Fors Fortuna

Cet événement se répète

202624juinToute la journéeFors FortunaType:Fête romaine

Description

Ante diem octavum kalendas Iulias

Fortuna, inv. 2244 – Braccio Nuovo, Museo Chiaramonti – Vatican Museums.

EN BREF. Chaque 24 juin, Rome a célébré Fors Fortuna, déesse de la chance honorée surtout par la plèbe et les esclaves. On gagnait ses temples de la rive droite du Tibre, à pied ou en barque, pour une fête arrosée de vin. Le culte remontait, dit-on, à Servius Tullius, né d’une esclave et devenu roi.

Fors Fortuna: l’ivresse populaire sur le Tibre

Le 24 juin était, à Rome, le jour de Fors Fortuna. Varron l’appelle le dies Fortis Fortunae, le «jour de Fors Fortuna»[1]: une journée dédiée à une déesse du sort et du hasard, et l’une des fêtes qui appartenaient d’abord au petit peuple plutôt qu’aux notables.

La fête sur le Tibre

Ovide place ce jour dans la dernière semaine de juin et appelle les Romains à la liesse:

«Allez, célébrez joyeusement la déesse Fors, Quirites! Sur la rive du Tibre, elle a reçu le présent d’un roi.»

On gagnait en foule les sanctuaires de la déesse, sur l’autre rive du fleuve, «les uns à pied, les autres en barque rapide», sans qu’il y eût «honte à rentrer chez soi pris de boisson»; et le poète lance aux embarcations: «Barques couronnées, portez les banquets des jeunes gens, et qu’au milieu des eaux on boive force vin»[2]. La célébration se déroulait ainsi en grande partie sur l’eau, entre la traversée du fleuve et les libations.

Cette descente du Tibre était assez connue pour que Cicéron en fasse l’image de la joie partagée. Cherchant à quoi comparer une allégresse sans mélange, il évoque la Tiberina descensio, la «descente du Tibre» d’un jour de fête, et la rapproche du triomphe d’Aemilius Paullus remontant le même fleuve avec le roi de Macédoine vaincu – sans toutefois nommer la déesse[3].

Une déesse de la plèbe et des esclaves

Si la fête débordait de gaieté, c’est qu’elle promettait l’embellie. Le grammairien Donat distingue deux puissances: Fortuna, déesse «des choses incertaines», et Fors Fortuna, qui désigne «l’issue favorable de la fortune», le bon tour que peut prendre le sort. Sa fête, précise-t-il, était celle de ceux «qui vivent sans métier»[4] – les petites gens des ateliers et des boutiques, que les dédicaces conservées montrent groupés en collèges de bouchers, de marchands de fleurs ou d’ouvriers du bronze.

Ces fidèles, Ovide les nomme: la plèbe et les esclaves. Et il en donne la raison: «la plèbe honore cette déesse, parce que celui qui l’a fondée était, dit-on, issu de la plèbe et a porté le sceptre malgré son humble origine»; «elle convient aussi aux esclaves, parce que Tullius, né d’une esclave, a établi les temples voisins de la déesse incertaine»[5]. Ce Tullius est le roi Servius Tullius, que la tradition disait né d’une mère esclave et monté du plus bas degré jusqu’au trône: l’exemple même de l’ascension que la déesse pouvait accorder aux humbles.

Les temples de la rive droite du Tibre

La tradition faisait remonter le culte à ce même Servius Tullius. Selon Varron, c’est lui qui a donné son nom au jour de fête, «parce qu’il a dédié un fanum [un sanctuaire] de Fors Fortuna le long du Tibre, hors de la ville, au mois de juin»[6]. Denys d’Halicarnasse crédite d’ailleurs le roi de deux temples de la Fortune, l’un au Forum Boarium, l’autre sur la rive du Tibre[7]; seul ce dernier est celui de Fors Fortuna.

Les calendriers gravés mentionnent deux temples au-delà du fleuve: l’un au premier mille, sur la voie de la rive droite (la via Campana, plus tard Portuensis), l’autre au sixième mille, près du bois sacré de Dea Dia. Tous deux étaient fêtés le 24 juin. L’attribution à Servius est donnée par Varron, Ovide et Denys; Plutarque, lui, la rapporte à Ancus Marcius. Écrivant en grec, Denys et Plutarque ont rendu le nom de la déesse par «la Fortune vaillante», comme s’il dérivait de l’adjectif fortis, «courageux»[8], signe que le sens du nom intriguait déjà les Anciens.

