Ludi Apollinares

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202606juilToute la journée13Ludi ApollinaresType:Fête romaine

Description

Pridie Nonas Iulias – Ante diem tertium Idus Iulias

Denier de Lucius Calpurnius Piso Frugi, 90 avant notre ère. Avers: tête laureée d’Apollon à droite. Revers: cavalier acrobate (desultor) galopant à droite, tenant une palme. Cette monnaie fait référence aux Ludi Apollinares dont un ancêtre du monétaire avait obtenu le renouvellement perpétuel en 211 avant notre ère.

EN BREF – Nés d’une prophétie obscure pour conjurer la défaite de Cannes, les Ludi Apollinares sont devenus l’un des rendez-vous les plus politiquement chargés du calendrier romain. Célébrés chaque année du 6 au 13 juillet en l’honneur d’Apollon, ces jeux ont mis trente ans à passer du statut de fête établie dans l’urgence à celui de célébration permanente – huit jours où le peuple, couronné, festoyait portes ouvertes et se faisait entendre jusqu’à faire trembler les plus puissants.

Ludi Apollinares : des jeux nés dans la tourmente de la guerre

En 212 avant notre ère, Rome traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Hannibal a franchi les Alpes, écrasé les légions au lac Trasimène puis à Cannes. Des dizaines de milliers de soldats sont morts. Le nombre de sénateurs a tellement chuté après les défaites successives qu’une lectio senatus extraordinaire a été nécessaire en 216[1]. C’est dans ce contexte de catastrophe militaire que naissent les Ludi Apollinares – des jeux en l’honneur d’Apollon qui allaient s’inscrire durablement dans le calendrier de la cité.

Des prophéties venues de nulle part

L’histoire commence par un épisode pour le moins insolite. Deux textes prophétiques, les carmina Marciana, circulent à Rome. Ils sont attribués à un certain Marcius, personnage mystérieux présenté comme un vates – un devin. Ces prophéties prétendent avoir annoncé la défaite de Cannes avant qu’elle ne se produise, et prescrivent la création de jeux en l’honneur d’Apollon comme remède aux malheurs de Rome[2].

Le récit que Tite-Live en fait mérite d’être lu dans son détail, car il éclaire toute la mécanique institutionnelle de la décision :

«On consacra un jour aux expiations qu’exigeait cette prophétie ; le lendemain, un sénatus-consulte ordonna aux décemvirs de consulter les livres sibyllins sur la célébration des jeux d’Apollon et de son culte. À la suite de cette consultation et du rapport des décemvirs au Sénat, celui-ci décida qu’il fallait vouer et célébrer des jeux à Apollon et, quand ces jeux auraient été célébrés, donner au préteur douze mille as pour le culte, et deux victimes adultes. Un second sénatus-consulte prescrivit aux décemvirs de sacrifier selon le rite grec les victimes suivantes : pour Apollon, un bœuf aux cornes dorées et deux chèvres blanches aux cornes dorées, pour Latone, une vache aux cornes dorées. Au moment de célébrer les jeux dans le Grand Cirque, le préteur ordonna au peuple d’apporter, pendant ces jeux, une offrande à Apollon proportionnée aux moyens de chacun. Telle est l’origine des jeux Apollinaires, voués et célébrés pour obtenir la victoire, et non la santé, comme on le croit généralement. Le peuple y assista couronné, les mères de famille firent des supplications ; on festoya en public, portes ouvertes, dans les cours des maisons, et on fêta ce jour par toutes sortes de cérémonies.»[3]

Ce passage révèle l’architecture complète du dispositif romain : les prophéties déclenchent une consultation des livres sibyllins par le collège des décemvirs, le Sénat délibère et tranche, le magistrat exécute. Chaque acteur tient son rôle dans une procédure minutieusement hiérarchisée.

Ce que Tite-Live souligne – et que Macrobe reprend – est essentiel : les jeux ont été institués proelii causa, non pestilentiae, «pour la guerre, non pour la maladie»[4]. L’épiclèse la plus ancienne d’Apollon à Rome était medicus, le guérisseur, et une tradition postérieure a pu confondre les deux motivations. Macrobe en fournit la raison symbolique : c’est au moment où le soleil se trouve exactement au zénith de notre hémisphère, au solstice d’été, que l’on célèbre Apollon, dont les flèches ne sont autres que ses rayons[5].

La position de ces jeux dans le calendrier mérite qu’on s’y attarde. Fixés au 13 juillet, ils précèdent le dies Alliensis (18 juillet), le jour anniversaire de la défaite contre les Gaulois à l’Allia en 390 avant notre ère, un jour si funeste que le calendrier le marquait d’une infamie particulière. La proximité n’est probablement pas un hasard : à Rome, la bataille de Cannes avait immédiatement évoqué le souvenir de l’Allia, les deux catastrophes étant perçues comme équivalentes dans la mémoire collective. Des siècles plus tard, Symmaque pouvait encore écrire que les rites traditionnels avaient «chassé Hannibal des murs et les Sénons du Capitole»[6] – preuve que le rapprochement des deux événements est resté vivant dans la conscience romaine. Placer les jeux d’Apollon juste avant le dies Alliensis, c’était offrir pour l’avenir la protection divine qui avait manqué lors des deux plus grandes catastrophes de l’histoire de Rome.

De la fête d’urgence à la célébration permanente

La trajectoire institutionnelle des Ludi Apollinares se déroule en plusieurs étapes. En 212, le sénatus-consulte ne prévoit les jeux que pour cette seule année – ce sont des feriae imperativae, des fêtes prescrites exceptionnellement[7]. L’année suivante, sur proposition du préteur Calpurnius, le Sénat décide de les renouveler dans le cadre d’un vœu annuel : «Les jeux Apollinaires avaient déjà eu lieu l’année précédente ; cette année-là aussi, le Sénat, sur la proposition du préteur Calpurnius, décréta qu’ils seraient voués à perpétuité.»[8] Ce n’est qu’en 208, à la suite d’une épidémie, qu’une loi votée par les comices – la loi Licinia – les rend définitivement annuels en leur assignant une date fixe : «P. Licinius Varus, préteur urbain, reçut l’ordre de porter devant le peuple une loi selon laquelle ces jeux seraient voués pour toujours à une date fixe. Il les vota lui-même le premier de cette façon et les fit le troisième jour avant les nones de Quintilis. Ce jour devint dès lors jour de fête.»[9]

Ces trois étapes illustrent un processus caractéristique du droit sacré romain. Macrobe en a rappelé la classification : les feriae publiques sont soit fixes (stativae), soit mobiles (conceptivae), soit prescrites exceptionnellement (imperativae), soit hebdomadaires (nundinae). Les Ludi Apollinares ont ainsi parcouru en quelques décennies la totalité du spectre institutionnel, pour finir inscrits sur les fasti publics du 6 au 13 juillet[10].

