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À travers une exposition et un programme culturel foisonnant, Alea propose une réflexion sur
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À travers une exposition et un programme culturel foisonnant, Alea propose une réflexion sur les parcours de vie. À la lumière des trajectoires d’hommes et de femmes de l’Antiquité, elle invite à interroger nos propres libertés de choix et d’action, à l’heure où l’égalité est plus que jamais au coeur des débats.
Exposition
Au 2e siècle apr. J.-C., l’Empire romain compte plus de 50 millions d’habitants. Toutes et tous n’y mènent pas la même vie. Hommes, femmes, pauvres, riches, citoyens, esclaves… La société se compose d’une multitude de catégories sociales. Chacune d’entre elles implique des droits, des devoirs et des privilèges différents.
L’exposition Alea vous invite à suivre les membres d’une famille gallo-romaine fictive et à partager avec eux quelques étapes marquantes de leur parcours de vie. La matrone Alba, l’esclave Aptus, la jeune Flora ou son cousin Secundus : qui accompagnerez-vous durant votre visite ?
Parcours enfant dès 10 ans
Programme culturel
Les activités du programme culturel approfondissent les thématiques de l’exposition Alea et ouvrent de nouvelles pistes entre passé et présent. En famille ou entre amis, glissez-vous dans la peau de personnages ayant vécu dans la région il y a 2’000 ans, interrogez-vous sur les parcours atypiques ou minoritaires, prenez la plume pour donner vie à des objets ou menez l’enquête avec des archéologues.
Dates
Septembre 19, 2025 - avril 6, 2026 (Toute la journée)

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Pour marquer son jubilé, Lugdunum – Musée et théâtres romains présente une grande exposition qui explore le rapport à l’art et à l’héritage culturel il y a 2 000 ans. Qu’est-ce
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Pour marquer son jubilé, Lugdunum – Musée et théâtres romains présente une grande exposition qui explore le rapport à l’art et à l’héritage culturel il y a 2 000 ans.
Qu’est-ce que l’art pour les Romains ? Où se situe l’art dans la cité ? Quel est le statut de l’artiste ? Quel rapport les Romains ont-ils avec l’art grec ?
Rencontrez des œuvres d’exception, provenant de France et d’Italie, et plongez dans l’univers de l’art chez les Romains.
Dates
Octobre 3, 2025 - juin 7, 2026 (Toute la journée)
Les prochaines fêtes du calendrier romain
janvier
202611janvToute la journéeRepeating EventJuturnalia
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Ante diem tertium Idus Ianuarias
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Ante diem tertium Idus Ianuarias

Juturnalia, la fête romaine de l’eau vive
Les Juturnalia, célébrées le 11 janvier, étaient une fête dédiée à Juturne, déesse associée aux sources, fontaines et eaux courantes[1]. Son culte, profondément enraciné dans la religion romaine, reflète des croyances anciennes autour de l’eau comme source de vie, de guérison et de purification.
Le culte de Juturne semble provenir de Lavinium, où la déesse était honorée auprès d’une source sacrée voisine du fleuve Numicus[2]. Son nom a été rapproché, dès l’Antiquité, du verbe latin iuvare («aider, assister»), interprétation ancienne qui souligne sa fonction bienfaisante[3]. La forme archaïque Diuturna est généralement comprise comme signifiant «la durable», en référence à la permanence de la source.
Selon une hypothèse philologique moderne, Juturne pourrait avoir été à l’origine une divinité protectrice liée à l’univers héroïque, associée à la vitalité, à la prospérité et à la continuité du groupe.
Dans la tradition mythologique, Juturne est présentée comme la fille de Vénilia, divinité des eaux douces, et comme la sœur du roi rutule Turnus. Aimée de Jupiter, elle aurait reçu de lui l’immortalité et la tutelle des sources. Une tradition tardive en fait également la compagne de Janus et la mère de Fontus, personnification des sources[4].
Dans l’Énéide de Virgile, Juturne intervient pour secourir son frère Turnus lors de son duel contre Énée. Elle lui rend son épée et tente de l’arracher au combat, avant d’être contrainte par une Furie envoyée par Jupiter de se retirer, laissant Turnus à son destin tragique.
