Nunc est bibendum est une association culturelle sans but lucratif dédiée à l'évocation de l'Antiquité par les arts de la table.
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L'Association Nunc est bibendum aura le grand plaisir de participer au Festival Histoire et Cité 2026! 🌿✨ DU MÔLY
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L’Association Nunc est bibendum aura le grand plaisir de participer au Festival Histoire et Cité 2026!
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Dimanche 22 mars à 14h30 au Palais de Rumine (Lausanne), Marc Duret et Manuel Grandjean évoqueront les plantes et aliments magiques de l’Antiquité:
De la cueillette à la préparation en cuisine, les textes antiques regorgent de références aux aliments auxquels on attribuait des pouvoirs magiques. On retrouve ces ingrédients dans la littérature, où ils sont associés au destin de personnages célèbres, ainsi que dans des recettes parvenues jusqu’à nous. Aphrodisiaques, porte-bonheur (et malheur!), ou simplement apaisants, découvrez comment ces produits étaient assaisonnés, dans un menu mêlant lectures de textes et explications scientifiques.
202606juinToute la journée07Journées romaines de Nyon
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L'association Nunc est bibendum sera présente aux journées romaines de Nyon. Renseignements suivront.
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L’association Nunc est bibendum sera présente aux journées romaines de Nyon.
Renseignements suivront.
Dates
Juin 6, 2026 - juin 7, 2026 (Toute la journée)
Exposition(s) ou festival(s) en vedette

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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de l’Archéologie cantonale, Archeodunum Investigations Archéologiques SA et des Services de la culture et d’architecture de
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Le Musée romain de Nyon présente une exposition évolutive – réalisée avec le concours de l’Archéologie cantonale, Archeodunum Investigations Archéologiques SA et des Services de la culture et d’architecture de la Ville de Nyon – sur l’un des principaux édifices antiques de Nyon, son amphithéâtre.
Depuis sa découverte en 1996, l’amphithéâtre de Nyon attise l’intérêt et suscite de nombreuses questions. Avec l’exposition « Amphithéâtre? », le Musée romain souhaite apporter des explications, des réponses et des pistes de réflexion sur le passé, le présent et le futur de l’édifice. Il devient également, le temps de l’exposition, la maison du projet de valorisation du monument, qui connaît une évolution remarquable suite au crédit d’études voté par le Conseil communal en août 2022.
L’exposition explore l’amphithéâtre à travers des questions. Sont interrogés tour à tour sa construction, sa localisation, son âge et son ensevelissement, sa fonction, ou encore la place des animaux, des gladiateurs et des femmes dans l’arène. Une sélection de blocs, inscriptions, monnaies, petits objets trouvés sur le site sont présentés et expliqués selon les connaissances basées sur le travail des archéologues.

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À travers une exposition et un programme culturel foisonnant, Alea propose une réflexion sur
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À travers une exposition et un programme culturel foisonnant, Alea propose une réflexion sur les parcours de vie. À la lumière des trajectoires d’hommes et de femmes de l’Antiquité, elle invite à interroger nos propres libertés de choix et d’action, à l’heure où l’égalité est plus que jamais au coeur des débats.
Exposition
Au 2e siècle apr. J.-C., l’Empire romain compte plus de 50 millions d’habitants. Toutes et tous n’y mènent pas la même vie. Hommes, femmes, pauvres, riches, citoyens, esclaves… La société se compose d’une multitude de catégories sociales. Chacune d’entre elles implique des droits, des devoirs et des privilèges différents.
L’exposition Alea vous invite à suivre les membres d’une famille gallo-romaine fictive et à partager avec eux quelques étapes marquantes de leur parcours de vie. La matrone Alba, l’esclave Aptus, la jeune Flora ou son cousin Secundus : qui accompagnerez-vous durant votre visite ?
Parcours enfant dès 10 ans
Programme culturel
Les activités du programme culturel approfondissent les thématiques de l’exposition Alea et ouvrent de nouvelles pistes entre passé et présent. En famille ou entre amis, glissez-vous dans la peau de personnages ayant vécu dans la région il y a 2’000 ans, interrogez-vous sur les parcours atypiques ou minoritaires, prenez la plume pour donner vie à des objets ou menez l’enquête avec des archéologues.
Dates
Septembre 19, 2025 - avril 6, 2026 (Toute la journée)

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Pour marquer son jubilé, Lugdunum – Musée et théâtres romains présente une grande exposition qui explore le rapport à l’art et à l’héritage culturel il y a 2 000 ans. Qu’est-ce
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Pour marquer son jubilé, Lugdunum – Musée et théâtres romains présente une grande exposition qui explore le rapport à l’art et à l’héritage culturel il y a 2 000 ans.
Qu’est-ce que l’art pour les Romains ? Où se situe l’art dans la cité ? Quel est le statut de l’artiste ? Quel rapport les Romains ont-ils avec l’art grec ?
Rencontrez des œuvres d’exception, provenant de France et d’Italie, et plongez dans l’univers de l’art chez les Romains.
Dates
Octobre 3, 2025 - juin 7, 2026 (Toute la journée)
Les prochaines fêtes du calendrier romain
202605févToute la journée17Repeating EventFORNACALIA
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Nonis Februariis - Ante diem tertium decimum Kalendas Martias
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Nonis Februariis – Ante diem tertium decimum Kalendas Martias

EN BREF. Les Fornacalia étaient une fête romaine de février consacrée à la torréfaction du far (amidonnier). Chaque curie célébrait à sa date, mais les retardataires se rattrapaient le 17 février lors de la Fête des Sots (Stultorum feriae). Cette tradition révèle une Rome archaïque où le grain devait être transformé par le feu pour devenir pur et apte au sacrifice!
Les Fornacalia, fête des fours dans la Rome antique
Les Fornacalia faisaient partie des feriae conceptivae, fêtes dont la date était proclamée chaque année par le curio maximus. Ovide souligne ce fonctionnement inhabituel: les dates et lieux de célébration des différentes curies étaient affichés sur le Forum, signe d’une organisation déjà perçue comme archaïque à l’époque impériale.
Cette structure renvoie à la Rome des origines, lorsque la cité était divisée en trente curies, circonscriptions civico-religieuses attribuées par la tradition à Romulus. À l’époque d’Ovide, beaucoup de citoyens ne savaient plus à quelle curie ils appartenaient, ce qui explique l’existence d’un dernier jour commun.
Le 17 février: la Fête des Sots
Le dernier jour des Fornacalia, le 17 février, coïncidait avec les Quirinalia, fête dédiée à Quirinus, Romulus divinisé. Ovide lie explicitement les deux célébrations en demandant: «Pourquoi ce même jour est-il aussi appelé la Fête des Sots?» (Fastes II, 513). Les Stultorum feriae représentaient l’ultime occasion pour ceux qui ignoraient leur curie ou avaient manqué leur date de participer au rite.
Le poète en donne une explication ironique: les «sots» sont ceux qui ne connaissent plus leur place dans une institution devenue fossile, mais toujours opérante sur le plan rituel.
Fornax et la transformation rituelle du grain
La fête était dédiée à Fornax, déesse du four domestique et de la cuisson du grain. La torréfaction du far ne répondait pas seulement à une contrainte technique: elle constituait une exigence religieuse fondamentale.
Pline l’Ancien, citant l’annaliste Hemina, attribue ces prescriptions au roi Numa: le far devait être torréfié non seulement parce qu’il était ainsi plus salubre, mais surtout parce qu’il n’était pur pour le rite qu’après transformation par le feu (Histoire naturelle XVIII, 2, 8). Cette règle conditionnait la fabrication de la mola salsa, farine salée indispensable à tout sacrifice romain et à l’acte d’immolatio –notre verbe «immoler» vient de là.
L’historien établit un lien direct entre l’institution des Fornacalia et celle des Terminalia (23 février), fêtes des bornes de champs, soulignant ainsi la cohérence du système religieux agraire attribué à Numa. Fornax s’inscrivait dans un panthéon de divinités spécialisées : Seia pour les semailles, Segesta pour les moissons, formant avec elle une triade protectrice du cycle céréalier complet. Pline mentionne mystérieusement une troisième puissance agraire dont «la religion interdit de nommer [le nom] sous un toit», généralement identifiée à Tutilina, protectrice des grains entreposés –tabou religieux dont nous ignorons l’origine exacte.
Le far, de la nourriture au sacrifice
Cette double dimension –technique et sacrée– de la torréfaction s’explique par le statut même du far dans la société romaine primitive. Céréale de base de la Rome archaïque, il était consommé notamment sous forme de puls (bouillie), avant la diffusion du pain. «Les anciens semaient l’amidonnier, moissonnaient l’amidonnier, et l’amidonnier récolté, ils l’offraient en prémices à Cérès», précise Ovide (Fastes II, 519-520).
La torréfaction permettait de séparer le grain de ses glumes et glumelles très adhérentes, facilitant ensuite le broyage au pilon. Mais son rôle dépassait largement l’alimentation quotidienne: une fois transformé par le feu, le far devenait matière sacrificielle.
Ovide rappelle cependant que l’opération était risquée: «tantôt en balayant, ils recueillaient des cendres noires en lieu d’amidonnier, tantôt les flammes ravageaient même leurs huttes » (Fastes II, 523-524). Face à ces dangers qui menaçaient un geste religieux essentiel, les Romains créèrent une divinité protectrice spécialisée. Comme l’explique le poète: «Fornax devient une déesse: confiants en Fornax, les paysans la supplient de protéger leurs récoltes» (Fastes II, 525-526).
