Terminalia

Cet événement se répète

202623févToute la journéeRepeating EventTerminaliaType:Fête romaine

Description

Ante diem septimum Kalendas Martias

Consecration d’un terme, par Fyodor Bronnikov, 1874.

EN BREF. Le 23 février, Rome célébrait les Terminalia en l’honneur de Terminus, dieu des bornes. Voisins réunis autour d’une pierre couronnée de guirlandes, sacrifice d’un agneau, repas commun: la fête mêlait rite agraire et cohésion sociale. Déplacer une borne était un sacrilège. Sur le Capitole, Terminus avait refusé de céder sa place à Jupiter –signe, pour les Romains, de la solidité de l’État.

Terminalia: la borne qui résista à Jupiter

Le 23 février, dans les champs et aux carrefours de l’Italie romaine, on couronnait des pierres. Ces pierres n’avaient rien d’extraordinaire: un bloc taillé, parfois un simple tronc d’arbre enfoncé dans la terre. Mais elles marquaient la limite entre deux domaines et portaient en elles la présence de Terminus, dieu des bornes. Les Terminalia constituaient l’une des soixante et une fêtes publiques statuvae (fixes) inscrites dans les calendriers gravés qui nous sont parvenus, et occupaient une place particulière dans l’année religieuse: Varron a précisé que ce jour avait été établi comme l’ultime de l’ancien calendrier, février étant le douzième mois, dont cinq jours étaient retranchés les années intercalaires[1].

Avant que les décemvirs ne réorganisent l’ordre des mois, février occupait la dernière place. Ovide l’avait noté dès le début du livre II des Fastes, en présentant le culte de Terminus comme celui qui, avant cette réforme, formait la clôture des rites sacrés[2].

Une fête de voisinage avant tout

Ovide a donné la description la plus vivante de la fête. Le rituel qu’il dépeint est résolument domestique. Le poète apostrophe directement le dieu:

«Terminus, que tu sois une pierre ou un vieux tronc enfoui dans les champs, tu n’en es pas moins une puissance divine. Les maîtres de deux champs qui se touchent te couronnent en même temps; ils t’offrent deux guirlandes et deux gâteaux sacrés»[3]

La femme du laboureur va chercher du feu à son âtre et apporte quelques charbons ardents dans un tesson tronqué; un vieillard fend du bois et travaille à fixer des branches dans la terre ferme; un enfant tient de larges corbeilles et jette par trois fois du froment dans les flammes; une petite fille présente un rayon de miel découpé. On verse du vin, que chacun offre aux flammes. Puis vient le sacrifice: Terminus est aspergé du sang d’un agneau immolé, et ne se plaint pas quand on lui offre aussi une truie qui tète[4]. Après le sacrifice vient le repas commun, dans la gaieté rustique. Les voisins se rassemblent et chantent les louanges du dieu:

«C’est toi qui fixes les frontières des peuples, des cités, des vastes royaumes; sans toi, le moindre champ serait matière à litige»[5].

Cette dimension conviviale est centrale. En sacrifiant ensemble à Terminus, les propriétaires reconnaissent le caractère immuable et sacré de la limite qui sépare leurs domaines. La borne n’est pas seulement un repère cadastral. Tibulle en a rendu compte avec simplicité: il décrit sa dévotion pour les souches perdues dans les champs et les vieilles pierres des carrefours qui portent des guirlandes de fleurs, et qui reçoivent les prémices de tous les fruits que le printemps lui donne[6].

La sanction contre quiconque transgressait la limite était sévère. Paul-Festus la rapporte explicitement: on sacrifiait à Terminus parce qu’on croyait que le bornage des champs était sous sa protection. Pour cette raison, Numa avait décidé que celui qui arrachait une borne en labourant était sacer, lui ainsi que ses bœufs[7]. Être déclaré sacer (mot qui signifie à la fois «sacré» et «maudit») signifiait être voué aux dieux infernaux: une exclusion totale de la communauté des hommes et du droit. Le déplacement des bornes n’était pas une infraction, mais un sacrilège. La prophétie de Végoia, texte d’origine étrusque transmis dans le Corpus Agrimensorum Romanorum, l’exprimait dans un registre cosmologique: quiconque déplacerait des bornes en agrandissant sa propriété au détriment d’autrui «sera pour ce crime condamné par les dieux […]. Alors la terre, sous l’effet des tempêtes et des cyclones, bougera elle aussi et tremblera très souvent»[8]. Déplacer une borne ne relevait pas du litige entre voisins: c’était déséquilibrer le cosmos.