À Rome, le principal lieu de culte de Juturne était le Lacus Iuturnae, une fontaine monumentale du Forum Romain, située près du temple de Vesta et du sanctuaire des Dioscures[5]. Cette eau, réputée pure et salubre, jouait un rôle important dans les rituels publics.
La tradition associait étroitement Juturne aux Dioscures. Après la bataille du lac Régille, Castor et Pollux auraient abreuvé leurs chevaux à cette fontaine, où un groupe statuaire élevé au centre du bassin commémorait leur apparition miraculeuse.
Ovide atteste l’existence d’un temple de Juturne au Champ de Mars, près de l’aqua Virgo. La tradition érudite attribue sa dédicace à C. Lutatius Catulus, à la suite de sa victoire lors de la première guerre punique (241 avant notre ère).
Lors des Juturnalia, Juturne était honorée comme garante de la pureté et de la vitalité des eaux. Les fontani, artisans et techniciens dont l’activité dépendait de l’eau, lui rendaient un culte particulier. Elle était également invoquée lors des Volcanalia afin de protéger les récoltes contre les incendies.
Les célébrations comprenaient vraisemblablement des rites de purification, des offrandes et des processions autour des lieux consacrés à la déesse.
[1] Ovide, Fastes, I, 463–464: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus. I, 707–710: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus.
[2] Virgile, Énéide, XII, 134–160; 468–482; 843-886.
[3] Varron, De lingua Latina, V, 71-72: Lympha Iuturna, quae iuvaret: itaque multi aegroti propter id nomen hinc aquam petere solent.
[4] Arnobe, Adversus nationes, III, 29: (…) quem ferunt caelo atque Hecata procreatum in Italia | f. 75 | regnasse primum, Ianiculi oppidi conditorem, patrem Fonti, Vulturni generum, Iuturnae maritum, (…)
[5] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, VI, 13.
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Versione italiana
Juturnalia, la festa romana dell’acqua viva
I Juturnalia, celebrati l’11 gennaio, erano una festa dedicata a Giuturna, dea associata alle sorgenti, alle fontane e alle acque correnti[1]. Il suo culto, profondamente radicato nella religione romana, riflette antiche credenze attorno all’acqua come fonte di vita, di guarigione e di purificazione.
Il culto di Giuturna sembra provenire da Lavinio, dove la dea era onorata presso una sorgente sacra vicina al fiume Numico[2]. Il suo nome fu accostato, già nell’antichità, al verbo latino iuvare («aiutare, assistere»), interpretazione antica che sottolinea la sua funzione benefica[3]. La forma arcaica Diuturna è generalmente intesa come significante «la duratura», in riferimento alla permanenza della sorgente.
Secondo un’ipotesi filologica moderna, Giuturna potrebbe essere stata in origine una divinità protettrice legata all’universo eroico, associata alla vitalità, alla prosperità e alla continuità del gruppo.
Nella tradizione mitologica, Giuturna è presentata come la figlia di Venilia, divinità delle acque dolci, e come la sorella del re rutulo Turno. Amata da Giove, avrebbe ricevuto da lui l’immortalità e la tutela delle sorgenti. Una tradizione tardiva ne fa anche la compagna di Giano e la madre di Fonto, personificazione delle sorgenti[4].
Nell’Eneide di Virgilio, Giuturna interviene per soccorrere suo fratello Turno durante il suo duello contro Enea. Gli restituisce la spada e tenta di sottrarlo al combattimento, prima di essere costretta da una Furia inviata da Giove a ritirarsi, lasciando Turno al suo destino tragico.
A Roma, il principale luogo di culto di Giuturna era il Lacus Iuturnae, una fontana monumentale del Foro Romano, situata vicino al tempio di Vesta e al santuario dei Dioscuri[5]. Quest’acqua, reputata pura e salubre, svolgeva un ruolo importante nei rituali pubblici.
La tradizione associava strettamente Giuturna ai Dioscuri. Dopo la battaglia del lago Regillo, Castore e Polluce avrebbero abbeverato i loro cavalli a questa fontana, dove un gruppo statuario eretto al centro della vasca commemorava la loro apparizione miracolosa.
Ovidio attesta l’esistenza di un tempio di Giuturna nel Campo Marzio, vicino all’aqua Virgo. La tradizione erudita attribuisce la sua dedica a C. Lutazio Catulo, in seguito alla sua vittoria durante la prima guerra punica (241 a.C.).