Célébrations familiales et collectives
Les Fornacalia se déroulaient à deux niveaux. Dans le cadre familial, chaque maisonnée procédait à un sacrifice devant son four, suivi d’un repas où la farine constituait l’élément principal. Cette dimension privée soulignait l’importance du foyer comme centre de la vie domestique. Dans la Rome archaïque, la torréfaction était essentiellement une tâche féminine, confiée aux femmes de la maison sous la protection de Fornax.
Au niveau collectif, les membres de chaque curie se réunissaient sur le Forum, dans un emplacement spécialement désigné et identifié par des affiches. Ils y apportaient leur amidonnier pour le faire griller collectivement et procédaient à des sacrifices communs sous la direction du curion de leur circonscription.
Une fête de seuil saisonnier
Les Fornacalia s’inscrivaient dans le cycle des fêtes de février, mois consacré à la purification et à la préparation du renouveau printanier. Pour les Romains primitifs, qui faisaient commencer le printemps vers le 17 février, cette célébration marquait la fin de l’hiver et la transition vers la belle saison, période où l’on consommait les grains torréfiés de l’année précédente en attendant la prochaine moisson.
Elle formait un pendant avec les Fordicidia du 15 avril, créant ainsi un cycle agraire complet. Ces deux fêtes, impliquant toutes deux les curies, encadraient rituellement la période décisive des activités agricoles printanières. Il est tentant de noter que le 17 février associait deux formes de transformation rituelle: celle de Romulus en Quirinus par l’apothéose, et celle du far en matière sacrée par le feu. Les deux célébrations partageaient cette idée de passage du profane au divin.
Longévité et signification
Attribuées à l’époque royale (8e siècle avant notre ère), les Fornacalia sont encore mentionnées par Lactance au début du 4e siècle de notre ère (Institutions divines I, 20, 35), preuve de leur remarquable longévité. Même après l’arrivée des boulangers professionnels grecs en 171 avant notre ère, qui marqua la fin de la boulangerie exclusivement domestique, la célébration conserva sa raison d’être: la préparation de la mola salsa demeurait indispensable aux sacrifices.
Cette persistance s’explique par l’enracinement profond de la fête dans les nécessités à la fois techniques et religieuses de la société romaine.
Sources antiques
- OVIDE, Fastes, II, 475-638.
- PLINE L’ANCIEN, Histoire naturelle, XVIII, 2.
- LACTANCE, Institutions divines, I, 20, 35.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Le Fornacalia erano una festa romana di febbraio consacrata alla torrefazione del farro. Ogni curia celebrava alla data assegnata, ma i ritardatari si rifacevano il 17 febbraio durante la Festa degli Stolti (Stultorum feriae). Questa tradizione rivela una Roma arcaica dove il grano doveva essere trasformato dal fuoco per diventare puro e adatto al sacrificio!
Le Fornacalia, festa dei forni nella Roma antica
Le Fornacalia facevano parte delle feriae conceptivae, feste la cui data veniva proclamata ogni anno dal curio maximus. Ovidio sottolinea questo funzionamento insolito: le date e i luoghi di celebrazione delle diverse curie erano affissi sul Foro, segno di un’organizzazione già percepita come arcaica in epoca imperiale.
Questa struttura rimanda alla Roma delle origini, quando la città era divisa in trenta curie, circoscrizioni civico-religiose attribuite dalla tradizione a Romolo. All’epoca di Ovidio, molti cittadini non sapevano più a quale curia appartenessero, il che spiega l’esistenza di un ultimo giorno comune.
Il 17 febbraio: la Festa degli Stolti
L’ultimo giorno delle Fornacalia, il 17 febbraio, coincideva con i Quirinalia, festa dedicata a Quirino, Romolo divinizzato. Ovidio collega esplicitamente le due celebrazioni chiedendo: «Perché questo stesso giorno è anche chiamato la Festa degli Stolti?» (Fasti II, 513). Le Stultorum feriae rappresentavano l’ultima occasione per coloro che ignoravano la propria curia o avevano mancato la loro data di partecipare al rito.
Il poeta ne dà una spiegazione ironica: gli «stolti» sono coloro che non conoscono più il loro posto in un’istituzione diventata fossile, ma ancora operante sul piano rituale.
Fornax e la trasformazione rituale del grano
La festa era dedicata a Fornax, dea del forno domestico e della cottura del grano. La torrefazione del farro non rispondeva soltanto a un vincolo tecnico: costituiva un’esigenza religiosa fondamentale.
Plinio il Vecchio, citando l’annalista Emina, attribuisce queste prescrizioni al re Numa: il farro doveva essere torrefatto non soltanto perché era così più salubre, ma soprattutto perché non era puro per il rito se non dopo la trasformazione attraverso il fuoco (Storia naturale XVIII, 2, 8). Questa regola condizionava la fabbricazione della mola salsa, farina salata indispensabile a ogni sacrificio romano e all’atto dell’immolatio –il nostro verbo «immolare» viene da lì.
Lo storico stabilisce un legame diretto tra l’istituzione delle Fornacalia e quella dei Terminalia (23 febbraio), feste dei confini dei campi, sottolineando così la coerenza del sistema religioso agrario attribuito a Numa. Fornax si inscriveva in un pantheon di divinità specializzate: Seia per le semine, Segesta per i raccolti, formando con essa una triade protettrice del ciclo cerealicolo completo. Plinio menziona misteriosamente una terza potenza agraria il cui nome «la religione vieta di pronunciare sotto un tetto», generalmente identificata con Tutilina, protettrice dei grani immagazzinati –tabù religioso di cui ignoriamo l’origine esatta.
Il farro, dal nutrimento al sacrificio
Questa doppia dimensione –tecnica e sacra– della torrefazione si spiega con lo statuto stesso del farro nella società romana primitiva. Cereale di base della Roma arcaica, era consumato in particolare sotto forma di puls (pappa), prima della diffusione del pane. «Gli antichi seminavano il farro, mietevano il farro, e il farro raccolto lo offrivano come primizie a Cerere», precisa Ovidio (Fasti II, 519-520).
La torrefazione permetteva di separare il grano dalle sue glume e glumelle molto aderenti, facilitando poi la macinazione nel mortaio. Ma il suo ruolo superava largamente l’alimentazione quotidiana: una volta trasformato dal fuoco, il farro diventava materia sacrificale.
Ovidio ricorda tuttavia che l’operazione era rischiosa: «ora spazzando raccoglievano ceneri nere al posto del farro, ora le fiamme devastavano persino le loro capanne» (Fasti II, 523-524). Di fronte a questi pericoli che minacciavano un gesto religioso essenziale, i Romani crearono una divinità protettrice specializzata. Come spiega il poeta: «Fornax diventa una dea: fiduciosi in Fornax, i contadini la supplicano di proteggere i loro raccolti» (Fasti II, 525-526).
Celebrazioni familiari e collettive
Le Fornacalia si svolgevano a due livelli. Nell’ambito familiare, ogni nucleo domestico procedeva a un sacrificio davanti al proprio forno, seguito da un pasto dove la farina costituiva l’elemento principale. Questa dimensione privata sottolineava l’importanza del focolare come centro della vita domestica. Nella Roma arcaica, la torrefazione era essenzialmente un compito femminile, affidato alle donne della casa sotto la protezione di Fornax.
A livello collettivo, i membri di ogni curia si riunivano sul Foro, in un luogo appositamente designato e identificato da cartelli. Vi portavano il loro farro per farlo arrostire collettivamente e procedevano a sacrifici comuni sotto la direzione del curione della loro circoscrizione.
Una festa di soglia stagionale
Le Fornacalia si inscrivevano nel ciclo delle feste di febbraio, mese consacrato alla purificazione e alla preparazione del rinnovamento primaverile. Per i Romani primitivi, che facevano cominciare la primavera verso il 17 febbraio, questa celebrazione segnava la fine dell’inverno e la transizione verso la bella stagione, periodo in cui si consumavano i grani torrefatti dell’anno precedente in attesa del prossimo raccolto.
Formava un pendant con le Fordicidia del 15 aprile, creando così un ciclo agrario completo. Queste due feste, implicando entrambe le curie, incorniciavano ritualmente il periodo decisivo delle attività agricole primaverili. È tentante notare che il 17 febbraio associava due forme di trasformazione rituale: quella di Romolo in Quirino attraverso l’apoteosi, e quella del farro in materia sacra attraverso il fuoco. Le due celebrazioni condividevano quest’idea di passaggio dal profano al divino.
Longevità e significato
Attribuite all’epoca regia (VIII secolo prima della nostra era), le Fornacalia sono ancora menzionate da Lattanzio all’inizio del IV secolo della nostra era (Istituzioni divine I, 20, 35), prova della loro notevole longevità. Anche dopo l’arrivo dei panettieri professionisti greci nel 171 prima della nostra era, che segnò la fine della panificazione esclusivamente domestica, la celebrazione conservò la sua ragion d’essere: la preparazione della mola salsa rimaneva indispensabile ai sacrifici.
Questa persistenza si spiega con il radicamento profondo della festa nelle necessità al tempo stesso tecniche e religiose della società romana. Le Fornacalia offrono così uno sguardo stupefacente sulla Roma arcaica, dove ogni gesto tecnico si accompagnava a un inquadramento religioso, e dove un’istituzione legata alle curie sopravvive in epoca imperiale come fossile amministrativo.
