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202617févToute la journéeQuirinaliaType:Fête romaine
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Ante diem tertium decimum Kalendas Martias
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Ante diem tertium decimum Kalendas Martias

EN BREF. Les Quirinalia, célébrées le 17 février, marquent un moment charnière du calendrier romain. Ce jour, qui conclut la période des Fornacalia –la fête de la torréfaction du far (amidonnier), également connue sous le nom de «Fête des Sots» (stultorum feriae)–, constitue à la fois un rite de clôture et un temps de rassemblement public.
Quirinalia: le jour où Romulus devint dieu
Quirinus est l’une des plus anciennes divinités du panthéon romain. Membre de la triade précapitoline aux côtés de Jupiter et de Mars –triade antérieure à celle, plus connue, de Jupiter-Junon-Minerve–, il protégeait le peuple romain dans son ensemble et veillait en particulier à sa subsistance. Il disposait de l’un des trois grands flamines de Rome, le flamen Quirinalis, et de fêtes propres, les Quirinalia, inscrites dans le calendrier à date fixe. Au fil de l’évolution religieuse, lorsque la triade précapitoline se fut effacée au profit de la triade capitoline, le signalement originel de Quirinus ne fut plus clairement perçu. L’ancienne divinité, devenue en quelque sorte disponible, se vit alors «réaffectée»: on l’identifia à Romulus divinisé. C’est sous cette forme que la présente Ovide.
L’apothéose de Romulus
D’après le récit des Fastes (II, 475-512), le nom de Quirinus s’expliquerait de trois manières: par curis, «la lance» en sabin, rappelant l’aspect martial du dieu; par Quirites, terme désignant les citoyens romains; ou par Cures, la ville sabine de Titus Tatius, que Romulus aurait unie à Rome.
Au cœur d’une violente tempête, alors qu’il rendait la justice au Marais de la Chèvre, Romulus disparaît des yeux de ses sujets consternés. Ovide précise que «les sénateurs furent à tort accusés de meurtre, et peut-être cette croyance se serait-elle incrustée dans les esprits». Mais Julius Proculus –personnage sur lequel les auteurs anciens divergent, certains le tenant pour un témoin sincère, d’autres pour un imposteur– affirma avoir vu Romulus lui apparaître au bord d’un chemin, et l’avoir chargé de porter un message aux Quirites:
«Que la foule pieusement apporte de l’encens et honore le nouveau Quirinus, que l’on cultive les arts des ancêtres et la vie militaire» (Fastes, II, 507-508).
Ce prodige apaisa le peuple et fonda le culte du nouveau dieu. Notons que la date même de cette disparition varie selon les sources: si Ovide la rattache au 17 février pour la situer le jour des Quirinalia, d’autres traditions (Plutarque, Denys d’Halicarnasse) la placent au 7 juillet.
Rituels et dimension agricole
Le seul rituel connu pour le 17 février est celui de la «Fête des Sots». Durant les Fornacalia, fête mobile, chaque curie célébrait individuellement le rituel de la torréfaction du far dans ses propres fours. Ce procédé, dont l’objectif était de débarrasser le grain de sa balle très adhérente, facilitait également son broyage pour la préparation de galettes. Selon l’historien Angelo Brelich, il s’agissait d’une offrande initiale permettant à la communauté de consommer le far une fois que le rituel avait été accompli. Dans ce contexte, les Quirinalia, en tant que dernier jour des Fornacalia, offraient aux citoyens qui, par négligence ou par ignorance, n’avaient pas participé à leur curie, la possibilité de rattraper ce rite. Comme le résume Georges Dumézil, la cérémonie du 17 février «conclut des opérations qui mettent pleinement en jeu, sous l’autorité du Curio Maximus, la structure des curiae». À l’époque d’Ovide, cette organisation curiate était devenue archaïque et désuète: bien des contemporains du poète ne savaient même plus à quelle curie ils appartenaient.
