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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de
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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de l’Archéologie cantonale, Archeodunum Investigations Archéologiques SA et des Services de la culture et d’architecture de la Ville de Nyon – sur l’un des principaux édifices antiques de Nyon, son amphithéâtre.
Depuis sa découverte en 1996, l’amphithéâtre de Nyon attise l’intérêt et suscite de nombreuses questions. Avec l’exposition « Amphithéâtre? », le Musée romain souhaite apporter des explications, des réponses et des pistes de réflexion sur le passé, le présent et le futur de l’édifice. Il devient également, le temps de l’exposition, la maison du projet de valorisation du monument, qui connaît une évolution remarquable suite au crédit d’études voté par le Conseil communal en août 2022.
L’exposition explore l’amphithéâtre à travers des questions. Sont interrogés tour à tour sa construction, sa localisation, son âge et son ensevelissement, sa fonction, ou encore la place des animaux, des gladiateurs et des femmes dans l’arène. Une sélection de blocs, inscriptions, monnaies, petits objets trouvés sur le site sont présentés et expliqués selon les connaissances basées sur le travail des archéologues.
Dates
31 mai 2024 - 10 janvier 2027 (Toute la journée)
Musée romain de Nyon
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la pop culture japonaise et de l’une de ses sources d’inspiration, l’Antiquité gréco-romaine.
De la fascination des élites nippones du 19e siècle pour la Grèce antique à l’influence actuelle du manga et de l’animation japonaise sur les artistes francophones, en passant par la déferlante en Europe du media mix des années 80, l’exposition Kodai témoigne d’un dialogue inattendu entre deux cultures. Deux cultures que rien ne prédisposait à se croiser, mais dont la rencontre a donné naissance à un univers foisonnant, en perpétuelle réinvention. Outre la créativité des artistes japonais et la qualité de leurs oeuvres, Kodai met en lumière la force de l’Antiquité et de ses représentations, foyer d’imaginaire, au-delà des mers et à travers le temps.
Dates
29 mai 2026 15:32 - 24 janvier 2027 15:32
Musée romain de Lausanne-Vidy
Les prochaines fêtes du calendrier romain
Date
202624juinToute la journéeFors Fortuna
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Ante diem octavum kalendas Iulias
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Ante diem octavum kalendas Iulias

EN BREF. Chaque 24 juin, Rome a célébré Fors Fortuna, déesse de la chance honorée surtout par la plèbe et les esclaves. On gagnait ses temples de la rive droite du Tibre, à pied ou en barque, pour une fête arrosée de vin. Le culte remontait, dit-on, à Servius Tullius, né d’une esclave et devenu roi.
Fors Fortuna: l’ivresse populaire sur le Tibre
Le 24 juin était, à Rome, le jour de Fors Fortuna. Varron l’appelle le dies Fortis Fortunae, le «jour de Fors Fortuna»[1]: une journée dédiée à une déesse du sort et du hasard, et l’une des fêtes qui appartenaient d’abord au petit peuple plutôt qu’aux notables.
La fête sur le Tibre
Ovide place ce jour dans la dernière semaine de juin et appelle les Romains à la liesse:
«Allez, célébrez joyeusement la déesse Fors, Quirites! Sur la rive du Tibre, elle a reçu le présent d’un roi.»
On gagnait en foule les sanctuaires de la déesse, sur l’autre rive du fleuve, «les uns à pied, les autres en barque rapide», sans qu’il y eût «honte à rentrer chez soi pris de boisson»; et le poète lance aux embarcations: «Barques couronnées, portez les banquets des jeunes gens, et qu’au milieu des eaux on boive force vin»[2]. La célébration se déroulait ainsi en grande partie sur l’eau, entre la traversée du fleuve et les libations.
Cette descente du Tibre était assez connue pour que Cicéron en fasse l’image de la joie partagée. Cherchant à quoi comparer une allégresse sans mélange, il évoque la Tiberina descensio, la «descente du Tibre» d’un jour de fête, et la rapproche du triomphe d’Aemilius Paullus remontant le même fleuve avec le roi de Macédoine vaincu – sans toutefois nommer la déesse[3].
Une déesse de la plèbe et des esclaves
Si la fête débordait de gaieté, c’est qu’elle promettait l’embellie. Le grammairien Donat distingue deux puissances: Fortuna, déesse «des choses incertaines», et Fors Fortuna, qui désigne «l’issue favorable de la fortune», le bon tour que peut prendre le sort. Sa fête, précise-t-il, était celle de ceux «qui vivent sans métier»[4] – les petites gens des ateliers et des boutiques, que les dédicaces conservées montrent groupés en collèges de bouchers, de marchands de fleurs ou d’ouvriers du bronze.
Ces fidèles, Ovide les nomme: la plèbe et les esclaves. Et il en donne la raison: «la plèbe honore cette déesse, parce que celui qui l’a fondée était, dit-on, issu de la plèbe et a porté le sceptre malgré son humble origine»; «elle convient aussi aux esclaves, parce que Tullius, né d’une esclave, a établi les temples voisins de la déesse incertaine»[5]. Ce Tullius est le roi Servius Tullius, que la tradition disait né d’une mère esclave et monté du plus bas degré jusqu’au trône: l’exemple même de l’ascension que la déesse pouvait accorder aux humbles.
Les temples de la rive droite du Tibre
La tradition faisait remonter le culte à ce même Servius Tullius. Selon Varron, c’est lui qui a donné son nom au jour de fête, «parce qu’il a dédié un fanum [un sanctuaire] de Fors Fortuna le long du Tibre, hors de la ville, au mois de juin»[6]. Denys d’Halicarnasse crédite d’ailleurs le roi de deux temples de la Fortune, l’un au Forum Boarium, l’autre sur la rive du Tibre[7]; seul ce dernier est celui de Fors Fortuna.
Les calendriers gravés mentionnent deux temples au-delà du fleuve: l’un au premier mille, sur la voie de la rive droite (la via Campana, plus tard Portuensis), l’autre au sixième mille, près du bois sacré de Dea Dia. Tous deux étaient fêtés le 24 juin. L’attribution à Servius est donnée par Varron, Ovide et Denys; Plutarque, lui, la rapporte à Ancus Marcius. Écrivant en grec, Denys et Plutarque ont rendu le nom de la déesse par «la Fortune vaillante», comme s’il dérivait de l’adjectif fortis, «courageux»[8], signe que le sens du nom intriguait déjà les Anciens.
Le culte a connu d’autres fondations. En 293 avant notre ère, sur une part du butin pris aux Samnites et aux Étrusques, le consul Spurius Carvilius Maximus «a fait élever un temple de Fors Fortuna près de celui que le roi Servius Tullius avait dédié», écrit Tite-Live[9]. Bien plus tard, sous Tibère, en 17 de notre ère, un nouveau temple a été consacré à la déesse au bord du Tibre, dans les jardins que César avait légués au peuple romain; Tacite le mentionne en même temps qu’un sanctuaire voué à la famille de César et qu’une effigie d’Auguste divinisé[10]. À compter les sanctuaires que nomment les sources – celui de Servius, celui que Carvilius bâtit auprès, celui du sixième mille, celui de Tibère –, on en dénombre au moins trois, peut-être quatre; mais leurs rapports exacts restent obscurs, les témoignages anciens ne concordant pas.
