine [2]. Although this explanation is not an ancient testimony, it fits the political meaning of the festival: the Ludi Plebeii symbolised the plebs’ conquest of civic freedom and their integration into Rome’s public cults.
The Circus Flaminius, a people’s circus
The venue of the games was not the prestigious Circus Maximus, reserved for aristocratic triumphs, but the Circus Flaminius, built in 220 BC by the censor Gaius Flaminius, a tribune of the plebs and a bold reformer. This space on the Campus Martius, open to assemblies and triumphs, soon became the setting for plebeian ceremonies. The very name of the circus, that of a tribune of the plebs, made it a symbol of political liberty.
Some scholars note, however, that the Circus Flaminius was not a racetrack in the strict sense: it had neither spina nor carceres. Built before the great permanent circuses, it served rather as an open esplanade for processions, assemblies, and triumphs. The chariot races of the Ludi Plebeii were probably held further north on the Campus Martius, in a temporarily arranged space.
Testimonies of Livy and Valerius Maximus
The historian Livy mentions the Ludi Plebeii several times in the 3rd century BC:
In 216 BC: Ludi plebeii per biduum instaurati et Iovis epulum fuit ludorum causa. [3]
In 206 BC: Ludi plebeii instaurati… [4]
And in 199 BC: Ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. [5]
In each case, Livy uses the same formula: ludi plebeii instaurati et epulum Iovis fuit ludorum causa. The verb instaurare –“to resume,” “to repeat”– is a religious term: it meant that the festival had to be repeated in the event of a ritual fault (vitium). This instauratio ludorum lies at the heart of Valerius Maximus’s account.
He tells of a striking episode that occurred precisely “during the Plebeian Games, through the Circus Flaminius” [6]. A plebeian citizen, Titus Latinius, received in a dream Jupiter’s order to warn the consuls: the god had not been satisfied with the dancer in the latest pompa circensis and demanded that the games be performed again with due care. Fearing to meddle in the State’s religious affairs, Latinius kept silent. His son died immediately afterwards, and he himself was struck by paralysis. When at last he decided to speak before the Senate, he recovered the use of his limbs in full view of all.
This story shows the place of the Ludi Plebeii within public religion: Jupiter’s message reached Rome through a man of the people, and the ritual fault led to a repetition of the games — exactly as Livy described. It is also the earliest explicit testimony linking the Ludi Plebeii to the Circus Flaminius.
Theatre at the Ludi Plebeii
Like the Ludi Romani, the Plebeian Games included dramatic performances (ludi scaenici). It was during these games, in 200 BC, that the first performance of Plautus’s Stichus took place, “acta ludis plebeis, Cn. Baebio, C. Terentio aedilibus plebeiis…” [7]. This rare didascalia makes the Ludi Plebeii a key venue for Roman theatrical creation: Latin comedy was born in the context of the people’s festival.
A popular festival that became a state institution
By the 1st century BC, the Ludi Plebeii had been fully integrated into the official calendar. Cicero, referring to his duties as aedile, lists the sacred games he was to celebrate: those of Ceres, Liber and Libera, of Flora, and the oldest ones in honour of Jupiter, Juno, and Minerva [8]. He no longer distinguished between the Plebeii and the Romani: both now belonged to the same religious tradition of the Republic.
What had begun as a political claim had become a state institution: the Ludi Plebeii were no longer merely the people’s festival, but the festival of a people recognised by the city.
For notes, see the French version.
Dates
4 novembre 2026 Toute la journée
202624novToute la journée21décBrumalia
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres - Ante diem duodecimum Kalendas Januarias
Description
Ante diem octavum Kalendas Decembres – Ante diem duodecimum Kalendas Januarias

EN BREF – Née à Rome le 24 novembre sous le nom de Bruma, la fête s’est transformée à Constantinople en cycle festif étendu, les Brumalia. Agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités par des sacrifices nocturnes. Le rite spectaculaire voyait les vignerons sauter sur des outres gonflées après avoir immolé des boucs à Dionysos.
