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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de
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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de l’Archéologie cantonale, Archeodunum Investigations Archéologiques SA et des Services de la culture et d’architecture de la Ville de Nyon – sur l’un des principaux édifices antiques de Nyon, son amphithéâtre.
Depuis sa découverte en 1996, l’amphithéâtre de Nyon attise l’intérêt et suscite de nombreuses questions. Avec l’exposition « Amphithéâtre? », le Musée romain souhaite apporter des explications, des réponses et des pistes de réflexion sur le passé, le présent et le futur de l’édifice. Il devient également, le temps de l’exposition, la maison du projet de valorisation du monument, qui connaît une évolution remarquable suite au crédit d’études voté par le Conseil communal en août 2022.
L’exposition explore l’amphithéâtre à travers des questions. Sont interrogés tour à tour sa construction, sa localisation, son âge et son ensevelissement, sa fonction, ou encore la place des animaux, des gladiateurs et des femmes dans l’arène. Une sélection de blocs, inscriptions, monnaies, petits objets trouvés sur le site sont présentés et expliqués selon les connaissances basées sur le travail des archéologues.
Dates
31 mai 2024 - 10 janvier 2027 (Toute la journée)
Musée romain de Nyon
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la
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Kodai propose un voyage au Pays du Soleil levant, à la découverte de la pop culture japonaise et de l’une de ses sources d’inspiration, l’Antiquité gréco-romaine.
De la fascination des élites nippones du 19e siècle pour la Grèce antique à l’influence actuelle du manga et de l’animation japonaise sur les artistes francophones, en passant par la déferlante en Europe du media mix des années 80, l’exposition Kodai témoigne d’un dialogue inattendu entre deux cultures. Deux cultures que rien ne prédisposait à se croiser, mais dont la rencontre a donné naissance à un univers foisonnant, en perpétuelle réinvention. Outre la créativité des artistes japonais et la qualité de leurs oeuvres, Kodai met en lumière la force de l’Antiquité et de ses représentations, foyer d’imaginaire, au-delà des mers et à travers le temps.
Dates
29 mai 2026 15:32 - 24 janvier 2027 15:32
Musée romain de Lausanne-Vidy
Les prochaines fêtes du calendrier romain
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202605juil10:1310:13Poplifugia
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Ante diem tertium Nonas iulias
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Ante diem tertium Nonas iulias
EN BREF. Le 5 juillet, les Romains célébraient les Poplifugia, «fuite du peuple». La date, les rites et leur sens ont alimenté des interprétations contradictoires dès l’Antiquité. Varron, Tite-Live, Macrobe et Denys d’Halicarnasse en témoignent.

Les Poplifugia ou la mémoire d’une fuite collective
Le 5 juillet figurait dans les calendriers romains sous le nom de Poplifugia (ou Populifugia)– «fuite du peuple» –, inscrit en grandes capitales. Ce détail n’est pas anodin: les fêtes ainsi notées appartenaient au fond le plus ancien du calendrier. Et les Poplifugia présentaient une autre singularité, relevée par Varron: elles étaient la seule fête de l’année placée dans la partie du mois qui précède les Nones, c’est-à-dire avant le 5 ou le 7 du mois selon les mois.
Trois calendriers épigraphiques d’époque augustéenne et tibérienne (les Fasti Maffeiani, Amiternini et Antiates minores) attestent la date du 5 juillet. Sur le nom lui-même, Varron propose une explication sobre: «Le jour des Poplifugia paraît avoir été ainsi nommé parce que, ce jour-là, le peuple aurait soudain fui dans le tumulte.»[1] Il situe cet événement peu après le départ des Gaulois hors de Rome, quand les peuples voisins – Ficuléates, Fidénates et autres – se seraient coalisés contre la cité affaiblie. Mais il ajoute prudemment que quelques traces de cette fuite subsistent dans les rites, et renvoie pour le détail à ses propres Antiquitates, aujourd’hui perdues.
La forme plurielle du nom – Poplifugia et non Poplifugium – a retenu l’attention. Elle suggère non pas une fuite unique et ordonnée, mais des fuites multiples, désordonnées, dans la confusion. C’est dans cet esprit que les rites eux-mêmes semblent avoir été accomplis: une sortie tumultueuse hors de la ville, sur le Champ de Mars, où un sacrifice avait lieu.
Romulus, les Étrusques, ou les Latins?
Les sources antiques ne s’accordent pas sur l’événement dont les Poplifugia seraient le souvenir. Trois traditions se dégagent du corpus.
La première, rapportée par Varron, met en scène les peuples voisins du Latium coalisés après le sac gaulois. La deuxième, transmise par Macrobe qui cite l’annaliste Calpurnius Pison – consul en 133 avant notre ère –, relie les Poplifugia à une défaite infligée par les Étrusques: «la veille, le peuple avait été mis en fuite par les Étrusques, d’où le nom de Populifugia»[2]. Dans ce récit, la victoire romaine et la vitulatio, cérémonie de réjouissance, auraient suivi le lendemain des Nones de juillet. Mais la formulation de Macrobe est ambiguë sur la chronologie exacte, et il n’est pas certain qu’il ait bien compris Pison.
La troisième tradition lie la fuite du peuple à la disparition de Romulus. Denys d’Halicarnasse rapporte que, selon certains, Romulus fut tué lors d’une assemblée populaire, au moment même où une obscurité se produisit et où la foule se dispersa: «c’est pour cette raison, disent-ils, que le jour où cet événement arriva reçut son nom de la fuite de la foule, et qu’il est appelé jusqu’à notre temps ὄχλου φυγήν, « fuite de la foule »»[3]. Tite-Live, pour sa part, situe la disparition de Romulus lors d’une revue des troupes tenue «dans le champ, au Marais de la Chèvre», emporté par un orage soudain, «si bien que le peuple, saisi d’une crainte soudaine, prit la fuite»[4] – sans nommer explicitement les Poplifugia, mais en décrivant une scène qui en constitue l’étiologie naturelle.
Plutarque, dans la Vie de Camille, mentionne une tradition supplémentaire selon laquelle «d’autres disent que la plupart de ces actes et de ces paroles se rapportent au sort de Romulus: ce jour-là, en effet, il aurait disparu hors de la porte, lorsqu’une obscurité et une tempête l’enveloppèrent soudainement – ou, selon certains, lors d’une éclipse de soleil»[5]. Il attribue ce nom, Nones Caprotines, au lieu de la disparition, le Marais de la Chèvre. Cette version fusionne en partie les deux fêtes, ce que les calendriers épigraphiques invitent à distinguer: les Poplifugia au 5 juillet, les Nones Caprotines au 7.
Une date, deux fêtes, une confusion durable
La question de la datation a traversé toute l’historiographie ancienne et moderne. Cicéron, dans le De re publica, évoque une éclipse de soleil aux Nones du Quintilis sous le règne de Romulus. soit le 7 juillet[6]. Solin et l’Histoire Auguste confirment cette date pour la mort de Romulus. Or les calendriers épigraphiques placent les Poplifugia au 5 juillet avec une constance remarquable.
La solution la plus cohérente avec l’ensemble du dossier documentaire est que les Poplifugia et les Nones Caprotines étaient deux fêtes distinctes, célébrées les 5 et 7 juillet respectivement. Varron lui-même, en les mentionnant l’une après l’autre dans sa revue du calendrier – «le jour des Poplifugia […]. Les Nones Caprotines […]»[7] – suggère deux notices séparées pour deux jours différents. C’est la version des Poplifugia – la fuite, l’étiologie romuléenne – qui a pu dériver vers la date du 7 juillet dans certaines sources, par contamination avec le récit des Nones Caprotines, dont les mythes d’explication sont étroitement entrelacés.
Macrobe, dans les Saturnales, distingue les deux événements sans parvenir à les dénouer clairement. Plutarque, dans la Vie de Romulus, les fusionne en une seule journée, rapportant que «le jour où il disparut, on l’appelle « fuite de la foule » et « Nones Caprotines« »[8] — une confusion que les calendriers infirment.
Études modernes consultées
- Pfeilschifter, René, «Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae», The Pennsylvania State University.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press.
- Daremberg, Charles, et Saglio, Edmond, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, tome 4.1, article «Poplifugia».
[1] Varron, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus; non multo enim post hic dies quam decessus Gallorum ex urbe, et qui tum sub urbe populi, ut Ficuleates ac Fidenates et finitimi alii, contra nos coniurarunt. Aliquot huius diei vestigia fugae in sacris apparent, de quibus rebus Antiquitatum libri plura referunt.
[2] Macrobe, Saturnales, III, 2, 14: Piso ait vitulam victoriam nominari. Cuius rei hoc argumentum profert, quod postridie Nonas Iulias re bene gesta, cum pridie populus a Tuscis in fugam versus sit — unde Populifugia vocantur — post victoriam certis sacrificiis fiat vitulatio.
[3] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 56, 5: Οἱ δ᾽ ἐκκλησιάζοντα μὲν αὐτόν φασιν ὑπὸ τῶν νεοπολιτῶν Ῥωμαίων ἀναιρεθῆναι, ἐπιχειρῆσαι δ᾽ αὐτοὺς τῷ φόνῳ καθ᾽ ὃν χρόνον δηλαδὴ καὶ τὸ σκότος ἐγένετο διασκεδασθέντος ἐκ τῆς ἐκκλησίας τοῦ δήμου καὶ μονωθέντος τῆς φυλακῆς τοῦ ἡγεμόνος. Διὰ τοῦτο γοῦν φασι τὴν ἡμέραν ἐν ᾗ τὸ πάθος ἐγένετο τῆς τροπῆς τοῦ πλήθους ἐπώνυμον εἶναι καὶ μέχρι τῶν καθ᾽ ἡμᾶς χρόνων ὄχλου φυγὴν καλεῖσθαι.
[4] Tite-Live, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[5] Plutarque, Vie de Camille, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶ θυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[6] Cicéron, De re publica, I, 25: ut ex hoc die […] superiores solis defectiones reputatae sint usque ad illam quae Nonis Quinctilibus fuit regnante Romulo; quibus quidem Romulum tenebris etiamsi natura ad humanum exitum abripuit, virtus tamen in caelum dicitur sustulisse.
[7] Varron, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt.
[8] Plutarque, Vie de Romulus, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας.
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🇮🇹 Versione italiana
IN BREVE. Il 5 luglio i Romani celebravano i Poplifugia, «fuga del popolo». La data, i riti e il loro significato hanno alimentato interpretazioni contraddittorie sin dall’Antichità. Varrone, Tito Livio, Macrobio e Dionigi di Alicarnasso ne sono testimoni.

I Poplifugia o la memoria di una fuga collettiva
Il 5 luglio figurava nei calendari romani sotto il nome di Poplifugia (o Populifugia) – «fuga del popolo» –, iscritto in grandi maiuscole. Questo dettaglio non è privo di significato: le feste così annotate appartenevano al nucleo più antico del calendario. E i Poplifugia presentavano un’altra singolarità, rilevata da Varrone: erano l’unica festa dell’anno collocata nella parte del mese che precede le None, vale a dire prima del 5 o del 7 del mese a seconda dei mesi.
Tre calendari epigrafici di epoca augustea e tiberiana (i Fasti Maffeiani, Amiternini e Antiates minores) attestano la data del 5 luglio. Sul nome stesso, Varrone propone una spiegazione sobria: «Il giorno dei Poplifugia sembra essere stato così denominato perché, in quel giorno, il popolo sarebbe fuggito improvvisamente nel tumulto.»[1] Situa questo evento poco dopo la partenza dei Galli da Roma, quando i popoli vicini – Ficulensi, Fidenati e altri – si sarebbero coalizzati contro la città indebolita. Ma aggiunge prudentemente che alcune tracce di questa fuga sopravvivono nei riti, e rimanda per i dettagli alle proprie Antiquitates, oggi perdute.
La forma plurale del nome – Poplifugia e non Poplifugium – ha attirato l’attenzione. Essa suggerisce non una fuga unica e ordinata, ma fughe molteplici, disordinate, nella confusione. È in questo spirito che i riti stessi sembrano essere stati compiuti: un’uscita tumultuosa dalla città, verso il Campo Marzio, dove aveva luogo un sacrificio.
Romolo, gli Etruschi o i Latini?
Le fonti antiche non concordano sull’evento di cui i Poplifugia sarebbero il ricordo. Dal corpus emergono tre tradizioni.
La prima, riferita da Varrone, vede in scena i popoli vicini del Lazio coalizzati dopo il sacco gallico. La seconda, trasmessa da Macrobio che cita l’annalista Calpurnio Pisone – console nel 133 a.C. –, collega i Poplifugia a una sconfitta inflitta dagli Etruschi: «il giorno prima, il popolo era stato messo in fuga dagli Etruschi, da cui il nome di Populifugia»[2]. In questo racconto, la vittoria romana e la vitulatio, cerimonia di esultanza, avrebbero seguito il giorno dopo le None di luglio. Ma la formulazione di Macrobio è ambigua sulla cronologia esatta, e non è certo che abbia ben compreso Pisone.