De la statue elle-même, on ne sait presque rien. Comme tout temple romain, ces sanctuaires abritaient une effigie de la déesse, destinée à recevoir le culte; mais aucune description ne nous en est parvenue. Tite-Live en livre seulement un aperçu indirect, à propos d’un prodige: dans la cella – la chambre intérieure du temple, où se dressait l’image divine –, un ornement fixé à la couronne de l’effigie aurait glissé de lui-même dans sa main[11]. Des siècles après Ovide, Donat parlait encore de ce sanctuaire au présent: son temple, écrivait-il, «est au-delà du Tibre»[12].
Études modernes consultées
- Champeaux, Fortuna. Recherches sur le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain, t. I-II, Rome, École française de Rome, 1982-1987.
- S. B. Platner – T. Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Oxford, 1929, s. u. Fors Fortuna.
- D. A. Arya, The Goddess Fortuna in Imperial Rome: Cult, Art, Text, thèse, University of Texas at Austin, 2002.
[1] Varron, De lingua latina, VI, 17: Dies Fortis Fortunae appellatus ab Seruio Tullio rege, quod is fanum Fortis Fortunae secundum Tiberim extra urbem Romam dedicauit Iunio mense.
[2] Ovide, Fastes, VI, 773-780: quam cito uenerunt Fortunae Fortis honores! / post septem luces Iunius actus erit. / ite, deam laeti Fortem celebrate, Quirites: / in Tiberis ripa munera regis habet. / pars pede, pars etiam celeri decurrite cumba, / nec pudeat potos inde redire domum. / ferte coronatae iuuenum conuiuia, lintres, / multaque per medias uina bibantur aquas.
[3] Cicéron, De finibus, V, 70: …quem Tiberina descensio festo illo die tanto gaudio affecit, quanto L. Paulum, cum regem Persem captum adduceret, eodem flumine inuectio? Cicéron ne nomme pas Fors Fortuna; l’identification de cette «descente du Tibre» avec sa fête est admise par les éditeurs et la critique moderne.
[4] Donat, ad Ter. Phorm. 841: «fors fortuna» euentus fortunae bonus; aliud «Fortuna» est, aliud «Fors Fortuna»; nam «Fors Fortuna» est, cuius diem festum colunt, qui
arte aliqua uiuunt. Huius aedes trans Tiberim est. [5] Ovide, Fastes, VI, 781-784: plebs colit hanc, quia qui posuit de plebe fuisse / fertur, et ex humili sceptra tulisse loco. / conuenit et seruis, serua quia Tullius ortus / constituit dubiae templa propinqua deae.
[6] Varron, ibid. (cf. note 1).
[7] Denys d’Halicarnasse, Ant. rom., IV, 27, 7: …ναοὺς δύο κατασκευασάμενος Τύχης… τὸν μὲν ἐν ἀγορᾷ τῇ καλουμένῃ Βοαρίᾳ, τὸν δ’ ἕτερον ἐπὶ ταῖς ἠιόσι τοῦ Τεβέριος, ἣν ἀνδρείαν προσηγόρευσεν, ὡς καὶ νῦν ὑπὸ Ῥωμαίων καλεῖται («…ayant fait construire deux temples de la Fortune, l’un sur le marché dit Boarium, l’autre sur les rives du Tibre, qu’il a nommée andreia [vaillante], comme on l’appelle encore aujourd’hui chez les Romains»).
[8] Denys d’Halicarnasse, ibid. (cf. note 7); Plutarque, De fort. Rom. 5: πρῶτος μὲν γὰρ ἱδρύσατο Τύχης ἱερὸν Μάρκιος Ἄγκος… τὴν δὲ πρὸς τῷ ποταμῷ Τύχην φόρτιν καλοῦσιν, ὅπερ ἐστὶν ἰσχυρὰν ἢ ἀριστευτικὴν ἢ ἀνδρείαν («le premier à fonder un sanctuaire de la Fortune fut Ancus Marcius… celle qui est près du fleuve, ils l’appellent phortis, c’est-à-dire forte, excellente ou vaillante»).
[9] Tite-Live, Ab Urbe condita, X, 46, 14: reliquo aere aedem Fortis Fortunae de manubiis faciendam locauit prope aedem eius deae ab rege Ser. Tullio dedicatam.
[10] Tacite, Annales, II, 41: …et aedes Fortis Fortunae Tiberim iuxta in hortis, quos Caesar dictator populo Romano legauerat, sacrarium genti Iuliae effigiesque diuo Augusto apud Bouillas dicantur («…et un temple de Fors Fortuna près du Tibre, dans les jardins que le dictateur César avait légués au peuple romain, un sanctuaire pour la famille Julia et des effigies du divin Auguste à Bovillae»).
[11] Tite-Live, Ab Urbe condita, XXVII, 11, 3: …Romae intus in cella aedis Fortis Fortunae de capite signum, quod in corona erat, in manum sponte sua prolapsum («…à Rome, dans la cella du temple de Fors Fortuna, un ornement qui se trouvait sur la tête, dans la couronne, glissa de lui-même dans la main»).
[12] Donat, ibid. (cf. note 4).
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
🇮🇹 Versione italiana
IN BREVE. Ogni 24 giugno Roma celebrava Fors Fortuna, dea della fortuna onorata soprattutto dalla plebe e dagli schiavi. Si raggiungevano i suoi templi sulla riva destra del Tevere, a piedi o in barca, per una festa innaffiata di vino. Il culto risaliva, si dice, a Servio Tullio, nato da una schiava e divenuto re.
Fors Fortuna: l’ebbrezza popolare sul Tevere
Il 24 giugno era, a Roma, il giorno di Fors Fortuna. Varrone lo chiama il dies Fortis Fortunae, il «giorno di Fors Fortuna»[1]: una giornata dedicata a una dea della sorte e del caso, e una delle feste che appartenevano anzitutto al popolo minuto piuttosto che ai notabili.
La festa sul Tevere
Ovidio colloca questo giorno nell’ultima settimana di giugno e invita i Romani alla gioia:
«Andate, celebrate gioiosamente la dea Fors, Quiriti! Sulla riva del Tevere ha ricevuto il dono di un re.»
Ci si recava in folla ai santuari della dea, sull’altra riva del fiume, «gli uni a piedi, gli altri su rapida barca», senza che vi fosse «vergogna a tornare a casa ebbri»; e il poeta esorta le imbarcazioni: «Barche inghirlandate, portate i banchetti dei giovani, e in mezzo alle acque si beva molto vino»[2]. La celebrazione si svolgeva così in gran parte sull’acqua, tra la traversata del fiume e le libagioni.
Questa discesa del Tevere era abbastanza nota perché Cicerone ne facesse l’immagine della gioia condivisa. Cercando a cosa paragonare un’allegria senza mescolanza, evoca la Tiberina descensio, la «discesa del Tevere» di un giorno di festa, e la accosta al trionfo di Emilio Paolo che risaliva lo stesso fiume con il re di Macedonia vinto – senza tuttavia nominare la dea[3].
Una dea della plebe e degli schiavi
Se la festa traboccava di allegria, è perché prometteva la svolta favorevole. Il grammatico Donato distingue due potenze: Fortuna, dea «delle cose incerte», e Fors Fortuna, che designa «l’esito favorevole della fortuna», la buona piega che può prendere la sorte. La sua festa, precisa, era quella di coloro «che vivono senza mestiere»[4] – la gente minuta delle botteghe e delle officine, che le dediche conservate mostrano raggruppata in collegi di macellai, venditori di fiori o lavoratori del bronzo.