Le culte a connu d’autres fondations. En 293 avant notre ère, sur une part du butin pris aux Samnites et aux Étrusques, le consul Spurius Carvilius Maximus «a fait élever un temple de Fors Fortuna près de celui que le roi Servius Tullius avait dédié», écrit Tite-Live[9]. Bien plus tard, sous Tibère, en 17 de notre ère, un nouveau temple a été consacré à la déesse au bord du Tibre, dans les jardins que César avait légués au peuple romain; Tacite le mentionne en même temps qu’un sanctuaire voué à la famille de César et qu’une effigie d’Auguste divinisé[10]. À compter les sanctuaires que nomment les sources – celui de Servius, celui que Carvilius bâtit auprès, celui du sixième mille, celui de Tibère –, on en dénombre au moins trois, peut-être quatre; mais leurs rapports exacts restent obscurs, les témoignages anciens ne concordant pas.

De la statue elle-même, on ne sait presque rien. Comme tout temple romain, ces sanctuaires abritaient une effigie de la déesse, destinée à recevoir le culte; mais aucune description ne nous en est parvenue. Tite-Live en livre seulement un aperçu indirect, à propos d’un prodige: dans la cella – la chambre intérieure du temple, où se dressait l’image divine –, un ornement fixé à la couronne de l’effigie aurait glissé de lui-même dans sa main[11]. Des siècles après Ovide, Donat parlait encore de ce sanctuaire au présent: son temple, écrivait-il, «est au-delà du Tibre»[12].

Études modernes consultées

  • Champeaux, Fortuna. Recherches sur le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain, t. I-II, Rome, École française de Rome, 1982-1987.
  • S. B. Platner – T. Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Oxford, 1929, s. u. Fors Fortuna.
  • D. A. Arya, The Goddess Fortuna in Imperial Rome: Cult, Art, Text, thèse, University of Texas at Austin, 2002.

[1] Varron, De lingua latina, VI, 17: Dies Fortis Fortunae appellatus ab Seruio Tullio rege, quod is fanum Fortis Fortunae secundum Tiberim extra urbem Romam dedicauit Iunio mense.

[2] Ovide, Fastes, VI, 773-780: quam cito uenerunt Fortunae Fortis honores! / post septem luces Iunius actus erit. / ite, deam laeti Fortem celebrate, Quirites: / in Tiberis ripa munera regis habet. / pars pede, pars etiam celeri decurrite cumba, / nec pudeat potos inde redire domum. / ferte coronatae iuuenum conuiuia, lintres, / multaque per medias uina bibantur aquas.

[3] Cicéron, De finibus, V, 70: …quem Tiberina descensio festo illo die tanto gaudio affecit, quanto L. Paulum, cum regem Persem captum adduceret, eodem flumine inuectio? Cicéron ne nomme pas Fors Fortuna; l’identification de cette «descente du Tibre» avec sa fête est admise par les éditeurs et la critique moderne.

[4] Donat, ad Ter. Phorm. 841: «fors fortuna» euentus fortunae bonus; aliud «Fortuna» est, aliud «Fors Fortuna»; nam «Fors Fortuna» est, cuius diem festum colunt, qui arte aliqua uiuunt. Huius aedes trans Tiberim est.

[5] Ovide, Fastes, VI, 781-784: plebs colit hanc, quia qui posuit de plebe fuisse / fertur, et ex humili sceptra tulisse loco. / conuenit et seruis, serua quia Tullius ortus / constituit dubiae templa propinqua deae.

[6] Varron, ibid. (cf. note 1).

[7] Denys d’Halicarnasse, Ant. rom., IV, 27, 7: …ναοὺς δύο κατασκευασάμενος Τύχης… τὸν μὲν ἐν ἀγορᾷ τῇ καλουμένῃ Βοαρίᾳ, τὸν δ’ ἕτερον ἐπὶ ταῖς ἠιόσι τοῦ Τεβέριος, ἣν ἀνδρείαν προσηγόρευσεν, ὡς καὶ νῦν ὑπὸ Ῥωμαίων καλεῖται («…ayant fait construire deux temples de la Fortune, l’un sur le marché dit Boarium, l’autre sur les rives du Tibre, qu’il a nommée andreia [vaillante], comme on l’appelle encore aujourd’hui chez les Romains»).

