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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de
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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de l’Archéologie cantonale, Archeodunum Investigations Archéologiques SA et des Services de la culture et d’architecture de la Ville de Nyon – sur l’un des principaux édifices antiques de Nyon, son amphithéâtre.
Depuis sa découverte en 1996, l’amphithéâtre de Nyon attise l’intérêt et suscite de nombreuses questions. Avec l’exposition « Amphithéâtre? », le Musée romain souhaite apporter des explications, des réponses et des pistes de réflexion sur le passé, le présent et le futur de l’édifice. Il devient également, le temps de l’exposition, la maison du projet de valorisation du monument, qui connaît une évolution remarquable suite au crédit d’études voté par le Conseil communal en août 2022.
L’exposition explore l’amphithéâtre à travers des questions. Sont interrogés tour à tour sa construction, sa localisation, son âge et son ensevelissement, sa fonction, ou encore la place des animaux, des gladiateurs et des femmes dans l’arène. Une sélection de blocs, inscriptions, monnaies, petits objets trouvés sur le site sont présentés et expliqués selon les connaissances basées sur le travail des archéologues.
Dates
31 mai 2024 - 10 janvier 2027 (Toute la journée)
Musée romain de Nyon
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la pop culture japonaise et de l’une de ses sources d’inspiration, l’Antiquité gréco-romaine.
De la fascination des élites nippones du 19e siècle pour la Grèce antique à l’influence actuelle du manga et de l’animation japonaise sur les artistes francophones, en passant par la déferlante en Europe du media mix des années 80, l’exposition Kodai témoigne d’un dialogue inattendu entre deux cultures. Deux cultures que rien ne prédisposait à se croiser, mais dont la rencontre a donné naissance à un univers foisonnant, en perpétuelle réinvention. Outre la créativité des artistes japonais et la qualité de leurs oeuvres, Kodai met en lumière la force de l’Antiquité et de ses représentations, foyer d’imaginaire, au-delà des mers et à travers le temps.
Dates
29 mai 2026 15:32 - 24 janvier 2027 15:32
Musée romain de Lausanne-Vidy
Les prochaines fêtes du calendrier romain
Date
202613aoûtToute la journéeNemoralia
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Idibus Augustis
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Idibus Augustis

EN BREF. Aux Ides d’août, des femmes venues de Rome se rendaient au lac de Nemi pour honorer Diane, torches à la main, tandis que les chiens de chasse étaient couronnés et le gibier épargné. La même date était célébrée pour la déesse dans plusieurs sanctuaires d’Italie, dont celui de l’Aventin, à Rome.
Nemoralia: quand Rome célébrait Diane aux flambeaux
Le poète Stace a laissé la description la plus vivante de la fête. Alors que la canicule brûlait les campagnes sous les feux de Sirius, écrit-il, le bois d’Aricie – «propice aux rois fugitifs» – s’est mis à fumer, et le lac, témoin du destin d’Hippolyte, a resplendi de nombreuses torches; Diane elle-même a couronné les chiens et laissé le gibier en sûreté, tandis que toute l’Italie célébrait, à ses foyers, les «Ides d’Hécate» [1]. L’expression joue sur la triple identité de la déesse: Diane et Hécate partageaient l’épithète Trivia, «des carrefours», et un grammairien tardif explique qu’une même déesse se serait ainsi répartie sur trois plans — la Lune dans le ciel, Diane sur terre, Hécate ou Proserpine sous terre. Les Ides désignaient, dans le calendrier romain, le milieu du mois, le 13 pour août. Cette formule est de Stace lui-même; aucune des sources antiques n’emploie en revanche le terme Nemoralia, aujourd’hui utilisé par les chercheurs. La mention des «rois fugitifs» fait allusion à la tradition, rapportée par d’autres auteurs anciens, du prêtre de Nemi dont la charge ne pouvait être disputée que par un esclave en fuite, vainqueur d’un duel contre son prédécesseur.
Un lac chargé de mémoire
Ovide raconte que le lac se cache au fond d’une vallée boisée, «sacré par une antique religion»: c’est là, précise-t-il, que se dissimule Hippolyte, «mis en pièces par les rênes de ses chevaux» – un héros que la légende faisait mourir traîné par son propre attelage, avant qu’une tradition romaine ne le fasse ressusciter et gagner l’Italie sous le nom de Virbius, aux côtés de Diane. C’est en souvenir de cette mort, ajoute Ovide, qu’aucun cheval n’était admis dans le bois sacré. Il décrit ensuite le décor du sanctuaire: une haie où pendaient de longs fils, et des tablettes votives attestant les faveurs obtenues par les fidèles. «Souvent une femme qui a obtenu l’accomplissement de son vœu, le front ceint de couronnes, porte depuis la Ville des flambeaux allumés», écrit-il[2].
Properce, de son côté, avoue sa jalousie: voir Cynthia – la femme qu’il célèbre dans ses Élégies – courir en public, torches allumées, «vers le bois» pour porter des lumières à Trivia, une épithète de Diane comme on l’a vu plus haut, suffit à éveiller ses soupçons[3]. Le trajet depuis Rome impliquait plusieurs heures de marche; certains chercheurs, combinant ces témoignages, y voient une procession nocturne, sans qu’aucune des sources antiques ne le précise explicitement.
Une trêve pour les chiens et le gibier
Ce que Stace décrit comme une suspension de la chasse trouve un écho, sans que le rapprochement avec Nemi soit garanti par le texte lui-même, dans les Cynégétiques du poète d’époque augustéenne Grattius. Il décrit un rite en l’honneur de Diane où l’on dresse des torches près du bois sacré, où les jeunes chiens sont parés, et où les chasseurs déposent leurs armes «au milieu des fleurs», dans la paix de la fête, avant que ne soient apportés du vin, des gâteaux, un chevreau et des fruits[4]. Grattius ne nomme cependant ni Aricie, ni le lac, ni le mois d’août: le lien avec la fête de Nemi est une hypothèse des lecteurs modernes du texte.

Un même jour, plusieurs sanctuaires
La date elle-même est solidement attestée en dehors de Nemi. Martial la résume en un vers: «Aux Ides d’août revient Diane»[5], sans toutefois mentionner le lac. À Rome, ce jour était aussi, selon Festus, celui du repos des esclaves, en souvenir de la dédicace du temple de Diane sur la colline de l’Aventin par le roi Servius Tullius, que la tradition faisait naître d’une esclave[6]. Plutarque, de son côté, rapporte que les femmes avaient coutume, ce jour-là, de se laver la tête et propose de rattacher cet usage aux servantes et à Servius Tullius, sans jamais mentionner ni Diane ni Nemi[7]. Le calendrier républicain d’Antium, antérieur à la réforme du calendrier par Jules César, place déjà Diane parmi les divinités honorées aux Ides de Sextilis – ainsi s’appelait le mois d’août avant d’être rebaptisé en l’honneur de l’empereur Auguste[8]. Une inscription du collège de Diane et Antinoüs, à Lanuvium, atteste au 2e siècle de notre ère un dies natalis (jour anniversaire) de la déesse fêté le même jour, avec mise à disposition d’huile au bain public avant le banquet[9]. Le poète tardif Ausone, enfin, confirme encore l’association entre les Ides d’août et Diane[10].
Les rapports historiques exacts entre le culte de Nemi et celui de l’Aventin restent discutés: rien ne permet d’affirmer que la fête se soit «répandue» depuis le lac jusqu’à Rome, seulement que la même date était honorée dans plusieurs lieux distincts. Certains chercheurs ont supposé que les célébrations aient pu se prolonger pendant trois jours, mais aucune des sources antiques ne permet toutefois de le confirmer. D’autres, enfin, ont proposé de voir dans la proximité calendaire entre les Ides d’août et deux fêtes chrétiennes plus tardives – la Saint-Hippolyte et l’Assomption de Marie, célébrées respectivement les 13 et 15 août – l’écho d’un rite plus ancien; il s’agit là encore d’un rapprochement historiographique, non d’un fait établi par les textes romains eux-mêmes.
Études modernes consultées
- Rianne A. M. Hermans, «Diana Nemorensis and her worshippers», chap. II de Latin Cults through Roman Eyes: Myth, Memory and Cult Practice in the Alban Hills, thèse, Universiteit van Amsterdam, 2017, p. 37–82.
- Emma-Jayne Graham, «Pilgrimage, mobile behaviours and the creation of religious place in early Roman Latium», dans J. Kuuliala & J. Rantala (dir.), Travel, Pilgrimage and Social Interaction from Antiquity to the Middle Ages, Londres/New York, Routledge, 2019, p. 15–36.
- Marja-Leena Hänninen, «Traces of Women’s Devotion in the Sanctuary of Diana at Nemi», dans Nemi – Status Quo, Rome, 2000, p. 45–50.
- James G. Frazer, The Golden Bough: A Study in Magic and Religion, 3e éd., Londres, 1911.