Brumalia: quand Rome et Byzance célébraient les jours les plus courts
Dans le calendrier romain, les Brumalia constituent l’une des fêtes hivernales les moins documentées de l’Antiquité. Célébrées principalement à Constantinople et dans la partie orientale de l’Empire entre le 6ᵉ et le 10ᵉ siècle, ces festivités nocturnes marquaient la période la plus sombre de l’année et révèlent une organisation sociale où agriculteurs, vignerons et citadins honoraient leurs divinités protectrices selon des rituels distincts.
Une fête à géométrie variable
Le terme Brumalia dérive du latin bruma, qui signifie «le jour le plus court» ou «solstice d’hiver», lui-même contraction de brevima, forme superlative archaïque de brevis («bref»). À Rome existait une fête mineure appelée Bruma, célébrée le 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), date attestée par les calendriers de Silvius et de Philocalus aux 4ᵉ et 5ᵉ siècles. Cette célébration romaine limitée s’est transformée à Constantinople en un cycle festif étendu, les Brumalia, qui se prolongeait jusqu’aux auxiphôtia, la «fête de la croissance des jours», c’est-à-dire le moment où les jours recommencent à s’allonger après le solstice d’hiver, autour du 21-25 décembre.
Les premières mentions littéraires des Brumalia apparaissent au 4ᵉ siècle, mais nos sources principales datent du 6ᵉ siècle. Les auteurs byzantins Jean Malalas et Jean le Lydien attribuaient l’origine de ces fêtes à Romulus lui-même, fondateur légendaire de Rome, dans une rhétorique apologétique destinée à contrer la désapprobation de l’Église chrétienne. Cette étiologie est aujourd’hui reconnue comme une construction tardive visant à légitimer des pratiques païennes menacées. En réalité, les Brumalia byzantines résultent de la fusion de trois éléments distincts: la Bruma romaine du 24 novembre, les Saturnales qui débutaient le 17 décembre, et les rites agraires de Dionysos et Déméter célébrés durant cette période.
Trois groupes, trois rituels
Jean le Lydien, fonctionnaire impérial écrivant sous Justinien au 6ᵉ siècle, livre dans son traité Des mois la description la plus détaillée des pratiques liées aux Brumalia. Il explique que «c’était la coutume chez les Romains de répartir leurs citoyens en trois et de distinguer ceux qui étaient faits pour les armes, ceux qui l’étaient pour l’agriculture, ceux qui l’étaient pour la chasse»1. La saison hivernale mettait fin à toutes ces activités «en raison du froid de la saison et de la brièveté du jour». Durant cette période de repos forcé, chaque groupe social honorait ses divinités protectrices:
Les agriculteurs sacrifiaient des porcs à Cronos (Saturne), dieu du temps et de l’agriculture, et à Déméter (Cérès), déesse des moissons. Jean le Lydien note que cette pratique «s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui», témoignant de la permanence de l’abattage rituel des cochons en décembre, coutume qui a traversé les siècles dans de nombreuses régions d’Europe.
Les vignerons accomplissaient un rituel plus spectaculaire en l’honneur de Dionysos (Bacchus): «Les vignerons abattaient des boucs en l’honneur de Dionysos, car le bouc est l’ennemi de la vigne et pour cette raison on le sacrifiait à Dionysos, et, après leur avoir enlevé la peau et avoir rempli ces peaux avec de l’air, ils sautaient par-dessus»2. Cette pratique ludique, connue sous le nom d’ascolia, évoquait la vitalité dionysiaque et la victoire symbolique sur les ennemis de la vigne. Le rite rappelle étrangement les Petites Dionysies athéniennes, où l’on pratiquait également le saut sur les outres gonflées.
Les citadins et magistrats offraient aux prêtres de la Mère (probablement Cybèle, la Magna Mater) les prémices des récoltes: vin, huile d’olive, blé, miel et «toutes les productions des arbres qui se gardent et qu’on conserve». Ils confectionnaient également des pains sans eau. Jean le Lydien précise que «cette habitude s’est maintenue encore aujourd’hui et, en novembre et en décembre, jusqu’à la fête de la croissance des jours, on porte ces offrandes aux prêtres».