La terza tradizione collega la fuga del popolo alla scomparsa di Romolo. Dionigi di Alicarnasso riferisce che, secondo alcuni, Romolo fu ucciso durante un’assemblea popolare, nel momento stesso in cui si produsse un’oscurità e la folla si disperse: «è per questa ragione, dicono, che il giorno in cui tale evento accadde ricevette il suo nome dalla fuga della folla, e viene chiamato fino ai nostri tempi ὄχλου φυγήν, « fuga della folla »»[3]. Tito Livio, dal canto suo, colloca la scomparsa di Romolo durante una rassegna delle truppe tenuta «nel campo, alla Palude della Capra», travolto da un improvviso temporale, «sicché il popolo, preso da subitaneo terrore, si diede alla fuga»[4] – senza nominare esplicitamente i Poplifugia, ma descrivendo una scena che ne costituisce l’eziologia naturale.
Plutarco, nella Vita di Camillo, menziona una tradizione supplementare secondo cui «altri dicono che la maggior parte di questi atti e di queste parole si riferisce alla sorte di Romolo: in quel giorno, infatti, egli sarebbe scomparso fuori della porta, quando un’oscurità e una tempesta lo avvolsero improvvisamente – o, secondo alcuni, durante un’eclissi di sole»[5]. Attribuisce questo nome, None Caprotine, al luogo della scomparsa, la Palude della Capra. Questa versione fonde in parte le due feste, laddove i calendari epigrafici invitano a distinguerle: i Poplifugia al 5 luglio, le None Caprotine al 7.
Una data, due feste, una confusione duratura
La questione della datazione ha attraversato tutta la storiografia antica e moderna. Cicerone, nel De re publica, evoca un’eclissi di sole alle None del Quintile sotto il regno di Romolo, vale a dire il 7 luglio[6]. Solino e la Historia Augusta confermano questa data per la morte di Romolo. Ora i calendari epigrafici collocano i Poplifugia al 5 luglio con notevole costanza.
La soluzione più coerente con l’insieme del dossier documentario è che i Poplifugia e le None Caprotine fossero due feste distinte, celebrate rispettivamente il 5 e il 7 luglio. Varrone stesso, menzionandole l’una dopo l’altra nella sua rassegna del calendario – «il giorno dei Poplifugia […]. Le None Caprotine […]»[7] – suggerisce due voci separate per due giorni diversi. È la versione dei Poplifugia – la fuga, l’eziologia romulèa – che ha potuto scivolare verso la data del 7 luglio in alcune fonti, per contaminazione con il racconto delle None Caprotine, i cui miti esplicativi sono strettamente intrecciati.
Macrobio, nelle Saturnali, distingue i due eventi senza riuscire a scioglierli con chiarezza. Plutarco, nella Vita di Romolo, li fonde in un’unica giornata, riferendo che «il giorno in cui scomparve, viene chiamato « fuga della folla » e « None Caprotine« »[8] — una confusione che i calendari smentiscono.
Studi moderni consultati
- Pfeilschifter, René, «Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae», The Pennsylvania State University.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press.
- Daremberg, Charles, e Saglio, Edmond, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, tome 4.1, articolo «Poplifugia».
[1] Varrone, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus; non multo enim post hic dies quam decessus Gallorum ex urbe, et qui tum sub urbe populi, ut Ficuleates ac Fidenates et finitimi alii, contra nos coniurarunt. Aliquot huius diei vestigia fugae in sacris apparent, de quibus rebus Antiquitatum libri plura referunt.
[2] Macrobio, Saturnali, III, 2, 14: Piso ait vitulam victoriam nominari. Cuius rei hoc argumentum profert, quod postridie Nonas Iulias re bene gesta, cum pridie populus a Tuscis in fugam versus sit — unde Populifugia vocantur — post victoriam certis sacrificiis fiat vitulatio.
[3] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, II, 56, 5: Οἱ δ᾽ ἐκκλησιάζοντα μὲν αὐτόν φασιν ὑπὸ τῶν νεοπολιτῶν Ῥωμαίων ἀναιρεθῆναι, ἐπιχειρῆσαι δ᾽ αὐτοὺς τῷ φόνῳ καθ᾽ ὃν χρόνον δηλαδὴ καὶ τὸ σκότος ἐγένετο διασκεδασθέντος ἐκ τῆς ἐκκλησίας τοῦ δήμου καὶ μονωθέντος τῆς φυλακῆς τοῦ ἡγεμόνος. Διὰ τοῦτο γοῦν φασι τὴν ἡμέραν ἐν ᾗ τὸ πάθος ἐγένετο τῆς τροπῆς τοῦ πλήθους ἐπώνυμον εἶναι καὶ μέχρι τῶν καθ᾽ ἡμᾶς χρόνων ὄχλου φυγὴν καλεῖσθαι.
[4] Tito Livio, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[5] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶ θυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[6] Cicerone, De re publica, I, 25: ut ex hoc die […] superiores solis defectiones reputatae sint usque ad illam quae Nonis Quinctilibus fuit regnante Romulo; quibus quidem Romulum tenebris etiamsi natura ad humanum exitum abripuit, virtus tamen in caelum dicitur sustulisse.
[7] Varrone, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt.
[8] Plutarco, Vita di Romolo, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας.
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🇬🇧 English version
IN BRIEF. On 5 July, the Romans celebrated the Poplifugia, the « flight of the people ». The date, the rites, and their meaning have fed contradictory interpretations since Antiquity. Varro, Livy, Macrobius, and Dionysius of Halicarnassus bear witness to this.

The Poplifugia, or the memory of a collective flight
On 5 July, the Roman calendars bore the entry Poplifugia (or Populifugia) – « flight of the people » –, written in large capitals. This detail is not without significance: festivals marked in this way belonged to the oldest stratum of the calendar. The Poplifugia had another peculiarity, noted by Varro: they were the only festival of the year placed in the part of the month preceding the Nones – that is, before the 5th or the 7th, depending on the month.
Three epigraphic calendars from the Augustan and Tiberian periods (the Fasti Maffeiani, Amiternini, and Antiates minores) attest the date of 5 July. On the name itself, Varro offers a sober explanation: « The day of the Poplifugia appears to have been so named because, on that day, the people suddenly fled in a panic. »[1] He places this event shortly after the Gauls’ departure from Rome, when neighbouring peoples – the Ficulenses, the Fidenates, and others – had allegedly formed a coalition against the weakened city. He adds cautiously, however, that a few traces of this flight survive in the rites, and refers the reader for the details to his own Antiquitates, now lost.
The plural form of the name – Poplifugia rather than Poplifugium – has attracted attention. It suggests not a single, orderly flight, but multiple, chaotic flights in the midst of confusion. It is in this spirit that the rites themselves appear to have been performed: a tumultuous departure from the city onto the Campus Martius, where a sacrifice took place.
Romulus, the Etruscans, or the Latins?
Ancient sources do not agree on the event which the Poplifugia were supposed to commemorate. Three traditions emerge from the corpus.
The first, reported by Varro, features the neighbouring peoples of Latium forming a coalition after the Gallic sack. The second, transmitted by Macrobius, who cites the annalist Calpurnius Piso – consul in 133 BCE –, connects the Poplifugia to a defeat at the hands of the Etruscans: « the day before, the people had been put to flight by the Etruscans, whence the name Populifugia« [2]. In this account, the Roman victory and the vitulatio, a ceremony of rejoicing, would have followed the day after the Nones of July. But Macrobius’s formulation is ambiguous on the precise chronology, and it is not certain that he fully understood Piso.
The third tradition links the flight of the people to the disappearance of Romulus. Dionysius of Halicarnassus reports that, according to some, Romulus was killed during a popular assembly, at the very moment when darkness fell and the crowd scattered: « it is for this reason, they say, that the day on which this event occurred received its name from the flight of the crowd, and is called to this day ὄχλου φυγήν, ‘flight of the crowd' »[3]. Livy, for his part, places the disappearance of Romulus during a military review held « in the field, at the Goat’s Marsh », where he was swept away by a sudden storm, « so that the people, seized by sudden terror, took to flight »[4] – without explicitly naming the Poplifugia, yet describing a scene that constitutes their natural aetiology.
Plutarch, in the Life of Camillus, mentions an additional tradition according to which « others say that most of these acts and words relate to the fate of Romulus: on that day, he disappeared outside the gate, when darkness and a storm suddenly enveloped him – or, as some believe, during a solar eclipse »[5]. He attributes this name, Nonae Caprotinae, to the place of the disappearance, the Goat’s Marsh. This version partly merges the two festivals – whereas the epigraphic calendars invite us to distinguish them: the Poplifugia on 5 July, the Nonae Caprotinae on the 7th.
One date, two festivals, an enduring confusion
The question of dating has run through ancient and modern historiography alike. Cicero, in the De re publica, refers to a solar eclipse on the Nones of Quintilis during the reign of Romulus – that is, on 7 July[6]. Solinus and the Historia Augusta confirm this date for the death of Romulus. Yet the epigraphic calendars place the Poplifugia on 5 July with remarkable consistency.
The solution most consistent with the documentary evidence as a whole is that the Poplifugia and the Nonae Caprotinae were two distinct festivals, celebrated on 5 and 7 July respectively. Varro himself, by mentioning them one after the other in his survey of the calendar – « the day of the Poplifugia […]. The Nonae Caprotinae […] »[7] – implies two separate entries for two different days. It is the Poplifugia tradition – the flight, the Romulean aetiology – that may have drifted towards the date of 7 July in certain sources, through contamination with the narrative of the Nonae Caprotinae, whose explanatory myths are closely intertwined.
Macrobius, in the Saturnalia, distinguishes the two events without managing to disentangle them clearly. Plutarch, in the Life of Romulus, merges them into a single day, reporting that « the day on which he disappeared is called ‘flight of the crowd’ and ‘Nonae Caprotinae‘ »[8] – a conflation that the calendars refute.
Modern studies consulted
- Pfeilschifter, René, « Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae », The Pennsylvania State University.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press.
- Daremberg, Charles, and Saglio, Edmond, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, tome 4.1, article « Poplifugia ».
[1] Varro, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus; non multo enim post hic dies quam decessus Gallorum ex urbe, et qui tum sub urbe populi, ut Ficuleates ac Fidenates et finitimi alii, contra nos coniurarunt. Aliquot huius diei vestigia fugae in sacris apparent, de quibus rebus Antiquitatum libri plura referunt.
[2] Macrobius, Saturnalia, III, 2, 14: Piso ait vitulam victoriam nominari. Cuius rei hoc argumentum profert, quod postridie Nonas Iulias re bene gesta, cum pridie populus a Tuscis in fugam versus sit — unde Populifugia vocantur — post victoriam certis sacrificiis fiat vitulatio.
[3] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, II, 56, 5: Οἱ δ᾽ ἐκκλησιάζοντα μὲν αὐτόν φασιν ὑπὸ τῶν νεοπολιτῶν Ῥωμαίων ἀναιρεθῆναι, ἐπιχειρῆσαι δ᾽ αὐτοὺς τῷ φόνῳ καθ᾽ ὃν χρόνον δηλαδὴ καὶ τὸ σκότος ἐγένετο διασκεδασθέντος ἐκ τῆς ἐκκλησίας τοῦ δήμου καὶ μονωθέντος τῆς φυλακῆς τοῦ ἡγεμόνος. Διὰ τοῦτο γοῦν φασι τὴν ἡμέραν ἐν ᾗ τὸ πάθος ἐγένετο τῆς τροπῆς τοῦ πλήθους ἐπώνυμον εἶναι καὶ μέχρι τῶν καθ᾽ ἡμᾶς χρόνων ὄχλου φυγὴν καλεῖσθαι.
[4] Livy, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[5] Plutarch, Life of Camillus, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶ θυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[6] Cicero, De re publica, I, 25: ut ex hoc die […] superiores solis defectiones reputatae sint usque ad illam quae Nonis Quinctilibus fuit regnante Romulo; quibus quidem Romulum tenebris etiamsi natura ad humanum exitum abripuit, virtus tamen in caelum dicitur sustulisse.
[7] Varro, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt.
[8] Plutarch, Life of Romulus, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας.
Dates
5 juillet 2026 10:13 - 10:13
202606juilToute la journée13Ludi Apollinares
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Pridie Nonas Iulias - Ante diem tertium Idus Iulias Denier de Lucius Calpurnius Piso Frugi, 90 avant
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Pridie Nonas Iulias – Ante diem tertium Idus Iulias

EN BREF. Créés en pleine guerre contre Hannibal après consultation d’oracles, les Ludi Apollinares débutent en 212 avant notre ère par une seule journée de spectacles. Ces jeux en l’honneur d’Apollon s’étendent progressivement sur neuf jours en juillet. Contrairement aux autres fêtes romaines, ils mélangent rites grecs et traditions latines. Au 1er siècle avant notre ère, ils deviennent un théâtre de contestation politique où les acteurs critiquent les dirigeants. L’empereur Septime Sévère les célèbre encore au 3e siècle après notre ère.
Les Ludi Apollinares: une fête romaine née de la guerre
En 212 avant notre ère, Rome traverse une période dramatique. Hannibal et ses troupes carthaginoises ravagent l’Italie depuis plusieurs années. La défaite de Cannes, en 216, a coûté la vie à des dizaines de milliers de soldats romains. Face à cette situation désespérée, le Sénat romain décide de consulter des textes prophétiques.