Durante i Juturnalia, Giuturna era onorata come garante della purezza e della vitalità delle acque. I fontani, artigiani e tecnici la cui attività dipendeva dall’acqua, le rendevano un culto particolare. Era anche invocata durante i Volcanalia per proteggere i raccolti dagli incendi.
Le celebrazioni comprendevano verosimilmente riti di purificazione, offerte e processioni attorno ai luoghi consacrati alla dea.
[1] Ovidio, Fasti, I, 463–464: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus. I, 707–710: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus.
[2] Virgilio, Eneide, XII, 134–160; 468–482; 843-886.
[3] Varrone, De lingua Latina, V, 71-72: Lympha Iuturna, quae iuvaret: itaque multi aegroti propter id nomen hinc aquam petere solent.
[4] Arnobio, Adversus nationes, III, 29: (…) quem ferunt caelo atque Hecata procreatum in Italia | f. 75 | regnasse primum, Ianiculi oppidi conditorem, patrem Fonti, Vulturni generum, Iuturnae maritum, (…)
[5] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, VI, 13.
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English version
Juturnalia, the Roman festival of living water
The Juturnalia, celebrated on January 11th, was a festival dedicated to Juturna, goddess associated with springs, fountains and running waters[1]. Her cult, deeply rooted in Roman religion, reflects ancient beliefs surrounding water as a source of life, healing and purification.
The cult of Juturna seems to originate from Lavinium, where the goddess was honoured near a sacred spring neighbouring the Numicus river[2]. Her name was connected, as early as Antiquity, to the Latin verb iuvare (« to help, to assist »), an ancient interpretation which underscores her beneficent function[3]. The archaic form Diuturna is generally understood as meaning « the enduring one », in reference to the permanence of the spring.
According to a modern philological hypothesis, Juturna may have originally been a protective deity linked to the heroic world, associated with vitality, prosperity and the continuity of the group.
In mythological tradition, Juturna is presented as the daughter of Venilia, deity of fresh waters, and as the sister of the Rutulian king Turnus. Loved by Jupiter, she is said to have received from him immortality and guardianship of springs. A later tradition also makes her the companion of Janus and the mother of Fontus, personification of springs[4].
In Virgil’s Aeneid, Juturna intervenes to rescue her brother Turnus during his duel against Aeneas. She returns his sword to him and attempts to snatch him from combat, before being compelled by a Fury sent by Jupiter to withdraw, leaving Turnus to his tragic fate.
In Rome, the principal place of worship of Juturna was the Lacus Iuturnae, a monumental fountain in the Roman Forum, located near the temple of Vesta and the sanctuary of the Dioscuri[5]. This water, reputed to be pure and wholesome, played an important role in public rituals.
Tradition closely associated Juturna with the Dioscuri. After the battle of Lake Regillus, Castor and Pollux are said to have watered their horses at this fountain, where a statuary group erected in the centre of the basin commemorated their miraculous appearance.
Ovid attests to the existence of a temple of Juturna in the Campus Martius, near the aqua Virgo. Scholarly tradition attributes its dedication to C. Lutatius Catulus, following his victory during the First Punic War (241 BCE).
During the Juturnalia, Juturna was honoured as guarantor of the purity and vitality of waters. The fontani, craftsmen and technicians whose activity depended on water, paid her particular worship. She was also invoked during the Volcanalia to protect crops from fires.
The celebrations likely included purification rites, offerings and processions around places consecrated to the goddess.
[1] Ovid, Fasti, I, 463–464: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus. I, 707–710: At quae venturas praecedit sexta Kalendas, / hac sunt Ledaeis templa dicata deis: / fratribus illa deis fratres de gente deorum / circa Iuturnae composuere lacus.
[2] Virgil, Aeneid, XII, 134–160; 468–482; 843-886.
[3] Varro, De lingua Latina, V, 71-72: Lympha Iuturna, quae iuvaret: itaque multi aegroti propter id nomen hinc aquam petere solent.
[4] Arnobius, Adversus nationes, III, 29: (…) quem ferunt caelo atque Hecata procreatum in Italia | f. 75 | regnasse primum, Ianiculi oppidi conditorem, patrem Fonti, Vulturni generum, Iuturnae maritum, (…)
[5] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, VI, 13.
