Nunc est bibendum est une association culturelle sans but lucratif dédiée à l'évocation de l'Antiquité par les arts de la table.
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À vos marques, prêts ? Goûtez ! Que mangeaient les athlètes grecs et romains pour se préparer aux épreuves ? Quels aliments étaient réputés fortifiants ? Comment les plats étaient-ils assaisonnés
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À vos marques, prêts ? Goûtez !
Que mangeaient les athlètes grecs et romains pour se préparer aux épreuves ? Quels aliments étaient réputés fortifiants ? Comment les plats étaient-ils assaisonnés ?
L’association Nunc est bibendum vous invite à une dégustation à l’ancienne : venez découvrir les saveurs de l’Antiquité le temps d’un atelier gourmand et instructif.
Dès 7 ans · 20 min · Toutes les 30 min, dans la limite des stocks disponibles
Première séance à 18h30, dernière à 21h. Atelier pour 15 personnes maximum.
202606juinToute la journée07Journées romaines de Nyon
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L'association Nunc est bibendum sera présente aux journées romaines de Nyon. Renseignements suivront.
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L’association Nunc est bibendum sera présente aux journées romaines de Nyon.
Renseignements suivront.
Dates
Juin 6, 2026 - juin 7, 2026 (Toute la journée)
Les nouveautés du site
Exposition(s) ou festival(s) en vedette
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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de
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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de l’Archéologie cantonale, Archeodunum Investigations Archéologiques SA et des Services de la culture et d’architecture de la Ville de Nyon – sur l’un des principaux édifices antiques de Nyon, son amphithéâtre.
Depuis sa découverte en 1996, l’amphithéâtre de Nyon attise l’intérêt et suscite de nombreuses questions. Avec l’exposition « Amphithéâtre? », le Musée romain souhaite apporter des explications, des réponses et des pistes de réflexion sur le passé, le présent et le futur de l’édifice. Il devient également, le temps de l’exposition, la maison du projet de valorisation du monument, qui connaît une évolution remarquable suite au crédit d’études voté par le Conseil communal en août 2022.
L’exposition explore l’amphithéâtre à travers des questions. Sont interrogés tour à tour sa construction, sa localisation, son âge et son ensevelissement, sa fonction, ou encore la place des animaux, des gladiateurs et des femmes dans l’arène. Une sélection de blocs, inscriptions, monnaies, petits objets trouvés sur le site sont présentés et expliqués selon les connaissances basées sur le travail des archéologues.
Dates
Mai 31, 2024 - janvier 10, 2027 (Toute la journée)
Musée romain de Nyon
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À travers une exposition et un programme culturel foisonnant, Alea propose une réflexion sur
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À travers une exposition et un programme culturel foisonnant, Alea propose une réflexion sur les parcours de vie. À la lumière des trajectoires d’hommes et de femmes de l’Antiquité, elle invite à interroger nos propres libertés de choix et d’action, à l’heure où l’égalité est plus que jamais au coeur des débats.
Exposition
Au 2e siècle apr. J.-C., l’Empire romain compte plus de 50 millions d’habitants. Toutes et tous n’y mènent pas la même vie. Hommes, femmes, pauvres, riches, citoyens, esclaves… La société se compose d’une multitude de catégories sociales. Chacune d’entre elles implique des droits, des devoirs et des privilèges différents.
L’exposition Alea vous invite à suivre les membres d’une famille gallo-romaine fictive et à partager avec eux quelques étapes marquantes de leur parcours de vie. La matrone Alba, l’esclave Aptus, la jeune Flora ou son cousin Secundus : qui accompagnerez-vous durant votre visite ?
Parcours enfant dès 10 ans
Programme culturel
Les activités du programme culturel approfondissent les thématiques de l’exposition Alea et ouvrent de nouvelles pistes entre passé et présent. En famille ou entre amis, glissez-vous dans la peau de personnages ayant vécu dans la région il y a 2’000 ans, interrogez-vous sur les parcours atypiques ou minoritaires, prenez la plume pour donner vie à des objets ou menez l’enquête avec des archéologues.
Dates
Septembre 19, 2025 - avril 6, 2026 (Toute la journée)
Musée romain de Lausanne-Vidy
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Pour marquer son jubilé, Lugdunum – Musée et théâtres romains présente une grande exposition qui explore le rapport à l’art et à l’héritage culturel il y a 2 000 ans. Qu’est-ce
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Pour marquer son jubilé, Lugdunum – Musée et théâtres romains présente une grande exposition qui explore le rapport à l’art et à l’héritage culturel il y a 2 000 ans.
Qu’est-ce que l’art pour les Romains ? Où se situe l’art dans la cité ? Quel est le statut de l’artiste ? Quel rapport les Romains ont-ils avec l’art grec ?
Rencontrez des œuvres d’exception, provenant de France et d’Italie, et plongez dans l’univers de l’art chez les Romains.
Dates
Octobre 3, 2025 - juin 7, 2026 (Toute la journée)
LUGDUNUM Musée et Théâtres Romains
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Etes-vous prêt à plonger dans les profondeurs obscures au large de l'île d'Anticythère pour
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Etes-vous prêt à plonger dans les profondeurs obscures au large de l’île d’Anticythère pour découvrir un navire coulé dans l’Antiquité ? Alors n’hésitez pas et venez visiter notre nouvelle exposition temporaire !
L’exposition Nouvelles d’Anticythère est consacrée aux recherches menées au large d’Anticythère entre 2021 et 2025 par l’Unité d’archéologie classique de l’Université de Genève, en collaboration avec le Ministère grec de la Culture. C’est sur cette île qu’a été retrouvée en 1900 l’épave d’un important navire marchand ayant fait naufrage au premier siècle avant notre ère. Cette exposition vous propose de plonger sur le site de l’épave et de découvrir les aspects qui font de ce navire un sujet si crucial pour la recherche archéologique à l’échelle de la Méditerranée entière.
Dates
Octobre 20, 2025 - mai 6, 2026 (Toute la journée)
Les prochaines fêtes du calendrier romain
Date
202604avrToute la journée10Megalesia
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Pridie Nonas Apriles - Ante diem quartum Idus Apriles
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Pridie Nonas Apriles – Ante diem quartum Idus Apriles

Les Megalesia, également appelées Mégalésies ou Megalensia, étaient des festivités accompagnées de jeux, de concours et de représentations théâtrales à caractère votif, connus sous le nom de Jeux mégalésiens, célébrés dans la Rome antique en avril en l’honneur de Cybèle, la grande déesse, d’où le nom de ces festivités et de ces jeux.
