Cet événement se répète5 juillet 2027 10:13
202605juil10:1310:13PoplifugiaType:Fête romaine
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Ante diem tertium Nonas iulias EN BREF. Le 5 juillet, les Romains célébraient les Poplifugia, «fuite du peuple». La date, les rites et leur sens ont alimenté
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Ante diem tertium Nonas iulias
EN BREF. Le 5 juillet, les Romains célébraient les Poplifugia, «fuite du peuple». La date, les rites et leur sens ont alimenté des interprétations contradictoires dès l’Antiquité. Varron, Tite-Live, Macrobe et Denys d’Halicarnasse en témoignent.

Les Poplifugia ou la mémoire d’une fuite collective
Le 5 juillet figurait dans les calendriers romains sous le nom de Poplifugia (ou Populifugia)– «fuite du peuple» –, inscrit en grandes capitales. Ce détail n’est pas anodin: les fêtes ainsi notées appartenaient au fond le plus ancien du calendrier. Et les Poplifugia présentaient une autre singularité, relevée par Varron: elles étaient la seule fête de l’année placée dans la partie du mois qui précède les Nones, c’est-à-dire avant le 5 ou le 7 du mois selon les mois.
Trois calendriers épigraphiques d’époque augustéenne et tibérienne (les Fasti Maffeiani, Amiternini et Antiates minores) attestent la date du 5 juillet. Sur le nom lui-même, Varron propose une explication sobre: «Le jour des Poplifugia paraît avoir été ainsi nommé parce que, ce jour-là, le peuple aurait soudain fui dans le tumulte.»[1] Il situe cet événement peu après le départ des Gaulois hors de Rome, quand les peuples voisins – Ficuléates, Fidénates et autres – se seraient coalisés contre la cité affaiblie. Mais il ajoute prudemment que quelques traces de cette fuite subsistent dans les rites, et renvoie pour le détail à ses propres Antiquitates, aujourd’hui perdues.
La forme plurielle du nom – Poplifugia et non Poplifugium – a retenu l’attention. Elle suggère non pas une fuite unique et ordonnée, mais des fuites multiples, désordonnées, dans la confusion. C’est dans cet esprit que les rites eux-mêmes semblent avoir été accomplis: une sortie tumultueuse hors de la ville, sur le Champ de Mars, où un sacrifice avait lieu.
Romulus, les Étrusques, ou les Latins?
Les sources antiques ne s’accordent pas sur l’événement dont les Poplifugia seraient le souvenir. Trois traditions se dégagent du corpus.
La première, rapportée par Varron, met en scène les peuples voisins du Latium coalisés après le sac gaulois. La deuxième, transmise par Macrobe qui cite l’annaliste Calpurnius Pison – consul en 133 avant notre ère –, relie les Poplifugia à une défaite infligée par les Étrusques: «la veille, le peuple avait été mis en fuite par les Étrusques, d’où le nom de Populifugia»[2]. Dans ce récit, la victoire romaine et la vitulatio, cérémonie de réjouissance, auraient suivi le lendemain des Nones de juillet. Mais la formulation de Macrobe est ambiguë sur la chronologie exacte, et il n’est pas certain qu’il ait bien compris Pison.
La troisième tradition lie la fuite du peuple à la disparition de Romulus. Denys d’Halicarnasse rapporte que, selon certains, Romulus fut tué lors d’une assemblée populaire, au moment même où une obscurité se produisit et où la foule se dispersa: «c’est pour cette raison, disent-ils, que le jour où cet événement arriva reçut son nom de la fuite de la foule, et qu’il est appelé jusqu’à notre temps ὄχλου φυγήν, « fuite de la foule »»[3]. Tite-Live, pour sa part, situe la disparition de Romulus lors d’une revue des troupes tenue «dans le champ, au Marais de la Chèvre», emporté par un orage soudain, «si bien que le peuple, saisi d’une crainte soudaine, prit la fuite»[4] – sans nommer explicitement les Poplifugia, mais en décrivant une scène qui en constitue l’étiologie naturelle.
Plutarque, dans la Vie de Camille, mentionne une tradition supplémentaire selon laquelle «d’autres disent que la plupart de ces actes et de ces paroles se rapportent au sort de Romulus: ce jour-là, en effet, il aurait disparu hors de la porte, lorsqu’une obscurité et une tempête l’enveloppèrent soudainement – ou, selon certains, lors d’une éclipse de soleil»[5]. Il attribue ce nom, Nones Caprotines, au lieu de la disparition, le Marais de la Chèvre. Cette version fusionne en partie les deux fêtes, ce que les calendriers épigraphiques invitent à distinguer: les Poplifugia au 5 juillet, les Nones Caprotines au 7.
Une date, deux fêtes, une confusion durable
La question de la datation a traversé toute l’historiographie ancienne et moderne. Cicéron, dans le De re publica, évoque une éclipse de soleil aux Nones du Quintilis sous le règne de Romulus. soit le 7 juillet[6]. Solin et l’Histoire Auguste confirment cette date pour la mort de Romulus. Or les calendriers épigraphiques placent les Poplifugia au 5 juillet avec une constance remarquable.