Dates
Janvier 11, 2026 Toute la journée
202611janv(janv 11)13:5615(janv 15)13:56Repeating EventCarmentalia
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Ante diem tertium Idus Ianuarias - Ante diem octavum decimum Kalendas Februarias Les Carmentalia étaient des fêtes religieuses romaines très anciennes,
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Ante diem tertium Idus Ianuarias – Ante diem octavum decimum Kalendas Februarias
Les Carmentalia étaient des fêtes religieuses romaines très anciennes, célébrées en l’honneur de la déesse Carmenta. Ces festivités, qui avaient lieu les 11 et 15 janvier, sont remarquables dans le calendrier romain par leur structure unique: deux jours séparés par un intervalle de trois jours. Cette particularité a intrigué les historiens, bien qu’elle trouve des parallèles dans d’autres cycles festifs du calendrier romain, comme les Quinquatrus et les Tubilustrum, ou encore les Consualia et les Opalia.
Carmenta, selon la tradition, était une divinité aux origines très anciennes, comme en témoigne l’existence d’un flamen carmentalis, prêtre spécialisé dans son culte [Cicéron, Brutus XIV, 57 ; ILS 1418]. Cependant, dès la fin de la République, les détails de son culte étaient déjà confus.
Selon la légende rapportée par Ovide (Fastes I, 462 et suivants; VI, 531) et Tite-Live (Histoire romaine I, 37), Carmenta était la mère d’Évandre, un héros venu d’Arcadie qui s’installa dans le Latium. Dotée de dons prophétiques, elle accompagna son fils et s’établit près du Capitole, au niveau d’un promontoire connu sous le nom de Saxum Carmentae [Tite-Live, V, 47, 1-2; Denys d’Halicarnasse, I, 32; Servius, Commentaire à l’Énéide VIII, 339]. Après sa mort, un sanctuaire (sacellum) fut érigé en son honneur à cet endroit, près de la porta Carmentalis.
Ainsi Carmenta était-elle une déesse de la naissance et de la prophétie, associée à l’innovation technologique, à la protection des mères et des enfants, et au rôle de patronne des sages-femmes. Elle aurait également, selon certaines traditions, inventé l’alphabet latin.
Elle est souvent associée à l’eau, comme le mentionne Virgile (Énéide VIII, 336), peut-être en lien avec la proximité de sa fête avec celle de Juturne (11 janvier). Les dons prophétiques, fréquemment reliés aux sources et aux cours d’eau, renforcent cette association. Isidore de Séville (Origines I, 4, 1; V, 39, 11) précise que son nom dériverait de carmen (chant ou oracle), et qu’elle aurait introduit l’alphabet chez les Latins.
Carmenta était également vénérée avec deux divinités associées: Porrima et Postverta, symbolisant respectivement la connaissance du futur et du passé. Selon Aulu-Gelle (Nuits attiques XVI, 16), ces figures étaient invoquées pour des accouchements sans complication, en fonction de la position du bébé à la naissance.
Les pratiques religieuses liées à Carmenta révèlent une dévotion empreinte de respect pour la vie et la pureté. Un texte de Varron, cité par Censorinus (De die natali II, 2), souligne que le jour de naissance était marqué par des libations de lait ou de vin, mais sans sacrifices sanglants. Cette règle s’appliquait également au culte de Carmenta: il était interdit d’introduire des objets en cuir ou des carcasses d’animaux dans son sanctuaire.
Les matrones romaines jouaient un rôle central dans le culte de Carmenta. Selon Plutarque (Questions romaines 56) et Ovide (Fastes I, 619-626), un second jour de fête (15 janvier) aurait été ajouté à la suite d’un conflit entre les matrones et le Sénat, qui leur avait interdit l’usage des chariots couverts (carpenta). En signe de protestation, elles auraient cessé d’accomplir leurs devoirs conjugaux, entraînant une baisse des naissances. Le Sénat, cédant à leurs revendications, leur restitua ce privilège, et le deuxième jour des Carmentalia fut instauré.