L’origine des Megalesia remonte à la deuxième guerre punique, lorsque les Romains cherchèrent la protection de nouveaux dieux. En 204 av. J.-C., Scipion Nasica reçut la statue de Cybèle, apportée de Pessinonte à Rome. La réception de la déesse le 4 avril fut marquée par une procession magnifique et des jeux, avec de nombreux dons offerts à la déesse au sanctuaire de la Victoire, son hôtesse provisoire sur le mont Palatin. Cependant, la célébration annuelle des jeux scéniques débuta treize ans plus tard, en avril 191 av. J.-C., lorsque Marcus Iunius Brutus dédia le temple construit en l’honneur de Cybèle.
Les festivités duraient sept jours, du 4 au 10 avril, culminant le jour de la fête de Cybèle. Elles étaient caractérisées par des réjouissances et des festins, avec des processions bruyantes et des banquets organisés en l’honneur de la déesse. En 161 av. J.-C., le Sénat romain émit un décret limitant les dépenses excessives pendant ces festivités.
Les Jeux mégalésiens étaient initialement des spectacles scéniques, se déroulant devant le temple de Cybèle sur le mont Palatin, mais plus tard, ils s’étendirent aux théâtres. Organisés sous la présidence des édiles curules, ces jeux étaient considérés comme des manifestations chastes, solennelles et religieuses, en contraste avec les jeux brutaux et sanglants des cirques.
Dates
Avril 4, 2026 - avril 10, 2026 (Toute la journée)
202612avrToute la journée19Cerealia
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Pridie Idus Apriles - Ante diem tertium decimum Kalendas Maias
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Pridie Idus Apriles – Ante diem tertium decimum Kalendas Maias

EN BREF. Les Cerealia, célébrées du 12 au 19 avril dans la Rome antique, honoraient Cérès, déesse des moissons. Cette fête plébéienne commémorait le retour de Proserpine, fille de Cérès, enlevée par Pluton. Le rituel le plus spectaculaire consistait à lâcher des renards portant des torches enflammées pour protéger les futures récoltes. Les célébrations comprenaient courses de chevaux, processions en vêtements blancs et offrandes de miel et d’encens, unissant ainsi religion, agriculture et politique dans un moment crucial du cycle agricole.
Les Cerealia: quand Rome célébrait le réveil des blés
Au mois d’avril, alors que les céréales commençaient à croître dans les champs, les Romains célébraient une fête agricole d’une grande importance: les Cerealia. Cette célébration, dédiée à la déesse Cérès, s’inscrivait dans le cycle des rituels agraires et jouait un rôle significatif tant sur le plan religieux que social et politique dans la Rome antique.
Origine et introduction du culte à Rome
Le culte de Cérès à Rome remonte à la toute fin du 6e siècle avant notre ère. Selon plusieurs sources antiques, il fut introduit en 493 av. J.-C., à la suite d’une consultation des Livres sibyllins, ces recueils d’oracles que les Romains consultaient en temps de crise. Comme l’indique le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines: «Le culte de la déesse grecque Déméter, latinisé en Cérès, fut introduit à Rome en -493 d’après l’indication des Livres sibyllins. Un temple situé près du Circus Maximus lui fut consacré trois ans plus tard.»
Ce temple présentait une particularité notable: il s’agissait du «premier temple bâti à Rome dans le style grec et par des Grecs», toujours selon la même source. Cette introduction d’un culte hellénique témoigne de l’influence croissante de la culture grecque sur la religion romaine dès le début de la République.
Étymologie et nature de Cérès
Pour comprendre la nature de cette déesse, il est intéressant de se pencher sur l’étymologie de son nom. Cérès était initialement une divinité italique ancienne, comme le prouve l’existence d’un flamen cerialis (prêtre spécifique) mentionné dans plusieurs sources. Son nom dérive de la racine indo-européenne ker-, qui a donné en latin les verbes cresco et creo, signifiant respectivement «croître» et «créer». Cette racine se retrouve également dans d’autres langues italiques, comme l’atteste une inscription osque mentionnant une «Dea Kerri-».
Cérès était donc, par essence, la déesse de la croissance végétale et tout particulièrement des céréales, d’où son identification rapide avec la Déméter grecque, qui possédait des attributions similaires.
Le déroulement des Cerealia
D’après les indications fournies par Ovide dans ses Fastes (IV, 4393-4620), la fête des Cerealia se déroulait initialement lors d’occasions exceptionnelles, avant d’être fixée annuellement du 12 au 19 avril. Cette période correspondait au moment critique où les céréales commençaient à former leurs épis, une phase délicate nécessitant la protection divine.
Les célébrations comportaient plusieurs éléments:
Les sacrifices et offrandes
Contrairement à de nombreux cultes romains qui privilégiaient les sacrifices sanglants, les offrandes à Cérès étaient généralement non-sanglantes, à l’exception notable d’une truie. Ovide précise dans ses Fastes (IV, 4409-4416):
«Vous pouvez offrir à la déesse de l’épeautre, lui faire l’hommage d’un peu de sel brillant et de grains d’encens jetés dans un vieux foyer; et si vous n’avez pas d’encens, enduisez des torches de poix et allumez-les; la bonne Cérès agrée une offrande modeste, pourvu qu’elle soit pure. Sacrificateurs à la tunique retroussée, écartez du bœuf vos couteaux; le bœuf doit labourer; immolez une truie paresseuse.»
Cette prescription de préserver les bœufs, nécessaires au travail agricole, tout en sacrifiant la truie, considérée comme nuisible aux cultures, illustre parfaitement le pragmatisme agricole qui sous-tendait ces rituels.
Les jeux publics (ludi Cereales)
Comme pour de nombreuses fêtes romaines importantes, les Cerealia comprenaient des jeux publics (ludi) qui se déroulaient dans le Circus Maximus. Selon l’historienne contemporaine Barbette Stanley Spaeth, ces jeux incluaient des courses de chevaux dont le point de départ se situait juste en-dessous du temple de Cérès, sur l’Aventin.
Après 175 av. J.-C., des représentations théâtrales (ludi scaenici) furent ajoutées au programme du 12 au 18 avril. D’après l’historienne Léonie Hayne, l’édile plébéien Gaius Memmius est crédité d’avoir organisé les premiers de ces jeux scéniques, et d’avoir distribué une nouvelle monnaie commémorative en l’honneur de cet événement.
Le rituel des renards
L’un des rituels les plus singuliers des Cerealia était la course des renards. Ovide le décrit ainsi dans ses Fastes (IV, 679-682):
«Dans le cirque étaient faites courir des volpes sur le dos desquelles étaient fixées des torches enflammées.»
L’origine de cette pratique était déjà obscure à l’époque d’Ovide, qui propose une explication légendaire: jadis, à Carleoli, un jeune garçon aurait capturé un renard qui volait des poulets et aurait tenté de le brûler vif. Le renard se serait échappé en flammes et, dans sa fuite, aurait incendié les champs et les récoltes. Comme ces champs étaient consacrés à Cérès, les renards seraient depuis lors «punis» lors de son festival.