Tite-Live (XXV, 12) et Macrobe (Saturnales, I, 17) racontent que les sénateurs font examiner un recueil de prédictions, qui avait été récemment découvert à Rome, les Carmina Marciana. Une prophétie attire leur attention:
«Romains, si vous voulez chasser l’ennemi et le fléau qui vous arrive des extrémités de l’univers, je vous engage à vouer à Apollon des jeux que vous célébrerez pieusement chaque année, en partie aux frais du public, en partie aux frais des particuliers. Faites présider à la célébration de ces jeux le préteur qui sera chargé de rendre la justice à toutes les classes du peuple.»
Pour confirmer cette révélation, les autorités consultent également les Livres sibyllins, collection officielle de prophéties conservée au Capitole. Les deux sources donnent la même réponse: il faut organiser des jeux en l’honneur d’Apollon.
La première célébration
Le Sénat vote aussitôt les crédits nécessaires. Tite-Live précise que «le préteur urbain recevrait pour ces jeux une somme de 12 000 as». En 212, ces premiers Ludi Apollinares sont organisés par le préteur urbain Publius Cornelius Sylla, comme l’indique Tite-Live dans ses Periochae (25.3).
Ces jeux comprennent «des jeux scéniques et des jeux de cirque dans le cirque Maxime». L’historien romain décrit l’atmosphère de cette première édition: «Le peuple y assista couronné, les mères de famille firent des supplications; on festoya en public, portes ouvertes, dans les cours des maisons, et on fêta ce jour par toutes sortes de cérémonies.» Chaque spectateur doit porter une couronne de laurier et faire une offrande personnelle à Apollon.
Une institutionnalisation en deux temps
Les premières années, les Ludi Apollinares n’ont pas de date fixe. Tite-Live explique que «dès lors, tous les préteurs urbains suivants les organisèrent; mais ils prenaient l’engagement pour une seule année et les célébraient à un jour indéterminé» (Inde omnes deinceps pretores urbani facerunt; sed in unum annum vovebant dieque incerta faciebant).
La première étape de stabilisation intervient en 211 avant notre ère, quand le Sénat accepte la proposition du préteur Gaius Calpurnius Piso de rendre ces jeux définitivement annuels.
L’étape décisive a lieu en 208 avant notre ère. Une épidémie frappe Rome et ses environs. Le préteur urbain Publius Licinius Varus fait voter par le peuple une loi qui fixe les jeux «pour l’éternité à une date fixe». Selon Tite-Live (XXVII, 23), «Publio Licinio Varo, préteur urbain, fut le premier à établir et organiser ainsi les jeux» (P. Licinius Varus, praetor urbanus […] ita vovit fecitque primus). La date choisie est le 13 juillet.
L’extension des festivités
Au départ, les Ludi Apollinares ne durent qu’une journée. Mais leur succès entraîne un allongement progressif. En 190 avant notre ère, Tite-Live (XXXVII, 4) mentionne qu’ils occupent «le cinquième jour avant les ides de juillet», ce qui prouve qu’ils durent alors au moins trois jours, du 11 au 13 juillet.
Les calendriers gravés sur pierre à l’époque d’Auguste montrent que les jeux s’étalent désormais du 6 au 13 juillet, soit huit jours. Le calendrier de Filocalus (ou Chronographe de 354), rédigé au 4e siècle après notre ère, leur consacre même neuf jours, du 3 au 13 juillet.
La diversification des spectacles
Le contenu des Ludi Apollinares évolue aussi. Tite-Live (XXV, 12) précise qu’en 212 avant notre ère, ils se déroulent «dans le cirque Maxime»: ce sont donc des courses de chars et de chevaux. Mais très vite, d’autres types de spectacles s’ajoutent au programme.
En 169 avant notre ère, des représentations théâtrales sont données pendant les jeux. Cicéron (Brutus, XX) rapporte qu’Ennius, le grand poète romain, «mourut après avoir fait représenter sa tragédie de Thyeste» lors de cette édition. En 60 avant notre ère, «une partie des jeux se passait au théâtre».
À la fin de la République, Cicéron (Lettres à Atticus, IV, 14, 6) évoque aussi des chasses aux animaux sauvages (venationes) organisées pendant les Ludi Apollinares. Il écrit à son ami Atticus: «des jeux magnifiques et réussis; la chasse a été reportée à un autre jour» (Ludi magnifici et grati; uenatio in aliud tempus dilata), montrant que ces spectacles font désormais partie du programme habituel.
L’organisation administrative
Les Ludi Apollinares présentent une particularité administrative. Contrairement aux autres grandes fêtes romaines, confiées aux édiles, ils restent sous l’autorité du préteur urbain. Cette situation s’explique par leur origine votive.
Le prestige attaché à cette charge transparaît dans le monnayage de l’époque. En 90 avant notre ère, Lucius Calpurnius Piso Frugi frappe des pièces représentant Apollon au droit et un cavalier acrobate au revers. Ce choix rappelle probablement les services rendus par son ancêtre, le préteur qui obtint en 211 le renouvellement perpétuel des jeux d’Apollon.
Les rites religieux
Les aspects religieux des Ludi Apollinares suivent des prescriptions précises. La prophétie des Carmina Marciana, rapportée par Macrobe (Saturnales, I, 17), prescrit que «les décemvirs offrent des sacrifices selon le rite grec» (decemviri Graeco ritu hostiis sacra faciant). Cette particularité rituelle distingue le culte d’Apollon: contrairement aux autres divinités romaines, honorées «la tête recouverte d’un pan de la toge», Apollon reçoit des sacrifices selon le mode grec, «la tête découverte».
Macrobe et Tite-Live précisent le détail des offrandes prescrites: «à Apollon un bœuf et deux chèvres blanches ayant les cornes dorées, et à Latone une vache ayant aussi les cornes dorées».
Les jeux comme espace de tensions politiques
Au 1er siècle avant notre ère, les Ludi Apollinares, qui ont lieu en juillet près de la période électorale, deviennent un théâtre d’expression politique. Sylvia Estienne souligne que «pour le 1er s. av. J.-C., nos sources sur les ludi ne privilégient pas forcément la dynamique consensuelle, mais en soulignent au contraire les aspects disruptifs».
En 59, «la foule acclame l’acteur Diphilus pour des vers interprétés comme une critique voilée de Pompée et de ses partenaires du premier triumvirat». En 63 et en 57, «les jeux virent quasiment à l’émeute dans des contextes tendus».
En 44, après l’assassinat de César, les jeux prennent une dimension mémorielle particulière puisqu’ils coïncident avec l’anniversaire de naissance du dictateur défunt, le 12 juillet. Les jeux Apollinaires «deviennent un enjeu de mémoire entre Octavien et Brutus, alors préteur urbain, qui tente désespérément de s’en servir pour reconquérir l’opinion publique». L’impact des représentations théâtrales se mesure «à travers l’importance de la culture théâtrale dans la mémoire populaire».
La pérennité sous l’Empire
Sous l’Empire romain, les Ludi Apollinares conservent leur importance. Les sources indiquent qu’ils «gardent toute leur importance et tout leur éclat» jusqu’à l’époque tardive. Cette longévité témoigne de l’enracinement de cette fête dans la culture romaine.
L’empereur Septime Sévère, au début du 3e siècle après notre ère, montre encore l’actualité du culte apollinien en organisant des Jeux séculaires où Apollon tient une place centrale. Ces grandes célébrations, inspirées des Ludi Apollinares, prouvent la continuité de la dévotion romaine envers le dieu grec.
SOURCES ANTIQUES
- Cicéron, Brutus, XX.
- Cicéron, Lettres à Atticus, IV, 14, 6.
- Macrobe, Saturnales, I, 17: Hostem, Romani, si ex agro expellere vultis, vomicam quae gentium venit longe, Apollini censeo vovendos ludos qui quotannis comiter Apollini fiant. His ludis faciendis praesit is praetor qui ius populo plebique dabit summum: decemviri Graeco ritu hostiis sacra faciant. Hoc si recte facietis, gaudebitis semper fietque res publica melior: nam is divus extinguet perduelles vestros qui vestros campos pascunt placide.
- Tite-Live, Histoire romaine, XXV, 12 ; XXVII, 23 ; XXXVII, 4.
- Tite-Live, Periochae, 25, 3.
ÉTUDES MODERNES
- Estienne, Sylvia, De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares: aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome, Pallas, 111, 2019, p. 153-170.
Dates
6 juillet 2026 - 13 juillet 2026 (Toute la journée)
202607juilToute la journéeNonae Caprotinae
Description
Nonis Iuliis
Description
Nonis Iuliis

EN BREF. Le 7 juillet, esclaves et femmes libres quittaient Rome pour sacrifier sous un figuier sauvage. Railleries, combat simulé, sève blanche et torche brandie: les Nonae Caprotinae restent l’une des fêtes les plus énigmatiques du calendrier romain.
Nonae Caprotinae: quand les esclaves sauvaient Rome
Le 7 juillet, les femmes de Rome, libres et esclaves, sortaient de la ville pour se retrouver dans le Champ de Mars. La fête portait deux noms: Ancillarum Feriae, «fête des servantes», et Nonae Caprotinae, «Nones Caprotines». Ausone, au 4e siècle de notre ère, la rappelle en deux vers: «les fêtes célèbres des Nones Caprotines, lorsque la stola retirée aux matrones couvrira les servantes.»[1] Sa position dans le calendrier était elle-même une singularité: c’est la seule fête de l’année fixée un jour des Nones. Varron, qui note les deux fêtes successivement dans son De lingua Latina, souligne que le rite ne se limitait pas à Rome: ce jour-là, «dans le Latium», les femmes sacrifiaient à Junon Caprotine sous un figuier sauvage.[2] Polemius Silvius, dont le calendrier date d’environ 448 de notre ère, l’inscrit encore sous le nom d’Ancillarum feriae[3], témoignant d’une persistance qui traverse les siècles et les mutations religieuses de l’Empire.
Philotis sur le figuier: le récit des origines
La fête a son mythe fondateur, que Plutarque et Macrobe transmettent avec de légères variantes. L’action se situe après le sac de Rome par les Gaulois. Les voisins de Rome – Latins selon Plutarque, Fidénates selon Macrobe –, profitant de l’affaiblissement de la cité, ont campé sous ses murs et ont exigé qu’on leur livre des femmes libres. Les magistrats romains étaient sans solution. C’est alors qu’une servante nommée Philotis (ou Tutula selon d’autres) a proposé une ruse: envoyer à leur place des esclaves parées en femmes libres. «Les magistrats se laissèrent convaincre: ils choisirent autant de servantes qu’elle jugea nécessaires, les parèrent de vêtements et d’or, et les livrèrent aux Latins, qui campaient non loin de la ville.»[4]
Une fois dans le camp ennemi, les servantes ont enivré les soldats. Macrobe précise qu’elles «excitèrent les hommes à boire beaucoup de vin en feignant qu’il s’agissait chez elles d’un jour de fête.»[5] Les hommes endormis, elles leur ont volé leurs épées. Philotis a monté alors sur un grand figuier sauvage et a brandi une torche en direction de Rome, en étendant son manteau derrière elle pour cacher la lumière aux ennemis.[6] Les Romains ont reçu le signal, sont sortis en hâte de la ville en se criant leurs prénoms les uns aux autres, sont tombés sur le camp endormi et ont remporté la victoire. Ovide mentionne cette journée comme le moment où «trompée par le travestissement, la troupe gauloise paya sa faute»[7] – dans sa version, l’ennemi est gaulois plutôt que latin, variante également attestée dans d’autres sources.
En récompense, le Sénat a décrété l’affranchissement de toutes les servantes ayant participé à l’action, leur a constitué une dot aux frais de l’État et leur a permis de porter la parure dont elles s’étaient alors servies. Il a institué la fête et lui a donné son nom: «les Nones Caprotines, d’après ce figuier sauvage (caprificus) d’où elles avaient reçu le signal de la victoire.»[8]
La deuxième tradition: Romulus au Marais de la Chèvre
Plutarque rapporte une tout autre tradition sur l’origine du nom de ce jour. Selon certains, ce ne serait pas la victoire sur les Latins mais la disparition de Romulus qui lui aurait donné son nom. Dans la Vie de Romulus, il écrit que «le jour où il disparut, on l’appelle « fuite de la foule » et « Nones Caprotines », parce que ceux qui sortent de la ville vont sacrifier au Marais de la Chèvre; car ils appellent la chèvre capra.»[9] Le lien entre le nom de la fête et celui du lieu – le Caprae Palus, le Marais de la Chèvre, dans le Champ de Mars – fournirait ainsi une étiologie indépendante du figuier sauvage. Dans la Vie de Camille, Plutarque précise encore: «d’autres disent que la plupart de ces actes et de ces paroles se rapportent au sort de Romulus: ce jour-là, en effet, il aurait disparu hors de la porte, lorsqu’une obscurité et une tempête l’enveloppèrent soudainement – ou, selon certains, lors d’une éclipse de soleil.»[10] Tite-Live décrit la même scène: lors d’une revue des troupes tenue au Marais de la Chèvre, «une tempête survint avec un grand fracas de tonnerre et enveloppa le roi d’un nuage si épais qu’il le déroba aux yeux de l’assemblée; et dès lors Romulus ne fut plus sur la terre.»[11] La disparition du fondateur de Rome, la sortie tumultueuse du peuple qui s’ensuit, les prénoms criés dans le désordre – autant d’éléments que la tradition a reconnus dans le rituel annuel des Nonae Caprotinae.