Dates
Janvier 11, 2026 13:56 - janvier 15, 2026 13:56
février
202605févToute la journée17Repeating EventFORNACALIA
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EN BREF. Les Fornacalia étaient une fête romaine de février consacrée à la torréfaction
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EN BREF. Les Fornacalia étaient une fête romaine de février consacrée à la torréfaction du far (amidonnier). Chaque quartier (curie) célébrait à sa date, mais les retardataires se rattrapaient le 17 février lors de la Fête des Sots. Cette tradition révèle une Rome archaïque où l’on divinisait même les fours domestiques pour éviter de brûler le grain!
Les Fornacalia, fête des fours et du pain dans la Rome antique
Les Fornacalia étaient une fête religieuse romaine célébrée chaque année en février, généralement du 5 au 17 du mois. Contrairement à la plupart des célébrations romaines qui avaient lieu à date fixe, les Fornacalia étaient une fête mobile (feriae conceptivae) dont les dates variaient selon les décisions des autorités religieuses.
Le poète Ovide, dans ses Fastes, explique que «de nos jours, le Grand Curion fixe les Fornacalia par une proclamation légale, sans en faire une fête fixe; et tout autour du Forum, sur de nombreux écriteaux suspendus, une marque spéciale signale l’emplacement de chaque curie» (Fastes II, 527-530). Cette organisation particulière s’explique par la structure administrative archaïque qui présidait à la célébration.
Une organisation par curies
Les Fornacalia impliquaient les trente curies, les plus anciennes divisions administratives de Rome créées selon la tradition par Romulus lui-même. Chaque curie célébrait la fête séparément, à la date qui lui était assignée par le Grand Curion (Curio maximus), le chef des prêtres des curies.
Cette structure révèle l’ancienneté de la fête. À l’époque d’Ovide, au début de l’Empire, beaucoup de citoyens ne connaissaient plus leur curie d’appartenance, tant cette organisation était devenue obsolète. Le poète note avec ironie que «ceux qui, dans le peuple, sont des sots, ne connaissent pas leur curie, et accomplissent la cérémonie qu’ils reportent au dernier jour» (Fastes II, 531-532).
La «Fête des Sots»
Le dernier jour des Fornacalia, le 17 février, coïncidait avec les Quirinalia et portait le surnom populaire de «Fête des Sots» (Stultorum feriae). Cette appellation s’explique par le fait que les retardataires ou les citoyens qui ignoraient leur curie d’appartenance pouvaient rattraper leur participation ce jour-là.
Ovide raconte que ce même jour s’appelle aussi la Fête des Sots et précise que «ceux qui, dans le peuple, sont des sots, ne connaissent pas leur curie, et accomplissent la cérémonie qu’ils reportent au dernier jour». Cette situation reflète l’évolution sociale de Rome, où les structures archaïques survivaient comme des fossiles administratifs.
Le culte de Fornax, déesse des fours
La fête honorait Fornax, la déesse des fours et de la boulangerie. Le nom de cette divinité dérive directement du mot latin fornax (pluriel fornaces) qui désignait le four domestique. Ovide explique l’origine de ce culte: «Fornax devient une déesse: confiants en Fornax, les paysans la supplient de protéger leurs récoltes» (Fastes II, 525-526). Cette divinisation résultait des difficultés rencontrées par les premiers Romains dans la torréfaction des grains.
Le poète décrit les accidents fréquents: «tantôt en balayant, ils recueillaient des cendres noires en lieu d’amidonnier, tantôt les flammes ravageaient même leurs huttes» (Fastes II, 523-524). Face à ces dangers, les Romains créèrent une divinité protectrice spécialisée dans la maîtrise du feu culinaire.
Un rituel de torréfaction de l’amidonnier
Le cœur de la célébration consistait en la torréfaction rituelle de l’amidonnier (far), la céréale de base de l’alimentation romaine primitive. Ovide précise que «les anciens semaient l’amidonnier, moissonnaient l’amidonnier, et l’amidonnier récolté, ils l’offraient en prémices à Cérès» (Fastes II, 519-520).
Cette opération technique était délicate: «instruits par l’usage, ils le confièrent aux flammes pour le torréfier, mais, par leur propre faute, subirent de nombreux dommages» (Fastes II, 521-522). La torréfaction permettait de séparer le grain de sa balle très adhérente et facilitait ensuite le broyage au pilon.