Au-delà de cette légende, les historiens modernes suggèrent que ce rituel pouvait avoir une fonction purificatrice pour les cultures, visant peut-être à prévenir une maladie du blé appelée robigo (la rouille).
La dimension politique et sociale des Cerealia
Les Cerealia n’étaient pas qu’une simple fête agricole; elles possédaient également une forte dimension politique et sociale qui explique leur importance dans la société romaine.
Un culte plébéien

Le culte de Cérès à Rome présentait la particularité d’être fortement associé à la plèbe, contrairement à de nombreux autres cultes réservés aux patriciens. Plusieurs éléments attestent ce lien:
- L’emplacement du temple, situé près de l’Aventin, mont traditionnellement associé à la plèbe;
- La supervision du culte par les édiles plébéiens;
- La fonction du temple comme centre de distribution de grain en temps de crise.
Comme le souligne le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines: «Une autre particularité du culte de Cérès à Rome consistait en ce qu’il s’adressait surtout aux plébéiens, qui au contraire se voyaient exclus des sacra gentilicia des familles patriciennes.»
Cette association entre Cérès et la plèbe était si forte que, selon Denys d’Halicarnasse: «Qui violait la sacrosanctitas des tribuns de la plèbe était sacer Cereri [consacré à Cérès] et ses biens, ainsi que les amendes commencées par les tribuns, étaient transférés au temple de la Déesse.»
Les banquets et échanges sociaux
Les Cerealia étaient également l’occasion de banquets et d’échanges entre les différentes classes sociales. Comme l’indique notre source: «Il était d’usage en cette occasion que les plébéiens invitassent les patriciens qui à leur tour les conviaient aux Megalesia (fêtes de Cybèle).»
Ces échanges de politesses entre patriciens et plébéiens suggèrent que les Cerealia, tout comme les Megalesia, servaient de moments de rapprochement et de réconciliation temporaire entre les différentes classes sociales romaines.
Le mythe fondateur: l’enlèvement de Proserpine
La mythologie qui sous-tendait les Cerealia était centrée sur l’enlèvement de Proserpine (Perséphone en grec), fille de Cérès, par Pluton (Hadès), dieu des Enfers.
Ovide consacre une grande partie du livre IV de ses Fastes (4417-4620) à ce récit. Il décrit comment Proserpine, cueillant des fleurs en Sicile avec ses compagnes, fut enlevée par Pluton et emmenée aux Enfers. Cérès, désespérée, parcourut le monde à sa recherche, portant des torches allumées pour éclairer son chemin la nuit –ce qui explique l’utilisation de torches dans le rituel des Cerealia.
Après avoir appris que sa fille était devenue l’épouse de Pluton, Cérès plaida auprès de Jupiter pour son retour. Un compromis fut trouvé: Proserpine passerait six mois par an avec sa mère sur terre et six mois aux Enfers avec son époux. Ovide conclut ce récit en expliquant: «Alors enfin Cérès retrouva son sourire et ses esprits et posa sur sa chevelure une couronne d’épis. Dans les champs laissés en jachère on récolta une abondante moisson, et l’aire contint avec peine les richesses qu’on y amassait.»
Cette alternance de Proserpine entre le monde souterrain et la surface symbolisait parfaitement le cycle agricole: la graine disparaît sous terre pendant l’hiver avant de resurgir au printemps sous forme de plante.
Autres célébrations liées à Cérès
Outre les Cerealia d’avril, deux autres fêtes importantes étaient dédiées à Cérès dans le calendrier romain :
- Le sacrum anniversarium Cereris, institué peu avant la deuxième guerre punique et célébré en août, quelques jours après l’anniversaire de la bataille de Cannes (2 août 216 av. J.-C.). Cette cérémonie était exclusivement féminine et s’accompagnait d’une abstinence de neuf jours. Les femmes, vêtues de blanc et couronnées d’épis, offraient à la déesse les prémices des champs.
- Le jejunium Cereris, un jeûne institué en 191 av. J.-C. d’après les livres Sibyllins, célébré initialement tous les cinq ans puis annuellement le 4 octobre. Cette fête correspondait aux Thesmophories grecques.
La place des Cerealia dans le cycle agricole romain
Les Cerealia s’inscrivaient dans un cycle plus large de fêtes agricoles qui rythmaient le mois d’avril, période critique avant la récolte. Cette progression rituelle accompagnait les différentes étapes de la croissance des céréales:
- Les Fordicidia (15 avril) : sacrifice de vaches pleines pour symboliquement renforcer les embryons issus des semences
- Les Cerealia (12-19 avril) : demande à Cérès de permettre aux plantes de croître et de former des épis
- Les Robigalia (25 avril) : sacrifice à Robigus pour éviter les maladies des épis
- Les Floralia (28 avril-3 mai) : invocation à Flore pour remplir généreusement les épis et assurer une récolte abondante
Cette séquence montre l’attention minutieuse que les Romains portaient à chaque phase du développement des céréales, et comment leur religion structurait leur rapport à l’agriculture.
La pérennité des Cerealia
La longévité des Cerealia dans la culture romaine est remarquable. Selon nos sources, elles figurent sur le calendrier de Philocalus daté de 354 après J.-C., ce qui indique qu’elles étaient encore célébrées plus de huit siècles après leur institution, et même après la christianisation progressive de l’Empire.
Cette persistance témoigne de l’importance fondamentale de l’agriculture dans la société romaine et de la façon dont les rituels religieux liés aux cycles agraires conservaient leur pertinence, même dans une Rome devenue largement urbaine et cosmopolite.
Sources antiques
- CATON L’ANCIEN, De Agricultura, 134.
- CICÉRON, In Verrem, II, 4, 106-107.
- DENYS D’HALICARNASSE, Antiquités romaines, VI, 89 ; X, 42.
- OVIDE, Fastes, IV, vers 4373-4620 (édition et traduction française par Robert Schilling, Paris, Les Belles Lettres, CUF, 1993).
- TITE-LIVE, Ab Urbe condita, III, 55 ; XXXVI, 36, 3.
- VARRON, De Lingua Latina, V, 14.
- VIRGILE, Géorgiques, I, 19.
- Calendrier de Philocalus (ou Chronographie de 354 après J.-C.).
Études modernes
- DAREMBERG, Charles et SAGLIO, Edmond (dir.), Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, Paris, 1877-1919.
- HAYNE, Léonie, « The First Cerialia », L’Antiquité Classique, vol. 60, 1991, pp. 131-140.
- SPAETH, Barbette Stanley, The Roman Goddess Ceres, University of Texas Press, 1996.