Fonti antiche
- OVIDIO, Fasti, II, 513-532.
- PLINIO IL VECCHIO, Storia naturale, XVIII, 2, 8.
- LATTANZIO, Istituzioni divine, I, 20, 35.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF. The Fornacalia was a Roman festival in February dedicated to the roasting of emmer wheat (far). Each curia celebrated on its assigned date, but latecomers could make up for it on February 17th during the Festival of Fools (Stultorum feriae). This tradition reveals an archaic Rome where grain had to be transformed by fire to become pure and suitable for sacrifice!
The Fornacalia, festival of ovens in ancient Rome
The Fornacalia was part of the feriae conceptivae, festivals whose date was proclaimed each year by the curio maximus. Ovid emphasizes this unusual arrangement: the dates and locations for celebrating the different curiae were posted on the Forum, a sign of an organization already perceived as archaic in the imperial era.
This structure harks back to early Rome, when the city was divided into thirty curiae, civic-religious districts attributed by tradition to Romulus. In Ovid’s time, many citizens no longer knew which curia they belonged to, which explains the existence of a final common day.
February 17th: the Festival of Fools
The last day of the Fornacalia, February 17th, coincided with the Quirinalia, a festival dedicated to Quirinus, the deified Romulus. Ovid explicitly links the two celebrations by asking: « Why is this same day also called the Festival of Fools? » (Fasti II, 513). The Stultorum feriae represented the final opportunity for those who were unaware of their curia or had missed their date to participate in the rite.
The poet offers an ironic explanation: the « fools » are those who no longer know their place in an institution that has become a fossil, yet remains operative on the ritual level.
Fornax and the ritual transformation of grain
The festival was dedicated to Fornax, goddess of the domestic oven and grain roasting. The roasting of emmer wheat was not merely a technical constraint: it constituted a fundamental religious requirement.
Pliny the Elder, citing the annalist Hemina, attributes these prescriptions to King Numa: emmer wheat had to be roasted not only because it was more wholesome that way, but above all because it was not pure for ritual use until after transformation by fire (Natural History XVIII, 2, 8). This rule governed the making of mola salsa, salted flour essential to every Roman sacrifice and to the act of immolatio.
The historian establishes a direct link between the institution of the Fornacalia and that of the Terminalia (February 23rd), festivals of field boundaries, thus emphasizing the coherence of the agrarian religious system attributed to Numa. Fornax was part of a pantheon of specialized deities: Seia for sowing, Segesta for harvests, forming with her a protective triad of the complete cereal cycle. Pliny mysteriously mentions a third agrarian power whose name « religion forbids pronouncing under a roof, » generally identified as Tutilina, protector of stored grain –a religious taboo whose exact origin we do not know.
Emmer wheat, from food to sacrifice
This dual dimension –technical and sacred– of roasting is explained by the very status of emmer wheat in primitive Roman society. The staple cereal of archaic Rome, it was consumed primarily as puls (porridge), before the spread of bread. « The ancients sowed emmer wheat, harvested emmer wheat, and the harvested emmer wheat they offered as first fruits to Ceres, » Ovid specifies (Fasti II, 519-520).
Roasting allowed the grain to be separated from its tightly adhering glumes and lemmas, then facilitating grinding in a mortar. But its role far exceeded daily nutrition: once transformed by fire, emmer wheat became sacrificial material.
Ovid reminds us, however, that the operation was risky: « sometimes while sweeping they gathered black ashes instead of emmer wheat, sometimes the flames even ravaged their huts » (Fasti II, 523-524). Faced with these dangers that threatened an essential religious act, the Romans created a specialized protective deity. As the poet explains: « Fornax becomes a goddess: trusting in Fornax, the farmers beseech her to protect their crops » (Fasti II, 525-526).
Family and collective celebrations
The Fornacalia took place on two levels. In the family context, each household performed a sacrifice before its oven, followed by a meal where flour was the main element. This private dimension emphasized the importance of the hearth as the center of domestic life. In archaic Rome, roasting was essentially a feminine task, entrusted to the women of the house under Fornax’s protection.
At the collective level, members of each curia gathered on the Forum, in a specially designated location identified by notices. They brought their emmer wheat to roast it collectively and performed communal sacrifices under the direction of the curio of their district.
A festival of seasonal threshold
The Fornacalia was part of the cycle of February festivals, a month devoted to purification and preparation for spring renewal. For primitive Romans, who marked the beginning of spring around February 17th, this celebration signaled the end of winter and the transition to the fair season, a period when roasted grain from the previous year was consumed while awaiting the next harvest.
It formed a counterpart to the Fordicidia of April 15th, thus creating a complete agrarian cycle. These two festivals, both involving the curiae, ritually framed the decisive period of spring agricultural activities. It is tempting to note that February 17th associated two forms of ritual transformation: that of Romulus into Quirinus through apotheosis, and that of emmer wheat into sacred matter through fire. Both celebrations shared this idea of passage from the profane to the divine.
Longevity and significance
Attributed to the royal period (8th century BCE), the Fornacalia is still mentioned by Lactantius in the early 4th century CE (Divine Institutes I, 20, 35), proof of its remarkable longevity. Even after the arrival of Greek professional bakers in 171 BCE, which marked the end of exclusively domestic baking, the celebration retained its reason for being: the preparation of mola salsa remained essential for sacrifices.
This persistence is explained by the festival’s deep roots in both the technical and religious necessities of Roman society. The Fornacalia thus offers a striking glimpse into archaic Rome, where every technical act was accompanied by religious oversight, and where an institution tied to the curiae survives into the imperial era as an administrative fossil.
Ancient sources
- OVID, Fasti, II, 513-532.
- PLINY THE ELDER, Natural History, XVIII, 2, 8.
- LACTANTIUS, Divine Institutes, I, 20, 35.
Dates
Février 5, 2026 - février 17, 2026 (Toute la journée)
202613févToute la journée21Repeating EventParentalia
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Idibus Februariis - Ante diem nonum Kalendas Martias
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Idibus Februariis – Ante diem nonum Kalendas Martias

EN BREF. Du 13 au 21 février, les Romains ont célébré pendant des siècles les Parentalia, neuf jours consacrés à leurs défunts. Cette fête, à la fois intime et spectaculaire, a constitué l’un des piliers de la vie religieuse et familiale romaine.
Du vin et des violettes pour honorer les morts
Les Parentalia (ou dies parentales) comptent parmi les fêtes les plus durables du calendrier romain. Ovide, qui en a livré la description la plus complète dans les Fastes, les désigne aussi comme dies ferales, «jours des morts»[1]. Leur durée était exceptionnelle: neuf jours consécutifs, alors que la plupart des fêtes romaines se déroulaient sur une ou deux journées.
Contrairement à une idée reçue, les Parentalia ne constituaient pas une simple «fête des ancêtres». Le terme dérive de parentes, dont le sens était bien plus large que «parents» au sens strict. Selon le juriste Festus, «on appelle communément parens le père ou la mère, mais les jurisconsultes disent que les aïeuls et bisaïeuls, les aïeules et bisaïeules portent aussi le nom de parentes»[2]. Les inscriptions montrent que le terme pouvait englober frères, oncles, époux et même beaux-parents. Comme l’a souligné Fanny Dolansky, on y honorait aussi bien les grands-parents disparus depuis longtemps que les épouses et les enfants morts récemment.
«Les Mânes n’exigent que peu de choses»
Les cérémonies débutaient le 13 février, jour déclaré nefastus. Une Vestale ouvrait officiellement la période par un sacrifice au tombeau de la légendaire Tarpeia, inaugurant au niveau civique un temps dévolu au culte des morts, mais observé avant tout par les familles.
Les jours suivants, les familles se rendaient en procession aux nécropoles situées hors du pomerium, la limite sacrée de Rome –car il était interdit d’enterrer ou de brûler les morts à l’intérieur des remparts. Ovide a décrit les offrandes attendues par les Mânes en insistant sur leur simplicité:
«Les Mânes n’exigent que peu de choses: la piété leur est plus précieuse qu’un riche présent: le Styx en ses profondeurs n’abrite pas de dieux avides. Ils se satisfont d’une tuile couronnée d’une guirlande votive, de grains épars, d’une simple pincée de sel, de pain trempé dans du vin et de violettes éparpillées.»[3]
Le vin et les fleurs pourpres rappelaient les offrandes d’Énée sur le tombeau d’Anchise dans l’Énéide, et pouvaient évoquer le sang des sacrifices animaux, rares lors des Parentalia, mais attestés. Ovide conseillait de déposer ces offrandes sur des tessons de poterie au milieu du chemin, car on imaginait les esprits des défunts errant parmi les tombeaux: «En ces jours, âmes ténues et corps des défunts errent près des tombeaux, c’est le moment où l’ombre se repaît des mets posés devant elle.»[4]
Selon Ovide, c’est Énée lui-même, «modèle avéré de piété», qui a introduit cette coutume en Italie[5].
Le jour où les morts sont sortis de leurs tombeaux
Le poète rapporte qu’à une époque reculée, alors que Rome menait de longues guerres, les dies parentales ont été négligés. Les conséquences auraient été terrifiantes:
«Nos aïeux seraient sortis des tombeaux, emplissant de leurs plaintes le silence de la nuit; et, à travers les rues de la Ville et dans les campagnes, la foule vaine des âmes inconsistantes se serait mise à hurler.»[6]
Ovide lui-même avouait sa difficulté à croire ce prodige, mais le message était clair: négliger les morts ne reste jamais impuni.