La sanctification des bornes elles-mêmes faisait l’objet d’un rituel à la pose, décrit avec précision par Siculus Flaccus dans son traité sur les conditions des terres. Dans les fosses creusées à la jonction des propriétés, on immolait une victime, on brûlait le corps avec des torches ardentes, et dans la fosse «la tête couverte, ils versaient goutte à goutte le sang, et ils y jetaient de l’encens et des fruits de la moisson. Ils jetaient aussi dans les fosses des rayons de miel, du vin et d’autres choses qu’on a coutume de consacrer au dieu Terminus. Une fois toutes les offrandes consumées par le feu, ils plaçaient les pierres sur les restes incandescents»[9]. La cérémonie annuelle des Terminalia peut alors se lire comme le renouvellement de cet acte originel: l’offrande faite chaque année à la borne rejouait, en miniature, le rituel de sa consécration.

La borne qui refusa de bouger

Le dieu Terminus n’était pas seulement honoré dans les champs. Il occupait aussi une place singulière sur le Capitole, et c’est cet épisode que les sources ont le plus longuement retenu. Lorsque Tarquin le Superbe entreprit de construire le grand temple de Jupiter, les auspices furent pris pour demander aux dieux déjà présents sur la colline l’autorisation de se laisser déplacer. Tous y consentirent –sauf Terminus. Ovide le note en deux vers:

«Terminus, à ce que rappellent les Anciens, fut trouvé dans l’enceinte sacrée et refusa de bouger; avec le grand Jupiter, il partage le temple»[10].

Denys d’Halicarnasse précise que lors de l’exauguration des divinités installées sur le Capitole, toutes se retirèrent, sauf Juvétas et Terminus[11]. Comme le dieu exigeait d’être sacrifié à l’air libre, une ouverture fut pratiquée dans le toit du temple. Tite-Live rapporte l’interprétation que les Romains ont donnée à cet épisode: les oiseaux avaient permis de désaffecter toutes les autres chapelles, mais refusé leur consentement pour l’enclos de Terminus, signe de la solidité et de la stabilité de l’Etat[12].

Une promotion inattendue

Ce refus a valu à Terminus une promotion inattendue: de divinité auxiliaire et rurale, il est devenu associé à Jupiter lui-même.

Par son immobilité, Terminus garantissait à Rome sa continuité. Ovide l’exprime dans une formule placée à la fin du passage consacré aux Terminalia:

«Les autres peuples ont des frontières précises ; pour Rome, la Ville et le Monde ont la même étendue»[13].

La borne du berger latin et la frontière de l’empire se répondent dans un même mouvement idéologique – une divinité de l’immobilité mise au service d’un empire en expansion perpétuelle.

À six milles de Rome, à la jonction de la via Laurentina et de la via Ostiense –limite du territoire de la ville sous le roi Numa–, une cérémonie publique complétait les rites privés dispersés dans les campagnes. Ovide la mentionne brièvement: on offrait sur l’autel les entrailles d’une brebis à la toison laineuse, au pied de la sixième borne milliaire[14]. Ce point marquait l’ancienne frontière entre les Romains et leurs voisins de Laurentum. Rome rappelait chaque 23 février qu’elle avait eu, elle aussi, des limites.

Etudes modernes

Boxus, Anne-Marie et Poucet, Jacques, commentaire des Fastes d’Ovide, Bibliotheca Classica Selecta, Université de Louvain-la-Neuve, 2002-2004. 

Gonzales, Antonio, «Le dieu Terme se tient en gardien à l’entrée du monde», dans Les vocabulaires techniques des arpenteurs romains. Actes du colloque international (Besançon, 19-21 septembre 2002), Besançon, Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, coll. ISTA, 993, 2006, p. 63-69.

[1] Varron, De Lingua Latina, VI, 3: Terminalia, quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius et cum intercalatur inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.

[2] Ovide, Fastes, II, 47-54.

[3] Ovide, Fastes, II, 641-644: Termine, siue lapis siue es defossus in agro / stipes, ab antiquis tu quoque numen habes. / Te duo diuersa domini de parte coronant, / binaque serta tibi binaque liba ferunt.