Architecture et diffusion du culte
Avant d’avoir un véritable temple, Quirinus possédait sur sa colline un simple sanctuaire que Pline l’Ancien rangeait «parmi les plus anciens de Rome» (Histoire naturelle, XV, 120). Le temple proprement dit a été voué par le dictateur Lucius Papirius Cursor vers 325 avant notre ère et dédié le 17 février 293 avant notre ère par son fils homonyme, consul cette année-là, qui l’orna des dépouilles prises aux Samnites après la bataille d’Aquilonia. Gravement endommagé par un incendie en 49 avant notre ère, il fut rapidement restauré –César y fit placer sa propre statue– avant d’être entièrement reconstruit par Auguste, qui le redédia en 16 avant notre ère. D’après Vitruve, l’édifice, de style dorique et diptère octastyle, comportait un pronaos, un portique à l’arrière; selon Dion Cassius (LIV, 19, 4), il était entouré de 76 colonnes –nombre qui correspondait aux années vécues par Auguste. Le dies natalis de ce temple était célébré le 29 juin, date ajoutée au calendrier par César. Aujourd’hui, son emplacement reste débattu: si l’on a longtemps privilégié la zone du Largo Santa Susanna, l’archéologue Filippo Coarelli a récemment proposé de le localiser sous le Palazzo Barberini, à l’intersection de la Via Barberini et de la Via delle Quattro Fontane. Par ailleurs, le culte de Quirinus semble restreint à la seule région de Rome; aucune trace ne témoigne d’une diffusion dans le reste de l’Italie ou dans les provinces.
Iconographie
Aucune représentation figurative complète de Quirinus ne nous est parvenue. Seule sa tête apparaît sur des monnaies émises par la gens Memmia (Crawford 427/1), et son nom est mentionné sur des pièces de la gens Fabia, qui, lors de l’invasion gauloise, offrait des sacrifices sur le Quirinal.
SOURCES ANTIQUES
- Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 19, 4.
- Ovide, Fastes, II, 475-532.
- Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VII, 213; XV, 120.
- Tite-Live, Histoire romaine, X, 46, 7.
- Vitruve, De Architectura, III, 2, 7.
ÉTUDES MODERNES
- Brelich, Angelo, Tre variazioni romane sul tema delle origini, Rome, 1955.
- Dumézil, Georges, La Religion romaine archaïque, Paris, Payot, 1966.
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Versione italiana
IN BREVE. I Quirinalia, celebrati il 17 febbraio, segnano un momento cruciale del calendario romano. Questo giorno, che conclude il periodo dei Fornacalia – la festa della torrefazione del far (farro dicocco), nota anche come «Festa degli Stolti» (stultorum feriae) –, costituisce al tempo stesso un rito di chiusura e un momento di raccolta pubblica.
Quirinalia: il giorno in cui Romolo divenne dio
Quirino è una delle più antiche divinità del pantheon romano. Membro della triade precapitolina accanto a Giove e Marte – triade anteriore a quella, più nota, di Giove-Giunone-Minerva –, proteggeva il popolo romano nel suo insieme e vegliava in particolare sulla sua sussistenza. Disponeva di uno dei tre grandi flamini di Roma, il flamen Quirinalis, e di feste proprie, i Quirinalia, iscritte nel calendario a data fissa. Nel corso dell’evoluzione religiosa, quando la triade precapitolina si eclissò a favore della triade capitolina, l’identità originaria di Quirino non fu più chiaramente percepita. L’antica divinità, divenuta in un certo senso disponibile, si vide allora «riassegnata»: fu identificata con Romolo divinizzato. È sotto questa forma che la presenta Ovidio.
L’apoteosi di Romolo
Secondo il racconto dei Fasti (II, 475-512), il nome di Quirino si spiegherebbe in tre modi: da curis, «la lancia» in sabino, che ricorda l’aspetto marziale del dio; da Quirites, termine che designa i cittadini romani; o da Cures, la città sabina di Tito Tazio, che Romolo avrebbe unito a Roma.
Nel cuore di una violenta tempesta, mentre rendeva giustizia alla Palude della Capra, Romolo scompare dagli occhi dei suoi sudditi costernati. Ovidio precisa che «i senatori furono a torto accusati di omicidio, e forse questa convinzione si sarebbe radicata negli animi». Ma Giulio Proculo – personaggio sul quale gli autori antichi divergono, alcuni ritenendolo un testimone sincero, altri un impostore – affermò di aver visto Romolo apparirgli lungo una strada e di averlo incaricato di portare un messaggio ai Quiriti:
«Che la folla porti piamente incenso e onori il nuovo Quirino, che si coltivino le arti degli antenati e la vita militare» (Fasti, II, 507-508).