Pendant toute la durée des Parentalia, les temples restaient fermés –pour éviter tout contact entre les dieux et les morts–, les mariages étaient interdits et les magistrats paraissaient sans leurs insignes. «Prenez patience, jeunes veuves: le flambeau de pin nuptial doit attendre des jours purs», avertissait Ovide[7].
Le dernier jour, le 21 février, portait le nom spécifique de Feralia. Varron faisait dériver ce nom de inferi («les morts d’en bas») et de ferre («apporter»), en référence à la coutume d’apporter des offrandes aux tombeaux. Festus proposait ferre mais aussi ferire («frapper»), suggérant des sacrifices d’animaux offerts aux esprits des défunts. Les Feralia constituaient un rite d’apaisement et de purification, préparant la Caristia du lendemain, lorsque la famille organisait un banquet pour célébrer les liens d’affection entre vivants et morts bienveillants, les Lares.
De l’huile de nard et des combats de lutte
Si Ovide insistait sur la simplicité des offrandes, il reconnaissait que de plus riches n’étaient pas interdites[8]. Le cas le plus spectaculaire connu est celui de Q. Cominius Abascantus, un riche affranchi de Misène, dont les volontés ont été gravées en 148-149 de notre ère. Il a prévu des combats de lutte, la décoration de son tombeau avec des violettes et des roses, l’onction de ses restes avec de l’huile de nard –l’un des onguents les plus coûteux–, et un banquet exclusif dans la salle à manger construite au-dessus de son tombeau. À Herculanum, les honneurs posthumes de M. Nonius Balbus, ancien tribun de la plèbe, comprenaient une procession annuelle et des jeux gymniques.
Les nécropoles romaines constituaient de véritables «rues de tombeaux». Certains possédaient des jardins, des vignobles, des salles à manger et même des suites permettant d’y passer la nuit. Dans la localité d’Ambarri en Gaule lyonnaise, un demi-arpent de vignobles était réservé spécifiquement ad Parentalia celebranda (CIL XIII 2465).
À la fin du 4e siècle, Ausone de Bordeaux a composé un recueil de trente poèmes portant le titre Parentalia, où il honorait ses nombreux défunts. Chrétien convaincu, il considérait cette fête comme «un triste devoir religieux», mais affirmait que «le respect des vivants ne tient rien pour plus sacré que de rappeler avec la déférence qui convient ceux qui se sont éteints»[9]. La diffusion géographique des Parentalia a été considérable: de la Sardaigne à la Gaule lyonnaise, de l’Afrique du Nord jusqu’à Philippes en Macédoine.
Leur persistance dans un monde de plus en plus chrétien reste remarquable. Augustin rapportait que sa mère Monique apportait nourriture et vin sur les tombes des martyrs nord-africains, jusqu’à ce que l’évêque Ambroise de Milan interdise ces pratiques parce qu’elles «ressemblaient de trop près aux rites superstitieux que les païens célébraient en l’honneur de leurs morts»[10]. En 567 encore, le concile de Tours a déploré des rites mêlant offrandes aux morts et repas familiaux. Cette longévité s’explique, selon Fanny Dolansky, par le poids de la tradition, la haute valeur accordée aux défunts, le respect de la pietas comme principe moral, et l’attrait des dimensions sociales des rites.
Pendant plus de cinq siècles et à travers un immense espace géographique, les Parentalia ont constitué un temps où les vivants réaffirmaient leurs liens avec ceux qui les avaient précédés dans la mort. Les célébrer était à la fois un devoir et un acte de dévotion que même les vicissitudes de l’existence ne pouvaient abolir.
[1] Ovide, Fastes, 2, 33-34: Aut quia placatis sunt tempora pura sepulcris, / tum cum ferales praeteriere dies.
[2] Festus, 247L (cité par Dolansky, p. 129): Parens vulgo pater aut mater appellatur, sed iuris prudentes avos et proavos, avias et proavias parentum nomine appellari dicunt.
[3] Ovide, Fastes, 2, 535-540: Parva petunt manes: pietas pro divite grata est / munere; non avidos Styx habet ima deos. / Tegula porrectis satis est velata coronis / et sparsae fruges parcaque mica salis, / inque mero mollita Ceres violaeque solutae: / haec habeat media testa relicta via.
[4] Ovide, Fastes, 2, 565-566: Nunc animae tenues et corpora functa sepulcris / errant, nunc posito pascitur umbra cibo.
[5] Ovide, Fastes, 2, 543-546: Hunc morem Aeneas, pietatis idoneus auctor, / attulit in terras, iuste Latine, tuas. / Ille patris Genio sollemnia dona ferebat: / hinc populi ritus edidicere pios.
[6] Ovide, Fastes, 2, 551-554: Vix equidem credo: bustis exisse feruntur / et tacitae questi tempore noctis avi, / perque vias Urbis latosque ululasse per agros / deformes animas, volgus inane, ferunt.
[7] Ovide, Fastes, 2, 557-558: Dum tamen haec fiunt, viduae cessate puellae: / exspectet puros pinea taeda dies.
[8] Ovide, Fastes, 2, 541: Nec maiora veto, sed et his placabilis umbra est.
[9] Ausone, Parentalia, préf. A.8-9 (cité par Dolansky, p. 126): Nec quicquam sanctius habet reverentia superstitum quam ut amissos venerabiliter recordetur.
[10] Augustin, Confessions, 6.2 (cité par Dolansky, p. 149): Illa quasi parentalia superstitioni gentilium essent simillima.
Étude moderne:
- Fanny Dolansky, «Honouring the Family Dead on the Parentalia: Ceremony, Spectacle, and Memory», Phoenix 65, 2011, p. 125-157.
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
Versione italiana
IN BREVE. Dal 13 al 21 febbraio, i Romani hanno celebrato per secoli i Parentalia, nove giorni dedicati ai propri defunti. Questa festa, al tempo stesso intima e spettacolare, ha costituito uno dei pilastri della vita religiosa e familiare romana.
Vino e violette per onorare i morti
I Parentalia (o dies parentales) figurano tra le feste più durature del calendario romano. Ovidio, che ne ha fornito la descrizione più completa nei Fasti, li designa anche come dies ferales, «giorni dei morti»[1]. La loro durata era eccezionale: nove giorni consecutivi, mentre la maggior parte delle feste romane si svolgeva nell’arco di una o due giornate.
Contrariamente a un’idea diffusa, i Parentalia non erano una semplice «festa degli antenati». Il termine deriva da parentes, il cui significato era assai più ampio di «genitori» in senso stretto. Secondo il giurista Festo, «comunemente si chiama parens il padre o la madre, ma i giureconsulti dicono che anche gli avi e i bisavi, le ave e le bisave portano il nome di parentes»[2]. Le iscrizioni mostrano che il termine poteva includere fratelli, zii, coniugi e persino suoceri. Come ha sottolineato Fanny Dolansky, vi si onoravano tanto i nonni scomparsi da tempo quanto le mogli e i figli morti di recente.
«I Mani non esigono che poco»
Le cerimonie iniziavano il 13 febbraio, giorno dichiarato nefastus. Una Vestale apriva ufficialmente il periodo con un sacrificio sulla tomba della leggendaria Tarpeia, inaugurando a livello civico un tempo consacrato al culto dei morti, ma osservato soprattutto dalle famiglie.
Nei giorni seguenti, le famiglie si recavano in processione alle necropoli situate fuori dal pomerium, il confine sacro di Roma – poiché era vietato seppellire o cremare i morti all’interno delle mura. Ovidio ha descritto le offerte attese dai Mani insistendo sulla loro semplicità:
«I Mani non esigono che poco: la devozione è loro più gradita di un ricco dono: lo Stige nelle sue profondità non ospita dèi avidi. Si accontentano di una tegola coronata da una ghirlanda votiva, di grani sparsi, di un semplice pizzico di sale, di pane inzuppato nel vino e di violette sparse.»[3]
Il vino e i fiori purpurei ricordavano le offerte di Enea sulla tomba di Anchise nell’Eneide, e potevano evocare il sangue dei sacrifici animali, rari durante i Parentalia, ma attestati. Ovidio consigliava di deporre queste offerte su cocci di terracotta in mezzo alla strada, poiché si immaginava che gli spiriti dei defunti vagassero tra le tombe: «In questi giorni, anime tenui e corpi dei defunti errano presso i sepolcri, è il momento in cui l’ombra si nutre dei cibi posti davanti a lei.»[4]
Secondo Ovidio, fu Enea in persona, «modello accertato di pietà», a introdurre questa usanza in Italia[5].
Il giorno in cui i morti uscirono dalle tombe
Il poeta racconta che in un’epoca remota, mentre Roma conduceva lunghe guerre, i dies parentales furono trascurati. Le conseguenze sarebbero state terrificanti:
«I nostri avi sarebbero usciti dalle tombe, riempiendo dei loro lamenti il silenzio della notte; e, per le vie della Città e nelle campagne, la folla vana delle anime inconsistenti si sarebbe messa a urlare.»[6]
Ovidio stesso ammetteva la propria difficoltà a credere a questo prodigio, ma il messaggio era chiaro: trascurare i morti non resta mai impunito.
