Cet événement se répète27 février 202527 février 2027
202627févToute la journéeEquirriaType:Fête romaine
Description
Ante diem quartum Kalendas Martias
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Ante diem quartum Kalendas Martias

EN BREF – Les Equirria sont deux fêtes romaines en l’honneur de Mars, célébrées le 27 février et le 14 mars, sous forme de courses de chars (bigae) sur le Champ de Mars. Leur nom signifie «course des chevaux» (Varron). Attribuées à Romulus, elles comptent parmi les plus anciennes du calendrier romain. Le second Equirria se double des Mamuralia, cérémonie liée à Mamurius Veturius et aux Saliens. L’érudit byzantin Jean le Lydien y a conservé le souvenir de trois chars aux couleurs distinctes — rouge, blanc, vert — représentant chacun une composante de la société romaine des origines.
Equirria: Rome en piste pour le dieu de la guerre
Dans le calendrier romain archaïque, le nom de certaines fêtes suffit à les définir. Les Equirria (également orthographiées Ecurria chez Varron ou Equiria dans certains manuscrits, décomposables en equi-curr-ia) désignent des courses de chevaux célébrées en l’honneur de Mars, deux fois dans le cycle du printemps naissant, le 27 février et le 14 mars. Ces deux journées forment un diptyque qui encadre le début du mois consacré au dieu de la guerre et marque, dans la religion romaine, le passage symbolique de l’hiver à la saison des campagnes militaires. Avec les Consualia, les Equirria comptent parmi les jeux les plus anciennement célébrés à Rome: ils figurent en gros caractères sur les calendriers lapidaires qui nous sont parvenus, ce qui indique leur appartenance à la rédaction primitive du calendrier, dont les origines remontent au moins à l’époque des décemvirs.
«À cause de la course des chevaux»
La définition la plus concise nous est fournie par Marcus Terentius Varron dans son traité De Lingua Latina, composé vers 47-45 avant notre ère. Traitant des noms des jours et des fêtes, il écrit: «Les Ecurria tirent leur nom de la course des chevaux; ce jour-là en effet, ils courent, dans des jeux, sur le Champ de Mars[1].» L’étymologie est transparente et le grammairien ne cherche pas à l’embellir: le nom dit la chose, et le lieu –le Champ de Mars– est le seul cadre concevable pour des courses consacrées au dieu de la guerre.
L’attribution de leur fondation à Romulus –fils de Mars selon la légende — est transmise par Paul Diacre dans son abrégé de Festus: «Les Equirria sont des jeux institués par Romulus en l’honneur de Mars; ils consistaient en une course de chevaux qui avait lieu sur le Champ de Mars[2].» Ce lien entre la fête et le fondateur mythique de Rome ancre les Equirria dans la couche la plus archaïque de la religion romaine. Tertullien, polémiste chrétien de la fin du 2e siècle, cite encore cette attribution dans son De spectaculis, où il écrit que «Romulus a consacré les Ecurria aux chevaux, en l’honneur de Mars[3]», témoignant de sa persistance dans la mémoire religieuse romaine longtemps après que le christianisme eut commencé à remettre en question les cultes traditionnels.
La nature exacte de la compétition a pu évoluer dans le temps. Varron parle de cursus sans préciser le détail; Ovide évoque Mars «pressant les chars attelés» avec ses chevaux rapides, ce qui désigne des biges –ces chars légers à deux roues tirés par deux chevaux. Il est probable qu’à l’origine les chevaux couraient librement, sans être attelés ni montés, avant d’adopter la formule des chars que l’on retrouve dans les grands cirques –une évolution que confirme la comparaison avec d’autres fêtes archaïques.