Questi fedeli, Ovidio li nomina: la plebe e gli schiavi. E ne fornisce la ragione: «la plebe onora questa dea, perché colui che la fondò era, si dice, di origine plebea e impugnò lo scettro malgrado le sue umili origini»; «conviene anche agli schiavi, perché Tullio, nato da una schiava, fondò i templi vicini alla dea incerta»[5]. Questo Tullio è il re Servio Tullio, che la tradizione diceva nato da madre schiava e salito dal gradino più basso fino al trono: l’esempio stesso dell’ascesa che la dea poteva concedere agli umili.
I templi della riva destra del Tevere
La tradizione faceva risalire il culto a questo stesso Servio Tullio. Secondo Varrone, fu lui a dare il nome al giorno di festa, «perché dedicò un fanum [un santuario] di Fors Fortuna lungo il Tevere, fuori dalla città, nel mese di giugno»[6]. Dionigi di Alicarnasso attribuisce del resto al re due templi della Fortuna, l’uno al Foro Boario, l’altro sulla riva del Tevere[7]; solo quest’ultimo è quello di Fors Fortuna.
I calendari incisi menzionano due templi al di là del fiume: l’uno al primo miglio, sulla via della riva destra (la via Campana, più tardi Portuensis), l’altro al sesto miglio, presso il bosco sacro di Dea Dia. Entrambi erano festeggiati il 24 giugno. L’attribuzione a Servio è data da Varrone, Ovidio e Dionigi; Plutarco, invece, la riferisce ad Anco Marzio. Scrivendo in greco, Dionigi e Plutarco hanno reso il nome della dea con «la Fortuna valorosa», come se derivasse dall’aggettivo fortis, «coraggioso»[8], segno che il senso del nome incuriosiva già gli Antichi.
Il culto conobbe altre fondazioni. Nel 293 a.C., con una parte del bottino preso ai Sanniti e agli Etruschi, il console Spurio Carvilio Massimo «fece erigere un tempio di Fors Fortuna presso quello che il re Servio Tullio aveva dedicato», scrive Tito Livio[9]. Molto più tardi, sotto Tiberio, nel 17 d.C., un nuovo tempio fu consacrato alla dea in riva al Tevere, nei giardini che Cesare aveva lasciato in eredità al popolo romano; Tacito lo menziona insieme a un santuario dedicato alla famiglia di Cesare e a un’effigie di Augusto divinizzato[10]. A contare i santuari che le fonti nominano – quello di Servio, quello che Carvilio costruì accanto, quello del sesto miglio, quello di Tiberio –, se ne contano almeno tre, forse quattro; ma i loro rapporti esatti restano oscuri, poiché le testimonianze antiche non concordano.
Della statua stessa non si sa quasi nulla. Come ogni tempio romano, questi santuari ospitavano un’effigie della dea, destinata a ricevere il culto; ma nessuna descrizione ce n’è pervenuta. Tito Livio ne fornisce soltanto un accenno indiretto, a proposito di un prodigio: nella cella – la camera interna del tempio, dove si ergeva l’immagine divina –, un ornamento fissato alla corona dell’effigie sarebbe scivolato da sé nella sua mano[11]. Secoli dopo Ovidio, Donato parlava ancora di questo santuario al presente: il suo tempio, scriveva, «è al di là del Tevere»[12].
Studi moderni consultati
- Champeaux, Fortuna. Recherches sur le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain, t. I-II, Roma, École française de Rome, 1982-1987.
- S. B. Platner – T. Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Oxford, 1929, s. u. Fors Fortuna.
- D. A. Arya, The Goddess Fortuna in Imperial Rome: Cult, Art, Text, tesi di dottorato, University of Texas at Austin, 2002.
[1] Varrone, De lingua latina, VI, 17: Dies Fortis Fortunae appellatus ab Seruio Tullio rege, quod is fanum Fortis Fortunae secundum Tiberim extra urbem Romam dedicauit Iunio mense.
[2] Ovidio, Fasti, VI, 773-780: quam cito uenerunt Fortunae Fortis honores! / post septem luces Iunius actus erit. / ite, deam laeti Fortem celebrate, Quirites: / in Tiberis ripa munera regis habet. / pars pede, pars etiam celeri decurrite cumba, / nec pudeat potos inde redire domum. / ferte coronatae iuuenum conuiuia, lintres, / multaque per medias uina bibantur aquas.
[3] Cicerone, De finibus, V, 70: …quem Tiberina descensio festo illo die tanto gaudio affecit, quanto L. Paulum, cum regem Persem captum adduceret, eodem flumine inuectio? Cicerone non nomina Fors Fortuna; l’identificazione di questa «discesa del Tevere» con la sua festa è ammessa dagli editori e dalla critica moderna.
[4] Donato, ad Ter. Phorm. 841: «fors fortuna» euentus fortunae bonus; aliud «Fortuna» est, aliud «Fors Fortuna»; nam «Fors Fortuna» est, cuius diem festum colunt, qui
arte aliqua uiuunt. Huius aedes trans Tiberim est. [5] Ovidio, Fasti, VI, 781-784: plebs colit hanc, quia qui posuit de plebe fuisse / fertur, et ex humili sceptra tulisse loco. / conuenit et seruis, serua quia Tullius ortus / constituit dubiae templa propinqua deae.
[6] Varrone, ibid. (cfr. nota 1).
[7] Dionigi di Alicarnasso, Ant. rom., IV, 27, 7: …ναοὺς δύο κατασκευασάμενος Τύχης… τὸν μὲν ἐν ἀγορᾷ τῇ καλουμένῃ Βοαρίᾳ, τὸν δ’ ἕτερον ἐπὶ ταῖς ἠιόσι τοῦ Τεβέριος, ἣν ἀνδρείαν προσηγόρευσεν, ὡς καὶ νῦν ὑπὸ Ῥωμαίων καλεῖται («…avendo fatto costruire due templi della Fortuna, l’uno sul mercato detto Boario, l’altro sulle rive del Tevere, che chiamò andreia [valorosa], come ancora oggi viene chiamata presso i Romani»).
[8] Dionigi di Alicarnasso, ibid. (cfr. nota 7); Plutarco, De fort. Rom. 5: πρῶτος μὲν γὰρ ἱδρύσατο Τύχης ἱερὸν Μάρκιος Ἄγκος… τὴν δὲ πρὸς τῷ ποταμῷ Τύχην φόρτιν καλοῦσιν, ὅπερ ἐστὶν ἰσχυρὰν ἢ ἀριστευτικὴν ἢ ἀνδρείαν («il primo a fondare un santuario della Fortuna fu Anco Marzio… quella che è presso il fiume, la chiamano phortis, cioè forte, eccellente o valorosa»).
[9] Tito Livio, Ab Urbe condita, X, 46, 14: reliquo aere aedem Fortis Fortunae de manubiis faciendam locauit prope aedem eius deae ab rege Ser. Tullio dedicatam.
[10] Tacito, Annales, II, 41: …et aedes Fortis Fortunae Tiberim iuxta in hortis, quos Caesar dictator populo Romano legauerat, sacrarium genti Iuliae effigiesque diuo Augusto apud Bouillas dicantur («…e un tempio di Fors Fortuna presso il Tevere, nei giardini che il dittatore Cesare aveva lasciato in eredità al popolo romano, un santuario per la famiglia Giulia ed effigi del divino Augusto a Bovillae»).
[11] Tito Livio, Ab Urbe condita, XXVII, 11, 3: …Romae intus in cella aedis Fortis Fortunae de capite signum, quod in corona erat, in manum sponte sua prolapsum («…a Roma, nella cella del tempio di Fors Fortuna, un ornamento che si trovava sulla testa, nella corona, scivolò da sé nella mano»).
[12] Donato, ibid. (cfr. nota 4).