Un point institutionnel retient l’attention : les jeux ont été organisés et présidés par le préteur urbain – un magistrat à imperium –, alors que la plupart des jeux réguliers relevaient des édiles. Tite-Live l’a noté : «Les jeux Apollinaires furent célébrés pour la première fois sous le consulat de Q. Fulvius et d’Ap. Claudius, par le préteur urbain P. Cornelius Sulla ; depuis lors, tous les préteurs urbains les ont célébrés successivement ; mais ils les vouaient pour un an seulement et les faisaient à un jour non fixe.»[11] Cette prérogative prétorale, liée à l’origine votive des jeux, a été défendue avec succès face au Sénat, et c’est le peuple lui-même qui a tranché en ratifiant la loi Licinia.

Une anecdote rapportée par Macrobe illustre bien l’aura de ces jeux. Lors d’une édition des Ludi Apollinares, une attaque ennemie se serait produite pendant la célébration. Apollon lui-même serait intervenu sous la forme d’une nuée de flèches pour repousser l’assaillant, et les Romains victorieux auraient pu reprendre les jeux[12]. L’épisode est sans doute légendaire, mais il dit quelque chose de réel sur la manière dont les Romains concevaient la protection divine accordée par Apollon lors de ses propres jeux.

Un théâtre politique sous le ciel de juillet

Quel spectacle offrait-on au peuple pendant ces huit jours de juillet ? Les sources permettent de reconstituer un programme varié, même si les lacunes restent importantes. Les jeux comportaient des spectacles hippiques – les desultores, ces cavaliers qui sautaient de cheval en cheval au galop, sont attestés par les émissions monétaires[13]. Ils comprenaient surtout des jeux scéniques (ludi scaenici). Une chasse mise en scène (venatio) pouvait s’y ajouter, mais à titre facultatif : en juillet 44, Brutus, alors préteur urbain en charge des jeux, a souhaité que l’on reportât «la chasse qui devait avoir lieu le lendemain des jeux Apollinaires»[14].

Macrobe, dans les Saturnales, offre une définition qui aide à comprendre la logique d’ensemble de ces célébrations : les dies festi regroupent des «sacrifices offerts aux dieux, l’organisation de banquets solennels, des jeux en leur honneur, le respect d’une festivité»[15]. Les Ludi Apollinares combinaient tous ces éléments : sacrifices selon le rite grec (tête découverte, à la différence du rite romain habituel capite velato), offrandes de la foule, festins publics portes ouvertes, et spectacles. Les jeux se déroulaient en partie au Grand Cirque, et à partir du 2e siècle avant notre ère dans un théâtre provisoire installé à proximité du temple d’Apollon au Champ de Mars[16]. Varron, évoquant une pièce jouée lors des jeux Apollinaires, note que la foule y «a appris» quelque chose[17], formule qui dit bien l’importance du théâtre comme espace de mémoire collective.

Placés à proximité de la période électorale, les jeux de juillet ont régulièrement concentré les tensions de la vie politique. Cicéron le consigne avec précision en juillet 59: aux jeux Apollinaires, l’acteur tragique Diphilus s’en est pris avec insolence à Pompée, récitant des vers que la foule a repris en clameurs – des vers interprétés comme une attaque directe contre le grand homme[18]. La salle de théâtre est devenue une caisse de résonance des tensions politiques, où le public faisait dire aux acteurs ce qu’il n’osait pas exprimer directement.

En 44 avant notre ère, la situation s’est compliquée davantage encore. Brutus, préteur urbain et donc président de droit des Ludi Apollinares, s’est trouvé dans une position impossible après l’assassinat de César. En juin, Cicéron rapporte qu’il a finalement «décidé que les jeux auraient lieu en son nom mais en son absence»[19] – présider les jeux en personne eût été trop dangereux. La situation était d’autant plus chargée que le 12 juillet avait été officiellement établi comme anniversaire (natalis) de César : Macrobe atteste que le mois a été rebaptisé Iulius précisément parce que César était né «le quatrième jour avant les Ides de Quintilis», et les Fasti Amiternini marquent ce jour comme férié «parce que C. César est né ce jour-là»[20]. Ce chevauchement entre la fête d’Apollon et le culte du dictateur défunt a rendu les jeux de l’été 44 particulièrement explosifs – et Cassius Dion rapporte que la célébration du natalis de César a dû être déplacée à la veille pour ne pas empiéter sur les jeux d’Apollon[21].

Études modernes consultées

  • Estienne, Sylvia, «De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares : aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome», Pallas, 111, 2019, p. 153-170.
  • Grantaliano, Gianmarco, «Resilient Roman Religious Structures in the Second Punic War. The carmina Marciana and the Calendrical Position of the ludi Apollinares», Religion in the Roman Empire, 9, 2023, p. 203-225.

[1] Tite-Live, Ab urbe condita, 23, 22: neque enim post L. Aemilium et C. Flaminium censores senatus lectus fuerat, cum tantum senatorum adversae pugnae, ad hoc sui quemque casus per quinquennium absumpsissent. Cf. 23, 23: centum septuaginta septem cum ingenti adprobatione hominum in senatum lectis, extemplo se magistratu abdicavit.

[2] Tite-Live, Ab urbe condita, 25, 12: religio deinde noua obiecta est ex carminibus Marcianis. uates hic Marcius inlustris fuerat.

[3] Tite-Live, Ab urbe condita, 25, 12: ea cum inspecta relataque ad senatum essent, censuerunt patres Apollini ludos uouendos faciendosque et quando ludi facti essent, duodecim milia aeris praetori ad rem diuinam et duas hostias maiores dandas. alterum senatus consultum factum est ut decemuiri sacrum Graeco ritu facerent hisce hostiis, Apollini boue aurato et capris duabus albis auratis, Latonae boue femina aurata. ludos praetor in circo maximo cum facturus esset, edixit ut populus per eos ludos stipem Apollini quantam commodum esset conferret. haec est origo ludorum Apollinarium, uictoriae, non ualetudinis ergo ut plerique rentur, uotorum factorumque. populus coronatus spectauit, matronae supplicauere ; uolgo apertis ianuis in propatulo epulati sunt celeberque dies omni caerimoniarum genere fuit. La traduction citée dans le texte est celle de F. Nicolet-Croizat, Paris, CUF, 1992.