Questo prodigio placò il popolo e fondò il culto del nuovo dio. Si noti che la data stessa di questa scomparsa varia secondo le fonti: se Ovidio la collega al 17 febbraio per situarla nel giorno dei Quirinalia, altre tradizioni (Plutarco, Dionigi di Alicarnasso) la collocano al 7 luglio.
Rituali e dimensione agricola
Il solo rituale noto per il 17 febbraio è quello della «Festa degli Stolti». Durante i Fornacalia, festa mobile, ogni curia celebrava individualmente il rituale della torrefazione del far nei propri forni. Questo procedimento, il cui obiettivo era liberare il grano dalla sua gluma molto aderente, ne facilitava anche la macinazione per la preparazione di focacce. Secondo lo storico Angelo Brelich, si trattava di un’offerta iniziale che permetteva alla comunità di consumare il far una volta compiuto il rituale. In questo contesto, i Quirinalia, in quanto ultimo giorno dei Fornacalia, offrivano ai cittadini che, per negligenza o per ignoranza, non avevano partecipato nella propria curia, la possibilità di recuperare questo rito. Come riassume Georges Dumézil, la cerimonia del 17 febbraio «conclude operazioni che mettono pienamente in gioco, sotto l’autorità del Curio Maximus, la struttura delle curiae». All’epoca di Ovidio, questa organizzazione curiata era ormai arcaica e desueta: molti contemporanei del poeta non sapevano nemmeno più a quale curia appartenessero.
Architettura e diffusione del culto
Prima di avere un vero e proprio tempio, Quirino possedeva sulla sua collina un semplice santuario che Plinio il Vecchio annoverava «tra i più antichi di Roma» (Storia naturale, XV, 120). Il tempio vero e proprio fu promesso in voto dal dittatore Lucio Papirio Cursore verso il 325 prima della nostra era e dedicato il 17 febbraio 293 prima della nostra era dal figlio omonimo, console quell’anno, che lo ornò con le spoglie prese ai Sanniti dopo la battaglia di Aquilonia. Gravemente danneggiato da un incendio nel 49 prima della nostra era, fu rapidamente restaurato – Cesare vi fece collocare la propria statua – prima di essere interamente ricostruito da Augusto, che lo ridedicò nel 16 prima della nostra era. Secondo Vitruvio, l’edificio, in stile dorico e diptero octastilo, comprendeva un pronaos e un portico posteriore; secondo Cassio Dione (LIV, 19, 4), era circondato da 76 colonne – numero che corrispondeva agli anni vissuti da Augusto. Il dies natalis di questo tempio era celebrato il 29 giugno, data aggiunta al calendario da Cesare. Oggi la sua ubicazione resta oggetto di dibattito: se a lungo si è privilegiata la zona del Largo Santa Susanna, l’archeologo Filippo Coarelli ha recentemente proposto di localizzarlo sotto il Palazzo Barberini, all’incrocio tra Via Barberini e Via delle Quattro Fontane. Il culto di Quirino sembra inoltre limitato alla sola regione di Roma; nessuna traccia testimonia una sua diffusione nel resto d’Italia o nelle province.
Iconografia
Nessuna rappresentazione figurativa completa di Quirino ci è pervenuta. Solo la sua testa appare su monete emesse dalla gens Memmia (Crawford 427/1), e il suo nome è menzionato su pezzi della gens Fabia, che durante l’invasione gallica offriva sacrifici sul Quirinale.
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English version
IN BRIEF. The Quirinalia, celebrated on 17 February, mark a pivotal moment in the Roman calendar. This day, which concludes the period of the Fornacalia – the festival of the roasting of far (emmer wheat), also known as the ‘Feast of Fools’ (stultorum feriae) –, constitutes both a closing rite and an occasion for public assembly.