👉 Tutte le feste del calendario romano
🇬🇧 English version
IN BRIEF. Each 24 June, Rome celebrated Fors Fortuna, goddess of luck honoured above all by the plebs and the slaves. People reached her temples on the right bank of the Tiber, on foot or by boat, for a feast awash with wine. The cult went back, it is said, to Servius Tullius, born of a slave woman and become king.
Fors Fortuna: the people’s drunken revelry on the Tiber
24 June was, at Rome, the day of Fors Fortuna. Varro calls it the dies Fortis Fortunae, the “day of Fors Fortuna”[1]: a day dedicated to a goddess of fate and chance, and one of those festivals that belonged first to the common people rather than to the notables.
The feast on the Tiber
Ovid places this day in the last week of June and calls the Romans to rejoicing:
“Go, joyfully celebrate the goddess Fors, Quirites! On the bank of the Tiber she received the gift of a king.”
People flocked to the goddess’s sanctuaries, on the other bank of the river, “some on foot, others in a swift skiff”, with no “shame in returning home the worse for drink”; and the poet calls out to the boats: “Garlanded skiffs, carry the banquets of the young men, and amid the waters let much wine be drunk”[2]. The celebration thus unfolded in large part on the water, between the crossing of the river and the libations.
This descent of the Tiber was well enough known for Cicero to make it the image of shared joy. Seeking something to which he might compare an unalloyed gladness, he evokes the Tiberina descensio, the “descent of the Tiber” of a festival day, and likens it to the triumph of Aemilius Paullus sailing up the same river with the vanquished king of Macedon – without, however, naming the goddess[3].
A goddess of the plebs and the slaves
If the feast overflowed with merriment, it was because it promised an upturn. The grammarian Donatus distinguishes two powers: Fortuna, goddess “of uncertain things”, and Fors Fortuna, which denotes “the favourable outcome of fortune”, the good turn that fate may take. Her feast, he specifies, was that of those “who live without a trade”[4] – the small folk of the workshops and the shops, whom the surviving dedications show grouped into colleges of butchers, flower-sellers or bronze-workers.
These worshippers Ovid names: the plebs and the slaves. And he gives the reason: “the plebs honours this goddess, because the one who founded it was, they say, of plebeian stock and bore the sceptre despite his humble origin”; “it suits slaves too, because Tullius, born of a slave woman, established the temples near to the uncertain goddess”[5]. This Tullius is King Servius Tullius, whom tradition held to have been born of a slave mother and to have risen from the lowest rung to the throne: the very example of the ascent that the goddess could grant to the lowly.
The temples of the right bank of the Tiber
Tradition traced the cult back to this same Servius Tullius. According to Varro, it was he who gave the festival day its name, “because he dedicated a fanum [a sanctuary] of Fors Fortuna along the Tiber, outside the city, in the month of June”[6]. Dionysius of Halicarnassus, moreover, credits the king with two temples of Fortune, one at the Forum Boarium, the other on the bank of the Tiber[7]; only the latter is that of Fors Fortuna.
The inscribed calendars mention two temples beyond the river: one at the first mile, on the road of the right bank (the via Campana, later Portuensis), the other at the sixth mile, near the sacred grove of Dea Dia. Both were celebrated on 24 June. The attribution to Servius is given by Varro, Ovid and Dionysius; Plutarch, for his part, ascribes it to Ancus Marcius. Writing in Greek, Dionysius and Plutarch rendered the goddess’s name as “the valiant Fortune”, as though it derived from the adjective fortis, “brave”[8], a sign that the meaning of the name already intrigued the Ancients.
The cult saw other foundations. In 293 BCE, from a share of the booty taken from the Samnites and the Etruscans, the consul Spurius Carvilius Maximus “had a temple of Fors Fortuna raised near the one that King Servius Tullius had dedicated”, writes Livy[9]. Much later, under Tiberius, in 17 CE, a new temple was consecrated to the goddess on the bank of the Tiber, in the gardens that Caesar had bequeathed to the Roman people; Tacitus mentions it together with a shrine dedicated to Caesar’s family and an effigy of the deified Augustus[10]. Counting up the sanctuaries the sources name – that of Servius, the one Carvilius built beside it, that of the sixth mile, that of Tiberius –, one reckons at least three, perhaps four; but their exact relations remain obscure, the ancient testimonies not agreeing.
Of the statue itself almost nothing is known. Like every Roman temple, these sanctuaries housed an effigy of the goddess, meant to receive worship; but no description of it has come down to us. Livy gives only an indirect glimpse of it, apropos of a portent: in the cella – the inner chamber of the temple, where the divine image stood –, an ornament fixed to the crown of the effigy is said to have slipped of its own accord into its hand[11]. Centuries after Ovid, Donatus still spoke of this sanctuary in the present tense: its temple, he wrote, “is beyond the Tiber”[12].
Modern studies consulted
- Champeaux, Fortuna. Recherches sur le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain, t. I-II, Rome, École française de Rome, 1982-1987.
- S. B. Platner – T. Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Oxford, 1929, s. u. Fors Fortuna.
- D. A. Arya, The Goddess Fortuna in Imperial Rome: Cult, Art, Text, PhD thesis, University of Texas at Austin, 2002.
[1] Varro, De lingua latina, VI, 17: Dies Fortis Fortunae appellatus ab Seruio Tullio rege, quod is fanum Fortis Fortunae secundum Tiberim extra urbem Romam dedicauit Iunio mense.
[2] Ovid, Fasti, VI, 773-780: quam cito uenerunt Fortunae Fortis honores! / post septem luces Iunius actus erit. / ite, deam laeti Fortem celebrate, Quirites: / in Tiberis ripa munera regis habet. / pars pede, pars etiam celeri decurrite cumba, / nec pudeat potos inde redire domum. / ferte coronatae iuuenum conuiuia, lintres, / multaque per medias uina bibantur aquas.
[3] Cicero, De finibus, V, 70: …quem Tiberina descensio festo illo die tanto gaudio affecit, quanto L. Paulum, cum regem Persem captum adduceret, eodem flumine inuectio? Cicero does not name Fors Fortuna; the identification of this “descent of the Tiber” with her festival is accepted by editors and modern scholarship.
[4] Donatus, ad Ter. Phorm. 841: «fors fortuna» euentus fortunae bonus; aliud «Fortuna» est, aliud «Fors Fortuna»; nam «Fors Fortuna» est, cuius diem festum colunt, qui
arte aliqua uiuunt. Huius aedes trans Tiberim est. [5] Ovid, Fasti, VI, 781-784: plebs colit hanc, quia qui posuit de plebe fuisse / fertur, et ex humili sceptra tulisse loco. / conuenit et seruis, serua quia Tullius ortus / constituit dubiae templa propinqua deae.
[6] Varro, ibid. (cf. note 1).
[7] Dionysius of Halicarnassus, Ant. rom., IV, 27, 7: …ναοὺς δύο κατασκευασάμενος Τύχης… τὸν μὲν ἐν ἀγορᾷ τῇ καλουμένῃ Βοαρίᾳ, τὸν δ’ ἕτερον ἐπὶ ταῖς ἠιόσι τοῦ Τεβέριος, ἣν ἀνδρείαν προσηγόρευσεν, ὡς καὶ νῦν ὑπὸ Ῥωμαίων καλεῖται (“…having had two temples of Fortune built, one on the market called Boarium, the other on the banks of the Tiber, which he named andreia [valiant], as it is still called today among the Romans”).