Le terrain des courses et sa topographie
Les courses ne se déroulaient pas dans un cirque, mais en plein air, sur un terrain gazonné du Champ de Mars, non loin de l’Ara Martis, l’autel de Mars. Des inscriptions découvertes dans cette partie de Rome permettent d’en fixer l’emplacement avec une certaine précision. Une inscription relative à un agitator factionis prasinae –un cocher de la faction verte– a été retrouvée au palais de la Cancellaria, près de l’église San Lorenzo in Damaso, qui portait encore au Moyen Âge le nom de in Prasino, «prasinus» désignant la couleur verte, emblème d’une des factions du cirque. On en a conclu que les cochers avaient leurs écuries à l’emplacement de cette église; un autre indice lui permet de situer l’extrémité du champ de courses vers l’église San Biagio, le tracé allant parallèlement au cours du Tibre.
Ce cadre naturel comportait une vulnérabilité connue: la proximité du Tibre exposait le terrain aux crues printanières, précisément dans la saison où tombaient les fêtes. On avait prévu ce cas: les courses étaient alors transférées sur le Caelius, dans un endroit également appelé campus martialis, dépourvu de structures permanentes. La disposition pratique révèle le soin apporté à ne pas laisser les circonstances climatiques interrompre un rite dont le calendrier religieux imposait la célébration.
Ovide et la présence du dieu
C’est l’image d’un dieu présent et actif que développe Ovide à la fin du livre II de ses Fastes. Les derniers vers du livre, consacrés au 27 février, décrivent la scène avec une concision élégante:
«Il ne reste plus que deux nuits pour que le second mois s’achève, et déjà Mars aiguillonne les coursiers qu’il vient d’atteler à son char. C’est avec raison qu’on a laissé le nom d’Équiries à ces jeux qu’on célèbre sous les yeux du dieu lui-même, dans le champ qui lui est consacré.»[4]
Mars n’est pas une présence abstraite: il surveille, il aiguillonne, il est là. Ovide insiste sur l’étymologie «vraie» (ex vero positum), rejoignant Varron sur ce point — le nom dit la chose. Il enchaîne aussitôt avec une apostrophe à Gradivus, l’épithète guerrière de Mars: «Sois le bienvenu, ô Gradivus; les jours qui t’appartiennent doivent avoir leur tour; voici le mois qui s’enorgueillit de s’appeler comme toi.» Ces vers sont les derniers du livre II: Ovide clôt le mois de février sur Mars et ouvre symboliquement vers le mois de mars. Les Equirria du 27 février fonctionnent ainsi comme une charnière entre deux mois, une anticipation du temps martial qui s’annonce.
Le 14 mars, les Mamuralia et Mamurius Veturius
Le second Equirria –le 14 mars– présente une particularité que plusieurs calendriers antiques signalent: le mot Mamuralia s’y substitue parfois à celui d’Equirria. La connexion entre les deux fêtes conduit au personnage de Mamurius Veturius, le forgeron légendaire qui, selon la tradition, avait fabriqué sur ordre de Numa onze boucliers (ancilia) rigoureusement identiques à l’ancile divin tombé du ciel, de façon qu’on ne pût distinguer ni dérober ce dernier. L’identité entre cette figure et Mars lui-même (sous ses noms archaïques Mamor ou Mamers) a été relevée par les antiquaires. Servius précise qu’on lui consacrait un jour où l’on frappait avec des bâtons sur un bouclier, imitant le travail de la forge –cérémonie qui constituait sans doute un épisode ou un complément des Equirria du mars.
Ce lien avec les Saliens s’impose naturellement: bien que leur participation aux Equirria ne soit pas directement attestée par les textes, elle résulte du caractère de la fête, analogue à celles qui, durant le mois de mars, mettaient en mouvement cette confrérie de prêtres-danseurs consacrés à Mars, gardiens des ancilia sacrés. Les Equirria s’inscrivent ainsi dans un cycle liturgique cohérent qui associe, autour du dieu de la guerre, les courses équestres, la protection des boucliers célestes et les danses armées des Saliens.