Les deux étiologies – la victoire de Philotis et la disparition de Romulus – coexistent dans les sources. Varron, qui mentionne les deux fêtes successivement dans son De lingua Latina, laisse entendre qu’elles se célébraient à des jours différents: les Poplifugia le 5 juillet, les Nonae Caprotinae le 7. Plutarque, lui, les fusionne en une seule journée dans la Vie de Romulus, sans que les Anciens eux-mêmes aient tranché la question.
Le rituel: sortie tumultueuse, railleries et figuier sauvage
Le programme de la journée, tel que Plutarque le décrit dans la Vie de Camille, s’est déroulé en plusieurs temps. D’abord, la sortie tumultueuse: «ils sont sortis en foule par la porte, en criant beaucoup de noms locaux et courants – Gaius, Marcus, Lucius et d’autres semblables –, imitant les appels que les soldats s’étaient alors adressés dans la hâte.» Vient ensuite le moment des servantes: «brillamment parées, elles ont été çà et là en plaisantant par des railleries avec ceux qu’elles ont rencontrés. Elles ont livré aussi entre elles une sorte de combat, comme si elles prenaient encore part à la lutte menée alors contre les Latins. Pendant le repas, elles se sont assises à l’ombre de branches de figuier.»[12]
C’est auprès de ce figuier que s’est accompli le sacrifice à Junon Caprotine. Varron note que les femmes ont utilisé une branche de cet arbre, et Macrobe précise qu’on y a employé «le lait qui coule du figuier sauvage, en souvenir de l’événement accompli.» Cette sève laiteuse, prélevée sur l’arbre lui-même, distingue le rite de tout sacrifice ordinaire. C’est ce même arbre qui a fourni son nom à la fête selon Macrobe, qui fait dériver Caprotinae du terme caprificus. Plutarque propose pour sa part l’étymologie à partir de capra, la chèvre, en lien avec le Marais de la Chèvre – les deux explications circulent sans que les Anciens eux-mêmes les tranchent.
La fête ne s’est pas limitée à Rome ni à l’Italie. Une inscription grecque découverte à Dion, colonie romaine de Macédoine, datée de la première moitié du 3e siècle de notre ère, en apporte la preuve. Une certaine Arura, esclave de Plutiadès, y a dédié une offrande à Zeus Hypsistos «après avoir exercé la fonction d’agoranome lors de la fête des Nones Caprotines.»[13] C’est à ce jour le seul témoignage épigraphique de la célébration des Nonae Caprotinae dans une colonie romaine hors d’Italie.
Études modernes consultées
- Álvarez Maurín, María del Pilar, «Nonae Caprotinae y Poplifugia: interpretación conjunta», Estudios humanísticos. Filología, 13 (1991), p. 21-31.
- Drossart, Paul, «Nonae Caprotinae: La fausse capture des Aurores», Revue de l’histoire des religions, t. 185, n° 2, 1974, p. 129-139.
- Nigdelis, Pantelis, «The Nonae Capratinae in Dion and Religious Associations and Public Festivals in Roman Macedonia», Greek, Roman, and Byzantine Studies, 56 (2016), p. 663-678.
- Pfeilschifter, René, «Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae», Hermes, 136 (2008), p. 30-37.
- Robertson, Noel, «The Nones of July and Roman Weather Magic», Museum Helveticum, 44 (1987), p. 8-41.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press (extrait, chapitres 1.1–1.4.2.1).
[1] Ausone, Eclogae, XXIII (De feriis Romanis), v. 9-10: Festa Caprotinis memorabo celebria Nonis, cum stola matronis dempta teget famulas.
[2] Varron, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt; e caprifico adhibent virgam.
[3] Polemius Silvius, Fasti, ad Nonas Iulias: NONAE Ancillarum feriae, quarum celebritas instituta est ideo, quia capta Vrbe a Gallis, cum finitimi prius victi tradi sibi Romanorum procerum coniuges postularent et, consilio Philotidis ancillae, famulae dominarum vestibus adornatae datae illis fuissent, his nuntiantibus praedictos somno sopitos et ebrios posse superari, facta victoria sic.
[4] Plutarque, Vie de Camille, 33, 3: πεισθέντας δὲ τοὺς ἄρχοντας ἐπιλέξασθαι τῶν θεραπαινίδων ὅσας ἐκείνη πρὸς τὴν χρείαν ἐδοκίμασε, καὶ κοσμήσαντας ἐσθῆτι καὶ χρυσῷ παραδοῦναι τοῖς Λατίνοις, οὐ πάνυ πρόσω τῆς πόλεως στρατοπεδεύουσι.
[5] Macrobe, Saturnales, I, 11, 39: Quae cum a Livio in castris distributae fuissent, viros plurimo vino provocaverunt diem festum apud se esse simulantes.
[6] Plutarque, Vie de Camille, 33, 4: νύκτωρ δὲ τὰς μὲν ἄλλας ὑφελέσθαι τὰ ἐγχειρίδια τῶν πολεμίων, τὴν δὲ εἴτε Τουτούλαν εἴτε Φιλωτίδα προσβᾶσαν ἐρινεῷ μεγάλῳ καὶ παρατείνασαν ὀπίσω τὸ ἱμάτιον ἆραι πυρσὸν εἰς τὴν Ῥώμην.
[7] Ovide, Ars amatoria, II, 257-258: Porrige et ancillae, qua poenas luce pependit / lusa maritali Gallica veste manus.
[8] Macrobe, Saturnales, I, 11, 40: diemque ipsum Nonas Caprotinas nuncupavit ab illa caprifico ex qua signum victoriae ceperunt, sacrificiumque statuit annua sollemnitate celebrandum, cui lac quod ex caprifico manat propter memoriam facti procedentis adhibetur.
[9] Plutarque, Vie de Romulus, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας· τὴν γὰρ αἶγα κάπραν ὀνομάζουσιν.
[10] Plutarque, Vie de Camille, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶ θυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[11] Tite-Live, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[12] Plutarque, Vie de Camille, 33, 6: πρῶτον μὲν γὰρ ἐξιόντες ἀθρόοι διὰ τῆς πύλης πολλὰ τῶν ἐπιχωρίων καὶ κοινῶν ὀνομάτων βοῇ φθέγγονται, Γάιον, Μᾶρκον, Λούκιον καὶ τὰ τούτοις ὅμοια, μιμούμενοι τὴν τότε γενομένην μετὰ σπουδῆς ἀλλήλων ἀνάκλησιν. ἔπειτα κεκοσμημέναι λαμπρῶς αἱ θεραπαινίδες περιίασι παίζουσαι διὰ σκωμμάτων εἰς τοὺς ἀπαντῶντας. γίνεται δὲ καὶ μάχη τις αὐταῖς πρὸς ἀλλήλας, ὡς καὶ τότε τοῦ πρὸς τοὺς Λατίνους ἀγῶνος συνεπιλαμβανομέναις. ἑστιώμεναι δὲ καθέζονται κλάδοις συκῆς σκιαζόμεναι.
[13] Nigdelis, GRBS 56 (2016), p. 664: Ἀγαθῇ τύχῃ / Διὶ Ὑψίστῳ ⊃ Ἄρουρα / Πλουτιάδου ⊃ παιδίσκη / ἀγορανομήσασα ⊃ Νώναις / Καπρατείναις ⊃ ἀνέθηκεν / δι᾽ ἐπιμελείας Φρούκτου.
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IN BREVE. Il 7 luglio, schiave e donne libere lasciavano Roma per sacrificare sotto un fico selvatico. Scherni, combattimento simulato, linfa bianca e fiaccola brandita: le Nonae Caprotinae rimangono una delle feste più enigmatiche del calendario romano.
Nonae Caprotinae: quando le schiave salvarono Roma
Il 7 luglio, le donne di Roma, libere e schiave, uscivano dalla città per ritrovarsi nel Campo Marzio. La festa portava due nomi: Ancillarum Feriae, «festa delle serve», e Nonae Caprotinae, «None Caprotine». Ausonio, nel IV secolo d.C., la ricorda in due versi: «le celebri feste delle None Caprotine, quando la stola tolta alle matrone coprirà le serve.»[1] La sua posizione nel calendario era essa stessa una singolarità: è l’unica festa dell’anno fissata in un giorno delle None. Varrone, che cita le due feste successivamente nel suo De lingua Latina, sottolinea che il rito non si limitava a Roma: quel giorno, «nel Lazio», le donne sacrificavano a Giunone Caprotina sotto un fico selvatico.[2] Polemio Silvio, il cui calendario risale a circa il 448 d.C., la registra ancora con il nome di Ancillarum feriae[3], testimonianza di una persistenza che attraversa i secoli e le trasformazioni religiose dell’Impero.
Filotide sul fico: il racconto delle origini
La festa ha il suo mito fondatore, che Plutarco e Macrobio tramandano con lievi varianti. L’azione si svolge dopo il sacco di Roma da parte dei Galli. I vicini di Roma – Latini secondo Plutarco, Fidenatesi secondo Macrobio –, approfittando dell’indebolimento della città, avevano accampato sotto le sue mura ed esigevano che fossero loro consegnate donne libere. I magistrati romani erano senza soluzione. Fu allora che una serva di nome Filotide (o Tutula secondo altri) propose uno stratagemma: inviare al loro posto delle schiave adornate come donne libere. «I magistrati si lasciarono convincere: scelsero tante serve quante ella ritenne necessarie, le adornarono di abiti e d’oro, e le consegnarono ai Latini, che erano accampati non lontano dalla città.»[4]
Una volta nel campo nemico, le serve ubriacarono i soldati. Macrobio precisa che esse «incitarono gli uomini a bere molto vino fingendo che per loro fosse un giorno di festa.»[5] Con gli uomini addormentati, rubarono loro le spade. Filotide salì allora su un grande fico selvatico e brandì una fiaccola verso Roma, stendendo il suo mantello dietro di sé per nascondere la luce ai nemici.[6] I Romani ricevettero il segnale, uscirono in fretta dalla città gridandosi i nomi a vicenda, piombarono sul campo addormentato e riportarono la vittoria. Ovidio menziona questa giornata come il momento in cui «ingannata dal travestimento, la schiera gallica pagò la propria colpa»[7] – nella sua versione, il nemico è gallico anziché latino, variante attestata anche in altre fonti.
In ricompensa, il Senato decretò la liberazione di tutte le serve che avevano preso parte all’azione, costituì loro una dote a spese dello Stato e permise loro di portare gli ornamenti di cui si erano servite. Istituì la festa e le diede il suo nome: «le None Caprotine, da quel fico selvatico (caprificus) dal quale avevano ricevuto il segnale della vittoria.»[8]
La seconda tradizione: Romolo alla Palude della Capra
Plutarco riporta una tradizione del tutto diversa sull’origine del nome di questo giorno. Secondo alcuni, non sarebbe la vittoria sui Latini ma la scomparsa di Romolo ad avergli dato il nome. Nella Vita di Romolo, scrive che «il giorno in cui scomparve, lo chiamano « fuga della folla » e « None Caprotine », perché coloro che escono dalla città vanno a sacrificare alla Palude della Capra; poiché chiamano la capra capra.»[9] Il legame tra il nome della festa e quello del luogo – il Caprae Palus, la Palude della Capra, nel Campo Marzio – fornirebbe così un’eziologia indipendente dal fico selvatico. Nella Vita di Camillo, Plutarco precisa ancora: «altri dicono che la maggior parte di questi atti e di queste parole si riferiscono alla sorte di Romolo: quel giorno, infatti, sarebbe scomparso fuori dalla porta, quando un’oscurità e una tempesta lo avvolsero all’improvviso – o, secondo alcuni, durante un’eclissi di sole.»[10] Tito Livio descrive la stessa scena: durante una rassegna delle truppe tenuta alla Palude della Capra, «si scatenò una tempesta con un gran fragore di tuoni e avvolse il re in una nube così fitta da sottrarlo agli occhi dell’assemblea; e da quel momento Romolo non fu più sulla terra.»[11] La scomparsa del fondatore di Roma, la tumultuosa uscita del popolo che ne seguì, i nomi gridati nel disordine – tutti elementi che la tradizione ha riconosciuto nel rituale annuale delle Nonae Caprotinae.
Le due eziologie – la vittoria di Filotide e la scomparsa di Romolo – coesistono nelle fonti. Varrone, che cita le due feste successivamente nel suo De lingua Latina, lascia intendere che si celebrassero in giorni diversi: i Poplifugia il 5 luglio, le Nonae Caprotinae il 7. Plutarco, invece, le fonde in un’unica giornata nella Vita di Romolo, senza che gli Antichi stessi abbiano risolto la questione.