[8] Denys d’Halicarnasse, ibid. (cf. note 7); Plutarque, De fort. Rom. 5: πρῶτος μὲν γὰρ ἱδρύσατο Τύχης ἱερὸν Μάρκιος Ἄγκος… τὴν δὲ πρὸς τῷ ποταμῷ Τύχην φόρτιν καλοῦσιν, ὅπερ ἐστὶν ἰσχυρὰν ἢ ἀριστευτικὴν ἢ ἀνδρείαν («le premier à fonder un sanctuaire de la Fortune fut Ancus Marcius… celle qui est près du fleuve, ils l’appellent phortis, c’est-à-dire forte, excellente ou vaillante»).

[9] Tite-Live, Ab Urbe condita, X, 46, 14: reliquo aere aedem Fortis Fortunae de manubiis faciendam locauit prope aedem eius deae ab rege Ser. Tullio dedicatam.

[10] Tacite, Annales, II, 41: …et aedes Fortis Fortunae Tiberim iuxta in hortis, quos Caesar dictator populo Romano legauerat, sacrarium genti Iuliae effigiesque diuo Augusto apud Bouillas dicantur («…et un temple de Fors Fortuna près du Tibre, dans les jardins que le dictateur César avait légués au peuple romain, un sanctuaire pour la famille Julia et des effigies du divin Auguste à Bovillae»).

[11] Tite-Live, Ab Urbe condita, XXVII, 11, 3: …Romae intus in cella aedis Fortis Fortunae de capite signum, quod in corona erat, in manum sponte sua prolapsum («…à Rome, dans la cella du temple de Fors Fortuna, un ornement qui se trouvait sur la tête, dans la couronne, glissa de lui-même dans la main»).

[12] Donat, ibid. (cf. note 4).

👉 Toutes les fêtes du calendrier romain


🇮🇹 Versione italiana

IN BREVE. Ogni 24 giugno Roma celebrava Fors Fortuna, dea della fortuna onorata soprattutto dalla plebe e dagli schiavi. Si raggiungevano i suoi templi sulla riva destra del Tevere, a piedi o in barca, per una festa innaffiata di vino. Il culto risaliva, si dice, a Servio Tullio, nato da una schiava e divenuto re.

Fors Fortuna: l’ebbrezza popolare sul Tevere

Il 24 giugno era, a Roma, il giorno di Fors Fortuna. Varrone lo chiama il dies Fortis Fortunae, il «giorno di Fors Fortuna»[1]: una giornata dedicata a una dea della sorte e del caso, e una delle feste che appartenevano anzitutto al popolo minuto piuttosto che ai notabili.

La festa sul Tevere

Ovidio colloca questo giorno nell’ultima settimana di giugno e invita i Romani alla gioia:

«Andate, celebrate gioiosamente la dea Fors, Quiriti! Sulla riva del Tevere ha ricevuto il dono di un re.»

Ci si recava in folla ai santuari della dea, sull’altra riva del fiume, «gli uni a piedi, gli altri su rapida barca», senza che vi fosse «vergogna a tornare a casa ebbri»; e il poeta esorta le imbarcazioni: «Barche inghirlandate, portate i banchetti dei giovani, e in mezzo alle acque si beva molto vino»[2]. La celebrazione si svolgeva così in gran parte sull’acqua, tra la traversata del fiume e le libagioni.

Questa discesa del Tevere era abbastanza nota perché Cicerone ne facesse l’immagine della gioia condivisa. Cercando a cosa paragonare un’allegria senza mescolanza, evoca la Tiberina descensio, la «discesa del Tevere» di un giorno di festa, e la accosta al trionfo di Emilio Paolo che risaliva lo stesso fiume con il re di Macedonia vinto – senza tuttavia nominare la dea[3].

Una dea della plebe e degli schiavi

Se la festa traboccava di allegria, è perché prometteva la svolta favorevole. Il grammatico Donato distingue due potenze: Fortuna, dea «delle cose incerte», e Fors Fortuna, che designa «l’esito favorevole della fortuna», la buona piega che può prendere la sorte. La sua festa, precisa, era quella di coloro «che vivono senza mestiere»[4] – la gente minuta delle botteghe e delle officine, che le dediche conservate mostrano raggruppata in collegi di macellai, venditori di fiori o lavoratori del bronzo.