[4] Ovide, Fastes, II, 655-656: Spargitur et caeso communis Terminus agno, / nec queritur lactans cum sibi porca datur.

[5] Ovide, Fastes, II, 659-660: ‘Tu populos urbesque et regna ingentia finis : / omnis erit sine te litigiosus ager.’

[6] Tibulle, Élégies, I, 1, 12-16: [Nam] ueneror seu stipes habet desertus in agris / seu uetus in triuio florida serta lapis ; / et quodcumque mihi pomum nouus educat annus, / libatum agricolae ponitur ante deo.

[7] Paul-Festus, sub verbo Terminus, p. 505 L: Termino sacra faciebant, quod in eius tutela fines agrorum esse putabant. Denique Numa Pompilius statuit eum, qui terminum exarasset, et ipsum et boues sacros esse.

[8] Prophétie de Végoia, dans Blume, Lachmann et Rudorff, Die Schriften der römischen Feldmesser, I, p. 350, 18-351, 10. Traduction de B. Liou-Gille, Citée dans Gonzales, op. cit., p. 69.

[9] Siculus Flaccus, De agrorum condicionibus, 53-64. Traduction de M. Clavel-Lévêque, D. Conso, F. Favory, J.-Y. Guillaumin et Ph. Robin, Naples, 1993. Citée dans Gonzales, op. cit., p. 65.

[10] Ovide, Fastes, II, 669-670: Terminus, ut ueteres memorant, inuentus in aede / restitit et magno cum Ioue templa tenet.

[11] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, III, 69, 3-6.

[12] Tite-Live, Histoire romaine, I, 55, 3.

[13] Ovide, Fastes, II, 683-684: Gentibus est aliis tellus data limite certo : / Romanae spatium est Urbis et orbis idem.

[14] Ovide, Fastes, II, 679-682.

👉🗓️ Toutes les fêtes du calendrier romain


Versione italiana

IN BREVE. Il 23 febbraio, Roma celebrava le Terminalia in onore di Terminus, dio dei confini. Vicini riuniti attorno a una pietra incoronata di ghirlande, sacrificio di un agnello, banchetto comune: la festa univa rito agrario e coesione sociale. Spostare un cippo era un sacrilegio. Sul Campidoglio, Terminus aveva rifiutato di cedere il suo posto a Giove – segno, per i Romani, della solidità dello Stato.

Terminalia: la pietra che resistette a Giove

Il 23 febbraio, nei campi e ai crocevia dell’Italia romana, si incoronavano pietre. Queste pietre non avevano nulla di straordinario: un blocco squadrato, a volte un semplice tronco d’albero conficcato nella terra. Ma segnavano il confine tra due proprietà e portavano in sé la presenza di Terminus, dio dei cippi. Le Terminalia costituivano una delle sessantuno feste pubbliche statuvae (fisse) iscritte nei calendari incisi che ci sono pervenuti, e occupavano un posto particolare nell’anno religioso: Varrone ha precisato che questo giorno era stato stabilito come l’ultimo dell’antico calendario, febbraio essendo il dodicesimo mese, dal quale cinque giorni venivano sottratti negli anni intercalari[1].

Prima che i decemviri riorganizzassero l’ordine dei mesi, febbraio occupava l’ultimo posto. Ovidio lo aveva notato fin dall’inizio del libro II dei Fasti, presentando il culto di Terminus come quello che, prima di questa riforma, chiudeva il ciclo dei riti sacri[2].

Una festa di vicinato prima di tutto

Ovidio ha dato la descrizione più vivace della festa. Il rituale che descrive è decisamente domestico. Il poeta apostrofa direttamente il dio:

«Terminus, che tu sia una pietra o un vecchio tronco sepolto nei campi, non sei per questo meno una potenza divina. I padroni di due campi confinanti ti incoronano insieme; ti offrono due ghirlande e due focacce sacre»[3].