Il rituale: uscita tumultuosa, scherni e fico selvatico
Il programma della giornata, quale Plutarco descrive nella Vita di Camillo, si è svolto in più momenti. Prima, l’uscita tumultuosa: «sono usciti in massa dalla porta, gridando molti nomi locali e comuni – Gaio, Marco, Lucio e altri simili –, imitando le chiamate che i soldati si erano allora rivolti in fretta.» Viene poi il momento delle serve: «riccamente adornate, sono andate qua e là scherzando con motti beffardi verso quanti incontravano. Si sono anche sfidate in una sorta di combattimento tra loro, come se partecipassero ancora alla lotta condotta allora contro i Latini. Durante il banchetto, si sono sedute all’ombra di rami di fico.»[12]
È presso questo fico che si compì il sacrificio a Giunone Caprotina. Varrone nota che le donne utilizzarono un ramo di quest’albero, e Macrobio precisa che vi si impiegò «il latte che cola dal fico selvatico, in ricordo dell’evento compiuto.» Questa linfa lattea, prelevata dall’albero stesso, distingue il rito da qualsiasi sacrificio ordinario. È questo stesso albero che ha fornito il nome alla festa secondo Macrobio, che fa derivare Caprotinae dal termine caprificus. Plutarco propone dal canto suo l’etimologia a partire da capra, la capra, in relazione alla Palude della Capra – le due spiegazioni circolano senza che gli Antichi stessi le abbiano risolte.
La festa non si limitò a Roma né all’Italia. Un’iscrizione greca scoperta a Dion, colonia romana della Macedonia, datata alla prima metà del III secolo d.C., ne offre la prova. Una certa Arura, schiava di Plutiade, vi ha dedicato un’offerta a Zeus Ipsistos «dopo aver esercitato la funzione di agoranomos durante la festa delle None Caprotine.»[13] È ad oggi l’unica testimonianza epigrafica della celebrazione delle Nonae Caprotinae in una colonia romana fuori d’Italia.
Studi moderni consultati
- Álvarez Maurín, María del Pilar, «Nonae Caprotinae y Poplifugia: interpretación conjunta», Estudios humanísticos. Filología, 13 (1991), p. 21-31.
- Drossart, Paul, «Nonae Caprotinae: La fausse capture des Aurores», su «Revue de l’histoire des religions», t. 185, n° 2, 1974, p. 129-139.
- Nigdelis, Pantelis, «The Nonae Capratinae in Dion and Religious Associations and Public Festivals in Roman Macedonia», su «Greek, Roman, and Byzantine Studies», 56 (2016), p. 663-678.
- Pfeilschifter, René, «Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae», su «Hermes», 136 (2008), p. 30-37.
- Robertson, Noel, «The Nones of July and Roman Weather Magic», su «Museum Helveticum», 44 (1987), p. 8-41.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press (estratto, capitoli 1.1–1.4.2.1).
[1] Ausonio, Eclogae, XXIII (De feriis Romanis), v. 9-10: Festa Caprotinis memorabo celebria Nonis, cum stola matronis dempta teget famulas.
[2] Varrone, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt; e caprifico adhibent virgam.
[3] Polemio Silvio, Fasti, ad Nonas Iulias: NONAE Ancillarum feriae, quarum celebritas instituta est ideo, quia capta Vrbe a Gallis, cum finitimi prius victi tradi sibi Romanorum procerum coniuges postularent et, consilio Philotidis ancillae, famulae dominarum vestibus adornatae datae illis fuissent, his nuntiantibus praedictos somno sopitos et ebrios posse superari, facta victoria sic.
[4] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 3: πεισθέντας δὲ τοὺς ἄρχοντας ἐπιλέξασθαι τῶν θεραπαινίδων ὅσας ἐκείνη πρὸς τὴν χρείαν ἐδοκίμασε, καὶ κοσμήσαντας ἐσθῆτι καὶ χρυσῷ παραδοῦναι τοῖς Λατίνοις, οὐ πάνυ πρόσω τῆς πόλεως στρατοπεδεύουσι.
[5] Macrobio, Saturnali, I, 11, 39: Quae cum a Livio in castris distributae fuissent, viros plurimo vino provocaverunt diem festum apud se esse simulantes.
[6] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 4: νύκτωρ δὲ τὰς μὲν ἄλλας ὑφελέσθαι τὰ ἐγχειρίδια τῶν πολεμίων, τὴν δὲ εἴτε Τουτούλαν εἴτε Φιλωτίδα προσβᾶσαν ἐρινεῷ μεγάλῳ καὶ παρατείνασαν ὀπίσω τὸ ἱμάτιον ἆραι πυρσὸν εἰς τὴν Ῥώμην.
[7] Ovidio, Ars amatoria, II, 257-258: Porrige et ancillae, qua poenas luce pependit / lusa maritali Gallica veste manus.
[8] Macrobio, Saturnali, I, 11, 40: diemque ipsum Nonas Caprotinas nuncupavit ab illa caprifico ex qua signum victoriae ceperunt, sacrificiumque statuit annua sollemnitate celebrandum, cui lac quod ex caprifico manat propter memoriam facti procedentis adhibetur.
[9] Plutarco, Vita di Romolo, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας· τὴν γὰρ αἶγα κάπραν ὀνομάζουσιν.
[10] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶ θυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[11] Tito Livio, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[12] Plutarco, Vita di Camillo, 33, 6: πρῶτον μὲν γὰρ ἐξιόντες ἀθρόοι διὰ τῆς πύλης πολλὰ τῶν ἐπιχωρίων καὶ κοινῶν ὀνομάτων βοῇ φθέγγονται, Γάιον, Μᾶρκον, Λούκιον καὶ τὰ τούτοις ὅμοια, μιμούμενοι τὴν τότε γενομένην μετὰ σπουδῆς ἀλλήλων ἀνάκλησιν. ἔπειτα κεκοσμημέναι λαμπρῶς αἱ θεραπαινίδες περιίασι παίζουσαι διὰ σκωμμάτων εἰς τοὺς ἀπαντῶντας. γίνεται δὲ καὶ μάχη τις αὐταῖς πρὸς ἀλλήλας, ὡς καὶ τότε τοῦ πρὸς τοὺς Λατίνους ἀγῶνος συνεπιλαμβανομέναις. ἑστιώμεναι δὲ καθέζονται κλάδοις συκῆς σκιαζόμεναι.
[13] Nigdelis, GRBS 56 (2016), p. 664: Ἀγαθῇ τύχῃ / Διὶ Ὑψίστῳ ⊃ Ἄρουρα / Πλουτιάδου ⊃ παιδίσκη / ἀγορανομήσασα ⊃ Νώναις / Καπρατείναις ⊃ ἀνέθηκεν / δι᾽ ἐπιμελείας Φρούκτου.
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🇬🇧 English version

IN BRIEF. On 7 July, slave women and free women left Rome to make sacrifice beneath a wild fig tree. Mockery, mock combat, white sap and a brandished torch: the Nonae Caprotinae remain one of the most enigmatic festivals in the Roman calendar.
Nonae Caprotinae: when slave women saved Rome
On 7 July, the women of Rome, free and enslaved alike, left the city to gather on the Campus Martius. The festival bore two names: Ancillarum Feriae, « Festival of the Serving Women », and Nonae Caprotinae, « Caprotine Nones ». Ausonius, writing in the 4th century CE, recalls it in two lines: « the celebrated festivals of the Caprotine Nones, when the stola removed from the matrons will cover the serving women. »[1] Its position in the calendar was itself a singularity: it is the only festival of the year fixed on a day of the Nones. Varro, who records the two festivals in succession in his De lingua Latina, stresses that the rite was not confined to Rome: on that day, « in Latium », women sacrificed to Juno Caprotina beneath a wild fig tree.[2] Polemius Silvius, whose calendar dates to around 448 CE, still records it under the name of Ancillarum feriae[3], testifying to a persistence that spans the centuries and the religious transformations of the Empire.
Philotis on the fig tree: the founding myth
The festival has its founding myth, transmitted by Plutarch and Macrobius with slight variations. The action takes place after the sack of Rome by the Gauls. Rome’s neighbours – Latins according to Plutarch, Fidenates according to Macrobius –, taking advantage of the city’s weakened state, had encamped beneath its walls and demanded that free women be handed over to them. The Roman magistrates were at a loss. It was then that a serving woman named Philotis (or Tutula according to other sources) proposed a stratagem: to send slave women dressed as free women in their place. « The magistrates allowed themselves to be persuaded: they selected as many serving women as she deemed necessary, adorned them with garments and gold, and handed them over to the Latins, who were encamped not far from the city. »[4]
Once inside the enemy camp, the serving women plied the soldiers with drink. Macrobius specifies that they « urged the men to drink a great deal of wine, pretending that it was a feast day for them. »[5] With the men asleep, they stole their swords. Philotis then climbed a great wild fig tree and brandished a torch towards Rome, spreading her cloak behind her to conceal the light from the enemy.[6] The Romans received the signal, rushed out of the city calling one another by their first names, fell upon the sleeping camp and won the victory. Ovid mentions this day as the moment when « deceived by the disguise, the Gallic band paid for its offence »[7] – in his version, the enemy is Gallic rather than Latin, a variant attested in other sources as well.
As a reward, the Senate decreed the manumission of all the serving women who had taken part in the action, provided them with a dowry at the State’s expense and permitted them to wear the adornments they had used. It instituted the festival and gave it its name: « the Caprotine Nones, after that wild fig tree (caprificus) from which they had received the signal of victory. »[8]
The second tradition: Romulus at the Goat’s Marsh
Plutarch records a quite different tradition regarding the origin of the name of this day. According to some, it was not the victory over the Latins but the disappearance of Romulus that gave it its name. In the Life of Romulus, he writes that « the day on which he disappeared is called ‘flight of the crowd’ and ‘Caprotine Nones’, because those who leave the city go to make sacrifice at the Goat’s Marsh; for they call the goat capra. »[9] The connection between the name of the festival and that of the place – the Caprae Palus, the Goat’s Marsh, on the Campus Martius – would thus furnish an aetiology independent of the wild fig tree. In the Life of Camillus, Plutarch adds: « others say that most of these acts and words relate to the fate of Romulus: on that very day, they say, he disappeared outside the gate, when darkness and a storm suddenly enveloped him – or, according to some, during a solar eclipse. »[10] Livy describes the same scene: during a review of the troops held at the Goat’s Marsh, « a storm suddenly arose with a great crash of thunder and enveloped the king in so dense a cloud that it hid him from the sight of the assembly; and from that moment Romulus was no more on earth. »[11] The disappearance of Rome’s founder, the tumultuous departure of the people that followed, the names cried out in disorder – all elements that tradition came to recognise in the annual ritual of the Nonae Caprotinae.
The two aetiologies – Philotis’s victory and the disappearance of Romulus – coexist in the sources. Varro, who records the two festivals in succession in his De lingua Latina, implies that they were celebrated on different days: the Poplifugia on 5 July, the Nonae Caprotinae on 7 July. Plutarch, for his part, merges them into a single day in the Life of Romulus, without the Ancients themselves having settled the question.
The ritual: tumultuous procession, mockery and wild fig tree
The programme of the day, as Plutarch describes it in the Life of Camillus, unfolded in several stages. First, the tumultuous departure: « they poured out in a crowd through the gate, calling out a great many local and common names – Gaius, Marcus, Lucius and the like – in imitation of the hasty calls the soldiers had exchanged at the time. » Then came the moment of the serving women: « splendidly adorned, they went hither and thither exchanging jests and mockery with those they met. They also engaged in a kind of combat among themselves, as though they were again taking part in the struggle once waged against the Latins. During the feast, they sat in the shade of fig branches. »[12]
It was beneath this fig tree that the sacrifice to Juno Caprotina was performed. Varro notes that the women used a branch of the tree, and Macrobius specifies that « the milk that flows from the wild fig tree was employed, in memory of the deed performed. » This milky sap, drawn from the tree itself, sets the rite apart from any ordinary sacrifice. It is this same tree that gave its name to the festival according to Macrobius, who derives Caprotinae from the word caprificus. Plutarch, for his part, proposes the etymology from capra, the goat, in connection with the Goat’s Marsh – the two explanations circulate without the Ancients themselves having resolved them.
The festival was not confined to Rome or to Italy. A Greek inscription discovered at Dion, a Roman colony in Macedonia, dated to the first half of the 3rd century CE, furnishes the proof. One Arura, a slave of Plutiades, dedicated an offering there to Zeus Hypsistos « having served as agoranomos at the festival of the Caprotine Nones. »[13] This is to date the only epigraphic testimony to the celebration of the Nonae Caprotinae in a Roman colony outside Italy.
Modern studies consulted
- Álvarez Maurín, María del Pilar, « Nonae Caprotinae y Poplifugia: interpretación conjunta », Estudios humanísticos. Filología, 13 (1991), pp. 21–31.
- Drossart, Paul, « Nonae Caprotinae: La fausse capture des Aurores », Revue de l’histoire des religions, t. 185, no. 2, 1974, pp. 129–139.