Nuits, divinités infernales et vœux de longévité
Les Brumalia possédaient un caractère chthonien fondamental, lié aux divinités infernales et au cycle des semences enfouies dans la terre. Jean le Lydien l’explique ainsi: «Elles ont lieu pendant la nuit, parce que c’est dans l’obscurité que se trouve Cronos, qui fut envoyé au Tartare par Zeus. Ils se réfèrent ainsi au blé à cause du fait qu’il a été semé en terre et n’est plus visible»3. Le grain disparu sous la terre symbolisait cette descente dans le monde souterrain avant la renaissance printanière. L’auteur conclut que «les Brumalia sont réellement des fêtes des divinités infernales».
Durant ces nuits hivernales, les Romains «se saluaient et s’adressaient des vœux mutuels, en disant dans la langue de leurs pères « vives annos », c’est-à-dire « vis des années »»4. Ces paroles de longévité résonnaient dans l’obscurité de la saison la plus sombre, affirmant la vie face au froid et à la nuit. Les festivités comportaient également des banquets, des libations de vin et une atmosphère de convivialité collective qui contrastait avec l’austérité de l’hiver.
Une pratique plus tardive, apparue au tournant des 5ᵉ et 6ᵉ siècles sous le règne de l’empereur Anastase (491-518), consistait à organiser les invitations selon l’ordre alphabétique grec: chacun des vingt-quatre jours de la période festive était assigné à une lettre, et l’on conviait à sa table les personnes dont le nom commençait par cette lettre. Jean le Lydien précise toutefois que «la coutume de se saluer selon les noms au moment des Brumalia est en réalité quelque chose d’assez récent», distinguant clairement cette innovation tardive des pratiques rituelles plus anciennes.
Résistance et disparition
Au 6ᵉ siècle, l’empereur Justinien menait une répression officielle du paganisme dans tout l’Empire byzantin. Malgré cette politique hostile, les Brumalia continuaient d’être célébrées, bien que les participants fussent ostracisés par l’Église. Jean le Lydien rapporte d’ailleurs que «depuis que l’Église dissuade d’y participer, on les appelle fêtes de Cronos», c’est-à-dire Saturnales, assimilant ainsi deux célébrations distinctes pour mieux les condamner ensemble.
Le Canon 62 du Concile in Trullo de 692 condamne explicitement certains rites dionysiaques qui persistaient à cette époque. Les auteurs byzantins des 12ᵉ siècle, Balsamon, Tzétzès et Zonaras, confirment que les Brumalia étaient perçues comme une fête de Dionysos, Broumos étant considéré comme une épithète de ce dieu. Au 8ᵉ siècle encore, l’empereur Constantin V Copronyme honorait Dionysos et Broumos comme créateurs du grain et du vin durant ces festivités.
Les dernières attestations des Brumalia datent du 10ᵉ siècle. L’empereur Constantin VII Porphyrogénète mentionne que ses prédécesseurs Constantin Iᵉʳ, Théodose Iᵉʳ, Marcien et Léon Iᵉʳ célébraient les Brumalia, sans toutefois préciser la forme exacte que prenait la fête sous ces règnes. Le poète Christophe de Mytilène, au 10ᵉ siècle, évoque dans un poème des gâteaux reçus «au temps des Brumalia». Aucune source ne mentionne plus la fête après le sac de Constantinople par la Quatrième Croisade en 1204, événement qui marqua probablement la fin définitive de cette tradition millénaire.
L’abattage des cochons en décembre, les festivités nocturnes de fin d’année, les échanges de vœux et l’esprit de convivialité durant la période la plus sombre de l’année constituent autant de pratiques qui ont survécu aux Brumalia elles-mêmes, intégrées dans les coutumes populaires méditerranéennes et dans les célébrations chrétiennes de l’hiver.