Per tutta la durata dei Parentalia, i templi restavano chiusi – per evitare ogni contatto tra gli dèi e i morti –, i matrimoni erano vietati e i magistrati comparivano senza le loro insegne. «Portate pazienza, giovani vedove: la fiaccola nuziale di pino deve attendere giorni puri», avvertiva Ovidio[7].
L’ultimo giorno, il 21 febbraio, portava il nome specifico di Feralia. Varrone faceva derivare questo nome da inferi («i morti di sotto») e da ferre («portare»), in riferimento all’usanza di portare offerte alle tombe. Festo proponeva ferre ma anche ferire («colpire»), suggerendo sacrifici di animali offerti agli spiriti dei defunti. I Feralia costituivano un rito di propiziazione e di purificazione, in preparazione della Caristia del giorno seguente, quando la famiglia organizzava un banchetto per celebrare i legami di affetto tra vivi e morti benevoli, i Lares.
Olio di nardo e combattimenti di lotta
Se Ovidio insisteva sulla semplicità delle offerte, riconosceva che doni più ricchi non erano proibiti[8]. Il caso più spettacolare a noi noto è quello di Q. Cominius Abascantus, un ricco liberto di Miseno, le cui volontà furono incise in una dedica del 148-149 della nostra era. Aveva previsto combattimenti di lotta, la decorazione della sua tomba con violette e rose, l’unzione dei suoi resti con olio di nardo – uno degli unguenti più costosi –, e un banchetto esclusivo nella sala da pranzo costruita sopra il suo sepolcro. A Ercolano, gli onori postumi di M. Nonio Balbo, ex tribuno della plebe, comprendevano una processione annuale e giochi ginnici.
Le necropoli romane costituivano vere e proprie «vie dei sepolcri». Alcune disponevano di giardini, vigneti, sale da pranzo e persino alloggi che permettevano di trascorrervi la notte. Nella località di Ambarri nella Gallia Lugdunense, mezzo iugero di vigneti era riservato specificamente ad Parentalia celebranda (CIL XIII 2465).
Alla fine del 4° secolo, Ausonio di Bordeaux ha composto una raccolta di trenta poemi intitolata Parentalia, in cui onorava i suoi numerosi defunti. Cristiano convinto, considerava questa festa come «un triste dovere religioso», ma affermava che «il rispetto dei vivi non tiene nulla per più sacro che ricordare con la deferenza dovuta coloro che si sono spenti»[9]. La diffusione geografica dei Parentalia è stata considerevole: dalla Sardegna alla Gallia Lugdunense, dall’Africa del Nord fino a Filippi in Macedonia.
La loro persistenza in un mondo sempre più cristiano resta notevole. Agostino riferiva che sua madre Monica portava cibo e vino sulle tombe dei martiri nordafricani, finché il vescovo Ambrogio di Milano non vietò queste pratiche perché «somigliavano troppo ai riti superstiziosi che i pagani celebravano in onore dei loro morti»[10]. Ancora nel 567, il concilio di Tours deplorò riti che mescolavano offerte ai morti e pasti familiari. Questa longevità si spiega, secondo Fanny Dolansky, con il peso della tradizione, l’alto valore attribuito ai defunti, il rispetto della pietas come principio morale, e il richiamo delle dimensioni sociali dei riti.
Per più di cinque secoli e attraverso un immenso spazio geografico, i Parentalia hanno costituito un tempo in cui i vivi riaffermavano i propri legami con coloro che li avevano preceduti nella morte. Celebrarli era al tempo stesso un dovere e un atto di devozione che neppure le vicissitudini dell’esistenza potevano abolire.
[1] Ovidio, Fasti, 2, 33-34: Aut quia placatis sunt tempora pura sepulcris, / tum cum ferales praeteriere dies.
[2] Festo, 247L (citato da Dolansky, p. 129): Parens vulgo pater aut mater appellatur, sed iuris prudentes avos et proavos, avias et proavias parentum nomine appellari dicunt.
[3] Ovidio, Fasti, 2, 535-540: Parva petunt manes: pietas pro divite grata est / munere; non avidos Styx habet ima deos. / Tegula porrectis satis est velata coronis / et sparsae fruges parcaque mica salis, / inque mero mollita Ceres violaeque solutae: / haec habeat media testa relicta via.
[4] Ovidio, Fasti, 2, 565-566: Nunc animae tenues et corpora functa sepulcris / errant, nunc posito pascitur umbra cibo.
[5] Ovidio, Fasti, 2, 543-546: Hunc morem Aeneas, pietatis idoneus auctor, / attulit in terras, iuste Latine, tuas. / Ille patris Genio sollemnia dona ferebat: / hinc populi ritus edidicere pios.
[6] Ovidio, Fasti, 2, 551-554: Vix equidem credo: bustis exisse feruntur / et tacitae questi tempore noctis avi, / perque vias Urbis latosque ululasse per agros / deformes animas, volgus inane, ferunt.
[7] Ovidio, Fasti, 2, 557-558: Dum tamen haec fiunt, viduae cessate puellae: / exspectet puros pinea taeda dies.
[8] Ovidio, Fasti, 2, 541: Nec maiora veto, sed et his placabilis umbra est.
[9] Ausonio, Parentalia, praef. A.8-9 (citato da Dolansky, p. 126): Nec quicquam sanctius habet reverentia superstitum quam ut amissos venerabiliter recordetur.
[10] Agostino, Confessioni, 6.2 (citato da Dolansky, p. 149): Illa quasi parentalia superstitioni gentilium essent simillima.
Studio moderno:
- Fanny Dolansky, «Honouring the Family Dead on the Parentalia: Ceremony, Spectacle, and Memory», Phoenix 65, 2011, p. 125-157.
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English version
IN BRIEF. From 13 to 21 February, the Romans celebrated for centuries the Parentalia, nine days devoted to their dead. This festival, at once intimate and spectacular, was one of the pillars of Roman religious and family life.
Wine and violets to honour the dead
The Parentalia (or dies parentales) rank among the most enduring festivals in the Roman calendar. Ovid, who provided the most complete description of them in the Fasti, also refers to them as dies ferales, ‘days of the dead’[1]. Their duration was exceptional: nine consecutive days, whereas most Roman festivals lasted only one or two.
Contrary to a common misconception, the Parentalia were not simply a ‘festival of ancestors’. The term derives from parentes, whose meaning was far broader than ‘parents’ in the strict sense. According to the jurist Festus, ‘commonly parens refers to a father or mother, but those versed in the law say that grandfathers and great-grandfathers, grandmothers and great-grandmothers, are also called by the name parentes‘[2]. Inscriptions show that the term could encompass brothers, uncles, spouses and even parents-in-law. As Fanny Dolansky has emphasised, the rites honoured grandparents long since departed just as much as wives and children recently deceased.
‘The dead desire little’
The ceremonies began on 13 February, a day declared nefastus. A Vestal Virgin officially opened the period with a sacrifice at the tomb of the legendary Tarpeia, inaugurating at civic level a time devoted to the cult of the dead, but observed above all by families.
In the days that followed, families processed to the necropoleis situated beyond the pomerium, the sacred boundary of Rome – for it was forbidden to bury or cremate the dead within the city walls. Ovid described the offerings expected by the Manes, insisting upon their simplicity:
‘The dead desire little: piety is dearer to them than a rich gift; the Styx in its depths harbours no greedy gods. They are content with a tile crowned by a votive garland, scattered grain, a mere pinch of salt, bread soaked in wine and loose violets.’[3]
The wine and purple flowers were reminiscent of Aeneas’ offerings at the tomb of Anchises in the Aeneid, and may have evoked the blood of animal sacrifice, rare during the Parentalia but attested. Ovid advised leaving these offerings on potsherds in the middle of the road, for it was imagined that the spirits of the dead wandered among the tombs: ‘On these days, slender souls and the bodies of the departed roam near their graves; now the shade feeds upon the food set before it.’[4]
According to Ovid, it was Aeneas himself, ‘that fitting patron of piety’, who introduced this custom to Italy[5].
The day the dead rose from their tombs
The poet relates that at some remote period, whilst Rome was waging protracted wars, the dies parentales were neglected. The consequences were said to have been terrifying:
‘Our forefathers are said to have risen from their tombs, filling the silence of the night with their lamentations; and through the streets of the City and across the countryside, the insubstantial throng of shapeless souls is said to have howled.’[6]
Ovid himself admitted his difficulty in believing this prodigy, but the message was clear: neglecting the dead never goes unpunished.
Throughout the duration of the Parentalia, temples remained closed – to prevent any contact between the gods and the dead –, marriages were forbidden and magistrates appeared without their insignia. ‘Be patient, young widows: the nuptial pine torch must await days of purity,’ Ovid cautioned[7].
The final day, 21 February, bore the specific name of Feralia. Varro derived the name from inferi (‘the dead below’) and ferre (‘to bring’), referring to the custom of bringing offerings to the tombs. Festus proposed ferre but also ferire (‘to strike’), suggesting animal sacrifices offered to the spirits of the dead. The Feralia constituted a rite of appeasement and purification, preparing the way for the Caristia on the following day, when the family held a banquet to celebrate the bonds of affection between the living and the benevolent dead, the Lares.