Dimension familiale et collective
Les Fornacalia comportaient deux niveaux de célébration. Dans le cadre familial, chaque maisonnée procédait à un sacrifice devant son four domestique, suivi d’un repas où la farine constituait l’élément principal. Cette dimension privée soulignait l’importance du foyer comme centre de la vie domestique.
Au niveau collectif, les membres de chaque curie se réunissaient sur le Forum, dans un emplacement spécialement désigné et identifié par des affiches. Ils y apportaient leur amidonnier pour le faire griller collectivement et procédaient à des sacrifices communs sous la direction du curion de leur circonscription.
Attribution traditionnelle à Numa
La tradition romaine attribuait l’institution des Fornacalia au roi Numa Pompilius, le deuxième roi légendaire de Rome, réputé pour avoir organisé la religion romaine primitive. Pline l’Ancien mentionne cette attribution dans son Histoire naturelle.
Cette attribution s’inscrit dans la tendance romaine à faire remonter les institutions religieuses les plus anciennes aux premiers rois, particulièrement à Numa, présenté comme le législateur religieux par excellence.
Une fête de transition saisonnière
Les Fornacalia s’inscrivaient dans le cycle des fêtes de février, mois consacré à la purification et à la préparation du renouveau printanier. Pour les Romains primitifs, qui faisaient commencer le printemps vers le 17 février, cette fête marquait un prélude aux semailles plutôt qu’une célébration de la moisson passée.
Elle formait un pendant avec les Fordicidia du 19 avril, créant ainsi un cycle agraire complet. Ces deux fêtes, impliquant toutes deux les curies, encadraient la période cruciale des activités agricoles printanières.
Persistance historique
Les Fornacalia témoignent d’une remarquable longévité. Célébrées depuis l’époque royale selon la tradition, elles perdurèrent jusqu’à l’époque chrétienne tardive, puisque l’auteur chrétien Lactance les mentionne encore au 4e siècle.
Cette persistance s’explique par l’enracinement profond de la fête dans les nécessités techniques et économiques de la société romaine. Même après l’introduction des boulangers professionnels au début du 2e siècle avant notre ère, qui marqua la fin de la boulangerie exclusivement domestique, la célébration conserva sa signification religieuse et sociale.
Un témoignage sur la société romaine archaïque
Les Fornacalia offrent un aperçu sur la Rome primitive, où l’agriculture dominait l’économie et où chaque geste technique s’accompagnait d’un encadrement religieux. Elles illustrent aussi l’évolution sociale de Rome: une institution archaïque liée aux curies survit à l’époque impériale, mais sous forme de fossile administratif que beaucoup de citoyens ne comprennent plus.
Cette fête révèle enfin le processus romain de divinisation des forces techniques: face aux dangers de la torréfaction, les Romains créent une divinité spécialisée, Fornax, qui personnifie et maîtrise la puissance redoutable du feu domestique.
Sources antiques
- OVIDE, Fastes, II, 475-638.
Lux quoque cur eadem Stultorum festa vocetur
accipe: parva quidem causa, sed apta, subest.
Non habuit doctos tellus antiqua colonos: (515)
lassabant agiles aspera bella viros.
Plus erat in gladio quam curvo laudis aratro:
neglectus domino pauca ferebat ager.
Farra tamen veteres iaciebant, farra metebant,
primitias Cereri farra resecta dabant: (520)
usibus admoniti flammis torrenda dederunt,
multaque peccato damna tulere suo;
nam modo verrebant nigras pro farre favillas,
nunc ipsas ignes corripuere casas.
Facta dea est Fornax: laeti Fornace coloni (525)
orant ut fruges temperet illa suas.
Curio legitimis nunc Fornacalia verbis
maximus indicit nec stata sacra facit:
inque foro, multa circum pendente tabella,
signatur certa curia quaeque nota, (530)
stultaque pars populi quae sit sua curia nescit,
sed facit extrema sacra relata die.
- PLINE L’ANCIEN, Histoire naturelle, XVIII, 2.
- LACTANCE, Institutions divines, I, 20, 35.
- VARRON, De la langue latine, VI, 13.
- FESTUS, s.v. Quirinalia, Stultorum feriae.