[1] Stace, Silves 3,1,52–60:
Tempus erat, caeli cum torrentissimus axis / incumbit terris ictusque Hyperione multo / acer anhelantis incendit Sirius agros. / Iamque dies aderat profugis cum regibus aptum / fumat Aricinum Triviae nemus et face multa / conscius Hippolyti splendet lacus; ipsa coronat / emeritos Diana canes et spicula terget / et tutas sinit ire feras, omnisque pudicis / Itala terra focis Hecateidas excolit Idus.
«C’était le temps où l’axe embrasé du ciel se penche au-dessus de la terre et où, frappé par les feux d’Hypérion, l’ardent Sirius brûle les campagnes haletantes. Et déjà approchait le jour où le bois aricin de Trivia, propice aux rois fugitifs, fume, tandis que le lac, témoin d’Hippolyte, resplendit de nombreuses torches. Diane elle-même couronne les chiens qui ont bien mérité, nettoie les traits et laisse les bêtes sauvages aller en sûreté; et toute la terre d’Italie célèbre, auprès de foyers purs, les Ides d’Hécate.»[2] Ovide, Fastes 3,263–270:
Vallis Aricinae silva praecinctus opaca est lacus, antiqua religione sacer; hic latet Hippolytus loris direptus equorum, unde nemus nullis illud aditur equis. Licia dependent longas velantia saepes, et posita est meritae multa tabella deae. Saepe potens voti, frontem redimita coronis, femina lucentes portat ab Urbe faces.
«Dans la vallée d’Aricie se trouve un lac ceint d’une forêt ombreuse, sacré par une antique religion. C’est là que se cache Hippolyte, mis en pièces par les rênes de ses chevaux; c’est pourquoi aucun cheval n’approche de ce bois. Des fils pendent, recouvrant de longues clôtures, et de nombreuses tablettes ont été déposées pour la déesse qui les a méritées. Souvent une femme qui a obtenu l’accomplissement de son vœu, le front ceint de couronnes, porte depuis la Ville des flambeaux allumés.»[3] Properce, Élégies 2,32,7–10:
Hoc utinam spatiere loco, quodcumque vacabis, / Cynthia! sed tibi me credere turba vetat, / cum videt accensis devotam currere taedis / in nemus et Triviae lumina ferre deae.
«Puisses-tu plutôt te promener ici chaque fois que tu es libre, Cynthia! Mais la foule m’empêche de me fier à toi lorsqu’elle te voit, en pieuse dévote, courir avec des torches allumées vers le bois et porter des lumières à la déesse Trivia.»[4] Grattius, Cynégétiques 481–496:
[…] aeriis molimur compita lucis / spicatasque faces sacrum ad nemorale Dianae / sistimus et solito catuli velantur honore, / ipsaque per flores medio in discrimine luci / stravere arma sacris et pace vacantia festa. / Tum cadus et viridi fumantia liba feretro / praeveniunt teneraque extrudens cornua fronte / haedus et ad ramos etiamnum haerentia poma […].
«Nous aménageons des carrefours dans les bois élevés et dressons des torches effilées auprès du sanctuaire forestier de Diane. Les jeunes chiens sont parés de l’honneur accoutumé et, parmi les fleurs, au croisement qui se trouve au milieu du bois, on a déposé les armes elles-mêmes: elles restent sans emploi pendant les rites et la paix de la fête. Puis viennent en tête le tonneau de vin et les gâteaux fumants sur un plateau de bois vert, un jeune chevreau dont les cornes commencent à sortir du front, et des fruits encore attachés à leurs branches.»[5] Martial, Épigrammes 12,67:
Maiae Mercurium creastis Idus, / Augustis redit Idibus Diana, / Octobres Maro consecravit Idus. / Idus saepe colas et has et illas, / qui magni celebras Maronis Idus.
«Ides de mai, vous avez donné naissance à Mercure; aux Ides d’août revient Diane; Virgile a consacré les Ides d’octobre. Puisses-tu souvent célébrer les unes et les autres, toi qui célèbres les Ides du grand Maron.»[6] Festus (transmis par Paul Diacre), De verborum significatione, p.467 Lindsay:
Servorum dies festus erat Idibus Augusti, quia eo die rex Tullius, filius ancillae, aedem Dianae dedicavit.
«Le jour de fête des esclaves avait lieu aux Ides d’août, parce que ce jour-là le roi Tullius, fils d’une esclave, consacra le temple de Diane.»[7] Plutarque, Questions romaines 100:
Διὰ τί ταῖς Αὐγούσταις εἰδοῖς, Σεκστιλίαις δὲ πρότερον λεγομέναις, ἑορτάζουσιν αἵ τε δοῦλαι καὶ οἱ δοῦλοι πάντες, αἱ δὲ γυναῖκες μάλιστα ῥύπτεσθαι τὰς κεφαλὰς καὶ καθαίρειν ἐπιτηδεύουσιν; Ἦ διὰ τὸ Σερούιον τὸν βασιλέα κατὰ ταύτην τὴν ἡμέραν ἐξ αἰχμαλώτου γενέσθαι θεραπαινίδος ἄδειαν ἔργων ἔχουσιν οἱ θεράποντες, τὸ δὲ πλύνειν τὰς κεφαλὰς ἀρξάμενον ἀπὸ τῶν θεραπαινίδων διὰ τὴν ἑορτὴν ἄχρι τῶν ἐλευθέρων προῆλθεν;
«Pourquoi, aux Ides d’août, qui étaient autrefois appelées Ides de Sextilis, toutes les femmes esclaves et tous les hommes esclaves célèbrent-ils une fête, tandis que les femmes ont tout particulièrement coutume de se laver et de purifier la tête? Est-ce parce que le roi Servius naquit ce jour-là d’une servante captive, de sorte que les serviteurs sont dispensés de leurs travaux? Et le lavage de la tête, commencé par les servantes à l’occasion de cette fête, se serait-il ensuite étendu jusqu’aux femmes libres?»[8] Fasti Antiates maiores, Ides de Sextilis:
Dianae, Vortumno, Fortunae Equ(estri), Herculi Victori, Castori, Polluci, Camenis.
«À Diane, à Vertumne, à la Fortune Équestre, à Hercule Victorieux, à Castor, à Pollux et aux Camènes.»[9] CIL XIV 2112 (Lanuvium, 136 de notre ère):
[natal]is Dianae idib(us) Aug(ustis) […] ; idib(us) Aug(ustis) natali Dianae et collegi ; diebus natalibus Dianae et Antinoi oleum collegio in balinio publico pon[at antequam] epulentur.
«Anniversaire de Diane aux Ides d’août […]. Aux Ides d’août, anniversaire de Diane et du collège. […] Aux jours anniversaires de Diane et d’Antinoüs, qu’il fournisse de l’huile au collège dans le bain public avant qu’ils ne prennent leur repas.»[10] Ausone, De feriis Romanis 5–6:
et medias Idus Mai Augustique recursu, / quas sibi Mercurius quasque Diana dicat.
«Et le retour des Ides, au milieu de mai et d’août: les premières, Mercure les revendique pour lui, les secondes, Diane.»
En savoir plus
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🇮🇹 Versione italiana
IN BREVE. Alle Idi di agosto, donne provenienti da Roma si recavano al lago di Nemi per onorare Diana, torcia in mano, mentre i cani da caccia venivano incoronati e la selvaggina risparmiata. La stessa data era celebrata per la dea in diversi santuari d’Italia, tra cui quello dell’Aventino, a Roma.
Nemoralia: quando Roma celebrava Diana con le fiaccole
Il poeta Stazio ha lasciato la descrizione più vivida della festa. Mentre la canicola bruciava le campagne sotto i fuochi di Sirio, scrive, il bosco di Aricia – «propizio ai re fuggitivi» – cominciò a fumare, e il lago, testimone del destino di Ippolito, risplendette di numerose torce; Diana stessa incoronò i cani e lasciò la selvaggina al sicuro, mentre tutta l’Italia celebrava, presso i propri focolari, le «Idi di Ecate» [1]. L’espressione gioca sulla triplice identità della dea: Diana ed Ecate condividevano l’epiteto Trivia, «dei crocicchi», e un grammatico tardo spiega che un’unica dea si sarebbe così ripartita su tre piani — la Luna nel cielo, Diana sulla terra, Ecate o Proserpina sotto terra. Le Idi indicavano, nel calendario romano, la metà del mese, il 13 per agosto. Questa formula è di Stazio stesso; nessuna delle fonti antiche impiega invece il termine Nemoralia, oggi utilizzato dagli studiosi. Il riferimento ai «re fuggitivi» allude alla tradizione, riportata da altri autori antichi, del sacerdote di Nemi la cui carica poteva essere contesa solo da uno schiavo fuggitivo, vincitore di un duello contro il proprio predecessore.