Questi fedeli, Ovidio li nomina: la plebe e gli schiavi. E ne fornisce la ragione: «la plebe onora questa dea, perché colui che la fondò era, si dice, di origine plebea e impugnò lo scettro malgrado le sue umili origini»; «conviene anche agli schiavi, perché Tullio, nato da una schiava, fondò i templi vicini alla dea incerta»[5]. Questo Tullio è il re Servio Tullio, che la tradizione diceva nato da madre schiava e salito dal gradino più basso fino al trono: l’esempio stesso dell’ascesa che la dea poteva concedere agli umili.

I templi della riva destra del Tevere

La tradizione faceva risalire il culto a questo stesso Servio Tullio. Secondo Varrone, fu lui a dare il nome al giorno di festa, «perché dedicò un fanum [un santuario] di Fors Fortuna lungo il Tevere, fuori dalla città, nel mese di giugno»[6]. Dionigi di Alicarnasso attribuisce del resto al re due templi della Fortuna, l’uno al Foro Boario, l’altro sulla riva del Tevere[7]; solo quest’ultimo è quello di Fors Fortuna.

I calendari incisi menzionano due templi al di là del fiume: l’uno al primo miglio, sulla via della riva destra (la via Campana, più tardi Portuensis), l’altro al sesto miglio, presso il bosco sacro di Dea Dia. Entrambi erano festeggiati il 24 giugno. L’attribuzione a Servio è data da Varrone, Ovidio e Dionigi; Plutarco, invece, la riferisce ad Anco Marzio. Scrivendo in greco, Dionigi e Plutarco hanno reso il nome della dea con «la Fortuna valorosa», come se derivasse dall’aggettivo fortis, «coraggioso»[8], segno che il senso del nome incuriosiva già gli Antichi.

Il culto conobbe altre fondazioni. Nel 293 a.C., con una parte del bottino preso ai Sanniti e agli Etruschi, il console Spurio Carvilio Massimo «fece erigere un tempio di Fors Fortuna presso quello che il re Servio Tullio aveva dedicato», scrive Tito Livio[9]. Molto più tardi, sotto Tiberio, nel 17 d.C., un nuovo tempio fu consacrato alla dea in riva al Tevere, nei giardini che Cesare aveva lasciato in eredità al popolo romano; Tacito lo menziona insieme a un santuario dedicato alla famiglia di Cesare e a un’effigie di Augusto divinizzato[10]. A contare i santuari che le fonti nominano – quello di Servio, quello che Carvilio costruì accanto, quello del sesto miglio, quello di Tiberio –, se ne contano almeno tre, forse quattro; ma i loro rapporti esatti restano oscuri, poiché le testimonianze antiche non concordano.

Della statua stessa non si sa quasi nulla. Come ogni tempio romano, questi santuari ospitavano un’effigie della dea, destinata a ricevere il culto; ma nessuna descrizione ce n’è pervenuta. Tito Livio ne fornisce soltanto un accenno indiretto, a proposito di un prodigio: nella cella – la camera interna del tempio, dove si ergeva l’immagine divina –, un ornamento fissato alla corona dell’effigie sarebbe scivolato da sé nella sua mano[11]. Secoli dopo Ovidio, Donato parlava ancora di questo santuario al presente: il suo tempio, scriveva, «è al di là del Tevere»[12].

Studi moderni consultati

  • Champeaux, Fortuna. Recherches sur le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain, t. I-II, Roma, École française de Rome, 1982-1987.
  • S. B. Platner – T. Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Oxford, 1929, s. u. Fors Fortuna.
  • D. A. Arya, The Goddess Fortuna in Imperial Rome: Cult, Art, Text, tesi di dottorato, University of Texas at Austin, 2002.

[1] Varrone, De lingua latina, VI, 17: Dies Fortis Fortunae appellatus ab Seruio Tullio rege, quod is fanum Fortis Fortunae secundum Tiberim extra urbem Romam dedicauit Iunio mense.

[2] Ovidio, Fasti, VI, 773-780: quam cito uenerunt Fortunae Fortis honores! / post septem luces Iunius actus erit. / ite, deam laeti Fortem celebrate, Quirites: / in Tiberis ripa munera regis habet. / pars pede, pars etiam celeri decurrite cumba, / nec pudeat potos inde redire domum. / ferte coronatae iuuenum conuiuia, lintres, / multaque per medias uina bibantur aquas.