Dates
Février 5, 2026 - février 17, 2026 (Toute la journée)
202613févToute la journée15Repeating EventLupercalia
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Les Lupercales, célébrées dans la Rome antique du 13 au
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Les Lupercales, célébrées dans la Rome antique du 13 au 15 février, étaient des fêtes de purification et de fertilité en l’honneur de Faunus, dieu des forêts et des troupeaux. Situées près de la grotte du Lupercal au pied du mont Palatin, ces cérémonies impliquaient le sacrifice d’un bouc par les luperques, prêtres de Faunus, et des rituels de flagellation destinés à favoriser la fécondité des femmes. Inspirées par la légende de Romulus et Remus, nourris par une louve, ces rites marquaient la fin de l’année romaine et symbolisaient un passage et une régénération. Le festival comportait également des courses dans Rome où les jeunes hommes, vêtus de peaux de bouc, fouettaient les femmes pour encourager la procréation. Malgré les tentatives de réforme et les interdictions, notamment celles liées à l’édit de Milan et aux critiques chrétiennes, les Lupercales perdurèrent jusqu’à la période byzantine. La découverte en 2007 d’une grotte pouvant être le Lupercal historique souligne l’importance de ce festival dans l’antiquité romaine, malgré les débats sur son identification précise.
Lire notre article:
Saint-Valentin, quand les luperques calent
👉 Toutes les fêtes du calendrier romain
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Février 13, 2026 - février 15, 2026 (Toute la journée)
202613févToute la journée21Repeating EventParentalia
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Les Parentalia ou dies parentales («jours des ancêtres») étaient une fête de neuf jours tenue en l'honneur des ancêtres familiaux, commençant le 13 février. Bien que les Parentalia fussent une fête
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Les Parentalia ou dies parentales («jours des ancêtres») étaient une fête de neuf jours tenue en l’honneur des ancêtres familiaux, commençant le 13 février.
Bien que les Parentalia fussent une fête du calendrier religieux romain, leurs observances étaient principalement domestiques et familiales. Cependant, l’importance de la famille pour l’État romain s’exprimait par des cérémonies publiques le premier jour, aux Ides de février, lorsqu’une Vestale menait un rite pour les di parentes collectifs de Rome au tombeau de Tarpeia.
Ovide décrit des offrandes sacrées (sacrificia) de guirlandes de fleurs, de blé, de sel, de pain imbibé de vin et de violettes aux « ombres des morts » (Manes ou Di Manes) dans les tombes familiales, qui étaient situées en dehors de la limite sacrée de Rome (pomerium). Ces observances visaient à renforcer les obligations mutuelles et les liens protecteurs entre les vivants et les morts et constituaient un devoir légal du paterfamilias (chef de la famille). Les Parentalia se terminaient le 21 février avec les rites de minuit des Feralia, lorsque le paterfamilias s’adressait aux aspects malveillants et destructeurs de ses Manes.
Les Feralia étaient un rite d’apaisement et d’exorcisme : Ovide les considérait comme une affaire plus rustique, primitive et ancienne que les Parentalia eux-mêmes. Il semble qu’elles fonctionnaient comme un rituel de purification pour la Caristia, célébrée le lendemain, lorsque la famille tenait un banquet informel pour célébrer les liens affectueux entre eux et leurs ancêtres bienveillants (Lares). L’accent mis sur le culte collectif des Manes et des di parentes implique une conception de l’au-delà comme vague et dépourvue d’individuation. Dans des cultes ultérieurs, ils se voient attribuer des qualités personnelles, et dans le culte impérial, ils acquièrent un numen divin et deviennent des divi, entités divines.
De Parentalia à Caristia, tous les temples étaient fermés, les mariages étaient interdits et «les magistrats apparaissaient sans leurs insignes», une indication qu’aucune affaire officielle n’était conduite. William Warde Fowler décrit les Parentalia comme «pratiquement un renouvellement annuel du rite de sépulture».
Les individus pouvaient également être commémorés à leur anniversaire (dies natalis). Certains étaient commémorés tout au long de l’année à des jours marqués du mois, comme les Kalendes, Nones ou Ides, lorsque des lampes pouvaient être allumées sur la tombe. Les Lemuria, les 9, 11 et 13 mai, visaient à apaiser les esprits « sans famille et affamés » des morts.