[8] Dionysius of Halicarnassus, ibid. (cf. note 7); Plutarch, De fort. Rom. 5: πρῶτος μὲν γὰρ ἱδρύσατο Τύχης ἱερὸν Μάρκιος Ἄγκος… τὴν δὲ πρὸς τῷ ποταμῷ Τύχην φόρτιν καλοῦσιν, ὅπερ ἐστὶν ἰσχυρὰν ἢ ἀριστευτικὴν ἢ ἀνδρείαν (“the first to found a sanctuary of Fortune was Ancus Marcius… the one near the river they call phortis, that is, strong, excellent or valiant”).
[9] Livy, Ab Urbe condita, X, 46, 14: reliquo aere aedem Fortis Fortunae de manubiis faciendam locauit prope aedem eius deae ab rege Ser. Tullio dedicatam.
[10] Tacitus, Annales, II, 41: …et aedes Fortis Fortunae Tiberim iuxta in hortis, quos Caesar dictator populo Romano legauerat, sacrarium genti Iuliae effigiesque diuo Augusto apud Bouillas dicantur (“…and a temple of Fors Fortuna near the Tiber, in the gardens that the dictator Caesar had bequeathed to the Roman people, a shrine for the Julian family and effigies of the divine Augustus at Bovillae”).
[11] Livy, Ab Urbe condita, XXVII, 11, 3: …Romae intus in cella aedis Fortis Fortunae de capite signum, quod in corona erat, in manum sponte sua prolapsum (“…at Rome, in the cella of the temple of Fors Fortuna, an ornament that was on the head, in the crown, slipped of its own accord into the hand”).
[12] Donatus, ibid. (cf. note 4).
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Dates
24 juin 2026 Toute la journée
202605juil10:1310:13Poplifugia
Description
Ante diem tertium Nonas iulias EN BREF. Cette fête qui porte le nom de «fuite du peuple» intrigue les historiens. Les Poplifugia du 5 juillet mélangent légendes
Description
Ante diem tertium Nonas iulias
EN BREF. Cette fête qui porte le nom de «fuite du peuple» intrigue les historiens. Les Poplifugia du 5 juillet mélangent légendes contradictoires: mort de Romulus dans un orage, panique après l’invasion gauloise, déroute militaire face aux Étrusques ou aux peuples voisins, rites de fertilité pour Junon. Le mystère demeure intact.

Les Poplifugia ou la mémoire d’une fuite collective
Les Poplifugia (également Populifugia), célébrées le 5 juillet dans la Rome antique, constituent une fête religieuse dont les origines et la signification font l’objet d’explications contradictoires chez les auteurs antiques. Cette fête commémorait la disparition mystérieuse de Romulus, le fondateur légendaire de Rome, et impliquait des rituels associés à la déesse Junon. Elle s’inscrivait dans un cycle de fêtes estivales.
La proximité des dates explique les confusions fréquentes dans les sources anciennes. Les Poplifugia proprement dites ont lieu le 5 juillet, les Nones Caprotines le 7 juillet (dédiées à Junon Caprotina), et la Vitulatio le 8 juillet. Cette proximité temporelle fait que la date donnée à Poplifugia par certains témoignages varie du 5 au 8 juillet dans les calendriers et chez les auteurs.
Explications contradictoires des auteurs antiques
Les sources antiques proposent plusieurs origines incompatibles pour les Poplifugia :
Varron propose une explication historique liée aux invasions: «Le jour des Poplifugia semble avoir été ainsi nommé parce que ce jour-là le peuple prit soudainement la fuite à cause d’un tumulte: en effet, peu de temps après le départ des Gaulois de la ville, les peuples qui se trouvaient alors près de la ville, comme les Ficulates et les Fidénates et d’autres voisins, conspirèrent contre nous. Plusieurs traces de cette fuite apparaissent dans les rites sacrés de ce jour» (De lingua latina, VI, 18).
Macrobe rapporte une version totalement différente transmise par Piso, qui implique les Étrusques et non les peuples du Latium: «Le lendemain des Nones de juillet, après un succès militaire, alors que la veille le peuple avait été mis en fuite par les Étrusques -d’où le nom de Populifugia– après la victoire, on célèbre la vitulatio avec des sacrifices déterminés» (Saturnales, III, 2, 14).
Une troisième tradition, rapportée par Tite-Live mais sans lien explicite avec les Poplifugia, associe le marais de la Chèvre à la disparition de Romulus: «un jour qu’il assistait à une assemblée, dans un lieu voisin du marais de la Chèvre, pour procéder au recensement de l’armée, survint tout à coup un orage, accompagné d’éclats de tonnerre, et le roi, enveloppé d’une vapeur épaisse, fut soustrait à tous les regards» (Histoire romaine, I, 16, 1).
Les tensions politiques autour de Romulus
Le récit de Tite-Live révèle les tensions politiques de l’époque. L’historien note que Romulus «fut plus cher au peuple qu’au sénat» (Histoire romaine, I, 15, 8) et rapporte des soupçons d’assassinat: «Je suppose qu’il ne manqua pas alors de gens qui accusèrent tout bas les sénateurs d’avoir déchiré Romulus de leurs propres mains; le bruit même s’en répandit, mais n’acquit jamais beaucoup de consistance» (Histoire romaine, I, 16, 4).
Pour apaiser ces tensions, le récit de l’apparition divine de Romulus à Proculus Julius présente une prophétie sur la destinée de Rome: «Va, dit-il, annoncer à tes concitoyens que cette ville que j’ai fondée, ma Rome, sera la reine du monde; telle est la volonté du ciel. Que les Romains se livrent donc tout entiers à la science de la guerre; qu’ils sachent, et après eux leurs descendants, que nulle puissance humaine ne pourra résister aux armes de Rome» (Histoire romaine, I, 16, 6-7). Tite-Live observe avec ironie: «Il est étonnant qu’on ait si facilement ajouté foi à un pareil discours, et aussi combien la certitude de l’immortalité de Romulus adoucit les regrets du peuple et de l’armée» (Histoire romaine, I, 16, 8).
Varron établit une connexion entre les Poplifugia du 5 juillet et les Nones Caprotines du 7 juillet: «Les Nones Caprotines, parce que ce jour-là dans le Latium les femmes sacrifient à Junon Caprotina et le font sous un figuier sauvage; elles utilisent une branche de figuier sauvage» (De lingua latina, VI, 18).
Les interprétations modernes
Face à ces contradictions, les historiens modernes ont tenté diverses synthèses. Le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines (DAGR) propose que les Poplifugia, les Nones Caprotines, les Consualia de juillet et la Vitulatio formaient un ensemble de célébrations liées à la fertilité et à la purification de la terre nourricière, sous l’égide de Juno Caprotina.
Cette interprétation s’appuie sur des éléments symboliques récurrents: la chèvre immolée en sacrifice, l’arbre caprificus sous lequel les femmes se réunissaient, et les rituels de purification. Un document d’Iguvium éclaire certaines pratiques: lors de la moisson, les habitants chassaient une troupe de veaux comme des ennemis, pour les capturer ensuite et les immoler, en signe de joie et de lustration.
Cependant, le DAGR reconnaît que d’autres explications proposées (commémoration de la dernière lustration de l’armée par Romulus, souvenir de la défaite des Fidénates) sont «d’invention assez récente et de subtilité tout archéologique».
La persistance d’une fête populaire
Malgré l’obscurité de ses origines, la fête perdura jusqu’au déclin du paganisme. Selon le DAGR, elle survécut «parce qu’elle était une réjouissance populaire», même si son caractère rustique se modifia au cours des siècles. Les premiers apologistes chrétiens dénoncèrent d’ailleurs la licence de ces célébrations qui se perpétuaient encore sous leurs yeux.