Un lago carico di memoria
Ovidio racconta che il lago si nasconde in fondo a una valle boscosa, «sacro per un’antica religione»: è lì, precisa, che si cela Ippolito, «fatto a pezzi dalle redini dei suoi cavalli» – un eroe che la leggenda faceva morire trascinato dal proprio carro, prima che una tradizione romana lo facesse resuscitare e giungere in Italia con il nome di Virbio, al fianco di Diana. In memoria di questa morte, aggiunge Ovidio, nessun cavallo era ammesso nel bosco sacro. Descrive quindi l’arredo del santuario: una siepe a cui pendevano lunghi fili, e tavolette votive che attestavano i favori ottenuti dai fedeli. «Spesso una donna che ha ottenuto l’esaudimento del proprio voto, la fronte cinta di corone, porta dalla Città fiaccole accese», scrive[2].
Properzio, dal canto suo, confessa la propria gelosia: vedere Cinzia – la donna che celebra nelle sue Elegie – correre in pubblico, con le torce accese, «verso il bosco» per portare luci a Trivia, epiteto di Diana come si è visto sopra, basta a destare i suoi sospetti[3]. Il tragitto da Roma comportava diverse ore di cammino; alcuni studiosi, combinando queste testimonianze, vi scorgono una processione notturna, senza che alcuna delle fonti antiche lo precisi esplicitamente.
Una tregua per i cani e la selvaggina
Ciò che Stazio descrive come una sospensione della caccia trova un’eco, senza che l’accostamento con Nemi sia garantito dal testo stesso, nei Cynegetica del poeta di epoca augustea Grattio. Egli descrive un rito in onore di Diana in cui si innalzano torce presso il bosco sacro, in cui i giovani cani vengono adornati, e in cui i cacciatori depongono le proprie armi «in mezzo ai fiori», nella pace della festa, prima che vengano portati vino, focacce, un capretto e frutti[4]. Grattio non nomina tuttavia né Aricia, né il lago, né il mese di agosto: il legame con la festa di Nemi è un’ipotesi dei lettori moderni del testo.
Un solo giorno, più santuari
La data stessa è saldamente attestata al di fuori di Nemi. Marziale la riassume in un verso: «Alle Idi di agosto ritorna Diana»[5], senza tuttavia menzionare il lago. A Roma, questo giorno era anche, secondo Festo, quello del riposo degli schiavi, in memoria della dedica del tempio di Diana sul colle Aventino da parte del re Servio Tullio, che la tradizione faceva nascere da una schiava[6]. Plutarco, dal canto suo, riferisce che le donne avevano l’usanza, quel giorno, di lavarsi la testa, e propone di ricondurre questa usanza alle serve e a Servio Tullio, senza mai menzionare né Diana né Nemi[7]. Il calendario repubblicano di Anzio, anteriore alla riforma del calendario di Giulio Cesare, colloca già Diana tra le divinità onorate alle Idi di Sextilis – così si chiamava il mese di agosto prima di essere ribattezzato in onore dell’imperatore Augusto[8]. Un’iscrizione del collegio di Diana e Antinoo, a Lanuvio, attesta nel II secolo d.C. un dies natalis (giorno anniversario) della dea festeggiato lo stesso giorno, con messa a disposizione di olio al bagno pubblico prima del banchetto[9]. Il poeta tardo Ausonio, infine, conferma ancora l’associazione tra le Idi di agosto e Diana[10].
I rapporti storici esatti tra il culto di Nemi e quello dell’Aventino restano discussi: nulla permette di affermare che la festa si sia «diffusa» dal lago fino a Roma, ma soltanto che la stessa data era onorata in diversi luoghi distinti. Alcuni studiosi hanno ipotizzato che le celebrazioni potessero protrarsi per tre giorni, ma nessuna delle fonti antiche permette tuttavia di confermarlo. Altri, infine, hanno proposto di vedere nella vicinanza calendariale tra le Idi di agosto e due feste cristiane più tarde – Sant’Ippolito e l’Assunzione di Maria, celebrate rispettivamente il 13 e il 15 agosto – l’eco di un rito più antico; si tratta anche in questo caso di un accostamento storiografico, non di un fatto stabilito dai testi romani stessi.
Studi moderni consultati
- Rianne A. M. Hermans, «Diana Nemorensis and her worshippers», cap. II di Latin Cults through Roman Eyes: Myth, Memory and Cult Practice in the Alban Hills, tesi di dottorato, Universiteit van Amsterdam, 2017, p. 37–82.
- Emma-Jayne Graham, «Pilgrimage, mobile behaviours and the creation of religious place in early Roman Latium», in J. Kuuliala & J. Rantala (a cura di), Travel, Pilgrimage and Social Interaction from Antiquity to the Middle Ages, Londra/New York, Routledge, 2019, p. 15–36.
- Marja-Leena Hänninen, «Traces of Women’s Devotion in the Sanctuary of Diana at Nemi», in Nemi – Status Quo, Roma, 2000, p. 45–50.
- James G. Frazer, The Golden Bough: A Study in Magic and Religion, 3ª ed., Londra, 1911.
[1] Stazio, Silvae 3,1,52–60:
Tempus erat, caeli cum torrentissimus axis / incumbit terris ictusque Hyperione multo / acer anhelantis incendit Sirius agros. / Iamque dies aderat profugis cum regibus aptum / fumat Aricinum Triviae nemus et face multa / conscius Hippolyti splendet lacus; ipsa coronat / emeritos Diana canes et spicula terget / et tutas sinit ire feras, omnisque pudicis / Itala terra focis Hecateidas excolit Idus.
«Era il tempo in cui l’asse infuocato del cielo si china sopra la terra e in cui, colpito dai fuochi di Iperione, l’ardente Sirio brucia le campagne ansimanti. E già si avvicinava il giorno in cui il bosco aricino di Trivia, propizio ai re fuggitivi, fuma, mentre il lago, testimone di Ippolito, risplende di numerose torce. Diana stessa incorona i cani che se lo sono meritato, pulisce i dardi e lascia che le fiere selvatiche vadano al sicuro; e tutta la terra d’Italia celebra, presso focolari puri, le Idi di Ecate.»[2] Ovidio, Fasti 3,263–270:
Vallis Aricinae silva praecinctus opaca est lacus, antiqua religione sacer; hic latet Hippolytus loris direptus equorum, unde nemus nullis illud aditur equis. Licia dependent longas velantia saepes, et posita est meritae multa tabella deae. Saepe potens voti, frontem redimita coronis, femina lucentes portat ab Urbe faces.
«Nella valle di Aricia si trova un lago cinto da una foresta ombrosa, sacro per un’antica religione. È lì che si cela Ippolito, fatto a pezzi dalle redini dei suoi cavalli; per questo nessun cavallo si avvicina a questo bosco. Pendono fili, che ricoprono lunghe siepi, e numerose tavolette sono state deposte per la dea che le ha meritate. Spesso una donna che ha ottenuto l’esaudimento del proprio voto, la fronte cinta di corone, porta dalla Città fiaccole accese.»[3] Properzio, Elegie 2,32,7–10:
Hoc utinam spatiere loco, quodcumque vacabis, / Cynthia! sed tibi me credere turba vetat, / cum videt accensis devotam currere taedis / in nemus et Triviae lumina ferre deae.
«Possa tu piuttosto passeggiare qui ogni volta che sei libera, Cinzia! Ma la folla mi impedisce di fidarmi di te quando ti vede, da pia devota, correre con le torce accese verso il bosco e portare luci alla dea Trivia.»[4] Grattio, Cynegetica 481–496:
[…] aeriis molimur compita lucis / spicatasque faces sacrum ad nemorale Dianae / sistimus et solito catuli velantur honore, / ipsaque per flores medio in discrimine luci / stravere arma sacris et pace vacantia festa. / Tum cadus et viridi fumantia liba feretro / praeveniunt teneraque extrudens cornua fronte / haedus et ad ramos etiamnum haerentia poma […].
«Approntiamo crocicchi nei boschi elevati e innalziamo torce affusolate presso il santuario forestale di Diana. I giovani cani sono adornati con l’onore consueto e, tra i fiori, all’incrocio che si trova in mezzo al bosco, sono state deposte le armi stesse: restano inutilizzate durante i riti e la pace della festa. Poi vengono in testa il tino di vino e le focacce fumanti su un vassoio di legno verde, un giovane capretto dalle cui corna cominciano a spuntare dalla fronte, e frutti ancora attaccati ai loro rami.»[5] Marziale, Epigrammi 12,67:
Maiae Mercurium creastis Idus, / Augustis redit Idibus Diana, / Octobres Maro consecravit Idus. / Idus saepe colas et has et illas, / qui magni celebras Maronis Idus.
«Idi di maggio, avete dato i natali a Mercurio; alle Idi di agosto ritorna Diana; Virgilio consacrò le Idi di ottobre. Possa tu spesso celebrare le une e le altre, tu che celebri le Idi del grande Marone.»[6] Festo (tramandato da Paolo Diacono), De verborum significatione, p.467 Lindsay:
Servorum dies festus erat Idibus Augusti, quia eo die rex Tullius, filius ancillae, aedem Dianae dedicavit.