La moglie del contadino va a prendere il fuoco dal suo focolare e porta alcuni carboni ardenti in un coccio rotto; un vecchio spacca legna e lavora per fissare rami nella terra dura; un bambino tiene larghe ceste e getta per tre volte del grano nelle fiamme; una bambina presenta un favo di miele tagliato. Si versa il vino, che ciascuno offre alle fiamme. Poi viene il sacrificio: Terminus è asperso del sangue di un agnello immolato, e non si lamenta quando gli viene offerta anche una scrofa che allatta[4]. Dopo il sacrificio viene il banchetto comune, nella gioiosa rusticità. I vicini si radunano e cantano le lodi del dio:

«Sei tu che delimiti i confini dei popoli, delle città, dei vasti regni; senza di te, il minimo campo sarebbe causa di litigi»[5].

Questa dimensione conviviale è centrale. Sacrificando insieme a Terminus, i proprietari riconoscono il carattere immutabile e sacro del confine che separa le loro proprietà. Il cippo non è soltanto un riferimento catastale. Tibullo ne ha reso conto con semplicità: descrive la sua devozione per i ceppi persi nei campi e le vecchie pietre dei crocevia che portano ghirlande di fiori, e che ricevono le primizie di tutti i frutti che la primavera gli dona[6].

La sanzione contro chiunque trasgredisse il confine era severa. Paolo Festo la riporta esplicitamente: si sacrificava a Terminus perché si credeva che la delimitazione dei campi fosse sotto la sua protezione. Per questa ragione, Numa aveva deciso che colui che dissodava un cippo arando era sacer, lui così come i suoi buoi[7]. Essere dichiarato sacer (parola che significa al tempo stesso «sacro» e «maledetto») significava essere votato agli dèi infernali: un’esclusione totale dalla comunità degli uomini e dal diritto. Lo spostamento dei cippi non era un’infrazione, ma un sacrilegio. La profezia di Vegoia, testo di origine etrusca trasmesso nel Corpus Agrimensorum Romanorum, lo esprimeva in un registro cosmologico: chiunque spostasse cippi allargando la propria proprietà a danno altrui «sarà per questo crimine condannato dagli dèi […]. Allora la terra, sotto l’effetto delle tempeste e dei cicloni, si muoverà anch’essa e tremerà molto spesso»[8]. Spostare un cippo non riguardava la lite tra vicini: era squilibrare il cosmo.

La consacrazione dei cippi stessi era oggetto di un rituale al momento della posa, descritto con precisione da Siculo Flacco nel suo trattato sulle condizioni delle terre. Nelle fosse scavate al confine delle proprietà, si immolava una vittima, si bruciava il corpo con torce ardenti, e nella fossa «a capo coperto, versavano goccia a goccia il sangue, e vi gettavano incenso e frutti del raccolto. Gettavano anche nelle fosse favi di miele, vino e altre cose che si è soliti consacrare al dio Terminus. Una volta consumate dal fuoco tutte le offerte, posavano le pietre sui resti incandescenti»[9]. La cerimonia annuale delle Terminalia può allora essere letta come il rinnovo di quell’atto originario: l’offerta fatta ogni anno al cippo replicava, in miniatura, il rituale della sua consacrazione.

Il cippo che rifiutò di spostarsi

Il dio Terminus non era onorato soltanto nei campi. Occupava anche un posto singolare sul Campidoglio, ed è questo episodio che le fonti hanno riportato più a lungo. Quando Tarquinio il Superbo intraprese la costruzione del grande tempio di Giove, furono presi gli auspici per chiedere agli dèi già presenti sulla collina l’autorizzazione a lasciarsi spostare. Tutti acconsentirono – tranne Terminus. Ovidio lo nota in due versi:

«Terminus, come ricordano gli Antichi, fu trovato nell’area sacra e rifiutò di spostarsi; con il grande Giove, condivide il tempio»[10].

Dionigi di Alicarnasso precisa che al momento dell’esaugurazione delle divinità installate sul Campidoglio, tutte si ritirarono, tranne Juventas e Terminus[11]. Poiché il dio esigeva di essere sacrificato all’aria aperta, un’apertura fu praticata nel tetto del tempio. Tito Livio riporta l’interpretazione che i Romani hanno dato a questo episodio: gli uccelli avevano permesso di sconsacrare tutte le altre cappelle, ma rifiutato il loro consenso per il recinto di Terminus, segno della solidità e della stabilità dello Stato[12].

Una promozione inattesa

Questo rifiuto ha valso a Terminus una promozione inattesa: da divinità ausiliaria e rurale, è diventato associato a Giove stesso.

