Avant que Jésus n’éclipse le Soleil

Le Christ représenté comme Sol invictus, mosaïque du IIIe ou IVe siècle, nécropole sous la Basilique Saint-Pierre au Vatican.

A la fin du IIIe siècle de notre ère, l’empire romain est un assemblage de peuples aux traditions multiples qui tend à se disloquer, alors que le pouvoir est aussi en crise. Pour tenter de ressouder le tout, l’empereur Aurélien (270-275) a une idée: il va promouvoir un nouveau dieu unificateur, le Soleil invaincu (Sol invictus). Le soleil, en effet, brille pour tous, sous toutes les latitudes.

Ce nouveau culte, reprenant des aspects de la mythologie d’Apollon et du culte indo-iranien de Mithra, est loin d’être exclusif: il se superpose aux autres du panthéon romain ou aux cultes étrangers. Il se veut cependant universel, remplaçant un culte impérial tombé en désuétude. Aurélien institue une fête officielle appelée le «jour de naissance du Soleil» (en latin dies natalis solis invicti). Celle-ci est logiquement située au solstice d’hiver, moment ou les jours s’allongent, lequel tombait le 25 décembre selon le calendrier de l’époque.

Quelques décennies plus tard, l’empereur Constantin 1er, fervent adorateur de Sol au début de son règne, fera du «jour du Soleil», correspondant au dimanche, le jour du repos hebdomadaire (l’anglais Sunday et l’allemand Sonntag en gardent la mémoire).

A l’issue d’une bataille remportée sur un concurrent, Constantin 1er se converti au christianisme. On connaît la suite: le culte de Jésus-Christ éclipse le Soleil et tous les dieux des anciennes religions. Mais, comme on le sait, la fête et la portée symbolique du 25 décembre ne disparaîtront pas.

Joyeux Dies Natalis Solis à toutes et tous !

Pour en savoir plus: https://eduscol.education.fr/odysseum/le-culte-de-sol-invictus


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