«Il giorno di festa degli schiavi si teneva alle Idi di agosto, perché quel giorno il re Tullio, figlio di una schiava, consacrò il tempio di Diana.»[7] Plutarco, Questioni romane 100:
Διὰ τί ταῖς Αὐγούσταις εἰδοῖς, Σεκστιλίαις δὲ πρότερον λεγομέναις, ἑορτάζουσιν αἵ τε δοῦλαι καὶ οἱ δοῦλοι πάντες, αἱ δὲ γυναῖκες μάλιστα ῥύπτεσθαι τὰς κεφαλὰς καὶ καθαίρειν ἐπιτηδεύουσιν; Ἦ διὰ τὸ Σερούιον τὸν βασιλέα κατὰ ταύτην τὴν ἡμέραν ἐξ αἰχμαλώτου γενέσθαι θεραπαινίδος ἄδειαν ἔργων ἔχουσιν οἱ θεράποντες, τὸ δὲ πλύνειν τὰς κεφαλὰς ἀρξάμενον ἀπὸ τῶν θεραπαινίδων διὰ τὴν ἑορτὴν ἄχρι τῶν ἐλευθέρων προῆλθεν;
«Perché, alle Idi di agosto, un tempo chiamate Idi di Sextilis, tutte le donne schiave e tutti gli uomini schiavi celebrano una festa, mentre le donne hanno soprattutto l’usanza di lavarsi e purificarsi la testa? È forse perché il re Servio nacque quel giorno da una serva prigioniera, cosicché i servi sono dispensati dai loro lavori? E il lavaggio della testa, iniziato dalle serve in occasione di questa festa, si sarebbe poi esteso fino alle donne libere?»[8] Fasti Antiates maiores, Idi di Sextilis:
Dianae, Vortumno, Fortunae Equ(estri), Herculi Victori, Castori, Polluci, Camenis.
«A Diana, a Vertumno, alla Fortuna Equestre, a Ercole Vincitore, a Castore, a Polluce e alle Camene.»[9] CIL XIV 2112 (Lanuvio, 136 d.C.):
[natal]is Dianae idib(us) Aug(ustis) […] ; idib(us) Aug(ustis) natali Dianae et collegi ; diebus natalibus Dianae et Antinoi oleum collegio in balinio publico pon[at antequam] epulentur.
«Anniversario di Diana alle Idi di agosto […]. Alle Idi di agosto, anniversario di Diana e del collegio. […] Nei giorni anniversari di Diana e di Antinoo, fornisca olio al collegio nel bagno pubblico prima che essi prendano il pasto.»[10] Ausonio, De feriis Romanis 5–6:
et medias Idus Mai Augustique recursu, / quas sibi Mercurius quasque Diana dicat.
«E il ritorno delle Idi, a metà di maggio e di agosto: le prime, Mercurio le rivendica per sé, le seconde, Diana.»
👉 Tutte le feste del calendario romano
🇬🇧 English version
IN BRIEF. On the Ides of August, women from Rome travelled to Lake Nemi to honour Diana, torches in hand, while hunting dogs were crowned and game spared. The same date was celebrated for the goddess at several sanctuaries across Italy, including that of the Aventine, in Rome.
Nemoralia: when Rome celebrated Diana by torchlight
The poet Statius left the most vivid description of the festival. As the summer heat scorched the countryside beneath the fires of Sirius, he writes, the grove of Aricia – ‘congenial to fugitive kings’ – began to smoke, and the lake, witness to the fate of Hippolytus, blazed with countless torches; Diana herself crowned the dogs and left the game unharmed, while the whole of Italy celebrated, at its hearths, the ‘Ides of Hecate’ [1]. The phrase plays on the goddess’s threefold identity: Diana and Hecate shared the epithet Trivia, ‘of the crossroads’, and a late grammarian explains that a single goddess was thus distributed across three planes — the Moon in the sky, Diana on earth, Hecate or Proserpina underground. The Ides marked, in the Roman calendar, the middle of the month, the 13th for August. This formula is Statius’s own; none of the ancient sources, by contrast, uses the term Nemoralia, now employed by scholars. The mention of ‘fugitive kings’ alludes to the tradition, reported by other ancient authors, of the priest of Nemi, whose office could only be contested by a runaway slave who had defeated his predecessor in single combat.
A lake steeped in memory
Ovid recounts that the lake lies hidden at the bottom of a wooded valley, ‘sacred through ancient worship’: it is there, he specifies, that Hippolytus conceals himself, ‘torn apart by the reins of his own horses’ – a hero whom legend had dragged to death by his own chariot, before a Roman tradition had him restored to life and brought to Italy under the name Virbius, at Diana’s side. In memory of this death, Ovid adds, no horse was permitted within the sacred grove. He then describes the setting of the sanctuary: a hedge from which long threads hung, and votive tablets attesting to the favours obtained by worshippers. ‘Often a woman who has had her vow fulfilled, her brow wreathed with garlands, carries lit torches from the City’, he writes[2].
Propertius, for his part, confesses his jealousy: seeing Cynthia – the woman he celebrates in his Elegies – run in public, torches lit, ‘towards the grove’ to bring lights to Trivia, an epithet of Diana as noted above, is enough to rouse his suspicions[3]. The journey from Rome required several hours on foot; some scholars, combining these testimonies, see in this a nocturnal procession, though none of the ancient sources states this explicitly.
A truce for dogs and game
What Statius describes as a suspension of hunting finds an echo, though the connection with Nemi is not guaranteed by the text itself, in the Cynegetica of the Augustan-era poet Grattius. He describes a rite in Diana’s honour in which torches are set up near the sacred grove, young dogs are adorned, and hunters lay down their weapons ‘amid the flowers’, in the peace of the festival, before wine, cakes, a kid and fruit are brought forth[4]. Grattius, however, names neither Aricia, nor the lake, nor the month of August: the link with the festival at Nemi is a hypothesis of the text’s modern readers.
One day, several sanctuaries
The date itself is solidly attested outside Nemi. Martial sums it up in a single line: ‘On the Ides of August Diana returns’[5], without, however, mentioning the lake. In Rome, this day was also, according to Festus, a day of rest for slaves, in memory of the dedication of Diana’s temple on the Aventine Hill by King Servius Tullius, whom tradition held to have been born of a slave woman[6]. Plutarch, for his part, reports that women customarily washed their hair on this day, and proposes linking the custom to servant women and to Servius Tullius, without ever mentioning either Diana or Nemi[7]. The republican calendar of Antium, predating Julius Caesar’s calendar reform, already places Diana among the deities honoured on the Ides of Sextilis – as the month of August was called before being renamed in honour of the emperor Augustus[8]. An inscription from the college of Diana and Antinous, at Lanuvium, attests, in the second century CE, to a dies natalis (anniversary day) of the goddess celebrated on the same day, with oil provided at the public baths before the banquet[9]. Finally, the late poet Ausonius further confirms the association between the Ides of August and Diana[10].
The precise historical relationship between the cult at Nemi and that of the Aventine remains a matter of debate: nothing allows us to claim that the festival ‘spread’ from the lake to Rome, only that the same date was honoured at several distinct sites. Some scholars have suggested that the celebrations may have extended over three days, though none of the ancient sources allows this to be confirmed. Others, finally, have proposed seeing in the calendrical proximity between the Ides of August and two later Christian feasts – Saint Hippolytus and the Assumption of Mary, celebrated on 13 and 15 August respectively – an echo of an older rite; this too is a historiographical connection, not a fact established by the Roman texts themselves.
Further reading
- Rianne A. M. Hermans, ‘Diana Nemorensis and her worshippers’, chap. II of Latin Cults through Roman Eyes: Myth, Memory and Cult Practice in the Alban Hills, PhD thesis, Universiteit van Amsterdam, 2017, pp. 37–82.
- Emma-Jayne Graham, ‘Pilgrimage, mobile behaviours and the creation of religious place in early Roman Latium’, in J. Kuuliala & J. Rantala (eds), Travel, Pilgrimage and Social Interaction from Antiquity to the Middle Ages, London/New York, Routledge, 2019, pp. 15–36.
- Marja-Leena Hänninen, ‘Traces of Women’s Devotion in the Sanctuary of Diana at Nemi’, in Nemi – Status Quo, Rome, 2000, pp. 45–50.
- James G. Frazer, The Golden Bough: A Study in Magic and Religion, 3rd ed., London, 1911.
[1] Statius, Silvae 3,1,52–60:
Tempus erat, caeli cum torrentissimus axis / incumbit terris ictusque Hyperione multo / acer anhelantis incendit Sirius agros. / Iamque dies aderat profugis cum regibus aptum / fumat Aricinum Triviae nemus et face multa / conscius Hippolyti splendet lacus; ipsa coronat / emeritos Diana canes et spicula terget / et tutas sinit ire feras, omnisque pudicis / Itala terra focis Hecateidas excolit Idus.