- Nigdelis, Pantelis, « The Nonae Capratinae in Dion and Religious Associations and Public Festivals in Roman Macedonia », Greek, Roman, and Byzantine Studies, 56 (2016), pp. 663–678.
- Pfeilschifter, René, « Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae », Hermes, 136 (2008), pp. 30–37.
- Robertson, Noel, « The Nones of July and Roman Weather Magic », Museum Helveticum, 44 (1987), pp. 8–41.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press (extract, chapters 1.1–1.4.2.1).
[1] Ausonius, Eclogae, XXIII (De feriis Romanis), vv. 9–10: Festa Caprotinis memorabo celebria Nonis, cum stola matronis dempta teget famulas.
[2] Varro, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt; e caprifico adhibent virgam.
[3] Polemius Silvius, Fasti, ad Nonas Iulias: NONAE Ancillarum feriae, quarum celebritas instituta est ideo, quia capta Vrbe a Gallis, cum finitimi prius victi tradi sibi Romanorum procerum coniuges postularent et, consilio Philotidis ancillae, famulae dominarum vestibus adornatae datae illis fuissent, his nuntiantibus praedictos somno sopitos et ebrios posse superari, facta victoria sic.
[4] Plutarch, Life of Camillus, 33, 3: πεισθέντας δὲ τοὺς ἄρχοντας ἐπιλέξασθαι τῶν θεραπαινίδων ὅσας ἐκείνη πρὸς τὴν χρείαν ἐδοκίμασε, καὶ κοσμήσαντας ἐσθῆτι καὶ χρυσῷ παραδοῦναι τοῖς Λατίνοις, οὐ πάνυ πρόσω τῆς πόλεως στρατοπεδεύουσι.
[5] Macrobius, Saturnalia, I, 11, 39: Quae cum a Livio in castris distributae fuissent, viros plurimo vino provocaverunt diem festum apud se esse simulantes.
[6] Plutarch, Life of Camillus, 33, 4: νύκτωρ δὲ τὰς μὲν ἄλλας ὑφελέσθαι τὰ ἐγχειρίδια τῶν πολεμίων, τὴν δὲ εἴτε Τουτούλαν εἴτε Φιλωτίδα προσβᾶσαν ἐρινεῷ μεγάλῳ καὶ παρατείνασαν ὀπίσω τὸ ἱμάτιον ἆραι πυρσὸν εἰς τὴν Ῥώμην.
[7] Ovid, Ars amatoria, II, 257–258: Porrige et ancillae, qua poenas luce pependit / lusa maritali Gallica veste manus.
[8] Macrobius, Saturnalia, I, 11, 40: diemque ipsum Nonas Caprotinas nuncupavit ab illa caprifico ex qua signum victoriae ceperunt, sacrificiumque statuit annua sollemnitate celebrandum, cui lac quod ex caprifico manat propter memoriam facti procedentis adhibetur.
[9] Plutarch, Life of Romulus, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας· τὴν γὰρ αἶγα κάπραν ὀνομάζουσιν.
[10] Plutarch, Life of Camillus, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶθυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[11] Livy, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[12] Plutarch, Life of Camillus, 33, 6: πρῶτον μὲν γὰρ ἐξιόντες ἀθρόοι διὰ τῆς πύλης πολλὰ τῶν ἐπιχωρίων καὶ κοινῶν ὀνομάτων βοῇ φθέγγονται, Γάιον, Μᾶρκον, Λούκιον καὶ τὰ τούτοις ὅμοια, μιμούμενοι τὴν τότε γενομένην μετὰ σπουδῆς ἀλλήλων ἀνάκλησιν. ἔπειτα κεκοσμημέναι λαμπρῶς αἱ θεραπαινίδες περιίασι παίζουσαι διὰ σκωμμάτων εἰς τοὺς ἀπαντῶντας. γίνεται δὲ καὶ μάχη τις αὐταῖς πρὸς ἀλλήλας, ὡς καὶ τότε τοῦ πρὸς τοὺς Λατίνους ἀγῶνος συνεπιλαμβανομέναις. ἑστιώμεναι δὲ καθέζονται κλάδοις συκῆς σκιαζόμεναι.
[13] Nigdelis, GRBS 56 (2016), p. 664: Ἀγαθῇ τύχῃ / Διὶ Ὑψίστῳ ⊃ Ἄρουρα / Πλουτιάδου ⊃ παιδίσκη / ἀγορανομήσασα ⊃ Νώναις / Καπρατείναις ⊃ ἀνέθηκεν / δι᾽ ἐπιμελείας Φρούκτου.
Dates
7 juillet 2026 Toute la journée
202615juilToute la journéeTransvectio equitum
Description
Idibus Iuliis La transvectio
Description
Idibus Iuliis

La transvectio equitum, une parade annuelle des chevaliers romains à Rome, est instituée en l’honneur des Dioscures à la fin du IVe siècle av. J.-C. Cette cérémonie, profondément ancrée dans les traditions militaires et religieuses de la Rome antique, subit des transformations significatives au fil des siècles, particulièrement sous l’Empire romain.
La transvectio equitum se déroule chaque année le 15 juillet. Les jeunes chevaliers, ou iuvenes equites, vêtus de la toga trabea (ornée de bandes pourpres), se rassemblent devant le temple de Mars, situé le long de la Via Appia, à environ deux kilomètres de la Porta Capena. Ce temple, dédié le 1er juin 368 av. J.-C. par le duumvir Titus Quinctius après la guerre gauloise, sert de point de départ à la parade. Les censeurs, responsables de la revue des chevaliers (recognitio equitum), inspectent les participants avant de guider la procession à travers Rome. Le parcours suit la Via Appia jusqu’à la Porta Capena, puis se dirige vers le Capitole, avec un arrêt devant le temple des Dioscures sur le Forum Romain pour offrir un sacrifice en l’honneur des divinités protectrices des cavaliers.
L’origine de cette cérémonie remonte à la bataille du lac Regille en 499 av. J.-C., où les Romains, confrontés à une coalition de Latins, voient apparaître deux cavaliers extraordinaires, identifiés plus tard comme les Dioscures Castor et Pollux. Ces derniers, montés sur des chevaux blancs et vêtus de la trabea de pourpre, interviennent pour semer la confusion parmi les ennemis et assurent ainsi la victoire des Romains. En reconnaissance de cette intervention divine, un temple est dédié aux Dioscures en 484 av. J.-C. près de la fontaine de Giuturna.
En 230 av. J.-C., le censeur Quintus Fabius Maximus Verrucosus modifie le point de départ de la procession, la faisant démarrer du temple de Virtus et Honos près de la Porta Capena, tout en maintenant sa proximité avec le temple de Mars.
Après plusieurs décennies d’oubli, la parade est rétablie par Auguste. Ce dernier, selon Suétone, réinstaure la marche solennelle au Capitole, supprimant la tradition où un accusateur pouvait faire descendre un chevalier de son cheval. Il permet aussi aux chevaliers âgés ou mutilés de faire marcher leur cheval dans le rang tout en répondant à pied s’ils sont cités. Sous le règne d’Auguste, les chevaliers sont divisés en six escadrons (turmae), chacun dirigé par un sevir turmae equitum Romanorum, une charge honorifique occupée par des figures telles que Caius et Lucius César, et plus tard par Hadrien en 94 après J.-C. Le parcours de la parade est modifié pour inclure une halte devant le temple de Mars Vengeur sur le forum d’Auguste, tout en conservant l’arrivée traditionnelle au Capitole.
Dionysios d’Halicarnasse décrit cette procession comme un spectacle grandiose. Les chevaliers, ornés de couronnes de branches d’olivier et portant leurs décorations de bataille, défilent sur leurs chevaux depuis le temple de Mars à l’extérieur de la ville, traversant le Forum Romain jusqu’au temple des Dioscures, en nombre pouvant atteindre jusqu’à cinq mille.
Dates
15 juillet 2026 Toute la journée
202613aoûtToute la journée15Nemoralia
Description
Idibus Augustis - Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Description
Idibus Augustis – Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres

EN BREF. Les Nemoralia, également connues sous le nom de Festival des Flambeaux ou Ides d’Hécate, constituent un festival de trois jours célébré initialement par les anciens Romains aux Ides d’août (13-15 août) en l’honneur de la déesse Diane. Bien que les Nemoralia aient d’abord eu lieu dans le sanctuaire de Diane au lac Nemi, elles se sont rapidement diffusées. Il est possible que l’Église catholique ait adapté les Nemoralia pour en faire la fête de l’Assomption.
Nemoralia: Quand Rome célébrait Diane aux flambeaux
Chaque année, une fête en l’honneur de Diane se déroulait dans son sanctuaire du lac de Nemi, près d’Aricia, première ville sur la voie Appienne au sud-est de Rome. Cette date coïncidait avec la fondation traditionnelle d’Ariccia. Les origines de cette fête précèdent probablement la propagation du culte de Diane à Rome au IIIe siècle avant notre ère, et pourraient remonter au VIe siècle avant notre ère, voire plus tôt. Des témoignages du Ier siècle avant notre ère décrivent les fidèles se rendant au sanctuaire en portant torches et guirlandes. La fête de Diane s’est finalement étendue dans toute l’Italie, y compris au temple de Diane sur la colline de l’Aventin à Rome, ce qui était inhabituel étant donné la nature provinciale du culte de Diane.
Le festival de trois jours symbolisait la nature triple de Diane, déesse des trois voies ou des trois visages, comme elle était vénérée à Nemi. Cette trinité reflétait aussi la nature d’Hécate – céleste, terrestre et infernale. Comme d’autres divinités primordiales, Diane possédait trois aspects : naissance, croissance et mort, liés tant aux femmes enceintes qu’à la nature. Il est possible que les Nemoralia célébraient originellement une descente de Diane aux Enfers à la recherche d’Hippolyte ou Virbius, suivie de son ascension comme reine du ciel et de la pleine lune le troisième jour. Des célébrations similaires existaient dans le monde antique pour Déméter et Isis, avec lesquelles Diane était souvent identifiée.
Témoignages poétiques et symbolisme du refuge
Les chiens de chasse, symboles importants de la célébration, représentaient la tutelle de Diane sur ses protégés. Ornés de guirlandes, ils participaient à la fête plutôt qu’à la chasse, cette dernière étant interdite pendant les festivités. Cela symbolisait la protection de Diane, s’étendant à tous. Stace (Publius Papinius Statius), poète de cour né à Naples vers 45 et mort en 96, mentionne les Nemoralia dans ses Silves (3.I.52-60) et souligne l’importance du refuge dans le culte de Diane, dont les sanctuaires offraient asile aux esclaves en fuite et, dans le mythe d’Hippolyte et d’Oreste, refuge contre le meurtre, la pollution, la folie et la mort. Stace célébra la nature triple de la déesse en évoquant l’imagerie céleste (l’étoile Sirius du Grand Chien), terrestre (le bosquet lui-même) et infernale (hécatéenne). L’historien contemporain C.M.C. Green note que «porter une torche dans la procession vers le sanctuaire représentait la fuite du monde chargé de thanatos (mort) et l’obtention d’un refuge dans le monde éternel du sacré, frais, ombragé et protecteur».
Au 1er siècle avant notre ère, le poète Ovide a décrit le sanctuaire et le culte:
«Dans la vallée d’Aricie, il y a un lac entouré d’une forêt sombre, objet d’un culte antique. C’est ici qu’Hippolyte, déchiré par les rênes de ses chevaux, repose caché, et c’est pourquoi aucun cheval ne s’aventure dans ce bois. Des rubans pendent, couvrant les longues haies, et de nombreux ex-voto sont placées là en hommage à la déesse vénérée. Souvent, forte d’un vœu exaucé, le front ceint d’une couronne, une femme y apporte de la Ville des flambeaux allumés.»[1]
Le poète Properce, contemporain d’Ovide, observait le festival depuis la périphérie et s’adressait ainsi à sa bien-aimée: «Ah, si seulement tu pouvais marcher ici pendant tes heures de loisir. Mais nous ne pouvons nous rencontrer aujourd’hui, quand je te vois te hâter avec excitation, une torche enflammée à la main, vers le bosquet de Nemi où tu portes la lumière en l’honneur de la déesse Diane».

Rituels nocturnes et offrandes votives
Ce jour-là, les fidèles formaient une procession de torches et de lampes autour des eaux du lac Nemi (dont le nom, issu du latin nemus, désigne un bois ou bosquet sacré), également connu sous le nom de Miroir de Diane. Des centaines de personnes se rassemblaient au bord du lac, couronnées de fleurs. Selon Plutarque, une partie du rituel consistait à se laver les cheveux et à les parer de fleurs avant la procession. C’était un jour de repos pour les femmes et les esclaves, et les chiens, eux aussi ornés de fleurs, étaient honorés. Les voyageurs entre les rives nord et sud du lac étaient transportés dans de petites barques illuminées par des lanternes. Ces lanternes similaires étaient utilisées par les Vestales et ont été retrouvées avec des images de la déesse à Nemi.
Les offrandes à Diane comprenaient de petites statuettes d’argile ou de pain représentant des parties du corps à guérir, de petites images d’argile de mères et enfants, des miniatures de cerfs, des danses et chants, et des fruits comme les pommes. Des offrandes d’ail étaient également faites à Hécate, déesse de la lune sombre, des fantômes et des morts, souvent en lien avec les cycles lunaires.