Dates
Avril 12, 2026 - avril 19, 2026 (Toute la journée)
202621avrToute la journéeParilia / Romaea
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Ante diem undecimum Kalendas Maias Les Parilia représentées en 1783
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Ante diem undecimum Kalendas Maias

EN BREF. Les Parilia, célébrées le 21 avril, mêlaient tradition pastorale et histoire nationale romaine. Cette fête ancestrale honorait Palès, protecteur des troupeaux, par des rituels spectaculaires où bergers et moutons sautaient par-dessus des feux purificateurs. Coïncidant avec la fondation légendaire de Rome par Romulus, elle évolua pour devenir l’anniversaire officiel de la Ville Éternelle, illustrant parfaitement comment Rome transformait ses racines rurales en célébration impériale.
Les Parilia: quand Rome célébrait ses bergers et sa naissance
Les Parilia, ou Palilia[1], étaient une fête rurale romaine célébrée chaque année le 21 avril. Cette célébration, profondément ancrée dans la tradition pastorale, visait à purifier les moutons et les bergers afin d’assurer leur prospérité pour l’année à venir. Au-delà de leur aspect pastoral, les Parilia ont évolué pour devenir l’anniversaire de Rome, symbolisant la fondation de la ville et sa puissance croissante.
Selon le mythe rapporté par Ovide, Romulus, en arrivant sur le site de Rome le jour des Parilia, traça un sillon pour les murs avec sa charrue tirée par «une vache blanche et un boeuf à la robe de neige» (Fastes, IV, 4826). Il pria ensuite les dieux: «Maintenant que je fonde cette ville, ô Jupiter, et toi, Mars mon père, et toi auguste Vesta, soyez-moi propices» (Fastes, IV, 4828-4829). Jupiter répondit à cette prière «par un grondement de tonnerre sur sa gauche» et «lança des éclairs sur la gauche du ciel» (Fastes, IV, 4833-4834), un présage favorable pour les Romains.
Son frère Rémus, «ignorant cet ordre», regarda «avec mépris ces humbles murs et dit: ‘C’est avec çà que le peuple sera à l’abri ?’» (Fastes, IV, 4841-4843). Il franchit alors la ligne sacrée et fut tué par Celer qui, sur ordre de Romulus, devait empêcher quiconque de franchir «les murs et la tranchée creusée par la charrue» (Fastes, IV, 4839-4840).
Pendant la République romaine, l’agriculture occupait une place centrale dans l’identité romaine et les Parilia ont pris un caractère plus rural. La fête s’est étendue à l’ensemble de la population rurale, célébrant la fertilité des terres et le bien-être des troupeaux.
Avec l’urbanisation croissante et la montée en puissance de Rome, les Parilia ont connu une transformation significative. À la fin de la République, la fête est devenue associée à l’anniversaire de Rome. Au 1er siècle avant notre ère, sous Jules César, des jeux ont été ajoutés à la cérémonie après qu’il eut reçu la nouvelle de la victoire romaine à Munda en 45 av. J.-C. Lors de ces jeux, les citoyens portaient des couronnes en l’honneur de César, soulignant la puissance et les victoires militaires de Rome.
Plus tard, sous l’empereur Caligula, la fête s’est encore enrichie d’une procession de prêtres, de nobles et d’enfants de naissance noble, chantant les louanges de l’empereur et escortant un bouclier d’or, précédemment offert à l’empereur par les citoyens de Rome, jusqu’au Capitole.
En 121 de notre ère, sous l’empereur Hadrien, un nouveau temple dédié à Vénus et Rome a été érigé et le nom de la fête a été changé en Romaea (ou dies natalis Romae ou encore natalis Urbis). Cette transformation marque l’intégration définitive des Parilia dans le calendrier officiel romain et leur association avec la fondation de la ville. Ce temple fut ruiné au 9e siècle.
Les Parilia se déroulaient en deux parties distinctes: une cérémonie rurale et une cérémonie urbaine. Comme le témoigne Ovide lui-même: «Certes, j’ai souvent apporté moi-même, à pleines mains, la cendre de veau et les tiges de fèves, offrandes purificatoires passées au feu. Certes, j’ai sauté trois fois par-dessus des rangs de flammes alignés, et une branche de laurier mouillé m’a aspergé de gouttes d’eau» (Fastes, IV, 4725-4728).
Cérémonie rurale
La cérémonie rurale, menée par le berger lui-même, était profondément ancrée dans les traditions pastorales. Avant le début de la cérémonie, le berger devait «décorer la bergerie en y fixant des rameaux feuillus, et orner les portes de longues guirlandes» (Fastes, IV, 4738-4739).
Dès l’aube, «le berger purifie ses brebis repues, lorsque tombe le crépuscule. Avant, [il aura] aspergé et balayé la terre à l’aide d’une branche» (Fastes, IV, 4735-4736). Il devait ensuite faire brûler «des branches d’olivier mâle, une torche de pin et des herbes sabines» et veiller à ce «que le laurier léché par la flamme crépite au centre du foyer» (Fastes, IV, 4741-4742). Les bruits produits par cette combinaison brûlante étaient interprétés comme un présage bénéfique.
Des offrandes de «millet et des gâteaux de millet» étaient ensuite présentées à Palès, car «la déesse des campagnes apprécie tout spécialement cet aliment» (Fastes, IV, 4743-4744). On y ajoutait «un vase de lait et les mets qu’elle aime» (Fastes, IV, 4745).
Le berger se tournait ensuite «vers le Levant», prononçait sa prière «trois fois, puis [lavait] ses mains dans l’eau vive» (Fastes, IV, 4778-4779). Dans cette prière, il demandait à Palès: «Veille sur le troupeau, et aussi sur les bergers; repousse le malheur et fais-le fuir loin de mes étables» (Fastes, IV, 4747-4748). Il implorait également son pardon pour diverses fautes accidentelles comme avoir fait paître dans un lieu saint, s’être assis sous un arbre sacré, ou avoir troublé les eaux des étangs (Fastes, IV, 4749-4759).
La cérémonie s’achevait par la consommation d’un breuvage particulier: «en guise de cratère, une écuelle et boire du lait de neige et du vin pourpre» (Fastes, IV, 4780-4781), suivi de «d’un pied leste, avec ardeur» par «des tas enflammés de paille crépitante» (Fastes, IV, 4781-4782).
Cérémonie urbaine
La cérémonie urbaine, dirigée par un prêtre, intégrait des éléments d’autres fêtes religieuses romaines. Selon Ovide, le peuple devait «aller quérir à l’autel de la Vierge une préparation purificatoire» que «Vesta te la donnera; grâce à ce présent de Vesta, tu seras pur» (Fastes, IV, 4731-4732).