[3] Cicerone, De finibus, V, 70: …quem Tiberina descensio festo illo die tanto gaudio affecit, quanto L. Paulum, cum regem Persem captum adduceret, eodem flumine inuectio? Cicerone non nomina Fors Fortuna; l’identificazione di questa «discesa del Tevere» con la sua festa è ammessa dagli editori e dalla critica moderna.

[4] Donato, ad Ter. Phorm. 841: «fors fortuna» euentus fortunae bonus; aliud «Fortuna» est, aliud «Fors Fortuna»; nam «Fors Fortuna» est, cuius diem festum colunt, qui arte aliqua uiuunt. Huius aedes trans Tiberim est.

[5] Ovidio, Fasti, VI, 781-784: plebs colit hanc, quia qui posuit de plebe fuisse / fertur, et ex humili sceptra tulisse loco. / conuenit et seruis, serua quia Tullius ortus / constituit dubiae templa propinqua deae.

[6] Varrone, ibid. (cfr. nota 1).

[7] Dionigi di Alicarnasso, Ant. rom., IV, 27, 7: …ναοὺς δύο κατασκευασάμενος Τύχης… τὸν μὲν ἐν ἀγορᾷ τῇ καλουμένῃ Βοαρίᾳ, τὸν δ’ ἕτερον ἐπὶ ταῖς ἠιόσι τοῦ Τεβέριος, ἣν ἀνδρείαν προσηγόρευσεν, ὡς καὶ νῦν ὑπὸ Ῥωμαίων καλεῖται («…avendo fatto costruire due templi della Fortuna, l’uno sul mercato detto Boario, l’altro sulle rive del Tevere, che chiamò andreia [valorosa], come ancora oggi viene chiamata presso i Romani»).

[8] Dionigi di Alicarnasso, ibid. (cfr. nota 7); Plutarco, De fort. Rom. 5: πρῶτος μὲν γὰρ ἱδρύσατο Τύχης ἱερὸν Μάρκιος Ἄγκος… τὴν δὲ πρὸς τῷ ποταμῷ Τύχην φόρτιν καλοῦσιν, ὅπερ ἐστὶν ἰσχυρὰν ἢ ἀριστευτικὴν ἢ ἀνδρείαν («il primo a fondare un santuario della Fortuna fu Anco Marzio… quella che è presso il fiume, la chiamano phortis, cioè forte, eccellente o valorosa»).

[9] Tito Livio, Ab Urbe condita, X, 46, 14: reliquo aere aedem Fortis Fortunae de manubiis faciendam locauit prope aedem eius deae ab rege Ser. Tullio dedicatam.

[10] Tacito, Annales, II, 41: …et aedes Fortis Fortunae Tiberim iuxta in hortis, quos Caesar dictator populo Romano legauerat, sacrarium genti Iuliae effigiesque diuo Augusto apud Bouillas dicantur («…e un tempio di Fors Fortuna presso il Tevere, nei giardini che il dittatore Cesare aveva lasciato in eredità al popolo romano, un santuario per la famiglia Giulia ed effigi del divino Augusto a Bovillae»).

[11] Tito Livio, Ab Urbe condita, XXVII, 11, 3: …Romae intus in cella aedis Fortis Fortunae de capite signum, quod in corona erat, in manum sponte sua prolapsum («…a Roma, nella cella del tempio di Fors Fortuna, un ornamento che si trovava sulla testa, nella corona, scivolò da sé nella mano»).

[12] Donato, ibid. (cfr. nota 4).

👉 Tutte le feste del calendario romano


🇬🇧 English version

IN BRIEF. Each 24 June, Rome celebrated Fors Fortuna, goddess of luck honoured above all by the plebs and the slaves. People reached her temples on the right bank of the Tiber, on foot or by boat, for a feast awash with wine. The cult went back, it is said, to Servius Tullius, born of a slave woman and become king.

Fors Fortuna: the people’s drunken revelry on the Tiber

24 June was, at Rome, the day of Fors Fortuna. Varro calls it the dies Fortis Fortunae, the “day of Fors Fortuna”[1]: a day dedicated to a goddess of fate and chance, and one of those festivals that belonged first to the common people rather than to the notables.