Le festival des Nemoralia correspond aux fêtes catholiques d’Hippolyte de Rome (un martyr supposé du IIIe siècle de notre ère, partageant son nom avec une figure mythologique associée à Diane) le 13 août et de l’Assomption de Marie le 15 août. Des érudits comme C.M. Green et James Frazer suggèrent que l’Église catholique primitive aurait pu reprendre et adapter non seulement les dates, mais aussi le symbolisme des Nemoralia.
[1] Fastes (III, Mars, 268 et suivants):
Vallis Aricinae silva praecinctus opaca
est lacus, antiqua religione sacer;
hic latet Hippolytus loris direptus equorum,
Unde nemus nullis illud aditur equis.
Licia dependent longas velantia saepes,
et posita est meritae multa tabella deae.
Saepe potens voti, frontem redimita coronis,
femina lucentes portat ab Urbe faces.
Sources antiques
- OVIDE, Fastes, III, 268-275.
- PLUTARQUE, Vies parallèles.
- PROPERCE, Élégies.
- STACE, Silves, III, 1, 52-60.
Études modernes citées
- FRAZER, James George, The Golden Bough.
- GREEN, C.M.C., Roman Religion and the Cult of Diana at Aricia, New York, Cambridge University Press, 2007.
En savoir plus
- France culture – Le Louvre, podcast: Déesse ou ex-voto ? La statuette votive dit Aphrodite de Nemi
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. I Nemoralia, noti anche come Festival delle Fiaccole o Idi di Ecate, costituiscono un festival di tre giorni celebrato inizialmente dagli antichi Romani nelle Idi di agosto (13-15 agosto) in onore della dea Diana. Benché i Nemoralia si svolgessero originariamente nel santuario di Diana presso il lago di Nemi, si diffusero rapidamente. È possibile che la Chiesa cattolica abbia adattato i Nemoralia trasformandoli nella festa dell’Assunzione.
Nemoralia: Quando Roma celebrava Diana con le fiaccole
Ogni anno, una festa in onore di Diana si svolgeva nel suo santuario del lago di Nemi, presso Aricia, prima città sulla via Appia a sud-est di Roma. Questa data coincideva con la fondazione tradizionale di Ariccia. Le origini di questa festa precedono probabilmente la diffusione del culto di Diana a Roma nel III secolo a.C., e potrebbero risalire al VI secolo a.C., se non prima. Testimonianze del I secolo a.C. descrivono i fedeli che si recavano al santuario portando torce e ghirlande. La festa di Diana si estese infine in tutta Italia, compreso il tempio di Diana sul colle Aventino a Roma, cosa insolita data la natura provinciale del culto di Diana.
Il festival di tre giorni simboleggiava la natura tripla di Diana, dea dei tre sentieri o dei tre volti, come veniva venerata a Nemi. Questa trinità rifletteva anche la natura di Ecate – celeste, terrestre e infernale. Come altre divinità primordiali, Diana possedeva tre aspetti: nascita, crescita e morte, legati sia alle donne incinte che alla natura. È possibile che i Nemoralia celebrassero originariamente una discesa di Diana agli Inferi alla ricerca di Ippolito o Virbio, seguita dalla sua ascensione come regina del cielo e della luna piena il terzo giorno. Celebrazioni simili esistevano nel mondo antico per Demetra e Iside, con le quali Diana era spesso identificata.
Testimonianze poetiche e simbolismo del rifugio
I cani da caccia, simboli importanti della celebrazione, rappresentavano la tutela di Diana sui suoi protetti. Ornati di ghirlande, partecipavano alla festa piuttosto che alla caccia, quest’ultima essendo vietata durante le festività. Ciò simboleggiava la protezione di Diana, che si estendeva a tutti. Stazio (Publius Papinius Statius), poeta di corte nato a Napoli verso il 45 e morto nel 96, menziona i Nemoralia nelle sue Selve (3.I.52-60) e sottolinea l’importanza del rifugio nel culto di Diana, i cui santuari offrivano asilo agli schiavi fuggitivi e, nel mito di Ippolito e Oreste, rifugio contro l’omicidio, la contaminazione, la follia e la morte. Stazio celebrò la natura tripla della dea evocando l’immaginario celeste (la stella Sirio del Cane Maggiore), terrestre (il bosco stesso) e infernale (ecateano). Lo storico contemporaneo C.M.C. Green osserva che «portare una torcia nella processione verso il santuario rappresentava la fuga dal mondo carico di thanatos (morte) e l’ottenimento di un rifugio nel mondo eterno del sacro, fresco, ombroso e protettivo».
Nel I secolo a.C., il poeta Ovidio ha descritto il santuario e il culto:
«Nella valle di Aricia, c’è un lago circondato da una foresta oscura, oggetto di un culto antico. È qui che Ippolito, dilaniato dalle redini dei suoi cavalli, riposa nascosto, ed è per questo che nessun cavallo si avventura in questo bosco. Nastri pendono, coprendo le lunghe siepi, e numerosi ex voto sono posti là in omaggio alla dea venerata. Spesso, forte di un voto esaudito, la fronte cinta da una corona, una donna vi porta dalla Città fiaccole accese.»[1]
Il poeta Properzio, contemporaneo di Ovidio, osservava il festival dalla periferia e si rivolgeva così alla sua amata: «Ah, se solo tu potessi camminare qui durante le tue ore di ozio. Ma non possiamo incontrarci oggi, quando ti vedo affrettarti con eccitazione, una fiaccola accesa in mano, verso il bosco di Nemi dove porti la luce in onore della dea Diana».
Rituali notturni e offerte votive
In quel giorno, i fedeli formavano una processione di fiaccole e lampade attorno alle acque del lago di Nemi (il cui nome, derivato dal latino nemus, designa un bosco o boschetto sacro), noto anche come Specchio di Diana. Centinaia di persone si riunivano sulla riva del lago, incoronate di fiori. Secondo Plutarco, parte del rituale consisteva nel lavarsi i capelli e adornarli di fiori prima della processione. Era un giorno di riposo per le donne e gli schiavi, e i cani, anch’essi ornati di fiori, venivano onorati. I viaggiatori tra le rive nord e sud del lago erano trasportati in piccole barche illuminate da lanterne. Lanterne simili erano usate dalle Vestali e sono state ritrovate con immagini della dea a Nemi.
Le offerte a Diana comprendevano piccole statuette di argilla o di pane rappresentanti parti del corpo da guarire, piccole immagini di argilla di madri e bambini, miniature di cervi, danze e canti, e frutti come le mele. Si facevano anche offerte di aglio a Ecate, dea della luna oscura, dei fantasmi e dei morti, spesso in relazione ai cicli lunari.
Il festival dei Nemoralia corrisponde alle feste cattoliche di Ippolito di Roma (un presunto martire del III secolo d.C., che condivide il nome con una figura mitologica associata a Diana) il 13 agosto e dell’Assunzione di Maria il 15 agosto. Studiosi come C.M. Green e James Frazer suggeriscono che la Chiesa cattolica primitiva avrebbe potuto riprendere e adattare non solo le date, ma anche il simbolismo dei Nemoralia.
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English version
IN BRIEF. The Nemoralia, also known as the Festival of Torches or Ides of Hecate, comprised a three-day festival initially celebrated by the ancient Romans during the Ides of August (13-15 August) in honour of the goddess Diana. Although the Nemoralia originally took place at Diana’s sanctuary at Lake Nemi, they quickly spread throughout the region. It is possible that the Catholic Church adapted the Nemoralia to create the feast of the Assumption.
Nemoralia: When Rome celebrated Diana with torches
Each year, a festival in honour of Diana took place at her sanctuary at Lake Nemi, near Aricia, the first town on the Appian Way south-east of Rome. This date coincided with the traditional foundation of Ariccia. The origins of this festival probably predate the spread of Diana’s cult to Rome in the 3rd century BCE, and could date back to the 6th century BCE or even earlier. Accounts from the 1st century BCE describe worshippers making their way to the sanctuary carrying torches and garlands. Diana’s festival eventually spread throughout Italy, including to Diana’s temple on the Aventine Hill in Rome, which was unusual given the provincial nature of Diana’s cult.
The three-day festival symbolised Diana’s triple nature as goddess of the three ways or three faces, as she was venerated at Nemi. This trinity also reflected Hecate’s nature—celestial, terrestrial, and infernal. Like other primordial deities, Diana possessed three aspects: birth, growth, and death, connected to both pregnant women and nature itself. It is possible that the Nemoralia originally celebrated Diana’s descent to the underworld in search of Hippolytus or Virbius, followed by her ascension as queen of heaven and the full moon on the third day. Similar celebrations existed in the ancient world for Demeter and Isis, with whom Diana was often identified.
Poetic testimonies and the symbolism of refuge
Hunting hounds, important symbols of the celebration, represented Diana’s guardianship over her charges. Adorned with garlands, they participated in the festival rather than the hunt, the latter being forbidden during the festivities. This symbolised Diana’s protection, extending to all. Statius (Publius Papinius Statius), a court poet born in Naples around 45 CE and who died in 96 CE, mentions the Nemoralia in his Silvae (3.I.52-60) and emphasises the importance of refuge in Diana’s cult, whose sanctuaries offered asylum to runaway slaves and, in the myth of Hippolytus and Orestes, refuge from murder, pollution, madness, and death. Statius celebrated the goddess’s triple nature by evoking celestial imagery (the star Sirius of Canis Major), terrestrial (the grove itself), and infernal (Hecatean). Contemporary historian C.M.C. Green notes that « carrying a torch in the procession to the sanctuary represented flight from the world laden with thanatos (death) and finding refuge in the eternal world of the sacred, cool, shaded, and protective ».
In the 1st century BCE, the poet Ovid described the sanctuary and cult:
« In the valley of Aricia, there is a lake surrounded by a dark forest, the object of ancient worship. It is here that Hippolytus, torn apart by his horses’ reins, rests hidden, which is why no horse ventures into this wood. Ribbons hang, covering the long hedges, and numerous votive offerings are placed there in homage to the venerated goddess. Often, empowered by an answered prayer, her brow wreathed with a crown, a woman brings lighted torches there from the City. »[1]
The poet Propertius, a contemporary of Ovid, observed the festival from the periphery and addressed his beloved thus: « Ah, if only you could walk here during your leisure hours. But we cannot meet today, when I see you hurrying with excitement, a flaming torch in hand, towards the grove of Nemi where you carry light in honour of the goddess Diana. »
Nocturnal rituals and votive offerings
On this day, worshippers formed a procession of torches and lamps around the waters of Lake Nemi (whose name, derived from the Latin nemus, denotes a sacred wood or grove), also known as Diana’s Mirror. Hundreds of people gathered on the lake’s shore, crowned with flowers. According to Plutarch, part of the ritual involved washing one’s hair and adorning it with flowers before the procession. It was a day of rest for women and slaves, and dogs, also adorned with flowers, were honoured. Travellers between the north and south shores of the lake were transported in small boats illuminated by lanterns. Similar lanterns were used by the Vestals and have been found with images of the goddess at Nemi.
Offerings to Diana included small clay or bread figurines representing parts of the body to be healed, small clay images of mothers and children, miniature deer, dances and songs, and fruits such as apples. Garlic offerings were also made to Hecate, goddess of the dark moon, ghosts, and the dead, often in connection with lunar cycles.
The Nemoralia festival corresponds to the Catholic feasts of Hippolytus of Rome (a supposed 3rd-century CE martyr who shares his name with a mythological figure associated with Diana) on 13 August and the Assumption of Mary on 15 August. Scholars such as C.M. Green and James Frazer suggest that the early Catholic Church may have adopted and adapted not only the dates but also the symbolism of the Nemoralia.
Dates
13 août 2026 - 15 août 2026 (Toute la journée)
202615aoûtToute la journéeFeriæ Augusti
Description
Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Description
Ante diem octavum decimum Kalendas Septembres
Feriae Augusti : quand Rome inventait les congés payés

Les Feriæ Augusti, instaurées par l’empereur Auguste en 18 av. J.-C., ajoutaient une célébration au mois d’août, aux côtés des fêtes romaines préexistantes telles que les Vinalia et les Consualia. Ces festivités marquaient la fin des travaux agricoles majeurs et étaient conçues non seulement pour promouvoir l’empereur mais aussi pour offrir une période de repos bien méritée après les efforts des semaines passées.
Les célébrations comprenaient des courses de chevaux à travers l’empire, et même les animaux de trait comme les bœufs, ânes et mules étaient dispensés de travail et ornés de guirlandes de fleurs.
Certaines de ces traditions antiques survivent presque intactes dans des événements modernes comme le Palio de Sienne. Le terme « palio » vient du « pallium », le tissu précieux remis comme prix aux vainqueurs des courses à Rome. Pendant ces fêtes, les travailleurs transmettaient leurs vœux à leurs employeurs en échange de pourboires, une pratique devenue obligatoire dans les États pontificaux durant la Renaissance.