Nard oil and wrestling bouts
Whilst Ovid insisted on the simplicity of offerings, he acknowledged that more lavish ones were not forbidden[8]. The most spectacular case known to us is that of Q. Cominius Abascantus, a wealthy freedman of Misenum, whose wishes were inscribed in a dedication of 148–149 CE. He provided for wrestling bouts, the decoration of his tomb with violets and roses, the anointing of his remains with nard oil – one of the costliest unguents –, and an exclusive banquet in the dining hall built above his tomb. At Herculaneum, the posthumous honours for M. Nonius Balbus, a former tribune of the plebs, included an annual procession and gymnastic games.
Roman necropoleis formed veritable ‘streets of tombs’. Some were equipped with gardens, vineyards, dining rooms and even suites of rooms allowing overnight stays. In the locality of Ambarri in Gallia Lugdunensis, half an acre of vineyards was reserved specifically ad Parentalia celebranda (CIL XIII 2465).
In the late 4th century, Ausonius of Bordeaux composed a collection of thirty poems entitled Parentalia, in which he honoured his many departed. A committed Christian, he regarded the festival as ‘a sad religious observance’, yet affirmed that ‘the respect of the living holds nothing more sacred than to recall with due reverence those who have passed away’[9]. The geographical spread of the Parentalia was considerable: from Sardinia to Gallia Lugdunensis, from North Africa as far as Philippi in Macedonia.
Their persistence in an increasingly Christian world remains remarkable. Augustine reported that his mother Monica brought food and wine to the tombs of North African martyrs, until Bishop Ambrose of Milan forbade these practices because they ‘bore so close a resemblance to the superstitious rites which the pagans held in honour of their dead’[10]. As late as 567, the Council of Tours deplored rites that mingled offerings to the dead with family meals. This longevity is explained, according to Fanny Dolansky, by the weight of tradition, the high value placed upon the dead, respect for pietas as a moral principle, and the appeal of the social dimensions of the rites.
For more than five centuries and across a vast geographical expanse, the Parentalia constituted a time when the living reaffirmed their bonds with those who had preceded them in death. To celebrate them was at once a duty and an act of devotion that not even the vicissitudes of life could abolish.
[1] Ovid, Fasti, 2, 33–34: Aut quia placatis sunt tempora pura sepulcris, / tum cum ferales praeteriere dies.
[2] Festus, 247L (cited by Dolansky, p. 129): Parens vulgo pater aut mater appellatur, sed iuris prudentes avos et proavos, avias et proavias parentum nomine appellari dicunt.
[3] Ovid, Fasti, 2, 535–540: Parva petunt manes: pietas pro divite grata est / munere; non avidos Styx habet ima deos. / Tegula porrectis satis est velata coronis / et sparsae fruges parcaque mica salis, / inque mero mollita Ceres violaeque solutae: / haec habeat media testa relicta via.
[4] Ovid, Fasti, 2, 565–566: Nunc animae tenues et corpora functa sepulcris / errant, nunc posito pascitur umbra cibo.
[5] Ovid, Fasti, 2, 543–546: Hunc morem Aeneas, pietatis idoneus auctor, / attulit in terras, iuste Latine, tuas. / Ille patris Genio sollemnia dona ferebat: / hinc populi ritus edidicere pios.
[6] Ovid, Fasti, 2, 551–554: Vix equidem credo: bustis exisse feruntur / et tacitae questi tempore noctis avi, / perque vias Urbis latosque ululasse per agros / deformes animas, volgus inane, ferunt.
[7] Ovid, Fasti, 2, 557–558: Dum tamen haec fiunt, viduae cessate puellae: / exspectet puros pinea taeda dies.
[8] Ovid, Fasti, 2, 541: Nec maiora veto, sed et his placabilis umbra est.
[9] Ausonius, Parentalia, praef. A.8–9 (cited by Dolansky, p. 126): Nec quicquam sanctius habet reverentia superstitum quam ut amissos venerabiliter recordetur.
[10] Augustine, Confessions, 6.2 (cited by Dolansky, p. 149): Illa quasi parentalia superstitioni gentilium essent simillima.
Modern study:
- Fanny Dolansky, ‘Honouring the Family Dead on the Parentalia: Ceremony, Spectacle, and Memory’, Phoenix 65, 2011, pp. 125–157.
👉 All the festivals of the Roman calendar
Dates
Février 13, 2026 - février 21, 2026 (Toute la journée)
202617févToute la journéeRepeating EventQuirinalia
Description
Ce denier de la gens Memmia frappé en 56 av. J.-C. est une des très rares représentations
Description

Ante diem tertium decimum Kalendas Martias
Les Quirinalia, célébrées le 17 février, marquent un moment charnière du calendrier romain, coïncidant avec l’arrivée des premiers souffles de Favonius et l’annonce du printemps en Italie. Ce jour, qui conclut la période des Fornacalia (la fête des fours ou, plus précisément, la «Fête des fous» – stultorum feriae), constitue à la fois un rite de clôture et un temps de rassemblement public.
Rituels et dimension agricole
Durant les Fornacalia, chaque curie célébrait individuellement le rituel de la torréfaction du grain d’épeautre dans ses propres fours. Ce procédé, dont l’objectif était de purifier le grain en annulant sa capacité germinative, facilitait également son broyage pour la préparation de galettes de pain. Selon une interprétation proposée par l’historien Angelo Brelich, il s’agissait d’une offrande initiale permettant à la communauté de consommer l’épeautre une fois que le rituel avait été accompli. Par ailleurs, la tradition rappelle que, durant la période des Lemuria, une offrande primordiale du farro était effectuée à Cérès, sanctionnant ainsi le cycle agricole du semis, de la torréfaction, de la mouture et de l’usage alimentaire. Dans ce contexte, les Quirinalia, en tant que dernier jour des Fornacalia, offraient aux citoyens – notamment ceux qui, pour négligence ou par retard, n’avaient pas participé à leur curie – la possibilité de rattraper ce rite. À cette occasion, les curies se réunissaient dans le Forum sous la supervision du curio maximus, symbolisant l’unification des membres des diverses curies sous la protection de Quirinus.
Culte et signification mythologique
La fête des Quirinalia était également dédiée à Quirinus, dont le culte est intimement lié à la figure de Romulus divinisé. D’après Ovide (Fastes, Livre II, 2,475–2,530), le nom de Quirinus s’expliquerait de trois manières :
- Par curis, signifiant «la lance», rappelant l’aspect martial et guerrier du dieu,
- Par Quirites, terme désignant les citoyens et soulignant son rôle de protecteur de la communauté,
- Par Cures, évoquant les clans ou les familles fondatrices.
Dans le récit ovidien, au cœur d’une violente tempête, Romulus disparaît des yeux consternés de ses sujets avant d’apparaître à Julius Proculus, qui lui serait venu en aide en lui chargeant d’annoncer sa divinisation en tant que Quirinus aux Quirites. Ce prodige apaise le peuple, réfute les accusations de meurtre portées contre les sénateurs et ordonne le culte du nouveau dieu, ainsi que l’encouragement à cultiver l’art de la guerre. Pour commémorer cet événement fondateur, un temple fut érigé sur le mont Quirinal, qui donna son nom à la colline et aux fêtes. Notons que la dédicace de ce temple faisait l’objet d’une célébration particulière fixée au 19 juin.
Architecture et diffusion du culte
Le temple de Quirinus, l’un des édifices les plus anciens de Rome, fut d’abord restauré en –293 par le consul Lucius Papirius Cursor, qui en fit un monument grandiose en intégrant notamment des dépouilles prises aux Samnites. Tombé en ruines, comme beaucoup d’autres sanctuaires consacrés aux divinités primitives, il fut relevé par Auguste en 16 av. J.-C. D’après les descriptions de Vitruve et Martial, l’édifice, de style dorique et à octastyle, comportait un pronaos, un portique à l’arrière et était entouré de 76 colonnes réparties en plusieurs rangées. Aujourd’hui, l’emplacement le plus crédible est situé dans la zone de l’actuel Largo S. Susanna. Par ailleurs, le culte de Quirinus semble restreint à la seule région de Rome ; aucune trace ne témoigne d’une propagation de son culte dans le reste de l’Italie ou dans les provinces lointaines.
Iconographie
Aucune représentation figurative complète de Quirinus ne nous est parvenue. Seule sa tête apparaît sur des monnaies émises par la gens Memmia, et son nom est mentionné sur des pièces de la gens Fabia, qui, lors de l’invasion gauloise, offrait des sacrifices sur le Quirinal.
- Ovide, Fastes, 2, 475-638
Dates
Février 17, 2026 Toute la journée
202621févToute la journéeRepeating EventFeralia
Description
Les Feralia constituent une des fêtes religieuses les plus significatives
Description

Les Feralia constituent une des fêtes religieuses les plus significatives de la Rome antique, honorant les esprits des ancêtres décédés. Cette célébration se déroulait le 21 février, marquant la fin de la période des Parentalia, une semaine de commémorations privées dédiées aux morts, débutant le 13 février. Ces festivités étaient essentielles dans le calendrier romain, non seulement pour les rites familiaux mais aussi pour la dimension publique et communautaire du dernier jour, les Feralia proprement dits.
Les origines de Feralia remontent à une tradition établie, selon la légende, par Énée, qui introduisit cette coutume dans les terres latines pour apaiser les ombres des morts. La fête symbolisait donc un moment de piété et de respect envers les ancêtres, reflétant la profondeur des croyances romaines sur l’au-delà et la continuité familiale.