‘It was the season when the blazing axis of heaven leans upon the earth and, struck by the many fires of Hyperion, fierce Sirius scorches the panting fields. And already the day drew near when the Arician grove of Trivia, congenial to fugitive kings, smokes, while the lake, witness to Hippolytus, gleams with many torches. Diana herself crowns the dogs who have earned it, cleans her arrows, and lets the wild beasts go unharmed; and the whole land of Italy, at its pure hearths, honours the Ides of Hecate.’[2] Ovid, Fasti 3,263–270:
Vallis Aricinae silva praecinctus opaca est lacus, antiqua religione sacer; hic latet Hippolytus loris direptus equorum, unde nemus nullis illud aditur equis. Licia dependent longas velantia saepes, et posita est meritae multa tabella deae. Saepe potens voti, frontem redimita coronis, femina lucentes portat ab Urbe faces.
‘In the valley of Aricia lies a lake girdled by shadowy forest, sacred through ancient worship. There Hippolytus lies hidden, torn apart by the reins of his horses; for this reason no horse comes near that grove. Threads hang down, covering long hedges, and many a tablet has been set up for the goddess who has earned it. Often a woman who has had her vow fulfilled, her brow wreathed with garlands, carries lit torches from the City.’[3] Propertius, Elegies 2,32,7–10:
Hoc utinam spatiere loco, quodcumque vacabis, / Cynthia! sed tibi me credere turba vetat, / cum videt accensis devotam currere taedis / in nemus et Triviae lumina ferre deae.
‘Would that you might walk here whenever you are free, Cynthia! But the crowd forbids me to trust you, when it sees you, a devoted worshipper, running with lit torches towards the grove and carrying lights to the goddess Trivia.’[4] Grattius, Cynegetica 481–496:
[…] aeriis molimur compita lucis / spicatasque faces sacrum ad nemorale Dianae / sistimus et solito catuli velantur honore, / ipsaque per flores medio in discrimine luci / stravere arma sacris et pace vacantia festa. / Tum cadus et viridi fumantia liba feretro / praeveniunt teneraque extrudens cornua fronte / haedus et ad ramos etiamnum haerentia poma […].
‘We fashion crossroads amid the lofty groves and set up tapered torches by Diana’s woodland sanctuary. The young dogs are adorned with their customary honour, and amid the flowers, at the crossing in the middle of the grove, weapons themselves have been laid down: they lie idle throughout the rites and the peace of the festival. Then come first the cask of wine and cakes smoking on a tray of green wood, a young kid whose horns are just beginning to push out from its brow, and fruit still clinging to its branches.’[5] Martial, Epigrams 12,67:
Maiae Mercurium creastis Idus, / Augustis redit Idibus Diana, / Octobres Maro consecravit Idus. / Idus saepe colas et has et illas, / qui magni celebras Maronis Idus.
‘The Ides of May gave birth to Mercury; on the Ides of August Diana returns; Virgil consecrated the Ides of October. Mayst thou often celebrate both the one and the other, thou who dost celebrate the Ides of great Maro.’[6] Festus (transmitted by Paul the Deacon), De verborum significatione, p.467 Lindsay:
Servorum dies festus erat Idibus Augusti, quia eo die rex Tullius, filius ancillae, aedem Dianae dedicavit.
‘The festival day of slaves fell on the Ides of August, because on that day King Tullius, son of a slave woman, dedicated the temple of Diana.’[7] Plutarch, Roman Questions 100:
Διὰ τί ταῖς Αὐγούσταις εἰδοῖς, Σεκστιλίαις δὲ πρότερον λεγομέναις, ἑορτάζουσιν αἵ τε δοῦλαι καὶ οἱ δοῦλοι πάντες, αἱ δὲ γυναῖκες μάλιστα ῥύπτεσθαι τὰς κεφαλὰς καὶ καθαίρειν ἐπιτηδεύουσιν; Ἦ διὰ τὸ Σερούιον τὸν βασιλέα κατὰ ταύτην τὴν ἡμέραν ἐξ αἰχμαλώτου γενέσθαι θεραπαινίδος ἄδειαν ἔργων ἔχουσιν οἱ θεράποντες, τὸ δὲ πλύνειν τὰς κεφαλὰς ἀρξάμενον ἀπὸ τῶν θεραπαινίδων διὰ τὴν ἑορτὴν ἄχρι τῶν ἐλευθέρων προῆλθεν;
‘Why is it that on the Ides of August, formerly called the Ides of Sextilis, all female and male slaves celebrate a festival, while women in particular make a practice of washing and cleansing their heads? Is it because King Servius was born on that day of a captive serving-woman, so that servants are granted a respite from their labours? And did the washing of heads, begun by serving-women on account of this festival, subsequently spread to free women as well?’[8] Fasti Antiates maiores, Ides of Sextilis:
Dianae, Vortumno, Fortunae Equ(estri), Herculi Victori, Castori, Polluci, Camenis.
‘To Diana, to Vertumnus, to Fortuna Equestris, to Hercules the Victor, to Castor, to Pollux, and to the Camenae.’[9] CIL XIV 2112 (Lanuvium, 136 CE):
[natal]is Dianae idib(us) Aug(ustis) […] ; idib(us) Aug(ustis) natali Dianae et collegi ; diebus natalibus Dianae et Antinoi oleum collegio in balinio publico pon[at antequam] epulentur.
‘Anniversary of Diana on the Ides of August […]. On the Ides of August, anniversary of Diana and of the college. […] On the anniversary days of Diana and Antinous, he is to provide oil for the college at the public baths before they take their meal.’[10] Ausonius, De feriis Romanis 5–6:
et medias Idus Mai Augustique recursu, / quas sibi Mercurius quasque Diana dicat.
‘And the return of the Ides, in the middle of May and of August: the former Mercury claims for himself, the latter, Diana.’
Dates
13 août 2026 Toute la journée
202615aoûtToute la journéeFeriæ Augusti
Description
Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Description
Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Feriae Augusti : quand Rome inventait les congés payés

Les Feriæ Augusti, instaurées par l’empereur Auguste en 18 av. J.-C., ajoutaient une célébration au mois d’août, aux côtés des fêtes romaines préexistantes telles que les Vinalia et les Consualia. Ces festivités marquaient la fin des travaux agricoles majeurs et étaient conçues non seulement pour promouvoir l’empereur mais aussi pour offrir une période de repos bien méritée après les efforts des semaines passées.
Les célébrations comprenaient des courses de chevaux à travers l’empire, et même les animaux de trait comme les bœufs, ânes et mules étaient dispensés de travail et ornés de guirlandes de fleurs.
Certaines de ces traditions antiques survivent presque intactes dans des événements modernes comme le Palio de Sienne. Le terme « palio » vient du « pallium », le tissu précieux remis comme prix aux vainqueurs des courses à Rome. Pendant ces fêtes, les travailleurs transmettaient leurs vœux à leurs employeurs en échange de pourboires, une pratique devenue obligatoire dans les États pontificaux durant la Renaissance.
Les Feriæ Augusti étaient des jours fériés dans tout l’Empire romain. Avec la christianisation de l’Europe, ces festivités ont été progressivement remplacées par l’Assomption, célébrée le 15 août. En Italie, la fête persiste sous le nom de Ferragosto.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
Feriae Augusti: quando Roma inventò le ferie pagate
Le Feriæ Augusti, istituite dall’imperatore Augusto nel 18 a.C., aggiungevano una celebrazione al mese di agosto, accanto alle feste romane preesistenti come le Vinalia e le Consualia. Queste festività segnavano la fine dei lavori agricoli più importanti ed erano concepite non solo per promuovere l’imperatore, ma anche per offrire un periodo di riposo ben meritato dopo le fatiche delle settimane precedenti.
I festeggiamenti comprendevano corse di cavalli in tutto l’impero, e persino gli animali da traino come buoi, asini e muli erano esentati dal lavoro e ornati con ghirlande di fiori.
Alcune di queste tradizioni antiche sopravvivono quasi intatte in eventi moderni come il Palio di Siena. Il termine « palio » deriva dal « pallium », il tessuto prezioso consegnato come premio ai vincitori delle corse a Roma. Durante queste feste, i lavoratori porgevano i loro auguri ai datori di lavoro in cambio di mance, una pratica divenuta obbligatoria negli Stati pontifici durante il Rinascimento.
Le Feriæ Augusti erano giorni festivi in tutto l’Impero romano. Con la cristianizzazione dell’Europa, queste festività furono progressivamente sostituite dall’Assunzione, celebrata il 15 agosto. In Italia, la festa persiste con il nome di Ferragosto.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
Feriae Augusti: when Rome invented paid vacation
The Feriæ Augusti, established by Emperor Augustus in 18 BC, added a celebration to the month of August, alongside pre-existing Roman festivals such as the Vinalia and Consualia. These festivities marked the end of major agricultural work and were designed not only to promote the emperor but also to provide a well-deserved period of rest after the efforts of the preceding weeks.
The celebrations included horse races throughout the empire, and even draught animals such as oxen, donkeys and mules were excused from work and adorned with garlands of flowers.