Sources antiques
- MACROBE, Saturnales, III, 2, 14.
- TITE-LIVE, Histoire romaine, I, 15, 8 ; I, 16, 1.4.6-8.
- VARRON, De lingua latina, VI, 18.
Études modernes
- Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines (DAGR) de Daremberg et Saglio, s.v. «Poplifugia».
Dates
5 juillet 2026 10:13 - 10:13
202606juilToute la journée13Ludi Apollinares
Description
Pridie Nonas Iulias - Ante diem tertium Idus Iulias Denier de Lucius Calpurnius Piso Frugi, 90 avant
Description
Pridie Nonas Iulias – Ante diem tertium Idus Iulias

EN BREF. Créés en pleine guerre contre Hannibal après consultation d’oracles, les Ludi Apollinares débutent en 212 avant notre ère par une seule journée de spectacles. Ces jeux en l’honneur d’Apollon s’étendent progressivement sur neuf jours en juillet. Contrairement aux autres fêtes romaines, ils mélangent rites grecs et traditions latines. Au 1er siècle avant notre ère, ils deviennent un théâtre de contestation politique où les acteurs critiquent les dirigeants. L’empereur Septime Sévère les célèbre encore au 3e siècle après notre ère.
Les Ludi Apollinares: une fête romaine née de la guerre
En 212 avant notre ère, Rome traverse une période dramatique. Hannibal et ses troupes carthaginoises ravagent l’Italie depuis plusieurs années. La défaite de Cannes, en 216, a coûté la vie à des dizaines de milliers de soldats romains. Face à cette situation désespérée, le Sénat romain décide de consulter des textes prophétiques.
Tite-Live (XXV, 12) et Macrobe (Saturnales, I, 17) racontent que les sénateurs font examiner un recueil de prédictions, qui avait été récemment découvert à Rome, les Carmina Marciana. Une prophétie attire leur attention:
«Romains, si vous voulez chasser l’ennemi et le fléau qui vous arrive des extrémités de l’univers, je vous engage à vouer à Apollon des jeux que vous célébrerez pieusement chaque année, en partie aux frais du public, en partie aux frais des particuliers. Faites présider à la célébration de ces jeux le préteur qui sera chargé de rendre la justice à toutes les classes du peuple.»
Pour confirmer cette révélation, les autorités consultent également les Livres sibyllins, collection officielle de prophéties conservée au Capitole. Les deux sources donnent la même réponse: il faut organiser des jeux en l’honneur d’Apollon.
La première célébration
Le Sénat vote aussitôt les crédits nécessaires. Tite-Live précise que «le préteur urbain recevrait pour ces jeux une somme de 12 000 as». En 212, ces premiers Ludi Apollinares sont organisés par le préteur urbain Publius Cornelius Sylla, comme l’indique Tite-Live dans ses Periochae (25.3).
Ces jeux comprennent «des jeux scéniques et des jeux de cirque dans le cirque Maxime». L’historien romain décrit l’atmosphère de cette première édition: «Le peuple y assista couronné, les mères de famille firent des supplications; on festoya en public, portes ouvertes, dans les cours des maisons, et on fêta ce jour par toutes sortes de cérémonies.» Chaque spectateur doit porter une couronne de laurier et faire une offrande personnelle à Apollon.
Une institutionnalisation en deux temps
Les premières années, les Ludi Apollinares n’ont pas de date fixe. Tite-Live explique que «dès lors, tous les préteurs urbains suivants les organisèrent; mais ils prenaient l’engagement pour une seule année et les célébraient à un jour indéterminé» (Inde omnes deinceps pretores urbani facerunt; sed in unum annum vovebant dieque incerta faciebant).
La première étape de stabilisation intervient en 211 avant notre ère, quand le Sénat accepte la proposition du préteur Gaius Calpurnius Piso de rendre ces jeux définitivement annuels.
L’étape décisive a lieu en 208 avant notre ère. Une épidémie frappe Rome et ses environs. Le préteur urbain Publius Licinius Varus fait voter par le peuple une loi qui fixe les jeux «pour l’éternité à une date fixe». Selon Tite-Live (XXVII, 23), «Publio Licinio Varo, préteur urbain, fut le premier à établir et organiser ainsi les jeux» (P. Licinius Varus, praetor urbanus […] ita vovit fecitque primus). La date choisie est le 13 juillet.
L’extension des festivités
Au départ, les Ludi Apollinares ne durent qu’une journée. Mais leur succès entraîne un allongement progressif. En 190 avant notre ère, Tite-Live (XXXVII, 4) mentionne qu’ils occupent «le cinquième jour avant les ides de juillet», ce qui prouve qu’ils durent alors au moins trois jours, du 11 au 13 juillet.
Les calendriers gravés sur pierre à l’époque d’Auguste montrent que les jeux s’étalent désormais du 6 au 13 juillet, soit huit jours. Le calendrier de Filocalus (ou Chronographe de 354), rédigé au 4e siècle après notre ère, leur consacre même neuf jours, du 3 au 13 juillet.
La diversification des spectacles
Le contenu des Ludi Apollinares évolue aussi. Tite-Live (XXV, 12) précise qu’en 212 avant notre ère, ils se déroulent «dans le cirque Maxime»: ce sont donc des courses de chars et de chevaux. Mais très vite, d’autres types de spectacles s’ajoutent au programme.
En 169 avant notre ère, des représentations théâtrales sont données pendant les jeux. Cicéron (Brutus, XX) rapporte qu’Ennius, le grand poète romain, «mourut après avoir fait représenter sa tragédie de Thyeste» lors de cette édition. En 60 avant notre ère, «une partie des jeux se passait au théâtre».
À la fin de la République, Cicéron (Lettres à Atticus, IV, 14, 6) évoque aussi des chasses aux animaux sauvages (venationes) organisées pendant les Ludi Apollinares. Il écrit à son ami Atticus: «des jeux magnifiques et réussis; la chasse a été reportée à un autre jour» (Ludi magnifici et grati; uenatio in aliud tempus dilata), montrant que ces spectacles font désormais partie du programme habituel.
L’organisation administrative
Les Ludi Apollinares présentent une particularité administrative. Contrairement aux autres grandes fêtes romaines, confiées aux édiles, ils restent sous l’autorité du préteur urbain. Cette situation s’explique par leur origine votive.
Le prestige attaché à cette charge transparaît dans le monnayage de l’époque. En 90 avant notre ère, Lucius Calpurnius Piso Frugi frappe des pièces représentant Apollon au droit et un cavalier acrobate au revers. Ce choix rappelle probablement les services rendus par son ancêtre, le préteur qui obtint en 211 le renouvellement perpétuel des jeux d’Apollon.
Les rites religieux
Les aspects religieux des Ludi Apollinares suivent des prescriptions précises. La prophétie des Carmina Marciana, rapportée par Macrobe (Saturnales, I, 17), prescrit que «les décemvirs offrent des sacrifices selon le rite grec» (decemviri Graeco ritu hostiis sacra faciant). Cette particularité rituelle distingue le culte d’Apollon: contrairement aux autres divinités romaines, honorées «la tête recouverte d’un pan de la toge», Apollon reçoit des sacrifices selon le mode grec, «la tête découverte».
Macrobe et Tite-Live précisent le détail des offrandes prescrites: «à Apollon un bœuf et deux chèvres blanches ayant les cornes dorées, et à Latone une vache ayant aussi les cornes dorées».