Les Feriæ Augusti étaient des jours fériés dans tout l’Empire romain. Avec la christianisation de l’Europe, ces festivités ont été progressivement remplacées par l’Assomption, célébrée le 15 août. En Italie, la fête persiste sous le nom de Ferragosto.
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Versione italiana
Feriae Augusti: quando Roma inventò le ferie pagate
Le Feriæ Augusti, istituite dall’imperatore Augusto nel 18 a.C., aggiungevano una celebrazione al mese di agosto, accanto alle feste romane preesistenti come le Vinalia e le Consualia. Queste festività segnavano la fine dei lavori agricoli più importanti ed erano concepite non solo per promuovere l’imperatore, ma anche per offrire un periodo di riposo ben meritato dopo le fatiche delle settimane precedenti.
I festeggiamenti comprendevano corse di cavalli in tutto l’impero, e persino gli animali da traino come buoi, asini e muli erano esentati dal lavoro e ornati con ghirlande di fiori.
Alcune di queste tradizioni antiche sopravvivono quasi intatte in eventi moderni come il Palio di Siena. Il termine « palio » deriva dal « pallium », il tessuto prezioso consegnato come premio ai vincitori delle corse a Roma. Durante queste feste, i lavoratori porgevano i loro auguri ai datori di lavoro in cambio di mance, una pratica divenuta obbligatoria negli Stati pontifici durante il Rinascimento.
Le Feriæ Augusti erano giorni festivi in tutto l’Impero romano. Con la cristianizzazione dell’Europa, queste festività furono progressivamente sostituite dall’Assunzione, celebrata il 15 agosto. In Italia, la festa persiste con il nome di Ferragosto.
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English version
Feriae Augusti: when Rome invented paid vacation
The Feriæ Augusti, established by Emperor Augustus in 18 BC, added a celebration to the month of August, alongside pre-existing Roman festivals such as the Vinalia and Consualia. These festivities marked the end of major agricultural work and were designed not only to promote the emperor but also to provide a well-deserved period of rest after the efforts of the preceding weeks.
The celebrations included horse races throughout the empire, and even draught animals such as oxen, donkeys and mules were excused from work and adorned with garlands of flowers.
Some of these ancient traditions survive almost intact in modern events such as the Palio of Siena. The term « palio » comes from the « pallium », the precious cloth given as a prize to the winners of races in Rome. During these festivals, workers would offer their good wishes to their employers in exchange for tips, a practice that became obligatory in the Papal States during the Renaissance.
The Feriæ Augusti were public holidays throughout the Roman Empire. With the Christianisation of Europe, these festivities were gradually replaced by the Assumption, celebrated on 15th August. In Italy, the festival persists under the name of Ferragosto.
Dates
15 août 2026 Toute la journée
202619aoûtToute la journéeVinalia Rustica
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas septembres D'après une mosaïque romaine exposée au Musée du Bardo, Tunisie.Dessin
Description
Ante diem quartum decimum Kalendas septembres

Les Vinalia Rustica étaient une fête romaine antique célébrée le 19 août, marquant le début de la saison des vendanges en Italie centrale.
Les origines des Vinalia Rustica remontent à une haute antiquité, comme en témoigne leur présence dans les plus anciens calendriers romains. Selon Ovide et Plutarque, la fondation de cette fête est liée à la légende d’Énée. Face à la menace du tyran étrusque Mézence, Énée aurait promis à Jupiter tout le vin de la prochaine vendange en échange de la victoire. Cette légende, rapportée également par Caton et Festus, illustre l’importance accordée au vin dans la culture romaine et son lien étroit avec les croyances religieuses.
Le rituel central des Vinalia Rustica, décrit par Varron, impliquait le flamen dialis (grand prêtre de Jupiter). Celui-ci cueillait la première grappe de raisins et effectuait le premier pressage sacré, offrant ainsi les prémices de la récolte à Jupiter[1]. Varron précise: hunc diem festum tempestatibus leniendis institutum (ce jour de fête a été institué pour apaiser les intempéries), soulignant le rôle protecteur attribué à cette célébration pour la récolte à venir.
Une particularité intéressante des Vinalia Rustica est la dualité entre Jupiter et Vénus. Bien que la fête soit principalement associée à Jupiter, Vénus y jouait également un rôle important. Varron mentionne que ce jour-là, des temples étaient dédiés à Vénus et des jardins lui étaient consacrés. Cette dualité a suscité des débats parmi les auteurs antiques. Masurius Sabinus, cité par Macrobe, affirmait catégoriquement: Vinaliorum dies Jovi sacer est, non, ut quidam putant, Veneri (Le jour des Vinalia est sacré pour Jupiter, non pour Vénus comme certains le pensent).
Les Vinalia Rustica avaient une double fonction: religieuse et agricole. Pline l’Ancien les décrit comme une fête «pour atténuer les effets du temps» sur les vignes. Cette célébration marquait symboliquement l’ouverture religieuse des vendanges, bien que la récolte effective ne commençât généralement que plus tard. Varron souligne l’importance de ce rite en expliquant qu’avant son accomplissement, il était interdit d’apporter du vin nouveau dans la ville. Cette pratique reflète la croyance romaine en l’importance des rites religieux pour assurer le succès des récoltes.
Au fil du temps, l’importance des Vinalia Rustica semble avoir décliné. Varron note qu’à son époque, la fête n’intéressait plus guère que les maraîchers. Ce déclin reflète probablement l’évolution de la société romaine, s’éloignant progressivement de ses racines agricoles.
[1] Varron, De la langue latine, VI, 3, 16:
Vinalia, fêtes où l’on fait des libations de vin nouveau à Jupiter, et non a Vénus. Cette fête est l’objet d’une grande solennité dans le Latium, où autrefois, en certaines contrées, les prêtres présidaient publiquement à la vendange comme cela se pratique encore aujourd’hui dans le territoire de Rome. C’est un flamine diale qui inaugure la vendange : après avoir recueilli les grappes, il sacrifie une brebis à Jupiter, et, au cours de l’immolation et de l’offrande, il choisit la première grappe de raisin. Il est écrit dans les livres sacrés de Tusculum qu’on n’emmène point de vin nouveau à la ville avant la procession des Vinales.
Vinalia a vino; hic dies Iovis, non Veneris; huius rei cura non levis in Latio: nam aliquot locis vindemiae primum ab sacerdotibus publice fiebant, ut Romae etiam nunc; nam flamen Dialis auspicatur vindemiam, et ut iussit vinum legere, agna Iovi facit, inter cuius exta caesa et porrecta flamen primus vinum legit. In Tusculanis portis est scriptum: Vinum novum ne vehatur in urbem ante quam Vinalia kalentur.
Dates
19 août 2026 Toute la journée
202621aoûtToute la journéeCONSUALIA
Description
EN
Description

EN BREF. Les Consualia constituent l’une des célébrations les plus anciennes du calendrier religieux romain. Cette fête, dédiée au dieu Consus, se déroulait deux fois par an et mêlait rituels agraires, courses de chevaux et souvenirs légendaires des origines de Rome.
Les Consualia: une fête romaine aux origines mystérieuses
Les Consualia dédiées au dieu Consus avaient lieu deux fois par an: le 21 août et le 15 décembre. Ces dates correspondent à des moments clés du cycle agricole romain, l’une marquant la fin des moissons d’été, l’autre la clôture de l’année.
L’identité de Consus a suscité des débats dès l’Antiquité. Les auteurs anciens proposaient différentes explications de son nom et de sa nature. Une étymologie ancienne faisait dériver Consus de consilium (conseil), en faisant une divinité des délibérations secrètes. Cette interprétation était liée à une légende selon laquelle Consus aurait conseillé à Romulus d’enlever les Sabines pendant sa fête.
Les études modernes proposent une autre étymologie. Selon l’analyse rapportée par Anne Bajard, le nom peut être rattaché au verbe latin condere (conserver, entreposer), faisant de Consus le protecteur des récoltes stockées dans les silos souterrains.
Le dieu était également associé à Neptune par plusieurs auteurs antiques. Tite-Live parle de Neptunus Equester (Neptune équestre) dans son Histoire romaine. Selon l’étude de Bajard, Plutarque et Denys d’Halicarnasse indiquaient que Neptunus Equestris et Consus n’étaient en fait que deux noms différents d’une même divinité.
Un rituel souterrain
Le culte de Consus présentait une particularité unique dans la religion romaine: son autel était enterré sous le sol du Circus Maximus. Pierre Lambrechts explique que «la récolte étant stockée dans des silos souterrains, l’autel de Consus est lui aussi également souterrain. De cette manière, le sanctuaire est recouvert de terre tout le reste de l’année et n’est ouvert que pour les deux jours de fête.»
Les Consualia donnaient lieu à des spectacles populaires. Lambrechts rapporte que «cette fête très appréciée du peuple comprend des libations de vins offertes sur l’autel de Consus, ainsi que des courses de chevaux et de chars, dont une course de chars tirés par des mules.»
Les animaux de trait bénéficiaient d’un traitement particulier pendant ces célébrations. D’après Denys d’Halicarnasse cité par Lambrechts, «pendant ces jeux festifs, les chevaux et les mules ne doivent pas travailler et ils sont décorés de guirlandes de fleurs.»
Le personnel religieux officiel présidait aux cérémonies. Lambrechts précise que «le flamen Quirinalis, assisté des Vestales, accomplissait lui-même le sacrifice» devant l’autel de Consus.
L’enlèvement des Sabines
La tradition romaine associait étroitement les Consualia à l’enlèvement des Sabines. Selon le récit traditionnel reconstitué par Lambrechts, «Romulus organise une fête en l’honneur du dieu qui, chez les auteurs grecs est appelé Ποσειδών Ἵππιος, et que Tite Live nomme Neptunus Equester.»
Tite-Live décrit cette stratégie dans son Histoire romaine:
«Il [Romulus] prépare avec soin des jeux solennels en l’honneur de Neptune équestre; il les appelle Consualia. De nombreux mortels s’y rassemblèrent, attirés aussi par le désir de voir la ville nouvelle, surtout les plus proches, les Céniniens, les Crustumins, les Antemnates; déjà toute la multitude des Sabins était venue avec enfants et épouses.»
Selon la légende, pendant les festivités, sur un signal convenu, les jeunes Romains se seraient emparés des femmes sabines présentes. Cet épisode explique pourquoi les Consualia étaient perçues comme une fête fondatrice de la cité romaine.
Un cycle festif avec Ops
Les Consualia s’inscrivaient dans un ensemble rituel plus large. Lambrechts note que «quatre jours plus tard, les festivités en l’honneur d’Ops la déesse de l’abondance sont célébrés, c’est également une déesse agricole: soit le 25 août (Opiconsivia) et le 19 décembre (Opalia).»
Ops était qualifiée d’«Ops Consivia» selon Varron cité par Lambrechts, soulignant ses liens avec Consus. Cette association révèle l’existence d’un cycle religieux centré sur la protection des récoltes et des réserves alimentaires.
Tertullien rapporte selon Lambrechts qu’un sacrifice était également fait à Consus lors d’une autre fête, les Nones Caprotines du 7 juillet. Cette fête en l’honneur de Junon Caprotina présentait des similitudes avec l’histoire de l’enlèvement des Sabines: elle commémorait un stratagème où des esclaves déguisées en matrones romaines avaient trompé des ennemis de Rome.
L’évolution tardive: le témoignage d’Ausone
Au 4e siècle de notre ère, le poète Ausone évoque encore les Consualia dans ses «Églogues». Selon l’analyse de Bajard, Ausone parle d’un duplex cultus (double culte) associant très étroitement les deux fêtes.
Bajard observe qu’Ausone mentionne des festa navigiis celebrata (fêtes célébrées avec des navires), suggérant que les Consualia avaient évolué vers des formes nouvelles à son époque. Cette évolution témoigne de la capacité d’adaptation des fêtes romaines au fil des siècles.
Les Consualia illustrent la complexité de la religion romaine archaïque. Cette fête mêlait dimensions agricole (protection des récoltes), équestre (courses de chevaux), politique (mythe fondateur de Rome) et religieuse (rituels souterrains uniques).
L’existence de débats dès l’Antiquité sur l’identité de Consus montre que même les Romains avaient parfois du mal à cerner la nature de leurs divinités les plus anciennes. Cette incertitude reflète les transformations subies par les cultes primitifs au contact de l’hellénisation et de l’évolution politique de Rome.
Sources antiques
- Ausone, Eclogarum Liber, 23.
- Cicéron, De Republica, II, 7.
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, I, 33, 2; II, 30-31.
- Ovide, Fastes, III, 199.
- Plutarque, Vie de Romulus, 14; Questions romaines, 48.
- Tertullien, Des spectacles, 5, 7.
- Tite-Live, Ab Urbe condita libri, I, 9.
- Varron, De lingua latina, VI, 20.
Études modernes citées
- Bajard, Anne, «Les Neptunalia et les Consualia dans l’églogue 23 d’Ausone», Revue des Études Anciennes, t. 111, n°2, 2009, p. 411-428.
- Lambrechts, Pierre, «Consus et l’enlèvement des Sabines», L’Antiquité Classique, t. 15, fasc. 1, 1946, p. 61-82.
Dates
21 août 2026 Toute la journée