Les chars de Romulus et le schéma tripartite
Jean le Lydien, fonctionnaire et érudit byzantin du 6e siècle, décrit dans son De Mensibus –compilation de sources plus anciennes qu’il qualifie lui-même de matière hétéroclite– les origines des courses de chars, en rapport avec les premiers Equirria de février. Dans le quatrième livre, chapitre 20, il transporte le lecteur aux origines de Rome, aux trois tribus dans lesquelles Romulus avait divisé la société: Ramnes, Luceres, Tatienses. Son texte est explicite [5]: «Quand le peuple romain eut été divisé en trois parties, ces phylai furent appelées tribus, et leurs chefs tribuni. Ceux-ci avaient à veiller à ce que les courses se fissent convenablement… Trois chars, et non quatre, participaient à la course. Les uns (sic) étaient russati, c’est-à-dire rouges, les seconds albati, c’est-à-dire blancs, les autres uirides, c’est-à-dire verts, ce qu’on appelle aujourd’hui prasini. On considérait les rouges comme appartenant à Mars, les blancs à Jupiter, les verts à Vénus. Plus tard on ajouta uenetum, le bleu…[5]»
Un peu plus loin dans le même ouvrage (4, 30), Jean le Lydien donne une seconde liste où le vert appartient à Rome même sous le nom de Flora, le blanc à l’Air, le rouge à Mars, le bleu à Saturne ou Neptune –et ajoute que les Romains considéraient comme un mauvais présage que le char vert arrivât dernier, «car, en ce cas, c’était Rome même qui paraissait vaincue».
Georges Dumézil a proposé de lire dans cette distribution le schéma tripartite indo-européen: une fonction religieuse et céleste (blanc, Jupiter/Air), une fonction héroïque et guerrière (rouge, Mars), une fonction productive et nourricière (vert, Vénus/Flora/Rome). Romulus, fondateur mais non participant, transcende la compétition sans y engager de char. La compétition reste libre entre les composantes sociales, «comme un entraînement intensif pour un jeu harmonieux et souple dans les douze mois à venir».
Auteurs antiques
- Varron, De Lingua Latina, VI, 13 (texte latin consulté: The Latin Library)
- Ovide, Fasti, II, 857-864 (texte latin consulté: The Latin Library; traduction française: Itinera Electronica, Université catholique de Louvain)
- Festus Grammaticus / Paul Diacre, De la signification des mots, p. 71 L¹ = 197 L²
- Tertullien, De spectaculis, V, 5 (texte latin consulté: The Latin Library)
- Jean le Lydien, De Mensibus, 4, 20 et 4, 30
Études modernes
- Daremberg et Saglio, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, article «EQUIRRIA».
- Georges Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, suivi de Dix Questions romaines, Paris, Gallimard, 1975, pp. 177-180.
[1] Varron, De Lingua Latina, VI, 13: «Ecurria ab equorum cursu; eo die enim ludis currunt in campo Martio.»
[2] Festus / Paul Diacre, p. 71 L¹ = 197 L²: «Equirria ludi quos Romulus Marti instituit per equorum cursum qui in campo Martio exercebantur.»
[3] Tertullien, De spectaculis, V, 5: «dehinc Ecurria ab equis Marti Romulus dixit.»
[4] Ovide, Fasti, II, 857-862: «Iamque duae restant noctes de mense secundo, / Marsque citos iunctis curribus urget equos; / ex vero positum permansit Equirria nomen, / quae deus in campo prospicit ipse suo. / Iure venis, Gradive: locum tua tempora poscunt, / signatusque tuo nomine mensis adest.» Traduction française: Itinera Electronica, Université catholique de Louvain.
[5] Jean le Lydien, De Mensibus, 4, 20, cité par Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, p. 178.
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Versione italiana
IN BREVE – Gli Equirria sono due feste romane in onore di Marte, celebrate il 27 febbraio e il 14 marzo, sotto forma di corse di carri (bigae) nel Campo di Marte. Il loro nome significa «corsa dei cavalli» (Varrone). Attribuite a Romolo, figurano tra le più antiche del calendario romano. Il secondo Equirria si accompagna ai Mamuralia, cerimonia legata a Mamurio Veturio e ai Salii. L’erudito bizantino Giovanni Lido ha conservato il ricordo di tre carri dai colori distinti – rosso, bianco, verde – ciascuno rappresentante una componente della società romana delle origini.