Cette préparation purificatoire était «constituée de sang de cheval, de cendre de veau, et d’un troisième élément, de la paille creuse d’une fève dure» (Fastes, IV, 4733-4734). Les cendres provenaient du sacrifice lors des Fordicidia, où l’on sacrifiait une vache pleine à Tellus, et d’où «l’on retire le veau du ventre de sa mère pour le brûler» (Fastes, IV, 4634-4641).
Le sang de cheval provenait du «Cheval d’Octobre», le cheval de droite de l’attelage vainqueur d’une course particulière le 15 octobre de l’année précédente. Ensemble, ces éléments étaient mélangés par les Vestales pour former les substances purificatoires nécessaires aux rites.
Ovide propose plusieurs explications sur l’origine de ces rites, notamment le feu purificateur. «Le feu dévorant purifie tout et la fusion des métaux en expulse les défauts: est-ce pour cela qu’on purifie avec lui les brebis et leur berger?» (Fastes, IV, 4785-4786). Il évoque aussi la complémentarité des éléments: «eau et feu, éléments premiers de toutes choses, opposés entre eux, sont des divinités ennemies» (Fastes, IV, 4787-4788), que les Romains auraient réunis pour leurs rites de purification.
Sources antiques
- Ovide, Fastes, IV, 4721-4862
- Properce, Élégies, IV, 1, 19-20; IV, 4, 73-78
- Varron, De Lingua Latina, VI, 15
- Varron, Res Rusticae, II, 1, 9
- Cicéron, De Divinatione, II, 98
Sources modernes
- Adkins, L. & Adkins, R. A. (1996). Dictionary of Roman Religion. New York: Facts on File Inc.
- Butrica, J. L. (2000). « Propertius on the Parilia (4.4.73-8) ». Classical Quarterly 50.2, 472-478.
- Dumézil, G. (1974). La religion romaine archaïque. Paris.
- Fowler, W. W. (1899). The Roman Festivals of the Period of the Republic. London: MacMillan and Co., Limited.
- Kearns, E. (2003). The Oxford Dictionary of Classical Myth and Religion. Oxford: Oxford University Press.
- The Cambridge Ancient History 2nd Ed. Vol. X: The Augustan Empire 43 BC – AD 69. (1996). Great Britain: Cambridge University Press.
[1] Pălīlis, e, de Palès: Ov. F. 4, 898 ; M. 14, 774; Tib. 2, 5, 87 Palilia (Parilia, Varro R. 2, 1, 9; Col.; Plin.), ium ou iōrum, n. pl., Palilies ou Parilies, fêtes en l’honneur de Palès: Varro L. 6, 15 ; Cic. Div. 2, 98; Ov. F. 4, 721; cf. Fest. 222.
Dates
Avril 21, 2026 Toute la journée
202627avrToute la journée02maiFloralia
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Ante diem quintum Kalendas Maias - Ante diem sextum Nonas Maias Fresque représentant Flora, provenant de
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Ante diem quintum Kalendas Maias – Ante diem sextum Nonas Maias

Les Floralia ou «Jeux floraux» (ludi Florales) étaient des festivités célébrées dans la Rome antique en l’honneur de Flora, déesse des fleurs, des jardins et du printemps. D’après les textes anciens, cette déesse avait une origine sabine, peuple italique voisin des premiers Romains. Varron, érudit romain du 1er siècle av. J.-C., la compte explicitement parmi les divinités sabines, et note l’existence d’un mois appelé «Flusalis» (équivalent linguistique de Floralia) dans le calendrier sabin.
Les sources historiques indiquent que le culte de Flora fut introduit à Rome par Titus Tatius, roi sabin qui aurait régné conjointement avec Romulus. Selon Ovide, dans ses Fastes, ce culte était déjà établi sous le règne de Numa Pompilius, deuxième roi légendaire de Rome.
La transformation de ce culte en véritable festival public est cependant plus tardive. Pline l’Ancien précise dans son Histoire Naturelle (XVIII.286): «Les Floralia furent instituées l’an 516 de la fondation de Rome [238 av. J.-C.] sur un avis des livres Sibyllins, à cause de la stérilité des campagnes». Cette date est corroborée par l’historien Velleius Paterculus (I.14.8) qui situe l’événement en 241-240 av. J.-C. Ovide ajoute que ces jeux furent ensuite célébrés de manière irrégulière, puis rétablis de façon annuelle en 173 av. J.-C., lorsque les récoltes souffrirent à nouveau «des vents, de la pluie et de la grêle» (Fastes, V.329-330).
Flora: une divinité entre nature et mythe
Flora appartenait au cercle restreint des divinités majeures de Rome, comme l’atteste le fait qu’elle possédait son propre prêtre d’État, le flamen Florialis. Elle recevait des sacrifices dans le bois sacré des Frères Arvales (Fratres Arvales), une confrérie sacerdotale très ancienne.
Ovide, dans ses Fastes, établit un parallèle entre Flora et la nymphe grecque Chloris (V.195-214). Selon le poète, Zéphyr, le vent d’ouest, tomba amoureux de Chloris, l’épousa et lui offrit comme dot un jardin perpétuellement en fleurs. Ovide raconte également comment Flora aurait aidé Junon à concevoir Mars sans l’intervention de Jupiter, grâce à une fleur magique qui permettait de devenir enceinte par simple contact (V.229-258).
Le rhéteur chrétien Lactance, au 4e siècle, propose une interprétation différente de l’origine du culte. Dans ses Institutions Divines (I.20), il affirme: «Flora, ayant acquis de grandes richesses par cette pratique [la prostitution], fit du peuple romain son héritier et laissa une somme fixe d’argent, dont les intérêts annuels devaient servir à célébrer le jour de sa naissance par des jeux publics, qu’on appela Floralia».
Des temples au service du peuple
D’après les sources archéologiques et textuelles, Flora possédait plusieurs lieux de culte à Rome:
- Un temple principal près du Circus Maximus, sur la pente inférieure de l’Aventin, quartier traditionnellement associé aux plébéiens. Ce temple fut construit suite à la consultation des Livres Sibyllins vers 238 av. J.-C.
- Un autre sanctuaire sur le Quirinal, dédié à Flora Rustica («Flora rurale»), qui pourrait correspondre à l’autel originel établi par Titus Tatius.
Ces emplacements soulignent le caractère populaire du culte de Flora, principalement célébré par la plèbe romaine plutôt que par l’aristocratie patricienne.