[4] Macrobe, Saturnales, I, 17, 25: hinc intellegitur praelii causa, non pestilentiae, sicut quidam aestimant, ludos institutos.

[5] Macrobe, Saturnales, I, 17, 26: haec est autem huius aestimationis ratio, quod tunc sol super ipsum nostrae habitationis verticem fulget. Nam Cancer in aestivo tropico est, in quo meante sole radii temperatam nostram non eminus sed superne demissi rectis fulgoribus lustrant.

[6] Symmaque, Relatio, III, 9: Haec sacra Annibalem a moenibus, a Capitolio Senonas repulerunt.

[7] Macrobe, Saturnales, I, 16, 5: feriarum autem publicarum genera sunt quattuor. Aut enim statiuae sunt aut conceptiuae aut imperatiuae aut nundinae. Et sunt statiuae uniuersi populi communes certis et constitutis diebus ac mensibus et in fastis statis observationibus annotatae.

[8] Tite-Live, Ab urbe condita, 26, 23: ludi Apollinares et priore anno fuerant et eo anno ut fierent referente Calpurnio praetore senatus decreuit ut in perpetuum uouerentur.

[9] Tite-Live, Ab urbe condita, 27, 23: P. Licinius Uarus praetor urbanus legem ferre ad populum iussus ut ii ludi in perpetuum in statam diem uouerentur. ipse primus ita uouit, fecitque ante diem tertium nonas Quinctiles. is dies deinde sollemnis seruatus.

[10] Les calendriers épigraphiques attestant la période du 6 au 13 juillet sont répertoriés dans Degrassi, Inscriptiones Italiae, XIII, 2, p. 477-479 (étude moderne directement consultée via Estienne, Pallas, 111, 2019).

[11] Tite-Live, Ab urbe condita, 27, 23: Ludi Apollinares Q. Fuluio Ap. Claudio consulibus a P. Cornelio Sulla praetore urbano primum facti erant ; inde omnes deinceps praetores urbani fecerant ; sed in unum annum uouebant dieque incerta faciebant.

[12] Macrobe, Saturnales, I, 17, 25: cum ludi Romae Apollini celebrarentur ex vaticinio Marcii vatis carmineque Sibyllino, repentino hostis adventu plebs ad arma excitata occurrit hosti, eoque tempore nubes sagittarum in adversos visa ferri et hostem fugavit et victores Romanos ad spectacula dei sospitalis reduxit.

[13] RRC 340/1. Denier de L. Calpurnius Piso Frugi, 90 avant notre ère.

[14] Cicéron, Lettres à Atticus, XVI, 4, 1: sese scripturum aiebat ut venationem eam quae postridie ludos Apollinaris futura est proscriberent in III Idus Quintilis.

[15] Macrobe, Saturnales, I, 16, 3-4: Festis insunt sacrificia epulae ludi feriae. Sacra celebritas est uel cum sacrificia dis offeruntur uel cum dies diuinis epulationibus celebratur uel cum ludi in honorem aguntur deorum uel cum feriae obseruantur.

[16] Tite-Live, Ab urbe condita, 40, 51: theatrum et proscaenium ad Apollinis.

[17] Varron, De lingua latina, VI, 18: Apollinaribus ludis docuit populum.

[18] Cicéron, Lettres à Atticus, II, 19, 3: ludis Apollinaribus Diphilus tragoedus in nostrum Pompeium petulanter inuectus est : nostra miseria tu es magnus – miliens coactus est dicere ; eandem uirtutem istam ueniet tempus cum grauiter gemes – totius theatri clamore dixit.

[19] Cicéron, Lettres à Atticus, XV, 11, 2: constituit igitur ut ludi absente se fierent suo nomine.

[20] Macrobe, Saturnales, I, 12, 34: sed postea in honorem Iulii Caesaris Dictatoris legem ferente M. Antonio M. filio consule Iulius appellatus est, quod hoc mense a.d. quartum Idus Quintiles Iulius procreatus sit. Cf. Fasti Amiternini (CIL I², p. 244): Feriae quod eo die C. Caesar est natus. Les sources attestent la date officielle de célébration ; la date historique réelle de naissance de César reste discutée chez les modernes.

[21] Cassius Dion, Histoire romaine, XLVII, 18, 5-6: Καὶ συνέβαινε γὰρ ἐν τῇ αὐτῇ ἡμέρᾳ καὶ τὰ Ἀπολλώνια γίγνεσθαι, ἐψηφίσαντο τῇ προτεραίᾳ τὰ γενέσια ἀγάλλεσθαι, ὡς καὶ λογίου τινὸς Σιβυλλείου ἀπαγορεύοντος μηδενὶ θεῶν τότε πλὴν τῷ Ἀπόλλωνι ἑορτάζεσθαι. («Bien plus, les jeux Apollinaires tombant le même jour, on décréta de fêter, la veille, la naissance de César, attendu qu’un oracle sibyllin défendait de fêter ce jour-là un autre dieu qu’Apollon.»)

👉 Toutes les fêtes du calendrier romain


🇮🇹 Versione italiana

IN BREVE – Nati da una profezia oscura per scongiurare la disfatta di Canne, i Ludi Apollinares sono diventati uno degli appuntamenti più carichi di significato politico del calendario romano. Celebrati ogni anno dal 6 al 13 luglio in onore di Apollo, questi giochi hanno impiegato trent’anni a passare dallo status di festa d’emergenza a quello di celebrazione permanente – otto giorni in cui il popolo, incoronato, banchettava a porte aperte e faceva sentire la propria voce fino a far tremare i più potenti.

Ludi Apollinares: giochi nati nella bufera della guerra

Nel 212 a.C., Roma attraversa uno dei periodi più bui della sua storia. Annibale ha varcato le Alpi, ha schiacciato le legioni al lago Trasimeno e poi a Canne. Decine di migliaia di soldati sono morti. Il numero dei senatori era calato così drasticamente dopo le sconfitte successive che si era resa necessaria una lectio senatus straordinaria nel 216[1]. È in questo contesto di catastrofe militare che nascono i Ludi Apollinares – giochi in onore di Apollo destinati a iscriversi durevolmente nel calendario della città.