Equirria: Roma in pista per il dio della guerra
Nel calendario romano arcaico, il nome di certe feste è sufficiente a definirle. Gli Equirria – scritti anche Ecurria in Varrone o Equiria in alcuni manoscritti, scomponibili in equi-curr-ia – designano corse di cavalli celebrate in onore di Marte, due volte nel ciclo della primavera nascente, il 27 febbraio e il 14 marzo. Queste due giornate formano un dittico che incornicia l’inizio del mese consacrato al dio della guerra e segna, nella religione romana, il passaggio simbolico dall’inverno alla stagione delle campagne militari. Insieme ai Consualia, gli Equirria figurano tra i giochi più anticamente celebrati a Roma: compaiono a caratteri cubitali sui calendari lapidari pervenutici, il che indica la loro appartenenza alla redazione primitiva del calendario, le cui origini risalgono almeno all’epoca dei decemviri.
«A causa della corsa dei cavalli»
La definizione più concisa ci è fornita da Marco Terenzio Varrone nel suo trattato De Lingua Latina, composto intorno al 47-45 avanti la nostra era. Trattando dei nomi dei giorni e delle feste, scrive: «Gli Ecurria traggono il loro nome dalla corsa dei cavalli; in quel giorno infatti corrono, nei giochi, nel Campo di Marte[1].» L’etimologia è trasparente e il grammatico non cerca di abbellirla: il nome dice la cosa, e il luogo – il Campo di Marte – è l’unico contesto concepibile per delle corse consacrate al dio della guerra.
L’attribuzione della loro fondazione a Romolo – figlio di Marte secondo la leggenda – è trasmessa da Paolo Diacono nel suo compendio di Festo: «Gli Equirria sono giochi istituiti da Romolo in onore di Marte; consistevano in una corsa di cavalli che si svolgeva nel Campo di Marte[2].» Questo legame tra la festa e il fondatore mitico di Roma radica gli Equirria nello strato più arcaico della religione romana. Tertulliano, polemista cristiano della fine del 2° secolo, cita ancora questa attribuzione nel suo De spectaculis, dove scrive che «Romolo consacrò gli Ecurria ai cavalli, in onore di Marte[3]», testimoniando la sua persistenza nella memoria religiosa romana molto tempo dopo che il cristianesimo aveva cominciato a mettere in discussione i culti tradizionali.
La natura esatta della competizione ha potuto evolversi nel tempo. Varrone parla di cursus senza precisare i dettagli; Ovidio evoca Marte «che incita i cavalli aggiogati al carro», il che designa le bighe – quei carri leggeri a due ruote trainati da due cavalli. È probabile che in origine i cavalli corressero liberamente, senza essere aggiogati né montati, prima di adottare la formula dei carri che si ritrova nei grandi circhi – un’evoluzione confermata dal confronto con altre feste arcaiche.
Il terreno delle corse e la sua topografia
Le corse non si svolgevano in un circo, ma all’aperto, su un terreno erboso del Campo di Marte, non lontano dall’Ara Martis – l’altare di Marte. Iscrizioni rinvenute in questa parte di Roma permettono di fissarne la collocazione con una certa precisione. Un’iscrizione relativa a un agitator factionis prasinae – un auriga della fazione verde – è stata ritrovata nel palazzo della Cancelleria, vicino alla chiesa di San Lorenzo in Damaso, che portava ancora nel Medioevo il nome di in Prasino, con «prasinus» a indicare il colore verde, emblema di una delle fazioni del circo. Se ne è concluso che gli aurighi avevano le loro scuderie nel sito di questa chiesa; un altro indizio permette di collocare l’estremità del campo di corsa verso la chiesa di San Biagio, con il tracciato che corre parallelamente al corso del Tevere.