Sources antiques
- Jean le Lydien, Des mois (De Mensibus), 4, 158 (6ᵉ siècle)
- Jean Malalas, Chronographie, 7, 7 (6ᵉ siècle)
- Constantin VII Porphyrogénète, De Ceremoniis (10ᵉ siècle)
- Christophe de Mytilène, Poèmes, 115 (10ᵉ siècle)
Bibliographie moderne
- John Raymond Crawford, De Bruma et Brumalibus Festis, Harvard University, publié dans Byzantinischer Zeitschrift 23, 1914, p. 365-396
- Dominique Briquel, «Appendice 2. Présentation des Brumalia chez Jean le Lydien», dans Romulus vu de Constantinople, Presses Universitaires de Franche-Comté, p. 377-378
- Fritz Graf, Roman Festivals in the Greek East From the Early Empire to the Middle Byzantine Era, Cambridge University Press, 2015, p. 201-218
- Françoise Perpillou-Thomas, «Les Brumalia d’Apion II», Tyche – Beiträge zur Alten Geschichte, Papyrologie und Epigraphik 8, 1993, p. 107-115
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔθος ἦν τοῖς Ῥωμαίοις εἰς τρία διατάττειν αὐτῶν τὴν πολιτείαν καὶ τοὺς μὲν ἐπιτηδείους τοῖς ὅπλοις ἀφορίζειν, τοὺς δὲ τῇ γεωργίᾳ, τοὺς δὲ τοῖς κυνηγεσίοις.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἔσφαζον δὲ οἱ ἀμπελουργοὶ τράγους εἰς τιμὴν τοῦ Διονύσου (ὁ γὰρ τράγος πολέμιος τῆς ἀμπέλου) καὶ ἐκδέροντες αὐτοὺς τοὺς ἀσκοὺς πληροῦντες πνεύματος ἐφήλλοντο αὐτοῖς.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἐν νύκτι δὲ γίνονται, ὅτι ἐν σκότει ἐστὶν ὁ Κρόνος ὧς ταρταρωθεὶς ὑπὸ τοῦ Διός, αἰνίττονται δὲ τὸν σῖτον ἀπὸ τοῦ ἐν τῇ γῇ σπαρῆναι καὶ τὸν λοιπὸν μὴ φαινομένου.
- Jean le Lydien, De Mensibus 4, 158: Ἀργοῦντες οὖν τὸν τηνικάδε οἱ Ῥωμαῖοι μέχρι τῶν αὐξιφωτίων ἐπὶ τῶν νυκτῶν χαιρετίζοντες ἐπευφήμουν ἀλλήλους, τῇ πατρίῳ φωνῇ λέγοντες ‘Βίβες ἄννους’ οἷον ‘Ζῆθι εἰς χρόνους’.
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Versione italiana
IN BREVE – Nata a Roma il 24 novembre con il nome di Bruma, la festa si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia. Agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità con sacrifici notturni. Il rito più spettacolare vedeva i viticoltori saltare su otri gonfiati dopo aver immolato capre a Dioniso.
Brumalia: quando Roma e Bisanzio celebravano i giorni più corti
Nel calendario romano, i Brumalia costituiscono una delle feste invernali meno documentate dell’antichità. Celebrate principalmente a Costantinopoli e nella parte orientale dell’Impero tra il VI e il X secolo, queste festività notturne segnavano il periodo più buio dell’anno e rivelano un’organizzazione sociale in cui agricoltori, viticoltori e cittadini onoravano le loro divinità protettrici secondo rituali distinti.
Una festa a geometria variabile
Il termine Brumalia deriva dal latino bruma, che significa « il giorno più corto » o « solstizio d’inverno », a sua volta contrazione di brevima, forma superlativa arcaica di brevis (« breve »). A Roma esisteva una festa minore chiamata Bruma, celebrata il 24 novembre (ante diem octavum Kalendas Decembres), data attestata dai calendari di Silvio e di Filocalo nei secoli IV e V. Questa celebrazione romana limitata si trasformò a Costantinopoli in un ciclo festivo esteso, i Brumalia, che si protraeva fino agli auxiphôtia, la « festa della crescita dei giorni », cioè il momento in cui i giorni ricominciano ad allungarsi dopo il solstizio d’inverno, intorno al 21-25 dicembre.
Le prime menzioni letterarie dei Brumalia appaiono nel IV secolo, ma le nostre fonti principali risalgono al VI secolo. Gli autori bizantini Giovanni Malala e Giovanni Lido attribuivano l’origine di queste feste a Romolo stesso, fondatore leggendario di Roma, in una retorica apologetica destinata a contrastare la disapprovazione della Chiesa cristiana. Questa eziologia è oggi riconosciuta come una costruzione tardiva volta a legittimare pratiche pagane minacciate. In realtà, i Brumalia bizantini risultano dalla fusione di tre elementi distinti: la Bruma romana del 24 novembre, i Saturnali che iniziavano il 17 dicembre, e i riti agrari di Dioniso e Demetra celebrati durante questo periodo.