Durant les Feralia, les Romains suspendaient toutes activités publiques et commerciales, fermaient les temples et éteignaient les autels, illustrant le caractère sacré et solennel de cette journée. Aucun mariage ne pouvait être célébré à cette date, soulignant la séparation stricte entre les vivants et les morts pendant cette période de commémoration. Les offrandes aux défunts étaient modestes mais symboliques, incluant des couronnes, des fleurs, un peu de nourriture et du vin déposés sur les tombes, suivant une coutume qui insistait sur la simplicité et l’humilité face aux morts. Ces rituels reflétaient une croyance que les morts demandaient peu et qu’ils étaient apaisés par de simples gestes de mémoire et de respect.
Une légende rapporte qu’une année, l’oubli de célébrer les Feralia aurait conduit à une épidémie de peste à Rome, signifiant que les esprits des morts, négligés, avaient envahi la ville. Ce n’est qu’après la reprise des offrandes rituelles que les esprits auraient retrouvé le repos et que la peste aurait cessé, illustrant la croyance profonde dans l’importance de ces rites pour maintenir l’équilibre entre le monde des vivants et celui des morts.
Le lendemain des Feralia, le 22 février, était célébré la Caristia, une fête de famille visant à renforcer les liens entre les vivants, dans un esprit de réconciliation et de bonheur familial après les hommages rendus aux défunts.
Ces traditions soulignent l’importance de la famille et de la mémoire des ancêtres dans la Rome antique, où les vivants entretenaient des liens étroits et respectueux avec leurs prédécesseurs décédés. Les Feralia, en tant que point culminant des Parentalia, constituaient un moment clé de ce dialogue entre les générations, ancrant la communauté dans un cycle de respect mutuel entre les morts et les vivants.
Dates
Février 21, 2026 Toute la journée
202601marsToute la journéeRepeating EventMatronalia
Description
Kalendis Martiis Denier d'argent frappé à l'effigie de Julia Mamaea, impératrice, et
Description
Kalendis Martiis

Dans l’ancienne religion romaine, les Matronalia (ou Matronales Feriae) était une fête célébrant Junon Lucina, la déesse de l’accouchement (« Junon qui apporte les enfants à la lumière »), de la maternité (mater signifie « mère » en latin) et des femmes en général. Cette célébration honorait également le rôle central des femmes dans la société et la famille.
Selon le calendrier romain originel, traditionnellement attribué à Romulus, la fête des Matronalia marquait le premier jour de l’année. Se tenant le premier mars (Martius), mois dédié à Mars, elle était également connue comme les Feriae Marti.
La date de ce festival était liée à la consécration d’un temple dédié à Juno Lucina sur la colline de l’Esquilin vers 268 av. J.-C., et pourrait aussi commémorer la paix entre les Romains et les Sabins. Ce jour-là, les femmes participaient à des rituels au temple, leurs cheveux détachés — une exception au strict code vestimentaire romain qui les obligeait habituellement à les attacher — et sans ceintures ni nœuds sur leurs vêtements.
Dans le cadre domestique, les femmes recevaient des présents de leurs maris et filles, et les époux romains étaient censés prier pour leurs épouses. Il était également attendu des femmes qu’elles préparent un repas pour les esclaves de la maison, qui bénéficiaient d’une journée de repos, à l’instar de la tradition des hommes romains durant la Saturnalia. Ce festival soulignait ainsi l’importance des femmes dans le tissu social et familial, offrant un rare moment de reconnaissance et de célébration de leur rôle dans l’antiquité romaine.
Dates
Mars 1, 2026 Toute la journée
202601marsToute la journée24Repeating EventFeriae Marti
Description
Kalendis Martiis - Ante diem nonum Kalendas Apriles La danse des prêtres
Description
Kalendis Martiis – Ante diem nonum Kalendas Apriles

Les Feriae Marti, célébrées le premier jour de mars, marquaient le début de l’année religieuse dans l’ancien calendrier romain, honorant Mars, le dieu de la guerre et du renouveau printanier. Cette fête symbolisait non seulement l’arrivée du printemps mais aussi le début des campagnes militaires, reflétant l’importance de Mars non seulement comme divinité guerrière mais aussi comme force vitale du renouveau et de la fertilité.
Les célébrations des Feriae Marti s’entrelaçaient avec des rituels propices au nouveau cycle annuel, une tradition qui a perduré même après que mars a cessé d’être le premier mois de l’année. Le premier jour, dédié au dies natalis Martis (jour de naissance de Mars), voyait une variété de rituels et de sacrifices. Les femmes sacrifiaient des coqs, tandis que les hommes offraient des animaux plus imposants comme des taureaux, des porcs, des béliers, et occasionnellement des chevaux, pour honorer le dieu.
Une des caractéristiques les plus remarquables des Feriae Marti était la procession des prêtres Saliens. Ces prêtres, vêtus d’anciens atours militaires, parcouraient la ville en frappant leurs boucliers avec leurs épées, s’arrêtant pour réaliser des danses rituelles au son de la flûte et pour chanter le Carmen Saliare, un hymne ancien dont les paroles étaient incompréhensibles même pour les Romains de l’époque. Ces danses et chants avaient lieu principalement les 1er, 9, et 23 mars, marquant ainsi des moments forts du festival.
Selon la légende, Jupiter avait envoyé sur terre l’ancile, un bouclier sacré appartenant à Mars, et déclaré que le destin de Rome était lié à sa protection. Pour prévenir sa perte ou sa destruction, le roi Numa Pompilius aurait fait fabriquer plusieurs copies de cet ancile, qui étaient conservées et vénérées dans le temple de Mars et portées en procession par les Saliens.
Les Feriae Marti comprenaient également des rites de purification, tels que le renouvellement des couronnes de laurier et du feu sacré dans le temple de Vesta, ainsi que la mise en scène de combats simulés dans le Champ de Mars, rappelant la préparation aux campagnes militaires.
Dates
Mars 1, 2026 - mars 24, 2026 (Toute la journée)
202614marsToute la journéeRepeating EventMamuralia
Description
Pridie Idus Martias Panneau de mars, issu d'une mosaïque des mois (El
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Pridie Idus Martias

Dans l’ancienne religion romaine, les Mamuralia ou Sacrum Mamurio («Rite pour Mamurius») était un festival tenu le 14 ou le 15 mars, mentionné uniquement dans des sources de la fin de l’antiquité. Selon Joannes Lydus, un vieil homme portant des peaux d’animaux était battu rituellement avec des bâtons. Le nom est lié à Mamurius Veturius, qui, selon la tradition, était l’artisan qui avait fabriqué les boucliers rituels (ancilia) suspendus dans le temple de Mars. Comme le calendrier romain commençait à l’origine en mars, le Sacrum Mamurio est généralement considéré comme un rituel marquant la transition de l’ancienne année vers la nouvelle. Il partage certaines caractéristiques avec le rituel du bouc émissaire ou pharmakos.
Les boucliers étaient gardés par les prêtres de Mars, les Salii, qui les utilisaient dans leurs rituels. En guise de paiement, Mamurius a demandé que son nom soit préservé et commémoré dans le Carmen Saliare, un hymne chanté par les Salii lorsqu’ils manipulaient les boucliers et effectuaient leur danse armée. Des fragments de cet hymne archaïque, dont l’invocation de Mamurius, subsistent encore. Plusieurs sources mentionnent cette invocation et l’histoire de l’artisan, mais seul Lydus décrit le rituel du vieil homme battu.
Mamurius aurait également fabriqué un remplacement en bronze pour une statue en érable de Vertumnus, apportée à Rome du temps de Romulus. Il pourrait avoir été Oscan et aurait été enterré dans sa terre natale, comme le suggère la fin d’un poème sur Vertumnus, où Propertius exprime le souhait que la terre osque ne consume pas les mains habiles de Mamurius. Veturius est considéré comme un nom de famille étrusque ou osque.
Mamurius Veturius est devenu le surnom de Marcus Aurelius Marius Augustus, un ancien forgeron ou métallurgiste qui fut brièvement empereur romain en 269.
Le rituel
La description la plus complète du rituel connu sous le nom de Mamuralia nous est donnée par Joannes Lydus dans son œuvre du 6ème siècle, De mensibus (« Concernant les Mois »). Lydus rapporte qu’un vieil homme, appelé Mamurius, était vêtu de peaux d’animaux et battu avec des bâtons blancs, c’est-à-dire des branches écorcées. Cette pratique pourrait symboliquement inverser la couverture de la peau humaine lisse par des peaux d’animaux rugueuses. Bien que Lydus ne mentionne pas explicitement l’exil du vieil homme hors de la ville, les chercheurs en déduisent généralement qu’il le fut. Dans le mythe des ancilia, le personnage de Mamurius apparaît comme bienveillant, rendant sa punition imméritée.
La tardiveté de ce récit soulève des questions quant à l’authenticité ou l’ancienneté du festival, puisque les références dans les calendriers républicains et impériaux ou les sources littéraires sont absentes ou indirectes. Lydus aurait pu mal interpréter les rites Salien. Servius mentionne un jour consacré à Mamurius où les Salii « frappaient une peau en imitation de son art », c’est-à-dire les coups portés par un forgeron. Minucius Felix note que les Salii frappaient des peaux alors que les boucliers étaient portés en procession. Deux mosaïques de l’époque impériale ont été interprétées comme illustrant le rite de Mamurius. La compréhension de Mamurius par Lydus pourrait être liée aux légendes médiévales du woodwose ou homme sauvage des bois, jouant un rôle similaire dans les cérémonies d’hiver ou du Nouvel An liées à la Nuit des Rois et au carnaval.