Dates
Février 13, 2026 - février 21, 2026 (Toute la journée)
202617févToute la journéeRepeating EventQuirinalia
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Ce denier de la gens Memmia frappé en 56 av. J.-C. est une des très rares représentations
Description

Ante diem tertium decimum Kalendas Martias
Les Quirinalia, célébrées le 17 février, marquent un moment charnière du calendrier romain, coïncidant avec l’arrivée des premiers souffles de Favonius et l’annonce du printemps en Italie. Ce jour, qui conclut la période des Fornacalia (la fête des fours ou, plus précisément, la «Fête des fous» – stultorum feriae), constitue à la fois un rite de clôture et un temps de rassemblement public.
Rituels et dimension agricole
Durant les Fornacalia, chaque curie célébrait individuellement le rituel de la torréfaction du grain d’épeautre dans ses propres fours. Ce procédé, dont l’objectif était de purifier le grain en annulant sa capacité germinative, facilitait également son broyage pour la préparation de galettes de pain. Selon une interprétation proposée par l’historien Angelo Brelich, il s’agissait d’une offrande initiale permettant à la communauté de consommer l’épeautre une fois que le rituel avait été accompli. Par ailleurs, la tradition rappelle que, durant la période des Lemuria, une offrande primordiale du farro était effectuée à Cérès, sanctionnant ainsi le cycle agricole du semis, de la torréfaction, de la mouture et de l’usage alimentaire. Dans ce contexte, les Quirinalia, en tant que dernier jour des Fornacalia, offraient aux citoyens – notamment ceux qui, pour négligence ou par retard, n’avaient pas participé à leur curie – la possibilité de rattraper ce rite. À cette occasion, les curies se réunissaient dans le Forum sous la supervision du curio maximus, symbolisant l’unification des membres des diverses curies sous la protection de Quirinus.
Culte et signification mythologique
La fête des Quirinalia était également dédiée à Quirinus, dont le culte est intimement lié à la figure de Romulus divinisé. D’après Ovide (Fastes, Livre II, 2,475–2,530), le nom de Quirinus s’expliquerait de trois manières :
- Par curis, signifiant «la lance», rappelant l’aspect martial et guerrier du dieu,
- Par Quirites, terme désignant les citoyens et soulignant son rôle de protecteur de la communauté,
- Par Cures, évoquant les clans ou les familles fondatrices.
Dans le récit ovidien, au cœur d’une violente tempête, Romulus disparaît des yeux consternés de ses sujets avant d’apparaître à Julius Proculus, qui lui serait venu en aide en lui chargeant d’annoncer sa divinisation en tant que Quirinus aux Quirites. Ce prodige apaise le peuple, réfute les accusations de meurtre portées contre les sénateurs et ordonne le culte du nouveau dieu, ainsi que l’encouragement à cultiver l’art de la guerre. Pour commémorer cet événement fondateur, un temple fut érigé sur le mont Quirinal, qui donna son nom à la colline et aux fêtes. Notons que la dédicace de ce temple faisait l’objet d’une célébration particulière fixée au 19 juin.
Architecture et diffusion du culte
Le temple de Quirinus, l’un des édifices les plus anciens de Rome, fut d’abord restauré en –293 par le consul Lucius Papirius Cursor, qui en fit un monument grandiose en intégrant notamment des dépouilles prises aux Samnites. Tombé en ruines, comme beaucoup d’autres sanctuaires consacrés aux divinités primitives, il fut relevé par Auguste en 16 av. J.-C. D’après les descriptions de Vitruve et Martial, l’édifice, de style dorique et à octastyle, comportait un pronaos, un portique à l’arrière et était entouré de 76 colonnes réparties en plusieurs rangées. Aujourd’hui, l’emplacement le plus crédible est situé dans la zone de l’actuel Largo S. Susanna. Par ailleurs, le culte de Quirinus semble restreint à la seule région de Rome ; aucune trace ne témoigne d’une propagation de son culte dans le reste de l’Italie ou dans les provinces lointaines.
Iconographie
Aucune représentation figurative complète de Quirinus ne nous est parvenue. Seule sa tête apparaît sur des monnaies émises par la gens Memmia, et son nom est mentionné sur des pièces de la gens Fabia, qui, lors de l’invasion gauloise, offrait des sacrifices sur le Quirinal.
- Ovide, Fastes, 2, 475-638
Dates
Février 17, 2026 Toute la journée