Tre gruppi, tre rituali
Giovanni Lido, funzionario imperiale che scriveva sotto Giustiniano nel VI secolo, offre nel suo trattato Sui mesi la descrizione più dettagliata delle pratiche legate ai Brumalia. Egli spiega che « era costume dei Romani dividere i loro cittadini in tre e distinguere quelli adatti alle armi, quelli all’agricoltura, quelli alla caccia »1. La stagione invernale poneva fine a tutte queste attività « a causa del freddo della stagione e della brevità del giorno ». Durante questo periodo di riposo forzato, ogni gruppo sociale onorava le proprie divinità protettrici:
Gli agricoltori sacrificavano maiali a Crono (Saturno), dio del tempo e dell’agricoltura, e a Demetra (Cerere), dea delle messi. Giovanni Lido nota che questa pratica « si è mantenuta fino ad oggi », testimoniando la permanenza della macellazione rituale dei maiali a dicembre, consuetudine che ha attraversato i secoli in numerose regioni d’Europa.
I viticoltori compivano un rituale più spettacolare in onore di Dioniso (Bacco): « I viticoltori abbattevano capre in onore di Dioniso, perché la capra è nemica della vite e per questa ragione la si sacrificava a Dioniso, e, dopo aver tolto loro la pelle e aver riempito queste pelli d’aria, vi saltavano sopra »2. Questa pratica ludica, nota con il nome di ascolia, evocava la vitalità dionisiaca e la vittoria simbolica sui nemici della vite. Il rito ricorda stranamente le Piccole Dionisie ateniesi, dove si praticava ugualmente il salto sugli otri gonfiati.
I cittadini e i magistrati offrivano ai sacerdoti della Madre (probabilmente Cibele, la Magna Mater) le primizie dei raccolti: vino, olio d’oliva, grano, miele e « tutte le produzioni degli alberi che si conservano e si mantengono ». Confezionavano anche pani senza acqua. Giovanni Lido precisa che « questa abitudine si è mantenuta ancora oggi e, in novembre e dicembre, fino alla festa della crescita dei giorni, si portano queste offerte ai sacerdoti ».
Notti, divinità infernali e voti di longevità
I Brumalia possedevano un carattere ctonio fondamentale, legato alle divinità infernali e al ciclo dei semi sepolti nella terra. Giovanni Lido lo spiega così: « Si svolgono di notte, perché è nell’oscurità che si trova Crono, che fu mandato nel Tartaro da Zeus. Si riferiscono così al grano a causa del fatto che è stato seminato nella terra e non è più visibile »3. Il grano scomparso sotto la terra simboleggiava questa discesa nel mondo sotterraneo prima della rinascita primaverile. L’autore conclude che « i Brumalia sono realmente feste delle divinità infernali ».
Durante queste notti invernali, i Romani « si salutavano e si rivolgevano voti reciproci, dicendo nella lingua dei loro padri ‘vives annos’, cioè ‘vivi per anni' »4. Queste parole di longevità risuonavano nell’oscurità della stagione più buia, affermando la vita di fronte al freddo e alla notte. Le festività comportavano anche banchetti, libagioni di vino e un’atmosfera di convivialità collettiva che contrastava con l’austerità dell’inverno.
Una pratica più tardiva, apparsa tra il V e il VI secolo sotto il regno dell’imperatore Anastasio (491-518), consisteva nell’organizzare gli inviti secondo l’ordine alfabetico greco: ciascuno dei ventiquattro giorni del periodo festivo era assegnato a una lettera, e si invitava alla propria tavola le persone il cui nome iniziava con quella lettera. Giovanni Lido precisa tuttavia che « l’usanza di salutarsi secondo i nomi al momento dei Brumalia è in realtà qualcosa di abbastanza recente », distinguendo chiaramente questa innovazione tardiva dalle pratiche rituali più antiche.