Profezie venute dal nulla

La storia comincia con un episodio quanto meno insolito. Due testi profetici, i carmina Marciana, circolano a Roma. Sono attribuiti a un certo Marcio, personaggio misterioso presentato come un vates – un indovino. Queste profezie pretendono di aver annunciato la disfatta di Canne prima che si verificasse, e prescrivono l’istituzione di giochi in onore di Apollo come rimedio alle sventure di Roma[2].

Il racconto che ne fa Tito Livio merita di essere letto nei dettagli, perché illumina tutta la meccanica istituzionale della decisione:

«Un giorno fu dedicato alle espiazioni richieste da questa profezia; il giorno seguente, un senatus-consulto ordinò ai decemviri di consultare i libri sibillini riguardo alla celebrazione dei giochi di Apollo e del suo culto. A seguito di questa consultazione e del rapporto dei decemviri al Senato, quest’ultimo decise che bisognava votare e celebrare dei giochi in onore di Apollo e, una volta celebrati i giochi, dare al pretore dodicimila assi per il culto, e due vittime adulte. Un secondo senatus-consulto prescrisse ai decemviri di sacrificare secondo il rito greco le seguenti vittime: per Apollo, un bue con le corna dorate e due capre bianche con le corna dorate, per Latona, una vacca con le corna dorate. Al momento di celebrare i giochi nel Circo Massimo, il pretore ordinò al popolo di portare, durante questi giochi, un’offerta ad Apollo proporzionata alle possibilità di ciascuno. Tale è l’origine dei giochi Apollinari, votati e celebrati per ottenere la vittoria, e non la salute, come si crede generalmente. Il popolo vi assistette incoronato, le madri di famiglia fecero suppliche; si banchettò in pubblico, a porte aperte, nei cortili delle case, e si festeggiò quel giorno con ogni sorta di cerimonie.»[3]

Questo passo rivela l’architettura completa del dispositivo romano: le profezie innescano una consultazione dei libri sibillini da parte del collegio dei decemviri, il Senato delibera e decide, il magistrato esegue. Ogni attore svolge il proprio ruolo in una procedura minuziosamente gerarchizzata.

Ciò che Tito Livio sottolinea – e che Macrobio riprende – è essenziale: i giochi furono istituiti proelii causa, non pestilentiae, «per la guerra, non per la malattia»[4]. L’epiclesi più antica di Apollo a Roma era medicus, il guaritore, e una tradizione posteriore ha potuto confondere le due motivazioni. Macrobio ne fornisce la ragione simbolica: è nel momento in cui il sole si trova esattamente allo zenit del nostro emisfero, al solstizio d’estate, che si celebra Apollo, le cui frecce non sono altro che i suoi raggi[5].

La posizione di questi giochi nel calendario merita attenzione. Fissati al 13 luglio, precedono il dies Alliensis (18 luglio), il giorno anniversario della sconfitta contro i Galli all’Allia nel 390 a.C., un giorno così funesto che il calendario lo segnava con un’infamia particolare. La prossimità non è probabilmente casuale: a Roma, la battaglia di Canne aveva immediatamente evocato il ricordo dell’Allia, le due catastrofi essendo percepite come equivalenti nella memoria collettiva. Secoli più tardi, Simmaco poteva ancora scrivere che i riti tradizionali avevano «scacciato Annibale dalle mura e i Senoni dal Campidoglio»[6] – prova che l’accostamento dei due eventi è rimasto vivo nella coscienza romana. Collocare i giochi di Apollo appena prima del dies Alliensis significava offrire per il futuro la protezione divina che era mancata nelle due più grandi catastrofi della storia di Roma.

Dalla festa d’emergenza alla celebrazione permanente

La traiettoria istituzionale dei Ludi Apollinares si svolge in più tappe. Nel 212, il senatus-consulto prevede i giochi solo per quell’anno – si tratta di feriae imperativae, feste prescritte eccezionalmente[7]. L’anno successivo, su proposta del pretore Calpurnio, il Senato decide di rinnovarli nell’ambito di un voto annuale: «I giochi Apollinari si erano già svolti l’anno precedente; anche quell’anno, il Senato, su proposta del pretore Calpurnio, decretò che sarebbero stati votati in perpetuo.»[8] Solo nel 208, a seguito di un’epidemia, una legge votata dai comizi – la legge Licinia – li rende definitivamente annuali assegnando loro una data fissa: «P. Licinio Varo, pretore urbano, ricevette l’ordine di portare davanti al popolo una legge secondo cui questi giochi sarebbero stati votati per sempre a una data fissa. Egli stesso li votò per primo in questo modo e li celebrò tre giorni prima delle none di Quintilis. Quel giorno divenne d’allora in poi giorno di festa.»[9]

Queste tre tappe illustrano un processo caratteristico del diritto sacro romano. Macrobio ne ha ricordato la classificazione: le feriae pubbliche sono fisse (stativae), oppure mobili (conceptivae), oppure prescritte eccezionalmente (imperativae), oppure settimanali (nundinae). I Ludi Apollinares hanno così percorso in pochi decenni l’intero spettro istituzionale, per finire iscritti nei fasti pubblici dal 6 al 13 luglio[10].
Un punto istituzionale merita attenzione: i giochi furono organizzati e presieduti dal pretore urbano – un magistrato con imperium –, mentre la maggior parte dei giochi ordinari spettava agli edili. Tito Livio lo ha annotato: «I giochi Apollinari furono celebrati per la prima volta sotto il consolato di Q. Fulvio e di Ap. Claudio, dal pretore urbano P. Cornelio Silla; da allora, tutti i pretori urbani li hanno celebrati successivamente; ma li votavano per un solo anno e li celebravano in un giorno non fisso.»[11] Questa prerogativa pretoria, legata all’origine votiva dei giochi, fu difesa con successo di fronte al Senato, e fu il popolo stesso a decidere ratificando la legge Licinia.
Un aneddoto riportato da Macrobio illustra bene l’aura di questi giochi. Durante un’edizione dei Ludi Apollinares, un attacco nemico si sarebbe prodotto mentre la celebrazione era in corso. Apollo stesso sarebbe intervenuto sotto forma di una nube di frecce per respingere l’assalitore, e i Romani vittoriosi avrebbero potuto riprendere i giochi[12]. L’episodio è senza dubbio leggendario, ma dice qualcosa di reale sul modo in cui i Romani concepivano la protezione divina accordata da Apollo durante i propri giochi.