Les jeux comme espace de tensions politiques
Au 1er siècle avant notre ère, les Ludi Apollinares, qui ont lieu en juillet près de la période électorale, deviennent un théâtre d’expression politique. Sylvia Estienne souligne que «pour le 1er s. av. J.-C., nos sources sur les ludi ne privilégient pas forcément la dynamique consensuelle, mais en soulignent au contraire les aspects disruptifs».
En 59, «la foule acclame l’acteur Diphilus pour des vers interprétés comme une critique voilée de Pompée et de ses partenaires du premier triumvirat». En 63 et en 57, «les jeux virent quasiment à l’émeute dans des contextes tendus».
En 44, après l’assassinat de César, les jeux prennent une dimension mémorielle particulière puisqu’ils coïncident avec l’anniversaire de naissance du dictateur défunt, le 12 juillet. Les jeux Apollinaires «deviennent un enjeu de mémoire entre Octavien et Brutus, alors préteur urbain, qui tente désespérément de s’en servir pour reconquérir l’opinion publique». L’impact des représentations théâtrales se mesure «à travers l’importance de la culture théâtrale dans la mémoire populaire».
La pérennité sous l’Empire
Sous l’Empire romain, les Ludi Apollinares conservent leur importance. Les sources indiquent qu’ils «gardent toute leur importance et tout leur éclat» jusqu’à l’époque tardive. Cette longévité témoigne de l’enracinement de cette fête dans la culture romaine.
L’empereur Septime Sévère, au début du 3e siècle après notre ère, montre encore l’actualité du culte apollinien en organisant des Jeux séculaires où Apollon tient une place centrale. Ces grandes célébrations, inspirées des Ludi Apollinares, prouvent la continuité de la dévotion romaine envers le dieu grec.
SOURCES ANTIQUES
- Cicéron, Brutus, XX.
- Cicéron, Lettres à Atticus, IV, 14, 6.
- Macrobe, Saturnales, I, 17: Hostem, Romani, si ex agro expellere vultis, vomicam quae gentium venit longe, Apollini censeo vovendos ludos qui quotannis comiter Apollini fiant. His ludis faciendis praesit is praetor qui ius populo plebique dabit summum: decemviri Graeco ritu hostiis sacra faciant. Hoc si recte facietis, gaudebitis semper fietque res publica melior: nam is divus extinguet perduelles vestros qui vestros campos pascunt placide.
- Tite-Live, Histoire romaine, XXV, 12 ; XXVII, 23 ; XXXVII, 4.
- Tite-Live, Periochae, 25, 3.
ÉTUDES MODERNES
- Estienne, Sylvia, De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares: aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome, Pallas, 111, 2019, p. 153-170.
Dates
6 juillet 2026 - 13 juillet 2026 (Toute la journée)
202607juilToute la journéeNonae Caprotinae
Description
Nonis Iuliis Figure de Junon avec cornes de chèvres, Latium, 500-480 av. J.C. (Altes
Description
Nonis Iuliis

EN BREF. Le 7 juillet, les femmes romaines célébraient une fête où esclaves et matrones échangeaient leurs rôles, les Nonae Caprotinae. Les servantes portaient les vêtements de leurs maîtresses, lançaient des plaisanteries interdites et simulaient des combats. Cette journée commémorait l’héroïsme légendaire de Philotis, esclave qui aurait sauvé Rome en trompant des ennemis.
Les Nonae Caprotinae: quand les esclaves sauvaient Rome
Dans le foisonnant calendrier religieux de la Rome antique, une fête se distingue par son caractère singulier: les Nones Caprotines. Célébrée chaque année le 7 juillet, cette festivité en l’honneur de Junon Caprotine revêtait une importance particulière pour les femmes romaines, qu’elles soient libres ou esclaves.
La position des Nonae Caprotinae dans le calendrier romain est exceptionnelle : c’est la seule fête fixée un jour des Nones, ce qui lui confère un statut particulier dans le cycle religieux romain.
Cette singularité a parfois conduit à des confusions avec d’autres célébrations, notamment les Poplifugia, qui commémoraient la disparition mystérieuse de Romulus. Plutarque fusionne les deux événements dans ses écrits (Vie de Romulus 29), tandis que Varron les distingue clairement dans son De lingua latina (VI, 18) sans en préciser les dates.
L’apparition de cette fête dans les calendriers épigraphiques en caractères majuscules indique qu’elle remonte à la période monarchique, ce qui exclut toute connexion avec des événements du début de la République.
Le mythe fondateur : l’héroïsme de Philotis
Selon Plutarque dans ses Vies parallèles (Vie de Camille 33) et Macrobe dans ses Saturnales (I, 11, 35-40), «les Latins campent sous les murs de la ville, et exigent des Romains qu’ils leur livrent des jeunes filles et des femmes de naissance libre». Face à cette situation critique, «une esclave nommée par les uns Philotis et par les autres Tutula (ou Tutela) leur propose alors de se livrer en otage à la place des femmes libres, avec un certain nombre de ses compagnes dans la fleur de l’âge».
Vêtues et parées comme des femmes libres, elles se rendirent dans le camp des assiégeants sous la conduite de Philotis. Une fois dans le camp ennemi, ces femmes enivrèrent leurs ravisseurs. Macrobe précise que les pseudo-matrones «uiros plurimo uino prouocauerunt» (provoquèrent les hommes avec beaucoup de vin).
Pendant la nuit, une fois les hommes endormis, elles leur volèrent leurs épées. Philotis se hissa sur un figuier sauvage et brandit un flambeau, en dissimulant la lumière aux ennemis avec son manteau. Cette ruse permit aux soldats romains de surprendre leurs adversaires et de remporter la victoire.
En reconnaissance de cet acte héroïque, le Sénat romain décréta que les esclaves ayant participé à cette action seraient affranchies et autorisées à porter l’habit de matrones. Une fête annuelle fut instituée pour commémorer cet événement: les Nonae Caprotinae, nom dérivé du terme latin caprificus (figuier sauvage), en souvenir de l’arbre d’où la jeune esclave éleva sa torche.
Plutarque situe cet épisode à la fin du 4e siècle avant notre ère, soit peu de temps après le sac de Rome par les Gaulois (390/387 avant notre ère). Mais les études récentes ont cependant démontré qu’aucune des populations limitrophes de Rome n’a tenté d’envahir son territoire après le départ des Gaulois. Cette tradition historiographique transpose donc une tradition mythique qui doit être interprétée comme telle.
Un déroulement rituel d’inversion sociale
Le jour des Nonae Caprotinae, les femmes romaines, toutes classes confondues, quittaient la ville en procession. Plutarque décrit comment «on la commence en franchissant en foule la porte de la ville et en criant beaucoup de prénoms les plus communs dans le pays… pour imiter les soldats qui, dans leur précipitation, s’interpellaient alors les uns les autres».
Les esclaves, vêtues comme des femmes libres, interpellaient les passants avec des plaisanteries osées, brouillant temporairement les distinctions sociales. Plutarque note qu’«ensuite les esclaves, brillamment parées, se promènent en folâtrant et en lançant des railleries à ceux qu’elles rencontrent». L’un des moments forts était la simulation joyeuse d’un combat où les participantes se lançaient des pierres, «pour marquer la part qu’elles prirent alors à la lutte contre les Latins».
Cette reconstitution ludique était suivie d’un banquet rassemblant femmes libres et esclaves autour d’un figuier sauvage. Varron précise dans son De lingua latina (VI, 18) le rituel religieux: «Nones Caprotines, parce que ce jour-là dans le Latium les femmes sacrifient à Junon Caprotine et se rassemblent sous le figuier sauvage : elles utilisent une branche du figuier sauvage». Les femmes utilisaient le lait du figuier et une de ses branches pour accomplir leur sacrifice à Junon.