Le déroulement des célébrations
Les Floralia commençaient le 27 avril durant l’époque républicaine, ou le 28 avril dans le calendrier julien. Sous l’Empire, les festivités s’étendaient jusqu’au 3 mai, totalisant six journées de célébrations. Ovide évoque cette période charnière entre deux mois dans ses Fastes:
«Tu commences en avril et tu passes dans le mois de mai. L’un te possède quand il finit, l’autre quand il commence. Puisque les confins de ces mois t’appartiennent et te rendent hommage, L’un et l’autre conviennent à ta louange.» (Fastes, V.185-188)
Les festivités suivaient un programme structuré:
- Elles débutaient par des représentations théâtrales, les ludi scaenici
- Elles comprenaient des compétitions et spectacles dans le cirque
- Des danses et représentations mimiques animaient les journées et les nuits
- Les célébrations se concluaient par un sacrifice à Flora
Selon plusieurs témoignages, ces jeux se tenaient notamment dans un cirque spécial, appelé «cirque de Flore», situé hors de la ville, dans une vallée formée par le mont Viminal et le Pincio. L’empereur Galba y présenta même un éléphant funambule en 68 apr. J.-C., comme le rapporte Suétone (Vie de Galba, 6.1).
Des caractéristiques uniques et controversées
Une fête plébéienne aux mœurs libres
Les Floralia se distinguaient d’autres fêtes romaines par leur caractère populaire et leur ambiance décontractée. D’abord simples et naïves, ces célébrations évoluèrent vers des spectacles plus licencieux. Valerius Maximus relate une anecdote devenue célèbre: lors d’une représentation théâtrale pendant les Floralia, le public demanda aux actrices de se dénuder sur scène. Caton le Jeune, présent dans l’assistance, préféra quitter le théâtre plutôt que d’assister à cette exhibition ou d’empêcher le peuple de jouir de ces coutumes festives (Faits et Dits Mémorables, II.10.8).
Le poète Martial critique d’ailleurs l’hypocrisie de ceux qui, comme Caton, se rendent aux Floralia tout en feignant d’être choqués par ces spectacles: «Pourquoi es-tu venu aux joyeux rituels de Flora, aux plaisanteries festives et à la licence de la foule?» (Préface du livre I des Épigrammes).
La participation remarquée des prostituées
Selon plusieurs auteurs, les prostituées de Rome participaient activement aux Floralia. Juvénal mentionne qu’elles dansaient nues et se livraient même à des combats simulés: «Regardez ce qu’on peut voir pendant les jeux de Flora, où les prostituées […] combattent comme des gladiateurs» (Satires, VI.249-250).
Lactance, avec son regard chrétien critique, décrit ces spectacles en détail: «Outre la licence des paroles, où s’épanche toute l’obscénité, les femmes sont aussi dépouillées de leurs vêtements à la demande du peuple, et exécutent alors le rôle de mimes, et sont retenues sous le regard du peuple avec des gestes indécents, jusqu’à rassasier les yeux impudiques» (Institutions Divines, I.20).
Cette participation des prostituées aux cérémonies religieuses, malgré leur statut social marginalisé, témoigne d’une intégration partielle dans les traditions romaines.
Des rituels symboliques de fertilité
Les textes anciens décrivent plusieurs pratiques rituelles caractéristiques des Floralia:
- Ovide rapporte que des lièvres et des animaux appelés capreae (chevreuils ou chèvres) étaient libérés dans le cirque: «Pourquoi la foule porte-t-elle des torches ardentes? Pourquoi lâche-t-on des renards avec des torches attachées à leur dos? […] On lâche aussi des lièvres et des capreae aux jambes rapides» (Fastes, V.371-372).
- Selon le poète Perse, la foule était aspergée de pois chiches, symboles de fertilité: «Le peuple réclame les Floralia et le préfet, en tunique légère, jette des pois chiches à la plèbe en liesse» (Satires, V.177-178).
- Contrairement à d’autres fêtes comme la Cerealia où l’on portait des vêtements blancs, les Floralia se caractérisaient par des tenues multicolores, évoquant la diversité des fleurs printanières. Ovide confirme: «Ni le jour suivant ni celui d’après n’interdisent de porter des vêtements aux couleurs variées» (Fastes, V.355-356).
- Des célébrations nocturnes étaient organisées, avec des dispositifs particuliers pour éclairer les voies après les représentations théâtrales, comme l’indique Ovide: «Pourquoi la foule porte-t-elle des torches ardentes?» (Fastes, V.371).
Le rituel du Florifertum
Un rite particulier nommé Florifertum est mentionné par Festus, lexicographe romain du 2e siècle. Ce rituel consistait à porter (ferre) des épis de blé (spicae) dans un sanctuaire (sacrarium). Les spécialistes divergent sur la divinité honorée par ce rite (Flora ou Cérès) et sur sa date précise (27 avril ou 3 mai).
Réception et critiques
Les Floralia étaient organisées et financées de manière spécifique. Selon l’historien Scullard, les jeux étaient présentés par les édiles plébéiens et financés par les amendes collectées lors d’empiètements sur les terres publiques (ager publicus).
Cicéron évoque son propre rôle dans l’organisation de ces jeux: «Lorsque j’étais édile, je présentai des jeux en l’honneur de Flore» (Contre Verrès, II.5.36).
Les Floralia connurent un grand succès dans l’Empire romain. Introduites dans les provinces au fur et à mesure des conquêtes, elles furent particulièrement appréciées des peuples soumis en raison de leur caractère festif et décontracté.
À l’époque chrétienne, ces fêtes furent sévèrement critiquées. Outre Lactance, saint Augustin s’interroge: «Pourquoi serait-il plus satisfaisant d’irriter les dieux par la tempérance que de les apaiser par la débauche, et de provoquer leur haine par une vie honnête plutôt que de l’adoucir par une débauche si inconvenante?» (La Cité de Dieu, II.27).
La déesse Flora, par la voix d’Ovide, aurait sans doute répondu à ces critiques par cette simple maxime: «profitez de la beauté de la vie pendant qu’elle fleurit» (Fastes, V.353).
Sources antiques
Auteurs latins
- Augustin : De Civitate Dei (La Cité de Dieu), II.27.
- Cicéron : In Verrem (Contre Verrès), II.5.36.
- Festus : De verborum significatione (Sur la signification des mots), éd. W. M. Lindsay, Leipzig, 1913, p. 81.
- Juvénal : Saturae (Satires), VI.249-250.
- Lactance : Divinae Institutiones (Institutions Divines), I.20.
- Martial : Epigrammata (Épigrammes), Préface du livre I.
- Ovide : Fasti (Les Fastes), IV.946, V.185-190, 195-258, 329-330, 353, 355-356, 371-372.
- Perse : Saturae (Satires), V.177-178.
- Pline l’Ancien : Naturalis Historia (Histoire Naturelle), XVIII.286.
- Suétone : Vita Galbae (Vie de Galba), 6.1.
- Valerius Maximus : Facta et Dicta Memorabilia (Faits et Dits Mémorables), II.10.8.
- Varron : De Lingua Latina (La Langue latine), cité pour la référence aux divinités sabines.