Un teatro politico sotto il cielo di luglio

Quale spettacolo si offriva al popolo durante questi otto giorni di luglio? Le fonti permettono di ricostruire un programma vario, anche se le lacune restano importanti. I giochi comprendevano spettacoli ippici – i desultores, quei cavalieri che saltavano di cavallo in cavallo al galoppo, sono attestati dalle emissioni monetarie[13]. Comprendevano soprattutto giochi scenici (ludi scaenici). Una caccia messa in scena (venatio) poteva aggiungersi, ma a titolo facoltativo: nel luglio del 44, Bruto, allora pretore urbano responsabile dei giochi, aveva desiderato che si rinviasse «la caccia che doveva aver luogo il giorno dopo i giochi Apollinari»[14].

Macrobio, nelle Saturnali, offre una definizione che aiuta a comprendere la logica d’insieme di queste celebrazioni: i dies festi raggruppano «sacrifici offerti agli dèi, l’organizzazione di banchetti solenni, giochi in loro onore, il rispetto di una festività»[15]. I Ludi Apollinares combinavano tutti questi elementi: sacrifici secondo il rito greco (a capo scoperto, a differenza del rito romano abituale capite velato), offerte della folla, banchetti pubblici a porte aperte, e spettacoli. I giochi si svolgevano in parte al Circo Massimo, e a partire dal 2° secolo a.C. in un teatro provvisorio installato nelle vicinanze del tempio di Apollo al Campo Marzio[16]. Varrone, evocando una commedia rappresentata durante i giochi Apollinari, nota che la folla vi «ha appreso» qualcosa[17], formula che dice bene l’importanza del teatro come spazio di memoria collettiva.

Posti in prossimità del periodo elettorale, i giochi di luglio hanno regolarmente concentrato le tensioni della vita politica. Cicerone lo consegna alla storia con precisione nel luglio del 59: ai giochi Apollinari, l’attore tragico Difilo si è scagliato con insolenza contro Pompeo, recitando versi che la folla ha ripreso in clamori – versi interpretati come un attacco diretto contro il grande uomo[18]. La sala teatrale è diventata una cassa di risonanza delle tensioni politiche, dove il pubblico faceva dire agli attori ciò che non osava esprimere direttamente.

Nel 44 a.C., la situazione si è complicata ulteriormente. Bruto, pretore urbano e quindi presidente di diritto dei Ludi Apollinares, si è trovato in una posizione impossibile dopo l’assassinio di Cesare. In giugno, Cicerone riferisce che aveva infine «deciso che i giochi si sarebbero svolti a suo nome ma in sua assenza»[19] – presiedere i giochi di persona sarebbe stato troppo pericoloso. La situazione era tanto più carica di significato in quanto il 12 luglio era stato ufficialmente stabilito come anniversario (natalis) di Cesare: Macrobio attesta che il mese fu ribattezzato Iulius precisamente perché Cesare era nato «il quarto giorno prima delle Idi di Quintilis», e i Fasti Amiternini segnano quel giorno come festivo «perché in quel giorno nacque C. Cesare»[20]. Questa sovrapposizione tra la festa di Apollo e il culto del dittatore defunto ha reso i giochi dell’estate del 44 particolarmente esplosivi – e Cassio Dione riferisce che la celebrazione del natalis di Cesare dovette essere spostata alla vigilia per non sovrapporsi ai giochi di Apollo[21].

Studi moderni consultati

  • Estienne, Sylvia, «De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares : aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome», Pallas, 111, 2019, p. 153-170.
  • Grantaliano, Gianmarco, «Resilient Roman Religious Structures in the Second Punic War. The carmina Marciana and the Calendrical Position of the ludi Apollinares», Religion in the Roman Empire, 9, 2023, p. 203-225.