Con la sua immobilità, Terminus garantiva a Roma la sua continuità. Ovidio lo esprime in una formula posta alla fine del passo consacrato alle Terminalia:

«Gli altri popoli hanno confini precisi; per Roma, la Città e il Mondo hanno la stessa estensione»[13].

Il cippo del pastore latino e il confine dell’impero si rispecchiano in uno stesso movimento ideologico – una divinità dell’immobilità messa al servizio di un impero in perpetua espansione.

A sei miglia da Roma, all’incrocio della via Laurentina e della via Ostiense – limite del territorio della città sotto il re Numa –, una cerimonia pubblica completava i riti privati dispersi nelle campagne. Ovidio la menziona brevemente: si offrivano sull’altare le viscere di una pecora dalla folta lana, ai piedi della sesta pietra miliare[14]. Quel punto segnava l’antico confine tra i Romani e i loro vicini di Laurentum. Roma ricordava ogni 23 febbraio di aver avuto, anch’essa, dei confini.

Studi moderni

Boxus, Anne-Marie e Poucet, Jacques, commento dei Fasti di Ovidio, Bibliotheca Classica Selecta, Università di Lovanio, 2002-2004.

Gonzales, Antonio, «Le dieu Terme se tient en gardien à l’entrée du monde», in Les vocabulaires techniques des arpenteurs romains. Actes du colloque international (Besançon, 19-21 septembre 2002), Besançon, Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, coll. ISTA, 993, 2006, p. 63-69.

 

[1] Varrone, De Lingua Latina, VI, 3: «Terminalia, quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius et cum intercalatur inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.»

[2] Ovidio, Fasti, II, 47-54.

[3] Ovidio, Fasti, II, 641-644: «Termine, siue lapis siue es defossus in agro / stipes, ab antiquis tu quoque numen habes. / Te duo diuersa domini de parte coronant, / binaque serta tibi binaque liba ferunt.»

[4] Ovidio, Fasti, II, 655-656: «Spargitur et caeso communis Terminus agno, / nec queritur lactans cum sibi porca datur.»

[5] Ovidio, Fasti, II, 659-660: «’Tu populos urbesque et regna ingentia finis: / omnis erit sine te litigiosus ager.’»

[6] Tibullo, Elegie, I, 1, 12-16: «[Nam] ueneror seu stipes habet desertus in agris / seu uetus in triuio florida serta lapis; / et quodcumque mihi pomum nouus educat annus, / libatum agricolae ponitur ante deo.»

[7] Paolo Festo, sub verbo Terminus, p. 505 L: «Termino sacra faciebant, quod in eius tutela fines agrorum esse putabant. Denique Numa Pompilius statuit eum, qui terminum exarasset, et ipsum et boues sacros esse.»

[8] Profezia di Vegoia, in Blume, Lachmann e Rudorff, Die Schriften der römischen Feldmesser, I, p. 350, 18-351, 10. Traduzione di B. Liou-Gille, citata in Gonzales, op. cit., p. 69.

[9] Siculo Flacco, De agrorum condicionibus, 53-64. Traduzione di M. Clavel-Lévêque, D. Conso, F. Favory, J.-Y. Guillaumin e Ph. Robin, Napoli, 1993. Citata in Gonzales, op. cit., p. 65.

[10] Ovidio, Fasti, II, 669-670: «Terminus, ut ueteres memorant, inuentus in aede / restitit et magno cum Ioue templa tenet.»

[11] Dionigi di Alicarnasso, Antichità romane, III, 69, 3-6.

[12] Tito Livio, Storia di Roma, I, 55, 3.

[13] Ovidio, Fasti, II, 683-684: «Gentibus est aliis tellus data limite certo: / Romanae spatium est Urbis et orbis idem.»

[14] Ovidio, Fasti, II, 679-682.

👉 Tutte le feste del calendario romano


English version

IN BRIEF. On 23 February, Rome celebrated the Terminalia in honour of Terminus, god of boundary stones. Neighbours gathered around a stone crowned with garlands, sacrifice of a lamb, communal feast: the festival combined agrarian rite and social cohesion. Moving a boundary stone was sacrilege. On the Capitoline Hill, Terminus had refused to yield his place to Jupiter – a sign, for the Romans, of the solidity of the State.