Some of these ancient traditions survive almost intact in modern events such as the Palio of Siena. The term « palio » comes from the « pallium », the precious cloth given as a prize to the winners of races in Rome. During these festivals, workers would offer their good wishes to their employers in exchange for tips, a practice that became obligatory in the Papal States during the Renaissance.
The Feriæ Augusti were public holidays throughout the Roman Empire. With the Christianisation of Europe, these festivities were gradually replaced by the Assumption, celebrated on 15th August. In Italy, the festival persists under the name of Ferragosto.
Dates
15 août 2026 Toute la journée
202619aoûtToute la journéeVinalia Rustica
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas septembres D'après une mosaïque romaine exposée au Musée du Bardo, Tunisie.Dessin
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas septembres

Les Vinalia Rustica étaient une fête romaine antique célébrée le 19 août, marquant le début de la saison des vendanges en Italie centrale.
Les origines des Vinalia Rustica remontent à une haute antiquité, comme en témoigne leur présence dans les plus anciens calendriers romains. Selon Ovide et Plutarque, la fondation de cette fête est liée à la légende d’Énée. Face à la menace du tyran étrusque Mézence, Énée aurait promis à Jupiter tout le vin de la prochaine vendange en échange de la victoire. Cette légende, rapportée également par Caton et Festus, illustre l’importance accordée au vin dans la culture romaine et son lien étroit avec les croyances religieuses.
Le rituel central des Vinalia Rustica, décrit par Varron, impliquait le flamen dialis (grand prêtre de Jupiter). Celui-ci cueillait la première grappe de raisins et effectuait le premier pressage sacré, offrant ainsi les prémices de la récolte à Jupiter[1]. Varron précise: hunc diem festum tempestatibus leniendis institutum (ce jour de fête a été institué pour apaiser les intempéries), soulignant le rôle protecteur attribué à cette célébration pour la récolte à venir.
Une particularité intéressante des Vinalia Rustica est la dualité entre Jupiter et Vénus. Bien que la fête soit principalement associée à Jupiter, Vénus y jouait également un rôle important. Varron mentionne que ce jour-là, des temples étaient dédiés à Vénus et des jardins lui étaient consacrés. Cette dualité a suscité des débats parmi les auteurs antiques. Masurius Sabinus, cité par Macrobe, affirmait catégoriquement: Vinaliorum dies Jovi sacer est, non, ut quidam putant, Veneri (Le jour des Vinalia est sacré pour Jupiter, non pour Vénus comme certains le pensent).
Les Vinalia Rustica avaient une double fonction: religieuse et agricole. Pline l’Ancien les décrit comme une fête «pour atténuer les effets du temps» sur les vignes. Cette célébration marquait symboliquement l’ouverture religieuse des vendanges, bien que la récolte effective ne commençât généralement que plus tard. Varron souligne l’importance de ce rite en expliquant qu’avant son accomplissement, il était interdit d’apporter du vin nouveau dans la ville. Cette pratique reflète la croyance romaine en l’importance des rites religieux pour assurer le succès des récoltes.
Au fil du temps, l’importance des Vinalia Rustica semble avoir décliné. Varron note qu’à son époque, la fête n’intéressait plus guère que les maraîchers. Ce déclin reflète probablement l’évolution de la société romaine, s’éloignant progressivement de ses racines agricoles.
[1] Varron, De la langue latine, VI, 3, 16:
Vinalia, fêtes où l’on fait des libations de vin nouveau à Jupiter, et non a Vénus. Cette fête est l’objet d’une grande solennité dans le Latium, où autrefois, en certaines contrées, les prêtres présidaient publiquement à la vendange comme cela se pratique encore aujourd’hui dans le territoire de Rome. C’est un flamine diale qui inaugure la vendange : après avoir recueilli les grappes, il sacrifie une brebis à Jupiter, et, au cours de l’immolation et de l’offrande, il choisit la première grappe de raisin. Il est écrit dans les livres sacrés de Tusculum qu’on n’emmène point de vin nouveau à la ville avant la procession des Vinales.
Vinalia a vino; hic dies Iovis, non Veneris; huius rei cura non levis in Latio: nam aliquot locis vindemiae primum ab sacerdotibus publice fiebant, ut Romae etiam nunc; nam flamen Dialis auspicatur vindemiam, et ut iussit vinum legere, agna Iovi facit, inter cuius exta caesa et porrecta flamen primus vinum legit. In Tusculanis portis est scriptum: Vinum novum ne vehatur in urbem ante quam Vinalia kalentur.
Dates
19 août 2026 Toute la journée
202621aoûtToute la journéeCONSUALIA
Description
EN
Description

EN BREF. Les Consualia constituent l’une des célébrations les plus anciennes du calendrier religieux romain. Cette fête, dédiée au dieu Consus, se déroulait deux fois par an et mêlait rituels agraires, courses de chevaux et souvenirs légendaires des origines de Rome.
Les Consualia: une fête romaine aux origines mystérieuses
Les Consualia dédiées au dieu Consus avaient lieu deux fois par an: le 21 août et le 15 décembre. Ces dates correspondent à des moments clés du cycle agricole romain, l’une marquant la fin des moissons d’été, l’autre la clôture de l’année.
L’identité de Consus a suscité des débats dès l’Antiquité. Les auteurs anciens proposaient différentes explications de son nom et de sa nature. Une étymologie ancienne faisait dériver Consus de consilium (conseil), en faisant une divinité des délibérations secrètes. Cette interprétation était liée à une légende selon laquelle Consus aurait conseillé à Romulus d’enlever les Sabines pendant sa fête.
Les études modernes proposent une autre étymologie. Selon l’analyse rapportée par Anne Bajard, le nom peut être rattaché au verbe latin condere (conserver, entreposer), faisant de Consus le protecteur des récoltes stockées dans les silos souterrains.
Le dieu était également associé à Neptune par plusieurs auteurs antiques. Tite-Live parle de Neptunus Equester (Neptune équestre) dans son Histoire romaine. Selon l’étude de Bajard, Plutarque et Denys d’Halicarnasse indiquaient que Neptunus Equestris et Consus n’étaient en fait que deux noms différents d’une même divinité.
Un rituel souterrain
Le culte de Consus présentait une particularité unique dans la religion romaine: son autel était enterré sous le sol du Circus Maximus. Pierre Lambrechts explique que «la récolte étant stockée dans des silos souterrains, l’autel de Consus est lui aussi également souterrain. De cette manière, le sanctuaire est recouvert de terre tout le reste de l’année et n’est ouvert que pour les deux jours de fête.»
Les Consualia donnaient lieu à des spectacles populaires. Lambrechts rapporte que «cette fête très appréciée du peuple comprend des libations de vins offertes sur l’autel de Consus, ainsi que des courses de chevaux et de chars, dont une course de chars tirés par des mules.»
Les animaux de trait bénéficiaient d’un traitement particulier pendant ces célébrations. D’après Denys d’Halicarnasse cité par Lambrechts, «pendant ces jeux festifs, les chevaux et les mules ne doivent pas travailler et ils sont décorés de guirlandes de fleurs.»
Le personnel religieux officiel présidait aux cérémonies. Lambrechts précise que «le flamen Quirinalis, assisté des Vestales, accomplissait lui-même le sacrifice» devant l’autel de Consus.
L’enlèvement des Sabines
La tradition romaine associait étroitement les Consualia à l’enlèvement des Sabines. Selon le récit traditionnel reconstitué par Lambrechts, «Romulus organise une fête en l’honneur du dieu qui, chez les auteurs grecs est appelé Ποσειδών Ἵππιος, et que Tite Live nomme Neptunus Equester.»
Tite-Live décrit cette stratégie dans son Histoire romaine:
«Il [Romulus] prépare avec soin des jeux solennels en l’honneur de Neptune équestre; il les appelle Consualia. De nombreux mortels s’y rassemblèrent, attirés aussi par le désir de voir la ville nouvelle, surtout les plus proches, les Céniniens, les Crustumins, les Antemnates; déjà toute la multitude des Sabins était venue avec enfants et épouses.»
Selon la légende, pendant les festivités, sur un signal convenu, les jeunes Romains se seraient emparés des femmes sabines présentes. Cet épisode explique pourquoi les Consualia étaient perçues comme une fête fondatrice de la cité romaine.
Un cycle festif avec Ops
Les Consualia s’inscrivaient dans un ensemble rituel plus large. Lambrechts note que «quatre jours plus tard, les festivités en l’honneur d’Ops la déesse de l’abondance sont célébrés, c’est également une déesse agricole: soit le 25 août (Opiconsivia) et le 19 décembre (Opalia).»
Ops était qualifiée d’«Ops Consivia» selon Varron cité par Lambrechts, soulignant ses liens avec Consus. Cette association révèle l’existence d’un cycle religieux centré sur la protection des récoltes et des réserves alimentaires.
Tertullien rapporte selon Lambrechts qu’un sacrifice était également fait à Consus lors d’une autre fête, les Nones Caprotines du 7 juillet. Cette fête en l’honneur de Junon Caprotina présentait des similitudes avec l’histoire de l’enlèvement des Sabines: elle commémorait un stratagème où des esclaves déguisées en matrones romaines avaient trompé des ennemis de Rome.