The feast on the Tiber

Ovid places this day in the last week of June and calls the Romans to rejoicing:

“Go, joyfully celebrate the goddess Fors, Quirites! On the bank of the Tiber she received the gift of a king.”

People flocked to the goddess’s sanctuaries, on the other bank of the river, “some on foot, others in a swift skiff”, with no “shame in returning home the worse for drink”; and the poet calls out to the boats: “Garlanded skiffs, carry the banquets of the young men, and amid the waters let much wine be drunk”[2]. The celebration thus unfolded in large part on the water, between the crossing of the river and the libations.

This descent of the Tiber was well enough known for Cicero to make it the image of shared joy. Seeking something to which he might compare an unalloyed gladness, he evokes the Tiberina descensio, the “descent of the Tiber” of a festival day, and likens it to the triumph of Aemilius Paullus sailing up the same river with the vanquished king of Macedon – without, however, naming the goddess[3].

A goddess of the plebs and the slaves

If the feast overflowed with merriment, it was because it promised an upturn. The grammarian Donatus distinguishes two powers: Fortuna, goddess “of uncertain things”, and Fors Fortuna, which denotes “the favourable outcome of fortune”, the good turn that fate may take. Her feast, he specifies, was that of those “who live without a trade”[4] – the small folk of the workshops and the shops, whom the surviving dedications show grouped into colleges of butchers, flower-sellers or bronze-workers.

These worshippers Ovid names: the plebs and the slaves. And he gives the reason: “the plebs honours this goddess, because the one who founded it was, they say, of plebeian stock and bore the sceptre despite his humble origin”; “it suits slaves too, because Tullius, born of a slave woman, established the temples near to the uncertain goddess”[5]. This Tullius is King Servius Tullius, whom tradition held to have been born of a slave mother and to have risen from the lowest rung to the throne: the very example of the ascent that the goddess could grant to the lowly.

The temples of the right bank of the Tiber

Tradition traced the cult back to this same Servius Tullius. According to Varro, it was he who gave the festival day its name, “because he dedicated a fanum [a sanctuary] of Fors Fortuna along the Tiber, outside the city, in the month of June”[6]. Dionysius of Halicarnassus, moreover, credits the king with two temples of Fortune, one at the Forum Boarium, the other on the bank of the Tiber[7]; only the latter is that of Fors Fortuna.

The inscribed calendars mention two temples beyond the river: one at the first mile, on the road of the right bank (the via Campana, later Portuensis), the other at the sixth mile, near the sacred grove of Dea Dia. Both were celebrated on 24 June. The attribution to Servius is given by Varro, Ovid and Dionysius; Plutarch, for his part, ascribes it to Ancus Marcius. Writing in Greek, Dionysius and Plutarch rendered the goddess’s name as “the valiant Fortune”, as though it derived from the adjective fortis, “brave”[8], a sign that the meaning of the name already intrigued the Ancients.

The cult saw other foundations. In 293 BCE, from a share of the booty taken from the Samnites and the Etruscans, the consul Spurius Carvilius Maximus “had a temple of Fors Fortuna raised near the one that King Servius Tullius had dedicated”, writes Livy[9]. Much later, under Tiberius, in 17 CE, a new temple was consecrated to the goddess on the bank of the Tiber, in the gardens that Caesar had bequeathed to the Roman people; Tacitus mentions it together with a shrine dedicated to Caesar’s family and an effigy of the deified Augustus[10]. Counting up the sanctuaries the sources name – that of Servius, the one Carvilius built beside it, that of the sixth mile, that of Tiberius –, one reckons at least three, perhaps four; but their exact relations remain obscure, the ancient testimonies not agreeing.

Of the statue itself almost nothing is known. Like every Roman temple, these sanctuaries housed an effigy of the goddess, meant to receive worship; but no description of it has come down to us. Livy gives only an indirect glimpse of it, apropos of a portent: in the cella – the inner chamber of the temple, where the divine image stood –, an ornament fixed to the crown of the effigy is said to have slipped of its own accord into its hand[11]. Centuries after Ovid, Donatus still spoke of this sanctuary in the present tense: its temple, he wrote, “is beyond the Tiber”[12].