Resistenza e scomparsa
Nel VI secolo, l’imperatore Giustiniano conduceva una repressione ufficiale del paganesimo in tutto l’Impero bizantino. Nonostante questa politica ostile, i Brumalia continuavano a essere celebrati, sebbene i partecipanti fossero ostracizzati dalla Chiesa. Giovanni Lido riferisce del resto che « da quando la Chiesa dissuade dal parteciparvi, li chiamano feste di Crono », cioè Saturnali, assimilando così due celebrazioni distinte per meglio condannarle insieme.
Il Canone 62 del Concilio in Trullo del 692 condanna esplicitamente certi riti dionisiaci che persistevano a quell’epoca. Gli autori bizantini del XII secolo, Balsamone, Tzetze e Zonara, confermano che i Brumalia erano percepiti come una festa di Dioniso, Broumos essendo considerato un epiteto di questo dio. Ancora nell’VIII secolo, l’imperatore Costantino V Copronimo onorava Dioniso e Broumos come creatori del grano e del vino durante queste festività.
Le ultime attestazioni dei Brumalia risalgono al X secolo. L’imperatore Costantino VII Porfirogenito menziona che i suoi predecessori Costantino I, Teodosio I, Marciano e Leone I celebravano i Brumalia, senza tuttavia precisare la forma esatta che assumeva la festa sotto questi regni. Il poeta Cristoforo di Mitilene, nel X secolo, evoca in una poesia dolci ricevuti « al tempo dei Brumalia ». Nessuna fonte menziona più la festa dopo il saccheggio di Costantinopoli da parte della Quarta Crociata nel 1204, evento che segnò probabilmente la fine definitiva di questa tradizione millenaria.
La macellazione dei maiali a dicembre, le festività notturne di fine anno, gli scambi di voti e lo spirito di convivialità durante il periodo più buio dell’anno costituiscono altrettante pratiche che sono sopravvissute ai Brumalia stessi, integrate nelle consuetudini popolari mediterranee e nelle celebrazioni cristiane dell’inverno.
Per le note e le fonti, consultare la versione francese.
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English version
IN BRIEF – Born in Rome on November 24th under the name Bruma, the festival transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia. Farmers, vine-growers, and city dwellers honored their deities through nocturnal sacrifices. The most spectacular rite saw vine-growers jumping over inflated wineskins after immolating goats to Dionysus.
Brumalia: when Rome and Byzantium celebrated the shortest days
In the Roman calendar, the Brumalia constitute one of the least documented winter festivals of antiquity. Celebrated primarily in Constantinople and the eastern part of the Empire between the 6th and 10th centuries, these nocturnal festivities marked the darkest period of the year and reveal a social organization in which farmers, vine-growers, and city dwellers honored their protective deities according to distinct rituals.
A festival with variable geometry
The term Brumalia derives from the Latin bruma, which means « the shortest day » or « winter solstice, » itself a contraction of brevima, an archaic superlative form of brevis (« brief »). In Rome there existed a minor festival called Bruma, celebrated on November 24th (ante diem octavum Kalendas Decembres), a date attested by the calendars of Silvius and Philocalus in the 4th and 5th centuries. This limited Roman celebration transformed in Constantinople into an extended festive cycle, the Brumalia, which continued until the auxiphôtia, the « festival of the growing days, » that is, the moment when days begin to lengthen again after the winter solstice, around December 21-25.
The first literary mentions of the Brumalia appear in the 4th century, but our principal sources date from the 6th century. The Byzantine authors John Malalas and John the Lydian attributed the origin of these festivals to Romulus himself, legendary founder of Rome, in an apologetic rhetoric intended to counter the disapproval of the Christian Church. This etiology is now recognized as a late construction aimed at legitimizing threatened pagan practices. In reality, the Byzantine Brumalia resulted from the fusion of three distinct elements: the Roman Bruma of November 24th, the Saturnalia which began on December 17th, and the agrarian rites of Dionysus and Demeter celebrated during this period.
Three groups, three rituals
John the Lydian, an imperial functionary writing under Justinian in the 6th century, provides in his treatise On the Months the most detailed description of the practices linked to the Brumalia. He explains that « it was the custom among the Romans to divide their citizens into three and to distinguish those suited for arms, those for agriculture, those for hunting »1. The winter season brought all these activities to an end « because of the cold of the season and the brevity of the day. » During this period of enforced rest, each social group honored its protective deities:
The farmers sacrificed pigs to Cronus (Saturn), god of time and agriculture, and to Demeter (Ceres), goddess of harvests. John the Lydian notes that this practice « has been maintained until today, » testifying to the permanence of the ritual slaughter of pigs in December, a custom that has endured through the centuries in many regions of Europe.