L’évolution tardive: le témoignage d’Ausone
Au 4e siècle de notre ère, le poète Ausone évoque encore les Consualia dans ses «Églogues». Selon l’analyse de Bajard, Ausone parle d’un duplex cultus (double culte) associant très étroitement les deux fêtes.
Bajard observe qu’Ausone mentionne des festa navigiis celebrata (fêtes célébrées avec des navires), suggérant que les Consualia avaient évolué vers des formes nouvelles à son époque. Cette évolution témoigne de la capacité d’adaptation des fêtes romaines au fil des siècles.
Les Consualia illustrent la complexité de la religion romaine archaïque. Cette fête mêlait dimensions agricole (protection des récoltes), équestre (courses de chevaux), politique (mythe fondateur de Rome) et religieuse (rituels souterrains uniques).
L’existence de débats dès l’Antiquité sur l’identité de Consus montre que même les Romains avaient parfois du mal à cerner la nature de leurs divinités les plus anciennes. Cette incertitude reflète les transformations subies par les cultes primitifs au contact de l’hellénisation et de l’évolution politique de Rome.
Sources antiques
- Ausone, Eclogarum Liber, 23.
- Cicéron, De Republica, II, 7.
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, I, 33, 2; II, 30-31.
- Ovide, Fastes, III, 199.
- Plutarque, Vie de Romulus, 14; Questions romaines, 48.
- Tertullien, Des spectacles, 5, 7.
- Tite-Live, Ab Urbe condita libri, I, 9.
- Varron, De lingua latina, VI, 20.
Études modernes citées
- Bajard, Anne, «Les Neptunalia et les Consualia dans l’églogue 23 d’Ausone», Revue des Études Anciennes, t. 111, n°2, 2009, p. 411-428.
- Lambrechts, Pierre, «Consus et l’enlèvement des Sabines», L’Antiquité Classique, t. 15, fasc. 1, 1946, p. 61-82.
Dates
21 août 2026 Toute la journée
202605septToute la journée19Ludi Romani / Ludi magni
Description
Nonis Septembribus - Ante diem tertium decimum Kalendas Octobres
Description
Nonis Septembribus – Ante diem tertium decimum Kalendas Octobres

EN BREF. Chaque septembre, Rome célébrait ses plus grands jeux en l’honneur de Jupiter. Ces spectacles duraient jusqu’à quinze jours: courses de chars avec guerrier sautant en marche, cavaliers sur deux chevaux, théâtre grec adapté. D’abord liés aux vœux des généraux victorieux, ils devinrent une fête annuelle dès 366 avant notre ère.
Les Ludi Romani: du vœu militaire à la fête annuelle de Jupiter
Les Ludi Romani («Jeux Romains») ou Ludi magni («Grands Jeux») étaient un festival religieux majeur dans la Rome antique, composé de plusieurs cérémonies appelées ludi. Ces jeux, considérés comme le principal festival romain, étaient organisés en l’honneur de Jupiter.
Origines traditionnelles
Selon la tradition, ils auraient été institués par Tarquin l’Ancien après sa conquête de la ville latine d’Apiolae. Cependant, des sources comme Denys d’Halicarnasse et Cicéron les attribuent à la victoire romaine sur les Latins lors de la bataille du lac Régille, vers 496 avant notre ère.
Évolution des jeux extraordinaires aux jeux annuels
Ces jeux n’étaient pas toujours célébrés chaque année à leur début. Souvent, ils étaient basés sur un vœu (votum) fait par un commandant militaire et célébrés après son triomphe. Dans cette forme extraordinaire, ils étaient appelés ludi magni.
Selon Tite-Live et d’autres sources antiques, il existait une distinction entre ludi magni et ludi Romani. Les ludi magni désignaient les jeux extraordinaires organisés suite à un vœu (votum) prononcé par un commandant militaire, tandis que ludi Romani s’appliquait aux mêmes jeux une fois qu’ils furent établis comme célébration annuelle régulière (ludi stati). Cette distinction, identifiée par le philologue Friedrich Wilhelm Ritschl, explique pourquoi les deux termes coexistent dans les sources.
Les jeux sont probablement devenus annuels à partir de la nomination des premiers édiles curules en 367 avant notre ère, qui étaient responsables de leur supervision. À partir de 366 avant notre ère, ils se déroulaient régulièrement chaque année.
Évolution de la durée et des dates
Initialement organisés par les consuls, puis par les édiles curules, ces jeux duraient d’abord un jour. Après l’expulsion des rois en 509 avant notre ère, un deuxième jour fut ajouté, suivi d’un troisième jour après la première sécession de la plèbe en 494 avant notre ère.
À partir de 366 avant notre ère, ils se déroulaient du 12 au 14 septembre, puis cette période fut étendue du 5 au 19 septembre. De 191 à 171 avant notre ère, les jeux duraient dix jours, et peu avant la mort de César, ils s’étendaient sur quinze jours, du 5 au 19 septembre. À la fin du 1er siècle avant notre ère, un jour supplémentaire fut ajouté le 4 septembre en l’honneur du divin Jules César.
La datation précise se trouve chez Cicéron dans les Verrines: il mentionne 45 jours entre les Ludi Romani et les Ludi Victoriae Sullanae du 26 octobre, confirmant que le 19 septembre était déjà le dernier jour des jeux en 70 avant notre ère.
Dans les calendriers de l’époque augustéenne, les jours des jeux étaient notés du 4 au 19 septembre, avec des événements marquants comme l’Epulum Jovis le 13 et l’Equorum probatio (une revue de cavalerie) le 14. Les jeux de cirque se tenaient du 15 au 19 septembre.
Contenu des jeux
Les Ludi Romani incluaient une procession solennelle (pompa), des courses de chars, des compétitions équestres, des représentations théâtrales et diverses autres exhibitions comme des combats de boxe.
Les courses de chars
Les courses de chars des Ludi Romani avaient une particularité: chaque char portait, selon la tradition homérique, un conducteur (auriga) et un guerrier qui, à la fin de la course, sautait du char et terminait à pied. Cette pratique était spécifique aux Ludi Romani. Initialement, seuls deux chars participaient, correspondant aux deux factions originelles: les Blancs et les Rouges.
Les compétitions équestres
Durant les exhibitions équestres de l’Equorum probatio, chaque cavalier menait un second cheval en main, pratique reflétant l’usage militaire romain archaïque où les cavaliers utilisaient deux montures au combat, à l’image des Tarentins dans la guerre grecque. Ces cavaliers étaient appelés desultores.
Le théâtre
C’est durant ces jeux que le théâtre, inspiré du théâtre grec, fut introduit à Rome. Après l’introduction du théâtre en 364 avant notre ère, des pièces étaient jouées durant ces jeux, et en 214 avant notre ère, les ludi scenici occupaient quatre jours du festival. En 161 avant notre ère, le Phormion de Térence fut représenté lors de ces jeux.
Autres exhibitions
Les jeux permettaient également des exhibitions mineures supplémentaires: boxeurs, danseurs, et compétitions de cavalerie juvénile (ludus Trojae). La couronne remportée par le vainqueur (prix à la mode grecque) pouvait être placée sur son cercueil à sa mort, privilège inscrit dans les Douze Tables. Pendant le festival, les guerriers ayant remporté de vraies victoires militaires portaient les dépouilles ennemies conquises et une couronne de laurier.
Évolution tardive
Dans le Calendrier de Philocalus (354 après notre ère), les jeux ne duraient plus que du 12 au 15 septembre, montrant leur réduction à l’époque tardive de l’Empire.
Sources antiques
- Cicéron, Verrines, I, 1, 31; II, 52, 130; De divinatione, I, 26, 55; Philippiques, II, 4, 3, 110
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, VI, 95; VII, 71-72
- Festus, De verborum significatu, s.v. Magnos ludos; s.v. Paribus equis
- Tite-Live, Ab urbe condita, I, 35, 9; VI, 42, 12; VIII, 40, 2; XXIII, 29, 5; XXIV, 43, 7; XXV, 2, 8; XXXV, 28, 8; XXXVI, 2; XXXIX, 22, 1; XLIV, 9, 4
Études modernes citées
- Mommsen, Theodor, Römische Forschungen, II, 42-57; Histoire romaine, I, 235-237, 472-473
- Ritschl, Friedrich Wilhelm, Parerga zu Plautus, p. 290
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Versione italiana
IN BREVE. Ogni settembre, Roma celebrava i suoi più grandi giochi in onore di Giove. Questi spettacoli duravano fino a quindici giorni: corse di carri con guerriero che saltava in corsa, cavalieri su due cavalli, teatro greco adattato. Inizialmente legati ai voti dei generali vittoriosi, divennero una festa annuale dal 366 a.C.