Dates
Mars 14, 2026 Toute la journée
202617marsToute la journéeRepeating EventLiberalia
Description
Ante diem sextum decimum Kalendas Apriles Buste de Dionysos dans le temple de Liber Pater sur
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Ante diem sextum decimum Kalendas Apriles

Chaque année, le 17 mars, les anciens Romains célébraient les Liberalia, une fête en l’honneur du dieu Liber Pater et de sa parèdre Libera. Cette célébration, inscrite dans l’un des plus anciens calendriers romains, nous est connue par plusieurs sources antiques qui en présentent différentes facettes. Que se passait-il lors de cette journée? Qui était vraiment ce Liber Pater? Et pourquoi cette fête a-t-elle tant évolué au fil du temps?
Les Liberalia figurent parmi les plus anciennes fêtes romaines. Comme le rappellent plusieurs sources, cette célébration était déjà inscrite dans le calendrier dit de Numa Pompilius, deuxième roi légendaire de Rome. La date du 17 mars coïncidait avec une autre fête appelée Agonium Martiale, mais comme le soulignent les historiens romains, c’est bien le nom de Liberalia qui était couramment employé par le peuple.
Les témoignages sur les Liberalia proviennent de plusieurs auteurs antiques qui, chacun à leur façon, en décrivent différents aspects :
Ovide, dans ses Fastes (III, 3725-3770), décrit avec précision un rituel caractéristique des Liberalia:
«[Le poème] a pour objet d’expliquer pourquoi une pauvre vieille femme invite les gens à s’intéresser à ses galettes».
Ces galettes (liba en latin), faites de farine, de miel et d’huile, étaient vendues par des vieilles femmes couronnées de lierre que l’écrivain Varron appelait « prêtresses de Liber ». Elles portaient de petits autels et, pour chaque gâteau vendu, en détachaient un morceau qu’elles offraient au dieu au nom de l’acheteur.
Varron confirme cette pratique dans son De lingua latina (6,14):
«Les Liberalia sont ainsi nommés parce que, ce jour-là, dans toute la ville, des vieilles femmes, prêtresses de Liber, couronnées de lierre, sont assises avec des gâteaux et un petit foyer, sacrifiant pour ceux qui achètent».
Tertullien, dans son Apologétique (42), ajoute un autre aspect de la fête : ce jour-là, chaque famille romaine avait l’habitude de dîner dans la rue, devant la porte de sa maison.
La procession phallique
Saint Augustin, dans La Cité de Dieu (7,21), évoque une procession beaucoup plus licencieuse qui avait lieu à Lavinium, ville proche de Rome:
«Car ce membre honteux, placé avec grand honneur sur un petit chariot, était d’abord promené à travers les carrefours des campagnes, puis conduit jusqu’à la ville».
Cette procession phallique, symbole de fertilité, scandalisait évidemment Augustin, qui décrit les Liberalia de Lavinium comme une fête d’un mois entier où régnait « une grande licence d’obscénité » et où « on utilisait les mots les plus infâmes ».
Virgile, dans ses Géorgiques (2,380-389), associe Bacchus (nom grec de Liber) à des célébrations rurales liées aux vendanges, où l’on sacrifiait un bouc, où l’on présentait des pièces de théâtre et où l’on suspendait des petits masques aux pins:
«Ils prennent des visages terribles faits d’écorce creusée, et t’invoquent, Bacchus, par des chants joyeux, et pour toi suspendent de petits masques flexibles au haut d’un pin».
La prise de la toge virile: un rite de passage
Au-delà des aspects religieux, les Liberalia marquaient un moment crucial dans la vie des jeunes Romains: la prise de la toge virile. Cette cérémonie symbolisait le passage de l’enfance à l’âge adulte pour les jeunes hommes, généralement âgés de 15 ou 16 ans.
Le déroulement de cette cérémonie nous est connu par plusieurs témoignages anciens. Ovide (Fastes, III, 3771-3790) s’interroge sur les raisons de cette association:
«Il me reste à trouver pourquoi on remet la toge virile aux enfants, le jour de ta fête, radieux Bacchus».
Et il propose quatre explications possibles:
- Parce que Bacchus semble toujours un enfant ou un adolescent
- Parce que les pères confient leurs enfants à Liber Pater (Liber le Père)
- En raison du jeu de mots entre «Liber» (le dieu) et «libre» (ce que deviennent les jeunes hommes)
- Parce que beaucoup de gens de la campagne venaient en ville ce jour-là pour les jeux en l’honneur de Liber et Cérès
La cérémonie elle-même comportait plusieurs étapes solennelles :
- Le matin, un sacrifice aux Lares (divinités protectrices du foyer)
- L’abandon de la bulla praetexta (amulette protectrice) et des autres insignes de l’enfance
- Le revêtement de la toge blanche (toga pura ou libera)
- Une procession solennelle jusqu’au Forum pour présenter le jeune homme à la cité
- Un sacrifice au Capitole pour honorer les dieux de l’État
Liber Pater : un dieu aux multiples visages

Qui était vraiment le dieu honoré lors des Liberalia? Les sources antiques nous présentent plusieurs facettes de Liber Pater:
À l’origine, Liber était une divinité italique associée à la fertilité et à la croissance. Son nom même, comme l’expliquent les étymologistes modernes, est lié au verbe « croître ». C’était un dieu agricole, protecteur des semences, qui formait une triade avec Cérès (déesse des moissons) et Libera.
Avec l’influence grecque, Liber fut progressivement assimilé à Dionysos/Bacchus. Cicéron, dans son De natura deorum (2,62), distingue d’ailleurs trois Liber différents:
- Le fils de Sémélé (le Dionysos grec)
- Celui qui est honoré avec Cérès et Libera
- Celui qui est connu par une religion mystérique
Cette différenciation montre bien la complexité de cette figure divine qui pouvait être perçue différemment selon les contextes et les époques.
La perception de Liber/Bacchus fut profondément affectée par le scandale des Bacchanales en 186 av. J.-C. L’historien Tite-Live nous raconte dans son livre 39 comment ce culte, jugé dangereux pour l’ordre public, fut sévèrement réprimé par le Sénat romain. On accusait les adeptes de ces cérémonies nocturnes de se livrer à toutes sortes d’excès et de constituer un «État dans l’État».
Ce scandale explique en partie pourquoi les auteurs romains, comme Ovide, cherchent ensuite à «purifier» l’image de Liber, en le distinguant clairement du Bacchus des cultes extatiques.
La reconstruction d’Ovide: un Liber civilisateur
Dans sa description des Liberalia, Ovide opère un travail particulièrement intéressant de «reconstruction» de la figure de Liber, comme l’a bien montré la chercheuse Dóra Kovács. Le poète présente Liber comme un dieu civilisateur:
Contrairement à la tradition qui attribuait cette découverte à Aristée, Ovide fait de Liber l’inventeur du miel. Dans un récit original (Fastes, III, 3735-3760), il raconte comment le dieu, durant son retour d’Orient, attira des abeilles grâce au son des cymbales de son cortège, puis les recueillit dans un arbre creux, découvrant ainsi le miel.
Cette histoire sert à expliquer pourquoi on offre des gâteaux de miel à Liber, mais elle présente aussi le dieu comme un organisateur, capable de rassembler les abeilles éparses en une communauté productive.
Ovide présente également Liber comme le premier à avoir offert des sacrifices à Jupiter après ses conquêtes en Orient:
«Tu fus le premier à offrir de la cannelle et de l’encens pris à l’ennemi, ainsi que les chairs rôties du bœuf de ton triomphe».
Cette présentation rapproche Liber de Prométhée, le héros civilisateur grec qui institua le sacrifice.
Les Liberalia étaient bien plus qu’une simple fête religieuse. Elles s’inscrivaient dans un contexte politique complexe :
Le temple de Liber, Libera et Cérès sur l’Aventin était un centre important pour la plèbe romaine. La connexion entre Liber et l’idée politique de libertas (liberté) était forte, comme le souligne Kovács. D’ailleurs, jusqu’en 153 av. J.-C., les magistrats romains prenaient leurs fonctions aux ides de mars, deux jours seulement avant les Liberalia.
L’époque d’Ovide correspond au règne d’Auguste, qui menait une politique de restauration religieuse. Le temple de l’Aventin était alors en ruines et ne fut restauré qu’en 17 apr. J.-C., sous Tibère. La version des Liberalia que nous présente Ovide s’inscrit donc dans cette politique de «romanisation» des cultes, éliminant les aspects jugés trop étrangers ou subversifs.
En savoir plus
- Kovács, Dóra, Liberalia in Ovid – Liber in the Roman religion, in Acta Classica Universitatis Scientiarum Debreceniensis, Vol. 46, 2010, p. 307-318.
Sources antiques citées
- Ovide, Fastes, III, 3711-3790
- Varron, De lingua latina, 6,14
- Tertullien, Apologétique, 42
- Saint Augustin, La Cité de Dieu, 7,21
- Virgile, Géorgiques, 2,380-389
- Cicéron, De natura deorum, 2,62
- Tite-Live, Livre 39 (sur les Bacchanales)
Dates
Mars 17, 2026 Toute la journée