[1] Tito Livio, Ab urbe condita, 23, 22: neque enim post L. Aemilium et C. Flaminium censores senatus lectus fuerat, cum tantum senatorum adversae pugnae, ad hoc sui quemque casus per quinquennium absumpsissent. Cf. 23, 23: centum septuaginta septem cum ingenti adprobatione hominum in senatum lectis, extemplo se magistratu abdicavit.
[2] Tito Livio, Ab urbe condita, 25, 12: religio deinde noua obiecta est ex carminibus Marcianis. uates hic Marcius inlustris fuerat.
[3] Tito Livio, Ab urbe condita, 25, 12: ea cum inspecta relataque ad senatum essent, censuerunt patres Apollini ludos uouendos faciendosque et quando ludi facti essent, duodecim milia aeris praetori ad rem diuinam et duas hostias maiores dandas. alterum senatus consultum factum est ut decemuiri sacrum Graeco ritu facerent hisce hostiis, Apollini boue aurato et capris duabus albis auratis, Latonae boue femina aurata. ludos praetor in circo maximo cum facturus esset, edixit ut populus per eos ludos stipem Apollini quantam commodum esset conferret. haec est origo ludorum Apollinarium, uictoriae, non ualetudinis ergo ut plerique rentur, uotorum factorumque. populus coronatus spectauit, matronae supplicauere ; uolgo apertis ianuis in propatulo epulati sunt celeberque dies omni caerimoniarum genere fuit. La traduzione citata nel testo è quella di F. Nicolet-Croizat, Paris, CUF, 1992.
[4] Macrobio, Saturnali, I, 17, 25: hinc intellegitur praelii causa, non pestilentiae, sicut quidam aestimant, ludos institutos.
[5] Macrobio, Saturnali, I, 17, 26: haec est autem huius aestimationis ratio, quod tunc sol super ipsum nostrae habitationis verticem fulget. Nam Cancer in aestivo tropico est, in quo meante sole radii temperatam nostram non eminus sed superne demissi rectis fulgoribus lustrant.
[6] Simmaco, Relatio, III, 9: Haec sacra Annibalem a moenibus, a Capitolio Senonas repulerunt.
[7] Macrobio, Saturnali, I, 16, 5: feriarum autem publicarum genera sunt quattuor. Aut enim statiuae sunt aut conceptiuae aut imperatiuae aut nundinae. Et sunt statiuae uniuersi populi communes certis et constitutis diebus ac mensibus et in fastis statis observationibus annotatae.
[8] Tito Livio, Ab urbe condita, 26, 23: ludi Apollinares et priore anno fuerant et eo anno ut fierent referente Calpurnio praetore senatus decreuit ut in perpetuum uouerentur.
[9] Tito Livio, Ab urbe condita, 27, 23: P. Licinius Uarus praetor urbanus legem ferre ad populum iussus ut ii ludi in perpetuum in statam diem uouerentur. ipse primus ita uouit, fecitque ante diem tertium nonas Quinctiles. is dies deinde sollemnis seruatus.
[10] I calendari epigrafici che attestano il periodo dal 6 al 13 luglio sono repertoriati in Degrassi, Inscriptiones Italiae, XIII, 2, p. 477-479 (studio moderno consultato direttamente tramite Estienne, Pallas, 111, 2019).
[11] Tito Livio, Ab urbe condita, 27, 23: Ludi Apollinares Q. Fuluio Ap. Claudio consulibus a P. Cornelio Sulla praetore urbano primum facti erant ; inde omnes deinceps praetores urbani fecerant ; sed in unum annum uouebant dieque incerta faciebant.
[12] Macrobio, Saturnali, I, 17, 25: cum ludi Romae Apollini celebrarentur ex vaticinio Marcii vatis carmineque Sibyllino, repentino hostis adventu plebs ad arma excitata occurrit hosti, eoque tempore nubes sagittarum in adversos visa ferri et hostem fugavit et victores Romanos ad spectacula dei sospitalis reduxit.
[13] RRC 340/1. Denario di L. Calpurnio Pisone Frugi, 90 a.C.
[14] Cicerone, Lettere ad Attico, XVI, 4, 1: sese scripturum aiebat ut venationem eam quae postridie ludos Apollinaris futura est proscriberent in III Idus Quintilis.
[15] Macrobio, Saturnali, I, 16, 3-4: Festis insunt sacrificia epulae ludi feriae. Sacra celebritas est uel cum sacrificia dis offeruntur uel cum dies diuinis epulationibus celebratur uel cum ludi in honorem aguntur deorum uel cum feriae obseruantur.
[16] Tito Livio, Ab urbe condita, 40, 51: theatrum et proscaenium ad Apollinis.
[17] Varrone, De lingua latina, VI, 18: Apollinaribus ludis docuit populum.
[18] Cicerone, Lettere ad Attico, II, 19, 3: ludis Apollinaribus Diphilus tragoedus in nostrum Pompeium petulanter inuectus est : nostra miseria tu es magnus – miliens coactus est dicere ; eandem uirtutem istam ueniet tempus cum grauiter gemes – totius theatri clamore dixit.
[19] Cicerone, Lettere ad Attico, XV, 11, 2: constituit igitur ut ludi absente se fierent suo nomine.
[20] Macrobio, Saturnali, I, 12, 34: sed postea in honorem Iulii Caesaris Dictatoris legem ferente M. Antonio M. filio consule Iulius appellatus est, quod hoc mense a.d. quartum Idus Quintiles Iulius procreatus sit. Cf. Fasti Amiternini (CIL I², p. 244): Feriae quod eo die C. Caesar est natus. Le fonti attestano la data ufficiale di celebrazione; la data storica reale della nascita di Cesare resta discussa dagli studiosi moderni.
[21] Cassio Dione, Storia romana, XLVII, 18, 5-6: Καὶ συνέβαινε γὰρ ἐν τῇ αὐτῇ ἡμέρᾳ καὶ τὰ Ἀπολλώνια γίγνεσθαι, ἐψηφίσαντο τῇ προτεραίᾳ τὰ γενέσια ἀγάλλεσθαι, ὡς καὶ λογίου τινὸς Σιβυλλείου ἀπαγορεύοντος μηδενὶ θεῶν τότε πλὴν τῷ Ἀπόλλωνι ἑορτάζεσθαι. («Poiché inoltre i giochi Apollinari cadevano nello stesso giorno, si decretò di festeggiare il compleanno di Cesare il giorno prima, in quanto un oracolo sibillino vietava di festeggiare in quel giorno un altro dio al di fuori di Apollo.»)

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🇬🇧 English version

IN BRIEF – Born of an obscure prophecy to avert the disaster of Cannae, the Ludi Apollinares became one of the most politically charged fixtures of the Roman calendar. Celebrated each year from 6 to 13 July in honour of Apollo, these games took thirty years to evolve from emergency festival to permanent celebration – eight days during which the people, crowned with garlands, feasted with open doors and made their voice heard loudly enough to unsettle the most powerful.

Ludi Apollinares: games born in the turmoil of war

In 212 BCE, Rome was living through one of the darkest periods in its history. Hannibal had crossed the Alps, crushed the legions at Lake Trasimene and then at Cannae. Tens of thousands of soldiers had died. The number of senators had fallen so sharply after successive defeats that an extraordinary lectio senatus had been required in 216[1]. It was in this context of military catastrophe that the Ludi Apollinares were born – games in honour of Apollo that would leave a lasting mark on the city’s calendar.

Prophecies from nowhere

The story begins with a rather unusual episode. Two prophetic texts, the carmina Marciana, were circulating in Rome. They were attributed to a certain Marcius, a mysterious figure presented as a vates – a seer. These prophecies claimed to have foretold the defeat at Cannae before it occurred, and prescribed the creation of games in honour of Apollo as a remedy for Rome’s misfortunes[2].

Livy’s account of the episode deserves to be read in detail, for it illuminates the entire institutional machinery of the decision:

« A day was devoted to the expiations required by this prophecy; the following day, a senatus consultum instructed the decemviri to consult the Sibylline Books concerning the celebration of games in honour of Apollo and his cult. Following this consultation and the decemviri‘s report to the Senate, the latter decided that games should be vowed and celebrated in Apollo’s honour and, once the games had been held, that twelve thousand asses should be given to the praetor for the cult, along with two adult victims. A second senatus consultum instructed the decemviri to sacrifice, according to the Greek rite, the following victims: for Apollo, a bull with gilded horns and two white she-goats with gilded horns, for Latona, a cow with gilded horns. When about to hold the games in the Circus Maximus, the praetor ordered the people to make, during the games, an offering to Apollo proportionate to each person’s means. Such is the origin of the Apollinarian Games, vowed and celebrated for victory, and not for health, as is generally believed. The people attended them wearing garlands, the matrons offered supplications; there was public feasting with doors flung open in the courtyards of houses, and the day was celebrated with ceremonies of every kind. »[3]

This passage reveals the complete architecture of the Roman system: the prophecies trigger a consultation of the Sibylline Books by the college of decemviri, the Senate deliberates and decides, the magistrate executes. Each actor plays his part in a meticulously hierarchical procedure.