The vine-growers performed a more spectacular ritual in honor of Dionysus (Bacchus): « The vine-growers slaughtered goats in honor of Dionysus, because the goat is the enemy of the vine and for this reason it was sacrificed to Dionysus, and, after having removed their skin and filled these skins with air, they jumped over them »2. This playful practice, known by the name of ascolia, evoked Dionysian vitality and the symbolic victory over the enemies of the vine. The rite strangely recalls the Athenian Lesser Dionysia, where jumping on inflated wineskins was also practiced.
The city dwellers and magistrates offered to the priests of the Mother (probably Cybele, the Magna Mater) the firstfruits of the harvests: wine, olive oil, wheat, honey, and « all the productions of trees that are kept and preserved. » They also made breads without water. John the Lydian specifies that « this custom has been maintained even now and, in November and December, until the festival of the growing days, these offerings are brought to the priests. »
Nights, infernal deities, and vows of longevity
The Brumalia possessed a fundamental chthonic character, linked to the infernal deities and the cycle of seeds buried in the earth. John the Lydian explains it thus: « They take place at night, because it is in darkness that Cronus is found, who was sent to Tartarus by Zeus. They thus refer to the wheat because it has been sown in the earth and is no longer visible »3. The grain disappeared beneath the earth symbolized this descent into the underworld before the spring rebirth. The author concludes that « the Brumalia are truly festivals of the infernal deities. »
During these winter nights, the Romans « greeted each other and addressed mutual vows, saying in the language of their fathers ‘vives annos’, that is ‘live for years' »4. These words of longevity resounded in the darkness of the darkest season, affirming life in the face of cold and night. The festivities also included banquets, wine libations, and an atmosphere of collective conviviality that contrasted with the austerity of winter.
A later practice, which appeared at the turn of the 5th and 6th centuries under the reign of Emperor Anastasius (491-518), consisted of organizing invitations according to the Greek alphabetical order: each of the twenty-four days of the festive period was assigned a letter, and one invited to one’s table people whose name began with that letter. John the Lydian specifies, however, that « the custom of greeting according to names at the time of the Brumalia is in reality something quite recent, » clearly distinguishing this late innovation from the more ancient ritual practices.
Resistance and disappearance
In the 6th century, Emperor Justinian was conducting an official repression of paganism throughout the Byzantine Empire. Despite this hostile policy, the Brumalia continued to be celebrated, although participants were ostracized by the Church. John the Lydian moreover reports that « since the Church dissuades from participating in them, they call them festivals of Cronus, » that is, Saturnalia, thus assimilating two distinct celebrations in order to better condemn them together.
Canon 62 of the Council in Trullo of 692 explicitly condemns certain Dionysian rites that persisted at that time. The Byzantine authors of the 12th century, Balsamon, Tzetzes, and Zonaras, confirm that the Brumalia were perceived as a festival of Dionysus, Broumos being considered an epithet of this god. Even in the 8th century, Emperor Constantine V Copronymus honored Dionysus and Broumos as creators of grain and wine during these festivities.
The last attestations of the Brumalia date from the 10th century. Emperor Constantine VII Porphyrogenitus mentions that his predecessors Constantine I, Theodosius I, Marcian, and Leo I celebrated the Brumalia, without however specifying the exact form the festival took under these reigns. The poet Christopher of Mytilene, in the 10th century, evokes in a poem cakes received « at the time of the Brumalia. » No source mentions the festival again after the sack of Constantinople by the Fourth Crusade in 1204, an event that probably marked the definitive end of this millennial tradition.
The slaughter of pigs in December, the nocturnal festivities at year’s end, the exchange of vows, and the spirit of conviviality during the darkest period of the year constitute practices that survived the Brumalia themselves, integrated into Mediterranean popular customs and into Christian winter celebrations.
For notes and sources, see the French version.
Dates
24 novembre 2026 - 21 décembre 2026 (Toute la journée)