Questo contesto naturale presentava una vulnerabilità nota: la vicinanza del Tevere esponeva il terreno alle piene primaverili, proprio nella stagione in cui cadevano le feste. Era prevista questa eventualità: le corse venivano allora trasferite sul Celio, in un luogo anch’esso chiamato campus martialis, privo di strutture permanenti. La soluzione pratica rivela la cura posta nel non lasciare che le circostanze climatiche interrompessero un rito la cui celebrazione era imposta dal calendario religioso.
Ovidio e la presenza del dio
È l’immagine di un dio presente e attivo che Ovidio sviluppa alla fine del libro II dei suoi Fasti. Gli ultimi versi del libro, consacrati al 27 febbraio, descrivono la scena con una concisione elegante:
«Non restano che due notti perché il secondo mese si compia, e già Marte sprona i corsieri che ha appena aggiogato al suo carro. È con ragione che si è lasciato il nome di Equirria a questi giochi che si celebrano sotto gli occhi del dio stesso, nel campo che gli è consacrato.»[4]
Marte non è una presenza astratta: sorveglia, sprona, è lì. Ovidio insiste sull’etimologia «vera» (ex vero positum), facendo eco a Varrone su questo punto – il nome dice la cosa. Aggiunge subito un’apostrofe a Gradivo, l’epiteto guerriero di Marte: «Sii il benvenuto, o Gradivo; i giorni che ti appartengono devono avere il loro turno; ecco il mese che si vanta di portare il tuo nome.» Questi versi sono gli ultimi del libro II: Ovidio chiude il mese di febbraio su Marte e si apre simbolicamente verso il mese di marzo. Gli Equirria del 27 febbraio funzionano così come una cerniera tra due mesi, un’anticipazione del tempo marziale che si annuncia.
Il 14 marzo, i Mamuralia e Mamurio Veturio
Il secondo Equirria – il 14 marzo – presenta una particolarità segnalata da diversi calendari antichi: la parola Mamuralia vi si sostituisce talvolta a quella di Equirria. La connessione tra le due feste conduce al personaggio di Mamurio Veturio, il leggendario fabbro che, secondo la tradizione, aveva fabbricato su ordine di Numa undici scudi (ancilia) rigorosamente identici all’ancile divino caduto dal cielo, in modo che non si potesse distinguere né sottrarre quest’ultimo. L’identità tra questa figura e Marte stesso – sotto i suoi nomi arcaici Mamor o Mamers – è stata rilevata dagli antiquari. Servio precisa che gli si consacrava un giorno in cui si colpiva con bastoni uno scudo, imitando il lavoro della forgia – cerimonia che costituiva senza dubbio un episodio o un complemento degli Equirria di marzo.
Il legame con i Salii si impone naturalmente: sebbene la loro partecipazione agli Equirria non sia direttamente attestata dai testi, essa deriva dal carattere della festa, analogo a quelle che, durante il mese di marzo, mettevano in moto questa confraternita di sacerdoti-danzatori consacrati a Marte, custodi degli ancilia sacri. Gli Equirria si inscrivono così in un ciclo liturgico coerente che associa, attorno al dio della guerra, le corse equestri, la protezione degli scudi celesti e le danze armate dei Salii.
I carri di Romolo e il sistema tripartito
Giovanni Lido, funzionario ed erudito bizantino del 6° secolo, descrive nel suo De Mensibus – compilazione di fonti più antiche che egli stesso qualifica come materia eteroclita – le origini delle corse di carri, in rapporto con i primi Equirria di febbraio. Nel quarto libro, capitolo 20, trasporta il lettore alle origini di Roma, alle tre tribù in cui Romolo aveva diviso la società: Ramni, Luceri, Tiziensi. Il suo testo è esplicito[5]: «Quando il popolo romano fu diviso in tre parti, queste phylai furono chiamate tribus, e i loro capi tribuni. Questi dovevano vigilare che le corse si svolgessero convenientemente… Tre carri, e non quattro, partecipavano alla corsa. Gli uni (sic) erano russati, cioè rossi, i secondi albati, cioè bianchi, gli altri uirides, cioè verdi, ciò che oggi si chiama prasini. I rossi erano considerati appartenenti a Marte, i bianchi a Giove, i verdi a Venere. In seguito fu aggiunto uenetum, il blu…»
Poco più avanti nello stesso testo (4, 30), Giovanni Lido fornisce un secondo elenco in cui il verde appartiene a Roma stessa sotto il nome di Flora, il bianco all’Aria, il rosso a Marte, il blu a Saturno o Nettuno – e aggiunge che i Romani consideravano di cattivo auspicio che il carro verde arrivasse ultimo, «poiché, in tal caso, era Roma stessa che sembrava vinta».