La solution la plus cohérente avec l’ensemble du dossier documentaire est que les Poplifugia et les Nones Caprotines étaient deux fêtes distinctes, célébrées les 5 et 7 juillet respectivement. Varron lui-même, en les mentionnant l’une après l’autre dans sa revue du calendrier – «le jour des Poplifugia […]. Les Nones Caprotines […]»[7] – suggère deux notices séparées pour deux jours différents. C’est la version des Poplifugia – la fuite, l’étiologie romuléenne – qui a pu dériver vers la date du 7 juillet dans certaines sources, par contamination avec le récit des Nones Caprotines, dont les mythes d’explication sont étroitement entrelacés.
Macrobe, dans les Saturnales, distingue les deux événements sans parvenir à les dénouer clairement. Plutarque, dans la Vie de Romulus, les fusionne en une seule journée, rapportant que «le jour où il disparut, on l’appelle « fuite de la foule » et « Nones Caprotines« »[8] — une confusion que les calendriers infirment.
Études modernes consultées
- Pfeilschifter, René, «Zum Termin von Poplifugia und Nonae Caprotinae», The Pennsylvania State University.
- Woodard, Roger D., Myth, Ritual, and the Warrior in Roman and Indo-European Antiquity, Cambridge University Press.
- Daremberg, Charles, et Saglio, Edmond, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, tome 4.1, article «Poplifugia».
[1] Varron, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die tumultu repente fugerit populus; non multo enim post hic dies quam decessus Gallorum ex urbe, et qui tum sub urbe populi, ut Ficuleates ac Fidenates et finitimi alii, contra nos coniurarunt. Aliquot huius diei vestigia fugae in sacris apparent, de quibus rebus Antiquitatum libri plura referunt.
[2] Macrobe, Saturnales, III, 2, 14: Piso ait vitulam victoriam nominari. Cuius rei hoc argumentum profert, quod postridie Nonas Iulias re bene gesta, cum pridie populus a Tuscis in fugam versus sit — unde Populifugia vocantur — post victoriam certis sacrificiis fiat vitulatio.
[3] Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 56, 5: Οἱ δ᾽ ἐκκλησιάζοντα μὲν αὐτόν φασιν ὑπὸ τῶν νεοπολιτῶν Ῥωμαίων ἀναιρεθῆναι, ἐπιχειρῆσαι δ᾽ αὐτοὺς τῷ φόνῳ καθ᾽ ὃν χρόνον δηλαδὴ καὶ τὸ σκότος ἐγένετο διασκεδασθέντος ἐκ τῆς ἐκκλησίας τοῦ δήμου καὶ μονωθέντος τῆς φυλακῆς τοῦ ἡγεμόνος. Διὰ τοῦτο γοῦν φασι τὴν ἡμέραν ἐν ᾗ τὸ πάθος ἐγένετο τῆς τροπῆς τοῦ πλήθους ἐπώνυμον εἶναι καὶ μέχρι τῶν καθ᾽ ἡμᾶς χρόνων ὄχλου φυγὴν καλεῖσθαι.
[4] Tite-Live, Ab Vrbe Condita, I, 16: subito coorta tempestas cum magno fragore tonitribusque tam denso regem operuit nimbo ut conspectum eius contioni abstulerit; nec deinde in terris Romulus fuit.
[5] Plutarque, Vie de Camille, 33, 7: ἕτεροι δὲ τούτων τὰ πλεῖστα δρᾶσθαι καὶ λέγεσθαί φασιν ἐπὶ τῷ τοῦ Ῥωμύλου πάθει· κατὰ ταύτην γὰρ ἀφανισθῆναι τὴν ἡμέραν αὐτὸν ἔξω πύλης, ζόφου καὶ θυέλλης ἄφνω περισχούσης, ὡς δ᾽ ἔνιοι νομίζουσιν ἐκλείψεως ἡλίου γενομένης.
[6] Cicéron, De re publica, I, 25: ut ex hoc die […] superiores solis defectiones reputatae sint usque ad illam quae Nonis Quinctilibus fuit regnante Romulo; quibus quidem Romulum tenebris etiamsi natura ad humanum exitum abripuit, virtus tamen in caelum dicitur sustulisse.
[7] Varron, De lingua Latina, VI, 18: Dies Poplifugia videtur nominatus, quod eo die […]. Nonae Caprotinae, quod eo die in Latio Iunoni Caprotinae mulieres sacrificant et sub caprifico faciunt.
[8] Plutarque, Vie de Romulus, 29, 2: ᾗ δ᾽ ἡμέρᾳ μετήλλαξεν, ὄχλου φυγὴ καλεῖται καὶ νῶναι Καπρατῖναι διὰ τὸ θύειν εἰς τὸ τῆς αἰγὸς ἕλος ἐκ πόλεως κατιόντας.
Dates
5 juillet 2026 10:13 - 10:13