Modern studies consulted

  • Champeaux, Fortuna. Recherches sur le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain, t. I-II, Rome, École française de Rome, 1982-1987.
  • S. B. Platner – T. Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Oxford, 1929, s. u. Fors Fortuna.
  • D. A. Arya, The Goddess Fortuna in Imperial Rome: Cult, Art, Text, PhD thesis, University of Texas at Austin, 2002.

[1] Varro, De lingua latina, VI, 17: Dies Fortis Fortunae appellatus ab Seruio Tullio rege, quod is fanum Fortis Fortunae secundum Tiberim extra urbem Romam dedicauit Iunio mense.

[2] Ovid, Fasti, VI, 773-780: quam cito uenerunt Fortunae Fortis honores! / post septem luces Iunius actus erit. / ite, deam laeti Fortem celebrate, Quirites: / in Tiberis ripa munera regis habet. / pars pede, pars etiam celeri decurrite cumba, / nec pudeat potos inde redire domum. / ferte coronatae iuuenum conuiuia, lintres, / multaque per medias uina bibantur aquas.

[3] Cicero, De finibus, V, 70: …quem Tiberina descensio festo illo die tanto gaudio affecit, quanto L. Paulum, cum regem Persem captum adduceret, eodem flumine inuectio? Cicero does not name Fors Fortuna; the identification of this “descent of the Tiber” with her festival is accepted by editors and modern scholarship.

[4] Donatus, ad Ter. Phorm. 841: «fors fortuna» euentus fortunae bonus; aliud «Fortuna» est, aliud «Fors Fortuna»; nam «Fors Fortuna» est, cuius diem festum colunt, qui arte aliqua uiuunt. Huius aedes trans Tiberim est.

[5] Ovid, Fasti, VI, 781-784: plebs colit hanc, quia qui posuit de plebe fuisse / fertur, et ex humili sceptra tulisse loco. / conuenit et seruis, serua quia Tullius ortus / constituit dubiae templa propinqua deae.

[6] Varro, ibid. (cf. note 1).

[7] Dionysius of Halicarnassus, Ant. rom., IV, 27, 7: …ναοὺς δύο κατασκευασάμενος Τύχης… τὸν μὲν ἐν ἀγορᾷ τῇ καλουμένῃ Βοαρίᾳ, τὸν δ’ ἕτερον ἐπὶ ταῖς ἠιόσι τοῦ Τεβέριος, ἣν ἀνδρείαν προσηγόρευσεν, ὡς καὶ νῦν ὑπὸ Ῥωμαίων καλεῖται (“…having had two temples of Fortune built, one on the market called Boarium, the other on the banks of the Tiber, which he named andreia [valiant], as it is still called today among the Romans”).

[8] Dionysius of Halicarnassus, ibid. (cf. note 7); Plutarch, De fort. Rom. 5: πρῶτος μὲν γὰρ ἱδρύσατο Τύχης ἱερὸν Μάρκιος Ἄγκος… τὴν δὲ πρὸς τῷ ποταμῷ Τύχην φόρτιν καλοῦσιν, ὅπερ ἐστὶν ἰσχυρὰν ἢ ἀριστευτικὴν ἢ ἀνδρείαν (“the first to found a sanctuary of Fortune was Ancus Marcius… the one near the river they call phortis, that is, strong, excellent or valiant”).

[9] Livy, Ab Urbe condita, X, 46, 14: reliquo aere aedem Fortis Fortunae de manubiis faciendam locauit prope aedem eius deae ab rege Ser. Tullio dedicatam.

[10] Tacitus, Annales, II, 41: …et aedes Fortis Fortunae Tiberim iuxta in hortis, quos Caesar dictator populo Romano legauerat, sacrarium genti Iuliae effigiesque diuo Augusto apud Bouillas dicantur (“…and a temple of Fors Fortuna near the Tiber, in the gardens that the dictator Caesar had bequeathed to the Roman people, a shrine for the Julian family and effigies of the divine Augustus at Bovillae”).

[11] Livy, Ab Urbe condita, XXVII, 11, 3: …Romae intus in cella aedis Fortis Fortunae de capite signum, quod in corona erat, in manum sponte sua prolapsum (“…at Rome, in the cella of the temple of Fors Fortuna, an ornament that was on the head, in the crown, slipped of its own accord into the hand”).

[12] Donatus, ibid. (cf. note 4).

👉 All the festivals of the Roman calendar


Dates

24 juin 2026 Toute la journée

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