Georges Dumézil ha proposto di leggere in questa distribuzione lo schema tripartito indoeuropeo: una funzione religiosa e celeste (bianco, Giove/Aria), una funzione eroica e guerriera (rosso, Marte), una funzione produttiva e nutritiva (verde, Venere/Flora/Roma). Romolo, fondatore ma non partecipante, trascende la competizione senza impegnare il suo carro. La competizione rimane libera tra le componenti sociali, «come un intenso allenamento per un gioco armonioso e agile nei dodici mesi a venire».
Autori antichi
- Varrone, De Lingua Latina, VI, 13 (testo latino consultato: The Latin Library)
- Ovidio, Fasti, II, 857-864 (testo latino consultato: The Latin Library; traduzione francese: Itinera Electronica, Université catholique de Louvain)
- Festo Grammatico / Paolo Diacono, De significatione verborum, p. 71 L¹ = 197 L²
- Tertulliano, De spectaculis, V, 5 (testo latino consultato: The Latin Library)
- Giovanni Lido, De Mensibus, 4, 20 e 4, 30
Studi moderni
- Daremberg e Saglio, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, articolo «EQUIRRIA».
- Georges Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, suivi de Dix Questions romaines, Paris, Gallimard, 1975, pp. 177-180.
[1] Varrone, De Lingua Latina, VI, 13: «Ecurria ab equorum cursu; eo die enim ludis currunt in campo Martio.»
[2] Festo / Paolo Diacono, p. 71 L¹ = 197 L²: «Equirria ludi quos Romulus Marti instituit per equorum cursum qui in campo Martio exercebantur.»
[3] Tertulliano, De spectaculis, V, 5: «dehinc Ecurria ab equis Marti Romulus dixit.»
[4] Ovidio, Fasti, II, 857-862: «Iamque duae restant noctes de mense secundo, / Marsque citos iunctis curribus urget equos; / ex vero positum permansit Equirria nomen, / quae deus in campo prospicit ipse suo. / Iure venis, Gradive: locum tua tempora poscunt, / signatusque tuo nomine mensis adest.»
[5] Giovanni Lido, De Mensibus, 4, 20, citato da Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, p. 178.
👉 Tutte le feste del calendario romano
English version
IN BRIEF – The Equirria are two Roman festivals in honour of Mars, held on 27 February and 14 March, in the form of chariot races (bigae) on the Campus Martius. Their name means « horse race » (Varro). Attributed to Romulus, they rank among the oldest in the Roman calendar. The second Equirria coincides with the Mamuralia, a ceremony linked to Mamurius Veturius and the Salii. The Byzantine scholar John the Lydian preserved the memory of three chariots in distinct colours – red, white and green – each representing a component of early Roman society.
Equirria: Rome on track for the god of war
In the archaic Roman calendar, the name of certain festivals is sufficient to define them. The Equirria – also spelled Ecurria in Varro or Equiria in some manuscripts, and analysable as equi-curr-ia – designate horse races held in honour of Mars, twice in the cycle of early spring, on 27 February and 14 March. These two days form a diptych framing the beginning of the month dedicated to the god of war, marking in Roman religion the symbolic passage from winter to the season of military campaigns. Together with the Consualia, the Equirria are among the most ancient games celebrated in Rome: they appear in large letters on the lapidary calendars that have survived, indicating their place in the primitive layer of the calendar, whose origins reach back at least to the era of the decemvirs.