What Livy emphasises – and Macrobius echoes – is essential: the games were instituted proelii causa, non pestilentiae, « for war, not for disease »[4]. Apollo’s oldest epithet at Rome was medicus, the healer, and a later tradition may have confused the two motivations. Macrobius offers the symbolic explanation: it is at the moment when the sun stands exactly at the zenith of our hemisphere, at the summer solstice, that Apollo is celebrated – his arrows being none other than his rays[5].

The position of these games in the calendar deserves attention. Fixed on 13 July, they preceded the dies Alliensis (18 July), the anniversary of the defeat against the Gauls at the Allia in 390 BCE, a day so ill-omened that the calendar marked it with particular infamy. The proximity was probably not coincidental: at Rome, the battle of Cannae had immediately evoked the memory of the Allia, the two catastrophes being perceived as equivalent in collective memory. Centuries later, Symmachus could still write that the traditional rites had « driven Hannibal from the walls and the Senones from the Capitol »[6] – proof that the pairing of the two events remained alive in the Roman consciousness. Placing the games of Apollo just before the dies Alliensis was to offer for the future the divine protection that had been absent during the two greatest catastrophes in Rome’s history.

From emergency festival to permanent celebration

The institutional trajectory of the Ludi Apollinares unfolded in several stages. In 212, the senatus consultum provided for the games for that year alone – they were feriae imperativae, exceptionally prescribed festivals[7]. The following year, on the proposal of the praetor Calpurnius, the Senate decided to renew them within the framework of an annual vow: « The Apollinarian Games had already taken place the previous year; that year too, the Senate, on the proposal of the praetor Calpurnius, decreed that they should be vowed in perpetuity. »[8] It was only in 208, following an epidemic, that a law passed by the comitia – the Licinian law – made them permanently annual by assigning them a fixed date: « P. Licinius Varus, the urban praetor, was instructed to bring before the people a law whereby these games should be vowed for ever on a fixed date. He himself was the first to vow them in this way, and held them on the third day before the Nones of Quintilis. That day thereafter became a holiday. »[9]

These three stages illustrate a process characteristic of Roman sacred law. Macrobius recalled the classification: public feriae were either fixed (stativae), or moveable (conceptivae), or exceptionally prescribed (imperativae), or weekly (nundinae). The Ludi Apollinares thus traversed the entire institutional spectrum within a few decades, ending up inscribed in the public fasti from 6 to 13 July[10].

One institutional point deserves attention: the games were organised and presided over by the urban praetor – a magistrate with imperium – whereas most regular games fell under the authority of the aediles. Livy noted this: « The Apollinarian Games were celebrated for the first time under the consulship of Q. Fulvius and Ap. Claudius, by the urban praetor P. Cornelius Sulla; since then, all subsequent urban praetors had celebrated them; but they vowed them for one year only and held them on no fixed date. »[11] This praetorian prerogative, linked to the votive origin of the games, was successfully defended before the Senate, and it was the people themselves who settled the matter by ratifying the Licinian law.

An anecdote reported by Macrobius aptly illustrates the aura surrounding these games. During one edition of the Ludi Apollinares, an enemy attack is said to have occurred while the celebration was in progress. Apollo himself is said to have intervened in the form of a cloud of arrows to drive back the assailant, and the victorious Romans were able to resume the games[12]. The episode is doubtless legendary, but it tells us something real about the way Romans conceived of the divine protection Apollo granted during his own games.

A political theatre under the July sky

What spectacle was offered to the people during these eight July days? The sources allow us to reconstruct a varied programme, even if significant gaps remain. The games included equestrian displays – the desultores, those riders who leapt from horse to horse at full gallop, are attested by coin issues[13]. Above all they included theatrical performances (ludi scaenici). A staged hunt (venatio) could be added, but as an optional extra: in July 44, Brutus, then urban praetor responsible for the games, had expressed his wish that « the hunt which was to take place the day after the Apollinarian Games » be postponed[14].

Macrobius, in the Saturnalia, offers a definition that helps to understand the overall logic of these celebrations: dies festi encompassed « sacrifices offered to the gods, the holding of solemn banquets, games celebrated in their honour, the observance of a festival »[15]. The Ludi Apollinares combined all these elements: sacrifices according to the Greek rite (bare-headed, unlike the usual Roman rite capite velato), offerings from the crowd, public feasting with open doors, and spectacles. The games took place partly in the Circus Maximus, and from the 2nd century BCE in a temporary theatre erected near the temple of Apollo in the Campus Martius[16]. Varro, evoking a play performed during the Apollinarian Games, notes that the crowd « learnt » something there[17] – a formulation that speaks volumes about the importance of the theatre as a space of collective memory.

Falling close to the electoral season, the July games regularly concentrated the tensions of political life. Cicero records this precisely in July 59: at the Apollinarian Games, the tragic actor Diphilus attacked Pompey with insolence, reciting verses that the crowd took up with shouts – verses interpreted as a direct attack on the great man[18]. The theatre had become a sounding board for political tension, where the public made actors say what it did not dare express directly.

In 44 BCE, the situation grew still more fraught. Brutus, urban praetor and thus rightful president of the Ludi Apollinares, found himself in an impossible position after Caesar’s assassination. In June, Cicero reports that he had finally « decided that the games should take place in his name but in his absence »[19] – presiding over the games in person would have been too dangerous. The situation was all the more charged because 12 July had been officially established as Caesar’s anniversary (natalis): Macrobius attests that the month had been renamed Iulius precisely because Caesar had been born « on the fourth day before the Ides of Quintilis », and the Fasti Amiternini mark that day as a holiday « because C. Caesar was born on that day »[20]. This overlap between the festival of Apollo and the cult of the deceased dictator made the games of summer 44 particularly explosive – and Cassius Dio reports that the celebration of Caesar’s natalis had to be moved to the eve so as not to encroach upon the games of Apollo[21].

Modern studies consulted

  • Estienne, Sylvia, « De la création des Ludi Apollinares à la célébration sévérienne des Ludi saeculares: aspects religieux et politiques de la célébration des jeux à Rome », Pallas, 111, 2019, pp. 153–170.
  • Grantaliano, Gianmarco, « Resilient Roman Religious Structures in the Second Punic War. The carmina Marciana and the Calendrical Position of the ludi Apollinares« , Religion in the Roman Empire, 9, 2023, pp. 203–225.