I Ludi Romani: dal voto militare alla festa annuale di Giove
I Ludi Romani («Giochi Romani») o Ludi magni («Grandi Giochi») erano un festival religioso importante nell’antica Roma, composto da diverse cerimonie chiamate ludi. Questi giochi, considerati il principale festival romano, erano organizzati in onore di Giove.
Origini tradizionali
Secondo la tradizione, sarebbero stati istituiti da Tarquinio Prisco dopo la sua conquista della città latina di Apiolae. Tuttavia, fonti come Dionigi di Alicarnasso e Cicerone li attribuiscono alla vittoria romana sui Latini nella battaglia del lago Regillo, verso il 496 a.C.
Evoluzione dai giochi straordinari ai giochi annuali
Questi giochi non erano sempre celebrati ogni anno all’inizio. Spesso erano basati su un voto (votum) fatto da un comandante militare e celebrati dopo il suo trionfo. In questa forma straordinaria, erano chiamati ludi magni.
Secondo Tito Livio e altre fonti antiche, esisteva una distinzione tra ludi magni e ludi Romani. I ludi magni designavano i giochi straordinari organizzati in seguito a un voto (votum) pronunciato da un comandante militare, mentre ludi Romani si applicava agli stessi giochi una volta che furono stabiliti come celebrazione annuale regolare (ludi stati). Questa distinzione, identificata dal filologo Friedrich Wilhelm Ritschl, spiega perché i due termini coesistono nelle fonti.
I giochi divennero probabilmente annuali a partire dalla nomina dei primi edili curuli nel 367 a.C., che erano responsabili della loro supervisione. Dal 366 a.C., si svolgevano regolarmente ogni anno.
Evoluzione della durata e delle date
Inizialmente organizzati dai consoli, poi dagli edili curuli, questi giochi duravano all’inizio un giorno. Dopo l’espulsione dei re nel 509 a.C., fu aggiunto un secondo giorno, seguito da un terzo giorno dopo la prima secessione della plebe nel 494 a.C.
Dal 366 a.C., si svolgevano dal 12 al 14 settembre, poi questo periodo fu esteso dal 5 al 19 settembre. Dal 191 al 171 a.C., i giochi duravano dieci giorni, e poco prima della morte di Cesare, si estendevano per quindici giorni, dal 5 al 19 settembre. Alla fine del 1° secolo a.C., fu aggiunto un giorno supplementare il 4 settembre in onore del divino Giulio Cesare.
La datazione precisa si trova in Cicerone nelle Verrine: menziona 45 giorni tra i Ludi Romani e i Ludi Victoriae Sullanae del 26 ottobre, confermando che il 19 settembre era già l’ultimo giorno dei giochi nel 70 a.C.
Nei calendari dell’epoca augustea, i giorni dei giochi erano annotati dal 4 al 19 settembre, con eventi significativi come l’Epulum Jovis il 13 e l’Equorum probatio (una rivista di cavalleria) il 14. I giochi del circo si tenevano dal 15 al 19 settembre.
Contenuto dei giochi
I Ludi Romani includevano una processione solenne (pompa), corse di carri, competizioni equestri, rappresentazioni teatrali e varie altre esibizioni come combattimenti di pugilato.
Le corse di carri
Le corse di carri dei Ludi Romani avevano una particolarità: ogni carro portava, secondo la tradizione omerica, un conducente (auriga) e un guerriero che, alla fine della corsa, saltava dal carro e finiva a piedi. Questa pratica era specifica dei Ludi Romani. Inizialmente partecipavano solo due carri, corrispondenti alle due fazioni originali: i Bianchi e i Rossi.
Le competizioni equestri
Durante le esibizioni equestri dell’Equorum probatio, ogni cavaliere conduceva un secondo cavallo per mano, pratica che rifletteva l’uso militare romano arcaico dove i cavalieri utilizzavano due cavalcature in battaglia, come i Tarentini nella guerra greca. Questi cavalieri erano chiamati desultores.
Il teatro
Fu durante questi giochi che il teatro, ispirato al teatro greco, fu introdotto a Roma. Dopo l’introduzione del teatro nel 364 a.C., durante questi giochi venivano rappresentate opere teatrali, e nel 214 a.C., i ludi scenici occupavano quattro giorni del festival. Nel 161 a.C., il Phormio di Terenzio fu rappresentato durante questi giochi.
Altre esibizioni
I giochi permettevano anche esibizioni minori supplementari: pugili, danzatori e competizioni di cavalleria giovanile (ludus Trojae). La corona conquistata dal vincitore (premio alla maniera greca) poteva essere posta sulla sua bara alla morte, privilegio iscritto nelle Dodici Tavole. Durante il festival, i guerrieri che avevano ottenuto vere vittorie militari portavano le spoglie nemiche conquistate e una corona d’alloro.
Evoluzione tardiva
Nel Calendario di Filocalo (354 d.C.), i giochi duravano ormai solo dal 12 al 15 settembre, mostrando la loro riduzione nell’epoca tardiva dell’Impero.
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English version
IN BRIEF. Each September, Rome celebrated its greatest games in honour of Jupiter. These spectacles lasted up to fifteen days: chariot races with warriors leaping whilst in motion, horsemen on two mounts, adapted Greek theatre. Initially linked to victorious generals’ vows, they became an annual festival from 366 BC.
The Ludi Romani: From Military Vow to Jupiter’s Annual Festival
The Ludi Romani (‘Roman Games’) or Ludi magni (‘Great Games’) were a major religious festival in ancient Rome, comprising several ceremonies called ludi. These games, regarded as Rome’s principal festival, were organised in honour of Jupiter.
Traditional origins
According to tradition, they were established by Tarquinius Priscus following his conquest of the Latin town of Apiolae. However, sources such as Dionysius of Halicarnassus and Cicero attribute them to the Roman victory over the Latins at the Battle of Lake Regillus, circa 496 BC.
Evolution from extraordinary games to annual games
These games were not always celebrated annually at their inception. Often they were based upon a vow (votum) made by a military commander and celebrated after his triumph. In this extraordinary form, they were called ludi magni.
According to Livy and other ancient sources, there existed a distinction between ludi magni and ludi Romani. The ludi magni designated the extraordinary games organised following a vow (votum) pronounced by a military commander, whilst ludi Romani applied to the same games once they were established as a regular annual celebration (ludi stati). This distinction, identified by the philologist Friedrich Wilhelm Ritschl, explains why both terms coexist in the sources.
The games probably became annual from the appointment of the first curule aediles in 367 BC, who were responsible for their supervision. From 366 BC onwards, they were held regularly each year.
Evolution of duration and dates
Initially organised by the consuls, then by the curule aediles, these games lasted only one day at first. After the expulsion of the kings in 509 BC, a second day was added, followed by a third day after the first secession of the plebs in 494 BC.
From 366 BC, they were held from 12 to 14 September, then this period was extended from 5 to 19 September. From 191 to 171 BC, the games lasted ten days, and shortly before Caesar’s death, they extended for fifteen days, from 5 to 19 September. At the end of the 1st century BC, an additional day was added on 4 September in honour of the divine Julius Caesar.
The precise dating is found in Cicero’s Verrines: he mentions 45 days between the Ludi Romani and the Ludi Victoriae Sullanae of 26 October, confirming that 19 September was already the last day of the games in 70 BC.
In calendars of the Augustan era, the days of the games were noted from 4 to 19 September, with significant events such as the Epulum Jovis on the 13th and the Equorum probatio (a cavalry review) on the 14th. The circus games were held from the 15th to the 19th September.
Content of the games
The Ludi Romani included a solemn procession (pompa), chariot races, equestrian competitions, theatrical performances, and various other exhibitions such as boxing matches.
The chariot races
The chariot races of the Ludi Romani had a particular feature: each chariot carried, according to Homeric tradition, a driver (auriga) and a warrior who, at the end of the race, leapt from the chariot and finished on foot. This practice was specific to the Ludi Romani. Initially, only two chariots participated, corresponding to the two original factions: the Whites and the Reds.
The equestrian competitions
During the equestrian exhibitions of the Equorum probatio, each horseman led a second horse by hand, a practice reflecting archaic Roman military usage where cavalrymen used two mounts in battle, like the Tarentines in Greek warfare. These horsemen were called desultores.
The theatre
It was during these games that theatre, inspired by Greek drama, was introduced to Rome. After the introduction of theatre in 364 BC, plays were performed during these games, and in 214 BC, the ludi scenici occupied four days of the festival. In 161 BC, Terence’s Phormio was performed at these games.
Other exhibitions
The games also allowed for additional minor exhibitions: boxers, dancers, and youth cavalry competitions (ludus Trojae). The crown won by the victor (a prize in the Greek manner) could be placed upon his bier at death, a privilege inscribed in the Twelve Tables. During the festival, warriors who had achieved real military victories wore the enemy spoils they had conquered and a laurel crown.
Later evolution
In the Calendar of Philocalus (AD 354), the games lasted only from 12 to 15 September, showing their reduction in the later period of the Empire.
Dates
5 septembre 2026 - 19 septembre 2026 (Toute la journée)