« Because of the horse race »
The most concise definition comes from Marcus Terentius Varro in his treatise De Lingua Latina, composed around 47-45 BCE. Discussing the names of days and festivals, he writes: « The Ecurria take their name from the running of horses; on that day, in the games, they race on the Campus Martius[1]. » The etymology is transparent and the grammarian makes no attempt to embellish it: the name states the thing, and the place – the Campus Martius – is the only conceivable setting for races dedicated to the god of war.
The attribution of their foundation to Romulus – son of Mars according to legend – is transmitted by Paul the Deacon in his epitome of Festus: « The Equirria are games instituted by Romulus in honour of Mars; they consisted of a horse race held on the Campus Martius[2]. » This link between the festival and the mythical founder of Rome anchors the Equirria in the most archaic layer of Roman religion. Tertullian, the Christian polemicist of the late 2nd century, still cites this attribution in his De spectaculis, writing that « Romulus dedicated the Ecurria to horses, in honour of Mars[3]« , attesting to its persistence in Roman religious memory long after Christianity had begun to challenge traditional cults.
The precise nature of the competition may have evolved over time. Varro speaks of a cursus without specifying the details; Ovid evokes Mars « urging on the horses yoked to his chariot », designating bigae – those light two-wheeled vehicles pulled by two horses. It is probable that originally the horses ran freely, neither harnessed nor ridden, before adopting the chariot format found in the great circuses – an evolution confirmed by comparison with other archaic festivals.
The racecourse and its topography
The races did not take place in a circus but in the open air, on a grassy area of the Campus Martius, not far from the Ara Martis – the altar of Mars. Inscriptions found in this part of Rome allow its location to be fixed with some precision. An inscription relating to an agitator factionis prasinae – a driver of the green faction – was found at the Palazzo della Cancelleria, near the church of San Lorenzo in Damaso, which still bore the name in Prasino in the Middle Ages, with prasinus designating the colour green, the emblem of one of the circus factions. It has been concluded that the charioteers kept their stables on the site of this church; another clue places the far end of the racecourse near the church of San Biagio, the track running parallel to the course of the Tiber.
This natural setting had a known vulnerability: the proximity of the Tiber exposed the ground to spring floods, precisely in the season when the festivals fell. Provision had been made for this: the races were then transferred to the Caelian Hill, to a place also called campus martialis, which had no permanent structures. This practical arrangement reveals the care taken to prevent weather from interrupting a rite whose celebration was required by the religious calendar.
Ovid and the presence of the god
It is the image of a present and active deity that Ovid develops at the end of Book II of his Fasti. The closing verses of the book, dedicated to 27 February, describe the scene with elegant concision:
« Only two nights remain before the second month is done, and already Mars urges on the swift horses he has just yoked to his chariot. It is with good reason that the name Equirria has been kept for these games celebrated under the very eyes of the god, in the field that belongs to him. »[4]
Mars is not an abstract presence: he watches, he urges, he is there. Ovid insists on the « true » etymology (ex vero positum), echoing Varro on this point – the name states the thing. He immediately follows with an address to Gradivus, the martial epithet of Mars: « Be welcome, Gradivus; the days that are yours must have their turn; here is the month that takes pride in bearing your name. » These are the final verses of Book II: Ovid closes the month of February on Mars and opens symbolically towards the month of March. The Equirria of 27 February thus serve as a hinge between two months, an anticipation of the martial season to come.
14 March, the Mamuralia and Mamurius Veturius
The second Equirria – on 14 March – presents a peculiarity noted by several ancient calendars: the word Mamuralia sometimes replaces Equirria on that date. The connection between the two festivals leads to the figure of Mamurius Veturius, the legendary smith who, according to tradition, had made on Numa’s orders eleven shields (ancilia) identical in every detail to the divine ancile that had fallen from the sky, so that no one could distinguish or steal the original. The identity between this figure and Mars himself – under his archaic names Mamor or Mamers – was noted by ancient scholars. Servius specifies that a day was dedicated to him on which shields were struck with sticks, imitating the work of the forge – a ceremony that was doubtless an episode or complement to the March Equirria.