- Velleius Paterculus : Historia Romana (Histoire romaine), I.14.8.
Sources épigraphiques
- Fasti Praenestini : calendrier romain conservé au Palazzo Massimo alle Terme (Rome), fragments concernant la période du 26 au 30 avril.
Études modernes
- Scullard, H. H. : Festivals and Ceremonies of the Roman Republic, Cornell University Press, 1981.
- Scheld, John : La religion des Romains, Paris, Armand Colin, 2002.
- Warde Fowler, William : The Roman Festivals of the Period of the Republic, Londres, 1908.
- Wiseman, T. P. : The Myths of Rome, University of Exeter Press, 2004.
- Turcan, Robert : The Gods of Ancient Rome, Routledge, 2001 (éd. originale en français, 1998).
- McGinn, Thomas A. J. : Prostitution, Sexuality and the Law in Ancient Rome, Oxford University Press, 1998.
- Latte, Kurt : Römische Religionsgeschichte, Leipzig, 1960.
- Le Bonniec, H. : Le culte de Cérès à Rome des origines à la fin de la République, Paris, 1958.
Dates
Avril 27, 2026 - mai 2, 2026 (Toute la journée)
202609maiToute la journée13Lemuria
Description
Ante diem septimum Idus Maias - Ante diem tertium Idus Maias Mosaïque provenant de Pompéi (Museo Archeologico
Description
Ante diem septimum Idus Maias – Ante diem tertium Idus Maias

Entre les 9 et 13 mai dans le calendrier romain, une fête religieuse particulière se déroulait dans toutes les maisons romaines: les Lemuria. Ces célébrations, marquées par des rituels nocturnes, visaient à apaiser et à éloigner les esprits potentiellement dangereux des défunts. A partir des textes antiques, notamment ceux d’Ovide, nous pouvons reconstituer cette cérémonie et comprendre comment les Romains concevaient leur relation aux morts.
Les Lemuria comptent parmi les fêtes les plus anciennes du calendrier romain. Leur ancienneté est attestée par le fait qu’elles étaient marquées en lettres majuscules dans les calendriers officiels (les Fasti). Selon la tradition rapportée par Ovide dans ses Fastes, cette fête aurait été instituée par Romulus pour apaiser l’esprit de son frère jumeau Remus.
Le poète nous livre un récit détaillé de l’apparition de l’ombre de Rémus à ses parents adoptifs, Faustulus et Acca:
«Ils crurent voir se dresser près de leur lit l’ombre sanglante de Rémus qui murmurait faiblement […]: « C’est moi l’autre partie, la moitié de vos vœux, voyez ce que je suis, moi qui naguère étais celui que vous savez! […] Maintenant je suis un fantôme vain, échappé aux flammes du bûcher: voilà tout ce qui reste de l’illustre Rémus »» (Fastes, V, 457-464).
Le spectre demande alors à ses parents d’intervenir auprès de Romulus pour obtenir l’institution d’une fête en son honneur. Romulus accepte et «appelle Remuria ce jour-là, où les aïeux défunts reçoivent les offrandes qui leur sont dues» (Fastes, V, 479-480).
Le poète indique que la fête s’appelait initialement Remuria, avant d’évoluer phonétiquement vers Lemuria: «La lettre dure qui était l’initiale du mot, se transforma au fil du temps en lettre douce» (Fastes, V, 481-482). Le philosophe Porphyre, dans ses commentaires sur les Épîtres d’Horace (II, 2, 208-209), confirme cette origine en soulignant que la mort de Remus était violente, prématurée et un sujet de regret pour Romulus. Servius, dans son Commentaire sur l’Énéide (I, 276), rapporte également cette tradition.
Qui étaient les Lemures?
Les Lemuria étaient destinées à apaiser et à repousser des esprits particuliers appelés lemures ou larvae. Il s’agissait des «ombres errantes des hommes morts avant leur temps et donc redoutables». Perse, dans ses Satires (V, 185), et Horace, commenté par Porphyre, évoquent ces esprits qui vagabondent la nuit.
Les Romains différenciaient plusieurs catégories d’esprits des morts:
- Les Dii Manes ou Parentes: les âmes des défunts ayant eu une vie complète et une descendance, généralement bienveillantes.
- Les Lemures: les âmes des personnes mortes prématurément ou violemment.
- Les Larvae: des esprits particulièrement malveillants et dangereux.
Selon l’historienne J.M.C. Toynbee, les lemures étaient des esprits rendus nuisibles et malveillants envers les vivants parce que sans parenté et négligés dans la mort, n’ayant pas reçu les rites funéraires appropriés. Ils étaient libres de quitter leur corps mais incapables d’entrer dans le monde souterrain.
Une interprétation plus tardive, rapportée par Apulée dans son traité Sur le dieu de Socrate (cité par Saint Augustin, Cité de Dieu, IX, 11), suggère que les Lemures étaient les esprits de ceux qui avaient été mauvais durant leur vie, par opposition aux Lares, esprits protecteurs issus d’ancêtres vertueux. Varron, dans son De Lingua Latina (IX, 61), identifiait quant à lui ces derniers comme les gardiens du foyer.
Le rituel nocturne des Lemuria
La description détaillée du rituel nous est transmise par Ovide dans ses Fastes (V, 419-493). Selon Ovide, le rituel se déroule «lorsque la nuit à demi passée déjà assure un sommeil silencieux, lorsque vous, chiens et oiseaux de toutes races, vous vous êtes tus» (Fastes, V, 429-430). Le chef de famille se lève alors et commence une série de gestes rituels précis.
Le chef de famille effectuait ensuite plusieurs gestes rituels:
- Il se levait pieds nus («sans porter aucune entrave à ses pieds», Fastes, V, 432) et faisait un geste de protection spécifique: «De son pouce placé entre ses doigts joints, il fait un signe, pour ne rencontrer, dans sa marche silencieuse, aucune ombre légère» (Fastes, V, 433-434).
- Il se lavait les mains trois fois dans une eau pure de source.
- Il prenait des fèves noires dans sa bouche, puis les jetait derrière lui sans se retourner, en prononçant neuf fois la formule rituelle: Haec ego mitto; his redimo meque meosque fabis (Je jette ces fèves et avec elles je me rachète, moi et les miens). Ovide donne cette formule en ces termes: «Je vous offre ces fèves; avec elles, je me rachète moi et les miens» (Fastes, V, 438).
- Ovide précise: «Il prononce ceci neuf fois, sans regarder en arrière: l’ombre est censée ramasser les fèves et suivre ses pas, sans être vue» (Fastes, V, 439-440).
- Ensuite, «à nouveau il touche l’eau et fait retentir le bronze de Témèse puis demande à l’ombre de quitter son toit» (Fastes, V, 441-442). Le chef de famille répétait neuf fois: Manes exite paterni! (Mânes de mes pères, sortez!).