L’Ancillarum Feriae: une fête des servantes
Ce jour était également marqué comme Ancillarum Feriae (Fête des esclaves/servantes). Ovide mentionne dans son Art d’aimer (II, 257-258) l’usage de faire des cadeaux aux esclaves «dans ce jour où, trompée par le travestissement des esclaves romaines, les Gaulois payèrent cette erreur de leur vie». Cette dimension reconnaissait spécifiquement le rôle héroïque des esclaves dans le mythe fondateur, créant un espace temporaire de reconnaissance sociale.
Les interprétations modernes : entre fertilité et astronomie
Les historiens modernes ont proposé différentes lectures de cette fête complexe. L’historien Uberto Pestalozza interprète en 1933 le rituel comme un rite favorisant la fertilité féminine avec la présence symbolique du figuier sauvage, considéré comme mâle et fécondant, et le surnom Caprotine de la déesse, lié à la puissance du bouc.
Une interprétation révolutionnaire a été proposée par Paul Drossart en 1974, reprise par Georges Dumézil. Selon cette lecture astronomique, «la fête des Nonae Caprotinae, qui se célébrait dans le calendrier lunaire au premier quartier suivant le solstice d’été (7 juillet), au début donc de la saison de dominance des nuits, appelle, dans ses rites et dans une de ses légendes étiologiques, une interprétation lunaire».
Drossart voit dans la figure de Philotis brandissant sa torche depuis le figuier «une image familière à l’iconographie romaine: le personnage féminin emporté vers le ciel dans un envol d’écharpe ou de voiles, et qui parfois brandit une torche: par exemple sur l’armure de la statue de Prima Porta, sur le bas-relief de Carthage inspiré par l’Ara Pacis». L’écran que Philotis déploie pour cacher une partie de la lumière représenterait le partage de l’orbe lunaire dont la moitié seulement, la nuit des Nones, dispense ses rayons.
Cette approche lunaire établit une correspondance avec les rites des Matralia du 11 juin, créant un système où les Nonae Caprotinae marquent «le sauvetage de la lumière du jour, défaillante, compensée par la lumière lunaire», selon Dumézil.
Une persistance à travers les siècles
Malgré les changements sociaux et religieux qui ont marqué l’histoire de Rome, les Nonae Caprotinae ont perduré pendant des siècles. Des mentions de cette fête apparaissent encore dans des textes du 4e et du 5e siècle, alors même que le christianisme s’imposait progressivement comme religion dominante. Ausone les cite dans son Églogue 23, et Macrobe les décrit dans ses Saturnales. Le calendrier de Polemius Silvius, daté d’environ 448, les mentionne également.
Cette longévité témoigne de l’enracinement profond de cette célébration dans la culture romaine, résistant même aux transformations religieuses majeures de l’Empire tardif. Les Nonae Caprotinae révèlent une société capable d’intégrer des pratiques très anciennes dans son système religieux sophistiqué, tout en ménageant des espaces de liberté sociale contrôlée où les hiérarchies habituelles étaient temporairement suspendues, permettant une libération contrôlée des tensions sociales.
Sources antiques
- Macrobe, Saturnales, I, 11, 35-40.
- Ovide, Ars amatoria (Art d’aimer), II, 257-258.
- Plutarque, Vies parallèles : Vie de Camille, 33 ; Vie de Romulus, 29 ; Vie de Numa, 2.
- Varron, De lingua latina, VI, 18.
Études modernes citées
- Drossart, Paul, Nonae Caprotinae: La fausse capture des Aurores, Revue de l’histoire des religions, t. 185, n° 2, 1974, p. 129-139.
- Dumézil, Georges, Fêtes romaines d’été et d’automne, suivi de Dix Questions romaines, Paris, Gallimard, 1975.
- Pestalozza, Uberto, interprétation du rituel des Nones Caprotines comme rite de fertilité (1933).
En savoir plus
- Cette fête romaine n’a aucun sens (Nones Caprotines), sur la chaine Youtube Le Stryge.
- Article Nones Caprotines sur Wikipedia.
Dates
7 juillet 2026 Toute la journée
202615juilToute la journéeTransvectio equitum
Description
Idibus Iuliis La transvectio
Description
Idibus Iuliis

La transvectio equitum, une parade annuelle des chevaliers romains à Rome, est instituée en l’honneur des Dioscures à la fin du IVe siècle av. J.-C. Cette cérémonie, profondément ancrée dans les traditions militaires et religieuses de la Rome antique, subit des transformations significatives au fil des siècles, particulièrement sous l’Empire romain.
La transvectio equitum se déroule chaque année le 15 juillet. Les jeunes chevaliers, ou iuvenes equites, vêtus de la toga trabea (ornée de bandes pourpres), se rassemblent devant le temple de Mars, situé le long de la Via Appia, à environ deux kilomètres de la Porta Capena. Ce temple, dédié le 1er juin 368 av. J.-C. par le duumvir Titus Quinctius après la guerre gauloise, sert de point de départ à la parade. Les censeurs, responsables de la revue des chevaliers (recognitio equitum), inspectent les participants avant de guider la procession à travers Rome. Le parcours suit la Via Appia jusqu’à la Porta Capena, puis se dirige vers le Capitole, avec un arrêt devant le temple des Dioscures sur le Forum Romain pour offrir un sacrifice en l’honneur des divinités protectrices des cavaliers.
L’origine de cette cérémonie remonte à la bataille du lac Regille en 499 av. J.-C., où les Romains, confrontés à une coalition de Latins, voient apparaître deux cavaliers extraordinaires, identifiés plus tard comme les Dioscures Castor et Pollux. Ces derniers, montés sur des chevaux blancs et vêtus de la trabea de pourpre, interviennent pour semer la confusion parmi les ennemis et assurent ainsi la victoire des Romains. En reconnaissance de cette intervention divine, un temple est dédié aux Dioscures en 484 av. J.-C. près de la fontaine de Giuturna.
En 230 av. J.-C., le censeur Quintus Fabius Maximus Verrucosus modifie le point de départ de la procession, la faisant démarrer du temple de Virtus et Honos près de la Porta Capena, tout en maintenant sa proximité avec le temple de Mars.
Après plusieurs décennies d’oubli, la parade est rétablie par Auguste. Ce dernier, selon Suétone, réinstaure la marche solennelle au Capitole, supprimant la tradition où un accusateur pouvait faire descendre un chevalier de son cheval. Il permet aussi aux chevaliers âgés ou mutilés de faire marcher leur cheval dans le rang tout en répondant à pied s’ils sont cités. Sous le règne d’Auguste, les chevaliers sont divisés en six escadrons (turmae), chacun dirigé par un sevir turmae equitum Romanorum, une charge honorifique occupée par des figures telles que Caius et Lucius César, et plus tard par Hadrien en 94 après J.-C. Le parcours de la parade est modifié pour inclure une halte devant le temple de Mars Vengeur sur le forum d’Auguste, tout en conservant l’arrivée traditionnelle au Capitole.
Dionysios d’Halicarnasse décrit cette procession comme un spectacle grandiose. Les chevaliers, ornés de couronnes de branches d’olivier et portant leurs décorations de bataille, défilent sur leurs chevaux depuis le temple de Mars à l’extérieur de la ville, traversant le Forum Romain jusqu’au temple des Dioscures, en nombre pouvant atteindre jusqu’à cinq mille.
Dates
15 juillet 2026 Toute la journée