Quirinalia: the Day Romulus Became a God
Quirinus is one of the most ancient deities of the Roman pantheon. A member of the pre-Capitoline triad alongside Jupiter and Mars – a triad predating the better-known one of Jupiter-Juno-Minerva –, he protected the Roman people as a whole and watched over their sustenance in particular. He had one of Rome’s three major flamines, the flamen Quirinalis, and festivals of his own, the Quirinalia, entered in the calendar on a fixed date. Over the course of religious evolution, when the pre-Capitoline triad faded in favour of the Capitoline triad, the original identity of Quirinus was no longer clearly perceived. The ancient deity, having become in a sense available, was then ‘reassigned’: he was identified with the deified Romulus. It is in this form that Ovid presents him.
The apotheosis of Romulus
According to the account in the Fasti (II, 475–512), the name Quirinus could be explained in three ways: from curis, ‘the spear’ in Sabine, recalling the martial aspect of the god; from Quirites, the term denoting Roman citizens; or from Cures, the Sabine town of Titus Tatius, which Romulus is said to have united with Rome.
In the midst of a violent storm, whilst he was dispensing justice at the Goat’s Marsh, Romulus vanished from the sight of his dismayed subjects. Ovid notes that ‘the senators were falsely charged with murder, and perhaps that belief would have taken root in people’s minds’. But Julius Proculus – a figure on whom ancient authors disagree, some regarding him as a sincere witness, others as an impostor – claimed to have seen Romulus appear to him beside a road and to have been charged with delivering a message to the Quirites:
‘Bid the pious throng bring incense and propitiate the new Quirinus, and bid them cultivate the arts of their fathers and the art of war’ (Fasti, II, 507–508).
This prodigy appeased the people and established the cult of the new god. It is worth noting that the date itself of this disappearance varies according to the sources: whilst Ovid links it to 17 February to situate it on the day of the Quirinalia, other traditions (Plutarch, Dionysius of Halicarnassus) place it on 7 July.
Rituals and the agricultural dimension
The only ritual known for 17 February is that of the ‘Feast of Fools’. During the Fornacalia, a moveable feast, each curia individually celebrated the ritual roasting of far in its own ovens. This process, the purpose of which was to strip the grain of its tightly adhering husk, also facilitated its grinding for the preparation of flatbreads. According to the historian Angelo Brelich, this was an initial offering that allowed the community to consume the far once the ritual had been performed. In this context, the Quirinalia, as the last day of the Fornacalia, offered citizens who, through negligence or ignorance, had not taken part in their own curia, the opportunity to make up for this rite. As Georges Dumézil summarises, the ceremony of 17 February ‘concludes operations that bring fully into play, under the authority of the Curio Maximus, the structure of the curiae‘. By Ovid’s time, this curiate organisation had become archaic and obsolete: many of the poet’s contemporaries no longer even knew to which curia they belonged.
Architecture and the spread of the cult
Before having a proper temple, Quirinus possessed on his hill a simple shrine that Pliny the Elder ranked ‘amongst the most ancient in Rome’ (Natural History, XV, 120). The temple proper was vowed by the dictator Lucius Papirius Cursor around 325 before our era and dedicated on 17 February 293 before our era by his son of the same name, consul that year, who adorned it with spoils taken from the Samnites after the battle of Aquilonia. Severely damaged by fire in 49 before our era, it was swiftly restored – Caesar had his own statue placed within it – before being entirely rebuilt by Augustus, who rededicated it in 16 before our era. According to Vitruvius, the building, in the Doric style and dipteral octastyle, comprised a pronaos and a portico at the rear; according to Cassius Dio (LIV, 19, 4), it was surrounded by 76 columns – a number that corresponded to the years Augustus had lived. The dies natalis of this temple was celebrated on 29 June, a date added to the calendar by Caesar. Today, its location remains a matter of debate: whilst the area of Largo Santa Susanna was long favoured, the archaeologist Filippo Coarelli has recently proposed locating it beneath Palazzo Barberini, at the intersection of Via Barberini and Via delle Quattro Fontane. Furthermore, the cult of Quirinus appears to have been restricted to the region of Rome alone; no evidence attests to its spread in the rest of Italy or in the provinces.
Iconography
No complete figurative representation of Quirinus has come down to us. Only his head appears on coins issued by the gens Memmia (Crawford 427/1), and his name is mentioned on coins of the gens Fabia, which during the Gallic invasion offered sacrifices on the Quirinal.
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Dates
Février 17, 2026 Toute la journée