The connection with the Salii follows naturally: although their participation in the Equirria is not directly attested by the texts, it follows from the character of the festival, comparable to those which, throughout the month of March, set in motion this brotherhood of warrior-priests devoted to Mars, guardians of the sacred ancilia. The Equirria are thus part of a coherent liturgical cycle that brings together, around the god of war, equestrian races, the protection of the celestial shields and the armed dances of the Salii.
The chariots of Romulus and the tripartite scheme
John the Lydian, a Byzantine official and scholar of the 6th century, describes in his De Mensibus – a compilation of older sources that he himself acknowledges to be heterogeneous – the origins of chariot racing, in connection with the first Equirria of February. In the fourth book, chapter 20, he takes the reader back to the origins of Rome, to the three tribes into which Romulus had divided society: Ramnes, Luceres, Tatienses. His text is explicit[5]: « When the Roman people had been divided into three parts, these phylai were called tribus, and their leaders tribuni. These had to ensure that the races were properly conducted… Three chariots, and not four, took part in the race. Some (sic) were russati, that is, red; the second albati, that is, white; the others uirides, that is, green, what is now called prasini. The red were considered to belong to Mars, the white to Jupiter, the green to Venus. Later uenetum, the blue, was added… »
A little further in the same work (4, 30), John the Lydian gives a second list in which green belongs to Rome itself under the name of Flora, white to the Air, red to Mars, blue to Saturn or Neptune – and adds that the Romans considered it a bad omen if the green chariot finished last, « for in that case it was Rome itself that appeared defeated. »
Georges Dumézil proposed reading in this distribution the Indo-European tripartite scheme: a religious and celestial function (white, Jupiter/Air), a heroic and martial function (red, Mars), a productive and nourishing function (green, Venus/Flora/Rome). Romulus, founder but not competitor, transcends the contest without entering a chariot. The competition remains free among the social components, « like an intensive training for a harmonious and supple game in the twelve months to come. »
Ancient authors
- Varro, De Lingua Latina, VI, 13 (Latin text consulted: The Latin Library)
- Ovid, Fasti, II, 857-864 (Latin text consulted: The Latin Library; French translation: Itinera Electronica, Université catholique de Louvain)
- Festus / Paul the Deacon, De significatione verborum, p. 71 L¹ = 197 L²
- Tertullian, De spectaculis, V, 5 (Latin text consulted: The Latin Library)
- John the Lydian, De Mensibus, 4, 20 and 4, 30
Modern studies
- Daremberg and Saglio, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, article « EQUIRRIA ».
- Georges Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, suivi de Dix Questions romaines, Paris, Gallimard, 1975, pp. 177-180.
[1] Varro, De Lingua Latina, VI, 13: « Ecurria ab equorum cursu; eo die enim ludis currunt in campo Martio. »
[2] Festus / Paul the Deacon, p. 71 L¹ = 197 L²: « Equirria ludi quos Romulus Marti instituit per equorum cursum qui in campo Martio exercebantur. »
[3] Tertullian, De spectaculis, V, 5: « dehinc Ecurria ab equis Marti Romulus dixit. »
[4] Ovid, Fasti, II, 857-862: « Iamque duae restant noctes de mense secundo, / Marsque citos iunctis curribus urget equos; / ex vero positum permansit Equirria nomen, / quae deus in campo prospicit ipse suo. / Iure venis, Gradive: locum tua tempora poscunt, / signatusque tuo nomine mensis adest. »
[5] John the Lydian, De Mensibus, 4, 20, cited in Dumézil, Fêtes romaines d’été et d’automne, p. 178.
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Dates
27 février 2026 Toute la journée