[1] Livy, Ab urbe condita, 23, 22: neque enim post L. Aemilium et C. Flaminium censores senatus lectus fuerat, cum tantum senatorum adversae pugnae, ad hoc sui quemque casus per quinquennium absumpsissent. Cf. 23, 23: centum septuaginta septem cum ingenti adprobatione hominum in senatum lectis, extemplo se magistratu abdicavit.

[2] Livy, Ab urbe condita, 25, 12: religio deinde noua obiecta est ex carminibus Marcianis. uates hic Marcius inlustris fuerat.

[3] Livy, Ab urbe condita, 25, 12: ea cum inspecta relataque ad senatum essent, censuerunt patres Apollini ludos uouendos faciendosque et quando ludi facti essent, duodecim milia aeris praetori ad rem diuinam et duas hostias maiores dandas. alterum senatus consultum factum est ut decemuiri sacrum Graeco ritu facerent hisce hostiis, Apollini boue aurato et capris duabus albis auratis, Latonae boue femina aurata. ludos praetor in circo maximo cum facturus esset, edixit ut populus per eos ludos stipem Apollini quantam commodum esset conferret. haec est origo ludorum Apollinarium, uictoriae, non ualetudinis ergo ut plerique rentur, uotorum factorumque. populus coronatus spectauit, matronae supplicauere ; uolgo apertis ianuis in propatulo epulati sunt celeberque dies omni caerimoniarum genere fuit. The translation quoted in the text is that of F. Nicolet-Croizat, Paris, CUF, 1992.

[4] Macrobius, Saturnalia, I, 17, 25: hinc intellegitur praelii causa, non pestilentiae, sicut quidam aestimant, ludos institutos.

[5] Macrobius, Saturnalia, I, 17, 26: haec est autem huius aestimationis ratio, quod tunc sol super ipsum nostrae habitationis verticem fulget. Nam Cancer in aestivo tropico est, in quo meante sole radii temperatam nostram non eminus sed superne demissi rectis fulgoribus lustrant.

[6] Symmachus, Relatio, III, 9: Haec sacra Annibalem a moenibus, a Capitolio Senonas repulerunt.

[7] Macrobius, Saturnalia, I, 16, 5: feriarum autem publicarum genera sunt quattuor. Aut enim statiuae sunt aut conceptiuae aut imperatiuae aut nundinae. Et sunt statiuae uniuersi populi communes certis et constitutis diebus ac mensibus et in fastis statis observationibus annotatae.

[8] Livy, Ab urbe condita, 26, 23: ludi Apollinares et priore anno fuerant et eo anno ut fierent referente Calpurnio praetore senatus decreuit ut in perpetuum uouerentur.

[9] Livy, Ab urbe condita, 27, 23: P. Licinius Uarus praetor urbanus legem ferre ad populum iussus ut ii ludi in perpetuum in statam diem uouerentur. ipse primus ita uouit, fecitque ante diem tertium nonas Quinctiles. is dies deinde sollemnis seruatus.

[10] The epigraphic calendars attesting the period 6–13 July are listed in Degrassi, Inscriptiones Italiae, XIII, 2, pp. 477–479 (modern study consulted directly via Estienne, Pallas, 111, 2019).

[11] Livy, Ab urbe condita, 27, 23: Ludi Apollinares Q. Fuluio Ap. Claudio consulibus a P. Cornelio Sulla praetore urbano primum facti erant ; inde omnes deinceps praetores urbani fecerant ; sed in unum annum uouebant dieque incerta faciebant.

[12] Macrobius, Saturnalia, I, 17, 25: cum ludi Romae Apollini celebrarentur ex vaticinio Marcii vatis carmineque Sibyllino, repentino hostis adventu plebs ad arma excitata occurrit hosti, eoque tempore nubes sagittarum in adversos visa ferri et hostem fugavit et victores Romanos ad spectacula dei sospitalis reduxit.

[13] RRC 340/1. Denarius of L. Calpurnius Piso Frugi, 90 BCE.

[14] Cicero, Letters to Atticus, XVI, 4, 1: sese scripturum aiebat ut venationem eam quae postridie ludos Apollinaris futura est proscriberent in III Idus Quintilis.

[15] Macrobius, Saturnalia, I, 16, 3–4: Festis insunt sacrificia epulae ludi feriae. Sacra celebritas est uel cum sacrificia dis offeruntur uel cum dies diuinis epulationibus celebratur uel cum ludi in honorem aguntur deorum uel cum feriae obseruantur.

[16] Livy, Ab urbe condita, 40, 51: theatrum et proscaenium ad Apollinis.

[17] Varro, De lingua latina, VI, 18: Apollinaribus ludis docuit populum.

[18] Cicero, Letters to Atticus, II, 19, 3: ludis Apollinaribus Diphilus tragoedus in nostrum Pompeium petulanter inuectus est : nostra miseria tu es magnus – miliens coactus est dicere ; eandem uirtutem istam ueniet tempus cum grauiter gemes – totius theatri clamore dixit.

[19] Cicero, Letters to Atticus, XV, 11, 2: constituit igitur ut ludi absente se fierent suo nomine.

[20] Macrobius, Saturnalia, I, 12, 34: sed postea in honorem Iulii Caesaris Dictatoris legem ferente M. Antonio M. filio consule Iulius appellatus est, quod hoc mense a.d. quartum Idus Quintiles Iulius procreatus sit. Cf. Fasti Amiternini (CIL I², p. 244): Feriae quod eo die C. Caesar est natus. The sources attest the official date of celebration; the actual historical date of Caesar’s birth remains disputed among modern scholars.

[21] Cassius Dio, Roman History, XLVII, 18, 5–6: Καὶ συνέβαινε γὰρ ἐν τῇ αὐτῇ ἡμέρᾳ καὶ τὰ Ἀπολλώνια γίγνεσθαι, ἐψηφίσαντο τῇ προτεραίᾳ τὰ γενέσια ἀγάλλεσθαι, ὡς καὶ λογίου τινὸς Σιβυλλείου ἀπαγορεύοντος μηδενὶ θεῶν τότε πλὴν τῷ Ἀπόλλωνι ἑορτάζεσθαι. (« Moreover, since the Apollinarian Games fell on the same day, they decreed that Caesar’s birthday should be celebrated the day before, on the grounds that a Sibylline oracle forbade any god other than Apollo to be honoured on that day. »)

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Dates

6 juillet 2026 - 13 juillet 2026 (Toute la journée)

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