Terminalia: the Stone that Resisted Jupiter

On 23 February, in the fields and at the crossroads of Roman Italy, stones were crowned with garlands. These stones had nothing extraordinary about them: a carved block, sometimes a simple tree trunk driven into the earth. But they marked the boundary between two properties and carried within them the presence of Terminus, god of boundary stones. The Terminalia constituted one of the sixty-one public statuvae festivals (fixed festivals) recorded in the engraved calendars that have come down to us, and occupied a particular place in the religious year: Varro specified that this day had been established as the last of the ancient calendar, February being the twelfth month, from which five days were subtracted in intercalary years[1].

Before the decemvirs reorganised the order of the months, February occupied the last position. Ovid had noted this at the very beginning of Book II of the Fasti, presenting the cult of Terminus as the one that, before this reform, closed the cycle of sacred rites[2].

A neighbourhood festival above all

Ovid gave the most vivid description of the festival. The ritual he depicts is resolutely domestic. The poet addresses the god directly:

«Terminus, whether you are a stone or an old trunk buried in the fields, you are no less a divine power. The owners of two adjoining fields crown you together; they offer you two garlands and two sacred cakes»[3].

The farmer’s wife goes to fetch fire from her hearth and brings a few glowing coals in a broken potsherd; an old man splits wood and works to drive branches into the hard ground; a child holds wide baskets and three times throws grain into the flames; a little girl offers a cut honeycomb. Wine is poured, which each one offers to the flames. Then comes the sacrifice: Terminus is sprinkled with the blood of a slaughtered lamb, and does not complain when a suckling sow is offered to him as well[4]. After the sacrifice comes the communal meal, in rustic merriment. The neighbours gather and sing the praises of the god:

«It is you who mark the boundaries of peoples, cities, and vast kingdoms; without you, the smallest field would be cause for dispute»[5].

This convivial dimension is central. By sacrificing together to Terminus, the landowners acknowledge the immutable and sacred character of the boundary separating their properties. The boundary stone is not merely a cadastral marker. Tibullus expressed this simply: he describes his devotion to the stumps lost in the fields and the old stones at crossroads bearing garlands of flowers, which receive the first fruits of all the produce that spring brings him[6].

The penalty for anyone who transgressed the boundary was severe. Paulus Festus reports it explicitly: sacrifice was made to Terminus because it was believed that the marking of fields was under his protection. For this reason, Numa had decreed that anyone who ploughed up a boundary stone was sacer, along with his oxen[7]. To be declared sacer (a word meaning both «sacred» and «accursed») meant being devoted to the infernal gods: a complete exclusion from the community of men and from the law. Moving boundary stones was not an offence but a sacrilege. The prophecy of Vegoia, a text of Etruscan origin transmitted in the Corpus Agrimensorum Romanorum, expressed this in a cosmological register: whoever moved boundary stones by enlarging his property at the expense of another «will for this crime be condemned by the gods […]. Then the earth, under the effect of storms and cyclones, will itself move and shake very often»[8]. Moving a boundary stone was not a matter of dispute between neighbours: it was to unbalance the cosmos.

The consecration of the boundary stones themselves was the subject of a ritual at the time of their installation, described with precision by Siculus Flaccus in his treatise on the conditions of lands. In the pits dug at the junction of properties, a victim was sacrificed, the body was burned with blazing torches, and into the pit «with heads covered, they poured blood drop by drop, and threw in incense and the fruits of the harvest. They also threw into the pits honeycombs, wine and other things customarily consecrated to the god Terminus. Once all the offerings had been consumed by fire, they placed the stones upon the still-glowing remains»[9]. The annual ceremony of the Terminalia can thus be read as the renewal of this original act: the offering made each year at the boundary stone replayed, in miniature, the ritual of its consecration.

The stone that refused to move

The god Terminus was not honoured only in the fields. He also occupied a singular place on the Capitoline Hill, and it is this episode that the sources have recorded at greatest length. When Tarquinius Superbus undertook the construction of the great temple of Jupiter, the auspices were taken to ask the gods already present on the hill for permission to be moved. All consented – except Terminus. Ovid notes it in two verses:

«Terminus, as the Ancients recall, was found within the sacred precinct and refused to move; with great Jupiter, he shares the temple»[10].