- À la fin du rituel, «il regarde derrière lui et considère que les rites sont accomplis selon les règles» (Fastes, V, 444).
Varron, cité par Nonius Marcellus dans son De compendiosa doctrina (135, 13), confirme que les lemures devaient être expulsés des maisons avec des fèves, à travers la porte.
Le symbolisme du rituel
Chaque composante du rituel possédait une signification symbolique:
- Minuit: Moment où la frontière entre le monde des vivants et celui des morts est la plus mince.
- Le silence: État propice à la communication avec l’au-delà.
- Les pieds nus: Contact direct avec les forces souterraines.
- Le lavage des mains: Purification nécessaire avant et après le contact avec les morts.
- Les fèves noires: Offrande destinée aux divinités du monde souterrain et nourriture pour les esprits affamés.
- Le nombre neuf: Symbolise la fin d’un cycle et le début d’un autre.
- Les objets de bronze: Le bruit du métal était réputé pour éloigner les mauvais esprits.
Restrictions et cérémonies publiques
Durant les Lemuria, plusieurs restrictions s’appliquaient, comme le rapporte Ovide: «Ces jours-là cependant, nos ancêtres fermaient les sanctuaires, comme on les voit fermés de nos jours en période funèbre» (Fastes, V, 485-486). Aucun mariage n’était célébré.
Cette interdiction des mariages s’étendait même à tout le mois de mai, comme l’exprime le proverbe rapporté par Ovide: «Durant cette même période, ni une veuve ni une jeune fille ne devaient songer aux torches nuptiales: celle qui s’est mariée alors n’a pas la vie longue. C’est pour cette raison aussi, si tu tiens compte des proverbes, que le peuple dit que les malheureuses se marient en mai» (Fastes, V, 487-490). Ce dicton est également cité par Érasme dans ses Adagia: mense Maio malae nubent (celles qui se marient en mai se marient mal).
Ovide confirme également que les trois jours de fête ne se suivaient pas: «Cependant ces trois jours de fête ont lieu dans la même période, sans qu’aucun d’eux toutefois ne suive immédiatement le précédent» (Fastes, V, 491-492).
Outre le rituel domestique, des cérémonies publiques avaient lieu durant cette période:
- Le 11 mai (deuxième jour), des jeux étaient organisés dans le cirque en l’honneur de Mars, selon Ovide (Fastes, V.597).
- Le 13 mai (troisième jour), avait lieu la cérémonie des Argei, décrite par Ovide (Fastes, V.621) et Festus. Lors de cette cérémonie, les Vestales jetaient dans le Tibre trente mannequins de jonc depuis le pont Sublicius, possible substitut d’anciens sacrifices humains.
- Le même jour se tenait également une fête des marchands (festum mercatorum), mentionnée par Ovide (Fastes, V.670) et liée à la dédicace du temple de Mercure en 495 av. J.-C. (Tite-Live, II.21). Les marchands s’aspergeaient d’eau de la fontaine de Mercure avec une branche de laurier pour favoriser leurs affaires.
Servius (Eclogues, VIII, 82) note également que pendant les Lemuria, les Vestales recueillaient du blé pas encore mûr pour préparer la mola salsa, farine rituelle utilisée lors des sacrifices.
Les Lemuria et les Parentalia: deux approches distinctes des morts
Une distinction fondamentale existait entre les Lemuria (mai) et les Parentalia (février), autre fête romaine dédiée aux morts:
- Les Parentalia se déroulaient dans les nécropoles, hors de la ville, et honoraient les morts «acceptables» qui avaient eu une vie complète et une descendance.
- Les Lemuria se déroulaient dans les maisons, à l’intérieur de la ville, et visaient à expulser les morts «problématiques» qui cherchaient à revenir parmi les vivants.
Cette opposition reflète la conception romaine de la frontière nécessaire entre le monde des vivants et celui des morts. Les Dii Parentes, satisfaits d’avoir pleinement vécu et laissé une descendance, acceptaient de rester en dehors des limites de la ville. Les Lemures, n’ayant pas pleinement vécu, revenaient périodiquement à l’intérieur de la cité pour réclamer la part de vie qui leur avait été refusée, créant ainsi une dangereuse confusion entre les deux mondes.
Héritage des Lemuria
La fête des Lemuria a laissé des traces dans l’histoire. Certains chercheurs estiment qu’elle aurait possiblement inspiré la création de la fête chrétienne de la Toussaint. Le pape Boniface IV aurait reconsacré le Panthéon à la Vierge Marie et à tous les martyrs le 13 mai 609 ou 610, date qui coïncide avec le dernier jour des Lemuria. Cette fête, appelée dedicatio Sanctae Mariae ad Martyres, est considérée comme l’origine de la Toussaint, bien que cette théorie reste discutée.
Le terme «Lémures» a également survécu dans les mythes romains pour désigner des âmes tourmentées incapables de trouver le repos après une mort tragique ou violente.
Sources antiques
- Apulée, De Deo Socratis (Sur le dieu de Socrate), XV.
- Augustin (Saint), De Civitate Dei (La Cité de Dieu), IX, 11.
- Festus (Sextus Pompeius), De verborum significatione (Sur la signification des mots), 128.
- Horace, Epistulae (Épîtres), II, 2, 208-209.
- Nonius Marcellus, De compendiosa doctrina (De la doctrine abrégée), 135, 13.
- Ovide, Fasti (Les Fastes), V, 419-493; V, 597; V, 621; V, 670; VI, 219-234.
- Perse, Satirae (Satires), V, 185.
- Porphyre, Commentarii in Horatii Epistulas (Commentaires sur les Épîtres d’Horace), II, 2, 208-209.
- Servius (Marius Servius Honoratus), In Vergilii Bucolicon librum (Commentaire sur les Bucoliques de Virgile), VIII, 82.
- Servius, In Vergilii Aeneidos libros (Commentaire sur l’Énéide de Virgile), I, 276.
- Tite-Live, Ab Urbe condita (Histoire romaine), II, 21.
- Varron, De Lingua Latina (De la langue latine), IX, 61.
- Varron, Vita populi Romani (Vie du peuple romain), fragment cité par Nonius 135, 13.
Études modernes
- Champeaux, Jacqueline, La religion romaine, Livre de poche, 1998.
- Déchaux, Jean-Henri, Le Souvenir des morts, PUF, 1997.
- Dumézil, Georges, La religion romaine archaïque.
- Schmitz, Leonhard, article «Lemuralia» dans William Smith, A Dictionary of Greek and Roman Antiquities, John Murray, Londres, 1875.
- Toynbee, J.M.C., Death and Burial in the Roman World, Johns Hopkins University Press, 1971, 1996.
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