Dionysius of Halicarnassus specifies that at the time of the exauguration of the deities installed on the Capitoline Hill, all withdrew except Juventas and Terminus [11]. Since the god required to be sacrificed in the open air, an opening was made in the roof of the temple. Livy reports the interpretation the Romans gave to this episode: the birds had permitted the desacralisation of all the other shrines, but refused their consent for the enclosure of Terminus – a sign of the solidity and stability of the State[12].

An unexpected promotion

This refusal earned Terminus an unexpected promotion: from an auxiliary and rural deity, he became associated with Jupiter himself.

Through his immobility, Terminus guaranteed Rome its continuity. Ovid expresses this in a formula placed at the end of the passage devoted to the Terminalia:

«Other peoples have been given lands with fixed boundaries; the space of Rome is that of the City and of the World»[13].

The boundary stone of the Latin shepherd and the frontier of the empire correspond in a single ideological movement – a deity of immobility placed in the service of an empire in perpetual expansion.

Six miles from Rome, at the junction of the via Laurentina and the via Ostiense – the boundary of the city’s territory under King Numa –, a public ceremony complemented the private rites scattered across the countryside. Ovid mentions it briefly: the entrails of a thick-fleeced ewe were offered on the altar, at the foot of the sixth milestone[14]. This point marked the ancient boundary between the Romans and their neighbours of Laurentum. Every 23 February, Rome was reminded that it too had once had limits.

Modern studies

Boxus, Anne-Marie and Poucet, Jacques, commentary on Ovid’s Fasti, Bibliotheca Classica Selecta, University of Louvain, 2002-2004 

Gonzales, Antonio, «Le dieu Terme se tient en gardien à l’entrée du monde», in Les vocabulaires techniques des arpenteurs romains. Actes du colloque international (Besançon, 19-21 septembre 2002), Besançon, Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, coll. ISTA, 993, 2006, pp. 63-69.

[1] Varro, De Lingua Latina, VI, 3: «Terminalia, quod is dies anni extremus constitutus: duodecimus enim mensis fuit Februarius et cum intercalatur inferiores quinque dies duodecimo demuntur mense.»

[2] Ovid, Fasti, II, 47-54.

[3] Ovid, Fasti, II, 641-644: «Termine, siue lapis siue es defossus in agro / stipes, ab antiquis tu quoque numen habes. / Te duo diuersa domini de parte coronant, / binaque serta tibi binaque liba ferunt.»

[4] Ovid, Fasti, II, 655-656: «Spargitur et caeso communis Terminus agno, / nec queritur lactans cum sibi porca datur.»

[5] Ovid, Fasti, II, 659-660: «’Tu populos urbesque et regna ingentia finis: / omnis erit sine te litigiosus ager.’»

[6] Tibullus, Elegies, I, 1, 12-16: «[Nam] ueneror seu stipes habet desertus in agris / seu uetus in triuio florida serta lapis; / et quodcumque mihi pomum nouus educat annus, / libatum agricolae ponitur ante deo.»

[7] Paulus Festus, sub verbo Terminus, p. 505 L: «Termino sacra faciebant, quod in eius tutela fines agrorum esse putabant. Denique Numa Pompilius statuit eum, qui terminum exarasset, et ipsum et boues sacros esse.»

[8] Prophecy of Vegoia, in Blume, Lachmann and Rudorff, Die Schriften der römischen Feldmesser, I, p. 350, 18-351, 10. Translation by B. Liou-Gille, cited in Gonzales, op. cit., p. 69.

[9] Siculus Flaccus, De agrorum condicionibus, 53-64. Translation by M. Clavel-Lévêque, D. Conso, F. Favory, J.-Y. Guillaumin and Ph. Robin, Naples, 1993. Cited in Gonzales, op. cit., p. 65.

[10] Ovid, Fasti, II, 669-670: «Terminus, ut ueteres memorant, inuentus in aede / restitit et magno cum Ioue templa tenet.»

[11] Dionysius of Halicarnassus, Roman Antiquities, III, 69, 3-6.

[12] Livy, History of Rome, I, 55, 3.

[13] Ovid, Fasti, II, 683-684: «Gentibus est aliis tellus data limite certo: / Romanae spatium est Urbis et orbis idem.»

[14] Ovid, Fasti, II, 679-682.

👉 All the festivals of the Roman calendar


 

Dates

Février 23, 2026 Toute la journée

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